flexitarisme

Le flexitarisme consiste à être en grande partie végétarien mais à accepter de manger occasionellement de la viande.

A l’heure où des milliards d’animaux sont massacrés pour le simple plaisir qu’on les gens à manger de la viande, à l’heure où la planète agonise (l’élevage est une catastrophe écologique comme il y en a peu), à l’heure où des études scientifiques établissent chaque jour les bénéfices du végétarisme sur la santé humaine, à l’heure où l’on se rend compte que la viande n’est non seulement pas nécessaire à la santé, mais nocive…

Asteure, donc, les journaleux, qui ont toujours un temps de retard, décident que bon le végétarisme c’est quand même une solution extrême, hein, il faut pas être sectaire, mais que en effet, ce serait peut-être, PEUT-ETRE, une idée pas trop mauvaise si des gens pouvaient commencer à baisser un tout petit peu leur consommation de viande.

Et de publier des articles un peu crêtins, genre « regardez la nouvelle tendance alimentaire », faisant l’apologie du flexitarisme, mais n’oubliant jamais de faire passer les végétariens pour des crêtins.

Ainsi, l’express titre:

« Le flexitarisme, végétarien mais pas trop »

Très ironiquement, l’article commence par cette phrase: « Outre-manche, on les appelle flexitarians. Bon pour la santé et la planète, ce végétarisme à temps partiel gagne du terrain« .

Ironiquement, pourquoi? Parce qu’outre manche, c’est le végétarisme qui gagne du terrain. Environ 6% des gens y sont végétariens (contre à peine 2% en France), et on y trouve des produits végétariens un peu partout. Londres est réputé être le paradis des végétariens, avec des restaurants réputés dans toute l’europe. J’ai déjà l’impression, en lisant ça, qu’il serait tabou d’oser prononcer les mots « le végétarisme gagne du terrain ». Comme un avoeu d’échec face à une défense acharnée et irrationelle de la viande.

 

Pour être bien certain de ne pas se mouiller à défendre ces marginaux qui ne mangent pas DU TOUT de viande, ces associaux que sont les végétariens, l’auteur de l’article n’hésite pas a asséner, péremptoire; « Nos néo-veggies à temps partiel ont sans doute plus d’avenir [en France] que les végétariens « officiels », perçus comme un ramassis de vieux babas sectaires.   »

Vlan, dans les dents. Ceci suivi d’une remarque à propos de l’Association Végétarienne de France qui ne compterait que 1000 adhérents. Procédé dégueulasse s’il en est, puisque le lecteur non averti et peu attentif en concluera qu’il n’existe que 1000 végétariens en France. L’article se garde de préciser que même les végétariens militants ne cotisent pas tous pour l’AVF, qui est d’ailleurs perçue par de nombreux vegans comme faisant l’apologie de l’ovo-lacto-végétarisme et donc de certaines formes d’exploitation animale.

Et la conclusion de ce torchon ira au « VU6 (Vegan until 6). Traduction: mangez strictement vegan chaque jour jusqu’au dîner, après, faites ce qut’il vous plaît. Nettement plus festif et convivial, non?   »

Ce qui est un parfait non-sens, étant donné que le veganisme consiste à boycotter tout produit provenant de l’exploitation animale, de l’oeuf au dentifrice en passant par les chaussures, la lessive et le mascara. On ne peut donc pas être vegan à certaines heures de la journée. En plus de ça, il y a des gens qui ne mangent de la viande qu’une fois ou deux par semaine, par habitude, et ils n’ont pas le toupet de s’assimiler à un pseudo-courant fashion « neo nouveau flexitaro vegetarisme ». Le « vegan under 6 » (quelle aberration!) c’est quand même manger de la viande tous les jours, ce qui est nocif pour la santé, et ce qui représente un gaspillage de millions de vies. Et il faudra qu’on m’explique en quoi c’est « festif et convivial » de manger de la viande, à moins d’être réjouis par les cris de l’agneau qui appelle sa mère et qu’on égorge.

 

Je croyais pouvoir dire « l’express m’a tuer », mais un torchon encore plus infâme d’e-santé.fr va encore plus loin en rebaptisant le flexitarisme « néo-végétarisme », sous-entendu: refuser de manger de la viande, c’est ringard. Et re-bam: « Fini le végétarien baba-cool des années 80, nourri aux algues et aux graines, maigre et surtout, carencé. » Qui a déjà vu un tel condensé de clichés dans une phrase aussi courte? Puis, tout étonnés, ils commencent à envisager l’idée que peut-être, être végétarien serait bon pour la santé, mais que, quand même, hein, pas tout le temps, ce serait sectaire.

 

C’est bien de manger moins de viande. Mais déjà, il faudrait pas prendre les gens pour des cons et on peut pas se dire végétarien quand on mange de la viande. Et d’autre part, le flexitarisme n’est généralement qu’une phase de transition vers le végétarisme, plus ou moins longue selon les gens. Une attitude flexitarienne ne peut en aucun cas être revendiquée comme une philosophie de vie ou un modèle. Cela consiste seulement à ne pas prendre position, à avoir le cul entre deux chaises.

 

J’aimerais demander à ces journalistes pourquoi ils pensent qu’il fut absolument manger de la viande.

J’ai l’impression en lisant ces articles que le seul intéret de manger de la viande c’est de maintenir une certaine cohésion sociale. « Regardez, je mange de la viande, je suis pas un végétarien, je fais encore partie de la société ». Même ceux qui n’aiment pas la viande doivent quand même se forcer à en manger un peu, pour faire genre. Et même ceux qui voudraient bien laisser vivre les animaux, qui les aiment et qui aimeraient les respecter, mangent de la viande, ho, juste un peu, seulement le soir, pour pas faire tâche dans le repas.

C’est d’une stupidité sans nom.

 

Et c’est drôle, quand on sait que:

Les végétariens sont plus heureux et épanouis.

Les végétaliens vivent en moyenne 6 à 10 ans de plus que le reste de la population.

 

Mais manger quand même un peu de viande de temps en temps, « ça fait bien ».

Ce flexitarisme n’est pas un « néo-végétarisme » mais plutôt un pseudo-végétarisme partiel mou du genou, par des gens qui n’ont pas le courage de s’opposer à la majorité, au nom du bon sens, de la compassion et du respect.

On tue des êtres sensibles, on bousille la planète, on se force, on s’abime la santé, juste pour ne pas passer pour des marginaux à table. Plutôt que de s’occuper de la manière dont notre steak a été produit, les larmes, la souffrance et les toxines qu’il contient, on s’interroge sur ce que pense de nous notre voisin de table. Et on mange le steak. Qui pensera à la souffrance de l’agneau?

 

Dans un monde plus petit et plus sombre que le votre, ils observent les hommes et attendent leur dernière heure qui viendra tôt, trop tôt. Ils ne voient la lumière que quand on les charge dans le camion de leur dernier voyage. Leur vie de souffrance s’achève ainsi. Une lame leur scie la gorge et leur dernier cri s’étouffe dans le sang. Mais surtout mangez-les, mangez-les… Sinon, votre voisin de table vous regardera d’un drôle d’air, et vous demandera:

« T’es végétarien? »

Et ça, ce serait terrible. P1050990.JPG

Je me dois pour conclure de rétablir une vérité qui est niée, elle aussi, par les auteurs de ces torchons: Le végétarisme gagne du terrain, dans toute l’Europe et même en France
. Et le végétalisme également. Mais ça, ça ferait mal au cul de l’admettre, on dirait.