Venise, terre (?) de contrastes

Décidément, Terre de contrastes, ça fait classe, non?

 

C’est après deux jours de voyage que nous sommes arrivés à Venise. Nous avons fait une courte halte à Genova, terre de contrastes, où nous avons dormi dans une auberge de jeunesse particulièrement hors de prix, mais qui dominait toute la ville, la vue était donc magnifique.

 

Genova

Genova vue depuis l’auberge, dans la lumière du petit matin

 

Globalement, les Italiens sont plutôt sympathiques, mais c’est difficile de trouver des italiens à Venise en période de carnaval! Les rues sont pleines de touristes à l’affut des anonymes arborant de somptueux costumes, et qui se prêtent de bonne grâce au jeu des photos.

 

costume

Un exemple des costumes qu’on peut admirer sur la place San Marco


Venise est évidemment une très belle ville, on ne le répètera jamais assez. On regrette un peu la dérive très mercantile du carnaval, mais c’est le prix de son succès. Même si les rues débordent de babioles « made in china », il est toujours possible de se perdre dans les petites rues et d’admirer de superbes objets artisanaux.

masqueblanc

Masque fait main


La suite au prochain épisode!

Tel Aviv, terre de contrastes

J’ai décidé d’appeler cet article « Tel-Aviv, terre de constrastes », parce que quand on met le nom de la ville ou du pays avec « Terre de constrastes » derrière, ça fait bien.

Exemples: « Canada, terre de contrastes », « Castelnau, terre de contrastes » ou « Triffouilli-les-oies, terre de contrastes ».

Donc aujourd’hui ce sera: Tel Aviv, Terre de contrastes. Pourquoi Tel Aviv, parce que j’ai été y faire un petit tour la semaine dernière, un peu à l’improviste.

Tel Aviv est une grande ville, assez développée, et puisqu’on parle de contrastes, celui qui m’a frappée est le contraste entre le Tel Aviv d’aujourd’hui et celui d’il y a quinze ans. La ville s’est beaucoup modernisée et les gens semblent plus heureux, ainsi que les chats, qui sont toujours présents un peu partout mais beaucoup moins faméliques qu’auparavant.

A part ça, je ne suis restée que quelques jours, mais je peux dire en tous cas qu’il y a des très belles plages. Par contre, il est interdit de se baigner la majeure partie de la journée, mais il est très agréable d’y faire du jogging ou de se promener,  on y voit souvent des gens qui jouent avec leurs chiens.

Maintenant parlons des choses importantes: la nourriture. Là, c’est le paradis. On peut manger végétalien à peu près n’importe où, dont le célèbre falafel. La religion juive interdit de consommer du lait après un repas contenant de la viande, donc il existe beaucoup de produits « parvé » c’est à dire sans lait, comme des glaces, de yaourts, des gâteaux etc… (dans ces derniers il faut tout de même faire attention à la présence d’oeufs). La plupart des cafés proposent des capuccinos ou des cafés au lait de soja.

 

J’ai été surprise d’apprendre que le mot en hébreu signifiant « végan » n’est pas un anglicisme, comme cela se fait pourtant en hébreu moderne, (comme par exemple « stoudènte » pour dire étudiant), mais qu’il est construit sur une racine hébraïque, « tivon », qui signifie « nature ». « Vegan » se dit donc « tivoni ». En quatre jour je n’ai pas eu l’occasion de croiser beaucoup de gens, mais j’ai sympathisé avec quelqu’un et je lui ai demandé s’il connaissait ce mot, il semblait avoir une vague idée. Malheureusement, il ne parlait pas un anglais parfait, loin de là, d’ailleurs il m’a aussi expliqué pourquoi on ne pouvait pas se baigner, mais je n’ai presque rien compris! Si toutefois j’ai bien compris ce que signifiait son dessin dans le sable, il y a des lames de fond qui rendent la baignade très dangereuse.

Bref, le véganisme semble beaucoup plus développé qu’en France. Malheureusement, je n’ai pas pu aller au Rogatkha Veggie Bar, il était fermé… En tous cas, il n’y a pas moins de 5 restaurants végans à tel Aviv (d’après Happycow) sans compter les restaurants végétariens. Mais de toutes façons, il est facile de manger végan dans la plupart des restaurants normaux.

 

Enfin, de toutes façons, il faisait quand même un peu frais pour une baignade.

 

 

Le lapin borgne vous salue.

L’auto-amputation et le carnisme

En mai 2003, Aron Ralston devint célèbre pour une mésaventure qui lui arriva dans les gorges de l’Utah. La main piégée sous un énorme rocher impossible à déplacer, il resta prisonnier six jours et cinq nuits. Puis, il se libéra en coupant son propre bras à l’aide d’un canif.

Une telle force morale impressionne à coup sûr. Aron Ralston a d’ailleurs écrit un livre, « between à rock and a Hard place » (sorti en français sous le titre « plus fort qu’un roc », cette traduction est vraiment nulle…) et ce livre a fait l’objet d’une adaptation cinématographique, « 127 heures », qui sortira dans les salles le 23 février 2011.

L’histoire d’Aron Ralston nous apprend à quel point nous pouvons faire des choses complètement dingues quand il s’agit de vivre ou de mourir.

Cependant, si l’exploit impression et mérite d’être salué, la première chose à laquelle on pense en entendant cette histoire (du moins, ce fut mon cas) ce sont ces histoiure d’animaux qui, pris dans les pièges, se rongent la patte pour s’échapper. Ce comportement est  connu chez les loups, mais il est en fait assez répandu chez tous les animaux qui se font piéger: renards, chiens, chats, loutres, rats musqués, etc. Un site donnant des conseils de piégage des rats musqués précise d’ailleurs, ouvrez grand les guillemets:

« Le point essentiel est de changer souvent les engins de place, surtout quand ils ne sont pas placés sous 5 centimètres d’eau. Ensuite, il faut éviter que l’animal pris ne se ronge la patte. Le choix d’un système d’attache convenable permet facilement d’éviter cet écueil (1). En outre, une visite des pièges matin et soir ainsi que le piégeage à proximité immédiate de couche d’eau d’au moins 30 centimètres de profondeur limitent ces amputations et évasions. »

Ainsi, il arrive couramment que, si les chasseurs tardent trop à visiter les pièges, les animaux se soient échappés en y laissant leur patte.

J’ai également lu sur des forums divers de nombreux témoignages de personnes ayant retrouvé leur chien ou leur chat piégé, l’animal ayant commencé à se ronger la patte, et également certains dont l’animal était rentré très affaibli après plusieurs jours d’absence, une patte tranchée.

Ainsi en est-il d’Asco, un labrador noir qui a disparu 14 jours, avant de revenir à son domicile avec un morceau de patte et un morceau de langue manquants, et en ayant maigri de 10 kilos.

C’est également ce qui est arrivé à Alaric,un chat angora habitant la commune de Montolieu. Comme Asco, il s’est rongé le morceau de patte pris au piège  ( » comme le font certains animaux, dit sauvages », précise l’article) et a ensuite subi une amputation du membre entier.

 

D’après Aron Ralston, il est très douloureux de couper les os et les nerfs, même si le tranchage des muscles est moins douloureux que ce à quoi l’on pourrait s’attendre. Il ne fait aucun doute que la souffrance physique éprouvée par un renard, un chien ou un chat pris au piège et qui se ronge la patte, est comparable avec celle qu’il a du s’infliger. Sans parler d’autres formes de détresse, comme le stress, la faim, la soif, la fatigue, etc.

http://www.jeneportepasdefourrure.com/images/photos/piege.jpg

Si nous ne comprenons pas tous les ressorts psychologiques qui animent les animaux et motivent leurs décisions, nous ne pouvons en revanche que constater que, dans des nombreuses situations, ils peuvent s’infliger volontairement des souffrances quand leur survie est en jeu. Et que c’est également le cas des animaux que nous sommes (même si on ne sait pas combien de gens auraient survécu à la place d’Aron Ralston, et d’ailleurs, on ignore aussi quelle proportion d’animaux se rongent la patte).

 

Or, un point essentiel de la logique carniste, c’est qu’il reste éthique de tuer un animal tant qu’on ne le fait pas souffrir (le plus couramment, on estime que tuer un animal reste éthique si c’est pour le manger et même si le manger n’est pas une question de survie). Evidemment, j’ai déjà fait remarquer qu’il était impossible de tuer un animal en étant certain qu’il ne souffre pas; et quand on sait que sur certaines chaines d’abattage, il peut passer 150 porcs, 200 agneaux, 35 vaches ou 500 poulets par heure (!), on se demande bien par quel miracle quiconque pourrait garantir qu’aucune de ces bêtes ne souffriraient.

Mais bref, ce n’est pas mon propos. Selon la logique carniste, maltraiter un animal (le frapper, lui infliger de la douleur) est grave, alors que le tuer l’est beaucoup moins. C’est un point central du welfarisme. J’ai donc le droit de prendre un couteau et de trancher la gorge d’une vache, mais pas de lui donner un coup de pied.

 

Pourtant, si la douleur existe chez les animaux, c’est bien dans le but de garantir leur survie. Et les animaux (humains ou non) qui s’amputent un membre nous prouvent bien qu’ils tiennent davantage à continuer à vivre qu’à éviter des souffrances. Estimer que les animaux tiennent à se garder de toute souffrance, mais ne se soucient pas de continuer ou non à vivre, est donc un parfait non-sens.

Bon anniversaire moi

Je m’excuse d’avance, cet article sera un peu « moimoimoi ». Mais tant que c’est occasionel, j’imagine qu’on ne m’en tiendras pas rigueur!

 

Le 1er février, j’eus 26 ans.

Tout d’abord, je ne résiste pas au plaisir de montrer quelques photos de mon gâteau d’anniversaire vegan:

vous venez de prendre 3 kilos en regardant cette photo


Il était très gros et composé d’un biscuit moelleux au spéculos et aux noix de pécan, surmonté d’une ganache au chocolat épaisse, recouverte d’une couche de poires caramélisées, elle-même surmontée d’un autre biscuit moëlleux au spéculos et aux poires. Le tout recouvert d’une crème pâtissière au spéculos et décoré de ganache et chocolat, de copeaux de chocolat noir et de chantilly à la vanille à base de soja.

Le même jour, par une rigolote coïncidence, je parus dans le journal local déguisée en poulet géant.

Mon quart d’heure de gloire: EPIC FAIL

 

Je me vis également au JT régional, toujours déguisée en poulet.

(Je donne le lien même si je pense qu’il ne sera pas consultable indéfiniment: ici)

 

Je ne manquai pas d’en faire part à ma maman, qui me répondit que c’est très bien ma fille, mais quand-est-ce que tu nous ponds un bébé? Je me rappelai alors que j’avais du lait de soja sur le feu ou un autre truc urgent.

 

Je passai également à la radio, mais je n’eus pas l’occasion de m’ouïr, étant donné que je n’écoute jamais la radio et que, absorbe par mes activités de poulet militant, j’oubliai le nom de la radio qui m’avait interviewée.

 

Je tiens à interrompre ce regardage de mon nombril pour saluer le travail des deux membres de L214 avec qui nous avons milité sur montpellier le 31 janvier, (dont Hugues à droite de la photo), qui réalisent actuellement cette campagne tous les jours dans différentes villes du sud de la France. Cela doit être épuisant, puisqu’il s’agit de faire signer des cartes postales à des passants (on se prend énormément de rateaux mais il faut garder le sourire), puis de les remettre au responsable d’une grande surface, le tout en étant suivi par la presse, puis recommencer le lendemain dans la ville suivante. Je trouve admirable le fait de parler devant une caméra sans bafouiller et en ayant un propos clair et concis, avec toute cette activité. Les militants pour les droits des animaux ont toujours des réserves d’énergie formidables.

Nous nous battons pour une cause sérieuse qui, au fond, ne prête point à rire, et il pourrait sembler de mauvais goût de l’utiliser dans cet article purementé dédié à la déconnade. Mais comme je me le dis tous les jours à moi-même: le monde est dégueulasse, mais on fait ce qu’on peut.

 

Bref, revenons à mes oignons. Rentrant chez moi après une journée harrassante déguisée en poule jaune, je me mis à jouer à farmville. J’ouvris un oeuf de poule, et au lieu d’y trouver un poulet, j’y trouvai, chose exceptionnelle, non pas un poulet, mais un gnome portant le même costume que moi.

le nain conito

 

C’est un signe du destin, c’est certain. Maisque cela signifie-t-il? Seul Pharaoh Bug le sait.

Pharaoh bug sait tout

(mais ne dit rien)

 

Je profite également de cet article pour remercier chaleureusement tous ceux qui sont venus à ma soirée et tous ceux qui ont participé au cadeau qui va faire le tour du monde avec moi cette année et avec lequel je ramènerai autant de belles images que je pourrai. Il s’agit des objectifs dont je rêvais au sens propre et au sens figuré. Mon appareil photo sera le lien qui fera que tout le monde voyagera un peu avec moi!

 

Au passage, si quelqu’un avait un secret ancestral pour avoir de belles photos sur papier sans recourir à l’utilisation de gélatine, je lui en serait fort reconnaissante (et je lui enverrai une photo de son choix contre son adresse postale)

 

Ne vous inquiétez pas, d’ici le prochain article, ma tête sera revenue aux proportions  normales qu’elle n’aurait jamais du dépasser.