Le CIV et les Djeun’z

Aujourd’hui je vais vous parler d’un site que j’affectionne particulièrement: Planet viandz.

Enfin, notre histoire n’est pas un long fleuve tranquille. Evidemment, je l’adore et je le déteste à la fois, vous vous en doutez. Mais la façon dont Planet Viandz heurte à la fois le bon goût, la logique, la bienséance, l’éthique, l’intelligence, la déontologie, la subtilité, et s’adresse aux jeunes en les prenant totalement pour des débiles tout en essayant de se mettre à leur niveau (débile donc), est de nature à provoquer une foule d’émotions chez moi, allant du vomissement à la crise de rire hystérique et passant par l’évanouissement.

Et moi, les émotions, j’aime.

L’article « spécial filles » (sic) « au secours, il y a du gras dans la viande » est tordant. On croirait voir un gros boucher moustachu ayant collé sur sa tête une casquette à l’envers et s’adressant à de jeunes adolescentes anorexiques (car oui, toutes les adolescentes sont anorexiques) en leur expliquant que la viande, c’est très branchouille. La fin est particulièrement drôle. Après un article qui dit en grois que oui bon ok hum la viande c’est gras, mais des fois, on peut enlever le gras, donc c’est moins gras, puis quand on mange gras on a moins faim après (j’ai envie de dire, trop tard on a mangé gras, mais bref), donc, l’article se conclut ainsi:

En guise de résumé, tu l’auras compris, la viande n’est certainement pas un aliment à bannir. Elle est plutôt un bon partenaire pour la ligne. Il suffit de varier parmi le choix très large que nous offrent les viandes de bœuf, veau, agneau, viande chevaline et leurs produits tripiers.

Le CIV. Parce que quelque part dans le monde, un boucher ventru et moustachu espère qu’une adolescente anorexique va se cuisiner des tripes de cheval.

Très savoureux également, le quizz « dégoût d’ou viens tu »,, qui nous donne un assez bon résumé de la façon dont le végétarisme chez les jeunes est perçu par le CIV, et à quel point ce dernier prend les adolescents pour des crêtins. Avec l’article « le bien être animal, une préoccupation de tous les instants » (sans intérêt, un de ces baratins creux et bien-pensants ou l’on apprend que si les cochons sont stressés, la viande est mauvaise) ce sont les deux références discrètes à la montée en puissance du végétarisme (et du flexitarisme, pour faire plaisir aux journalistes). Ainsi, voici les raisons qu’auraient les jeunes, pardon, les djeunz, de ne pas manger de viande.

Edifiant.

Mais le pire avec la propagande du CIV, c’est qu’elle arrive facilement à un cynisme qui outrepasse largement les limites de la bienséance, quand il s’agit de conseils nutritionnels donnés aux jeunes. On dirait que les producteurs et vendeurs de viande se fichent littéralement de rendre les gamins malades et obèses.

Prenons par exemple cet article nommé judicieusement « c’est c’que je préfère, point barre« . Je ne résiste pas au plaisir de le citer intégralement.

Les ados ! C’est fou ce que l’on peut écrire à votre sujet ! Il n’empêche que tous ces portraits ne te ressemblent jamais totalement, et c’est tant mieux ! Il y a
bien deux trois vérités qui traînent, mais dans l’ensemble, tu ne corresponds jamais exactement à ce que tu lis ou entends.

Pourtant sans tomber dans la caricature, il y a un fait absolument vérifié, la nourriture des ados est un peu, voire très différente… de ce qui est recommandé et que tu connais presque par cœur d’ailleurs !

Toi tu dis « C’est super quand c’est facile à transporter », les autres disent « Tout ce qui se transporte est gras et sucré ! ».

Toi tu dis « J’ai faim tout le temps, c’est normal, je suis en train de grandir ! », les autres disent « Tous ces grignotages, ça ne peut plus durer ! ».

Toi tu dis « Quand on mange, il faut se faire plaisir ! », les autres disent « D’accord, mais après ce qui est nécessaire au bon fonctionnement de ton corps ».

Toi tu dis « L’important dans un repas, c’est l’ambiance, les copains», les autres disent « l’équilibre alimentaire, il faut y penser ».

Toi tu dis « C’est quoi le problème ? », les autres disent « Pense à ce qui est bon pour ta santé ».

Et le plaisir dans tout ça ?

Le plaisir, c’est fondamental quand on mange, parce que manger sans plaisir, au secours, cela ne s’appelle pas manger, mais se nourrir. On ne va pas te refaire le coup de la madeleine de Proust
du cours de français, mais tu peux bien avouer que tu as un petit plat préféré bien connu dans la famille et qu’on te le sert chaque fois qu’on veut te faire plaisir, non ? Chaque personne a des
saveurs fétiches, des aliments qui lui rappellent des souvenirs et nous on dit : vive le PLAISIR !

DONC

Tous les aliments participent à la découverte du plaisir, et il faut se faire plaisir quand on mange, on ne pourra pas dire qu’on ne l’a pas répété !

Autour des aliments plaisirs, n’oublie pas de placer dans ton assiette ceux qui sont un peu, beaucoup, passionnément… absents, surtout que tu sais qu’ils sont tous importants pour ton corps
!

Ta manière de vivre te conduit à préférer les aliments qui se transportent facilement et là, c’est vrai qu’on trouve plus de produits sucrés ou un peu gras que des bâtonnets de carottes crues !
L’équilibre alimentaire ne se fait pas sur un seul repas mais sur toute une journée, voire une semaine. Réfléchis à ce que tu as ingurgité depuis le début de la journée et fais un micro effort pour rééquilibrer tout ça, à la maison ou à la cantine, surtout que tu sais bien que les aliments sucrés et gras doivent être réduits le plus possible !

Ton corps est en pleine croissance ! Variété, variété, sera donc le mot à te répéter.

 

Maintenant remontez sur votre chaise.

Passons sur l’intro du style « vous les ados, nous au CIV on vous comprend! » Si je me rappelle une seule chose de mon adolescence c’est bien le fait de se faire appeler « ado » avec un ton condescendant, paternaliste et faussement compatissant et « compréhensif » par de parfaits inconnus qui ne comprennent vraisemblablement rien. Mais laissons cela de côté et intéressons-nous au contenu de l’article.

Quand je suis devenue végane, cela m’a permis de redécouvrir les aliments, de détacher la nourriture des sentiments de frustration et de culpabilité, et d’apprendre à nouveau la satiété et la faim. Cela m’a permis de perdre 12 kilos en 3 mois sans avoir à faire d’efforts particuliers. J’ai donc à présent une assez bonne connaissance de ce qui est nécessaire en nutrition pour être en bonne santé, d’un point de vue comportement alimentaire, et un certain recul sur les problèmes posés par la société de consommation en terme d’alimentation.

Cet article explique parfaitement ce qu’il ne faut PAS faire:

1) Distinguer les aliments-plaisir (gras et sucrés) des aliments-santé (fruits, légumes).

N’importe quel aliment est un aliment plaisir quand on a FAIM. Le problème, c’est que lorsqu’on est saturé de graisses et de sucre, beaucoup d’aliments nous paraissent fades et sans saveur. C’est simplement le fait de trop manger et de manger une nourriture trop riche. Quand on a faim, une pomme, un fenouil, un concombre, un champignon cru sont savoureux. En plus, appeler « aliment plaisir » un gros gâteau à la crème quand on en mange tous les jours, c’est simplement ne pas savoir ce qu’est le plaisir. Le vrai plaisir de manger un gâteau disparait quand on en mange souvent.
Avec lui disparait tout plaisir de savourer une salade ou une soupe.

2) Associer le plaisir au calcul et à la culpabilité, et compter sur cette dernière pour s’alimenter

Donc voilà en gros ce que dit cet article: mange un aliment-plaisir (genre du bacon frit dans le saindoux, miam miam). Ensuite, culpabilise et mange  un fenouil cru sans sel, juste pour rééquilibrer les calories ingérées. Puis aies super faim, et jette-toi sur un aliment plaisir (miam, le  nouveau bigburger triple fromage !). Puis, culpabilise à nouveau et mange des
carottes crues sans sauce. Puis, aies faim… etc etc.

Bref, cède à tous tes caprices, la culpabilité de manger de la merde suffira à ce que tu soies en bonne santé.

Une telle vision de l’alimentation est dangereuse. De nombreux obèses restent obèses à cause de cette vision culpabilisante de la nourriture qui les empêche d’apprécier vraiment la vraie nourriture. Combien de personnes prennent un bigmac, une grande frite et un coca light? Combien de gros (désolée pour le terme) mangent des trucs hyper caloriques et puis dans un élan de culpabilité, évitent de mettre de l’huile d’olive dans leur salade, pour ne pas grossir, alors qu’une cuillerée d’huile ne représenterait même pas 1% des calories ingérées au repas précédent?

Bref, ces conseils sont évidemment dangereux et en plus, ils prennent vraiment les ados pour des crétins, en les brossant dans le sens du poil et en les tutoyant comme si ça donnait de la crédibilité.

Je propose de réécrire cet article pour qu’il soit encore plus clair et compréhensif. Voici ma correction:

Tu es un d’jeunz, nous on te comprend, on sait que tu manges des kebabs et que tes parents veulent te faire manger de la soupe! Halala ces adultes, ils sont pénibles à toujours te dire ce que tu dois faire. Les parents ça sert vraiment à rien, pas vrai? Nous on est pas comme ça! Tu as bien le droit de manger ce que tu veux! D’ailleurs on sait bien que tous les djeun’z comme toi aiment les kebab, tu es bien un d’jeunz non? Donc tu aimes les kebabs! Manges-en, c’est bon pour toi! HA mais heuuu n’oublies pas de manger un peu de soupe hein quand même.

Par contre, un mystère demeure, dont seuls les experts en jeunes du CIV doivent posséder la clé:

Ta manière de vivre te conduit à préférer les aliments qui se transportent facilement et là, c’est vrai qu’on trouve plus de produits sucrés ou un peu gras que des bâtonnets de carottes crues !

Pourquoi c’est difficile de trimballer des carottes crues???

L’art du laisser-dire

Ca fait maintenant un peu plus d’un que j’ai pris conscience de l’horreur quotidienne infligée aux animaux partout dans le monde, sous pretextes de gastronomie, de tradition, de divertissement, de mode, de commerce, et j’en passe.

Depuis ce temps, je m’efforce de faire partager mes idées, de les confronter à d’autres, (merci à tous ceux qui m’ont apporté un point de vue différent qui a enrichi le mien). Il m’arrive souvent de commenter des articles sur le sujet, de répondre à des commentaires, et de participer à des forums de discussion, que ce soit avec des végétariens, des vegans ou des omnivores. J’essaie souvent de combattre les idées préconçues qu’ont les gens qui sont peu ou pas confrontés au végétarisme, pour qui c’est nouveau; Je contredis aussi certaines personnes qui affirment publiquement des choses qui sont fausses (que ce soit par mauvaise foi ou par simple ignorance). Mon dernier article en est un exemple.

Ceci parce que je considère que les vegans doivent faire entendre leur voix autant qu’ils le peuvent. Chaque fois qu’un vegan prend la parole pour exposer ses idées, c’est un petit trou dans la bâche gigantesque de la pensée unique. Une petite lueur d’espoir pour les animaux.

Mais attention. Il y a des limites.

Vous êtes vegan, (enfin c’est une façon de parler, si vous êtes vegan, vous êtes vegan, sinon, imaginez que vous l’êtes). Vous êtes vegan, donc, vous êtes en désaccord avec l’idéologie sociale. Pour la société il est normal de tuer ou d’enfermer des animaux, si c’est pour les manger, voire pour se divertir, s’habiller, etc.
Pour vous, c’est contraire à l’éthique.
Vous ne pouvez pas prendre la parole à chaque fois que quelqu’un émet une idée dans ce sens. C’est impossible.

D’autre part, personne n’est insensible (contrairement à ce qu’affirment certains à leur propre sujet, mais j’y reviendrai) et personne n’aime tuer des animaux ou profiter du faut qu’ils soient tués, même si c’est loin de leurs yeux et de leurs oreilles. D’ailleurs, pour un grand nombre, ce n’est que grâce à cette distance (voulue et entretenue par la société) qu’ils peuvent endormir leur conscience et tolérer le massacre, et ainsi y participer malgré eux.

Lorsqu’on rappelle la cruelle réalité aux gens, lorsqu’on leur glisse des éléments  qui leur font comprendre qu’ils se nourrisent de la chair d’êtres sensibles qui ont eu une vie de souffrance achevée prématurément par une mort violente, ils sont forcément mal à l’aise. Ce mal-être prend une infinité de formes. Mais la plupart des gens ne cessent pas de manger de la viande pour autant, ce qui est parfaitement normal (moi-même il m’a fallu plusieurs mois).

Dans l’expérience de Milgram,des sujets obéissent à un scientifique (ou a une présentatrice tv dans sa variante, le jeu de la mort, je vous conseille vivement le documentaire dispo sur le net), bref à une autorité, qui leur impose de faire quelque chose de désagréable pour eux: torturer un être humain.

Si beaucoup de personnes obéissent (je ne donne pas de chiffre ici car cela dépend des variantes, voir Wikipedia, ou mieux, lire le livre « la zone extrême »), la plupart des obéissants utilisent des stratagèmes (inconscients) pour se libérer de la pression engendrée par leur situation (qui est, je pense, réellement éprouvante).  Parmi ces stratagèmes, certains consistent à nier la personne torturée, par exemple en parlant en même temps qu’elle, ce qui fait qu’elle ne devrait pas pouvoir entendre les questions et y répondre.

« La tension que ressent l’individu qui obéit est le signe de sa désapprobation à un ordre de l’autorité. L’individu fait tout pour baisser ce niveau de tension ; le plus radical serait la désobéissance, mais le fait qu’il ait accepté de se soumettre l’oblige à continuer à obéir. Il fait donc tout pour faire baisser cette tension, sans désobéir. Dans l’expérience de Milgram, des sujets émettent des ricanements, désapprouvent à haute voix les ordres de l’expérimentateur, évitent de regarder l’élève, l’aident en insistant sur la bonne réponse ou encore lorsque l’expérimentateur n’est pas là ils ne donnent pas la décharge convenable exigée. Toutes ces actions visent à faire baisser le niveau de tension. Lorsqu’il n’est plus possible de le faire diminuer avec ces subterfuges, le sujet désobéit purement et simplement. »

[Wikipedia]

Pourtant ils obéissent.

Les gens qui mangent de la viande ont ce type de systèmes de défenses. Il s’agit de nier les animaux mangés (ils n’ont pas de conscience, ils ne sentent pas la douleur… Plus caricaturel: quelqu’un de tout à fait intelligent par ailleurs m’a dit un jour que les vaches n’étaient que des steacks à pattes sans émotions ni perceptions d’aucune sorte). Ou encore, le sujet est écarté par un « mais les animaux sont bien traités » (des gens, encore une fois intelligents par ailleurs, m’ont déjà dit ça en mangeant de la viande d’un restau U, alors qu’ils savaient pertinemment que c’était de la viande industrielle).

Bref je ne détaillerai pas ici ces stratagèmes de négation des animaux mangés, mais on pourrait en écrire des pages et des pages.

Il existe d’autres mécanismes de défense parmi les gens qui mangent de la viande et ne veulent pas changer. Il n’est pas évident de changer ses habitudes de vie mais surtout il n’est pas évident de se remettre en question d’autant plus qu’admettre que manger de la viande est moralement condamnable, c’est non seulement renoncer à tout ce qu’on a appris, à tout ce en quoi l’on croit, mais c’est admettre que l’on a vécu jusque là en faisant quelque chose de mal (étape difficile pour devenir végétarien). Lire à ce sujet Psychologie du crime de l’exploitation animale, un texte avec quelques erreurs mais dont l’idée est globalement très pertinente. En plus d’accepter avoir mal agi, il faut aussi accepter que toute la société se conduit mal, et ça c’est très difficile. C’est cette rupture sociale qui rend le végétarisme « marginal ».

Bref. Pour ne pas avoir à affronter cette rupture sociale, mais en même temps pour se décharger de sa culpabilités, certaines personnes entrent dans ce que j’appellerais la défense rhétorique. Constatant que les végétariens ont un discours construit, ils vont  construire un discours opposé.

Leur argumentation sera presque toujours basée sur ces points:

  • Tradition: On a toujours fait comme ça, c’est naturel, donc c’est impossible ou contre-nature de changer.
  • Santé: De toutes façons, il est impossible d’être végétarien, puisque la viande est indispensable. Cela rejoint l’argument 1 (pratique: on a toujours fait comme ça car on ne pouvait pas faire autrement et on ne peut toujours pas). Quand on leur objecte que les végétariens vivent plus longtemps avec moins de maladies, ils contestent la viabilité des sources citées, sans citer d’autres sources. Ils parlent aussi très souvent de la B12, comme si elle était une preuve que le régime végétalien est contre-nature (a ce sujet, lire « les animaux emballages« : les omnivores ont de la B12 car les animaux qu’ils mangent sont supplémentés en B12).
  • Une inquiétude soudaine pour la souffrance des plantes: les plantes sont des êtres vivants. A partir de ce constat, manger des plantes ou des animaux, c’est pareil. Dans leur discours, il est plus pertinent de comparer une carotte à une vache qu’une vache à un homme. Cette dernière comparaison est souvent qualifiée d’extrêmiste.
  • Négation de sa propre sensibilité: certains se justifient en prétendant qu’ils sont insensibles à la souffrance animale. Si c’était le cas, ils n’auraient sans doute pas besoin de se justifier de manger de la viande. Quand on sait que certains viennent sur des forums végétariens pour expliquer qu’ils mangent de la viande car ils ne se soucient pas des animaux…

Enfin, ces personnes parlent généralement d’environnement en réfutant les avantages d’un régime végétalien sur l’environnement grâce à des arguments spécieux de type « les vaches mangent de l’herbe donc il est faux de dire qu’on importe des céréales pour les nourrir ». (je suis actuellement au Brésil, pays ou la première cause de déforestation est la création de pâturages et de champs de soja pour nourrir le bétail, je dois dire que ces arguments ont du mal à passer quand je vois la beauté de la forêt que l’on détruit continuellement). En général ils ne prennent en compte qu’un seul aspect du problème écologique (utilisation de l’eau OU effet de serre OU utilisation des surfaces du sol OU pollution des sols, etc).

Fait important: ces gens ne se positionnent pas comme un végan les considèrerait, c’est à dire passifs et subissant les choix de leurs parents ou de la société. Même s’ils s’appuient sur des arguments de type « on a toujours fait comme ça », ils prétendent toujours avoir CHOISI leur mode de vie (ou plutôt avoir choisi de ne pas le changer après y avoir, soi-disant, murement réfléchi, pesé le pour et le contre etc). Ainsi, ils sont la voix de la pensée unique, ils prennent la parole pour défendre non seulement leur comportement individuel mais aussi celui de la société entière.

J’ai assez vite appris à ne plus répondre à ces gens.

Pourquoi? Parce qu’on est pas dans le même débat. Je me fiche bien d’avoir raison ou pas, je participe à des discussions pour des causes un peu plus importantes que ça comme je l’ai dit en introduction. Je ne met plus mon égo sur la table lors d’une discussion sur internet. Or, ces gens veulent surtout avoir raison et prouver que les végétariens ont tort.

Il est très important de ne pas entrer dans ce genre de discussions, car quelqu’un qui souhaite avoir raison finira assez vite par ne plus être rationnel (si ce n’était pas déjà le cas au départ). Plus vous lui objecterez des arguments censés et logiques, simples et cohérents, plus il tissera des argumentations compliquées et tordues pour ne jamais avoir tort. Pire, plus vous lui montrerez qu’il a tort, plus il essaiera d’avoir raison. Car en effet, s’il s’entête à vouloir absolument avoir raison, plus il continue, plus il continue, c’est un processus d’engagement; et plus il continue, plus il se sentirait bête en admettant qu’il a tort.

D’abord, cela va être épuisant pour vous. Plus vous serez logique, rigoureux, plus votre interlocuteur dira n’importe quoi et s’embrouillera. Vous allez vous énerver face à tant de mauvaise foi, vous épuiser et perdre votre temps et votre énergie qui devraient être mieux employés.

De plus, plus vous lui montrerez qu’il a tort, plus il cherchera à prouver qu’il a raison, et il risque de se mettre à diaboliser et stigmatiser le végétarisme autant qu’il le peut. Et quand on est pas rationnel, on peut prouver n’importe quoi. Peut-être est-ce ainsi qu’on se retrouve avec un Robert Masson? (pour qui, je le rappelle, les jeunes végétaliens sont des déliquants juvéniles en colère contre leurs parents qui volent des objets pour les échanger contre des oeufs ou du saucisson).

Vous n’avez pas à prouver à ces gens qu’ils ont tort. Vous n’êtes pas là pour ça. Si vous êtes végétarien ou végan, vous êtes là pour défendre les animaux, prouver que vous avez raison est une perte de temps. D’abord parce que vous savez, vous, que vous avez raison, contrairement à l’omnivore défendant. Et ensuite parce que, de toutes façons, vous ne pourrez pas faire en sorte que tout le monde partage votre point de vue dans une société qui est en rupture avec votre idéologie, et ça, il faut vous y faire.

Vous ne pouvez pas vous mettre en colère à chaque fois que quelqu’un dit quelque chose comme « tuer n’est pas grave du moment que c’est pour manger ». Ce genre d’affirmation ne repose sur aucune vraie logique, mais il ne fait qu’exprimer la pensée unique et vous ne pourrez pas la changer en un jour. Le mieux est de faire en sorte que la personne qui dit ça se pose des questions sur la valeur de ce qu’elle dit, mais si vous sentez qu’elle rentre dans un débat destiné à prouver qu’elle a raison, inutile de perdre votre temps.

 

Si vous répondez à quelqu’un qui déclame le discours habituel, ce doit être uniquement s’il le fait en public, afin d’essayer de faire entendre une contradiction qui permettra aux gens qui liront de se faire une opinion le moins biaisée possible. Et encore, ne vous prenez pas la tête, et n’oubliez pas qu’être agressif vous fera passer pour le méchant, et que le méchant a toujours tort.

Lettre au nouvel obs

Madame, Monsieur,

 

Ce n’est pas mon habitude de critiquer violemment le travail de quelqu’un, mais je ne sais pas très bien comment présenter cela autrement : Je suis atterrée par votre article du 5 mai 2011 concernant la viande.

 

J’irai même jusqu’à dire que pour un journal qui a « nouveau » dans son titre, j’ai l’impression d’avoir fait un bond de dix ans en arrière en vous lisant.

 

Il y a trois éléments qui me choquent dans votre article, laissez-moi vous les exposer.

 

1)    Le prétendu expert en nutrition que vous citez se trompe lourdement.

 

Il est de mon devoir de vous signaler deux grossières erreurs énoncées par Jacques Fricker, que vous citez en tant que médecin nutritionniste et qui apparemment n’est  pas au courant que les végétariens ne mangent pas de poisson. Il fait fort !

Deuxième erreur tout aussi lamentable, un régime végétalien mené de façon adéquate n’entraîne aucune carence. Même si trop de médecins français tendent à affirmer le contraire, influencés qu’ils sont par des lobbys qui empêchent des informations sur la nutrition vieilles de 25 ans d’être remises au goût du jour par les dernières avancées scientifiques.

 

Nos voisins anglo-saxons ont bien compris, eux, qu’un régime végétalien avait un effet protecteur par rapport à de nombreuses maladies, dont principalement le cancer colo-rectal qui est en forte augmentation en France, mais aussi d’autres types de cancer, le diabète, l’obésité (première pandémie non infectueuse de l’histoire), plusieurs maladies neuro-dégénératives, cardio-vasculaires, et j’en passe.

Monsieur Frickler n’est vraisemblablement pas au courant de ce qui se passe dans la littérature scientifique sur le sujet ces trente dernières années. Pour avoir des informations fiables à ce sujet, vous devriez peut-être plutôt vous tourner vers des médecins spécialistes du végétarisme, comme par exemple le Docteur Jérôme Bernard-Pellet, ou encore vous renseigner sur ce qu’en pensent l’Organisation Mondiale de la Santé, l’American Dietetic Association, l’Associations de Professionnels de la Santé pour une Alimentation Responsable (ASPARES), et j’en passe.

 

D’après des études menées pendant 12 ans sur 5000 omnivores et 6000 végétariens par l’université d’Oxford, les végétariens vivent 5 à 6 ans de plus que les omnivores, et avec moins de maladies. Je ne listerai pas ici les avantages sur la santé d’un régime végétarien, une simple visite sur le site de l’ASPARES ou de L’Association Végétarienne de France vous renseignera.

 

2) Moraliser l’alimentation n’est pas le propre des végétariens, bien au contraire.

 

J’ai littéralement bondi en lisant la citation de Dominique Lestel, qui avec une allusion au sexe totalement hors contexte dont on se demande d’ou elle peut bien sortir, tente de faire passer les  « anti-viande » pour des moralisateurs puritains. Selon ce monsieur, les militants végétariens sont  donc des emmerdeurs qui tentent de faire la morale aux gens, et qui, trouvant ringard de leur parler de leur vie sexuelle, viennent plutôt mettre le nez dans leurs assiettes ? Ces accusations sont infondées, stupides et proprement scandaleuses. Les militants animalistes défendent les intérêts des animaux et de la planète, rien d’autre. Leur but n’est pas de faire la morale à qui que ce soit, mais d’informer des conséquences désastreuses de la surconsommation de viande sur la santé des gens et  sur l’environnement, et de dénoncer la façon scandaleuse dont les animaux sont traités. Le fait que ces informations incitent à un changement d’habitude ne fait pas de ceux qui les diffusent des moralisateurs.

 

Lorsque j’apprends dans votre article que lorsque je mange un plat de seitan ou une purée de lentilles corail, je vais à l’encontre de ma « nature » et que je « nie ma part d’animalité », je me demande bien qui fait la morale à qui, et qui se mêle des affaires des autres. Alors que les végétariens doivent endurer moqueries et leçons de morales à chaque fois qu’ils ont le malheur de manger avec des non-végétariens, les accuser d’être moralisateurs ou intolérants, c’est l’hôpital qui se fout de la charité.

 

Cet argument de Maryline Patou-Mathis, chercheur d’ailleurs très contestée dans son milieu, est proprement ridicule et n’est basée sur strictement rien. Les végétariens ne mangent pas de viande parce qu’ils se soucient principalement de trois choses : leur propre santé, celle de la planète, et les animaux. Parler de notre supposée  « nature » de « carnivore », voudriez-vous bien m’expliquer à quoi cela rime ?

 

Ces gens sont des obscurantistes, ils veulent empêcher les informations sur la viande de circuler. Car au fond tout le monde sait bien que plus on en sait sur la viande, moins on a envie d’en manger… Les militants pour les droits des animaux sont là pour que les gens sachent, qu’ils puissent faire de véritables choix. Ils sont là pour dire aux gens : voilà comment on fait la viande, voilà comment on peut vivre heureux sans viande, vous avez toutes les cartes en main.

 

3) La viande n’est pas qu’une question de goût, c’est avant tout une question d’animaux.

 

Je suis outrée par la façon dont vous survolez le problème des animaux sans jamais vous y attarder vraiment. Ce sont tout de même les premiers intéressés.

 

Parlons un peu des modes de production. Apparemment, le bœuf n’est pas produit en France comme aux Etats-Unis, soit… Je trouve que vous passez un peu vite sur les productions de toutes les autres viandes qui sont, elles produites de la même façon révoltante ici en France qu’aux Etats-Unis. Elles mériteraient à chacune d’entre elles une attention pleine et entière. Vous oubliez également la viande provenant d’élevages laitiers industriels, qui représente environ 60% de la viande bovine sur le marché. Oublions tous ces animaux maltraités pour nous concentrer sur un fait qui apparemment est le plus important : les élevages bovins dits « à viande » sont différents de ceux qui existent aux Etats-Unis.

 

Soit ! Mais au fait, savez-vous ce que c’est qu’un bœuf ? Un bœuf est un mâle de l’espèce bovine qui a été castré. Pensez-vous que cette opération se fasse avec une anesthésie locale ou générale dans nos belles fermes si différentes des élevages Américains ? Si c’est le cas, permettez-moi de vous dire que vous croyez au Père Noël.

 

Les veaux sont castrés « à l’ancienne », pour faire la bonne viande comme autrefois. Il existe plusieurs méthodes, mais la plus usitée consiste à attacher un fil autour de la base du testicule, à saisir ce dernier et à faire tourner le testicule jusqu’à ce que le tissu se déchire. Un œdème se forme, empêchant la plupart du temps une hémorragie potentiellement mortelle pour l’animal due à la rupture de l’artère testiculaire (ce qui ne manquerait pas d’arriver si le testicule était simplement coupé, comme on le fait pour les jeunes porcelets).

 

En soutenant l’élevage bovin, vous soutenez ce genre de pratiques ancestrales et barbares. Essayer de faire passer les militants de la cause animale pour des arriérés et des puritains est une ruse grossière qui, sans l’aide de lobbys puissants, ne parviendrait pas à tourner en ridicule une si noble cause. Non pas que je pense que le végétarisme soit un courant récent et avant-gardiste : le végétarisme a toujours existé, on en trouve des traces dans de nombreuses cultures, et ce depuis l’antiquité. Pythagore et les pythagoriciens étaient végétariens, Bouddha également ; Les Esseniens qui vivaient sur la mer morte il y a 2000 ans étaient végétaliens. Les hindous sont lacto-végétariens. De nombreux personnages historiques étaient végétariens par choix éthique, parmi lesquels, dans le désordre, Socrate, Platon, Léonard de Vinci, Voltaire, Charles Darwin, Benjamin Franklin, Montaigne, Isaac Newton, et j’en oublie probablement.

Donc il serait ridicule de prétendre que le végétarisme est une nouvelle mode qui vient de sortir. En revanche, c’est une solution potentielle aux problèmes modernes, notamment celui de la faim dans le monde. Quand on sait que 70% des terres cultivées dans le monde servent à produire de la nourriture pour les animaux qui seront mangés par les plus riches, cela a de quoi faire réfléchir.

 

Je ne stigmatise pas les gens qui mangent de la viande, car la plupart le font par pression sociale, par tradition, par habitude, ou par simple manque d’informations ou de réflexion sur le sujet, et il peut être très difficile pour certains de changer.  En revanche, je trouve qu’il est tout à fait irresponsable de promouvoir la consommation de viande à une époque et dans un pays où tout incite à faire le contraire. Tout sauf, bien sur, les lobbys de l’industrie agro-alimentaire. Je vous invite d’ailleurs à ce sujet à lire l’excellent mémoire de master Recherche en Sciences de l’Education soutenu par Paul Scheffer en juin 2010 sur «l’influence de l’industrie agroalimentaire dans le domaine de la nutrition et la place de l’esprit critique dans la formation des diététiciens». Je pense que cela vous incitera à réfléchir sur la place que devrait avoir la viande dans notre alimentation et sur l’utilité mais aussi sur la difficulté du combat mené par les militants pour le végétarisme.

 

Plutôt que de demander l’avis d’experts qui ne sont vraisemblablement experts que quand il s’agit de parler d’autre chose que des sujets cruciaux, pourquoi ne pas vous renseigner sur ce qu’est vraiment l’élevage en France ? Et aller faire un tour, par exemple, sur la galerie vidéo du site Internet de L214, dont les militants s’introduisent dans les abattoirs pour filmer ce que les industriels voudraient que personne ne voie ?

 

Enfin, je constate sans surprise, mais avec une profonde tristesse, que vous ne posez pas la vraie question, celle que posent réellement les végétariens :  est-il moral de tuer des animaux alors qu’on pourrait vivre heureux et en bonne santé sans  avoir à le faire ?

J’estime que cette question, si gênante quand on tient à ses habitudes, est la raison pour laquelle les personnes que vous citez essaient de tourner les végétariens en ridicule ou de les faire passer pour des extrêmistes ou des marginaux. Car le fait même d’être végétarien, qu’on le veuille ou non, pose cette question. La réponse est l’affaire de chacun, car contrairement à ce qu’affirment les détracteurs de la cause animale, les militants ne sont pas là pour mettre leur nez dans l’assiette des gens, pour se mêler de leurs affaires ou pour les montrer du doigt. En revanche, il est essentiel que chacun se pose un certain nombre de questions et y réponde en son âme et conscience, loin des pressions sociales, des industriels, des lobbys, des jugements des végétariens comme de ceux des carnistes, chacun seul face à sa conscience et à son assiette.

 

C’est dans ce seul but que nous nous efforçons d’informer les gens sur ce qu’est ou n’est pas la viande. C’est l’information qui permet de faire des choix et d’être libres, et non pas la censure.

 

Dans l’attente de lire des articles plus réjouissants dans votre journal, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sincères salutations.

photo: seitan corail, purée de fève au tofu soyeux et salade de lentilles germées

X- La très pénible journée qui dura environ 48 heures

Nous revenons de la jungle le 3, après une courte nuit sur nos hamacs. Le voyage en bateau est très long. Je cherche un cybercafé à Alter Do Chao, pour essayer de contacter quelqu’un, car si vous suivez, je n’ai pas pu avoir accès à internet depuis le 29 avril, or j’avais fait des demandes de couchsurfing pour Sao Paulo, et il est plus que temps de voir si j’ai des réponses. Le premier cybercafé ne marche pas du tout (j’attend longuement que les pages s’affichent, puis je m’en vais), l’autre est plein. Nous partons à l’aéroport le soir même, car notre vol part à 1 heure du matin. Nous avons deux changements, nous devrons donc prendre 3 avions.

 

1) Santarem-Manaus

 

L’aéroport de Santarem est tout petit, il n’y a pas de cybercafé. Je me connecte au wifi payant, mais il refuse mon paiement. J’essaie plusieurs fois.

 

Vers minuit, les gens de la sécurité nous font jeter deux épingles à nourrice dont je me servais pour attacher des plumes de perroquet à mon sac. Ils extraient ensuite de mon sac une petite fourchette en argent à laquelle je tiens particulièrement car je mangeais avec quand j’étais petite. Ils cherchent longuement dans la liste des objets interdit, tandis que nous essayons de leur expliquer qu’une fourchette, c’est pas dangereux, et que jusqu’ici, on nous a toujours laissé embarquer avec, même pour les vols internationaux. Je les vois chercher dans la liste « armes » et je me dis qu’ils vont bien se rendre compte qu’ils font n’importe quoi. Finalement, ne trouvant pas le mot « fourchette » dans la liste des objets dangereux, ils appellent le chef de la sécurité. Celui-ci refuse de nous laisser notre fourchette, et devant nos protestations polies et nos appels au bon sens (nous restons très cordiaux, de peur d’empirer la situation) nous explique en portuganglais, gestes à l’appui, qu’une fourchette peut servir à tuer des gens (avec le manche).

Maintenant que j’écris, je trouve ça tordant, mais sur le moment, je puis vous assurer que je ne riais pas. Nous regardons donc le chef de la sécurité prendre la fourchette et mimer le geste de tuer Alderanan avec le manche. Nous lui faisons remarquer qu’on pourrait faire de même avec une cuillère, mais il nous explique que les fourchettes sont plus dangereuses que les cuillères, car elles ont des pics. Nous capitulons, mais heureusement, nous avons pu remettre ma fourchette dans nos sacs enregistrés qui allaient en soute.

 

Nous avons une heure d’avion. Je dors un peu.

 

2) Manaus-Brasilia

A Manaus, le wifi payant refuse toujours mon paiment (d’ailleurs, c’est le même). Nous trouvons un cybercafé, mais comme l’avion de Santarem est parti en retard, nous ne pouvons nous connecter que 5 minutes. Je n’ai pas le temps de consulter les demandes de couchsurfing.

Nous reprenons donc l’avion.

 

3) Brasilia- Sao Paulo

A Brasilia, nous avons deux heures devant nous. Nous cherchons donc un cybercafé. Après maintes recherches, il apparait qu’il est fermé pour 24 heures. J’essaie encore de payer mon wifi,  ou d’en trouver d’autres, sans succès.

 

4) Arrivée à Sao Paulo

Nous arrivons à Sao Paulo dans la matinée, sans vraiment avoir dormi.

Première surprise, mon sac a dos arrive ouvert, ayant vraisemblabement été fouillé. Nous faisons une réclamation, nous pesons nos sacs, qui pèsent environ 5 à 7 kilos de moins qu’à l’embarquement à Santarem. Nous paniquons. Nous signons des papiers, puis nous sommes obligés de tout vider dans le hall. Après inventaire, il s’avère qu’il me manque deux petit canifs, une cape de pluie et une lampe de poche dynamo. Le tout ayant été retiré des poches externes de mon sac. Apparemment, les balances ne marchent pas si bien. Fatigués, nous acceptions un dédommagement d’une cinquantaine d’euros pour le tout, ce qui prend tout de même environ une heure.

 

Nous n’avons pu manger que des bananes et quelques biscottes dans l’avion, nous récupérons donc les restes du repas à base de haricots que j’avais préparé la veille au soir. Malheureusement, il a tourné. Nous cherchons quelque chose à manger, mais il n’y a rien de vegan qui ne coûte pas la peau des fesses.

 

Nous  trouvons ensuite le cybercafé de l’aéroport. Avec un peu de chance, il n’est pas trop tard pour le couchsurfing. Nous constatons que le prix du cybercafé est de 35 centimes la minute (et répondre au couchsurfing est assez long). Nous décidons donc, épuisés, d’aller à l’auberge de jeunesse.

 

Aux informations tourisme de l’aéroport, une hôtesse nous explique qu’il faut prendre un bus à 35$R (environ 15 euros) pour rejoindre le métro de Sao Paulo. Nous trouvons cela beaucoup trop cher pour un bus, elle nous réponds que c’est « bus executif » (executive bus, si j’ai bien compris), qu’il est vachement bien, que y a la clim et tout, alors que les autres bus, dedans il y a peut-être du monde et qu’il y a pas la clim. Elle a l’air de s’attendre à ce que nous soyons affolés en apprenant qu’un bus peut être plein et que nous devrons affronter la populace. Le voyage dans le bus du Peuple à 4R$ se déroule sans encombres.

 

Nous prenons ensuite le métro, j’achète des crackers et des chips. Nous arrivons sans encombres à l’auberge, ou il y a, chose géniale, un WIFI !

Malheureusement c’est trop tard pour couchsurfer, mais nous avons tout de même rencontré un couchsurfer vegan avec qui nous avons mangé au restaurant, le soir à 9h.

Pour la petite histoire il apparait que le manque de sommeil et de nourriture semble provoquer chez Alderanan un état euphorique proche de l’éthylisme, ce qui est bien pratique pour quelqu’un qui ne boit pas d’alcool.

 

Pour conclure, ce restaurant est plutôt pas mal.