X- La très pénible journée qui dura environ 48 heures

Nous revenons de la jungle le 3, après une courte nuit sur nos hamacs. Le voyage en bateau est très long. Je cherche un cybercafé à Alter Do Chao, pour essayer de contacter quelqu’un, car si vous suivez, je n’ai pas pu avoir accès à internet depuis le 29 avril, or j’avais fait des demandes de couchsurfing pour Sao Paulo, et il est plus que temps de voir si j’ai des réponses. Le premier cybercafé ne marche pas du tout (j’attend longuement que les pages s’affichent, puis je m’en vais), l’autre est plein. Nous partons à l’aéroport le soir même, car notre vol part à 1 heure du matin. Nous avons deux changements, nous devrons donc prendre 3 avions.

 

1) Santarem-Manaus

 

L’aéroport de Santarem est tout petit, il n’y a pas de cybercafé. Je me connecte au wifi payant, mais il refuse mon paiement. J’essaie plusieurs fois.

 

Vers minuit, les gens de la sécurité nous font jeter deux épingles à nourrice dont je me servais pour attacher des plumes de perroquet à mon sac. Ils extraient ensuite de mon sac une petite fourchette en argent à laquelle je tiens particulièrement car je mangeais avec quand j’étais petite. Ils cherchent longuement dans la liste des objets interdit, tandis que nous essayons de leur expliquer qu’une fourchette, c’est pas dangereux, et que jusqu’ici, on nous a toujours laissé embarquer avec, même pour les vols internationaux. Je les vois chercher dans la liste « armes » et je me dis qu’ils vont bien se rendre compte qu’ils font n’importe quoi. Finalement, ne trouvant pas le mot « fourchette » dans la liste des objets dangereux, ils appellent le chef de la sécurité. Celui-ci refuse de nous laisser notre fourchette, et devant nos protestations polies et nos appels au bon sens (nous restons très cordiaux, de peur d’empirer la situation) nous explique en portuganglais, gestes à l’appui, qu’une fourchette peut servir à tuer des gens (avec le manche).

Maintenant que j’écris, je trouve ça tordant, mais sur le moment, je puis vous assurer que je ne riais pas. Nous regardons donc le chef de la sécurité prendre la fourchette et mimer le geste de tuer Alderanan avec le manche. Nous lui faisons remarquer qu’on pourrait faire de même avec une cuillère, mais il nous explique que les fourchettes sont plus dangereuses que les cuillères, car elles ont des pics. Nous capitulons, mais heureusement, nous avons pu remettre ma fourchette dans nos sacs enregistrés qui allaient en soute.

 

Nous avons une heure d’avion. Je dors un peu.

 

2) Manaus-Brasilia

A Manaus, le wifi payant refuse toujours mon paiment (d’ailleurs, c’est le même). Nous trouvons un cybercafé, mais comme l’avion de Santarem est parti en retard, nous ne pouvons nous connecter que 5 minutes. Je n’ai pas le temps de consulter les demandes de couchsurfing.

Nous reprenons donc l’avion.

 

3) Brasilia- Sao Paulo

A Brasilia, nous avons deux heures devant nous. Nous cherchons donc un cybercafé. Après maintes recherches, il apparait qu’il est fermé pour 24 heures. J’essaie encore de payer mon wifi,  ou d’en trouver d’autres, sans succès.

 

4) Arrivée à Sao Paulo

Nous arrivons à Sao Paulo dans la matinée, sans vraiment avoir dormi.

Première surprise, mon sac a dos arrive ouvert, ayant vraisemblabement été fouillé. Nous faisons une réclamation, nous pesons nos sacs, qui pèsent environ 5 à 7 kilos de moins qu’à l’embarquement à Santarem. Nous paniquons. Nous signons des papiers, puis nous sommes obligés de tout vider dans le hall. Après inventaire, il s’avère qu’il me manque deux petit canifs, une cape de pluie et une lampe de poche dynamo. Le tout ayant été retiré des poches externes de mon sac. Apparemment, les balances ne marchent pas si bien. Fatigués, nous acceptions un dédommagement d’une cinquantaine d’euros pour le tout, ce qui prend tout de même environ une heure.

 

Nous n’avons pu manger que des bananes et quelques biscottes dans l’avion, nous récupérons donc les restes du repas à base de haricots que j’avais préparé la veille au soir. Malheureusement, il a tourné. Nous cherchons quelque chose à manger, mais il n’y a rien de vegan qui ne coûte pas la peau des fesses.

 

Nous  trouvons ensuite le cybercafé de l’aéroport. Avec un peu de chance, il n’est pas trop tard pour le couchsurfing. Nous constatons que le prix du cybercafé est de 35 centimes la minute (et répondre au couchsurfing est assez long). Nous décidons donc, épuisés, d’aller à l’auberge de jeunesse.

 

Aux informations tourisme de l’aéroport, une hôtesse nous explique qu’il faut prendre un bus à 35$R (environ 15 euros) pour rejoindre le métro de Sao Paulo. Nous trouvons cela beaucoup trop cher pour un bus, elle nous réponds que c’est « bus executif » (executive bus, si j’ai bien compris), qu’il est vachement bien, que y a la clim et tout, alors que les autres bus, dedans il y a peut-être du monde et qu’il y a pas la clim. Elle a l’air de s’attendre à ce que nous soyons affolés en apprenant qu’un bus peut être plein et que nous devrons affronter la populace. Le voyage dans le bus du Peuple à 4R$ se déroule sans encombres.

 

Nous prenons ensuite le métro, j’achète des crackers et des chips. Nous arrivons sans encombres à l’auberge, ou il y a, chose géniale, un WIFI !

Malheureusement c’est trop tard pour couchsurfer, mais nous avons tout de même rencontré un couchsurfer vegan avec qui nous avons mangé au restaurant, le soir à 9h.

Pour la petite histoire il apparait que le manque de sommeil et de nourriture semble provoquer chez Alderanan un état euphorique proche de l’éthylisme, ce qui est bien pratique pour quelqu’un qui ne boit pas d’alcool.

 

Pour conclure, ce restaurant est plutôt pas mal.