Les produits animaux au dur pays de la réalité

Quand les gens s’étonnent que je ne mange pas d’oeufs.

Dans mon dernier billet, j’ai longuement disserté sur l’obsession des gens autour de la consommation des produits animaux. C’est sans doute un peu ce qui les motive à entrer dans une discussion totalement théorique à propos d’oeufs que je pourrais éventuellement manger (il en est de même pour le lait).

C’est en partie ma faute. En effet, je n’explique pas toujours exactement pourquoi je préfère me passer de ces produits.  C’est qu’il est difficile, au cours d’un repas, entre la poire et le tofu, d’exposer aux gens des concepts subtils et opposés à ce qu’ils apprennent depuis tout petits (cela m’a pris plusieurs mois ou années pour adopter un point de vue antispéciste). Si je devais être absolument sincère, il faudrait que je leur explique que l’animal n’est pas une machine, qu’il doit être considéré comme une fin et non pas comme un moyen, et que je ne suis pas d’accord avec notre conception occidentale de la vache comme machine à produire du lait et de la poule comme machine à produire des oeufs.

 

J’ai déjà expliqué sur ce blog que le vrai problème avec l’utilisation d’animaux est que leur condition de propriété entraine nécessairement des abus, et que donc ce ne sont pas les abus en eux-même qu’ils faut dénoncer (comme le fait qu’une vache soit tuée quand son rendement baisse), mais la condition animale qui génère ces abus.
Toutefois, dans la vraie vie, je me trouve généralement dans une configuration sociale plus contraignante qu’un blog, face à des gens pas forcément ouverts aux idées nouvelles et qui tombent déjà des nues quand ils apprennent qu’on peut se passer de fromage et continuer à respirer normalement. C’est parfois la première fois qu’ils rencontrent une végétarienne et ils n’ont aucune idée de certaines réalités de l’élevage (comme le montrent leurs objections). Je simplifie donc l’explication(1) et même si ce n’est pas tout à fait sincère, je leur parle directement des abus de l’élevage, en leur exposant une situation concrète. Comme ils ne deviendront pas antispécistes à la fin de la conversation, cela présente au moins l’avantage de leur faire prendre conscience de certaines réalités.
Par exemple, on me dit souvent:
« Je comprend que tu ne veuilles pas manger de viande car il faut tuer des animaux pour le faire (2), mais pour le lait et les oeufs, je ne comprend pas: Il n’y a pas besoin de tuer des animaux pour avoir du lait, et traire les vaches ne les fait pas souffrir »
Je répond donc en substance ceci:
« Autrefois, on pouvait peut-être avoir du lait sans tuer de vaches, et peut-être que c’est encore possible à l’heure actuelle dans d’autres sociétés. Mais dans notre société, ce que tu dis n’est pas exact: on a effectivement besoin de tuer des animaux pour faire du lait. Pour qu’une vache fasse du lait, il faut qu’elle ait un veau, puis son rendement baisse. Si un éleveur voulait garder tous les veaux et les nourrir, et garder les vaches quand elles ne produisent plus, il mettrait directement la clé sous la porte. C’est tout simplement impossible. »
En ce qui concerne les oeufs, le raisonnement est similaire: il faut bien tuer des poussins mâles de race pondeuse pour faire des oeufs. Soit l’éleveur tue les mâles, soit il est ruiné.
Même si je passe un peu à côté du vrai problème (car je ne sais pas si je remangerais des oeufs si par exemple on trouvait moyen de ne faire naitre que des femelles, ce qui pourrait être rendu possible par la recherche), ça a l’avantage de présenter les choses de façon concrète et aisément compréhensible.

IMG_2766.JPGMais il arrive bien souvent que les gens insistent et essaient de trouver une configuration dans laquelle il se pourrait que je mange des oeufs ou que je boive du lait, si jamais un jour j’avais une vache, qu’elle avait eu un veau, qu’il fallait la traire ou je ne sais quoi encore.
Là je ne sais plus trop bien quoi dire. Je réponds parfois qu’acheter des animaux, ça entretient un commerce qui génère des abus (me rapprochant subrepticement de la vraie nature du véganisme). Mais les gens ne sont pas satisfaits: Et si tu as quand même… et si tu trouves… Et si…. et si, et si, et si….

Et si rien, quoi, merde. Je me demande bien ce que je foutrais avec une vache. Et en réalité, SI j’avais une vache qui me faisait du lait, plutôt que de me réjouir de pouvoir enfin boire du lait de vache, je me verrais plutôt maudire la sélection génétique par laquelle les humains ont fait les vaches, des animaux qu’on doit traire parce qu’elles produisent dix fois trop de lait pour leurs petits. Et je ne sais pas ce que je ferais du lait, mais je pense que je ne le boirais pas. Je le donnerai ou je nourrirai d’autres animaux avec, ou je le congèlerai, ou je ne sais pas quoi. Ca me dérangerait de le jeter, puisque c’est comestible, mais je verrais plus ça comme un problème à résoudre qu’autre chose.
De même si j’avais des poules, je ne pense pas que je mangerais leurs oeufs. En fait, ça fait plus d’un an que je n’ai plus mangé quoi que ce soit qui contienne des oeufs, et ça fait un an et demi environ que je n’ai pas mangé un oeuf directement. A vrai dire, quand je repense au contenu d’un oeuf, cet espèce de liquide amniotique gluant  m’inspire plus de dégoût qu’autre chose (d’ailleurs je ne suis pas un cas unique puisque j’ai lu le témoignage d’une végétalienne qui avait des poules et qui était complètement dégoûtée par l’odeur quand elle préparait une omelette pour nourrir ses animaux; les goûts évoluent avec les habitudes).

Un jour, après une de ces conversations, je me suis soudain demandé: Mais qu’est-ce qu’ils ont, à la fin? Pourquoi veulent-ils absolument, par tous les moyens, trouver une solution pour que je puisse manger du lait et des oeufs? C’est juste du lait et des oeufs, ce n’est pas si important que ça! On dirait que ma vie en dépend!  J’ai mis un certain temps à me construire un régime alimentaire équilibré sans ces produits, ils ne représentent plus rien pour moi. Pourtant, les gens en parlent comme s’il s’agissait de ressources extrêmement précieuses que je dois absolument mettre toute mon énergie à trouver, alors qu’en réalité, si j’en avais, je ne saurais pas quoi en faire…

Comme je l’ai expliqué dans mon article précédent, j’ai depuis commencé à percer le mystère de cette obsession pour les produits animaux. Mais à vrai dire, mon agacement n’était pas seulement dû à mon incompréhension devant cette obsession bizarre de consommer du lait et des oeufs, ces aliments sans grand intérêt nutritionnel et dont je me passe depuis plus d’un an (et dont certain se passent pendant des décennies et sont très heureux) et qui ne m’inspirent  plus aucun appétit.
Mon agacement était surtout dû au fait que j’expose une situation réelle, concrète. Que j’explique des faits. Voilà d’où vient le lait que tu bois, voilà d’où vient l’oeuf que tu manges. Et en réponse, on me sert des situations inexistantes, complètement théoriques, dans lesquelles peut-être éventuellement, si… Si jamais, si d’aventure, si par hasard… Tous ces si!  Tout ce conditionnel! Et la réalité?
J’aurais presque envie de laisser exploser cet agacement en colère: mais enfin, je suis en train de t’expliquer que l’animal qui a produit ce que tu manges a été torturé, qu’il va mourir ou est déjà mort d’une mort violente, qu’on l’a tué, qu’on tue des poussins pour faire tes oeufs, et des veaux pour faire ton lait! ce sont des faits! Et toi tu me parles de « si jamais un jour une poule par hasard »…. Est-ce que la réalité n’est pas plus importante que des situations qui n’existeront probablement jamais? Si une poule arrive dans mon jardin (3), j’y réfléchirai à ce moment-là, non?

Mais, à tort ou à raison, je juge stérile ces débordements de vérités. C’est justement l’excès de vérité (avec l’obsession des produits animaux) qui pousse les gens à poser ce genre de questions, et surtout l’excès de différence. C’est tellement nouveau, c’est tellement étrange de se passer de lait, c’est tellement… Extrêmiste, que les gens veulent absolument m’entendre dire que je serais capable de boire du lait dans une certaine situation. Pour me rendre moins bizarre, ou peut-être me faire admettre que le lait n’est pas en soi quelque chose de Mal (4).

Il m’est arrivé de répondre, avec l’impression de dire cela pour rassurer, pour faire plaisir, ou, impression plus désagréable, de me conformer à une attente sociale; il m’est arrivé de répondre, donc:
« oui, bon, si jamais j’avais une poule récupérée d’un abattoir ou que sais-je, ça ne me poserait pas de problème de manger ses oeufs, mais ce n’est pas la question ».
Mais ce n’est plus très vrai aujourd’hui. Je me contente donc de dire la vérité: je ne sais pas ce que je ferais, et je m’en fiche. Je n’aime plus les oeufs ni le lait. Qu’ils soient ou non intrinsèquement mauvais (et ils ne le sont sans doute pas), quelle importance? Ce ne sont que des oeufs et du lait. Pas de quoi en faire un fromage (ha ha…)

Cela perturbe un peu les gens. Décidément, c’est bizarre, elle est bizarre, cette fille. Elle ne veut pas d’oeufs. Qu’elle soit contre la façon de produire, ok (on l’est tous plus ou moins même si on ne fait rien contre), mais qu’elle ne cherche même pas à en avoir par d’autres moyens!

Si je répond ainsi, c’est avant tout pour ne pas mentir. Mais quelque part, j’espère aussi, par ma sincérité, leur montrer qu’on peut non seulement se passer d’oeufs et de lait, mais ne même pas spécialement chercher à en obtenir, puisqu’on vit très bien sans. Et puis, si cela les perturbe tant, c’est, je pense, qu’ils soupçonnent la vérité cachée derrière mon discours: le refus de l’exploitation animale et pas seulement de ses abus évidents, de ses travers les plus faciles à dénoncer. Ils n’aiment pas ça, parce que l’antispécisme remet en cause une certaine conception de l’humanisme, et c’est celle qu’on a tous apprise. Mais c’est ainsi.
Enfin, de même que quand j’affirme être extrémiste, cela a l’avantage de présenter les choses de façon claire: oui je suis bizarre. Vraiment. J’aime penser qu’un jour être vegan ne sera plus une bizarrerie, mais pour que cela arrive, il faut des gens bizarres…

 

 

 

(1) En réalité cela dépend de mes interlocuteurs. Si je sens que mon interlocuteur est assez ouvert pour entendre parler d’antispécisme sans se braquer, je préfère être plus précise sur mes raisons d’être végane. Mais cela n’arrive pas souvent.

(2) Vous remarquerez que cela demande déjà un niveau minimum d’ouverture dont beaucoup de gens ne sont malheureusement pas capables.

(3) Détail cocasse: cela semble d’autant peu probable qu’à l’heure ou j’écris ces lignes, je n’ai pas de jardin, ni de maison, ni d’adresse fixe, et ça n’empêche pas des gens qui le savent très bien de continuer à me poser la question.

(4) Même si peu de gens l’admettent clairement, ce désir de souligner que le lait et les oeufs ne sont pas intrinsèquement mauvais, qu’ils pourraient être obtenus dans faire de mal, montrent qu’ils ont conscience, à un certain niveau du moins, que la viande est, elle, le produit d’un meurtre.

Vegan partout #2 : Le Brésil

Les Brésiliens consomment beaucoup de viande et peu conçoivent un repas sans produits carnés. Malgré cela nous n’avons pas rencontré de problèmes particuliers.

Cuisine et approvisionnement

A Manaus, Belem, Alter Do Chao, Sao Paulo, Iguaçu… Nous n’avons eu aucune difficulté à trouver des auberges avec cuisine. Pas besoin donc d’aller souvent au restaurant, d’autant plus que le Brésil est un pays assez cher.

Pour faire vos courses, préférez les marchés: c’est moins cher et les produits sont de meilleure qualité, notamment les fruits. Les supermarchés sont chers et ont peu de choix en fruits et légumes, et en plus, ils n’hésitent pas à vendre des fruits trop verts ou pourris…  En plus, les marchés sont beaucoup plus sympathiques.
Par contre, on pourrait croire qu’il est facile de trouver des bons fruits et légumes dans tout le Brésil. On trouve effectivement un bon choix de délicieux produits locaux dans les marchés des grandes villes du nord: Manaus, Belem… Par contre dans les petites villes, le choix peut être assez pauvre.
Pour le reste, sachez qu’on trouve assez facilement du lait de soja dans tout le Brésil, ainsi que des protéines de soja texturées. Par contre il est difficile de trouver du lait de soja sans sucre.fruit.jpg
Enfin, attention aux crudités. Nous lavons tout nos fruits et légumes crus avec du savon ou du liquide vaisselle (sauf ceux dont on ne consomme pas la peau, comme le ramboutan sur la photo). C’est un peu bizarre au début, mais c’est plus prudent, et il suffit de bien rincer. Par ailleurs, nous n’utilisons pas toujours de l’eau potable pour faire ça, mais nous n’avons jamais été malades.

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Au restaurant

Nous ne sommes pas beaucoup allé au restaurant au Brésil. Cependant, les restaurants « ao kilo » peuvent dépanner. Ce sont des restaurants où l’on se sert au buffet, puis on paye au poids de l’assiette. On peut donc manger vegan sans se compliquer la vie, en ne prenant que les « accompagnements »: généralement du riz, des spaghettis, des haricots, et de la salade. Cependant, c’est un peu cher, puisque vous paierez tout ça au même prix au kilo que la viande… Si vous faites de long trajets en bus, vous vous arrêterez probablement dans ce type de restaurants, mais en plus cher et moins bon. Le mieux est d’emporter de la nourriture avec soi.
Il y a aussi les restaurants végétariens; nous n’en avons testé que deux, qui étaient assez sympathiques. Sinon, vous n’avez plus qu’à demander un menu spécial. Si vous parvenez à vous faire comprendre (le passeport vegan peut aider), les restaurants pourront vous proposer les accompagnements traditionnels (haricots, riz et spaghettis), quelques salades et des fruits.

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A Belem: Mae Natureza

Rua Manoel Barata, 889 (at Presidente Vargas)

Un petit restaurant végane « ao kilo », avec quelques bons desserts. Thé à volonté.

 

A Sao Paulo: Vegethus
Rua Haddock Lobo, 187 (Metro Consolacao, Cerqueira Cesar)

Cuisine végane originale et pas trop chère pour Sao Paulo. Vendent aussi quelques produits végans, mais là attention aux prix

Dans la rue

Vous pouvez acheter de la nourriture dans la rue, du moins dans le nord. J’en ai déjà parlé dans une autre note.
-Tapioca con coco: des galettes de tapioca à la noix de coco. Demandez sans fromage (sin queiso).
-Manioc: une pâte de manioc cuite dans une feuille de bananier.
-Epis de maïs: cuits à la vapeur
-Pupunas: de petits fruits oranges que l’on cuit dans l’eau salée. (On peut en voir sur la 2ème photo en haut).

Vous pouvez aussi acheter de délicieux fruits dans la rue: pinhatas (ou pomme-canelle), mangues, petites bananes, acerola, maracuja, jacas, ramboutans, melons jaunes… Impossible de les citer tous ! On n’a que l’embarras du choix.

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Quelques spécialités véganes

…Que vous pourrez goûter dans certains restaurants ou si vous avez la chance d’être invités à manger chez des gens.

* Le manioc se prépare de différentes façons, il est aussi délicieux frit que cuit à l’eau.
* Couscous brésilien: il s’agit d’une sorte de gâteau de semoule. Il peut être servi au petit déjeuner ou aux autres repas. Il est souvent accompagné de viande, mais on peut aussi le déguster avec de la banane cuite.
* Les galettes de tapioca peuvent aussi être servies roulées avec de la margarine, mais attention: il n’existe qu’une seule marque de margarine végane, les autres contiennent du lait.

  *L’asaï… Une fois qu’on y a goûté, on est accro. Par contre attention c’est cher, du moins dans le nord-est, ou ils le servent glacé avec du muësli. Ils mettent parfois du miel, mais vous pouvez demander sans. Dans le nord, ils le servent sous forme liquide, pas vraiment glacé, et sans sucre (mais on peut le sucrer à sa convenance).

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Voici une recette que nous avons réalisée à Alter Do Chao avec un reste d’asaï: il vous faut des bananes congelées, de l’asaï et du sucre. Mélangez le tout au blender (c’est le plus difficile à trouver mais certaines auberges en ont). Vous obtiendrez une délicieuse glace à l’asaï !

L’extrémiste

Parfois, quand des gens s’étonnent de constater ce que je mange ou ce que je ne mange pas, je réponds ceci:

« Je suis extrémiste ».
-Tu manges du poisson quand même?
-Non. Je suis extrémiste. Je ne mange ni viande, ni poisson, ni oeufs, ni produits laitiers. Je n’achète jamais de cuir, de soie ou de laine. Tu vois, je suis vraiment extrémiste.
-Ha bon…

Comme vous le constatez, votre interlocuteur n’aura pas grand chose à répondre de plus que « ha bon » ou « ha d’accord », et ce même s’il n’est pas d’accord du tout et qu’il vous trouve très bizarre. Mais au moins, il ne vous accusera pas d’extrémisme, c’est déjà fait.
Mais si je me dis extrémiste, ce n’est pas uniquement pour enlever aux autres le loisir de le faire à ma place. C’est parce que je pense que c’est un peu vrai. La question est plutôt: que veut dire être extrémiste? Est-ce mal?

Certes, comme l’illustre Veggiepoulette, il n’y a rien d’extrémiste en soi à ne pas vouloir manger du fromage ou à choisir le coton plutôt que la laine. Et parfois, je trouve totalement ridicule qu’on considère comme extrémiste le fait que je veuille un repas constitué uniquement d’ingrédients végétaux, ce type de repas devrait selon moi être la norme.

 

C’est ce conditionnel que je prends et compte quand je m’accuse d’extrémisme. Cela devrait être la norme, mais ça ne l’est pas. La norme, c’est viande + garniture, et peu importent la logique, la souffrance des bêtes, la santé des humains, la destruction impitoyable de notre planète bleue, peu importe qu’on brûle notre propre maison. C’est la norme.

 

Hé bien moi, je suis contre cette norme. Je suis donc extrémiste.

 

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Elevage non-extêmiste où tout est normal

 

Les gens qui me taxent d’extrêmiste sont les gardiens de la norme sociale. Tout individu élevé dans cette société sera, à un moment où à un autre de sa vie, défenseur de la norme sociale, des valeurs qu’il a apprises, qui l’ont construit. On ne peut pas vraiment en vouloir aux gens pour cela.

Même la plupart des gens qui défendent les animaux sont les gardiens de la norme sociale. La plupart des défenseurs des animaux mangent de la viande, et tiennent beaucoup à continuer. Ils ne remettent pas en question la norme sociale, ils ne sont pas extrêmistes. Ils souhaitent simplement que l’on traite bien les animaux (et pour beaucoup, ce n’est pas incompatible avec le fait de les tuer sans nécessité).

Les vegans antispécistes ne veulent pas qu’on traite bien les animaux. Ils veulent qu’on ne les traite plus du tout. Que le bien-être et que la vie d’un animal ne soient plus dépendants du bon vouloir d’un être humain. Or, notre domination sur les autres espèces fait partie de l’ordre social. Contrairement à ce que prétendent les défenseurs de la norme, je ne pense pas qu’elle fasse partie d’un quelconque « ordre naturel », que nous soyons les maîtres des autres animaux parce que « dieu » ou « la nature » l’ont dit; mais cela  fait indéniablement partie de la norme sociale.

 

Je refuse cette norme.

Je dois avouer que j’ai même une certaine fierté à être extrémiste. Il faut avoir la force morale de s’opposer à la norme sociale. Je dois dire aussi que les non-extrémistes, les modérés, me fatiguent un peu. Marre des modérés. Marre des mous du bulbes qui s’empressent de dire que oui oui, ils mangent du poisson, ils sont pas extrémistes, merci pour eux. Non, ils ne veulent pas changer la société, elle est très bien comme elle est, c’est juste que, hum, hé bien, la viande, ils n’aiment pas trop ça, ils ne savent pas pourquoi… Ils n’imposeront pas un régime végétarien à leurs enfants bien sur. (ils leur imposeront de manger de la viande, mais ça, c’est normal). Ils n’ont rien contre la viande, c’est juste qu’il faudrait mieux traiter les animaux, faire du bio…

Les modérés sont mous. Ils devraient selon moi apprendre à s’affirmer dans un monde qui est impitoyable pour les plus faibles. On ne peut pas être modéré pour tout. Sommes-nous modéré quand nous affirmons qu’abuser sexuellement d’un enfant est une mauvaise chose? Alors pourquoi devrait-on être modéré pour condamner des actes comme égorger un veau? Pourquoi devrait-on être modéré quand il s’agit de la souffrance d’être faibles qui ne peuvent pas se défendre, qui ne peuvent que subir?

 

Par contre, je veux bien qu’on dise que je suis extrémiste, mais je refuse que l’on m’accuse d’intolérance. Au contraire, je suis tout ce qu’il y a de plus tolérante. Je tolère que des gens que j’aiment donnent leur argent pour que l’on tue et torture les animaux que j’aime; et ce n’est pas facile tous les jours. Tolérer ne veut pas dire cautionner, ne veut pas dire être d’accord. Je tolère parce que c’est la norme et que c’est comme ça. Et surtout, je ne juge pas. Je condamne fermement les actes, mais je ne juge pas les gens qui les commettent. Juger les gens est stérile. Juger les actes est nécessaire, pour un monde un peu plus juste.

 

Et être extrémiste, c’est simplement vouloir un monde un peu plus juste, même si pour cela il faudra que la société évolue, et avec elle, ses sacro-saintes normes, qui ne sont autres que des conventions auxquelles se plient les gens. Sans réfléchir.

 

Vegan partout #1 : Venise, Milan, Madrid

Nous avons traversé quelques grandes villes d’Europe avant de nous rendre en Amérique du Sud. Petit compte rendu.

Venise

Haaaa, Venise, ses gondoles, ses cafés à 8 euros et ses restaurants de poisson.

 

Sans rire, j’ai évidemment beaucoup apprécié Venise. Mais comme toute ville très touristique, elle a ses mauvais côtés. Côté nourriture, les restaurants sont très chers et pas toujours de bonne qualité. De plus, du moins à ma connaissance, il n’y a pas un seul restaurant végétarien (encore moins vegan); la cuisine vénitienne est très riche en poisson, et quand ce n’est pas du poisson, c’est de la viande. Mais de toutes façons, notre budget ne nous permettait pas de manger au restaurant tous les jours.

 

Difficulté supplémentaire, l’auberge de jeunesse est très sympathique, mais il n’y a pas de cuisine, même pas un micro-ondes.

 

Alors, que manger? Nous avons fait avec les moyens du bord, et finalement ce n’est pas si difficile, même sans cuisine. Le marché du Rialto propose de très bon fruits et légumes, nous avons donc opté pour ceux qui peuvent se manger crus.

 

Comme nous ne sommes pas vraiment habitués à manger 100% cru, nous avons complété avec un peu de pain complet ou de galettes de riz, et quelques simili-carnés à grignoter (voir les liens). Rien d’extraordinaire en fin de compte, mais ça nous a permis de manger équilibré et pour trois fois rien. Et quelques pizzas sans fromage quand nous avons eu envie de manger chaud (il fait plutôt froid à Venise en février).

 

repas

* Rialto Bio Center
calle de la Regina, Santa Croce 2264
Un magasin bio où l’on peut trouver un bon choix de simili-carne, tofu, quelques légumes bio, laits végétaux, etc. Un peu cher. (cité sur HappyCow)

* Calle San Pantalone, 3762
Une boucherie qui vend quelques simili-carne. Etonnant! Si la vue des animaux morts ne vous révulse pas trop, vous pourrez y trouver de bon produits bio et vegans. Situé dans le quartier Accademia.

 

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Milan

Milan étant une très grande ville, on y trouve plusieurs restaurants végans. La plupart servent de la cuisine macrobiotique… Apparemment on trouve de bons restaurants macrobiotiques, mais je me méfie un peu. Nous étions juste de passage, nous n’en avons testé qu’un, La Susina. L’atmosphère est plutôt agréable, la cuisine est correcte mais pas extraordinairement folichonne. Enfin, ce n’est pas très cher. Ils vendent aussi quelques produits végans.

 

L’auberge de jeunesse est équipée d’un micro-ondes, c’est mieux que rien !

 

La Susina,

Via Giuseppe Lagrange, 15 (at Corso San Gottardo)

Une petite cantine végane pas trop chère

(cité sur HappyCow)

 

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Madrid

Encore une fois nous n’y sommes pas resté longtemps. Le Loving Hut est formidable et nous avons également rencontré Maria qui venait juste, avec son associé, d’ouvrir un restaurant 100% cru et vegan, la Crucina. Nous sommes également tombé par hasard sur Planeta Vegano, c’est la première fois de ma vie que je mettais les pieds dans une boutique entièrement végane!

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Loving Hut

Calle de los Reyes, 11 (at C/ del Alamo, Plaza de España)
Contrairement aux autres Loving Hut que je connais, celui-ci sert de l’alcool. Le personnel est adorable, et la cuisine est délicieuse. Mention spéciale au gâteau chocolat-orange.

(Aussi sur HappyCow)

 

La Crucina

Calle Divino Pastor, 30 (metro San Bernardo)

Cuisine végane et crue, aussi saine que savoureuse. Cela m’a semblé très bon marché quand nous y sommes allé mais il est probable que les prix aient augmenté. Atmosphère agréable.

(Aussi sur HappyCow et sur Facebook)

 

Planeta Vegano

Calle Ave María, 42, Lavapiés

Petite boutique végane où vous trouverez de tout.

(Aussi sur HappyCow)

 

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