La végéphobie à la française

Cela fait maintenant quatre mois et demi qu’Alderanan et moi parcourons l’Amérique du Sud.

Après le Brésil, l’Argentine, le Paraguay, le Chili, la Bolivie, nous sommes en ce moment au Pérou. Le sens du contact d’Alderanan fait que nous nous retrouvons très souvent à discuter avec toutes sortes de gens, qu’ils soient du coin ou des voyageurs comme nous. Nous rencontrons donc des gens de toutes les nationalités.

 

Je savais déjà, avant de partir, que les médecins français font figure d’exception en Europe en s’opposant très souvent au végétarisme, ignorant trois ou quatre décennies de recherches scientifiques sur le sujet. Ce que j’ignorais en revanche, c’est que les français en général font preuve d’une intolérance toute particulière, d’un rejet du végétarisme totalement surréaliste quand on les compare aux personnes d’autres nationalités.

 

Toujours un peu sur la défensive quand je dis être végétalienne, j’ai mis quelques temps à me rendre compte qu’avec un Brésilien, un Bolivien, ou un touriste Australien ou Américain, je peux tranquillement expliquer que je ne consomme aucun produit animal par respect pour les animaux. Si je rencontre parfois quelques petits préjugés (principalement: mais t’as pas des carences?) ils ne sont pas bien méchants et on peut tranquillement en discuter.

 

Sauf avec les français.

 

Le français, lui, il connait la bonne bouffe. Et la bonne bouffe, elle est pas végétalienne. La bonne bouffe, c’est le steak-frites, c’est le boeuf bourguignon, c’est le fromage fermier, c’est la tartiflette. Le végétarien a donc tort, quand au végétalien, sa démence n’est plus à prouver.

 

Chaque fois qu’on a eu une remarque désagréable vis-à-vis du végétarisme, ça venait d’un français.

 

En fait, c’est grace à l’attitude des français vis-à-vis du végétarisme en particulier, que j’ai pu me rendre compte de leur attitude vis-à-vis d’un peu tout, et d’un petit travers insupportable qui est propre à la culture française.

 

S’il m’est arrivé de rencontrer des Américains à l’étranger qui se comportaient un peu comme si les Etats-Unis étaient le gouvernement du monde et s’ils étaient toujours un peu chez eux (mais c’était il y a quelques années), les Français, eux, ont tendance à se comporter comme s’ils étaient les seuls à avoir une culture digne de ce nom. C’est qu’on a le musée du Louvre, nous, on a la tour-eiffel, on a Pigalles, les plus belles putes femmes du monde, et puis on a la gastronomie françaîîîîse. Les bonnes cuisses de grenouilles, les escargots, le foie gras, le boeuf bourguignon, etc.

 

Bien que n’ayant jamais foutu les pieds dans le musée du Louvre, et ignorant tout de la gastronomie française, dont je serai bien incapable de juger, il m’est arrivé de me demander si je n’avais pas moi aussi cette tendance à croire que je sais tout mieux que les autres et que leurs cultures sont merdiques comparées à la mienne. Je pense (et j’espère) que non. En tous cas, j’y fais plus attention depuis.

 

C’est l’occasion de vous faire part de quelques anecdotes de voyage, juste pour illustrer mon propos. A demain donc, vous pourrez lire l’histoire de Sophie ou la gastronomie française.

 

Cela dit, c’est simplement une histoire que j’ai envie de raconter parce qu’elle m’amuse, si vous cherchez vraiment de vraies infos sur la vrai végéphobie et ses vraies victimes, allez plutôt faire un tour par là.