Le gars qui mangeait des chats

Zerh
◦    tain jai un mec dans mes contacts
◦    on me di qu’il mange des chats
◦    not sure if serious

L’elfe

◦    Oo
◦    sérieux??

Zerh

◦    ouais
◦    enfin
◦    je lui ais pas demandé
◦    on me raconte peut etre des bobards
◦    même si je vois pas pourquoi

L’elfe
◦    mais genre il mange des chats
◦    il les trouve ou?
Zerh
◦    sois a la spa soit il les capture
◦    je vais lui demander tiens
L’elfe

◦    bonne idee

Zerh
◦    je lui ai parlé une fois dans ma vie avant quil majoute sur facebook, genre ya 6 mois
◦    premier second contact: « SALUT, TU MANGES DES CHATS ? »
◦    jespere presque que la réponse est oui sinon cest moi le mec bizarre
L’elfe
◦    XD
◦    alors?
Zerh

◦    il me dit que oui mais je pense qu’il se fout de ma gueule
◦    je joue le jeu pour voir

L’elfe

◦    ha bon
◦    il dit ou il les trouve?

Zerh

◦    « tu as jamais eu de probleme a piquer les chats des voisins? »
◦    le mystere demeure semi entier
◦    je penche pour la connerie
◦    mais
◦    on vit dans un monde ou on sait jamais
L’elfe

◦    il dit pas ou il les a trouvé?
Zerh

◦    soit en dons soit ceux des voisins
L’elfe

◦    …

Zerh

◦    il tend des pieges aux chats de la rue en donnant a manger il me dit
L’elfe

◦    et il les tuerait et les cuisinerait
Zerh

◦    voila
L’elfe

◦    demande lui ce qu’il fait avec les peaux
Zerh

◦    des abats jours
◦    je penche pour la connerie

L’elfe

◦    là oui
◦    tu devrais lui dire que les moufles ça rapporte plus que les abats jours

Zerh

◦    oui ^^
◦    ah tiens

◦    -et tu connais Sophie* ?
◦    -Oui

◦    elle y croyait vraiment (pffff qu elle est naïve cette petite)
◦    moi: croyait vraiment que quoi?
◦    que je mangeais des chats
◦    moi: ah c’est faux en fait ?

L’elfe

◦    merde j’aurai pas d’abat jour en peau de chat
Zerh

◦    pourquoi tu mangerais pas de chats ? c’est une idée plutot bonne en réalité
◦    je veux dire, au prix de la viande

L’elfe

◦    yen a plein les refuges…
Zerh

◦    voilà
◦    ok ça devient bizarrre:

◦    tu connais la moule voyageuse ? »
◦    moi: je connais le concombre masqué
◦    « bon, la moule, c est la pussy … »
◦    moi: la quoi ?
L’elfe

◦    je sais pas s’il mange des chats, mais il est bizarre.
Zerh

◦    il mange pas de chats

 

*Le nom a été changé pour préserver la vie privée des anonymes amis de Zerh

Ce dialogue (authentique, sur facebook) est étrange. En effet, que se passe-t-il? L’individu non-nommé, appelons-le Robert, fait courir le bruit qu’il mangerait des chats. Zerh lui demande confirmation, au risque de passer lui-même pour quelqu’un de bizarre, le fait de manger des chats étant totalement hors-norme. Robert déclare qu’il capture des chats et les mange, espérant sans doute créer un effet de provocation. Si c’est le cas, c’est totalement raté.

Mis en face de son propre canular, Robert ne sait plus l’expliquer. Pourquoi est-ce bizarre de manger des chats, et, finalement, pourquoi ne le fait-il pas? Il se met alors à raconter n’importe quoi pour changer de sujet.

 

Le canular n’est pas drôle, parce que l’idée de manger du chat n’est pas incongrue dans l’absolu, elle l’est dans un certain contexte et son incongruité peut très vite devenir nulle.

 

Je ne vais pas ici développer ce qu’est le carnisme, idéologie définie par la sociologue Melanie Joy. Il existe une bonne page Wikipedia à ce sujet, Cela a également été abordé dans les cahiers antispécistes. Le point important est que le carnisme, qu’on peut définir brièvement comme une idéologie selon laquelle il est éthique de manger certains animaux et pas d’autres, le point important, donc, c’est que la carnisme est l’idéologie dominante.

 

Lorsque j’ai abordé le sujet du welfarisme et de la façon dont la protection des animaux, si elle est logique, aboutit nécessairement sur l’abolitionnisme, j’ai évoqué, peut-être à travers les lignes, l’idée d’une rupture sociale. Par exemple dans l’article au titre explicite: « Du welfarisme à l’abolutionnisme, ou comment la cohérence éloigne des normes« . Extrait:

 

« il ne faut pas se voiler la face, il est nécessaire de renoncer à énormément de ses croyances et des idées que l’on a apprises, pour aller jusqu’à l’abolitionnisme. »

 

Celui qui veut protéger les animaux et rester cohérent doit donc rompre. Rompre avec l’idéologie dominante. Rompre surtout avec la pensée naturaliste qui permet au spécisme d’exister. Et rompre avec le carnisme qui rend tabou certaines viandes et non pas d’autres. Une fois qu’on est plus solidaire de cette idéologie, on peut encore moins comprendre la blague.

Manger du chat ?

Me rappelant cette conversation, je me suis demandée, par curiosité, si les gens mangeaient parfois des chats et comment ils percevaient cela en général. Car je sais intuitivement qu’ils le perçoivent différemment de moi. Ne serait-ce que parce que mon point de vue a considérablement changé suite à cette rupture. Vous pouvez remarquer le ton assez calme de la conversation, on parle de manger des chats, sans savoir si l’histoire du mangeur de chat est vraie ou non. Il y a quelques années, j’aurais été outrée, scandalisée, d’apprendre que quelqu’un attirait de pauvres chats innocents et les tuait pour ensuite les manger. J’aurais ressenti un profond dégoût à l’évocation d’une pratique aussi cruelle.

 

Aujourd’hui, je m’en fiche. Me soucier qu’un type attire des chats chez lui, les tue et les mange ? Certes, l’idée ne me remplit pas de bonheur. Mais il faut avoir conscience de certaines réalités. En France, un milliard d’animaux terrestres sont tués par an pour la consommation humaine. Un milliard, et sans compter les poissons et autres animaux marins, ni nombreux  qu’on ne peut même pas les compter (et en plus, il faudrait compter aussi ceux qui sont rejetés à l’eau mort ou agonisants, ainsi que les baleines et dauphins piégés par les filets). Et ces animaux ne sont pas moins innocents que d’éventuels chats errants. Un grand nombre ne sont encore que des bébés (veaux, agneaux, mais aussi les poulets de chair âgés de 36 jours) et la plupart sont très jeunes.

Alors, si je devais me mettre dans tous mes états parce qu’un seul barge capture des chats et les mange, je n’aurais pas fini de hurler aux quatres vents. D’ailleurs, serait-il vraiment si barge que ça? Après tout, comme dit Zerh, la viande coûte cher et les chats sont gratuits. Il y en a trop, même. On les tue de toutes façons  dans les refuges, en grand nombre, et personne n’arrive jamais vraiment à savoir ce que deviennent leurs cadavres, on dit qu’on en ferait des farines, de la colle… C’est plausible. Mais les manger, apparemment, serait transgressif, alors qu’on élève des animaux spécialement pour ça.

Sur Facebook, à une époque, il y avait eu un scandale parce qu’une bande de jeunes avaient cuisiné et mangé un chat. On criait à la cruauté. Les photos étaient assez explicites, avec les étapes de dépeçage du chat, des morceaux de pattes coupées dans l’évier… On voyait les étapes de la préparation du cadavre puis les jeunes attablés en train de manger le chat. On peut encore voir ces images sur ce site, et on peut aussi constater  à quel points les commentaires sont haineux. Je me souviens de m’être étonnée de ça à l’époque, alors que la plupart des gens que je cotoie mangent de la viande. On m’avait répondu que c’était scandaleux que les jeunes filles soient « morte de rire » en mangeant le chat. Je n’ai pas l’impression qu’à Noël autour des tablées de foie gras et de dinde, les gens se sentent obligés de tirer la tronche parce qu’ils mangent des animaux morts, et en plus, si on me tuait pour me manger, je ne pense pas que ça me toucherait beaucoup que les gens fassent la gueule en mon honneur. A plus forte raison si j’étais un chat (ou une dinde).

 

Etudiantes mangeant un chat

Les rapaces et les chatons

Je me souviens aussi d’un article sur le blog d’une vétérinaire, qui était scandalisée parce qu’elle avait rencontré un éleveur de rapaces qui nourrissait parfois ses oiseaux avec des cadavres de chatons. Je lui avais demandé ce qu’il y avait là de si horrible alors qu’elle achetait elle-même des parties d’animaux tués pour les manger, y compris des bébés animaux (car, à tort ou à raison, je sentais que c’était le genre de personne à me répondre qu’on peut tuer des adultes mais pas des petits(1) ). Sa réponse fut renversante: ce n’est pas la même chose, parce que les animaux qu’elle mangeait « étaient vendus directement découpés dans des barquettes« , et non pas entiers. Je lui fis remarquer qu’il y avait certaines opérations nécessaires pour qu’un animal vivant soit transformé en morceaux dans des barquettes, et que mêem si on ne les voyait pas, elles étaient tout aussi désagréables, sinon plus; mais il n’était guère facile de discuter avec elle, car c’était un sujet très sensible pour elle et elle avait du mal à être calme et à s’exprimer de façon logique (2). L’argument de la nécessité de manger de la viande était impossible à brandir car elle savait parfaitement que les rapaces ont davantage besoin de viande pour vivre que les humains. Finalement, plutôt que d’admettre qu’il n’était pas éthique de tuer des animaux pour s’en nourrir sans nécessité, elle finit par déclarer que finalement, il était éthique de nourrir les rapaces avec des cadavres de chatons, mais qu’il fallait tuer les chatons sans qu’ils ne souffrent, ou quelque chose comme ça. Puis, l’article disparut de son blog.

 

(1) Quand on y réfléchit, le fait qu’il soit plus éthique de tuer des adultes que des jeunes est souvent assené comme s’il s’agissait d’une évidence, alors que cela mériterait discussion. Personnellement, je ne sais pas si tuer des bébés est beaucoup plus grave que tuer des adultes. J’aurais tendance à dire que s’il m’apparait grave, intuitivement, de tuer des enfants, c’est avant tout parce qu’ils sont sans défense. Mais il en est de même de la plupart des animaux de boucherie, petits ou grands. Et d’ailleurs, tuer un être sans défense nous révulse, mais est-ce vraiment plus grave que de tuer un être à qui l’on a donné une chance de s’en sortir? Et si oui, pourquoi? Je trouve difficile de répondre.

(2) Certains attribuent aux végétariens le rôle de personnes irrationnelles et contrôlées par leurs émotions, face à des omnivore supposés rationnels. C’est généralement plutôt le contraire en réalité.

 

Pourquoi pas du chat?

Alors, finalement, que pensent les gens de manger du chat? Cela varie énormément d’une personne à l’autre. Certaines personnes, surtout des hommes(3), vont dire que manger du chat ne leur poserait aucun problème, mais parmi ces gens, il y en a qui précisent qu’ils ne devraient pas voir l’animal avant. En d’autres termes, ils admettent qu’ils devraient occulter une partie de la réalité, car qu’ils l’aient ou non rencontré, l’animal a existé vivant.

Détail d’importance, si quelqu’un vous affirme que manger du chat ne le dérangerait pas, et que vous lui demandez pourquoi ça ne le dérangerait pas, il vous répondra systématiquement: « on mange bien d’autres animaux, pourquoi pas du chat? ». Autrement dit, ces gens vont justifier une pratique spéciste -manger du chat- par une autre pratique spéciste: manger du cochon ou du poulet. Au lieu de cela, ils pourraient utiliser les mêmes arguments qui sont couramment mis en avant pour justifier la consommation de viande (naturalisme, santé, etc). Mais ils ne le font pas. En fait, cela me fait penser que l’unique raison pour laquelle certaines personnes disent pouvoir manger du chat, c’est parce qu’ils se rendent compte d’eux-mêmes que le carnisme est absurde, mais qu’ils ne vont pas assez loin pour remettre en question le spécisme (le carnisme étant une sous-idéologie du spécisme).

Mais la plupart des gens ne sont pas du tout à l’aise avec le fait de manger du chat et ne font même pas semblant de l’être. Un internaute ayant demandé sur yahoo answers s’il était légal de manger du chat, les réponses montrent que le sujet est gênant: rires, moqueries ou accusations de démence. Mais aussi une réponse qui attise fortement ma curiosité:

 

Meuh oui, quelle question !
J’en fait des gibelottes délicieuses, avec du vin rouge et des petits lardons.
C’est une viande maigre au goût délicat, à la chair fine et qui tient bien à la cuisson.
Il vaut mieux acheter les chats vivants et les préparer toi-même, tu pourras ainsi récupérer les peaux et en confectionner de coquets paletots, toques ou manchons…ça fait de jolis cadeaux de Noël pas chers.
Il suffit juste d’être discret dans cette pratique qui n’est pas toujours bien perçue par les nombreux adeptes du « politiquement correct » pleins de sensiblerie qui pullulent.

 

photopremierebouchcanineparis.jpg

Je n’arrive pas à savoir si cette personne est sérieuse ou non. Est-ce de la provocation? C’est possible qu’une personne mange du chat. En fait, le fait même de se demander si cette personne est sérieuse ou non démontre bien à quel point le carnisme est attaché à des normes culturelles changeantes. Le carnisme est purement culturel et Melanie Joy nous apprend que ses modalités varient beaucoup d’un pays à l’autre: à tel endroit, manger tel animal est normal, ailleurs c’est dégoûtant ou immoral, et cela peut changer assez vite. Dès lors, comment savoir si cette personne plaisante? Après tout, la consommation de chats n’a pas toujours été taboue en france, puisque certaines boucheries vendaient de la viande de chat et de chien encore jusqu’au XIXeme siècle (site: http://www.cdlb.org/viandechien.htm) ; et en plus, elle n’est pas taboue dans toutes les cultures, loin s’en faut. Mais pourtant, le tabou est si fort chez certaines personnes qu’on peut imaginer que ce message est un canular.

 

De même, sur internet, on trouve des recettes de chat, sans que l’on sache très bien si c’est de la provocation ou pas, ou si les gens qui les écrivent ont déjà eux-même mangé du chat.

 

Je pense pas que les personnes qui laissent des commentaires haineux sur l’article des étudiants ayant mangé un chat (dont j’ai parlé plus haut) soient pour la plupart végétariennes. Tout laisse à penser que seule une faible minorité d’entre eux l’est. Par exemple, l’un des commentateurs demande: « I don’t understand why they did that, there is no other meat to eat !? » (Je ne comprend pas pourquoi elles font ça, n’y a-t-il pas d’autre viande à manger?). Cette personne ne cherche pas à expliquer pourquoi il faudrait manger d’autres viandes plutôt que celle-ci, pas plus que les autres commentateurs ne cherchent à expliquer pourquoi il est mal de manger du chat. C’est comme si tout le monde savait que manger du chat est mal, et en même temps que manger d’autres animaux ne l’est pas, et tout ceci sans qu’il y ait besoin de le justifier ou de l’expliquer.

 

Enfin, il existe certaines personnes qui cherchent tout de même à justifier ce tabou, en évoquant une différence entre les chats et les vaches. Les chats sont gentils, jouent et font des calins, alors que les vaches sont stupides et ne font rien. C’est loin d’être vrai, mais notez bien que même si ça l’était, ça ne justifierait absolument rien. Décider de vie ou de mort sur un être sensible en fonction des affinités qu’on ressent avec lui? Ca n’a pas de sens. A moins que la vache ne soit pas un être sensible parce que les citadins ne la voient pas vivre(4).

 

Une logique encore plus mystérieuse est celle selon laquelle il est éthique de manger un animal, à condition qu’il ait été élevé pour ça. Ca parait absurde, mais cela revient à s’en remettre aveuglément à la norme sociale, qui décide de ce qui est bien ou mal, et non pas à prendre en considération l’animal, qui est totalement étranger, dans sa subjectivité, dans son désir de vivre et de jouir de la vie, au fait qu’il ait été élevé dans tel ou tel but par les humains. Mais j’y reviendrai.

 

Au niveau de la loi, on retrouve la même ambivalence que chez les gens par rapport à la consommation de viande de chat: elle peut être autorisée, interdite ou permise par un vide juridique… Voir par exemple cet article: Est-il légal de manger de la viande de chat?

Pour conclure, on peut toujours essayer de faire de la provoc en faisant remarquer que manger du chat est plus écolo que de manger des vaches… Mais on ne sait pas très bien qui l’on va réussir à provoquer, et plus que tout, le pourquoi demeure un mystère.

 

(3) Sexisme ordinaire. La « sensiblerie » est mal vue chez les hommes, mais aussi le fait d’être irrationnel. La société partiarcat autorise les femmes à se laisser diriger par leurs émotions, et même à être pénibles, allant jusqu’à valoriser la « fille chiante ». Après tout, ce ne sont que des femmes… Les hommes, eux, doivent rester froids et logiques.

(4) J’aborderai peut-être le sujet dans un article ultérieur, mais dans la période ou je suis devenue végétarienne, je me souviens de deux choses qui m’ont marquée: la façon dont on abat les poulets à la chaîne, et la tendresse que je me suis découverte pour les vaches. Je les trouve belles, intelligentes, douces, sensibles (bien qu’encore une fois, ce ne soit pas la vraie raison pour laquelle je ne les mange pas: je n’ai pas  aucune affinité particulière pour les truites, mais je ne les mange pas pour autant). Mais constater qui sont les vaches m’a profondément chamboulée et m’a permis d’accéder aux sphères de réflexions que la plupart des gens s’interdisent, celles qui mènent à l’antispécisme.

Level up

Lima, 21 heures, le 8 octobre, 165ème jour de voyage

 

Kilomètres parcourus:

 

Europe:                     3770

Transcontinental:      6275

Amérique Latine  :    23 895

Total:                         33 940

 

Heures passées dans les transports:

 

Terrestres

    (stop, bus, 4×4 et autres):              310

Avion:                                                 24

Bateau:                                               223

Total:                                                   557

 

 

(Ce qui fait un peu plus de 3 semaines au total)

Ces calculs n’impliquent bien sur pas le temps passé en transports dans les villes elles-même sinon c’est le bordel à calculer!

 

batobus.jpg

 

Items:

Photos prises: 7424

Séquences filmées: 306

Vg-burger mangés: 11

Carnets remplis: 4

Lapin borgne: 1

 

Level up !

 

Nouveau lieu débloqué: Nouvelle-zélande

Bonus stage: Ile de pâques