Moins que des hommes

L’ accusation d’anthropomorphisme est souvent brandie comme argument pour faire du mal aux animaux, pour les réduire à l’état d’objets et faire d’eux ce que bon nous semble.

Ils ne pourraient sentir, ressentir, voir, goûter, penser, expérimenter la peur, l’espérance, la tristesse, l’amitié… Ce que nous leur faisons serait alors immoral. Nous leurs refusons donc les émotions, les pensées qui les transformeraient en victimes de notre cupidité. On les situe, de façon pratique, entre les êtres vivants et les choses.

Ceux qui cherchent à défendre les animaux tentent souvent de souligner les raisons pour lesquelles les exploiter est moralement condamnable. C’est-à-dire que les animaux ont leurs propres pensées et émotions, qu’ils sont le centre d’un univers psychologique qui n’appartient qu’à eux

Comme je l’ai expliqué dans mon  précédent billet, nous ne comprenons pas les émotions ni les pensées des animaux. Aussi, attribuer des émotions à un animal est facilement taxé d’anthropomorophisme, et ce, même si ces émotions ne sont manifestement pas l’apanage des humains. On dira alors des défenseurs des animaux qu’ils essaient de hisser les animaux au rang d’humains à pattes, qu’ils cherchent à faire des animaux plus qu’ils ne sont réellements.

Pourtant, l’anthropomorphisme (le vrai) ne fait pas des animaux plus qu’ils ne sont. Au contraire, il les réduit à l’état de sous-humains, d’humains peu évolués: les animaux sont comme des humains, mais en moins bien. En réalité, l’anthropomorphisme est très courant dans la pensée spéciste, alors qu’il reste finalement pas si répandu que ça chez les antispécistes, qui s’efforcent généralement de discerner le vrai du faux parmi tout ce qu’on peut dire sur les animaux. Bien sur, les antispécistes peuvent aussi faire de l’anthropomorphisme, ce qui est difficile d’éviter à partir du moment où l’on cherche à comprendre ce que ressentent les animaux.

Mais les cas les plus évidents d’anthropomorphismes, à mon sens, sont le fait de personnes spécistes.
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