Les motos de Hanoi

Après une semaine épuisante à Tokyo, moi et Alderanan avons pris l’avion pour Hanoi.

 

Le vietnam c’est chouette, enfin sauf quand on est dans une ville. A vrai dire, Hanoi n’est pas la charmante cité où il fait bon se promener que décrit le Lonely Planet. D’ailleurs, un jour il faudra que je m’explique avec ses auteurs. Peut-être bien qu’ils n’y sont pas allé depuis 15 ans, avant que tout ne soit bétonné, sauvagement occidentalisé, et surtout avant que les motocyclettes remplacent les vélos, en masse.

Car les motos ne sont pas seulement nombreuses, dangereuses, bruyantes et polluantes. Elles sont innombrables, enveloppent Hanoi d’un nuage gris et nauséabond et d’un vacarme assourdissant. Traverser la route demande une viligance extraordinaire et des yeux partout. Les motos surgissent de tous les côtés, en klaxonnant tant et si bien qu’on ne sait plus trop d’ou viennent les klaxons. Les motards n’hésitent ni à rouler à contresens, ni à envoyer des textos en conduisant. Les uns tête nue, les autres encapuchonnés d’un petit casque en plastique sans doute fort utile pour se prémunir le chef des fientes de pigeon, et coquettement doté, pour les femmes, d’un trou à l’arrière pour y passer sa jolie chevelure. Les casques à l’européenne, ceux qui empêchent de se fracasser le crâne en cas d’accident, sont très rares.

 

Tous les jours, au vietnam, 35 personnes meurent sur la route. Dont 32 motards.

 

Si traverser la route est une épreuve de vigilance, et nécessite aussi un certain savoir-faire (le trafic ne s’arrête jamais), se promener le long des trottoirs n’est pas non plus de tout repos. Car ceux-ci sont rarement praticables, et quand ils le sont, c’est un parcours du combattant. Ils servent aléatoirement de parking à moto, de prolongation des magasins, d’espaces de stockage, de terrains de jeux, de salle à manger, de cuisine, de basse-cour, de marchés à fruits, à cigarettes, à viande. Surtout de parkings à moto, quand même. En contournant tous les obstacles, la majeure partie du trajet se fait en fait sur la route, avec un oeil devant et un oeil derrière pour voir arriver les motos.

 

Le Lonely Planet conseille un itinéraire de promenade, comme si c’était reposant de se promener dans Hanoi. Enfin, sans exagérer tout de même, car les abords des lacs sont aisément praticables à pied, ainsi que quelques endroits miraculeusement dégagés. Mais tout de même, on ne peut pas dire qu’on se promène dans Hanoi. Et d’ailleurs, un jour, il faudra que j’en dise un peu plus sur le Lonely Planet, dont les auteurs ne doivent pas visiter la même planète que moi.

 

Et pourtant, cette ville a tout de même de bons côtés. Un mystère inexpliqué, surtout: on dit que le lac Hoan Kiem abrite encore des tortues, au milieu de cette jungle urbaine. Comment est-ce possible?

 

Les hypothèses fusent, entre fantasmes, légendes et complots gouvernementaux. J’ai voulu en savoir plus. Mais ce sera pour la prochaine fois !