Pourquoi je ne participerai plus aux actions réformistes

Pour répondre à des questions et remarques pertinentes des commentaires, cet article a pour but de partager mon opinion sur le réformisme ou sur ce que Gary Francione appelle le néowelfarisme.

Néowelfarisme: Il s’agit d’organiser ou de participer à des campagnes pour le bien-être animal, tout en visant l’abolitionnisme.

Suite à mon dernier article, plusieurs personnes m’ont objecté que les campagnes néowelfaristes pouvaient également aider à viser l’abolition de l’exploitation animale. Et j’ai tenu à peu près le même discours qu’eux, mais depuis j’ai changé d’avis, donc je vais essayer de répondre à ces objections, et sans vraiment chercher à convaincre, mais plutôt à expliquer pourquoi je ne souhaite plus participer à des actions welfaristes.

Pour développer mon propos, j’utiliserai un exemple en particulier, celui de la campagne de L214 contre les oeufs de batterie. J’expliquerai les points forts de ce type d’action, puis la façon dont je suis venue à remettre en question ces atouts. Enfin, je finirai par quelques remarques sur le discours abolitionniste, en revenant sur les raisons pour lesquelles il est parfois écarté au profit d’un discours welfariste.

L214 contre les oeufs de batterie

Vous vous rappelez de l’article que j’ai écrit l’année dernière pour mon anniversaire? Ce jour-là, j’étais en photo dans le journal, déguisée en poulet. C’était l’action la plus typiquement welfariste à laquelle j’ai participée. Il s’agissait d’une campagne contre l’élevage des poulets de batterie, organisée par l’association L214 et relayée par plusieurs collectifs dans toute la France, dont le CLAM.

Le déroulement de l’action

L’action se répétait dans plusieurs villes, avec deux militants itinérants de L214 et des personnes en renfort sur place (collectifs, etc). Elle était double puisqu’étaient visées à la fois l’offre et la demande. D’abord la demande, en abordant les gens dans la rue afin de les sensibiliser au sort misérable des poulets de batterie, et de les informer sur les différents types d’oeufs et les codes correspondants: 0 pour le bio, 1 pour le plein air, 2 pour l’élevage au sol, et 3 pour les batteries. Puis on leur faisait  signer des cartes postales pour protester contre les conditions de vie des poules en batterie. Ces cartes  permettaient, plus tard dans l’après-midi, d’intervenir au niveau de l’offre: On se rendait dans un supermarché, accompagnés de journalistes, avec toujours un militant en poulet. On demandait à rencontrer un responsable, puis on s’entretenait  du problème avec lui en lui remettant les cartes.

poule L214

Moi en poulet chez Intermarché, vérifiant les codes des oeufs devant les journalistes (c'étaient des oeufs code 3, de batterie donc). Dans mon autre aile, une partie des cartes postales signées par les passants. Je ne me lasse pas de voir ma photo dans le journal...


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