Rétrospective: les actions welfaristes en question

Aujourd’hui, je suis végane depuis 2 ans et 5 mois.

Mon point de vue a beaucoup évolué depuis le premier jour où j’ai décidé de franchir le pas. (C’était un jour de juin 2009. J’y reviendrai peut-être, si j’ai le courage de le raconter. Bref).

Dans ce blog, je me suis exprimée contre le welfarisme (ici et par exemple), que j’ai assez rapidement considéré comme non satisfaisant du point de vue des animaux. Néanmoins, j’ai continué à participer à des actions welfaristes au moment où je m’exprimais ici même contre le welfarisme lui-même, et même un peu après avoir publié ces articles.

Dans cet autre article, j’expliquais à l’époque pourquoi je continuais à participer à ce type d’actions.

En relisant cet article, je pense que je ne l’écrirais plus aujourd’hui. Il y a quelques remarques pertinentes mais j’y vois surtout plusieurs failles logique. Pourtant, certaines personnes à l’époque m’ont fait remarquer ces failles, mais je pense que je n’ai pas tout à fait compris leur raisonnement, et je n’ai d’ailleurs pas compris que je n’avais pas compris.

Je vais donc me répondre à moi-même, faire une critique de mon propre article.

En résumé, j’y expliquais que, si le welfarisme est une idée inaboutie et non satisfaisante, je n’étais pas opposée à toute forme de communication welfariste, ces formes de communication pouvant se révéler positives. Je vais expliquer ici en quoi mon point de vue a évolué sur la question:

1) Le welfarisme encourage-t-il les gens à faire du mal aux animaux?

Dans l’article en question, j’écrivais notamment ceci: « J’ai du mal à comprendre comment un végan peut considérer qu’on puisse exploiter les animaux la conscience tranquille, étant donné que c’est justement l’exploitation qu’il condamne moralement. »
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La libido des animaux

Les antispécistes ont souvent à insister sur l’intelligence des animaux, leur conscience, leur capacité à résoudre des problèmes, à s’identifier, à vivre une vie mentale complexe, différente de celle des humains (différente pour chaque espèce, probablement, et d’ailleurs, pour chaque individu). Car les humains ne pourraient disposer des animaux comme de simples objets s’ils ne leur niaient pas ces capacités. C’est ce qu’on appelle la mentaphobie: le refus de voir les capacités cognitives complexes des animaux.

Pourtant, il est un domaine ou les personnes spécistes semblent, tout à coup, prêter aux animaux des capacités mentales extraordinaires. Il s’agit de la sexualité.

Un exemple parmi tant d’autres, voici ce qu’on peut lire dans un commentaire à cet article de l’excellent blog 400 culs, portant sur la sexualité de certains animaux (mollusques, poisson-clown, etc):

« Je n’arrive décidément pas à digérer le fait que vous assimiliez reproduction et sexualité. (…)

La question n’est pas tant de savoir par quelles contorsions les limaces font parvenir leurs spermatozoïdes ici ou là, mais bien plutôt s’il existe d’autres espèces que l’être humain et les bonobos qui dissocient la reproduction de la sexualité, c’est-à-dire qui trouvent du plaisir au sexe sans but reproductif. Parler de sexualité ou de plaisir chez la limace est, heu… très anthropocentrique et très peu scientifique. »

Ce commentaire est assez représentatif de la façon dont la plupart des gens considèrent le sexe chez « l’animal »: une fonction reproductrice.

Sans vouloir me la péter, j’ai un master en physiologie de la reproduction animale, donc je me dois avant toute chose de contredire cet avis. Car oui, les modes de reproduction citées dans l’article relèvent bien de la sexualité, ce n’est ni anthropomorphique, ni « peu scientifique ». La reproduction des animaux ne concerne d’ailleurs pas seulement la sexualité. Cela concerne également la reproduction non sexuée, mais aussi  l’embryologénèse, la parthénogénèse, les comportements maternels, les comportements des nouveaux-nés, etc. La sexualité n’est qu’une partie (importante) de la reproduction des animaux.

Exit donc la première phrase du commentaire. Que reste-t-il? Un avis très répandu selon lequel les animaux ne se reproduisent pas par plaisir, mais par… heu… Par magie? En fait, le commentaire ne le dit pas.

Instinct mon ami

Le commentaire ne le dit pas, mais comme il s’agit d’une formulation de la pensée unique, on peut le deviner. Les limaces en question « se reproduisent dans les arbres, en laissant pendre leurs phallus, qui s’enroulent de façon hélicoïdale.(…) Les limaces échangent leur sperme par l’extrémité de ce phallus« .

Si ce n’est pas par plaisir, pourquoi ces limaces feraient-elles ça?

Par instinct?
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La nutrition végane

Sur ce blog, je ne parle presque pas de nutrition.

Je pars du principe (faux) que tout le monde sait que la viande rouge donne le cancer, que l’ostéoporose est une maladie des populations consommatrices de lait, et qu’il n’y a plus besoin d’expliquer que non, je suis végane mais mes muscles n’ont pas fondu.

Et pourtant, je me suis rendu compte à plusieurs reprises que j’avais tort. Certains de mes amis et connaissances sont encore persuadés que mes muscles ont fondu. Et plusieurs font le régime Dukan… Quelle horreur.

Novembre 2011, au vietnam

Les gens qui me connaissaient lorsque je mangeais des produits animaux savent très bien, eux, que les 15-20 kilos que j’ai perdus ne sont pas du muscle, mais du gras. Lire la suite