Hello world !

Salut à toustes,

Vous avez pu voir qu’il y a du nouveau ici et également sur l’ancien blog.

D’abord je tiens à dire que ce n’est pas du tout facile de transférer un blog depuis over-blog vers une autre plate-forme. En fait c’est théoriquement pas possible, mais il y a toujours des combines pour le faire tout de même, combines auxquelles, malgré de longs et douloureux efforts, je n’ai strictement rien compris.

Je tiens a remercier chaleureusement Numa pour avoir fait le transfert des articles et des commentaires, je n’y serais jamais arrivée toute seule, la preuve c’est que j’avais commencé à transférer les articles manuellement, ce qui est complètement nul.

Pour ta prouver ma gratitude éternelle je t’offre une photo de chaton mignon avec un coeur.

Hoooooooooo !!!!!!!!!!!!

Je tiens également à remercier Nicolas qui, lui aussi, a pris beaucoup sur son temps libre pour m’aider et qui m’a expliqué plein de trucs.

Pour te remercier je t’offre une photo d’une statue d’un mec qui frappe des bébés. (Sauf que c’est pas moi qui l’ai prise, mais bon, c’est l’intention qui compte). (Je sais que ça te touchera).

Hoooooooooo…….. :(

Un grand merci également à toutes ceuelles qui m’ont apporté leur aide, avis ou suggestions, en particulier sur le forum Vegeweb.

Ce nouveau blog est à présent pleinement opérationnel, les commentaires et tous les articles ont été transférés; seule l’apparence risque de changer un peu à l’avenir, mais rien d’extraordinaire. Par contre il y aura des nouveaux articles sur plein de sujets différents.

Le féminisme contre les femmes

Cela va très vite ! Il y a peu, j’ai publié mon premier article féministe (quel beau bébé, il a triplé mon blog rank). Et déjà, je me fais taxer  d’aigrie ! La raison : ma longue complainte contre les chaussures à talons. Mais non, claironnent certaines forumeuses, les chaussures à talon, cela ne fait pas mal, voyons ! La faute de mes souffrances me reviendrait entièrement, légitime punition pour choisir des chaussures à talon bon marché.

L’ennui c’est que, de mon expérience, il n’y a aucune différence du point de vue du pied, entre une paire en vrai cuir à 100 euros (oui, je n’ai pas toujours été végane) et une paire en simili bon marché à 10 euros. Toutes font souffrir les pieds – au moins un petit peu. Mais mes anti-chiennes de gardes ont pensé à tout, puisque l’on m’accuse aussi d’avoir « le pied fort ».

« Ca vient à l’esprit de personne que peut-être ses chaussures sont trop petites, que c’est de la merde, qu’elle a le pied fort »

Dans le mille, Emile ! J’ai de grands pieds. Et larges. Je chausse du 41. C’est donc ma faute, ma très grande faute : je n’avais qu’à être plus conforme, avoir des pieds plus petits, comme Cendrillon, qui a raison d’être une princesse. Ou mieux, c’est la faute de ma maman, de qui j’ai hérité les panards. C’est toujours la faute des mères, ou de la génétique, ce qui revient au même. Le patriarcat n’y est pour rien.

Dites, les filles, et si on réfléchissait autrement ?

Les féministes contre les femmes (quand c’est pas les hommes)

Bon, je noircis un peu le tableau. J’ai lu beaucoup de réactions intelligentes à mon article, beaucoup d’avis intéressants, aussi bien en commentaire qu’ailleurs sur internet. Et les avis les plus intéressants ne viennent pas nécessairement des filles jean-basket. Celles qui se pomponnent, s’épilent, se talonnent, se manucurent, se permanentent, celles-là sont visiblement capables, pour certaines d’entre elles au moins, d’avoir un regard critique sur leur propre comportement en tant que femmes. De réfléchir sur le pourquoi, de se questionner sur l’organisation de la société qui les pousse à un certain conformisme. Les colorations abîment peut-être les cheveux, mais laissent intact le cerveau. Et c’est tant mieux, car comment voulez-vous dénoncer un système en convainquant uniquement les personnes qui y sont extérieures ?

 

Si j’ai commencé, dans « souffrir pour être belle », par évoquer mon cas personnel, ce n’est pas pour le simple plaisir de raconter ma vie. C’est parce que je voulais éviter une incompréhension dont sont victimes non seulement les féministes, mais toutes celles et ceux qui dénoncent une discrimination sociale (racisme, spécisme, sexisme, âgisme, etc). Je voulais que ce soit bien clair que je n’accusais personne, que je ne jugeais personne, et pour cela, j’ai mis en avant ma propre participation au système que je dénonçais. Car oui, je m’épile, je porte des talons, je me maquille etc.

Mon but n’était bien sur pas de montrer qui que ce soit du doigt. Encore moins de dire « c’est mal de s’épiler ». A vrai dire je me fiche bien de savoir qui s’épile ou pas. Mon message était simplement (certain-e-s l’ont compris) de montrer, à travers les rituels de beauté, l’inégalité des rapports homme-femme ; la façon dont l’apparence des femmes est soumis au jugement (souvent fantasmé) des hommes, et prend une importance démesurée si on la compare à celle de l’apparence des hommes.

Les féministes sont souvent victimes de cette incompréhension, car elles combattent une forme d’oppression qui est si bien intégrée par tout un chacun-e, que plus personne ne la voit. Et que tout le monde se conforme gentiment, sereinement, « de son plein gré », à ses exigences. Aussi, dès que l’on dénonce quelque chose que tout le monde fait, on se retrouve en position de moralisatrice chiante qui en veut à tout le monde.

Pour exemple, Odieux Connard, dont j’adore le blog mais qui, sur ce coup, porte bien son nom, transforme la dénonciation par les féministes de la distinction « madame/mademoiselle » dans les documents officiels, en dénonciation des femmes qui préfèreraient se faire appeler Mademoiselle.

« Voilà ; l’argument est beau : les filles, vous avez le droit de penser que c’est flatteur, mais si vous le faites, vous faites le jeu du sexisme, parce que ce faisant, vous “dévoilez votre vie privée“. Et ça, c’est vraiment dégueulasse, petites dévergondées ! Vous n’avez pas honte ? Ce n’est pas à Madame Bruni que ça arriverait ! »

Et personne ne tique. Remettre en question l’usage d’une distinction qui n’a pas lieu d’être, revient donc à montrer du doigt l’ensemble des personnes qui se conforment à  cet usage !  Autant dire qu’on ne peut plus dénoncer aucune discrimination sociale, puisque si elles existent, c’est parce que des gens les font exister.

De la même façon,  ma dénonciation des normes sociales exigeantes envers les femmes a été comprise comme une dénonciation des femmes qui se conforment à ces normes, alors que j’avais, fort à propos, commencé par parler de ma propre adhésion aux normes.

Dans le même ordre d’incompréhension, tout aussi typique vis-à-vis du féminisme, certaines ont cru que je m’en prenais aux hommes. Les méchants hommes qui nous obligent à nous épiler ! Les pauvres, on ne leur demande jamais leur avis, et quand ils osent le donner, ils ne vaut pas mieux que le notre, c’est dire… Qui a dit « j’aime pas les poils » ?

Le « moi je » contre le « nous »

Encore une incompréhension classique… Mais il s’agit peut-être plutôt, cette fois, d’une non-compréhension, d’un refus de réfléchir. C’est le « moi je ».

Je n’y connais encore pas grand chose en féminisme, mais je pense que toute féministe a l’habitude d’entendre des « moi je ne me sens pas oppressée » ou « moi je suis très heureuse », comme si cela réglait le problème.

Si certaines ont compris l’article, d’autres se sont focalisées sur les exemples fournis, en décrétant qu’il fallait acheter des chaussures à talon plus comme ceci et moins comme cela, et qu’il ne fallait pas s’épiler mais se raser (super). Sans la moindre compréhension de que ce qu’implique réellement l’adage « il faut souffrir pour être belle ». Je sais bien que quelques minutes de souffrance pour une épilation du maillot, ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est pas la question.

La question est, justement, que l’on aille de son propre chef subir sans broncher ces quelques minutes déplaisantes, sans même comprendre pourquoi nous le faisons. Non, « j’aime pas les poils » n’est pas une réponse. Moi non plus j’aime pas les poils. J’aime pas mon gros orteil aussi, je le trouve moche, mais c’est pas pour ça que je l’ampute. Ca ne me viendrait même pas à l’esprit.

 

En fait, la question de la souffrance est intéressante, parce que la souffrance en elle-même, au fond, n’est rien. Parler de souffrance comme ça, sans contexte social, c’est parler de rien. Mon sensei de ninjutsu me disait souvent que « la douleur est une information ». Cela permet d’être beaucoup plus stoïque face à la souffrance physique, d’apprendre à se servir de sa douleur et non plus d’être au servir de son corps en cherchant à tout prix à éviter la douleur.

Le sujet de la souffrance, je l’ai d’ailleurs évoqué dans « l’auto-amputation et le carnisme ».

 

L’important ce n’est pas combien on souffre. C’est pourquoi on souffre. C’est pourquoi j’estime que celles qui se contentent de dire que l’épilation ou les talons « ne font pas si mal que ça » ou de sous-entendre que celles qui s’en plaignent sont des chochottes, n’ont pas compris le message. Car le sujet n’est pas l’intensité de la souffrance, mais la remise en question du pourquoi de la souffrance, qui est de se conformer à l’idéal esthétique que la société exige des femmes. D’ailleurs, ce n’est pas la domination masculine, ce n’est pas la forme d’aliénation principale que la société exerce sur les individus. C’est un exemple, une illustration. Un point c’est tout.

Sous-entendre que celles qui remettent en question « il faut souffrir pour être belles » sont des chochottes ou qu’elles s’y prennent mal, revient à dire « moi je sais me faire belle, je sais supporter les inconvénients et je sais même les diminuer ou les contourner. » Bref, cela revient à dire qu’on est une bonne potiche… C’est un exemple de la façon dont les femmes elles-mêmes font vivre et entretiennent l’ordre social sexiste.

 

Je reviens sur le « je ». J’ai évoqué mon cas personnel, car je voulais, au lieu de pointer du doigt (c’est vilain, surtout pour une femme, haha) partir du principe qu’on est toutes dans le même bateau (et même tous, puisque les hommes ont aussi leur tribut à payer au patriarcat, mais j’y reviendrai). Mais je ne me suis pas contentée de dire  « moi je », ça n’aurait eu aucun intérêt. J’ai cité des chiffres, des statistiques. J’ai parlé de la société. Des normes, des convenances, des pressions sociales. C’était ça le sujet. Au fond, mes poils aux pattes ou mes cheveux par-ci ou par-là, on s’en fout.

Cela n’a aucun sens de répondre, comme certaines l’ont fait (salut audvoo), « mais moi je me sens très bien avec mes épilations » ou autres « mais moi je vis très bien en tant que femme », « mais moi je ne me sens pas oppressée du tout du tout».

De même, les réponses du type « mais moi je ne m’épile pas » (sous-entendu je recours à un autre moyen d’éliminer ma fourrure, qui a aussi ses inconvénients) ou encore « c’est pas tout le monde qui porte des talons » étaient à côté de la plaque.

Ce sont encore deux incompréhensions courantes. La première consiste à dire « puisque je vis très bien en tant que femme, en me conformant aux normes sociales, alors il n’y a aucune raison de dénoncer ces normes ». J’avoue, ces réactions m’agacent un peu, elles sont très égoïstes (mais je préfère croire qu’elles sont le signe d’un manque de réflexion). Nous sommes toutes inégales devant l’oppression. Unetelle va bien vivre telle forme de sexisme, mais pas telle autre, etc. Et ce n’est pas parce qu’il existe des femmes parfaitement heureuses qu’il ne faut pas dénoncer le sexisme. Je suis sure qu’en cherchant bien, je pourrais trouver des animaux d’élevage très heureux, au moins pendant une partie de leur vie. Ce n’est pas pour ça que je vais cesser de dénoncer le spécisme, de boycotter la viande, le lait etc.

La seconde, qui s’en rapproche un peu, consiste à dire « mais moi, je ne me soumet pas à ces usages-là, je ne me conforme pas à la norme, et j’en vis très bien ».

Autant dire que dans ce cas de figure, c’est un peu illusoire. Sur un forum de beauté féminine, certaines ont assuré qu’elles ne subissaient aucun désagrément en lien avec l’esthétique. Je me gausse ! Vous en connaissez beaucoup, des hommes qui vont sur des forums de beauté masculine ? Le temps n’est-il pas ce que nous avons de plus précieux, la seule chose que nous possédons vraiments ?

Je veux bien croire que certaines femmes ne se conforment pas du tout aux normes esthétiques en vigueur. Mais il est à peu près certain qu’on n’en trouvera aucune sur un forum de beauté féminine (déjà moi j’y vais pas, alors…). Et il est certain aussi que ces femmes-là comprendront parfaitement ce que je veux dire quand je parle d’oppression et de soumission aux normes sociales. Car ne pas s’épiler, ne pas se coiffer, ne pas porter de chaussures comme-ci ou comme-ça, ne pas être féminine, quand on est née femme*, c’est loin d’être accepté socialement ! A moins de vivre carrément hors de la société, on vous reprochera toujours de ne pas être une fille féminine.

Voilà une petite mise au point qui s’imposait car d’une part j’aime que mon blog soit interactif avec ses lecteurices (n’hésitez pas à commenter); d’autre part je souhaite revenir sur le sujet du sexisme à l’avenir, et sur d’autres formes de discrimination. Il est donc bon de dissiper les incompréhensions courantes dont on s’entoure malheureusement quand on se livre à ces exercices de la pensée critique.

 

*En fait, on ne nait pas femme, on le devient. Quand on se marie. Avec un homme. Voir à ce sujet la distinction Madame / Mademoiselle, qui a fait couler beaucoup d’encre, parfois inutilement.

Oyez, Oyez

Je suis en train de changer mon blog de plate-forme.

 

Pour l’instant le nouveau blog n’est pas du tout au point, c’est pourquoi je continue de bloguer ici.

 

Cependant, je risque d’abandonner la plate-forme over-blog, malgré la quasi-impossibilité d’exporter les blogs qui est censée m’empêcher de partir (vous ne m’aurez pas, bande de chacals). L’ennui c’est que je ne pourrai pas sauvegarder les commentaires. Donc je compte garder tout de même ce blog ouvert sur over-blog (même si je n’ajoute plus d’articles), parce que j’ai beaucoup de commentaires de qualité  et ce serait dommage de les perdre.

 

Cependant, n’hésitez pas à commenter sur mon nouveau blog. Soyez juste indulgents en ce qui concerne la mise en page et tout, j’ai un mal fou à mettre tout ça au point, mais la majeure partie des articles sont transférés, et donc vous pouvez d’ores et déjà commencer à commenter sur la nouvelle plate forme.

 

Rendez-vous sur http://lesquestionscomposent.fr/