Les hommes face à la peur de l’échec dans les relations de séduction

Les lecteurs attentifs auront remarqué que je ne répondais que très brièvement à la question posée dans mon dernier article sur le sujet : pourquoi le râteau est-il si effrayant pour les hommes.
J’ai un peu mis la charrue avant le tofu, en fait. Quel était finalement le sujet? Vous avez deux heures, calculatrices interdites.

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blup
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Donc le sujet, c’était la construction d’un genre (le féminin) à travers la validation par un autre genre (le masculin). Les femmes se construisent en tant que femmes à travers les hommes, c’est pourquoi elles aiment exercer le pouvoir que cette construction d’elles-mêmes, en tant que femmes, leur confère.

Si j’ai insisté davantage là-dessus, c’est parce que ça explique pourquoi certaines femmes aiment mettre des râteaux. J’ai insisté sur ce qui devrait permettre aux hommes de relativiser ce qu’ils ressentent souvent comme un échec. Mais je ne me suis pas attardée sur les raisons pour lesquelles il est difficile pour un homme de faire face au râteau. Et pourtant, ça relève de la même logique: la construction d’un genre par la validation de l’autre genre. Sauf que là, c’est l’inverse.

C’est à mon avis ce qui est dramatique, en fait, pour les hommes. Car, comme on l’a vu, les femmes se font valider en tant que femmes par les hommes, elles existent en tant que femmes à travers le regard des hommes. Elles s’épanouissent dans le mariage ou la maternité. Mademoiselle existe parce qu’elle est sexy, Madame parce qu’elle possède ou est possédée par un mari et des enfants… etc, etc…

Quand l’abnégation confine au narcissisme…

Or, les femmes, finalement, s’accommodent globalement assez bien de ce besoin de validation de la part des hommes. On l’a vu dans « il faut souffrir pour être belle« , ainsi que dans les réactions que cet article a suscitées chez les femmes. Au bout d’un moment, les hommes ne donnent même plus leur avis, ce sont les femmes qui anticipent leurs réactions. Pardon, qui font des efforts pour « se plaire à elles-mêmes… » Sauf que se plaire, bien souvent, signifie être sexy même si aucun homme est là pour le constater. Toi, Mademoiselle (ou Madame, je m’en fous), toi qui me fait remarquer, la bouche en coeur, en battant de tes longs sourcils ourlés, que tu ne t’épile-maquille-talonne que pour te plaire à toi-même, explique-moi… C’est bigrement étrange que tu ne te plaises que dans l’image d’une femme attirante aux yeux d’un homme hétérosexuel. Vouloir se plaire à soi-même, c’est presque vouloir plaire aux hommes même quand ils ne sont pas là pour le constater. Mais cette abnégation des femmes va très loin, y compris dans la sexualité; lire à ce sujet « les femmes ne sont pas assez égoïstes » sur 400 culs.

Se plaire à soi-même, pour de nombreuses femmes, c’est n’avoir ni poil aux pattes ni bourrelets disgracieux, ni cellulite ni effet peau d’orange ou autres ridules. C’est porter des talons, des bas, des jupes. Non pas des vêtements confortables ou colorés, mais des vêtements sexy.

Bref. Quand le besoin de validation d’un regard masculin se passe même de la présence masculine, on peut dire que les femmes ont bien intériorisé ce regard masculin, ses exigences, ses normes.
De fait, je trouve que les femmes n’éprouvent, globalement, pas vraiment de problèmes à cette forme de soumission, dans leur vie de tous les jours. Elles ont besoin des hommes pour exister, elles font ce qui est nécessaire pour obtenir cette validation; en restant dans la bonne grosse caricature, ça va du port du décolleté au passage de l’aspirateur. Mais je pourrais aussi chercher des exemples plus subtils. Bref.

Ce que je veux dire ici, ce n’est pas que cet état de fait est juste. Il est bien sur injuste; mais les femmes l’ont profondément intériorisé, et ce besoin de validation semble naturel et normal à beaucoup d’entre elles. Car d’une façon générale, les femmes ont l’habitude de la soumission, elles sont éduquées comme ça; c’est d’ailleurs pourquoi, à mon avis, elles réussissent mieux à l’école et moins bien dans le monde du travail.


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