Viol: la faute aux violeurs

Le viol, ce fléau. Celui qui empêche les jeunes filles de bonne famille de sortir de chez elles, et les enferme dans la terreur de l’inconnu, de la nuit, de l’obscurité.

Mais pas d’inquiétude, braves gens, la justice veille. De temps à autre, on nous exhibe la vilaine tête d’un violeur sur les murs de Facebook, comme avant on l’exhibait sur la une des journaux, comme avant encore on nous la brandissait au bout d’une pique. C’est lui, le violeur, le méchant, le fou. Pendons-le !
Mais qu’a-t-il fait? Il a violé, pardi. Violé qui? Violé quoi? Et pourquoi, d’abord? On s’en fout, me hurle le comité pleurnichard des compatissant lointains des victimes dont ils ont vaguement entendu parler, signeurs de pétitions pour le bien et contre le mal et tourneurs de pouces. Va pas l’excuser non plus! Va pas l’expliquer ! Puisqu’on te dit qu’il est fou, méchant, vilain, dangereux, regarde sa tête sur les murs de facebook, il a bien une tête de psychopathe, non?

Mais moi, les pleurnicheries, je m’en fous. Ils peuvent même penser que je suis insensible et m’insulter en majuscules, si ça les rassure. Je suis prête à expliquer le violeur. Ni cautionner, ni pardonner (ce n’est à moi de pardonner), mais expliquer, oui. Je me dis qu’au fond, les victimes auraient juste préféré ne pas être des victimes. Alors je me demande: Pourquoi ?
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