Le végésexuel : un animal légendaire très intéressant, comme la licorne

Les végésexuels, le nouveau phénomène facheune. Oui, parce que végétarien, végétalien, c’est intéressant, certes, mais végésexuel, ça sonne carrément mieux, non? Y a « végé » mais y a surtout « sexuel ». Que demander de mieux?

Mais… Qu’est-ce qu’un végésexuel? C’est quelqu’un qui refuse de coucher avec un mangeur ou une mangeuse de viande. Pourquoi? Les raisons ne sont pas très claires, mais il parait que c’est à la mode. La preuve, tous les articles sur le véganisme en parlent – du moins quand ils sont écrits par des non véganes…
Hé oui, car parler des végésexuels dans un article sur le véganisme, cela confère plusieurs avantages non négligeables:

  • Ca permet de parler de SEXE. Et donc d’intéresser les gens. Parce que bon, le véganisme en soi, c’est pas assez intéressant pour la populâce. Le sexe c’est mieux.
  • Accessoirement, ça permet de faire passer les véganes pour des gens bizarres, vaguement sectaires, formant une sorte de groupe avec des règles de vie (si tu veux être végane tu dois faire comme ci et comme ça, et là seulement, tu as le droit de rentrer dans la grande confrérie des mangeurs de salade).
  • En attirant l’attention sur des conneries sans intérêt, ça permet surtout de passer sous silence les sujets un peu plus embarrassants, comme par exemple: doit-on arrêter de torturer des animaux pour notre confort. Entre se remettre en question et parler de zizis et de foufounes, le choix est vite fait.

Prenez cet article de rue89: Bonne nouvelle pour les vaches, les vegans progressent en France. Ho oui, quelle bonne nouvelle ! On apprend surtout que « certains végans (combien? lesquels? On ne saura pas, et l’étude citée n’en dit pas plus) refusent d’avoir des relations sexuelles avec des mangeurs de viande. »
Bigre.

C’est vachement intéressant. Tellement que ce n’est qu’après une tartine bien chargée sur la végésexualité, que l’article aborde le sujet mineur et très secondaire de la résolution du problème de la famine en Afrique. Mais qui s’en soucie?

Lire la suite