Militer, ce n’est pas sale

« Je ne suis pas féministe, mais… » Vous l’avez déjà entendue quelque part: elle met le doigt sur une inégalité de genres flagrante, elle exprime une critique par rapport à ce qu’elle considère comme une injustice sexiste. Oui, mais elle commence par s’excuser platement, par se disculper d’une horrible tare: « je ne suis pas féministe, mais… »

Je ne suis pas féministe, je suis pour l'égalité.

C’est quand même drôle que pour faire une faire une remarque qui relève du féminisme, il faille préciser qu’on n’est pas féministe. Exiger l’égalité des sexes est perçu comme quelque chose de dérangeant, contraire à la bienséance, à la paix sociale.

Encore qu’on peut apparemment se permettre, en société, de se prononcer pour l’égalité des hommes et des femmes. Mais avant de parler, préciser qu’on n’ira pas trop loin, et surtout, ne pas de remettre en question les mécanismes qui freinent cette égalité. Pourquoi?

Qu’a-t-on fait au féminisme? Pourquoi faut-il s’en préserver?
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L’avocat des Poires

En relisant les très nombreux commentaires sur la petite histoire Poire le mec qui était trop gentil, quelque chose m’a sauté aux yeux, outre le fait que j’avais été beaucoup trop tolérante et gentille (moi aussi !) avec les trolls (mais j’en ai déjà parlé). Pourquoi une telle dureté contre ce personnage? Est-ce souhaitable, au fond? Poire est-il un « loser »? Si oui, pourquoi?

Rappelons-nous: dans l’article, j’ai dit que Poire était sexiste, à sa façon, qu’il était un produit du patriarcat. J’ai aussi dit, ou insinué, qu’il existait chez lui une certaine forme d’hypocrisie, dans ses rapports avec Cerise, mais aussi vis-à-vis de lui-même, puisqu’il se voit comme le gentil héros de l’histoire, alors qu’au fond il agit beaucoup pour son intérêt personnel. Enfin, jai dit qu’il était inexpérimenté et qu’il souffrait se frustration affective et/ou sexuelle, et que ce cocktail faisait paraitre chez lui une certaine aigreur.

Je n’ai rien dit de plus. Cet article n’était pas un procès, ni une volonté de jugement. Certains l’ont compris, il s’agissait de donner un point de vue féministe sur un sujet de société, un sujet souvent abordé (mais assez peu avec cette approche), celui du « nice guy » éternellement frustré. Bien sur, le portrait était peu flatteur, mais peu de caricatures le sont, souvenez-vous du vrai mec et de la vraie fille féminine. Beaucoup moins fréquentables que le mignon Poire, et pourtant, presque chaque homme a un peu de « vrai mec » en lui, presque chaque femme a en elle au moins un peu de la VFF-Barbie, et tout le monde sait que c’est dur d’évoluer.
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Faites un blog

Repenser à la cabane, ça me fait réaliser que lutter contre l’oppression, résister, c’est aussi construire quelque chose de positif. Du moins, c’est ce qui me parait important. Depuis que j’ai commencé à écrire sur ce blog des articles qui intéressent beaucoup de monde (à propos des rapports de genres par exemple, mais surtout de séduction et vaguement de sexe), il y a beaucoup de nouveaux lecteurs qui sont arrivés (bienvenue à la plupart d’entre eux), et parmi eux beaucoup de commentateurs compulsifs. Certains sont très agressifs, voire carrément haineux. Il y en a même qui ne commentent pas pour discuter ou critiquer mes propos, mais uniquement pour m’insulter.

Jusqu’ici, j’ai laissé presque tous les messages, au nom de la liberté d’expression. Sur l’article Contre le couple j’ai quand même été un peu excédée et j’ai fini par m’autoriser à jouer un peu avec les commentaires (rappelez-vous de l’épisode de cacatophagophonie aigüe avec majusculite aggravée, moi j’ai bien ri en tous cas). Mais ça a été la seule fois ou j’ai supprimé des messages, les autres je les ai tous laissés, y compris ceux qui n’avaient pour but que de m’insulter ou de décharger un trop plein de rancœur et de haine accumulées.

Pourtant, je pense que ce n’est pas le lieu pour ça. La haine est toxique, elle empoisonne en premier lieu celui qui la ressent, mais elle est aussi très polluante là où il la laisse trainer. Et je ne veux pas que ce soit sur mon blog.

Après y avoir un peu réfléchi, je ne crois pas que supprimer des commentaires sur mon blog fasse obstacle à la liberté d’expression. Après tout, si les gens ont envie d’exprimer leur haine, ou de m’insulter, ou de tenir des propos racistes ou sexistes, ils ont des tas d’endroits où le faire sur internet. Il existe d’ailleurs un blog qui a été créé uniquement dans le but de m’emmerder et de m’insulter(1). Il existe aussi des blogs anti-vegan, anti-féministes(2), des blogs nationalistes ou fachos en tous genres. Au risque de choquer, je ne pense pas qu’on doive empêcher les gens d’exprimer même les idées les plus répugnantes. En revanche, je ne pense pas qu’on puisse les laisser baver leur venin absolument partout, y compris sur les pompes de gens sans histoires et occupés à construire un monde meilleur (ou même ne serait-ce un petit espace de bonheur à eux).

Je considère même que la liberté d’expression qui est ici mise en cause, c’est la mienne, puisque j’ai toujours considéré ce blog comme un espace d’expression libre, et que je ne peux plus me connecter à mon compte administrateur sans chopper des migraines à force de lire des foutaises et des insultes.

Je ne vais pas nettoyer les anciens articles, mais profitez bien, les p’tits loulous, d’avoir pu venir piétiner mes petits bégonias textuels, et admirez vos jolis étrons verbaux sur les articles précédents. Parce que désormais, les commentaires suivants sont susceptible d’être supprimés:

  • Commentaires comprenant des attaques personnelles
  • Commentaires haineux
  • Commentaires discriminatoires: racistes, homophobes, sexistes ou spécistes

Les critiques constructives n’entrent bien sur par dans ces catégories, ni les contradictions, désaccords, etc.

Je voudrais surtout dire à tous ceux qui commentent que, de toutes façons, ce n’est pas la bonne solution de venir crier ou geindre ici. Je sais que beaucoup de gens sont pleins de haine et de rancœur. Malheureusement, cela risque de durer, surtout si leur seule réaction face à des propos qui les dérangent, c’est d’insulter leur auteur comme si ça faisait disparaître le problème. En tous cas, votre problème, c’est votre problème, pas le mien. Ce blog ne sera donc plus votre crachoir. Faites comme Nicart/Fouinecurieuse, créez votre propre blog, mais pas sur moi de préférence. Non pas que ça m’ennuie, mais un de ces jours je finirai vraiment pas chopper la grosse tête.

Faites un blog. Vous aussi, vous le pouvez. Pourquoi ne pas évoquer votre amour du travail et des bonnes vieilles valeurs, votre mépris pour les marginaux chevelus et autres joueurs de djembé, votre amour des cravates et des ongles bien taillés, votre passion de l’achat de sets de tables assortis aux lunettes de chiottes, votre nostalgie du bon vieux temps quand les femmes restaient à la niche, votre amour du steak-frite et des bonnes vieilles traditions de chez nous comme la corrida, le reblochon qui refoule et le gros rouge qui tache, Ou toute autre opinion stupide que vous avez parfaitement le droit d’avoir? Internet est à vous, foncez. Et foutez moi le camp au trot.

DE MON TEMPS, TROLLER VOULAIT DIRE QUELQUE CHOSE

(1) Pour ceux que ça intéresse, ce blog s’appelle « les questions décomposent » et il est tenu par un pauvre gars qui fait une petite fixette sur moi. Dans les commentaires, vous le retrouverez sous les pseudonymes de nicart et fouinecurieuse. Si vous voulez vous joindre à lui pour une superbe croisade anti-moi, ou pour lui proposer un service psychiatrique adéquat, écrivez-lui à nicart@gmail.com

(2) Le meilleur du pire des sites machiste étant sans conteste le blog http://aimeles.over-blog.com/ ; je ne crois pas qu’on puisse faire plus débile. Sur ce blog, retrouvez des conseils pratiques pour hommes, du genre mettre du tabasco dans un préservatif usagé pour piéger votre plan cul quand elle essaiera de se féconder avec votre précieuse semence pour obtenir une pension. Je n’invente rien et c’est absolument sérieux. Si vous dénichez pire que ça, n’hésitez pas à partager vos trouvailles.

A lire aussi:
Une Epidémie Inquiétante

Adieu la cabane

Voici un petit reportage sur la cabane (ce n’est pas moi qui l’ai fait, donc merci aux auteurs).

La cabane

Il a fallu l’intervention de 26 flics et du GIPN pour déloger Kevin de l’arbre. On fait intervenir le GIPN parce qu’y a un mec dans un arbre. Encore une fois, aucun règlement n’interdit de s’asseoir sur un arbre. Mais les Indignés dans les arbres pendant les estivales, ça ne fait pas propre. Enfin, bref…

Les constructions dans l’arbre (et construire une cabane dans un arbre, ça se fait pas tout seul, c’est beaucoup de travail et d’organisation) ont été impitoyablement détruites.

Mais ce qu’ils ont construit, bien sur, ce n’est pas que matériel. Peut-être que quelque chose subsiste, en tous cas ça aura fait remuer un peu le quotidien. La cabane (et alentours) c’était un endroit où n’importe qui pouvait venir, s’asseoir et discuter, un endroit où l’on partageait tout. Il y avait une joie, une bonne humeur particulière. Comme une gentille fausse note dans un paysage d’égoïsme, l’éclat d’un arc-en-ciel sur le béton morose. Comme un espoir qui fait vivre, dans la musique et les slogans griffonnés partout. J’ai rencontré des gens formidables là-bas, même si je n’ai pas eu le temps de connaître beaucoup de monde. Il y avait, en fait, énormément de monde qui gravitait autour de la cabane, des gens qui y restaient souvent, d’autres de passage ou qui, comme moi, ne venaient que de temps en temps. Mais je crois que tout le monde se sentait là comme chez soi.

Adieu donc la cabane, je regrette de n’avoir pas été là pour la défendre moi aussi. J’espère que cet épisode est à suivre. Et, au fond, je le crois.