Ton argument a des dommages collatéraux

L’antispécisme, c’est facile. Cela revient à considérer que les individus ne sont pas supérieurs les uns aux autres en raison de leur appartenance à telle ou telle espèce, et que les intérêts doivent être considérés pour ce qu’ils sont, indépendamment de leur appartenance à une espèce.

Un antispéciste considèrera qu’un individu a des droits parce qu’il a des intérêts à défendre; parce qu’il souffre, pense, ressent, parce qu’il possède une subjectivité. C’est facile, au fond. C’est même évident: un individu, animal ou humain, a des intérêts (contrairement à un légume ou un caillou). Le problème, c’est que ça implique, si on y adhère, qu’on nuit à l’intérêt d’autrui si on mange de la viande (ou plutôt, si on tue des animaux pour les manger). Et comme on aime ça, la viande, et qu’on ne veut pas passer pour un méchant, on s’efforce de trouver la faille. Quand on cherche, on trouve toujours : les gens inventent toutes sortes d’arguments pour défendre la viande. Il y en a vraiment beaucoup, et ils ont tous un point commun.

Ce que je souhaite montrer dans cet article, c’est la façon dont ces arguments permettraient en fait de justifier absolument n’importe quoi. Je vais donc dresser une liste de ces arguments et expliquer un peu ce qu’il impliqueraient si on les considérait vraiment valable. C’est intéressant parce que si un argument justifie, par exemple, de prostituer des enfants, on peut se dire que ce n’est pas un bon argument dans la mesure où on est contre la prostitution d’enfants. Lire la suite