Du sexe sans désir

J’ai conclu « Quand séduire devient faire céder » par une question très simple: pourquoi certains hommes veulent absolument obtenir du sexe de personnes qui ne les désirent pas?

Je voudrais revenir brièvement là-dessus. Ceci n’est pas vraiment un article à part entière, juste une mise au point. Par cette question, je voulais mettre en lumière l’absurdité du comportement de certains hommes. Or, ça n’a pas vraiment marché puisque beaucoup de gens sont partis d’une mauvaise base pour comprendre la question. Ainsi, beaucoup de gens ont répondu totalement à côté de la plaque. Je vais revenir dessus parce que c’est un très bon exemple de comment une question peut être mal interprétée et comprise (et donc vouée à ne jamais recevoir la moindre trace de réponse), et c’est aussi une illustration de certains aspects de la rape culture.

Non, quand je demande « pourquoi veux-tu du sexe d’une personne qui ne te désire pas », « parce que personne ne me désire » n’est pas une réponse. Cela ne répond pas à la question. Je vais continuer à vous demander: Mais POURQUOI veux-tu du sexe d’une personne qui ne te désire pas?

Il y aurait plein de choses à dire d’ailleurs sur ce « mais personne ne me désire bouhou ouin » (Male Tears à la clé). Je pense qu’en réalité les choses ne sont pas si simples. Mais ce n’est pas le sujet ici. Ce que je veux dire avant tout c’est que ça ne répond pas à la question. Lire la suite

Petit guide argumentaire à l’usage des carnistes

Vous aimez la viande, mais vous ne trouvez aucune bonne raison d’en manger? Qu’à cela ne tienne: un bon gros paquet de mauvaises raisons pourraient faire l’affaire. Voici plusieurs sophismes couramment utilisés pour justifier la consommation de viande. Si vous faites face à un végétarien récalcitrant au steak-frites, ou encore à votre propre conscience, vous pourrez piocher allègrement parmi ces arguments, dans l’ordre que vous désirez et sans vous soucier le moins du monde de suivre un fil cohérent. Certes, ces arguments peuvent être facilement contrés si on les présente individuellement dans une discussion logique, mais il suffit de les enchaîner très vite les uns à la suite des autres pour que votre interlocuteur omnivorophobe™ n’ait plus aucune envie de discuter avec vous et tourne les talons dépité, vous abandonnant à votre puissante Raison. Avec un peu d’entraînement, vous pourrez les enchaîner si rapidement que tout végétarien dans un rayon de moins d’un kilomètre se mettra à baver de la mousse en remuant les bras. Quand à votre conscience, elle se ratatinera sagement dans un coin de votre cerveau, ou si elle n’y trouve pas de place, vous pourrez la ranger dans un autre organe de votre choix ou encore dans un tiroir, un carton du grenier ou une poire à lavement.

Mesdames et Messieurs… Les Zarguments

1) les classiques

Le cri de la carotte Lire la suite

Végéphobie, oppression réelle ou victimisation?

La végéphobie, oppression réelle ou victimisation outrancière? Les vegans eux-même forment deux camps opposés.

D’un côté:

Oui, je suis opprimé. Je subis des moqueries, rejets, discriminations à cause de mon régime alimentaire.

De l’autre:

Arrêtez de vous victimiser, c’est indécent de comparer quelques remarques désagréable à une véritable oppression.

 

J’ai longtemps louvoyé entre ces deux positions. Je pense que d’une certaine façon, les deux sont vraies. Mais dire ça, ce n’est rien dire. Je vais donc développer.

La végéphobie est-elle une oppression?

Là, comme ça, j’ai envie de dire non. Quand je vois le titre de l’article « végétarien, je revendique le statut de minorité opprimée« , j’ai un peu envie de dire au mec qu’il se victimise et que son statut de végétarien n’est pas grand chose comparé au fait d’être gay, trans, racisé, ou autre. Et pourtant, sans moi-même revendiquer le statut de minorité opprimée, je comprend un peu ce qu’il veut dire par là.

Au lendemain de la Veggie Pride 2013, je suis allé faire un tour sur les sites d’actualité. La plupart des articles n’étaient pas terribles, même si l’évènement a parait-il eu une bonne couverture médiatique dans la presse Genevoise. Enfin dans l’ensemble, ce n’était pas si mal. Mais un gros mot a suscité des réactions très fortes: végéphobie. Réactions à chaud: « mais non ils sont pas discriminés les végétariens ».

Y a un truc que j’adore, c’est qu’on m’explique si je suis discriminée ou non. Si une personne me dit qu’elle est discriminée, je trouve peu respectueux de lui répondre du tac-au-tac « non t’es pas discriminé ta gueule », surtout si je ne connais rien de sa situation. Or, des gens qui n’ont jamais vu un végétarien de près réagissent au terme « végéphobie » en déclarant que ça n’existe pas. Qu’en savent-ils?

Pour me faire l’avocat du diable, ou plutôt des gens qui parlent bêtement avant de réfléchir, ce ne sont pas les articles en ligne qui vont les instruire beaucoup sur ce qu’est la végéphobie. Pour enfoncer le clou de l’incompréhension, certains articles évoquaient un parallèle entre la végéphobie et l’homophobie. Or, je l’ai dit, je ne pense pas qu’on puisse comparer. Je ne pense pas qu’on puisse affirmer que la végéphobie est « aussi grave » que l’homophobie, ni qu’elle prend les mêmes formes. Par exemple, je ne crois pas que des gens se fassent frapper ou assassiner ou violer parce qu’ils sont végétariens. A priori ce n’est pas le cas. Je comprend qu’évoquer un parallèle entre homophobie et végétarisme puisse décontenancer a priori, surtout quand on n’est pas végétarien et que donc on n’a aucune idée de ce que c’est qu’être végétarien.

Pourtant, je pense que le parallèle n’est pas complètement idiot. Attention: je ne dis pas que les végétariens subissent une oppression comparable à l’homophobie. Je dis juste qu’il y a un parallèle intéressant à faire. J’y reviendrai.

Je ne sais pas si la végéphobie est une oppression, mais ce dont je suis sure, c’est que les végétariens, et surtout les véganes, sont victimes de discrimination.

Alors oui, j’ai beaucoup lu sur les réseaux sociaux des choses comme « non mais ça va, on vous fait des blagues et vous mangez moins bien au restau, mais c’est pas grand chose ». Oui mais non, la discrimination est à mon avis bien réelle, et ne s’arrête pas à quelques vannes mal placées; de plus, cet humour est, je pense, lourd de sens. Lire la suite

Bonne année

Les voeux de bonne année, ça a jamais été mon truc. D’abord j’ai pas le sens des festivités, et en plus, moi qui ai eu mon premier coup de vieux au jour de mes 8 ans, je suis toujours restée pantoise devant cette attitude générale qui consiste à se rendre compte seulement une ou deux fois par an que le temps passe.

Chaque jour nous rapproche de la mort. Chaque minute aussi, pas seulement celle entre le 31 décembre et le 1er janvier.

Enfin… C’est toujours l’occasion de dresser un petit bilan. Même si la véritable raison de cet article c’est surtout que j’ai enfin une minute ou deux pour écrire. Façon de parler car en général il me faut une après-midi entière pour écrire un article, mais je vais essayer de faire court.

Vous avez pu le constater, je n’écris plus trop. J’ai plein de choses à dire pourtant, mais je n’ai plus le temps.

J’ai accouché le 20 juin 2013. Je n’en ai pas parlé ici parce que ça n’avait pas vraiment d’intérêt, du moins je le pensais. Mais chaque jour je me disais que j’allais avoir le temps d’écrire et je ne l’ai plus. Chaque jour je me disais que ça irait mieux, que les choses allaient se tasser. Je n’ai écrit que 3 articles en 6 mois. Pour chacun ça a été extrêmement difficile. J’en ai commencé d’autres, 4 ou 5 que je n’ai jamais réussi à finir. Et des dizaines enfin qui se bousculent dans ma tête sans que j’ai même le temps de songer à rédiger quoi que ce soit.

[Je sais très bien ce que les gens vont dire, que j’exagère, qu’avoir un enfant ne prend pas tant de temps que ça. Je commence à avoir l’habitude d’entendre ça. Au début ça m’irritait, maintenant je suis blasée. J’ai pas le temps, c’est tout.]

Pour moi, ça a été l’année des hauts et des bas, des très hauts et des très bas. Je me suis jamais sentie aussi fatiguée et seule. Mais le bonheur a pour moi de nouvelles définitions, de nouveaux sens.

J’ai pas beaucoup voyagé. Mais j’ai fait un album photo et surtout plein de projets. Je crois que j’ai jamais eu autant de projets de voyage. Si j’en réalisais un centième, je serais la personne la plus heureuse de la terre.

Le collectif Food Not Bombs Montpellier fonctionne désormais en autogestion, donc sans moi. Et ça tombe bien parce que je ne peux plus participer autant qu’avant. Enfin, chacun fait ce qu’il peut. J’en profite pour lancer un appel à l’aide: nous rencontrons de nombreux problèmes d’organisation et aussi sur le plan juridique. Nous avons besoin d’un lieu de stockage, d’un lieu de cuisine et d’une personne qui pourrait nous donner des renseignements utiles face à la police qui essaie de nous empêcher de continuer.

Bien qu’il y ait une petite baisse de régularité, je continue de nourrir (haha) mon tumblr les miams vegans. Les photos ne sont plus aussi jolies qu’avant parce que je n’ai plus le temps de les corriger sous photoshop, mais c’est mieux que rien.

J’ai plein de projets (outre les projets de voyage): j’aimerais faire un blog photo (si quelqu’un peut aider c’est avec plaisir), plein de choses à faire pour le food not bombs, ainsi qu’un grand projet secret au nom de code baptisé « le projet secret au nom de code ». Je ne vous en dirai pas plus. Arrêtez d’insister.

Comme les choses sont un peu moins difficiles maintenant, il y aura davantage d’articles publiés ici. Promis juré craché.

Et enfin puisque toutes ces absences ont une excellente raison d’être, je vous annonce que l’héritier a sa première dent depuis quelques jours, qu’il se met debout tout seul comme un grand, qu’il mange des bananes de même et que c’est très objectivement la plus belle personne au monde.

Je vous souhaite une belle, bonne et joyeuse année.