Tout ça pour ça.

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Il n’est pas mon habitude de mettre des selfies ici. Encore moins d’une autre partie du corps que le visage. C’est un peu intime, quoi. Et je parle très peu de moi sur ce blog, d’habitude. Mais ce matin, j’ai pensé que je pouvais faire exception à ma réserve habituelle. Car ce matin je me suis regardée dans la glace et j’ai vu ça.

Oui, regardez bien. A droite. Cette chose inconnue. Regardez mieux. On voit trois poils et demi qui se battent en duel. Vous les voyez? Ah mais je vous entends d’ici demander « d’habitude, elle parle de sujets de société, de militantisme, de lutte, de changer le monde, et tout ça, enfin de trucs importants quoi, et voilà qu’elle vient nous rebattre les oreilles avec ses 3 poils d’aisselle, ça y est on a perdu l’elfe ».

Bon, je vous remet le contexte.

Hier j’ai reçu 2 demandes d’interview dans la même journée. J’avais déjà répondu à celle-ci, dans l’obs, il y a quelques temps. Suite à cette interview de l’obs, j’ai reçu de nombreux commentaires haineux (attention si vous allez voir les commentaires, ça pique, si vous êtes maso y a aussi ceux de facebook) et j’ai même reçu une lettre d’insultes sur mon facebook privé. Plusieurs personnes m’ont dit que je faisais honte au féminisme, que je n’avais rien compris à ce noble combat et que je desservais la cause.

Ah oui, et j’oubliais, il m’a été proposé de passer à la télé, dans l’émission « c’est mon choix ». J’ai refusé car j’avais peur qu’il y ait une certaine violence dans les discussions et les réactions du public, je n’avais pas envie d’être en position de devoir me défendre, qu’on me dise que je suis dégueulasse ou des choses comme ça. Mais bon, on me l’a proposé, quoi.

J’ai été interviewée une fois parce que j’ai fondé le collectif food not bombs montpellier et une fois pour parler de véganisme. Je reçois donc plus de demandes d’interview pour mes poils que pour tout le reste réuni. En fait, je dois avouer que ça me saoûle un peu qu’on m’interviewe bien davantage pour un détail (mineur, je trouve) de mon apparence physique plutôt que pour des choses que je fais. Je veux dire, je lis, j’écris, je discute, je fabrique des choses, j’élève un enfant, je suis végane, j’ai voyagé, je réfléchis, j’ai plein d’idées sur tout. Et on m’interviewe pour parler de mes poils axillaires. Je réponds avec plaisir (quand il ne s’agit pas de m’exposer trop comme je pense que c’est le cas à la télé), et puisque les gens y mettent de l’enjeu, alors il y en a. Mais ça montre à quel point la société a grand besoin du féminisme.

Certes, j’ai dit dans l’Obs que ma non-épilation avait, à mon avis, une portée féministe. Mais vous savez, pour être honnête, je n’y croyais pas plus que ça à ce moment-là. Enfin, pas autant que maintenant. Disons que je ne voyais pas ça comme quelque chose de spécialement très transgressif, comme quelque chose d’important, je n’y mettais pas tellement d’enjeu. Je me disais que je gagnais du temps et de l’argent, et que la peau de mes aisselles n’était plus irritée en permanence comme c’était le cas avant et que c’était plutôt une bonne chose. Je me disais que de toutes façons je m’étais habituée comme ça, que j’avais la flemme de m’épiler et voilà. Je ne mettais pas à cette absence d’épilation une bien grande portée féministe. Les réactions que l’article a eues m’ont faite changer d’avis. J’écrivais en commentaire à l’article que ces commentaires m’avaient fait « prendre contact avec l’aspect subversif de ma démarche » (oui j’aime bien me citer moi-même yakoi). Il y a même des personnes se disant féministes qui ont des propos assez violents pour condamner ce que je fais (enfin, ce que je ne fais pas, plutôt).

J’ai été comparée à des singes (je trouve pas ça insultant, mais ça l’est pour les personnes qui le disent en tous cas), on m’a dit que je devais être dégueulasse, puer, on a comparé l’arrêt de l’épilation avec le fait d’arrêter de se laver ou de se torcher les fesses, on m’a dit que c’était crade, moche, et j’en oublie… Et surtout que ça n’avait rien de féministe et que je desservais la cause. Juste pour voir à quel point ça va loin, voici un message que j’ai reçu, attention ça pique les yeux:

« Encore une speudo – feminisme sans cervelle… lol… tu dois avoir le QI d’ une femen, j’ imagine… tu crois vraiment qu’ en ne pas t’ epillant les dessous de bras tu vas faire vraiment avancer le feminisme… le Vrai? … encore une petite conne sans cervelle qui fait reculer et discredite le vrai combat du femnisme… t’ as demarche est sale, malsaine et sert à rien….tu te considères comme un feminisme… va en Turquie, dans certains pays arabes… mais te proclame pas feminisme… tu fais honte aux Grandes Feminismes : Simone de Beauvoir doit se retourner dans sa tombe… avec des mal baisées de ton genre… t’ es feministe et vegan…bref t’ es une fille à la mode….c’ est tout… tu sentir le fumier et la bouze… c’ est tout… va te faire soigner… la speudo feministe de 24 ans« 

 

Donc voilà, ce qu’il y a d’intéressant dans ces réactions, c’est de voir à quel point les gens y mettent de l’enjeu et surtout ce déni que ça ait quoi que ce soit à avoir avec une démarche féministe. Y a aussi que je dois toujours me justifier en disant que chacune s’épile si elle en a envie. C’est normal de ne pas distribuer des bons points de féminisme en fonction de si les femmes s’épilent ou pas. Mais même quand je précise que c’est totalement une question de liberté, je suis quand même perçue comme une menace. Oui, parfaitement, comme une menace, j’ai réfléchi avant d’écrire ce mot. Le gars qui m’a écrit le message que j’ai cité, il habite pas dans la même ville que moi, il me connait pas, sans doute il me rencontrera jamais de sa vie. Il les verra pas, mes poils sous les bras. (D’ailleurs, même les gens que je côtoie dans la vraie vie, en général ils ne voient rien, je me balade pas en top les bras levés toute la journée été comme hiver). Mais pourtant, il y met de l’enjeu, assez pour retrouver mon facebook personnel et m’écrire un message. Il y met de l’enjeu féministe, aussi. Opposant le vrai féminisme et celui des poils sous les bras.

Je me rappelle, une fois, j’étais chez un vague pote, et on parlait de féminisme. Je lui ai dit que la plupart des hommes avaient peur du féminisme, qu’ils avaient des préjugés. Il était d’accord avec moi et il m’a répondu quelque chose comme: « il s’imaginent que t’es une poilue! ». A cette époque, j’envisageais déjà de cesser l’épilation. J’ai rien dit, mais j’ai réfléchi. Je me suis dit: quel rapport avec les poils? Le fait que je sois « poilue » change qui je suis, change la portée de mes propos.

Pour beaucoup de gens il y a deux féminismes, disons qu’il y en a un respectable, fait de personnes sérieuses, et un où les femmes se laissent pousser les poils sous les bras; et bien sur, le second est non seulement vu comme un « faux féminisme », mais il est perçu comme menaçant, d’une certaine façon. Faux, menaçant, dangereux, mais aussi futile, se « trompant de combat ». Mais ce qui est fou c’est quand même que la classification entre sérieux/futile, entre vrai et faux féminisme, se fait en fonction d’un critère physique esthétique. Vous voyez, comme je ne m’épile pas, le gars m’oppose à Beauvoir. Comme si je pouvais pas avoir lu Beauvoir (et je l’ai lue, entre autres) et avoir des poils sous les bras. Comme si je pouvais pas lire, écrire, penser, réfléchir et avoir des poils sous les bras. Comme si tout ce que je disais n’avait plus d’importance parce que j’ai des poils sous les bras.

Et l’enjeu est de taille. En même temps, si le combat était si futile, si mon féminisme porte pas plus loin qu’un pet de moineau, alors pourquoi toutes ces réactions, ces commentaires, ces messages, ces insultes? Pourquoi prendre la peine de m’écrire, pourquoi y mettre autant d’enjeu? J’ai un peu réfléchi à ça, puis j’ai lu cet excellent article d’antisexisme.  Je vous en conseille vivement la lecture, mais j’ai surtout trouvé très intéressante l’idée d’un « retour de bâton »: pour résumer brièvement, le gain de certaines libertés pour les femmes se serait vu compensé par d’autres formes de contraintes, dont des normes de beauté très sévères:

« Ce développement de l’industrie cosmétique au moment où les femmes gagnaient un peu en indépendance a été interprété comme une façon de limiter leur liberté nouvellement acquise26. Ce type de retour de bâton ne serait pas le premier de ce genre. »

Et il y a également l’idée, très intéressante au regard de ce dont je parle ici, que les normes de beauté exigées des femmes seraient une sorte de marque de soumission:

« En effet, la « beauté » qu’on requiert des femmes n’est pas quelque chose de neutre politiquement. Les pratiques de beauté ne sont pas seulement pénibles ou anxiogènes : elles peuvent être analysées comme des actes de subordination, comme une sorte de génuflexion collective face au pouvoir masculin.« 

En lisant cette dernière phrase, je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec les réactions que j’ai reçues et que j’ai trouvé totalement disproportionnées. Cela répond au moins en partie aux questions que je me posais, comme: pourquoi ce type qui ne me croisera sans doute jamais dans toute sa vie s’intéresse à mes poils d’aisselle au point de me pondre un pavé? Pourquoi tant d’enjeu autour de ça? Pourquoi opposer un féminisme respectable lisse, et un féminisme dangereux poilu?

Même les féministes le font. Y a un article féministe qui circule pas mal, dans lequel l’autrice essaie de casser les clichés, et notamment elle rassure ses lecteurs sur le fait qu’être féministe ne signifie pas être « poilue » ou « lesbienne ». Elle pensait sans doute pas à mal en écrivant ça. Elle serait peut-être bien en peine d’expliquer en quoi il est mal d’être poilue ou lesbienne, en quoi ça réduirait l’impact ou l’importance de nos luttes, en quoi on ne serait plus aussi dignes d’être écoutées. Je vais pas vous ressortir les chiffres, mais entre violence conjugale, viol, harcèlement, inégalités au travail, précarité, et j’en passe, c’est quand même une lutte importante, le féminisme. Et pourtant il faut croire que quelques poils sous les aisselles en réduisent la portée. Pourquoi? Quant au truc sur les lesbiennes, ce n’est ni plus ni moins qu’une forme d’homophobie, c’est pas le sujet ici mais je me dois tout de même de le faire remarquer, parce que c’est grave.

Je le redis, parce qu’on me le demande souvent, j’oblige personne à faire comme moi. Une féministe qui s’épile n’est pas moins féministe, ni une plus mauvaise féministe, qu’une qui ne s’épile pas. Cependant, je constate que le fait de ne pas s’épiler change beaucoup la façon dont les gens perçoivent nos luttes. Et c’est ce qui m’encourage à continuer de ne pas m’épiler. Parce qu’il faut pas seulement que les gens écoutent ce que j’ai à dire, il faut qu’ils m’écoutent alors que j’ai des poils sous les bras. Et ça, quand même, c’est tout une lutte en soi. ça veut dire que mon corps doit vraiment m’appartenir, ça veut dire que ça me regarde moi et personne d’autre. Ça veut dire tout simplement que, que je sois épilée ou non, ça ne change rien à la portée de mes propos, ça ne change rien à la validité de mes ressentis, de mes raisonnements ou de mes analyses, ça ne change rien au fait de savoir si on doit m’écouter. Ça veut dire que, même si je me soumet pas à ce dictat de l’épilation (oui c’est un dictat, venez pas dire le contraire après avoir lu les commentaires), ben je suis quand même une personne, je suis quand même quelqu’un, un être humain, que je mérite le respect autant que n’importe qui. Ça veut dire que je devrais pas avoir besoin de m’épiler pour qu’on m’écoute, pour qu’on me respecte. Ça veut dire que je suis un être humain indépendamment de mon physique, comme… Ben, comme un homme, quoi. Les hommes sont beaucoup plus facilement considérés comme des êtres humains à part entière indépendamment de leur potentiel de baisabilité, vous ne trouvez pas? J’aime beaucoup cette définition selon laquelle le féminisme est « l’idée radicale que les femmes sont des personnes« .

Alors voilà. A la fois, on le voit sur cette photo, c’est pour ça que je l’ai prise: c’est rien, rien du tout, c’est trois poils et demi qui se battent en duel. Et pourtant les gens y mettent tellement, mais tellement d’enjeu, tellement d’importance, que c’en est dément. Et je trouve que ça dit beaucoup. Et si ces quelques poils changent la personne que je suis ou l’importance de ce pour quoi je lutte, ou le sérieux avec lequel on doit prendre ce que je dis, c’est que je suis quand même un peu, pour les gens, un morceau de viande avant d’être un être humain. Et ça, c’est important, et ça doit changer.

77 réflexions au sujet de « Tout ça pour ça. »

  1. Je valide totalement. Personnellement, je m’épile, mais j’ai bien conscience qu’il s’agit d’une obligation sociale, à laquelle je suis tellement conditionnée que je n’imagine pas faire autrement (un jour, peut-être). Les femmes devraient avoir le choix de s’épiler ou non, les hommes l’ont bien, eux.

  2. Merci !
    Moi ce que je trouve hallucinant c’est de se rappeler que l’épilation est une mode, et récente qui plus est ! Je me souviens très bien, petite, d’avoir toujours vu ma mère ayant des poils sous les bras : c’est aussi ce qui fait que je considère ça normal aujourd’hui. Et oui, spoiler alert, les femmes, ça a des poils. Et des cheveux, une tête, des bras, des jambes, bref, comme les hommes, quoi.
    Le dictat de l’épilation est extrêmement récent et surtout une formidable invention marketing : l’entretien et le coût, qu’on le fasse à la maison ou en institut, est très lourd pour les budgets, il est évident que la plupart des femmes ne pouvaient pas se permettre cet investissement (sans compter que les instituts de beautés et les épilateurs électriques ne couraient pas les rues), il y a 50 ou même 30 ans de cela. Enfin bref, tout ça pour dire que ça m’étonnerait que Simone de Beauvoir se soit épilé les aisselles… :p

    • Exactement. D’ailleurs depuis que je me penche sur la question, je m’aperçois que dans beaucoup de (plus ou moins vieux) films, les actrices ne sont pas épilées, même dans des films pas franchement féministes comme La Dolce Vita. Cette semaine, j’ai regardé A nos amours, de Pialat, et Sandrine Bonnaire A DES POILS. Et ça ne choque personne (d’ailleurs je ne l’avais même pas remarqué la première fois).
      Bref ^^

  3. Entièrement d’accord ! j’ai jeté un coup d’oeil aux commentaires sur le Nouvel Obs et Facebook (un masochisme matinal. La colère me réveille le samedi) et j’ai vraiment été surprise par la violence des propos. Je sais que beaucoup de gens ne comprennent pas que l’on ne veuille pas s’épiler, mais de là à rejeter l’idée si violemment j’ai été scotchée. Ces hommes qui disent que c’est sale se rasent-ils les jambes ? Ou est ce que eux sont propres malgré les poils?? J’ai été choquée par les comparaisons que les gens font (ne pas s’essuyer les fesses, ne pas se laver…) Perso, à 15 ans, je ne voulais pas m’épiler les jambes. Je ne voyais pas l’intérêt. Mais j’ai été gênée par les regards des gens à la piscine, et j’ai cédé. Depuis je le fais, mais pas très assidument. Disons une fois en hiver quand c’est vraiment la jungle. Et une ou deux fois l’été. 3 à 4 fois l’année quoi. Sous les bras, un peu plus souvent, mais bon c’est pas non plus ultra régulier. Plus pour me conformer aux conventions sociales que par passion pour l’épilation !
    Je ne sais pas si tu as lu la BD Pas mon genre de Yatuu mais elle a consacré un chapitre très drôle à ce sujet (où elle imagine que le poil est un signe de beauté)

  4. je fais un parallèle entre les réactions des hommes face au poil des femmes, et les personnes qui ont défilées contre le mariage pour tous.
    Au final, le fait que tout le monde ait le droit de se marier, ça n’enlève rien aux hétéros, ni aux cathos, ni à personne.
    Ce que ces gens ne supportent pas, c’est que tout le monde — les homos — aient les mêmes droits. Ça ne leur enlève rien, leurs droits restent les mêmes aux hétéros, mais ça en défrise certains que d’autres puissent accéder aux mêmes droits.
    C’est une expérience qui a déjà été vécue à de nombreuses reprises, je pense au droit de vote pour les femmes, aux droits des noirs en Amérique…

    Ben le droit des femmes à disposer réellement de leur corps, ça fait grincer. Aux hommes, ça n’enlève strictement rien que les femmes aient des poils sous les aisselles. Mais ça les révolte qu’elles puissent le faire.

    Alors on va nous sortir tout un tas de prétextes fallacieux : ça pue.
    Dois-je en conclure que les mecs, eux, ne puent pas avec leurs poils sous les bras ?
    C’est moche.
    Dois-je en conclure que chez les mecs, c’est beau ?
    C’est pas féminin.
    Faut sortir de chez vous les gens ! J’ai vécu 4 ans sur une île où le poil est au contraire un indice de beauté. Une femme poilue est une belle femme et il n’est pas rare de rencontrer des femmes avec des bacantes, oui oui.

    Et je vais vous dire : j’adore la sensation du vent sans mes poils de jambes. C’est trop agréable.
    J’adore mon odeur musquée quand je suis poilue.

    Parce que que je ne suis pas tout le temps. J’alterne, je repousse toujours le moment d’aller chez l’esthéticienne me faire torturer. Les mecs, ça fait mal, impossible de m’y habituer. Et je vous parle pas de la repousse. Pourtant, j’y retourne comme un bon petit soldat. Ma révolution à moi, c’est de bien laisser le temps à les poils de s’épanouir entre deux arrachages. Et d’en profiter.

  5. Ping : Feminism - eiii | Pearltrees

  6. Bon puis en plus, le mec qui t’a pondu le pavé, j’adore ses allusions bien racistes (sur les pays arabes et la Turquie) et psychophobes (sur « le QI », sous-entendu que les personnes à bas QI sont des sous-merdes)…
    Winner quoi.

    (Et j’avoue, j’ai ri en t’imaginant te balader 7j/7 les bras levés pour exhiber tes trois poils qui se battent en duel ^^).

  7. Merci pour cet article !

    Je suis aussi une femme qui ne s’épile pas, je te soutiens totalement, et donc je t’écris ce commentaire pour t’envoyer toute mon affection et beaucoup de courage, parce que y en a bien besoin…

    Il faudrait fonder la Ligue Internationale pour la Préservation du Filament Kératinique (LIPFF), on aurait des cartes d’adhérent•e•s où il serait inscrit « Mon poil ma bataille » on ferait des ateliers tresses africaines sous aisselles ça serait chouette.

  8. Je partage tout ça à fond. Depuis 2 ou 3 ans je m’épile très rarement, un tout petit peu l’été parce que je n’assume pas totalement.

    Cela dit je n’ai jamais eu aucune reflexion déplacée. Ce qui me fait me dire qu’il y a peut-être deux composantes dans ce rejet que tu as vécu : le fait de ne pas se conformer à l’obligation sociale de l’épilation, mais aussi le fait de le revendiquer ouvertement. C’est perçu comme une provocation. Une femme libre, ça dérange, mais une femme libre qui incite les autres femmes à l’être aussi, c’est pire, limite dangereux…

    Il y a aussi un aspect intéressant à mon sens, c’est l’aspect érotique des poils. Dans certaines cultures les poils sont indécents parce que sexuels, et une femme n’est pas censée être ouvertement « sexuelle ».

    Merci pour cet article, c’est toujours un plaisir de te lire :-)

  9. Je te rejoins totalement, je ne m’épile plus les aisselles depuis un peu plus de trois ans et si globalement ça se passe bien, dès que j’en parle je me confronte à un tollé social. Pour trois pauvre poils.

    Depuis que je revendique mon féminisme, que je le défends, j’ai aussi cette étrange impression de devoir me justifier et SURTOUT d’avoir à compenser la dangerosité de ma nouvelle étiquette en prenant encore plus soin de moi, en étant pas le cliché moche-poilue-antisexe-antihomme (lesbienne pour les plus homophobes) comme pour dire « Je suis féministe mais je ne suis pas dangereuse, je m’épile et je ne suis pas une casse-couille »….

    Je ne vois pas en quoi mes 3 poils gênerait qui que ce soit.
    Un jour un homme m’a même dit « Non, mais moi ça me gêne c’est de la pollution visuelle ». Je lui dis que je ne me permettais pas de donner mon avis sur sa tronche et que s’il me trouvait moche il pouvait toujours aller voir ailleurs…

    C’est quand même hallucinant.

  10. Personnellement je ne m’epiles pas. et pourtant j’ai des poils. Je coupe un peu régulièrement ce qui dépasse trop parce que ça gêne un peu. …ma femme. Vous l’avez deviné, et oui, je vis en couple avec une femme qui, elle, s’épile les aisselles mais laisse heureusement libre d’autre toison . Le poil, c’est la maturité. S’épiler, c’est s’afficher impubere socialement. C’est rester enfant. Et moi, je ne suis pas pédophile. Je ne suis pas lesbienne non plus. Je suis un homme.

    • Ok, c’est bien, tu es un homme, on en a la larme à l’oeil, mais l’idée, c’est que les femmes fassent ce qu’elles veulent. Pas que tu remplaces un diktat (ici « à bas les poils ») par un autre : l’absence de poil au pubis qui serait égale à être non pubère ou que sais-je encore ; en plus en t’imaginant follement progressiste alors que tu imposes ton dada perso pour les poils, et que justement, ce qu’on vous reproche, c’est de vouloir contrôler l’image de notre corps, quelque soit la forme que ça prend. Mais voilà, j’espère qu’au 23eme siècle on fera ce qu’on voudra, et qu’on se passera de votre assentiment quoi qu’on fasse de notre corps. Et si ça ne vous plait pas, perso je me passe des papatriarches dès le siècle présent.

      • C’est clair on s’en branle, si y a des meufs qui choisissent de s’épiler entièrement y en a toujours pour venir leur faire la morale « ouin ça fait prépubère » (ce qui n’a aucun sens d’ailleurs car les poils axillaires apparaissent à la puberté tout comme les poils pubiens).

  11. Moi je me rase quasiment tous les jours depuis mon adolescence pour ne pas ressembler à un yéti hirsute. Je dois acheter des rasoirs, de la mousse à raser, des lotions d’après-rasage et parfois je me taille, et c’est douloureux.

    J’aimerais que les diktats de la société cessent. Et que je puisse être accepté par tous malgré ma tête d’homme préhistorique.

    • Güthnüller, je me permets de te répondre.

      Je comprends que le rasage du visage soit une corvée et un réel diktat imposé aux personnes masculines. Il est souvent cause d’inconfort, peau sèche, exéma, poils incarnés, infections, blessures, budget conséquent alloué aux matériels et produits de rasage, repousse qui pique etc.

      Cependant, la barbe est socialement acceptée. Il y en a qui aiment, d’autres qui détestent, d’autres qui NSPP.
      Mais la barbe/moustache/pilosité masculine est présente. Pas chez tout le monde, il y en qui rasent et/ou épilent mais elle est tout de même visible.
      Il y a des personnages historiques barbus, des icônes de la pop-culture barbus, des passants dans la rue barbus. Personne ne les montre du doigt en leur intimant de manière cruelle et blessante d’aller se raser.

      Voilà la réelle différence entre les diktats imposés aux hommes et aux femmes en matière de poils.
      La barbe est vue comme possible et normale.
      Les poils sur les femmes sont déclarés persona non grata.

      (Sans parler du fait que le surface à épiler/raser est souvent beaucoup plus importante chez les femmes que chez les hommes)

      Pilositairement vôtre,
      Daphné (poils aux pieds).

      • « Personne ne les montre du doigt en leur intimant de manière cruelle et blessante d’aller se raser. »
        Oui et non.
        Dans certains cas, le poil masculin est aussi malvenu. Certains milieux de travail. Un entretient d’embauche par exemple. Les statistiques montrent hélas que, à compétence égale, l’apparence jouera et qu’à notre époque et dans notre civilisation la barbe est souvent un critère d’exclusion.
        Mais j’admets qu’être mâle a cet avantage que je peux avoir les guiboles velues, on ne me lancera pas des regards agressifs si j’ai les jambes à l’air. Et j’espère qu’un jour ce sera aussi possible pour les dames.

        • Dans certains cas. Pas PARTOUT TOUT LE TEMPS. J’admets que c’est pas cool, hein, c’est une pression sociale et tout ça, mais quand même, c’est pas exactement la même chose. Tu peux être discriminé si tu es mal rasé. On peut te juger et même te trouver « sale » (ce qui est idiot). Mais tu n’es pas un MONSTRE, une horrible erreur de la nature. Une femme avec des poils ça n’existe pas, ou alors c’est immonde, répugnant, dégoûtant. Je trouve que c’est pas le même niveau de préjugés. On ne nie pas l’existence des poils au visage chez les hommes. D’ailleurs tu peux le voir dans les film ou les séries où des gens sont naufragés sur une île déserte ou des trucs comme ça: les hommes auront de la barbe, alors que les femmes auront toujours les aisselles et les jambes parfaitement glabres, contre toute logique.

          • De ce point de vue là d’accord.
            Mais comme je considère ces séries épilées comme… irréalistes (on sort de l’eau avec un superbe brushing, les gens se roulent des pelles au lever alors qu’au lever on a une haleine de ch…ottes, etc.), je ne me sens pas concerné.
            Et au passage j’imagine mal quelqu’un traiter une femme de monstre parce que pas rasée. Je sais que ça existe sur les forums et sur le net, mais les forums et les commentaires, ça a tendance à concentrer les tarés :D. C’est pas vraiment la réalité. Enfin j’espère… (sinon y a des coups de lattes dans les r…bignoles (et équivalents) qui se perdent).

          • Ben évidemment que c’est irréaliste. ça veut pas dire que c’est pas culturellement admis. Et je parle pas seulement des séries où on sort de l’eau avec un brushing. Je parle des séries comme Lost ou des émissions comme Koh Lanta. Tout le monde trouve ça normal.

  12. Monde de dingues. Comme tu le dis, il y a 30 000 trucs plus importants… et puis merde, pourquoi les gens ne peuvent pas avoir le physique de leur choix ? Pourquoi ?

    • Parce que des gros plein de graisse ou des gens qui laissent l’impression de ne pas être hygiéniques ou dynamiques, ça ne fait pas rêver et que c’est dangereux pour le niveau de la société, tout bêtement.

      • En fait je laisse ce commentaire débile parce que ça va tout à fait dans le sens de ce que je dis mais aussi de l’excellente série d’article d’antisexisme sur les normes de beauté imposées aux femmes. Ce qui est intéressant c’est que notre abruti ici présent estime que la graisse « ça fait pas dynamique » et que les poils « ça fait pas hygiénique ». Ce qui est une interprétation totalement orientée culturellement. Evidemment on peut être poilu et propre, n’importe qui le sait très bien, mais les gens semblent souvent faire semblant de ne pas le croire. Il suffit de prendre des douches, c’est facile. Quant à la graisse, les standards de beauté féminins atteignent de tels niveaux de maigreur que ce n’est pas forcément compatible avec la pratique du sport (les mannequins professionnelles n’ont pas une bonne hygiène de vie généralement, à en croire les quelques témoignages, elles s’affament, voire se droguent pour maigrir un maximum, ce qui n’a rien de « dynamique »).
        Au contraire, des personnes avec de la graisse peuvent faite du sport, et même être des athlètes de haut niveau, comme on en voit quelques-uns sur ce tumblr: http://fatpeopledoingsport.tumblr.com/

        Surtout, on peut se demander en quoi le manque de dynamisme est « dangereux », et même en quoi le dynamisme est une valeur fondamentale. Faut-il tuer tous les vieux et les handicapés moteurs? Je ne crois pas. Ce qui est dangereux c’est peut-être plutôt de mettre des valeurs comme « le dynamisme » au-dessus de tout puisque ça a des conséquences concrètes sur la vie des gens (notre société a une façon particulèrement indigne de traiter les personnes âgées, souffrant d’obésité, handicapées ou autres).
        Notez aussi l’injonction à « faire rêver » (qui?). Il faut faire rêver, c’est obligatoire, et surtout c’est implicite que tout le monde rêve de la même chose (à moins qu’il faille faire rêver uniquement certaines personnes: celles qui rêvent des bonnes choses. Là on sait pas très bien).

        Bref, je pourrai développer encore plus, mais juste pour montrer qu’à partir d’un avis péremptoire, bête et méchant et donné en 3 mots parce que ne remettant rien en cause et se basant sur des poncifs et des clichés que tout le monde connait, on peut déconstruire beaucoup. Finalement, cet ensemble de préjugés est plus facile à formuler qu’à contrer, mais quand on prend la peine de développer un peu, on constate facilement qu’ils ne reposent au final sur rien. Rien d’autre que « j’ai appris que tel truc était bien et tel truc était mal alors je le répète comme un perroquet ».

        • Mais trop, quoi! Et le côté être dynamique gnagna, actif, parce que ceux qui bossent pas sont « inactifs », et vont être « radiés » par le gentil pôle emploi, comme devraient l’être tous les poids morts de cette belle société eugéniste. Ptit soldat perroquet du néolibéralisme; et on voit partout comme ce meilleur des mondes qu’il prône est beau et bon!

  13. En tant qu’homme ça m’a toujours perturbé cette histoire d’épilation. Je n’ai jamais trouvé les poils moches, c’est plutôt assez neutre comme partie du corps, c’est juste des cheveux pas sur la tête !
    La plus part de mes partenaires sexuelles s’excusent de ne pas être épilées ou pas assez si on fait ça à l’improviste ou la première fois. C’est vraiment triste que jusque dans le lit, qui est quand même l’endroit où on devrait s’abandonner à soi et à l’autre, il y ait ces barrières sociales. C’est toute une intimité qui est violée. Au moment de partager quelque chose de si bon, c’est dur de voir que l’excuse d’être poilue (et donc normale) s’invite au menu…
    Du coup je dis toujours à mes partenaires de ne pas le faire pour moi car je m’en fiche, mais souvent ça ne change pas grand chose tellement le poids social est là. =/

    • Et en plus, y’a pas que l’épilation qui étrique au lit, y’a tous les innombrables critères de beauté/bienséance imposés! Fin, comment prendre son pied quand on est tjrs là, à se demander si on est pas trop grosses/poilue/nichons qui tombent/bizarroïde dans telle position, coincée ou trop meuf facile dans telle situation? Ca n’a rien d’un abandon, mais apparemment, la plupart des types s’en foutent, coucher avec un bel objet qui donne l’apparence de jouir d’eux, étant supérieur dans leur hiérarchie à prendre son pied réellement (ou ils confondent les 2.)

  14. Pour le pubis, je comprends et suis ok avec votre démarche.

    Mais pour les aisselles et les jambes, si vous aimez ressembler à Chewbacca, grand bien vous fasse mais n’imposez pas le rendu final aux yeux des gens. Ça fait moche, vulgaire, pas soignée et pas hygiénique (car ça développe la transpiration, contrairement aux idées reçues).

    Je ne valide pas les commentaires haineux que vous recevez, naturellement.

    • En fait, non seulement je vais continuer à ne surtout pas m’épiler, mais ce genre de commentaires misogynes, horrifiés et complètement cons m’encourage à porter des T-shirt sans manche et à bien lever les bras dans le bus. Courage, tu survivras à ma liberté, je te le promet. Maintenant, ferme-la.

      • J’adore aussi le raisonnement « encore le pubis ça va » (merci grand prince) mais SURTOUT PAS LES AISSELLES à cause de la TRANSPIRATION

        La bienséance m’empêche de lister les fluides qui peuvent se mêler aux poils pubiens et d’envisager à quoi ça ressemble si on se lave pas. Je vois pas en quoi la transpiration serait pire que tout le reste.

    • « Mais pour les aisselles et les jambes,[…] pas hygiénique »
      Bon alors…
      Je passe sur « moche vulgaire pas soignée ».
      Ce ne sont que des critères esthétiques, qui varient suivant la société, l’époque concerné, bref, rien d’objectif.

      Pas hygiénique:
      Pour les jambes, je ne comprends pas. Etant velu de la guibole, je ne transpire pas plus pour autant des gambettes.
      Pour les aisselles:
      La raison primaire d’être du poil au aisselles serait de servir de « Roulement à rouleaux cylindriques ». Un genre de roulement à billes cylindrique. Permettant d’éviter que la peau de l’aisselle du bras ne frotte trop contre celle de l’aisselle du torse (peaux très fines, au demeurant). J’ai vérifié: après rasage des poils des aisselles j’ai d’abord eu des irritations, puis des furoncles! Ca m’a guérit des modes modernes! :D
      Pour l’hygiène, suffit de se laver, de laisser l’aisselle à l’air libre, etc. Possible que si vous ne vous lavez les dessous de bras qu’une fois par semaine, un biofilm bactérien ait le temps de s’installer sur les poils et que vous « puiez » plus que les « rasés ». Mais si vous vous lavez tous les jours, même d’un simple coup de gant, pas de problème. :-)

    • Mais tu n’as pas à  » valider  » ou à  » pas valider « , à être  » ok » ou non avec notre démarche… les femmes ne sont pas des bébés, c’est pas comme si on avait attendu ta permission.

  15. Le commentaire que tu cites a vraiment tout les stigmates du post-ado isolé qui a apprit la dialectique sur Youtube. Géopolitique Okapi tournant autour de dix pays, connaissances rudimentaires indexées sur l’actualité médiatique et critiques scolaires toujours chevillée à ce fil de dépêches, obession sexuelle et puritanisme pornographique, le tout macéré à ce ton caractéristique du pamphlétaire illettré engoncé dans l’emprunt de formules et de lexiques grapillés en diagonale sur un écran entre deux battements de cils, cherchant à se donner une position dogmatique par la brutalité verbale et la vulgarité dédaigneuse.

    Des comme lui, il suffit de se baisser pour en ramasser à la pelle en ligne. Mais, précisément, en ligne seulement. Il ne faut pas prêter à ces maniaques dont l’essentiel des loisirs et de la vie sociale ne se déroulent plus que devant un écran (ou au mieux et pour une minorité, dans la névrose familiale du pavillonaire endetté) une influence qu’ils n’ont pas. Prive-les d’ADSL et ils sont littéralement castrés, manchots, aveugles, sourds et paraplégiques. Des hommes-troncs ou des « anchor man » (nom donné aux présentateurs de news télés aux US) dont tout le rapport au réel éloigné ou abstrait ne passe plus que par le cathéter informatique.

    En 2027, ils seront toujours là vissé au clavier, dodelinant de la tête et parlant tout seul au rayon « cassoulet en boite » de Franprix, saisit de tics nerveux à proximité d’une créature à fort volume mammaire et maugréant des borborygmes incompréhensible dans les transports. Pour en avoir observé quelques spécimens in vivo, ces fiers à bras sont soi totalement handicapé socialement soi intégralement fondu dans la normalité dépressive salariat. Dans les deux cas, l’Histoire se fait sans eux alors gare à ne pas leur accorder trop d’importance, ils n’en ont que pour la clinique et la psycho-pathologie sociale.

    Il me semble qu’en France leur apparent nombre est fortement lié aux provincialisme universitaire du pays et à la dépréciation bourgeoise du travail (typiquement catholique, dans les pays protestants ou anglo-saxon rien n’est indigne à ce niceau). Tout est concentré à Paris, contrairement à d’autres pays industrialisés qui dispersent ressources académiques, économiques ou stratégiques sur tout leur territoire, en France ce ne sont que des no-man’s land insulaires de pôle économique subalterne, qui expliquent chez ces individus leurs seuls façon d’accéder au monde et au réel. Ils se sentent relégués et isolés, au profit d’autres catégories sociales qui concentrent leur haines et fantasmes.

    • Déjà, c’est pas un commentaire, mais un message privé. Je veux dire, cette personne a pris la peine de retrouver mon facebook perso pour écrire ça.
      Mais surtout, si tu jettes un œil sur les commentaires, cette personne n’est pas un cas isolé, loin de là. Alors, est-ce que les personnes profitent d’internet pour se lâcher? Oui, bien sur. En dehors d’internet ils n’osent rien dire, c’est vrai. Mais pour autant, sans dire que ce commentaire en particulier est représentatif, je crois que l’opinion que les poils sont dégueulasses, mais uniquement chez les femmes, est de loin majoritaire.

  16. Ce qui m’avait le plus effarée dans les réactions à ton article de l’Obs, ce n’étaient pas juste les commentaires haineux des mecs « crade », « sale », etc, mais celles des femmes se disant féministes qui se mettent à chier des briques parce que tu oses affirmer que l’épilation n’est pas un choix. Alors qu’elles en ont SOUS LES YEUX la preuve vivante avec la violence, la rage des commentaires face à quelque chose de somme toute très anodin…

    Enfin, qui devrait l’être. C’est vrai, c’est comme ça qu’on peut mesurer une norme sociale : à la manière dont des gens qui n’en ont rien à foutre de toi pètent une durite lorsque tu fais un choix de vie qui techniquement ne les affectera jamais. Rien que le mec qui a écrit ce pavé gerbant : ça montre à quel point un mec peut se sentir furieux, menacé, angoissé à l’idée qu’une femme puisse refuser de se soumettre à l’impératif de beauté qui lui est destiné. Finalement, si des hommes manifestent un profond dégoût des femmes poilues, c’est parce que la vue ou l’idée de ces poils dit un peu trop clairement « J’ai pas que ça à foutre que de m’infliger un rituel pénible juste pour que tu me trouves baisable. » Et ça, ça ne leur plaît pas. Du tout. D’où les insultes, une tentative de reprendre le contrôle…
    Attention ! Une femme qui ne se soucie pas de se mettre en quatre pour paraître baisable ! Où va le monde grands dieux ?

    Je ne sais pas de quel article féministe « qui dézingue les clichés en rappelant que les féministes sont baisables aussi » tu parles, mais j’ai déjà vu des posts de ce genre et c’est vrai que c’est à gerber. Merde, quoi, a-t-on besoin d’avoir la gueule d’Emma Watson pour être prises au sérieux ? (Non, même pas, si on est belles c’est qu’on est superficielles et soumises aux diktats de la mode. Ah zut.)
    Il faut que les gens commencent effectivement à envisager l’idée radicale selon laquelle le physique d’une femme n’a absolument aucune incidence sur la validité de ses idées ou de son parcours. Et cette phrase que je viens d’écrire est sidérante. Quand je réalise à quel point on vit dans une société réactionnaire et rétrograde, c’est juste… ahurissant.

    Il y a pas longtemps, lors du repas d’anniversaire de ma grand-mère, deux de ses amis m’ont servi un discours comme quoi les choses vont tellement mieux maintenant, la femme est comme un homme, d’ailleurs les femmes sont supérieures aux hommes « pourquoi vous voulez vous rabaisser à notre niveau ? » Bah oui, clairement, on a grave progressé ! Mis à part le fait que tout ce qu’on dit ou fait est rapporté à notre physique et qu’on peut pas faire ce qu’on veut de notre corps sans que tout le monde estime avoir le droit suprême de donner son avis sur la question… entre autres choses. YOUPI. OUI JE SUIS ENERVEE POURQUOI.

    Bon sinon plein de love ! On va y arriver ! Bisous d’une méga poilue (nounouuuuuurs)

  17. J’imagine que tu connais la règle de Lewis : les commentaires sous n’importe quel article parlant de féminisme justifient le féminisme. http://geekfeminism.wikia.com/wiki/Lewis'_Law Je trouve que ton interview sur le nouvel obs en est une belle illustration.

    J’aime beaucoup d’ailleurs comme les commentateurs ne se lisent pas entre eux : t’as ceux qui te disent que ouais si tu t’épiles pas t’es horrible, tu pues, t’es limite plus humaine, et ceux qui viennent te dire dans le commentaire en-dessous que franchement la pression sociale c’est toi qui l’imagine, faut arrêter de te monter la tête…

    Sinon quand tu dis que le truc sur les lesbiennes c’est une forme d’homophobie tout simplement, je suis d’accord que c’est homophobe mais je trouve que ça l’est d’une façon particulière : la féministe lesbienne va trop loin parce qu’elle n’est plus baisable (par les mecs, entendons-nous bien : on s’en fiche pas mal que ses amies lesbiennes puisse baiser ou pas). En fait je trouve que c’est le point commun des poilues et lesbiennes comme « mauvaise » féministes : pour êtres des bonnes féministes, faut rester attractives et sexuellement disponible pour les mecs (qui adhèrent aux normes patriarcales).

    D’ailleurs, comme les allusions à la Turquie le montrent, pour être une vraiment bonne féministe, en plus d’être bien baisable, c’est mieux d’être aussi un peu raciste, afin que ton féminisme soit vraiment confortable pour les mecs cis blancs. Ce qui est en fait le vrai critère qui distingue le « bon » du « mauvais » féministe – le seul problème, c’est que tout le monde est pas d’accord sur le sens du critère ;)

    • C’est vrai, c’est quand même dingue de devoir rassurer les hommes en disant qu’on est toujours minces, épilées et hétérosexuelles, et de ne pas voir que c’est une forme de subordination au patriarcat…
      Et puis c’est bon c’est plus facile de voir le sexisme des mecs qui exigent que les femmes soient voilées que le sexisme des hommes qui exigent que les femmes soient épilées. Du moins quand on appartient à la deuxième catégorie.

  18. Encore une fois merci pour ton excellent article…

    J’ai découvert le féminisme (et l’antispécisme grâce à ton blog) il y a un peu plus de 3ans après avoir fui un PN, et j’ai arrêté de m’épiler dans la foulée, pour tester. Depuis il m’est arrivé quelques fois de « retoucher » un peu, mais très rarement.

    J’ai eu beaucoup de mal avec les poils de mes jambes, et si j’ai finalement réussi à trouver le courage de sortir jambes nues, c’est grâce à la petite fille de 7ans dont j’étais la nounou à l’époque qui m’a dit qu’elle aussi avait honte de montrer ses jambes à cause de ses poils. Electrochoc… Le lendemain je suis sortie jambes nues, et comme une autre personne l’a dit dans les commentaires, j’ai senti le vent sur mes jambes. J’en aurais pleuré. J’avais l’impression de retrouver un sens dont on m’aurait amputée.

    Il y a les gens qui te disent qu’il n’y a pas de combat puisqu’on fait ce qu’on veut, et celleux qui t’insultent (j’ai eu droit à mon premier « chewbacca » irl l’année dernière à cause de mes poils axilaires, la classe ! ), ou le mix des deux : « tu fais ce que tu veux de toute façon, pas la peine de faire ta rebelle, c’est juste que c’est dégueulasse ».

    Mais ton article me fait surtout réfléchir là-dessus :

    Quand on me demande pourquoi je suis féministe, tant que je suis considérée comme une personne intégrée au système et à ses normes on a au moins la décence de m’écouter. Mais si j’ai le malheur de dire que j’ai découvert le féminisme après avoir découvert les joies des violences domestiques, et/ou que je parle de toutes les situations ou j’ai subi du harcèlement, on me dit « aaaah oui ok c’est pour ça… », sous-entendu (attention bingo) « tu es trop sensible à cause de ce que tu as vécu et tu prends les choses trop à coeur, tu vois le mal partout, mais #notallmen »… Ou alors si je parle d’éducation non violente, d’antispécisme, etc, à partir du moment où je suis cataloguée comme anticonformiste (« hippie »), on n’accorde plus aucun crédit à mes paroles.

    Comme si je pensais ce que je pense juste par esprit de contradiction et non parce que que c’est réfléchi et que j’ai vécu des situations prouvant qu’on a vraiment besoin du féminisme (et de l’antispécisme, etc).

  19. Bravo et merci pour cet article, qui pose le doigt là où ça fait mal.
    Le fait que tant de gens puissent réagir aussi violemment vis-à-vis d’une femme qui annonce qu’elle garde ses poils paraît, quand on prend un peu de champ, d’un ridicule ahurissant.
    J’en enlève la plupart, mais je suis très consciente du diktat, et ce depuis longtemps. Je suis toujours incapable d’assumer socialement mes poils, ce qui me rend plus féministe encore : je me bats pour combattre les préjugés sexistes et j’espère que ma fille pourra choisir de garder ou de faire tomber ses poils sans que personne ne lui dise quoi faire « pour son bien » !
    Je partage votre article. Et je pense le citer dans un prochain billet.

  20. J’ai adoré le commentaire (Nouvel Obs) qui dit :

    « L’enracinement des poils masculins est plus profond et résistant que ceux de nos amies les femmes. »

    Triple LOL.

    D’ailleurs le « nos amies les femmes » vaut son pesant de cacahuètes à lui tout seul.

  21. L’Elfe, tes billets sont encore une fois nécessaires et précieux, merci. Le sujet de l’épilation est celui qui suscite les réactions les plus épidermiques (je laisse de côté anti-spécisme, réflexions sur l’éducation et l’âgisme, etc.) chez mes amies (femmes). Notamment une résistance très forte à l’idée que ça puisse être un diktat (« je fais ça pour moi, ça n’a rien à voir avec une injonction sociale »).
    D’ailleurs, pour aller plus loin sur l’analogie avec la saleté, c’est assez terrible de devoir encore et toujours se justifier sur le mode « mais je prends soin de moi, hein… ». Depuis quand questionne-t-on quelqu’un sur ses pratiques d’hygiène personnelle pour établir la légitimité de son discours ou de ses revendications ? Là encore, on demande aux femmes des marques de subordination minimales. Si tu me laisses t’objectifier assez, alors j’écouterai peut-être tes revendications féministes, elle est mignonne.

    Pour en revenir à l’épilation, combien sommes-nous encore, comme le notait un commentateur, à nous excuser de ne pas être parfaitement lisses dans un moment où on a, hum, mieux à faire ?
    Un partenaire m’avait renvoyé cette simple mais efficace répartie : « Quoi, tu veux dire que tu es un être humain ? » Hé oui. C’est bien ce qu’on disait : accepter l’idée radicale (y compris pour les premières concernées) que les femmes sont aussi des êtres humains.

    • C’est pas faux ce que tu dis. Je me défend d’être sale parce que je n’aime pas ce préjugé, mais quand bien même je serais crade et je sentirais la bouse, ça enlèverait rien à la légitimité de mes revendications féministes.

  22. Mon amoureux préférait les filles sans poils avant, je dirais, comme à peu près tous les hommes conditionnés.
    Et puis il s’est rendu compte que finalement il aimait mes poils.
    Qu’il aimait mon odeur.
    J’en suis plus que ravie.
    Je ne me rase les aisselles qu’en été, parce que bah j’assume pas de risquer une bullshiterie…
    Mais j’aime mes poils.
    Une fois je les ai colorés en bleu comme mes cheveux, mais ça a pas tenu longtemps. :<

    • Hé oui les goûts ne sont pas figés contrairement à ce qu’on croit. Les gens estiment que les goûts ne peuvent pas être discutés, remis en questions, analysés… C’est pratique quand on n’a pas envie de se poser certaines questions. Mais les goûts ne viennent pas de nulle part et ils peuvent évoluer. Moi j’ai appris à me trouver belle avec des poils (mais on peut aussi s’en foutre de se trouver belle ou pas physiquement, c’est aussi à mon avis une revendication féministe à part entière: personne n’a à nous obliger à être « jolies »).

  23. Merci pour cette article et en général pour votre blog. Je ne m’épile pas en hiver et je vais à la natation chaque semaine, je suis la seule femme parmi une quarantaine à avoir des poils sur les jambes et sous les aisselles. Je trouve ça incroyable comme pression sociale. Parfois je souffre un peu de certains regards mais je me dis que comme il y a des jeunes femmes, je leur montre qu’il existe un autre possible, que l’on ne va pas se désintégrer car on a des poils. Par contre en été, dans mon travail socialement j’ai plus trop le choix et je m’épile les mollets et les aisselles mais c’est par pure contrainte sociale. Si c’était par choix je ne m’épilerais jamais. ça fait partie pour moi d’un temps gaché et d’une souffrance inutile. J’ai de même renoncé à porter des talons car c’est une souffrance inutile et ça m’empêche de marcher autant que je le voudrais. Mais comme je ne m’épilais pas quand j’étais ado (par rebellion contre les normes) j’étais déjà bien consciente de la rebellion que ça représentait pour les hommes comme signe de non soumission à eux et comme pour certaine femme c’était ressenti comme un mépris de leur propre soumission/souffrance/contraintes vis à vis des normes.

    • Ah oui, les talons, encore tout un truc… Je trouve ça très beau mais je ne m’inflige plus ça.
      Ado, j’aurais pas été capable d’assumer le fait de pas m’épiler. Tu dois avoir une sacrée force de caractère.

      • Justement, les talons, j’ai jamais trop pigé. Bon, ça permet de gagner quelques centimètres et c’est potentiellement une excellente arme, mais sinon… C’est casse-gueule, ça empêche de courir, ça fait mal au pied…

        • Mais moi je trouve ça très beau, et ça donne une démarche très jolie (bon évidemment c’est culturellement construit comme goût, je lie ça à la féminité alors qu’à d’autres époques c’était réservé aux hommes…). Mais c’est la torture des pieds. Et je sais on va me dire « il existe des talons confortables blablabla ». NON. Le fait de porter des talons est EN SOI de la torture des pieds. Après y en a qui sont encore pires, voire avec lesquels il est presque impossible de marcher sans se casser la gueule.

          • « Mais moi je trouve ça très beau, et ça donne une démarche très jolie (bon évidemment c’est culturellement construit comme goût, je lie ça à la féminité alors qu’à d’autres époques c’était réservé aux hommes…) »
            Désolé, je suis peut être trop pragmatique.
            Je trouve dommage de devoir lier une démarche à un accessoire désagréable à porter.
            Après, chacun ses goûts. Je porte bien une montre à aiguille alors qu’une montre digitale est beaucoup plus pratique…

          • Non mais attend… On peut décortiquer ou critiquer un goût, certes (ce que j’ai fait moi-même en disant que c’était culturellement construit). Mais c’est quand même un goût. Que tu trouves ça « dommage » que je trouve un truc joli, c’est ton problème. Je vais pas arrêter de trouve ça joli pour autant. ça marche pas comme ça.

  24. C’est marrant comme les mecs qui gueulent sur les femmes qui ne s’épilent pas ne s’aperçoivent pas que les arguments qu’ils sortent (c’est sale, ça fait pas soignée, etc) pourraient aussi bien s’appliquer à eux. D’autant plus que les hommes sont souvent plus poilus que les femmes.

    • Remarque, c’est les hommes qui s’épilent qui sortent le commentaire pilophobe que je préfère : « Moi je suis un mec et je m’épile alors t’as aucune excuse pour pas faire cet effort. »

    • Pour les hommes « plus poilus » que les femmes, ce n’est pas même pas exact… franchement quand je vois mes gambettes et celles de potes, je ne vois pas une très grande différence.

      Enfin, à part que les miens C’EST LES PLUS BEAUX DE TOOOOUS

      Hihi.

  25. Salut l’Elfe !

    j’avais halluciné à l’époque quand j’avais lu cet article en lisant les réactions, je n’avais pas réalisé que tu étais l’autrice !

    Le formatage ambiant est vraiment désespérant. Je rejoins le commentaire de Lucio ci-dessus. Combien de fois j’ai entendu ce « Je ne suis pas épilée », lancé sur un ton de culpabilité honteuse. Même dans la bouche de ma copine, loin d’être un esprit formaté, avec qui je suis en couple depuis 6 ans !

    6 ans à lui répéter que je me moque qu’elle soit épilée ou non, et même que je la préfère de loin poilue, mais rien n’y fait. Alors même que ma propre pilosité se rapproche plutôt de l’ours des Carpates angora que du Sphynx et que ça ne lui pose aucun problème, bien au contraire…

    « Je le fais pour moi » et surement pas à cause du matraquage ambiant… Faut vraiment aimer souffrir ! J’ai déjà testé l’épilation à la cire sur les jambes (juste une bande, faut pas abuser), vu le cri de bête qui s’en est suivi, je n’ose même pas imaginer ce que ça donne sur le maillot !

    Continue à écrire en tous cas, j’ai beau être un carnivore cis-hétéro-barbu limite réac sur les bords, je dévore tous tes articles avec plaisir. Mention spéciales à tes articles sur les enfants, parfaits, et à la série des Poire !

    « Là où il n’y a pas de poils, il n’y a pas de plaisir »

    Vive le poil !

  26. Mâle et velu, je ne suis pas spécialement féministe, mais j’ai pour principe: « ne pas imposer aux autres ce que tu ne te ferais pas toi même ».
    J’ai donc testé l’épilation, sur le torse et les jambes (et pis aussi « pour voir comment ça fait »). Rhaaaa aaaaaa aaaaaa aaaaaa aaaaa aaaaaa aaaaaaa aaaaaa aaaaaaaaa aaaaaaaa aaaaaaa aaaaaaaaa aaaaaaaa aaaaaaa!
    Oh, j’ai été con aussi, dans le temps: « Ah non trop moche les poils d’aisselle ». Mais en fait, non, je m’en fous beaucoup. Je ne vais pas juger quelqu’un parce qu’il arbore une pilosité ou pas.
    Mais aussi, je suis libre d’aimer ou de ne pas aimer ça pour des critère esthétique, de même qu’on a le droit de préférer les roux aux bruns, mais de là à juger une personne sur le port du poil… euh? Y a beaucoup d’autres choses plus importantes dans les qualités d’une personne que ses poils non? (Sauf chez les sportifs. Un poil de sportif, c’est riche en EPO: c’est bon pour la santé).

    Les commentaires insultants à ton égard m’ont laissé pantois. Mais plus encore, le sujet de l’article. Le féminisme se résume-t-il à la question « êtes vous pro-poil ou non? »? Et pourquoi pas « un(e) Bon(ne) Féministe doit-elle(il) porter des slips ou des caleçons (ou des culottes fendues)? »? A part générer du buzz et un bon flaming, je ne vois pas l’intérêt. Mais c’était peut-être l’objectif du journaliste.

  27. J’étais encore pré-pubère quand on a commencé à me dire : « Tu grandis, il faudrait que tu commences à faire ceci, à faire cela… » A 11 ans, j’étais déjà très formée pour mon âge, et les poils étaient arrivés assez vite, eux aussi. A cet âge-là, j’étais tiraillée entre le fait que tous ces trucs (s’épiler, porter des soutien-gorge…) marquaient mon entrée dans l’adolescence et le fait que… bah, j’avais tout simplement la flemme et pas de temps à perdre avec ça, d’autant plus que je passais presque tout mon temps à bosser.

    Un jour cependant, ma mère m’a proposé une petite séance d’épilateur durant laquelle je me suis tordue et ai hurlé de douleur, mais je n’ai pas voulu arrêter parce que, cette pilosité, il fallait l’enlever, j’étais grande maintenant…

    Je me suis épilée seule par la suite. Une ou deux fois, pas plus, parce que je commençais déjà vraiment à en avoir assez de cette souffrance que je m’infligeais, et puis la flemme est revenue. De temps en temps, je rasais, mais j’ai vite arrêté. J’en avais marre et commençais à me demander ce qui m’obligeait à torturer ma peau comme je le faisais. Après la séance, elle ressemblait toujours à un assemblage d’écailles rouges, c’était tout sauf beau à voir. Alors je me suis dit que si, je pouvais laisser mes poils tranquilles, et oui, même en été, parce que je ne pouvais pas continuer à me faire du mal à cause du regard des autres. A 13 ans, j’étais poilue des jambes et je m’en foutais. Et j’ai fini par laisser mes aisselles tranquilles, même en débardeur. Ma mère me disait que ce n’était « pas très chic », pas propre, mais j’ai fini par la laisser dire parce que c’était MON corps, merde.^^ Après tout, je ne laissais plus aux autres le droit de me dire de maigrir ou comment m’habiller, alors pourquoi faire différemment avec ma pilosité ?

    En revanche, il m’a fallu un peu pus de temps pour comprendre que si les autres filles s’infligeaient tous ces traitements pour se conformer à leurs idéaux de beauté, ce n’était pas par superficialité mais à cause de la pression sociale… :/ Bah, j’avais 13 ans… Et on a souvent essayé de me remettre dans le droit chemin de la douleur menant à la beauté.^^ « Sois plus féminine », toussa. Et aujourd’hui, c’est encore la cas.

    Battons-nous pour que le droit de vie des poils soit enfin reconnu !
    Au passage, l’article d’Antisexisme est vraiment super. :)

  28. Cette dictature de la parfaite épilation touche peut-être un peu plus les « jeunes ». Je dis ça, car adolescente dans les années 80, mes poils des jambes et des aisselles étaient bien visibles, comme ceux de la majorité de mes camarades. Encore aujourd’hui, beaucoup de femmes de ma génération gardent leurs poils, sans aucune gêne. Un jour, mon copain m’a demandé : « pourquoi la majorité des femmes sont-elles poilues des bras et pas des jambes » ? Aaahh ! Question intéressante, me suis-je dit !

  29. Je pense sincèrement que d’une façon tacite et extrêmement séduisante il y a tout un univers « féminazi against the world » caché derrière cette symbolique du poil axillaire. Quand je vois des caricatures de féministes poilues et stupides (ou hystériques, au choix) faussement humoristique sur le blog de ce talentueux (en dessin) abrutit (en analyses et « humour ») qui avait tenté de pondre son « projet vipère » pour contré l’infamie qu’était à ses yeux et ceux de ses chantres le projet crocodile. (les personnes qui connaissent reconnaitront, hélas). Une véritable « femme de paille » finalement, une caricature facile à détester et qui est un peu déshumanisé et transformé en monstre anti-société tout comme ça existe envers les antispécistes, les homosexuels, les étrangers et leurs sympathisants…
    Dans une société où la communication, entre autre avec internet, se résume souvent qu’à des mots-clefs ultra réducteurs, de plus en plus anglais (de l’anglais d’aéroport comme disent de plus en plus d’historiens ou de linguistes), il y a nécessité de tout un bagage signifié pour arriver à quand même comprendre de quoi il s’agit quand le surf sur le net (et de plus en plus tous les médias) se fait à grands titres aux mots-clefs finement (et politiquement) choisis.
    Et comme il est également facile de passer son temps libre à surfer sans réel but, et finalement se satisfaire de gros titres racoleurs souvent un brin haineux, car la haine, en plus de diviser le peuple pour des détails inutiles pour éviter de le voir se rassembler sur des sujets vraiment importants, la haine, ça occupe…
    Et comme dit plus haut, quoi de plus facile pour attiser la haine que d’appuyer sur d’obscures « droits/privilèges lésés » (les études sur les « aggrieved entitlement » sont plus en avance en anglais, même si on commence à bien étoffer le sujet en français fort heureusement depuis quelques temps)

  30. Non mais WTF. C’est quoi le rapport entre le féminisme et les poiles? Non mais ça se peut pas d’être aussi con. Il a du faire exprès pour te provoqué et te poussé à perdre ton temps sur un article. EN PLUS C’EST UN HOMME. FRANCHEMENT J’AI HONTE D’ÊTRE UN HOMME.

    • Tant qu’il existera des situations dans lesquelles des personnes se sentiront tout à fait légitimes pour critiquer l’existence ou l’absence de poils sous les bras (ou n’importe où ailleurs) sur une femme, j’ai bien peur que cela ai tout à voir avec le féminisme…
      Oui ce sujet précis des poils sous les bras est tout à fait stupide et inutile, mais comme il soulève systématiquement des insultes, des remarques, des avis sur les gouts et les couleurs, en particulier la bien séance, et qu’aujourd’hui encore (plus qu’avant peut-être même) en 2016 on entends encore parler d’odeurs, d’hygiène et de mochitude (avec une apparente échelle de valeur absolue et sociale) vis à vis de quelques poils sur les femmes, et qu’il est pas question de ça pour ces mêmes poils chez les hommes (même si ça tend à changer, mais le nivèlement parle bas ça ne m’intéresse pas) , c’est, comme dit Lauren, qu’il y a des enjeux invoqués à tout va qui rendent ce détail important.

  31. J’ai ressenti tellement d’émotion en fin d’article. J’ai décidé d’arrêter de m’épiler il y a quelques mois. L’hiver facilite la chose et j’espère avoir le courage de ne pas trop dégainer le rasoir cet été. Pour les pubis, c’est sûr et certain, qu’importe ce qu’en dira mon copain. Pour les aisselles, je pense que je devrais y arriver. Pour les jambes… je pense mûrir un peu avant de confronter mes jambes poilues aux regards extérieurs.
    Je me rappelle ado, je ne faisais pas trop attention à ce genre de chose et ma grand-mère m’a dit alors que je portais un débardeur quelque chose du genre « les femmes doivent faire attention à ça ». J’ai ressenti de la honte. Et je me suis laissée aller à ce diktat. J’espère que mes enfants auront le choix…

  32. Bonjour à toi, avant tout et pour tout je/ te / vous place dans le contexte, j’ai 23 ans je suis un mec ( ex  » gentil de service qui au final attendais un susucre) parenthèse bis: ( je ne te remercierai jamais assez pour avoir su placer les justes mot dans un de tes vieux article  » poire et melon « , ce dernier à simplement confirmer ce que je pensai de moi et m’a grandement aidé malgré le fait que j’ai perdu ma fiancé récemment à cause de cette raison… Après tout construire une relation sur la base d’une histoire qui commence comme poire est difficilement rattrapable… C’est finalement passé par là case cerise trompe melon…. Non je n’ai pas inversé les fruits par inadvertance… BREF)

    …J’ai pas mal de points à éclairer…

    Le premier est une question qui t’es adressé directement… Dans ton combat…dans tes pensées et ton mode de fonctionnement… Tu es extrêmement intelligente je trouve oui c’est subjectif et raccourci de dire cela mais je n’ai pas envie de te brûler la rétine à force de faire des fautes…

    N’a tu pas peur de te retrouver seul… Je remarque la façon dont tu répond à certains commentaires… Parfois très cassante et franche ( j’aime) ainsi que de ta façon de parler du sexe opposé et du tient ( des femmes…).

    Je me sent affreusement seul depuis que je me passionne par le comportement et le mode de réflexion du genre humain… Livres émissions conférences et j’en passe. Et plus j’en apprend plus je me rend compte à quel point il y à…d’abrutis où de gens qui se mentent à eux même… Et donc forcément au autres.

    Pour illustrer ma question je me servirai d’une phrase que pas mal de monde connaît et qui nous viens d’un bonhomme moustachu tirant la langue… Celui qui augmente son savoir augmente sa souffrance.

    Deuxième question… Est-ce ce que tu pue au final ou pas ?
    ( c’est nul comme blague hein?)
    Vrai question: Et pas des moindre, tu émet beaucoup de critiques de là société actuel, alors voilà, est-ce le féminisme qui engendre cela où alors le féminisme fait il  » partie  » de ta critique de la société ? Pour vulgariser est-ce un accessoire supplémentaire où est-ce le maître qui le manie, toujours en parlant du féminisme.

    Voilà j’ai d’autres questions mais n’ai pas l’envie d’en poser trop pour avoir une chance d’avoir ta réponse :).

    Je finirai en te félicitant pour ton énorme travail et ta force de caractère…Ainsi que… Eu… Féliciter une personne pour ce qu’elle est ça existe où ?…  » rire « .

    Merci pour ton travail et ton combat :) la société à besoin de gens comme toi.

    ( Et aussi de gens qui savent écrire sans faire de fautes.. Je sais).

    • Ben je sais pas trop comment répondre à ta première question, désolée… Sinon à propos du féminisme, je pense que remettre en question les rapports de genre c’est qu’un aspect de tout ce que je peux avoir envie de remettre en question en général, ça n’englobe pas tout (j’écris aussi sur le véganisme ou la domination adulte, par exemple). Je dirais pas que c’est un accessoire, plutôt une partie d’un tout.

  33. Bonjour,
    Voilà quelques mois que je vais régulièrement sur ton blog. Jusqu’ici, jamais osé écrire de commentaires, pour la toute simple raison que je n’aime pas trop être redondante, et que la plupart des choses que je pourrais dire ont bien souvent été déjà dites en mieux, ou pas, j’en sais rien.
    Mais là, le coup des poils, ça me parle, et j’avais envie d’apporter mon témoignage.
    J’ai récemment cessé toute forme d’épilation ou de rasage. Récemment, ça veut dire il y a six mois. Ca a commencé comme la simple flemme de fabriquer de la cire ou d’aller en institut et puis, au bout de deux/trois mois, à force de me bouffer des commentaires désobligeants d’amis ou de collègues, d’entendre des « ah mais je comprends pas comment fait ton mec »/ »ma copine ferait ça, ça serait juste pas possible »/ »Je ferais ça, mon mec tolèrerait pas » …. Sans parler du traditionnel : « et ça pue pas ? »
    Je me suis dit qu’on tenait quand même là un sacré problème. Pourquoi une décision au sujet de MON corps devrait être soumise à l’aval de mon compagnon ? Pourquoi aurait il son mot à dire ? Est ce que MOI je donne mon avis sur ses cheveux ou ses poils des aisselles ?
    Et là on me dit : « Non mais dans un couple, on fait des compromis »
    Des compromis sur mon corps ? Sans déconner … Je veux bien faire un compromis genre … ben il mange ses oeufs mais il me gonfle pas avec mon soja, oui, là d’accord. Mais pas sur le corps. Je suis peut être idéaliste, mais à mon sens, quand on choisi de partager sa vie avec quelqu’un, quand on fait ce choix là, ben on remet pas en question son physique. Enfin, à moi, ça me parait moralement douteux, de vouloir imposer un dictat sur le corps …
    Et le pire, c’est que bien souvent, ce son des femmes qui me disent ça … comme si c’était normal de changer son corps pour l’autre. Alors quand je leur demande si elles estiment devoir imposer un changement sur le corps de leur mec (genre c’est donnant/donnant), elles me font une fausse réponse du genre « non mais c’est normal, on s’entretient, lui il se lave, il fait attention »
    Donc lui il se lave pas pour lui, il se lave pour sa femme ? Enfin, ça me parait bizarre, pis c’est pas hyper glorieux pour l’image de l’homme non plus …
    Du coup, l’idée de la non épilation, c’est un peu devenu du militantisme, chez moi. Je ne veux même plus en entendre parler. J’ai été faite avec des poils, je les garde, quitte à subir les coups d’oeil haineux ou horrifiés des autres. C’est un peu lourd, parfois, de se faire traiter de yéti, on se sent un peu seule, mais bon …
    Le gros point positif, c’est que mon « mec », justement, il me préfère … avec des poils.

    • C’est marrant les contorsions dont l’esprit humain peut faire preuve pour nier l’existence du patriarcat. « dans un couple on fait des compromis » ben voyons. Se faire arracher les poils j’appelle pas ça un compromis, plutôt un sacrifice.

  34. Où la société asservit ses participants aux jeux inutiles de la morale et, créé ainsi les causes de sa propre destruction, il ne reste que guère de place à l’humanité. La personne est tout à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des construction sociales. Chacun construit, avec plus ou moins de liberté, sa propre consistance et sa propre apparence sociale. L’appartenance volontaire à un groupe social déterminé amène souvent à l’acquisition d’une morale collective arbitraire, laquelle est toujours accompagnée de rigidités qui lui sont attachées. Le travail de réflexion est utile pour démêler ce qui est choix personnel de la morale imposée. Comme la dit quelqu’un la morale c’est toujours la morale des autres, et on est seul avec sa conscience face au sens de la vie. Une question, quel est le sens de la vie? Une proposition de réponse, peut être aucun en dehors de celui que l’on veut bien lui accorder. Mais à chacun ses choix.

  35. Merci pour cet article. J’ai choisi de ne plus m’épiler depuis septembre. Et au début, je n’ai fait ça que pour essayer. Aujourd’hui, j’ai du mal à imaginer que ca puisse réellement être un choix personnel de s’épiler. Je comprends qu’on puisse continuer de le faire pour ne pas être emmerder… Dans mon idéal, j’aimerais qu’on puisse faire ce qu’on veut, comme on veut, quand on veut. Mais j’ai du mal à imaginer qu’on puisse un jour être tranquille avec l’épilation.

    J’ai tout de même une réflexion, est ce que nous ne devrions pas toutes arrêter de nous épiler afin d’avoir justement toutes le choix de le faire ou non? Tant que le fait de ne pas s’épiler reste marginale, j’ai l’impression que l’image des femmes non épilées n’évoluera jamais…

    • Ben ouais mais si on décidait comme ça de toutes ne pas s’épiler par solidarité, ce serait aussi faire peser une pression sur celles qui sont plus à l’aise épilées… Je pense que c’est bien que de plus en plus de femmes ne s’épilent pas, mais bon, y aura toujours des femmes qui s’épileront.

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