Aujourd’hui le monde me débecte

Ou plutôt, hier le monde me débectait, mais j’étais trop obligée à jouer à World of Warcraft pour écrire des notes de blog. Pourtant, si j’ai cru échapper à la ferveur électorale des Français en voletant tel un papillon sur les terres de Norfendre et d’Azeroth et en baffant des gros monstres vilains pas beau, c’était oublier que dans les meuporgs, on joue avec des gens, et en l’occurence, des français. Lesquels m’ont rebattus les oreilles avec leurs opinions politiques, généralement à base de « Nicolas Sarkozy est laid » et « François Hollande est mou ».

Au fond, je m’en flan complètemou. Bon, j’avoue, j’ai été un peu soulagée de savoir qu’on en avait fini avec le président Nicolas Sarkozy, mais c’est en partie parce que j’en avais marre d’entendre parler de lui sans arrêt. Ne comptez pas sur moi pour épiloguer sur la petite taille ou le physique peu avantageux du président sortant. Ca peut m’arriver, entre potes, de faire ce genre de blagues, on rigole bien. Mais je constate que pour la plupart des gens, la politique s’arrête là. « Il a bien parlé l’autre jour au débat, il a gagné, l’autre y savait pu quoi dire. Et puis de toutes façons, son adversaire est pas charismatique. Il a un gros nez. » Etc etc…

Combien de gens lisent les programmes? Pourtant, ça n’a pas empêché la France entière de se passionner pour les élections. Combien savent vraiment de quoi il retourne? Combien pourraient expliquer brièvement leur vote, aussi bien dans un camp que dans l’autre, sans se référer au physique des candidats ou à leur façon de s’exprimer avec plus ou moins d’emphase, en donnant de VRAIS arguments politiques, « je vote pour lui parce que l’autre est un con » n’en étant bien sur pas un?

Hier tout le monde y est allé de sa petite opinion, de sa petite phrase cinglante sur facebook, voire dans de grande emphases surréalistes pour des gens qui passent leur vie à regarder la télé ou internet sans s’occuper de ce qui se passe autour d’eux.

Les uns vont fêter la victoire de François Hollande, ho oui youpi, la gauche est élue. Quelle gauche? Celle de la croissance? Celle de la maltraitance animale sous couvert de traditions? (pour info, voici le score de notre nouveau président sur le site politique et animaux, à peine mieux que celui de l’ancien). Celle du féminisme mou, allié essentiel du patriarcat dur? (pour info encore, Mademoiselle S. a comparé pour vous les programmes du PS et de l’UMP en ce qui concerne les droits des femmes).

Les autres couinent très fort, crient que les riches vont partir en suisse et que notre pays court à sa ruine. Mickaël Vendetta prédit les pires désastres, cataclysmes, avalanches, guerres, famines, puis se barre à Los Angeles.  Certains de mes proches ne sont pas très loin de son opinion, puisqu’ils sont persuadés que seul NS pourrait les protéger contre les vilains terroristes islamistes (on a pourtant vu le résultat).

Mais il faudrait penser à arrêter de délirer. Hier, ce que la majorité des Français ont fait, c’est aller décider s’ils préféraient se faire sodomiser avec du sable ou du gravier. J’ai choisi le sable. Je ne suis pas très contente de mon choix. J’aurais pas voulu voter. J’aurais voulu choisir un monde meilleur. J’aurais voulu choisir la liberté, l’abolition des hiérarchies, des massacres, des prisons, des écoles, j’aurais voulu choisir vraiment. J’aurai voulu aussi que les autres choisissent, même ceux que je considère comme des abrutis, j’aurais voulu qu’ils ne soient pas manipulés, qu’ils ne soient pas utilisés, que personne ne profite de leur naïveté pour accéder au pouvoir.

Voter, ce n’est pas la démocratie. Passons sur le fait que 51% et des poussières, ce n’est pas la moitié des français qui ont voté pour le président actuel, comme la dernière fois (car ce chiffre ne prend pas en compte les abstentions ni les votes blancs). Il y a des gens qui se battent tous les jours pour un monde meilleur. Il y a des anarchistes, des véganes, des féministes, des anti-âgistes, des antispécistes, des freegan, des décroissants en tous genres. Ils font des manifs, des pétitions, ils écrivent, ils lisent, ils réfléchissent, ils parlent, ils font ce qu’ils peuvent. Il n’y a pas grand monde pour les écouter. Mais ils parlent. Et surtout, ils se remuent tous les jours, changer le monde ça se fait tous les jours, et pas une fois tous les cinq ans.

Il y a ceux qui se bougent le fion pour faire changer les choses. Et il y a les autres. Ceux qui passent leur vie entre métro boulot et dodo, qui s’affalent devant leur télévision, qui ne remettent même pas en question leur propre style de vie générateur de souffrances, pour les animaux, pour les gens d’autres pays d’où viennent leurs trucs pas chers, pour les plus faibles en général. Qui s’en foutent parce qu’ils n’ont pas le temps d’y penser. Bref, ceux qui n’essaient pas de changer les choses.

Et d’après vous, lesquels a-t-on le plus entendu hier? Lesquels ont crié le plus fort?

Voter, c’est comme s’occuper que de ses petites fesses tout au long de l’année, puis lâcher 2 euros aux restaus du coeur à Noël pour s’acheter une conscience. C’est pas mal en soi de donner 2 euros, c’est juste que ça ne change rien à la misère des plus démunis, ça les empêche pas de crever sous les ponts. Voter, c’est s’acheter un semblant de pouvoir politique. Cela ne change rien au résultat car la majorité de la population votera pour celui qui l’aura le mieux manipulée.

La politique devrait être réservée à tous ceux qui veulent vraiment changer les choses. Elle devrait être ouverte à chacun, mais pour autant tout le monde ne devrait pas y participer. La politique, ça devrait être des débats, des confrontations d’idées, des remises en question, etc. La politique, ce n’est pas mettre un petit papier dans une boîte.

Le suffrage universel est anti-démocratique car mettre ce petit papier dans cette petite urne légitime le pouvoir de quelques élus sur la presque-totalité de la population. Le fait que je puisse voter, cela légitime mon impossibilité d’aller participer à des débats, de m’exprimer, de participer vraiment à prendre des vraies décisions.

On m’a tannée pour que j’aille voter, et j’ai fini par le faire, mais vous ne croyez quand même pas que parce que vous votez, vous avez le pouvoir? Votre voix n’a pas plus de valeur que celle de la personne qui m’a déclaré qu’elle avait voté Marine Lepen « au hasard » car de toutes façon, disait-elle, « je ne m’intéresse pas à la politique ». Autrefois, le chef d’état était désigné par Dieu. Maintenant, c’est au meilleur communiquant que revient la couronne, avec une petite part d’aléatoire et de « puisque la gauche est pourrie, votons pour la droite » (ou inversement en l’occurrence).  Ce n’est pas vraiment mieux.

On va sans doute me dire que c’est le moins pire des systèmes. Je ne suis pas d’accord. On peut trouver mieux. Mais c’est juste plus confortable d’aller mettre un papier dans une boîte. Hé oui, changer le monde, c’est fatiguant, ça demande qu’on s’y intéresse vraiment. Et un peu plus d’une fois tous les 5 ans.

Réveillez-vous.

A lire absolument: L’élection, ce n’est pas la démocratie

42 réflexions au sujet de « Aujourd’hui le monde me débecte »

  1. T’es fatiguée toi aussi hein… Désabusée peut être.
    Approfondir les programmes des candidats ? Le sentiment général est: pas le temps, pas l’envie, lassitude.
    Apprendre, lire, comprendre, tous ces verbes sont hors de portée pour la majorité des électeurs, qui pourtant décidaient leur avenir. Le leur, celui de la planète et des lignées vivantes.
    Moi j’avais opté pour un seul slogan, depuis un an: « les taureaux voteront », en imaginant que le vote pro-nature rejoindrait celui, nécessaire, à une meilleure humanité.
    Ben, vu la « délitescence » des verts et des défenseurs des animaux (salauds de traîtres !) , c’est encore les veaux qui se sont exprimés au premier tour. Au second tour la pente était trop savonnée pour décider quoi que ce soit … Le vote contre (Sarkozy) a manifestement gagné sur le vote pour (Hollande). Et ça c’est très dommage…
    Cinq ans encore à subir… Déception. Goût de cendres. Malgré quelques timides avancées, l’animal ne sera toujours pas considéré, ni l’humain quoi qu’on en dise au PS. La Nature est flouée. La nôtre.

  2. Au jt de France 2 y a 2 jours, reportage dans un foyer de vie sur les handicapés mentaux qui ont désormais le droit de voter …
    La journaliste demande à l’éducatrice spécialisée s’ils ont la capacité intellectuelle de comprendre les programmes afin de faire un choix parmi les candidats … et l’éduc de répondre :  » oh vous savez, je pense qu’ils sont assez représentatifs de la population … « 

  3. J’ai fait des contresens dans le com précédent, je reprend:

    D’un autre coté, on pourra pas prôner l’égalité, l’abolition des discriminations, des hiérarchies, etc, quand une proportion si énorme des gens ont « peur de la décroissance », « peur des étrangers » « peur que le pays s’appauvrisse » etc… La vérité c’est que ce système est le mieux qu’on puisse faire parce que la majorité des français sont en faveur du système. Sont-ils formatés ? Ou alors c’est nous les anti-systèmes qui avons tort ? Ou les deux ? Peu importe, pour le moment, on fait au mieux, on communique nos valeurs pour un monde meilleur, et entre le gravier et le sable on essaie d’opter pour le sable, en attendant que 90% de la population réalise que c’est pas parce qu’on se fait mettre tout les jours qu’on crèverait si jamais on ne nous mettais plus dans le cul.

    De plus, repense à comment fonctionnent la plupart des humains. Entre la majorité qui tue encore des animaux parce qu’ils ont bon goût, ceux qui se surendettent pour « acheter des trucs inutiles pour impressionner des gens qu’ils n’aiment pas avec de l’argent qu’ils n’ont pas », ceux qui sont juste racistes et xénophobe, ceux qui ne réfléchissent simplement jamais… Avant de changer de système politique il faudrait réussir a obtenir un meilleur pourcentage de la population qui fonctionne selon des valeurs humanistes.

    Parce qu’on a ni la possibilité, ni le droit, de faire une révolution à 10% de la population.

    • Avoir peur n’est pas une opinion. Les gens n’ont peur que de ce qu’on leur montre à la télévision. Je pense que ce que veulent les gens au fond c’est vivre en paix, c’est vrai qu’on leur fait miroiter plein de merdes qu’on leur dit d’acheter, on leur fait croire que le bonheur c’est ça, on leur explique bien que c’est la faute aux ar… aux immigrés s’ils sont pauvres, on leur fout les jetons en leur parlant des dangereux islamistes. On les enferme à l’école, au bureau ou en prison pour les empêcher de penser. Je pense que si on pouvait stopper la manipulation de masse, on se retrouverait subitement entourés d’humanistes.

      De plus, s’il fallait se bouger le cul pour faire de la politique, si ça demandait de s’investir, débattre, argumenter, être créatif, voir ses idées discutées (un peu comme militer en fait)… et non pas juste mettre un papier dans une boite, alors seul ceux qui seraient intéressés par la politique le feraient.

    • J’avais déjà lu quelque part, que les grands changements sociaux ont été impulsé et réalisé grâce à une minorité de personnes… Parce que en soit cela est utopique de vouloir compter sur une majorité de gens pour évoluer en ce sens. Bon ok, on a le mouvement des indignés et des Occupy… Qui n’influencent malheureusement pas le jeu électoral (la preuve…).
      [A cause de mon boulot, je n’ai pu y être qu’une seule fois dans l’un de ces mouvements (Occupy Toronto)…]

      • De toute façon, les changements viennent de nouvelles idées, et les idées viennent de personnes. Donc forcément, il faut bien qu’il y ait une personne à l’avoir en premier, l’idée (voire plusieurs, à l’avoir quasi simultanément, dans un délais pas trop long). Et il faut bien que l’idée soit transmise. Donc oui, forcément que le changement vient d’une minorité. Mais le but, c’est de réussir à transmettre l’idée au maximum. Et bien sûr, cela, en luttant contre les idées déjà en place, qui s’auto-entretiennent par fatigue mentale de chaque individu, et parce que chaque individu convainc son voisin (la plupart du temps), que tout est pour le mieux ou que rien ne peut changer.

  4. Excellent billet l’elfe, comme toujours.

    J’ai découvert Étienne Chouard et sa vision d’une vraie démocratie pendant cette campagne inintéressante, et j’y ai de suite adhéré. Le nouveau président n’est de toutes façons qu’un figurant placé là où nos maîtres à tous veulent bien qu’il soit, ces élites financières qui n’ont qu’un seul but, instaurer enfin, après 200 ans d’effort, le Nouvel Ordre Mondial. Je suis fatigué d’essayer de faire changer les choses dans une société sourde et aveugle, je suis fatigué que l’on me rit au nez en exposant des vérités étayées par des sources, je suis fatigué que l’on m’ignore pour la simple raison que je ne suis pas docteur en science politique ni nutritionniste, ce qui signifie que je n’ai aucune légitimité à élever les consciences par le logos.

    J’abdique. Et préfère me préparer matériellement à ce qui risque de nous arriver. Maintenant, c’est chacun pour sa gueule.

  5. Je suis d’accord avec toi sur toute la ligne ( si, si, j’ai une personnalité, mais elle est bien cachée ^^ ) !!! Et je suis bien contente de voir que je ne suis pas seule ; je commençais à croire que mon analyse n’avait vraiment aucun sens car systématiquement, lors des « débats » sur les élections, alors que je m’opposais à l’humeur ambiante « c’est tous des pourris, rien ne changera » en encourageant les gens à effectuer eux-mêmes les changements qu’ils souhaitaient dans leurs vies quotidiennes, je me heurtais à un mur de silence. Même pas un « t’es utopiste » ou encore un « mais tu comprends rien, on n’a pas le pouvoir », non, tout simplement le silence, comme si je n’existais pas, comme si je n’avais rien dit. C’est assez violent, d’ailleurs ^^

  6. Vous croyez que le peuple élit quelqu’un ? Raté ! le mode de scrutin fait plus que le « choix » des français !
    Mais à mon avis, nombreux sont les gens désabusés par la politique. Nous sommes une majorité d’abstentionnistes, ai-je lu un jour dans la rue : entre ceux qui ne peuvent pas, et ceux qui ne veulent pas voter ; entre ceux qui votent pour le moins pire, pour celui qui a le plus de chances de gagner…
    Je crois que la France ne se « passionne » pour aucune élection. 10% de militants qui ne savent pas plus de quoi ils parlent que moi, quelques journalistes à la télé, le tour est joué : à coup de traditions, on élit.

    Monde de merde.

    Sinon, WoW, ça vaut le coup d’investir dans une carte graphique (déjà que je suis sou Linux, si en plus je garde mon matos de merde…) ?

    • Je trouve ça très cool comme jeu mais c’est surtout parce que je suis dans une guilde sympa dont je connais quelques personnes irl et qu’on peut jouer entre potes. Sans ça, bof.

    • Et toi on te demande pour qui tu as voté? L’Elfe t’a dit que le suffrage universel c’était anti-démocratique ça te suffit pas? Comme elle l’a si bien dit, va te faire sodomiser avec du sable, après on en reparlera

  7. C’est pas très important que untel ou unetelle vote. L’important c’est pas ce qu’on fait le jour des élections, c’est ce qu’on fait tous les jours. Y a une différence entre quelqu’un qui combat la misère tous les jours et qui un jour donne 1 euro à un SDF, et quelqu’un qui s’occupe jamais que de lui-même et qui fait le même geste. Dans le deuxième cas, la personne s’achète une conscience, elle va avoir l’illusion d’avoir fait quelque chose d’important, alors qu’elle ne fait que gérer sa propre culpabilité, comme ceux qui votent ont l’illusion d’avoir du pouvoir et ne font que gérer leur propre impuissance à changer les choses. Mais ça ne veut pas dire que voter est mal, ni que dépanner 1 euro à quelqu’un est mal. Ce que je dis c’est que tout ne devrait pas reposer là-dessus, que ce sont des gestes sans importance au fond. En même temps ce sont des gestes qui ne coûtent rien – c’est bien pour ça justement, que trop souvent tout repose là-dessus…

  8. Au fond, je crois qu’il y a un quiproquo. Les élections présidentielles ne sont pas faites pour changer la société ou avoir la meilleure société possible. Ne serait-ce que parce qu’on vote pour une personne, avec son « bloc » programme, dont il est impossible que tout nous plaise (en imaginant qu’on soit capable de comprendre ce que chaque proposition peut entraîner). C’est même un grand coup de bol, si on arrive à avoir une programme dont plus de la moitié nous plait. Et de toute façon, on ne pourra jamais avoir plus de la moitié du pays à élire dès le premier tour LE programme qu’elle souhaite. Et quand bien même on l’aurait, ça ferait près de la moitié qui n’en voudrait pas.
    Non, c’est pas fait pour ça.
    C’est juste fait pour éviter la dictature, éviter le pire. Et cette fois-ci, on l’a évité. Il y a cinq ans, non. (On aurait pu élire Le Pen, ça aurait été quasiment pareil, de mon point de vue.) On a eu une belle merde qui a bien semé l’injustice et bien pourri la mentalité générale. Et on a pu se rendre compte de la puanteur de la majorité des français (Voter pour quelqu’un qui est fier de déclarer ouvertement qu’il va chercher ses voix du côté du FN… Franchement ?… Y a pas un problème ?).

    Donc les élections, ça n’est pas enthousiasmant, mais voter, c’est toujours nécessaire.
    Bref, je ne suis pas fou de joie que Hollande ait été élu, je suis juste indifférent. Ca ne va pas transformer la société. Mais si ça avait été à nouveau Sarko, j’aurais hurlé, pleuré, déprimé… peut-être déménagé.

    Et oui, si on veut changer les choses, ça se fait tous les jours, en militant, ou ça se fait en entrant dans la politique, ou autre, et sans jamais être sûr d’y arriver. Donc c’est fatiguant. Il faut du courage. On peut toujours se rassurer en se disant que les autres élections sont plus représentatives. Et qu’internet est un excellent contre-pouvoir.

    • Voter n’évite pas la dictature, ça légitime la dictature. Sur cette vidéo http://www.bu2z.com/reportage-sarkozy-censure , un reportage censuré en France, on peut voir lors d’un meeting une journaliste qui fait remarquer à sarkozy qu’il gouverne un peu tout seul (en donnant plusieurs exemples concrets) et lui demande s’il n’a pas l’impression d’avoir instauré une sorte de monarchie. En réponse, NS se marre, et il répond (selon moi) tout à fait à côté de la question en faisant remarquer que sous la monarchie, le pouvoir est hérité, ajoute qu’il n’est pas « le fils caché de Chirac ».
      Autrement dit: je gouverne, je fais ce que je veux, car vous m’avez élu. Il n’a visiblement pas compris le concept de démocratie, mais comment lui en vouloir, sachant que ce n’est pas un intellectuel ni quelqu’un de très cultivé, et que le suffrage universel ne donne en aucun cas le pouvoir au peuple.

      Le pouvoir au peuple, ça voudrait dire que chaque personne peut changer les choses et participer à des décisions concrètes. Ca ne veut pas dire que c’est la masse qui décide de ce qui se passe, car dans la masse aucune personne n’a aucun pouvoir. Le suffrage universel n’est pas la démocratie.
      Avec le suffrage universel on peut avoir aussi bien un Sarkozy qu’un Hollande ou un-e Lepen. C’est pas toi qui décide, c’est pas moi, c’est personne. C’est la façon dont ils communiqueront. Franchement y a aucune différence entre élire le meilleur communiquant et celui qui est choisi par Dieu ou le pape.

      • Non, mais d’accord, Sarkozy était un petit despote, qui terrorisait les médias français (ou faisait tout son possible pour), rien à redire là-dessus. Le peuple s’est complètement gouré et en a fait les frais. Mais c’est le fait de pouvoir changer de président tous les cinq ans qui évite la dictature. Un dictateur, un vrai, un violent, c’est tout de même un cran au-dessus de ce qu’on a eu. C’est quelqu’un qui arrive au pouvoir et qui y reste à vie (où jusqu’à ce qu’on l’éjecte par la force), et qui instaure divers moyens de bâillonner ses opposants (même si on a eu un peu ça aussi, au début… Ils ont quand même réussi, dans l’ensemble, à bien le déstabiliser. Au moins, on n’en est pas arrivé à ce que tous les journalistes se retrouvent en taule ou disparaissent mystérieusement.). S’il avait renouvelé son mandat, effectivement, ça aurait pu aller de pire en pire.

        Ce que je veux dire, c’est que ça n’est pas la personne élue qui est importante, dans ce système, puisqu’on peut tomber sur un fou, c’est juste le principe du fusible. Si ça ne convient pas, on change cinq ans plus tard. On arrête les frais.

        Ca n’est évidemment pas parfait, et par exemple le système du tirage au sort (http://www.youtube.com/watch?v=M2ADw7hZiT0&feature=related) dont parlait Jimmy plus haut (et plus bas aussi, d’ailleurs) est tout à fait intéressant (Même si c’est terrifiant… Personnellement, si ça tombait sur moi, je ne sais pas ce que je ferais pour éviter qu’on me retrouve…), mais je ne pense pas qu’il existe un système magique. Dans une société, il y aura toujours des gens qui veulent certaines choses, et d’autres qui veulent le contraire, et qu’il faut donc départager. Et il y aura toujours des gens qui veulent changer le monde, et d’autres qui veulent surtout qu’on leur foute la paix (et qui ne veulent surtout surtout pas qu’on leur demande leur avis sur des choses qui les dépassent), et éventuellement des gens qui ont des avis sur certaines choses et pas sur d’autres, ou qui ont parfois envie d’agir ou de choisir, et parfois non. Sachant que de toute façon, personne, pas même les dirigeants, ne sait jamais vraiment ce qu’il fait… Bref, ceux qui ont le pouvoir d’agir, ça restera toujours ceux qui s’investissent en temps et en énergie pour prendre la parole. (Même si certains, dont on se passerait, démarrent dans la vie avec une grosse longueur d’avance.)

        Enfin je ne sais pas. Dans l’absolu, je ne crois pas à la politique, en fait.

        (Tiens, et en repensant aux diverses affaires judiciaires en cours, qu’il s’est bien chargé de faire étouffer… Je me demande si elles vont enfin mener à quelque chose d’intéressant dans une semaine, après la fin concrète de son mandat… Je me lèche les babines…)

        • Encore une fois ce n’est pas moi qui ai écrit ce commentaire précédent. C’est un abruti, peut-être de ma famille, qui a du se sentir très fort et intelligent.

      • Oui, mais bon…

        Hypothèse antidatée : OK. Tous les déçus du système ne votent pas. Sarkozy passe et on reprend cinq ans de plus. Il continue sa politique xénophobe et la durcit un peu plus. Des tas de milliers de gens en font les frais. Et non, on est contents de ne pas avoir légitimé l’élection, et on continue à hurler autant que possible qu’on aimerait changer le système, sachant que la tête du système est pourrie et fait tout pour qu’on n’entende que sa voix. On gagne quoi ?

        Autre hypothèse antidatée : Tous les déçus du système votent quand même pour le moins pire. Sarkozy ne passe pas. Et on continue à propager autant que possible notre idée qu’on voudrait changer le système, et au bout de x années, on obtient ce qu’on veut (Combien ? 5 ? 10 ? Beaucoup plus ? On ne sait pas. On fait juste son maximum.). Et pendant ce temps-là, on a évité de sacrifier x milliers d’innocents. Le résultat est meilleur, non ?

        Voter n’empêche pas de parler, en plus. Mais ne pas voter, c’est refuser une occasion de parler.

        • Quelqu’un de très intelligent a pris mon pseudo pour écrire mon commentaire ci-dessus en se faisant passer pour moi, alors que j’étais pas chez moi. Je n’aurais jamais écrit ça et hier a 16h29 j’étais dehors. Je ne vois pas pourquoi il faudrait du « cran » pour ne pas voter, ça n’a pas vraiment d’importance de voter ou non.

          • Oui, Jimmy, mais ça ne change pas ce que j’ai dit.

            On peut voter pour éviter le pire, puis, malgré tout, signer des pétitions et militer pour changer le système et faire en sorte, entre autres idées alternatives, que le vote blanc soit reconnu (et que, par exemple, il annule une élection s’il est trop élevé).

            Ou on peut ne pas voter, ou voter blanc, et ne rien changer au système puisque l’abstention et le vote blanc n’ont aucune espèce d’impact en l’état actuel des choses, et se retrouver avec, au pouvoir, des gens tout pourris, c’est à dire bien plus que ce dont on a d’habitude (et je suis désolé de le dire, mais oui, même avec un choix peu réjouissant, moi et beaucoup d’autres, on la sent quand même bien passer, la différence), et s’en trouver bien content parce qu’on n’a pas participé à rien.

  9. Bien vu, et très bien expliqué !
    Merci de le dire, tu es tellement dans le vrai que tu pourrais même surement participer à l’ « éveil » de quelques-uns de ces « abrutis » dont tu parles. Souhaitons que nombre d’entre eux te lisent.

    C’est un plaisir de te lire, merci !

  10. Je ne suis pas du tout d’accord avec toi. Je pense que voter est un acte de pouvoir, et que c’est bien pour ça qu’on nous noie sous des injonctions pour ne pas voter justement. Ne pas voter = voter utile, voter pour le plus beau, le moins gros, le plus consensuel, s’abstenir, etc. Bien sûr, ça n’empêche pas que la participation à la politique ne doit pas s’arrêter là.

    Si « on » voulait vraiment que les gens votent, on parlerait des programmes justement et pas des sujets-diversions tels que la viande hallal, les premières dames, les petites phrases… Et les commentaires ne seraient pas majoritairement du même côté, en donnant toujours aux mêmes leurs diplômes de réalisme et de sérieux.

    Le film « DSK, Hollande, etc. » de Pierre Carles montre justement qui choisit l’élu, et ce n’est pas Dieu :-)

    • Qui mène une campagne pour faire renoncer à voter ? D’après toi, voter est un acte de pouvoir ?
      Pour moi, un électeur est un cocu qui en redemande, et le seul acte de pouvoir que l’on puisse encore avoir au sein d’une oligarchie financière mondialisé, c’est le boycott, c’est d’ailleurs pour ça qu’il est tant diabolisé.

      La compréhension n’est pas indispensable à la coopération, ainsi les bovins que sont les français votent, agissant par devoir ( de mémoire bien souvent ), sans savoir même pourquoi ( si ce n’est les raisons expliqué par l’elfe ) et pérennisent une dictature parfaite, acceptée grâce à la sous-culture mercantile aglo-saxonne son ignorance par elle-même.

      Le seul totalitarisme « viable ». S’il-te-plaît, ne me dis pas que le vote est un acte de pouvoir. Ni même le vote utile, qui représente un vote pour un candidat néolibéral et mondialiste ( PS et UMP ). Ou alors explique moi en quoi et à qui sont utiles le néolibéralisme et le mondialisme ?

      • Les deux exemples qui me viennent spontanément à l’esprit, bien qu’ils soient très différents, je ne fais pas d’amalgame, sont Michel Onfray et Marine Le Pen (cette dernière que pour le second tour). Je considère également l’appel au « vote utile » comme un appel à renoncer à son droit de vote.

        Et oui, voter est un acte de pouvoir. Il n’y a qu’à voir ce qu’il se passe en Grèce. Les technocrates et banquiers européens auraient bien aimé que les gens ne votent pas ou votent seulement pour les partis accrédités par eux (Nouvelle Démocratie et le PASOK).

        Mais je maintiens également que le vote seul ne suffit pas. Par exemple les français ont voté contre le traité constitutionnel en 2005 (bien), mais n’ont rien dit quand on l’a quand même fait passer par voie parlementaire (pas bien).

        Quand on se dit abstentionniste parce que le vote ne sert à rien, je vois deux options : soit on fait une révolution par la force et je ne le souhaite pas, soit on milite dans des associations, dans la vie de tous les jours etc. mais ça revient en partie à se battre contre les élus qui ont été élus justement parce que les gens ont abandonné leur pouvoir de vote. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas le faire, mais n’empêche que ne pas voter est contre-productif.

        Dans ton dernier paragraphe, je pense que tu as interprété totalement à l’envers ce que je dis.

        • Voter est un acte de pouvoir, très bien. La preuve, tu motives toi-mêmes les gens pour qu’ils se déplacent en assoces pour faire changer les choses d’eux-mêmes.

          Pourquoi d’eux-mêmes, on se le demande.

          Je ne comprends pas ta phrase « élu parce que les gens ont abandonné leur droit de vote », ça représente une contradiction à mon sens.

          On en reparle dans 5 ans, quand, comme l’indique « Personne » dans un des ses posts, on changera d’élu pour limiter les frais, via un acte de pouvoir citoyen (?).

          • L’exemple est édifiant: les français ont voté contre un truc, ce truc a été appliqué sous un autre nom. Voilà comment le vote légitime potentiellement n’importe quoi. On se révolterait peut-être si on avait pas le droit de vote, mais comme on se croit investi d’un « pouvoir », on se dit ok cool, tout va bien ! Le pouvoir de voter? Et même si le vote servait à faire appliquer une décision, qui vote et pourquoi? Veut-on la liberté, l’épanouissement, l’égalité pour tous et des donuts vegans gratuits, ou préfère-t-on choisir le chef d’état qui a la plus belle cravate? Parce que c’est ce qu’on fait.

            Certains n’hésitent pas à asséner que les gens qui se font manipuler sont trop cons, que c’est de leur faute s’ils votent pas comme ils devraient, qu’ils sont idiots et naïfs etc…. Peut-être. Je ne rentre pas dans ces débats, des jugements sans intérêt, je m’arrête à la conclusion que manipuler dans un système reposant en (minuscule) partie sur le suffrage universel, c’est contraire à l’éthique. Car il faut se rendre à l’évidence: on vote pour le gars qui a la plus belle cravate, et dire que les gens sont cons de le faire ne fait pas avancer le schmilblick. Et personne ne se prive pour manipuler. Ou est le pouvoir? Sarkozy l’a bien compris, qui était pote comme cochon avec les journaleux et qui a viré ceux qui ne lui revenaient pas. Dans un système comme celui-là, tu peux avoir toute la liberté de penser que tu veux, c’est pas toi qui élit le chef d’état mais la majorité, et la majorité est quasiment un pantin.

          • L’Elfe :
            Je ne sais pas… En fait, j’ai déjà donné mon avis, qui est donc « Je ne sais pas. », mais j’en ai aussi un autre : En temps normal, et avant que Sarkozy ne détourne tout ça, l’impact et le pouvoir réel du président de la République était tout à fait ridicule (et donc beaucoup moins dangereux), puisque c’était au premier ministre de diriger le gouvernement et non pas au président. (Le pouvoir du président étant de la possibilité de choisir et dissoudre son gouvernement.) C’est d’ailleurs ce qui m’a choqué les premières fois où il s’est mis à balancer ses propositions spontanées en public avant même de consulter son gouvernement (Exemple
            : La suppression de la pub sur les chaînes publiques.). En temps normal, l’élection présidentielle (contrairement aux autres élections) est censée être tout à fait secondaire, et ne sert bien qu’à sélectionner le meilleur représentant du pays, donc effectivement celui qui porte le mieux la cravate. C’est d’ailleurs pour ça qu’avant 2002, on avait régulièrement des gouvernements de cohabitation. (Le gouvernement pouvant être dissous par l’Assemblée Nationale, il doit être approuvé par la majorité des députés. Donc le président est obligé d’en tenir compte quand il forme son gouvernement.) Mais en fait, ça n’est plus possible, maintenant, puisque les législatives tombent un mois après les présidentielles, et que donc les tendances de votes sont du même bord…) De 2007 à 2012, le premier ministre putatif était à peu près inexistant; Sarko ayant décidé, sans que personne ne s’y oppose, que son propre perso serait multiclassé Président/Premier Ministre (race Gobelin).

            Enfin bon, ceci dit, j’ai jamais rien compris à la politique…

            Mais le vrai dilemme que tu poses, et qui ne va plus me lâcher maintenant, c’est bel et bien « donuts vegans gratuits » ou plutôt « le chien en diamant » (http://www.ventscontraires.net/article.cfm/7942_les_elus.html) ??? Comment choisir ? Je suis perdu…

            (Bon, je crois que je vais me coucher au lieu d’emmyrter tout le monde… Oubliez-moi…)

  11. Je sens dans l’ensemble que je sympathise avec ce que tu dis, mais c’est peut-être plus compliqué que ça. La politique telle qu’elle se pratique aujourd’hui n’est-elle pas une conséquence de la distinction entre sphère publique et sphère privée? La représentativité serait un bon moyen de concilier les exigences publiques et l’aspiration à mener sa vie privée comme on le souhaite. Il me semble que personne ne t’interdit de participer à des débats, à prendre de vraies décisions; il faut juste que pour cela, tu « rentres en politique » et que tu sois toi-même candidate, non?
    Je te cite: « La politique devrait être réservée à tous ceux qui veulent vraiment changer les choses. Elle devrait être ouverte à chacun, mais pour autant tout le monde ne devrait pas y participer. La politique, ça devrait être des débats, des confrontations d’idées, des remises en question, etc. La politique, ce n’est pas mettre un petit papier dans une boîte. »

    Il me semble que c’est justement le modèle de la représentativité, non? Ceux qui veulent vraiment changer les choses créent des partis, se présentent aux élections, participent à des débats, et c’est ouvert à tous. Après, ceux qui n’ont pas l’envie/le temps/les moyens (ah, là est un problème) de participer activement choisissent celui qui représente le mieux leurs idées. Au fond, tu serais plutôt pour une politique qui soit présente dans la vie de tous les jours, et dans la vie de chacun? Une démocratie directe en quelque sorte, sur le modèle athénien?

  12. J’avais entendu parler d’un super système qui s’appelle le « vote valeur ». En gros, tu donnes à tous les candidats une note de -2 à +2. Ce qui fait que tu dis qui sont les candidats qui t’intéressent, mais aussi ceux dont tu ne veux pas. J’avais trouvé ça pas mal.

    Un autre truc chouette aussi, c’est un système de choix des candidats différents. Ce système existe en Islande, je crois. En gros, on choisit pas l’élite presque tous issus du même moule (même écoles prestigieuses etc), mais des citoyens lambdas (comme pour les jurés) au pif. On les forme pendant un an et après chacun fait son programme, le propose et le vote a lieu. Personnellement, je trouve ça mieux : ça fait qu’il y a une véritable diversité. Et ça forcerait les gens à réellement s’intéresser à la politique puisque n’importe qui pourrait être choisi.

    Mais bon, d’ici à ce que quelqu’un change notre système démocratique…

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