B12: entre sciences et croyances

La B12, cette vitamine qui fait tant parler d’elle… Comment une seule petite vitamine peut-elle être autant source de polémiques, alors que tant d’autres vitamines, minéraux et oligo-truc-machins nous sont nécessaires? J’ai déjà parlé de cette fameuse vitamine, j’y reviens aujourd’hui avec un article long mais qui s’imposait. Accrochez vous, parce qu’on va parler créationnisme, La Terre D’abord, cartésianisme, études des marchands de café, lobbies laitiers et caca de gorille.


Si des véganes vont ont dit que le végétalisme rendait fort, intelligent, beau, riche et célèbre et faisait revenir l’élu-e de votre cœur en 48 heures, ils vous ont menti. Certes, se passer de viande expose moins à certains problèmes de santé, comme par exemple les maladies cardiovasculaires et les cancers(ref1)(ref2), mais d’autres préoccupations spécifiques à cette alimentation s’imposent. Elles n’ont rien d’insurmontable, il faut simplement être un peu vigilant. Les végétaliens devront par exemple faire attention à leurs apports en calcium (ref2)(ref3) ou en vitamine D(ref2). Cependant, la supplémentation n’est pas systématiquement nécessaire pour tous ces éléments. La seule vitamine dont la supplémentation est obligatoire pour les végétaliens est la vitamine B12.

Je ne détaillerai pas ici toutes les informations relatives à la vitamine B12. Des informations utiles se trouvent dans ce document documenté et sourcé. En clair, il existe un consensus scientifique bien établi selon lequel les seules sources fiables(note1) de vitamine B12 dans le régime végétalien sont les aliments enrichis (encore rares en France) et les suppléments (comprimés ou ampoules). Malgré ce consensus bien établi, beaucoup de véganes renâclent encore à l’idée de prendre une supplémentation…

Le refus de la vitamine B12: pourquoi?

Il existe, au sein même du mouvement végane, toute une frange de personnes qui refusent la complémentation en vitamine B12. Or, contrairement à ce qu’on peut lire ça et là sur le web (mais y a-t-il encore des gens qui croient tout ce qu’on raconte sur internet? La réponse est oui malheureusement), la nécessité pour les végétaliens de se supplémenter en B12 n’est pas vraiment un sujet de débats contradictoires dans la communauté scientifique (y compris en ce qui concerne les scientifiques véganes). Et les risques liés à une carence en vitamine B12 sont bien connus. Et ils sont graves: anémie, fausses couches, malformations, retards de croissance, troubles moteurs… A l’inverse, il n’y a aucun risque à se supplémenter en B12.

Alors, si la nécessité de prendre cette vitamine est si importante et scientifiquement établie, pourquoi existe-t-il un tel débat au sein de la communauté végane pour savoir si oui ou non il faut prendre ces fichues pilules? La réponse (que je vais essayer de développer ici) tient à une idéologie qui, et j’insiste sur ce point, ne relève pas du véganisme, bien qu’elle y soit malheureusement bien souvent associée. Il s’agit d’une idéologie de type religieux, équivalent à une sorte de culte irrationnel de la « Nature » et du « naturel ».

la nature c'est bô.

 Mais qu’est-ce que le naturel? Et quel fucking rapport avec le véganisme?

C’est quand on cherche à définir « le naturel » ou « la nature » qu’on prend conscience de toute la complexité de ce concept. Le Larousse en ligne, par exemple, ne donne pas moins de 9 définitions du mot « nature ». On y retrouve des concepts relatifs à l’essence, à l’origine des choses et à la réalité. Certaines définitions du terme « nature » se rapprochent d’une idée de divinité, de création divine:

Ensemble de forces ou principe supérieur, considéré comme à l’origine des choses du monde, de son organisation

Le terme « nature » envoie également à des concepts de pureté, de non-transformation, en opposition aux artifices, à ce qui est produit par l’action humaine. Éthymologiquement, « nature » vient du latin « natura » qui signifie: « ce qui existe depuis la naissance, ce qui n’a pas été transformé ou altéré ». Quand on cherche à définir ce qu’est la nature, on se retrouve en face de concepts relatifs à l’origine des choses, à leur essence, leur origine ou leur définition. Le « naturel » renvoie, lui, à la spontanéité, à la non-intervention face à une voie tracée, à un « devenir » intact*.

Le « retour aux sources »: un mouvement qui prend de l’ampleur

On voit s’épanouir, de plus en plus important, un mouvement de « retour à la nature », de retour aux « origines », à l’ « essentiel ». Il me serait difficile de comprendre exactement quand et pourquoi cela a commencé, je pense que ce serait le travail d’un sociologue, et je suppose qu’étudier en détail l’émergence de ce mouvement, ses origines, ses tenants et ses aboutissants pourrait remplir toute une bibliothèque… Je ne vais donc pas en dire grand chose ici, ce n’est pas exactement le sujet qui nous préoccupe; pour autant, il me semble aller de soi que ce « retour à la nature » se dessine en réaction à un environnement, à des modes de vie de plus en plus transformés par l’action humaine, de plus en plus éloignés de ce qu’a connu l’humanité pendant des milliers de générations, et, qui plus est, continuent d’évoluer à un rythme très rapide. Sans aller trop loin de peur de tomber dans la sociologie de comptoir, il me semble que la vie telle qu’elle existe aujourd’hui, en particulier en milieu urbain, rende beaucoup de gens insatisfaits, qu’ils ressentent, en tous cas, un manque de quelque chose d’indéfinissable, que peut-être la vie offrait du temps où l’environnement était moins transformé. Il est difficile de mettre un mot sur ce qui manque ainsi aux citadins. Est-ce le rythme des saisons, les grands espaces, le vent dans les arbres, le calme et la tranquillité, l’exercice d’une activité physique régulière, est-ce le fait de se trouver souvent à l’extérieur, est-ce le fait d’avoir des relations sociales au sein d’une communauté de personnes connues (en opposition à la vie en ville dans laquelle nous vivons au contact d’une foule d’inconnus), est-ce le fait de produire ou trouver sa propre nourriture, ou du moins d’avoir une idée assez précise d’où elle vient et d’en quoi elle consiste… Est-ce un ensemble de tout cela et beaucoup d’autres choses encore? Ou bien est-ce la vitesse à laquelle tout change qui fait que, de peur du changement, nous serions parfois tentés de retourner en arrière? En tous cas, les citadins semblent, pour beaucoup d’entre eux, en quête d’un « quelque chose » mal défini. Sans vouloir forcément renoncer au confort que nous offre la vie moderne, on aimerait vivre au rythme des saisons, retrouver le contact avec cette « nature » perdue.

Pour compréhensible qu’il soit, l’engouement des gens pour le « naturel » confine parfois à l’absurde: plus c’est naturel, plus c’est bien. Le mouvement anti-vaccin, qui prend une ampleur de plus en plus inquiétante, semble se baser principalement sur l’idée que l’œuvre de la nature est nécessairement préférable aux interventions humaines, et que des maladies qui existent depuis très longtemps ne sauraient être plus dangereuses qu’une invention qui existe depuis quelques décennies à peine. C’est oublier que, de tous temps, les maladies ont tué ou handicapé beaucoup de monde, et de la façon la plus « naturelle » qui soit. Les gens ont pourtant du mal à croire que des maladies apparues spontanément sans intervention humaines puissent faire du mal et tuer. Certains complotistes (je ne les citerai pas ici parce que je n’ai aucune envie de leur donner une plus grande visibilité) vont même jusqu’à affirmer que le SIDA serait en fait créé de toutes pièces dans des laboratoires.

Du besoin de Naturel au culte essentialiste: l’exemple de La Terre D’abord

une (présumée) représentation ancienne de la Déesse Mère

Plus remarquable encore, le besoin de retour au naturel évolue parfois vers un véritable culte religieux. Un culte qui n’est pas vraiment nouveau, puisqu’il hérite de l’essentialisme propre à la pensée judéo-chrétienne: la nature est vue comme une sorte de divinité toute-puissante, qui exprime une volonté sacrée, qu’elle imprime dans ses créations (nous).  Nous serions ainsi crées par la Nature qui aurait placé en nous une essence qui nous prédestinerait à un destin particulier.
Ainsi, sur le site « la terre d’abord », les auteurs se réfèrent à la nature comme à « Gaïa, la terre mère », ce qui n’est pas sans évoquer plusieurs cultes religieux à travers le monde qui se réfèrent également à Dieu comme à une divinité maternelle. Étrangement, LTD nie farouchement se référer à la Nature comme culte religieux(note2), dénigrant allègrement « les religions » en général (ou, pourrait-on dire, les autres religions que la leur…). Il est pourtant difficile de voir autre chose qu’un culte religieux dans leur adoration de « Gaïa, la terre mère »; non seulement « Gaïa » est justement la déesse mère dans la mythologie grecque, mais tout, dans la façon dont ils parlent de la Nature, est typiquement une façon de penser religieuse: la Nature nous a créés, elle « veut » que nous fassions ceci et cela, il faut la protéger et la respecter. Ils opposent d’ailleurs sans cesse leur culte de Gaïa à d’autres cultes, principalement ceux des religions monothéistes:

soit on croit que Dieu a créé le monde, soit on pense que le monde est le fruit du hasard, soit on considère que la Nature est la seule réalité. […] Nous pensons qu’il n’y a pas de Dieu, que seule la réalité existe et que c’est la Nature. Le monde n’est pas non plus le fruit du hasard, la Nature est une réalité, qui pousse à la vie, à la compassion, à l’entraide.

Leur défense de la Nature et du Naturel confine parfois à des développements cocasses:

« Et un slip c’est naturel ????? » nous demande une personne d’extrême-gauche pro-religieuse. […] Or, la réponse est évidente : oui, le slip a une fonction par rapport à la nature, il a une fonction hygiénique. Le slip ou le bidet ne sont pas des « idées » tombant du ciel, ce sont des choses utiles par rapport à notre réalité naturelle. La personne qui nous demande si « le slip est naturel » ne s’attend certainement pas à une telle réponse (ni à une réponse tout court) : c’est forcément une personne anarchiste allant à l’université et rejetant la nature, avec une fascination pour le queer, une interprétation sociologique à la Michel Foucault de l’Islam en version « transgression » révolutionaire de la république laïque.

Cette citation mériterait de rester dans les annales. Mais elle est surtout significative de leur pensée dogmatique et religieuse. D’après eux, le slip est « naturel » puisqu’il répond à une « réalité naturelle » qui est la nécessité d’hygiène. Si on suivait leur raisonnement, on pourrait dire que les ordinateurs sont naturels puisqu’ils répondent au besoin naturel de communiquer… Notons la pique contre « le queer », qui d’après eux est anti-naturel donc Mal:

De notre expérience avec les gens prônant des conceptions du « queer », nous avons bien constaté qu’il y avait une négation complète de la Nature, comme si les corps flottaient au-dessus de la réalité matérielle, n’existant que dans les définitions de la société. Plus des gens allaient dans les théories du queer, plus ils s’éloignaient du véganisme, et encore plus des animaux et de la reconnaissance de la Nature.

Ce rejet du « queer » est évidemment accompagné d’une transphobie crasse. Voilà ce qu’ils écrivent sur les personnes transgenres:

Nous ne considérons donc pas qu’il soit « naturel » que des gens se mutilent ou prennent des hormones (dans la théorie, dès l’âge de 12 ans selon les exigences des partisans de la transsexualité comme étant naturelle). C’est une théorie « post-moderne » qui nie la réalité corporelle au profit d’une psychologie qui serait indépendante du corps. (…) La théorie du queer est fondamentalement opposée à la reconnaissance de Gaïa.

On voit bien ici que le culte de Gaïa EST une religion, ou du moins on peut dire qu’elle remplit exactement les fonctions des religions monothéistes et obéit aux mêmes dynamiques : il s’agit d’un ensemble de croyances qui s’articulent autour d’un principe premier (la Nature) considéré comme sacré et souverain, et qui est érigé en prisme permettant de distinguer le bien du mal, indiquant des pratiques, une certaine façon de se comporter (respecter la volonté de la nature, la protéger, etc…), ce qui évite d’avoir à réfléchir de façon rationnelle. « Le queer » est donc Mal puisqu’il éloignerait les gens de la seule Vraie Vérité: la Nature. Selon eux, les personnes transgenres devraient « reconnaître Gaïa », c’est à dire reconnaître qu’ils sont nés filles ou garçons pour devenir respectivement femmes ou hommes, et vivre selon le genre qui leur a été assigné à la naissance (LTD nie d’ailleurs le concept de genre, voir ici). On peut en retenir le concept de « volonté de la nature » qui s’apparente à une sorte de volonté divine. Comment passe-t-on d’un vague regret de certains aspects de la vie dans la nature, à un véritable culte de la Nature ayant peu à envier aux religions les plus dogmatiques? Je pense qu’on peut voir là un croisement entre ce besoin de « retour au naturel » contemporain avec le vieil héritage judéo-chrétien, puisque l’essentialisme du « culte de la nature » n’a rien de nouveau. Le culte de la Nature remplace à peu de frais le culte du Dieu des religions monothéistes: comme Dieu, la nature nous a créés, elle serait parfaite et bienveillante mais aussi dangereuse si on ne la respecte pas; comme Dieu, la Nature aurait une volonté, qu’il ne faudrait pas contrarier sous peine d’être puni. Comme Dieu, la Nature indiquerait la voie à suivre à qui voudrait bien l’écouter.

représentation plus contemporaine de la Déesse mère

représentation plus contemporaine de la Déesse mère

Si je m’arrête sur La Terre D’abord, c’est qu’ils sont assez représentatifs de ce glissement religieux vers un culte de la Nature. Mais ils sont bien sur loin d’être les seuls à considérer la nature comme une divinité. Tout personne qui parle de « volonté de la nature », par exemple, agit de même. Rationnellement, scientifiquement, la nature n’a aucune « volonté ». Un bébé nait avec un pénis parce son système endocrinien fait en sorte que ses organes génitaux deviennent masculins, mais aucune volonté divine ou « naturelle » ne le prédestine à devenir un homme, puisqu’être homme (de genre masculin) est une construction sociale, culturelle. De même, le fait qu’une femme ait un utérus ne la prédestine nullement à enfanter, et le cas échéant, son souhait de ne pas le faire doit être respecté. Selon la même logique, le fait que nous soyons capables de manger de la viande nous prédestinerait à en manger, au nom d’une « volonté de la nature ». Je considère que toute affirmation du type « l’homme est fait pour… » (manger de la viande, ne pas manger de viande, ou n’importe quoi d’autre) est une affirmation du registre religieux et non scientifique. Mais j’en reviens à la question posée plus haut: quel rapport avec le véganisme?

Véganisme et culte de la nature: dénouer les nœuds

Le rapport n’est pas forcément évident à cerner. De nombreux véganes vont diront qu’il n’y en a aucun. Il est très important de distinguer le véganisme, qui est l’application d’une conviction politique, de ce mouvement de retour aux sources qui va jusqu’au culte de la nature, mouvement qui est, il me semble, un phénomène un peu difficile à cerner, mais qui en tous cas ne répond pas à des considérations politiques égalitaristes. Le « retour aux sources » est un mouvement assez individualiste, qui répond à des problématiques de bien-être personnel, basé sur des croyances personnelles. Quand au culte de la Nature, c’est un mouvement religieux et non pas politique.

Être végane pour les animaux, a pour certaines personnes (pas toutes!) une dimension spirituelle. Pour devenir végane, surtout quand on est citadin, il faut s’arrêter deux minutes sur la provenance de notre nourriture, prendre conscience que notre viande a été un animal, que notre lait provient d’une vache maltraitée. Certaines personnes peuvent qualifier cette démarche de spirituelle. D’autres ne se reconnaîtront pas dans ce terme et parleront de simple logique. Ce n’est d’ailleurs en aucun cas incompatible: la spiritualité ne s’oppose pas à la pensée cartésienne, ce sont juste deux approches du monde différentes, qui peuvent aboutir aux mêmes conclusions.

Pour autant, si être végane relève pour certains d’une démarche spirituelle, il ne faudrait en aucun cas confondre véganisme et culte de la Nature. Non seulement certains véganes ne se reconnaissent pas du tout dans une recherche du « plus naturel possible », mais, et j’insiste sur ce point, le culte de la Nature est parfaitement compatible avec le spécisme et le carnisme. Les véganes en font régulièrement l’expérience puisque les arguments utilisés pour défendre la consommation de viande relèvent souvent de l’essentialisme et du naturalisme: il faut manger de la viande parce « l’homme est omnivore », parce que « nous sommes faits pour manger de la viande », « l’homme est un prédateur » etc… Les adeptes de la Nature qui sont pour le véganisme répliqueront au contraire que « le régime naturel de l’homme est végétalien », que manger de la viande ou du lait est « contre-nature » ou encore que la Nature nous a fait bons et altruistes et que manger de la viande va contre notre nature profonde. Pour les uns, la Nature veut qu’on mange de la viande, pour les autres elle ne le veut pas, mais qui a raison? Personne. Tout le monde. Comme toute divinité, la Nature est un outil humain, on peut l’utiliser pour ce que bon nous semble, et lui donner les traits que l’on désire. Il ne s’agit que de croyances et en aucun cas de faits.

Pour autant, il n’est pas évident de comprendre que véganisme et idéologie de la nature sont deux choses bien distinctes, étant donné l’aspect spirituel que beaucoup de personnes (mais j’insiste: pas toutes) mettent dans le véganisme. Ces personnes ne prennent pas forcément la peine de distinguer ce qui relève de l’idéologie pro-Nature et ce qui relève des faits, étant donné qu’ils ont tendance, comme beaucoup de gens, à mélanger et opposer faits et croyances, éthique et culte du Naturel.

Arrêtons-nous par exemple sur la façon dont on défend la non-consommation de produits laitiers: les véganes se passent de lait parce qu’ils estiment que la façon d‘exploiter les vaches pour l’obtenir est contraire à l’éthique. En toutes logiques, nous devrions nous satisfaire de l’affirmation que le traitement des vaches est révoltant et que les produits laitiers sont facultatifs. Au lieu de ça, on voit émerger un discours anti-lait des plus dogmatiques, selon lequel boire le lait d’une autre espèce serait « contre-nature », et que pour cette raison, le lait serait évidemment un poison… Le problème, c’est que ces arguments sont aisément réfutables: on pourra dire que le lait est un « produit naturel » (pour ce que ça veut dire…), que c’est l’excès qui est dangereux… Et sans avoir fait de recherches poussées sur le sujet, je pense que le lait n’est pas plus un poison que n’importe quel autre aliment. Mais surtout, l’essentialisme de ce mouvement anti-lait me pose problème. Dire que le lait est contre-nature, c’est employer la même logique et les mêmes arguments que les réactionnaires utilisent pour condamner l’homosexualité… On pourra toujours se mettre sur le même terrain et au contraire déclarer que l’homosexualité est très naturelle; en faisant ça, on se place sous le joug d’une idéologie dogmatique, d’une « Nature » divine et toute-puissante qui est censée nous dire ce que nous avons ou n’avons pas le droit de faire. Je pense que nous devrions au contraire sortir de ces considérations de nature plus religieuse que logique, et nous demander plutôt ce qu’il est juste ou injuste de faire, ce que nous sommes libres ou non de faire, plutôt que de nous demander ce qui est naturel ou non.

Opposer sciences et croyance: une dérive dangereuse

A quoi sert la science? L’approche scientifique donne des éléments, des informations pour faire des choix. Autrement dit, la science sert à distinguer le vrai du faux, rôle que les religions ne peuvent pas remplir puisqu’elles se basent sur des croyances, et non pas des faits. Je n’ai rien contre les religions, mais à mon avis, quand elles commencent à s’opposer à la science, elles se prennent les pieds dans le tapis. On ne peut pas opposer des faits scientifiques avec des croyances personnelles. C’est pourtant ce que font certains religieux, comme par exemple les créationnistes… et également les adorateurs de Dame Nature. Par exemple, les faits montrent que tel vaccin est bénéfique, mais les anti-vaccins CROIENT qu’il ne l’est pas, puisqu’il n’est pas naturel.

En général, les gens qui croient quelque chose, face à des faits qui contredisent leurs croyances, vont essayer de manipuler les preuves scientifiques et de « transformer » un peu la réalité pour qu’elle colle à leurs présupposés. (On le voit bien avec les soi-disant « preuves scientifiques » qu’essaient de réunir les créationnistes pour montrer que la terre a 5000 ans et que l’évolution n’a jamais existé). Or, c’est tout à fait contraire à la démarche scientifique, qui est censée être la plus objective possible. Bien sur, dans les faits, tout le monde possède des croyances, et il n’est pas forcément facile de s’en défaire. Essayer de manipuler les preuves pour transformer la réalité, c’est ce que vous faites par exemple si vous avez envie de croire, ou de prouver que le café est bon pour la santé, et que vous faites une recherche d’études scientifiques sur le sujet, en ne retenant que les études qui vont dans votre sens, et en ignorant celles qui montreraient que le café est mauvais. Cette démarche peut se donner des airs d’objectivité et trouver une forte crédibilité, puisque si je réunis toutes les études en faveur du café dans un article bien documenté et sourcé, cela aura l’air scientifiquement tout à fait valable. Mais c’est en réalité une démarche anti-scientifique puisque je n’ai retenu que les preuves qui allaient dans mon sens. Si j’ai trouvé 97 études qui prouvent que le café donne le cancer pour 3 qui prouvent qu’il en protège, vous comprenez bien que mon super article « le café protège du cancer » ne vaut pas grand chose… C’est d’ailleurs ainsi que procèdent de nombreux lobbies, notamment celui des produits laitiers (à cela près qu’ils financent aussi certaines études, ce qui leur permet d’obtenir certains résultats, mais ça mériterait un article à part). On touche ici à la difficulté d’obtenir des informations fiables. Sans rentrer dans les détails, puisque cela mériterait également d’y consacrer un article, obtenir des informations scientifiques fiables est un véritable casse-tête, et nécessite de chercher soi-même des études scientifiques sur le sujet qui nous intéresse, sans parler de les lire pour comprendre comment elles ont été faites et ce qu’elles « prouvent » réellement (ce qui est rarement ce que les journalistes en restituent).

Pour ou contre la B12: un clivage entre science et croyances

Le problème particulier de la vitamine B12 prend tout son sens une fois qu’on a réalisé que l’engouement massif des gens pour la Nature est une idéologie non rationnelle se rapprochant d’une religion, et que cette idéologie est largement partagée par beaucoup de personnes, y compris par des personnes véganes. Les véganes adeptes du « naturel » veulent croire qu’ils n’ont pas besoin de vitamine B12, puisqu’ils veulent croire que leur régime alimentaire est « naturel », que c’est celui que « la Nature » a prévu pour eux.

Je veux bien comprendre que certaines personnes répugnent à prendre une supplémentation. Mais arrêtons-nous sur le caractère inepte de ce raisonnement: si une supplémentation est nécessaire pour être végane, cela voudrait dire que ce régime n’est « pas naturel » (pas celui que Dame Nature aurait prévu pour nous) et que donc, il n’est pas bon. Ce raisonnement sous-entend en fait que la Nature nous a créés et a tout prévu pour nous, y compris le régime alimentaire que nous suivrions et le mode de vie que nous aurions en 2014… Certes, nous pourrions répliquer qu’il n’est pas moins naturel de prendre un cachet de B12 que de manger un animal ayant pris ce même cachet. Nous pourrions aussi nous demander si les gens qui refusent les cachets de B12 refusent toute médecine, toute technologie, toute intervention humaine, et en particulier s’ils refusent toute supplémentation, occasionnelle ou systématique: le sel de table est supplémenté en iode (avant que ce soit le cas, certaines personnes carencées en iode développaient une maladie appelée le crétinisme), les femmes enceintes sont presque toujours supplémentées en fer, les nouveaux-nés allaités sont systématiquement supplémentés en vitamine K et en vitamine D. Déduit-on de la supplémentation en vitamine K que le lait maternel n’est pas adapté aux bébés? Il semblerait que Mère Nature, dans son infinie sagesse, ne se préoccupait pas beaucoup de savoir si votre bébé pouvait mourir d’une hémorragie interne peu après sa naissance. D’ailleurs, tous reproches à part que l’on puisse faire à la médecine moderne, avant elle, on mourait volontiers plus jeune.

Refuser de prendre une supplémentation, c’est partir du principe qui, j’insiste, est totalement dogmatique, que ce qui est naturel est forcément bon. Je pourrais trouver des milliers de contre-exemples, de choses « naturelles » qui ne sont pas bonnes. Je pourrais trouver des milliers d’exemples de choses que nous faisons et qui ne sont « pas naturelles », qui sont le résultat d’évolutions, d’artifices et d’adaptations créées par les humains, comme écrire sur un ordinateur. Manger ses excréments, comme le font les gorilles, est plus  naturel que de prendre des comprimés. Et cela les protège également d’une carence en B12.

Une méthode naturelle de supplémentation en B12: les gorilles mangent leurs excréments.

Si Dame Nature n’a pas tout prévu, c’est à nous de décider ce que nous devons faire. La décision d’être végane est une décision qui correspond à un projet politique, celui d’abolir l’exploitation des animaux, et de se diriger vers une société plus égalitaire et plus juste.

Non seulement les gens qui répugnent à prendre un cachet de B12 pour épargner la vie des animaux refusent rarement les autres complémentations, systématiques comme l’iode, ou occasionnelles en cas de soucis de santé (pas plus que la médecine en général), mais en plus, beaucoup d’entre eux auraient bien du mal à se passer d’internet ou d’un téléphone portable… On voit à ces contradictions que le culte du Naturel est en fait un outil idéologique dont on se sert plus ou moins de la façon qu’on veut.

Le problème, c’est que c’est bien mignon de vouloir croire que notre régime alimentaire, celui que nous avons choisi pour son caractère éthique et pacifique, est celui que la Nature a prévu pour nous, mais il est dangereux d’opposer croyances personnelles et faits scientifiques. En particulier dans le cas de la B12, les conséquences peuvent être dramatiques, puisque c’est une vitamine très importante, en particulier pour le développement des enfants, mais également pendant toute notre vie d’adulte. Il n’est jamais facile de lutter contre des croyances, puisqu’elles forment généralement le prisme à travers lequel on évalue des idées, et qu’on a tendance à rejeter catégoriquement tout ce qui s’oppose à nos croyances. Mais je pense que les croyances, tout respectables qu’elles soient, ne devraient pas remplacer les faits dans nos décisions. Plutôt que de cracher dans la soupe, nous devrions nous réjouir qu’il soit aussi facile d’être végane en bonne santé, qu’il suffise de prendre une seule petite vitamine afin de vivre en accord avec nos convictions.

 

ref1: huang &all, 2012
ref2: Craig WJ, 2009
ref3: Clarys&all, 2014

Document de la Société Végane: Ce que tout végane doit savoir à propos de la vitamine B12

Note 1: On pourrait éventuellement trouver des formes actives de B12 dans quelques aliments véganes, mais ce ne sont pas pour autant des sources fiable. Une source fiable est un aliment dont on est certain qu’il contienne la vitamine, et en quantité suffisante pour constituer un apport réel. Les légumes sales et les algues n’en sont donc pas (pour la B12): ils ne permettent ni de prévenir, ni de guérir une carence en B12.

(1)Note 2: LTD oppose son concept de Terre Mère à une définition très réduite en partielle de Dieu. C’est léger, comme argument. Ils se basent aussi sur le fait que plusieurs auteurs des Lumières se réfèrent à la Nature alors qu’ils sont supposément athées. Ces auteurs, qu’ils soient athées ou non (et ils ne le sont pas tous), héritent de toutes façons d’une culture judéo-chrétienne, quand bien même ils en remettraient en cause certains aspects.

80 réflexions au sujet de « B12: entre sciences et croyances »

  1. Comme le dit très bien l’article, la science déclare qu’une hypothèse est vraie ou fausse.
    Tout ce qui déclare qu’une chose est essentiellement « bonne » ou « mauvaise » relève forcément de l’idéologie ou tout du moins du concept d’absolu hérité des religions monothéistes.
    Les lois, les décisions politiques, ne disent pas qu’une chose est « bonne » ou « mauvaise » mais que dans certaines situation il est préférable, ou « juste », de faire telle ou telle chose.
    La « justice » aussi est une construction culturelle qui nécessite de ne pas être simplement le reflet d’un idéologie.

  2. Et encore un article au top !

    Ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule à tiquer sur ce discours du « tout naturel », qui gagne du terrain chez à peu près tout le monde.
    De même, j’en ai assez de voir des gens glisser des « arguments » religieux pour justifier telle ou telle chose. J’ai personnellement des croyances qui relèvent du religieux, mais je sais faire la différence et n’utiliser que ma raison quand il le faut ^^

    Je pense qu’il peut y avoir une autre raison de ne pas vouloir se supplémenter : la fierté. On se dit que notre régime alimentaire est le meilleur alors pas besoin de supplément !
    Personnellement j’ai été bien embêtée quand j’ai dû prendre un peu de fer un jour que j’avais donné mon sang de manière trop rapprochée. Je m’étais tellement défendue quand on me disait que j’allais en manquer que c’était vexant d’en manquer pour de vrai ^^’ Bon j’ai pris le fer quand même, mais pour moi en devenant végé je me devais de ne manquer d’aucune vitamine, d’aucun minéral, comme si j’étais une vitrine pour tous les autres.
    C’est pas impossible que d’autres ressentent la même chose pour d’autres supplémentations.

    • Paradoxalement si on mangeait de la viande on s’en foutrait peut-être d’avoir des carences… Il parait que 3/4 des gens sont carencés en vitamines D et 1 femme sur 5 en fer… Ils en font pas une maladie

  3. Je ne me rappelle plus en quoi le processus de production faisait que la B12 pouvait ne pas être végane (celle en pharmacie par opposition à celle par exemple recommandée par la société végane). Est ce que tu t’en rappelles, l’elfe?

    Sinon, petite contribution au sujet: voilà la dernière charge anti B12 que j’ai pu lire:
    http://www.spirulinesansfrontiere.com/bienfaits-spiruline/scandale-vitamine-b12-ogm.html
    On y agite la peur des OGM parce que les bactéries utilisés pour produire la vitamine ne seraient pas naturelles.
    Rien que le fait que ça provienne d’un site pro spiruline peut déjà soulever des interrogation sur les biais (d’ailleurs si ça te gène qu’apparaisse sur ton blog un renvoi vers un tel site, tu peux éditer le message pour le supprimer). Mais à part ça, la peur de l’OGM rejoint assez cette idéalisation de la nature que tu as décrit. Si je me trompe pas, c’est surtout pour rendre les plantes qui vont finir dans l’assiette résistantes aux pesticides qu’on modifie le plus souvent génétiquement les plantes, non?
    Je doute que les bactéries qui produisent la B12 soient pulvérisées au Roundup :D Mais même si c’était le cas, on ne consomme pas directement ces bactéries à ce que je sache.
    Enfin bon, déjà que la cyanure apparemment impliquée dans le processus pour obtenir la B12 a déjà été pris pour cible par les anti supplémentation de B12… alors que cette même cyanure est pas supposée finir dans les suppléments… Pour simplifier grossièrement c’est un peu comme avoir peur d’avaler le couteau du cuistot quand on va au restaurant, parce qu’il l’a utilisé pour préparer le plat.

    • Je ne vois aucune raison pour que la production de B12 ne puisse pas être végane… La B12 est toujours obtenue par culture de bactéries
      C’est un peu ridicule de s’en prendre à la B12 parce qu’elle contient du cyanure. Une pomme contiendrait apparemment davantage de cyanure que la B12 (à moins que ce soit de l’arsenic, je ne sais plus). En tous cas, certains poisons existent en très petites quantités dans des aliments de la vie quotidienne, et certains sont mêmes essentiels à la vie, un peu comme des vitamines sauf qu’il en faut une quantité minuscule.

      • Pour la B12 soi disant non végane, je ne sais plus le discours que me tenais la personne qui m’en avait parlé parce que ça remonte à il y’a 2 ans, à mes débuts dans le véganisme. Mais peut être que le doute est venu du fait qu’il y’a pas le logo vegan sur l’emballage des lots trouvés en pharmacie, ce qui ne prouve pas grand chose au final. Puis la personne qui m’en avait parlé était peut être tout simplement de ceux qui nourrissent une méfiance pour le « grand Satan pharmaceutique ».

        Je trouve d’ailleurs qu’il y’a chez certains véganes tout plein de convictions de cet ordre qui préparent le terrain au conspirationnisme et à une forme de religiosité; en gros la célébration de la nature irait de paire avec un rejet d’un principe qui lui serait symétriquement opposé et qui pour des questions de profit, sévirait au travers de tout ce qui nous empoisonnerait dans nos solutions modernes.
        J’ai entendu nombre de fois des veganes se disant écœurés d’être des humains et organisant l’auto flagellation culpabilisante de façon toute religieuse avec d’ailleurs des correspondances possibles avec tout ces mythologies du crime originel qui nous éloignerait du sacré (crime qui a souvent à voir avec la connaissance, la maîtrise du feu et de la technique); parce que braver la nature et s’en affranchir y est mal vu .

        Pour le cyanure, c’est vrai que le poison c’est la dose. Dans le quotidien le cas du cumin est ainsi connu pour poser problème en trop grande quantité.

          • Il faut prendre des comprimés sans lactose ou des ampoules. Certains comprimés sont certifiés véganes.

        • Si je ne dis pas de bêtise, c’est à cause des excipients utilisés pour fabriquer certains cachets de B12 qui contiennent du lait. C’est ce que m’avais expliqué un ami quand je lui demandais quelle marque il achetait. Ça me semble plutôt logique, vu que c’est assez courant dans l’industrie pharmaceutique… (par exemple ils demandent toujours sur les notices de ne pas consommer si on est allergique au lactose).

      • La cyanocobalamine est l’antidote qu’on donne en cas d’intoxication au cyanure. Alors ça me fait doucement loler cette parano.

        • Non en cas d’intoxication au cyanure on utilise de fortes doses d’hydroxocobalamine qui se lie au cyanure produisant ainsi de la cyanocbalamine éliminée dans les urines.
          De très faibles doses de cyanure sont bien présentes dans les suppléments de cyanocobalamine et certaine personne réagissent mal lors de la supplémentation. On peux alors utiliser de l’hydroxocobalamine ou de la methylcobalamine peux répendu en France malheureusement.
          Super article au fait !

  4. Woah, très bon article, j’adore. Sur les affirmations autour des preuves scientifiques cependant, certains pourraient tiquer sans avoir besoin de se vautrer dans le relativisme ; je pense à l’idée que si on a 97 études qui prouvent A et 3 non-A, alors on devrait croire A, alors qu’il se peut très bien que ces 97 études soient toutes mal faites et les 3 autres très bien faites. En revanche, ça marche très bien comme heuristique si on sais que toutes les études se valent à peu près en terme de qualité (ou on attend une méta-analyse). À part ça, je ne sais pas si tu connaissais déjà, mais pour approfondir sur la question de la Nature, « La Nature » de John Stuart Mill aux éditions La Découverte recèle d’excellentes analyse du concept de Nature, de son usage et des problèmes qu’il cause. En plus l’essai est présenté et postfacé par Francisco Vergara. D’autre part, concernant l’information scientifique, la zététique pourrait t’intéresser (c’est la version française du « scientific skepticism ») ; voir http://www.zetetique.fr/ http://www.unice.fr/zetetique/ et le livre d’Henri Broc « Le Paranormal, Ses documents, ses hommes, ses méthodes ».

    • Ah, j’ai confondu Vergara et Peter Singer, c’est le dernier qui est antispéciste et utilitariste.

    • Certes, il est POSSIBLE que 97 études soient mal faites et 3 bien faites. Mais ça reste moins probable que l’inverse!
      De plus, il est rare d’avoir des résultats catégoriquement contradictoires sur un sujet précis (mon exemple est un peu simpliste). En revanche on va avoir des résultats contradictoires en fonction de ce qui est étudié, de la façon dont c’est fait, etc… Par exemple si je demande « le soja: bon ou pas bon? » la question est vague. En pratique, telle étude sur telle population va dire que ça protège de tel cancer, telle autre étude sur une autre population va dire que ça expose plus à tel ou tel risque. Donc il faut lire les études en questions et comprendre ce qu’elles disent exactement. De même, il faut se méfier de certains résultats. Par exemple je me souviens d’une étude qui avait montré qu’il était plus risqué par rapport à la MSN pour un bébé allaité avec des parents non fumeurs de dormir dans le lit de ses parents. Ce qui ne sautait pas aux yeux quand on lisait ce résultat, c’est que le risque encouru chez un bébé allaité aux parents non fumeurs, qu’il dorme dans le lit de ses parents ou non, présentait un risque de MSN tellement faible que la précaution pouvait être jugée inutile, au regard des avantages que présente le partage de lit (pour certaines familles) et qu’en outre ce résultat ne tenait pas compte de certains facteurs de risque (comme l’obésité). Donc MEFIANCE, les résultats des études les plus sérieuses peuvent toujours être sujets à discussion quand il s’agit de les utiliser pour prendre des décisions.

      • On m’avait parlé d’une étude faite en Australie sur le cancer de la peau. Les chercheurs avaient trouvé une corrélation positive entre le fait de posséder un berger allemand et le fait de développer un cancer de la peau.

        En fait, adopter un tel chien n’augmentait pas le risque de cancer de la peau ! Simplement, ceux qui en possédaient un étaient…les bergers, évidemment. Des personnes très exposées au soleil, contrairement aux citadins. Et dont la peau était blanche (contrairement aux aborigènes certes exposés au soleil mais mieux protégés par la couleur de leur peau).

        Oui, il faut se méfier des conclusions hâtives… :)

        • Corrélation n’est pas causalité, sinon tu vas avoir plein de résultats rigolos à la tonne qui vont t’arriver.

          C’est pour ça qu’il faut faire une étude sérieuse, justement parce que ce qui nous « saute » aux yeux en regardant les données est souvent le produit d’un facteur commun.

  5. « Être végane pour les animaux, a pour certaines personnes (pas toutes!) une dimension spirituelle. Pour devenir végane, surtout quand on est citadin, il faut s’arrêter deux minutes sur la provenance de notre nourriture, prendre conscience que notre viande a été un animal, que notre lait provient d’une vache maltraitée. Certaines personnes peuvent qualifier cette démarche de spirituelle. D’autres ne se reconnaîtront pas dans ce terme et parleront de simple logique. Ce n’est d’ailleurs en aucun cas incompatible: la spiritualité ne s’oppose pas à la pensée cartésienne, ce sont juste deux approches du monde différentes, qui peuvent aboutir aux mêmes conclusions. »

    À part que pour Descartes, justement, les animaux n’étaient que des machines insensibles. ;)

    Sinon, c’est une réflexion intéressante. Une chose qui m’embête avec la B12, mais pas pour des raisons spirituelles (quoique?), c’est que comme à cause d’elle on dépend des laboratoires, ça casse le rêve selon lequel, dans des conditions idéales, on pourrait produire soi-même toute sa nourriture… Ceci dit, je me supplémente quand même, parce que je n’ai pas trouvé de meilleure solution. Si un jour on n’avait plus accès à la B12, on serait quand même obligé de remettre en question notre comportement alimentaire. Cela signifie-t-il que le véganisme n’est juste que dans un certain contexte, celui où on a les moyens de se supplémenter ? J’avoue que c’est difficile à accepter… Mince, en disant ça, je retombe dans la croyance qui n’aime pas être contrariée?

    • Je comprends la répugnance à dépendre d’un labo, mais en même temps on dépend tous plus ou moins des labos pour les choses importantes. Je connais pas grand monde qui refuse toute médication, par exemple en cas de maladie grave ou de grossesse à risque… Je pense d’ailleurs que si on avait pas l’impression d’avaler des médicaments pour tout et n’importe quoi, mais juste pour les choses importantes, on aurait une moins grande méfiance envers l’industrie pharmaceutique.

    • « Cela signifie-t-il que le véganisme n’est juste que dans un certain contexte, celui où on a les moyens de se supplémenter ? »
      N’est-ce pas plutôt « possible » que « juste » ? Et n’est-ce pas le cas de façon plus générale, sans même parler de la vitamine B12 ? Me semble me rappeler qu’une des réponses aux arguments anti-végans classiques « oui mais si tu te retrouvais dans la jungle » ou « oui mais le nomade au fin fond du Sahara qui n’a que son troupeau pour se nourir » était « ben oui, être végan, ça suppose d’avoir accès/les moyens de se fournir une alimentation équilibrée malgré l’absence d’apport de la viande, lait, oeuf, etc.
      Ou je n’ai pas bien suivi ?

  6. Je trouve que nous, les humains, nous avons un problème. Nous sommes dépendants de trop de choses futiles comme… les vêtements pour se couvrir, les couverts pour manger, les médocs pour se soigner, la b12 pour les véganes, le savon pour se laver, des chaussures pour marcher etc. La liste est infinie. Quand je compare avec les animaux, eux ne possèdent que leur propre corps, ils n’ont pas besoin d’outils, ils construisent leur habitat à même l’environnement, et n’ont pas besoin de faire venir du sable de la mer pour fabriquer du béton ensuite… ils savent d’eux-même ce qui est bon pour eux, ils sélectionnent leur nourriture sans avoir besoin de l’apprendre au préalable, ils se lavent avec leurs propres moyens (langue par exemple)… Ils sont en harmonie avec la nature, ne la détruisent pas, ils sont ancrés dans la chaîne alimentaire, tout le contraire de l’humain, qui actuellement n’a plus aucun prédateur (même plus les maladies bientôt :/) et se démultiplie à une vitesse qui me fait peur, détruit son environnement… Bref, je sais pas mais moi je me sens en totale exclusion d’avec la nature… si on place un humain tout nu en pleine forêt, survit-il? quelle sera son espérance de vie à l’état sauvage, par rapport à son espérance de vie en milieu sécuritaire et confortable, comparé à un animal sauvage, son espèrance de vie à l’état sauvage en comparaison avec son espérance de vie en captivité par exemple? à mon avis il y aura un écart beaucoup plus grand entre les deux espérances chez le premier que chez le deuxième!
    je me dis que, peut-être, il y a une sorte de jalousie, d’envie, chez ceux dont tu parles (qui font de la nature une religion)…. et qui désirent peut-être un retour à une vie plus simple, et authentique.?
    Concernant la B12, et si les études scientifiques n’étaient pas « portées dans un sens », comme dans ton exemple avec le café? Après, ce n’est pas parce que c’est scientifique que c’est forcément vrai. Il y a des erreurs même en science. Le corps humain est tellement complexe que la science a du mal à déterminer comment se passe l’assimilation des nutriments… Je ne sais pas si on peut faire totalement confiance à la science… Après tu compares le fait de prendre des pilules de B12 avec les technologies modernes… mais ces-dernières on peut s’en passer, la B12 c’est en lien direct avec notre propre corps, ça nous touche au plus près… ce qu’on mange, c’est ce qui nous maintient en vie, d’où la réticence à prendre quelque chose de manufacturé, trafiqué, sorti de je ne sais où à cause de prétendues études scientifiques…

    • Moi je pense que la technologie peut être utilisée tout en cherchant « un retour à une vie plus simple et authentique ».

      Par exemple, j’ai campé dans la nature, pour me rendre compte qu’on n’a pas besoin de trente-six choses pour vivre bien, ce qui n’empêche pas de profiter de certains moyens technologiques.

      Halte aux gadgets et oui au progrès (le vrai, pas celui qu’on essaye parfois de nous vendre…).
      Ca pourrait être le défi du XXIème siècle (et des suivants) ?

    • Il y a des animaux qui utilisent des outils (les singes par exemple) ou qui transforment leur environnement (les fourmis font de la culture et de l’élevage). Ils ne savent pas magiquement ce qui est bon pour eux (c’est bien le problème pour certains déchets qui tuent des animaux parce qu’ils les mangent, genre les sachets plastiques) et meurent aussi empoisonnés (les rats ont même des protocoles de test et surveillent leur congénère ayant mangé quelque chose de nouveaux). Et il y a un certain nombre d’espèces qui n’ont « naturellement » aucun prédateur.

      Quant à l’expérience de placer un humain tout nu en forêt… je pense que son espérance de vie sera équivalente à celle de n’importe quel animal mis dans une situation l’écartant autant de son milieu naturel que l’être humain (qu’on suppose hautement « civilisé », j’imagine, vu que qu’une personne ayant vécu toute sa vie en forêt, peut-être toute nue base, devrait s’en tirer sans aucun problème). Sans même aller mettre un poisson dans le Sahara, je doute qu’un guépard s’en tire franchement mieux sur les glaces de l’Arctique que moi en pleine forêt amazonienne. Avec un peu de chance, je trouverai un peu de réseau. :P

    • Sophie,
      je suis tout à fait d’accord avec toi sur plusieurs points, notamment sur le fait que l’homme s’encombre de trop de choses futiles. Et on peut comprendre qu’il y ait une certaine réticence à prendre des compléments sortis d’on ne sait où… Seulement, si à l’origine nous sommes des animaux – qui comme les autres peuvent trouver leur nourriture et ne pas avoir de carences – est-ce que l’évolution et le « progrès » n’ont-ils pas rendu impossible cette manière de vivre ? Notre environnement n’a-t-il pas été trop transformé au point que l’on soit obligé de porter des chaussures, de se laver avec du shampoing, de manger avec des couverts et peut-être même de prendre de la B12 en cachet ?

      En ce qui concerne l’article de l’Elfe, je pense qu’on peut aussi se poser la question de la B12 en l’abordant d’un autre point de vue : si l’existence des lobbies du lait et de la viande est un fait avéré, pourquoi les lobbies pharmaceutiques seraient-ils inexistant ou moins puissant ? De plus, je ne crois pas que si nous étions, de manière générale, moins dépendant des médicaments nous serions plus enclins à prendre en complément une vitamine que nous devrions pouvoir trouver naturellement dans les aliments…

      Sur ce, véganes, vivez heureux : la route est encore longue, mais le combat en vaut la peine !

  7. Cela faisait longtemps que je me disais qu’il faudrait écrire un article sur la difficulté qu’ont nombre de végans à considérer que la supplémentation en B12 n’est pas un problème. Merci de l’avoir si bien écrit ! :)
    Je pense vraiment que l’idée de Nature est un des obstacles (idéologiques) les plus importants qui se dressent contre l’avènement d’un monde meilleur, et qu’elle (l’idée de Nature) est tout entière conçue dans notre culture pour servir de support à un rapport de type religieux, où c’est une « puissance » (imaginaire ; mais peu importe…) qui nous indique la voie, nous dicte ce qui est bon ou mauvais de faire, etc. Le recours à un rapport de type religieux au bien ou au mal permet fort bien de court-circuiter l’exigence éthique, la nécessité de déterminer par nous-mêmes, par nos idées, leur logique et leur libre discussion, ce qu’il est bien ou mal de faire, ou, si on préfère, ce qu’il est préférable ou non de faire. Bref, la référence à l’idée de nature permet de remiser l’exigence éthique au placard !

  8. Deux remarques de forme sur le 1er §.

    1. Si des véganes vont ont dit -> si des véganes vous ont dit.

    2. Il ne faut jamais mettre les références bibliographiques uniquement sous forme abrégée dans un document : avec seulement un nom de famille et une année, autant chercher une aiguille dans une botte de foin…
    Et ce n’est pas « & all » qu’il faut écrire mais « et al. », pour « et alii », qui signifie « et les autres » en latin.

    • J’avais la flemme. Et il y a des liens dans le code html, seulement ils ne marchent pas parce que je me suis plantée dans les balises. Je m’en occuperai plus tard.

  9. Le coût du slip est génial. Par ce même raisonnement on pourrait conclure que la B12 est elle aussi une solution pratique et « naturelle » à nos carences.

    Le mysticisme des produits « naturels » me donne toujours l’impression qu’on veut à tout prix voir dans un bête achat quelque chose de beaucoup plus.. quelque chose. Comme si la spiritualité/authenticité/n’importe n’était qu’une question de produit et pouvait donc s’acheter.

  10. Tout simplement bravo !

    A noter aussi un autre parallèle inquiétant avec la religion, où on voit des gens se battre pour être le plus saint… je fais Ramadan sans eau, bien qu’il fasse 38°… je ne mange pas de miel parce qu’il s’agit d’exploiter des abeilles. Afin de se constituer en autorité, bien sûr.
    Et cela sans même parler de l’inédie, ceux qui prônent à se nourrir du prana, énergie spirituelle :-(

    • OK donc tu n’as pas vraiment saisi le sens de l’article. Se passer de miel pour ne pas exploiter les abeilles c’est du véganisme et ça n’a absolument rien de religieux. Aucune religion n’interdit d’exploiter les abeilles, c’est une question d’antispécisme, je ne vois pas pourquoi les abeilles devraient être plus exploitées que les vaches ou les poules.
      Quant aux gens qui font le ramadan, ils exercent leur liberté de culte, ce que notre pays laïque est censé leur permettre de faire. Ce n’est pas à toi de décider s’il fait ou non trop chaud pour qu’ils jeûnent. Le but de cet article n’est pas de s’exprimer contre les religions (surtout que comme d’habitude c’est toujours l’islam qu’on vise en particulier).

  11. On s’est possiblement mal compris tout les deux. Je ne faisais pas de commentaire contre l’islam : je parlais d’une tendance de personnes à réclamer une autorité dans telle ou telle communauté de X en se montrant « plus X » que les autres. Alors, de ce que je comprenne, l’islam permet que l’on boive de l’eau dans les circonstances où il serait dangereux de ne pas le faire. Refuser dans ces circonstances peut se voir comme un exercice de dépassement personnel, ok, mais aussi d’octroyer une autorité sur d’autres membres de la communauté.

    Pour les abeilles, je l’ai pris comme un cas extrême de véganisme, du fait que les abeilles semblent en souffrir assez peu : c’est plutôt un contrat d’emploi qu’un esclavage, à mon avis (ce qui pourrait être erroné). C’était possiblement un mauvais exemplaire d’une perception que certaines personnes cherchent à s’ériger en « plus végane que les autres » : il y a toujours la possibilité de dire que des animaux étaient chassés afin de faire pousser des légumes, qu’il y avaient des oiseaux qui comptaient manger de ces fruits, des vers qui auraient pu les bouffer si elles étaient tombées par terres. C’est le point que je voulait faire, la course à l’extrémisme qui peut s’ouvrir dans les deux cas.

      • Merci pour le lien sur les abeilles, on me pose souvent la question, et je ne sais pas toujours bien quoi répondre…!

      • Ok, j’ai de la lecture :)
        Désolé si je voulais faire de ton article ce qu’il n’était pas voué d’être, je fais un peu combat avec moi même sur les produits laitiers.

      • Concernant les abeilles et la récolte de miel, ça me paraît utile de replacer cette question éthique dans le contexte actuel.
        Les abeilles – comme tant d’autres espèces – sont menacées et décimées par les pesticides utilisés dans l’agriculture intensive.
        Et les apiculteurs sont en première ligne pour ce qui est de défendre la survie des insectes butineurs. Même si leur motivation est avant tout économique.
        Il me semble que dans le contexte actuel, cesser de consommer du miel tendrait à condamner à court terme les insectes butineurs, en les privant de leur principal soutien au sein des sociétés humaines.
        Même si, évidemment, un changement plus global de nos pratiques alimentaires est souhaitable.

  12. Merci beaucoup pour cet article.

    Je me suis rendu compte en lisant que bien souvent quand je me retrouve (bien malgré moi et pour la millionième fois) dans un débat où on essaye de me faire dire que ne pas consommer de produit animalier est absurde/stupide/dangereux/excessif on me pose souvent l’argument du naturel et que cela me pousse toujours à utiliser un contre argument de même nature (ahahah le jeu de mot), ça me posait déjà question quand je me surprenais à avancer des propos qui en gros défendait que notre alimentation moderne était contre nature.

    En lisant, ton article j’ai enfin mis le doigt sur le malaise que ça me provoquait, et je me rend compte que c’est aussi un argument de facilité, quand l’esprit fatigue dans un « débat » ou défense face à des attaques répétés.

    Surement que l’argument du Naturel est plus simple à nous parvenir dans une discussion car le cheminement réflexif créationniste est plus ancré, donc accessible que le cheminement réflexif végane.

    Je me demande si ça ne vient pas aussi d’un rapport avec le libre arbitre :
    en choisissant une réalité supposément dicté par une entité plus ou moins établis en dehors de nous, on s’émancipe de toute responsabilité dans les erreurs, les tâtonnements ou les contradictions dans la mise en forme de notre réflexion et de nos choix de vie.

    En tout cas, merci pour cet article qui permet une bonne remise en question de nos travers réflexifs et aussi grâce auquel j’ai enfin réussi à pousser mon conjoint à se supplémenter.

  13. Je me permets d’apporter quelques corrections sur le cas LTD que visiblement d’après cet article, tu n’as fait qu’effleurer. Le fait que LTD soit transphobe et anti queer n’est pas du à leur croyance en l’hypothèse Gaïa (théorie inventé par James Lovelock et ensuite relayé ad nauseam par le courant New Age) mais plutôt à leur ligne politique « Marxiste Léniniste Maoïste » (LTD est une filiale du PMCLM).
    Ces individus voient les trans et les queers comme « des produits post-moderne du capitalisme pourrissant » (http://lesmaterialistes.com/queer). Le côté « Mère Nature » est un prétexte, un alibi à leurs délires de communistes autoritaires. Il est faux de dire que le culte essentialiste tant étalé sur LTD est le résultat de leur position sur la nature. D’autant plus que LTD a repris dans son nom l’expression « Earth First ! », nom d’un mouvement écologiste radical bien anar qui a maintes et maintes fois répété son refus de la transphobie et de l’essentialisme (https://xconfrontationx.wordpress.com/2014/07/12/transphobie-profondement-verte/).
    Ils ont beau copier l’imagerie de ce mouvement ainsi que son slogan « No Compromise in Defense of Mother Earth! », il n’empêche qu’ils restent des communistes se revendiquant de l’héritage de Staline (sic) et sont donc bien loin d’une Judi Bari, figure emblématique d’Earth First qui a permis avec tant d’autres, de définitivement basculer ce mouvement vers l’anarchisme et la convergence des luttes.

    Quelque liens (en anglais) :

    http://earthfirstjournal.org/about/
    http://earthfirstjournal.org/newswire/
    https://www.indybay.org/newsitems/2014/04/04/18753562.php

    • J’ai quand même l’impression que le problème de fond, c’est l’essentialisme, non? Enfin, peut-être que je comprends pas bien le problème, je sais pas.

      • Ce que je veux dire c’est qu’en gros LTD est un cas à part qu’on ne peut résumer à un blog d’individus qui trippent sur Gaïa et « le naturel ». Leur essentialisme est guidé par une idéologie communiste qui se touche encore sur la révolution culturelle de Mao. Cette particularité vaut le mérite d’être évoquée. Voila tout.

          • Faut dire aussi que le communisme a été franchement anti-féministe, homophobe, transphobe et plein d’autres trucs comme ça (pour le PC jusqu’au début des années 80, mais il reste des gros relents chez pas mal de militants), en prétextant que ce sont des combats secondaires que la société bourgeoise produit pour détourner l’attention et diviser la société de la seule « vraie » lutte – celle ci étant la lutte des classes.
            En bref, « opposer » les femmes et les hommes via la création de fausses luttes (le féminisme, par exemple) ramène à une forme d’individualisme et donc de bourgeoisie, au contraire de la lutte collective économique.

            Ceci dit, les pays communistes ont été bien plus en avance sur l’égalité H/F (par exemple) que les pays de l’ouest, il suffit de voir des films comme le très bon « Barbara » pour comprendre le contraste entre est et ouest dans une période pas si lointaine…

            Je ne connais pas LTD, mais s’ils sont staliniens ça explique dans ce cas leur position.

            Sinon, très bon article ! Merci ! Je ne connaissais que très peu ce débat interne au véganisme, même si j’avoue ne pas être étonné que ça puisse arriver.

  14. Ping : Le Polyamour est il un outil d’émancipation féministe? | Mardi Misandrie

  15. Excellent article, très intéressant et fouillé, merci ! Ça m’a passionnée. Je file voir les autres !

  16. Je me pose tout de même une question: comment fait on pour définir à partir de quand une personne est carencée? Comme tu l’as dit, beaucoup de personne souffre de carences et ne sont pas malades pour autant. Dans les faits, je ne prends pas de B12 et je suis en bonne santé. Notre corps fonctionne selon une stratégie de réserve; il n’a pas besoin d’avoir chaque jour sa ration de chaque nutriment. Il sait les stocker et les transformer quand il y’en a plus que nécessaire pour lui. De plus, il peut fabriquer lui même certaines vitamines mais il est vrai qu’un apport extérieur est le mieux et, dans la plupart des cas, indispensable. Néanmoins, je reste sceptique sur ce sujet B12 et je ne suis pas un partisan du dieu nature lol.
    PS: au fait, le lait de vache c’est de la merde pour la santé et je l’ai testé sur moi ;)

    • Pour savoir si on est carencé il faut faire des analyses sanguines.
      En ne prenant pas de B12, tu augmentes tes risques de voir apparaître des symptômes de carence, sachant que les premiers symptômes passent souvent inaperçus (fatigue, déprime…) donc tu prends le risque de voir apparaitre des symptômes plus graves (atteintes nerveuses). Statistiquement, tu augmentes aussi légèrement ton risque de mourir de certaines causes comme les attaques cardiaques par exemple.

      • Je me suis mal expliqué. Ce que je voulais savoir si tu savais (oui c’est une tournure de phrase bizarre lol) c’est sur quels barèmes et taux se calculent ces fameuses analyses sanguines ?
        Comment a-t-on déterminé quelle quantité de fer, par exemple, il fallait déceler dans l’échantillon sanguin pour donner un verdict?

          • J’ai fais quelques recherches mais je n’ai pas trouvé grand chose. Pourtant, à mon sens, se serait essentiel de savoir cela car toutes nos argumentations se basent là dessus. Et si ces taux dit de bonne santé variaient d’un individu à l’autre? Et si déterminer ces taux n’avait pas été fait de façon si indiscutable que çà?
            J’aimerai quand même bien savoir juste pour être au clair de quoi on parle, parce que pour l’instant je n’ai pas de problème de ce genre et je ne me supplémente pas en B12.
            Je te redis si je trouve un truc ;)

          • C’est absolument pas pertinent comme façon de raisonner. On en sait assez pour affirmer qu’il est dangereux de ne pas se supplémenter et qu’il n’y a aucun risque à se supplémenter. Ce que tu fais c’est comme attendre de comprendre exactement comment fonctionne le système digestif pour commencer à manger de la nourriture. Tu n’as pas besoin de savoir comment fonctionne le système digestif pour comprendre qu’il faut manger pour vivre. C’est pareil pour la B12, tu en sais assez pour comprendre qu’il faut se supplémenter, tu n’as aucune raison rationnelle de ne pas le faire, et tu n’as besoin de comprendre tous les aspects scientifiques du problème pour prendre une décision.

          • Je réponds à ton dernier com.
            Non, je trouve que ton exemple n’est pas valide. Tout ce que l’on sait à propos de la b12 et les risques en cas de carences reposent sur ces fameux taux. Hors, on ne sait rien d’eux. Donc, oui il peut y avoir des risques mais seulement si on en manque; ce qui reste à déterminer. Et il y’a peut être des risques à se supplanter en b12 dans le sens que qu’est ce qui nous dit que le corps va la fixer, l’assimiler? Ce que je veux dire c’est que cette histoire est loin d’être aussi tranchée que ce qu’on nous dit. Pour faire une parallèle avec ton exemple je dirais que c’est comme si on nous disait de manger un fruit inconnu dont on aurait soit disant absolument besoin mais dont tout ça reposerait sur une croyance. Car, pour l’instant, ce que je vois c’est que non on n’en sait pas assez car nous n’avons pas la donnée essentielle vecteur de tout le reste.

          • Mais j’en ai lu. Et je n’ai pas de carences en b12 d’après mes analyses sanguines. Je ne me supplémente pas en b12 mais par contre je mange bio et laisse souvent de la terre sur mes légumes que je fais en jus. Je pense que ma b12 vient de là car j’ai un taux plus que satisfaisant (400 pico grammes).
            Mais je me posait quand même cette question sur les taux (valable pour toutes les vitamines soit dis en passant).
            C’est intéressant car les normes ne sont pas pareil d’un pays à l’autre. Alors, qui a raison?

          • Oui merci pour le lien^^
            d’après ce que j’ai lu l’homocistéine est au moins aussi importante que la b12 parce qu’elle permet son assimilation par la cellule. Mais la b12 est ok pour genre 5 ans encore chez moi alors c’est cool ;) (je suis jeune alors sa doit jouer un rôle lol)

          • Oui mais tu devrais le lire parce que justement ce document explique en quoi c’est faux de dire qu’on est ok pour X années avec la B12

  17. Bonjour l’Elfe,

    j’ai parcouru vite fait ton lien en fin d’article. Il y est dit que les bovins tirent leur B12 des bactéries présentes dans leur système digestif.
    N’en serait-il pas de même pour les humains ? j’ai lu ce genre d’hypothèses sur le web (comme quoi avec un changement de régime alimentaire, on a aussi un changement de la flore intestinale et potentiellement des bactéries qui fabriquent la B12, donc) mais sais-tu si cela a pu être vérifié ?

    Merci en tout cas pour ton article (très pertinent comme d’habitude) et pour ce blog en général qui me donne toujours du grain à moudre dans ma réflexion personnelle.

    • Les humains et nos cousins grands singes ont des bactéries intestinales qui fabriquent de la B12 au niveau du côlon, donc trop bas pour être absorbée (à moins de manger ses excréments, ce que font les gorilles, donc). Le système digestif des bovins est très différent du nôtre: elles digèrent en grande partie par fermentation, c’est à dire que les bactéries symbiotiques présentes dans leur système digestif dégradent pour elles une partie des aliments. (c’est d’ailleurs pourquoi les vaches tiennent bien l’alcool, vous le saurez si vous buvez en compagnie d’une vache).
      Toutes les allégations comme quoi nous pourrions produire de la B12 assez haut dans l’intestin pour l’absorber ne sont que pure spéculation. De plus, je pense que ces croyances ne tiennent pas compte du fait que notre système digestif est très différent de celui des bovins: nous hébergeons bien des bactéries, comme les bovins, mais nous ne digérons pas par fermentation. Le rôle des bactéries de l’intestin humain est plus mineur, et assez complexe.

      • Merci pour cette réponse circonstanciée.
        Je file acheter ma supplémentation en B12 :D

  18. Wow, merci pour la documentation, j’avais jamais su précisément quelle quantité par jour était requise, et je bouffe des cachets bien trop aléatoirement. La page de la société végane est très, très bien faite, je partage.

    Sinon, en parlant d’anémie, je sais qu’il faut pas dire qu’être végane rend heureux et beau, loin de là, mais en ce qui me concerne il y a eu corrélation entre passage au végétalisme et fin des problèmes d’anémie récurrents et plutôt graves que j’avais depuis très jeune. J’ai entendu parler d’un lien trop de laitages -> mal absorption du fer, aucune idée de si c’est avéré. Mais si c’est le cas, vu toutes les femmes et jeunes filles touchées, dans l’indifférence générale, ça vaudrait le coup d’informer sur la question.

  19. Bravo et merci pour ton blog et tes articles toujours stimulants.
    Concernant le mouvement « anti-vaccin », je serai moins caricaturale que toi… Je suis également biologiste de formation (biologie cellulaire, physiologie), mais pas de métier (c’est quand je suis devenue vegan que j’ai compris pourquoi j’ai refusé toutes les propositions de thèses qui m’avaient été faites…). Et j’ai fait mon stage de DESS dans un centre d’immunologie d’un grand labo pharmaceutique français.
    Si il existe bien sûr beaucoup de personnes qui refusent les vaccins avec des arguments non scientifiques dont certains particulièrement « fumeux », les faits scientifiques concernant les vaccins sont bien moins clairs et évidents que ce que tout le monde voudraient nous faire croire (et surtout les médecins et les industriels)… C’est un peu la même problématique que pour la viande et les produits laitiers mis à part que le sujet est beaucoup plus technique. J’ai ainsi en mémoire l’exemple d’un vaccin pour enfant qui a provoqué une diminution effective du nombre de méningites aigües mais une stagnation du nombre de méningites mortelles avec une évolution des sérotypes vers des souches bien plus difficiles à soigner que la souche initiale…
    Si le sujet t’intéresse, je te conseille les livres « Qui aime bien vaccine peu » rédigé par un collectif de médecins homéopathes suisses, ainsi que « Pour en finir avec Pasteur » écrit par Eric Ancelet (je pense qu’il pourrait t’intéresser à plus d’un titre) et d’une manière plus général le blog Pharmacritique.

    • Moi ça me gène énormément qu’on parle comme ça d’un truc appelé « les vaccins » alors qu’il existe en fait plein de vaccins différents, dont certains sont très sûrs et recommandables et d’autres ne le sont pas. C’est comme s’il existait UN SEUL vaccin. Je ne trouve pas ça très rigoureux. Pour autant c’est clair que TOUS les vaccins ne sont pas à faire.

  20. merci pour cet article construit et intéressant. C’est vrai qu’on peut lire à peu près tout et n’importe quoi à propos de la vitamine B12!
    Quand au site LTD, j’aimais bien y trouver certaines infos mais j’ai arrêté de le fréquenter suite à des articles franchement anti-queer. Il me semble aussi que le problème (j’entends « ce qui me pose problème ») est leur posture totalement essentialiste.

  21. Bonjour. Je suis végétarien, quasiment végétalien, et accessoirement, je suis pharmacien (ce qui d’ailleurs me met face à quelques conflits de conscience parfois, par rapport aux innombrables produits issus de l’exploitation animale que dont je fais le commerce chaque jour…) Anecdote: j’ai reçu hier un patient que je connais depuis environ 3 mois. Ce patient a bénéficié d’une ablation partielle de l’estomac il y a une dizaine d’année, à la suite à un ulcère gastrique récidivant. Depuis, il est régulièrement sujet aux symptômes de l’anémie. Fer, vitamine C, folates, spiruline, rien n’y fait. Lorsque je l’ai rencontré la première fois, et qu’il m’avait informé de son histoire médicale, j’ai immédiatement pensé à la possibilité d’un déficit en B12 : c’est fréquent chez les sujets gastrectomisés, puisque l’absorption de la B12 est dépendante d’une protéine (le facteur intrinsèque) sécrété par des cellules pariétales de la région centrale de l’estomac. De ce fait, on est d’autant plus à risque de carence en B12 qu’il manquera de cellules sécrétrices…
    Je lui ai donc parlé de cette vitamine B12 (à l’époque, il y a trois mois) et lui ai demandé s’il avait déjà été supplémenté. Il m’a répondu que, ho oui, il avait bien été supplémenté en B12 par son médecin généraliste, mais que ça n’avait donné guère de résultat… Pour être certain qu’il ne confondait pas avec une autre vitamine, j’ai reformulé sa réponse d’une autre façon. Je lui ai demandé : « OK, donc les injections de B12 n’ont rien donné… » Et j’ai alors appris, avec stupeur (et un brin de colère refoulée) que son médecin ne l’avait pas supplémenté par voie injectable, comme il est d’usage dans ce cas, mais par voie orale… Alors que l’estomac de son patient, probablement amputé d’une partie sécrétrice de facteur intrinsèque, ne permettait peut-être pas ou que peu l’assimilation de la supplémentation !
    Voulant éviter l’incident diplomatique, j’ai alors essayé d’arrondir les angles, de lui suggérer de reparler d’une supplémentation par voie injectable à son médecin (je déteste ces situations malheureusement assez fréquentes où je me sens obligé d’intervenir entre un thérapeute et son patient…)
    Je l’ai revu un mois plus tard… Pour une raison que j’ignore, le médecin lui avait assuré qu’il ne pouvait pas s’agir d’une carence ou même d’un déficit en B12. Je me suis alors senti un peu con et impuissant. En reparlant avec lui, je me suis dit qu’après tout, s’il avait du développer une carence, plus de dix ans après la gastrectomie, il y a longtemps que ce serait fait ! La partie sécrétrice n’était peut-être pas touchée. Le problème devait venir d’ailleurs…
    Et puis, je l’ai revu une troisième fois, hier donc. Et c’était nettement plus intéressant. « Non, j’en veux plus de folates (NB: vit B9). Ça ne me fait rien, marre de les prendre. » Je lui ai répondu que ça ne pouvait pas faire de mal, mais soit, pas de folates cette fois, je n’allais pas le forcer. « Et puis le toubib là… Il m’a dit, si ça s’arrange pas la prochaine fois, ‘je vous ferai une injection de B12’… Alors qu’il m’avait dit que ça ne venait pas de ça ! Alors cette fois je me suis faché… Cette fois je veux qu’il me fasse une analyse pour la B12, qu’on soit fixé ! » Stupeur, bis !
    Bref : voilà un patient à risque évident de déficit en B12 du fait de son histoire médicale, supplémenté une première fois d’une manière potentiellement inefficace, à qui on assure ensuite qu’il ne risque rien par rapport à la B12, sans lui prescrire d’analyse de taux sérique en B12, mais chez qui finalement, après mûre réflexion (enfin, mûre…), on envisagerait peut-être, quand même, une nouvelle supplémentation en B12 par une voie plus directe que la voie orale…
    Bon, je ne connais pas encore le fin mot de l’histoire. Ai-je bien vu ou me suis-je gourré, je n’en sais encore rien. Ce qui est sûr en revanche, c’est que ce généraliste n’a pas l’air très calé en matière d’anémie et n’avait pas l’air de maîtriser les mécanismes d’absorption de la B12… Cette histoire est un peu hors-sujet, je l’avoue, mais c’est le titre de l’article qui m’y a fait penser (avant de lire l’article). On fait quoi, quand même ceux qui sont censés nous soigner n’y connaissent, finalement, pas grand chose ? Difficile de s’y retrouver quand les professionnels de la santé eux-mêmes agissent selon des idées reçues, comme : « il n’y a que la viande qui fournisse des ‘protéines de qualité’ « , « il n’y a que dans les produits laitiers qu’on trouve des quantités suffisantes de calcium », « il n’y a que les aliments d’origine animale qui puissent fournir de la vitamine B12″… Car une fois ces idées intégrées, en partie pour eux-mêmes comme des justifications de leur propre conception de l’alimentation rationnelle, il les martèleront avec force et conviction… Et il nous restera la tâche titanesque de démystifier… Misère… Un grand merci pour tes articles.

    • question difficile, c’est vrai qu’il y semble y avoir une carence dans la formation des médecins…

  22. Super article rafraîchissant… La superstition des communautés véganes fait, je pense, énormement de mal à la cause du véganisme pour les animaux. Je fréquente pas mal les communautés sceptiques anglophones, et beaucoup de membres y considèrent le véganisme (voir le végétarisme) comme un mouvement pseudoscientifique dangereux – alors que si une frange de la population a le potentiel de se remettre en question, c’est bien celle-là ! Il serait temps de voir émerger un mouvement végane rationnel…

    • Il me semble qu’il y a aussi une certaine mauvaise volonté de la part des carnistes de voir le véganisme comme quelque chose de rationnel. Mais c’est vrai que le fait de mêler sans cesse véganisme et trucs pseudo-religieux n’aide pas à lever l’amalgame…

  23. Si j’ai bien compris, le gorille mange ses excréments pour avoir suffisamment de vitamine b12 parce que sont système digestif ne le permet pas de l’absorber correctement. Comme nous.

  24. Bonjour l’Elfe,

    J’arrive un peu à la bourre, vu la date de ton article. J’espère que tu verras/répondras quand même à mon commentaire.
    Je t’avais déjà demandé sur ask si tu avais lu le Rapport Campbell ou China studie, du nutritionniste du même nom, et portant sur les liens entre alimentation et maladies chroniques. Il prône notamment une « alimentation végétarienne à base d’aliments complets ».

    Dans ce livre, le Dr Campbell est lui aussi convaincu qu’une supplémentation en B12 est indispensable à tout bon végétalien qui se respecte. Néanmoins, il dénonce aussi cette tendance croissante à vouloir remplacer des molécules présentes naturellement dans les fruits et les légumes par des suppléments ne comportant que la molécule isolée. Selon lui, la digestion, l’assimilation et l’absorption sont des processus complexes qui mettent en jeu de multiples interactions et réactions entre les différentes molécules.
    En résumé, le TAUX d’absorption d’une certaine molécule provenant, par exemple d’un aliment complet sera toujours supérieur que son taux d’absorption sous forme de supplément isolé. Exemple (erroné…) : 50mg de calcium dans 100g de brocolli. Le corps a besoin de beaucoup de calcium aujourd’hui (…), il parvient à prélever 30% soit 15mg. Selon le Dr Campbell, la même quantité (50mg) de calcium ingéré dans dans le cadre d’une supplémentation bénéficierait d’un taux d’absorption moindre (10, 20 % ?), quand bien même la gélule est absorbée en cours de repas donc avec d’autres molécules, tout cela est brassé…

    J’ai une autre question : les végétarien ayant vécu dans une ère pré-supplémentation (il y a pas si longtemps en fait!) était carencés en B12 ?
    Je sais que ces personnes était pour la plupart végétarienne, donc possibilité de trouver de la B12 dans le lait et les oeufs, mais beaucoup ont été également strictement végans commes certains chrétiens (The Concordium was a boarding school near London on Ham Common, Richmond, Surrey, which opened in 1838. Pupils at the school followed a diet completely free of animal products, known today as a vegan diet. The Concordium was also called Alcott House, in honor of American education and food reform advocate Amos Bronson Alcott.[2] Wikipedia)…

    Merci pour l’attention que tu donneras à mes questions, je suis végétarien depuis l’été dernier, je pensai que le végétalisme/véganisme n’interviendraient que plus tard mais « il faut rester sur sa lancée », la transition omni/vgtr étant bien plus facile que je ne l’aurai cru, on est plus à un oeuf ou un bout de fromage près…
    1 mois que j’ai écarté tout produit animal de mon alimentation, sur tes conseil entre autres je me suis procuré de la B12 hier :)

    Bonne soirée!

    • Le rapport campbell n’est malheureusement pas aussi sérieux qu’on pourrait le croire. Certains parlent de fraude scientifique.
      Pour ce qui est des taux d’absorption, si on parle de la B12, il faut bien être conscient qu’elle est absente du régime végétalien, et que de toutes façons, dans la supplémentation, on tient parfaitement compte du taux d’absorption, il n’y a donc aucun souci à se faire.
      Par rapport au végétarisme, il y en a en effet eu des tentatives de végétaLisme dans l’histoire mais elles n’ont jamais duré longtemps. Alors que des populations végétariennes existent depuis fort longtemps et dans plusieurs endroits du monde. Ce n’est que depuis la découverte de la vitamine B12 que nous pouvons être véganes sans aucun souci de santé.
      Félicitations pour ton parcours

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