Comment le militantisme a détruit ma vie

TW: cette histoire comporte des éléments susceptibles de heurter les personnes sensibles, en particulier sur les sujets suivants: dépression, suicide, manipulation mentale, pervers narcissique.

Ce texte est long, sans doute mal écrit et plein de répétitions. Je l’ai écrit en plusieurs fois car il m’est tellement douloureux de parler de tout ça que je suis incapable de me relire en entier, je l’ai écrit en plusieurs fois et je ne peux pas le corriger complètement. J’espère que mes lecteurs, habitués à un qualité d’écriture un peu meilleure que cela, voudront bien m’en excuser. Si j’ai oublié de masquer un nom ou une information importante qui devrait être dissimulée, signalez-le rapidement, mais j’ai essayé de le faire au mieux.
Comme c’est très décousu, je vais prendre la peine de résumer brièvement en introduction: pascal, mon compagnon, en essayant de monter une entreprise pour promouvoir le véganisme, a été victime d’une incroyable manipulation qui l’a détruit au point qu’il a fini aux urgences psys et a mis des années à se reconstruire, moi et mon fils avons beaucoup souffert de ce qui s’est passé et rien ne sera plus jamais comme avant. L’entreprise a été perdue puis coulée.

Tout cela s’est passé il y a plus de deux ans maintenant. Pourquoi le publier aujourd’hui ? C’est compliqué. Je me suis tue publiquement parce que j’avais besoin de me reconstruire, et parce que j’avais peur aussi. Certaines personnes savent terroriser les autres. C’est même tout ce qu’elles savent faire.

Et puis, je ne voulais pas agir de façon irréfléchie. Les manipulateurs vous poussent à commettre des erreurs. Et puis on m’a dit de me taire, que c’était plus raisonnable. Que tant pis. Peut-être qu’en effet il serait plus raisonnable de ne rien dire. Mais je n’ai jamais vraiment digéré tout ce qui s’était passé, et j’ai toujours su qu’un jour il me faudrait tout dire. Que je ne pourrai pas toujours me taire. Me taire m’était, à l’époque, insupportable. J’ai toujours eu besoin de parler de ce qui s’était passé pour mettre tout ça derrière moi.  Et si j’ai besoin de mettre quelque chose derrière moi, définitivement, c’est bien cette histoire.

Je me sens aussi dans l’obligation de vous rendre des comptes, à vous, mes lecteurs. Je vous avais incités, il y a quelques années, à participer à un financement participatif, et vous avez été plusieurs à participer et à avoir le sentiment d’être escroqués. Beaucoup d’entre vous ont demandé à être remboursés et vous n’avez pas vu la couleur de votre argent. Vous n’avez pas pu savoir ou était passé l’argent, moi je le savais et je n’ai pas pu le dire. Bien sur, je ne suis pas responsable de l’échec de ce financement participatif, pas plus que de ce qui est advenu ensuite. Mais je m’en suis voulue, comme on peut s’en vouloir face à tout désastre qui arrive dans nos vies.
Qu’est devenu cet argent ? Pourquoi vous ai-je incité à participer à un financement, pour ensuite me rétracter ? Qu’ai-je à voir là-dedans ? Que s’est-il passé pour moi ? C’est pour répondre à ces questions que j’écris aujourd’hui. Enfin.

Je voudrais m’adresser aussi aux gens qui me connaissent, « dans la vraie vie » comme on dit. Oui, cette histoire m’a affectée, plus que quiconque ne peut l’imaginer. J’ai traversé des épreuves difficiles (mais ce n’est pas moi, et loin de là, qui en ai le plus souffert, comme vous allez le voir). J’ai été peu soutenue, peu écoutée, peu épaulée. J’avais besoin d’aide et je n’ai pas su la trouver. J’en suis partiellement responsable, je crois que je n’ai jamais su demander l’aide dont j’avais besoin, c’est l’une des choses qui me font défaut dans la vie. J’ai surmonté tout cela presque seule, et le chemin n’est pas encore terminé. Je suis restée forte. Souvent je me suis découragée, c’est vrai. Plus d’une fois, je l’avoue, j’ai pensé au suicide. Mais j’ai toujours relevé la tête. Et tout ça est derrière moi. Et je n’en veux à personne pour ne pas avoir été là, je pense que c’était mon chemin.

J’écris cet article aussi parce que je souhaite mettre en garde contre les pervers narcissiques et les escrocs en général, je ne me suis pas assez méfiée et j’ai payé très cher pour cette erreur. Je ne citerai pas de nom, ni le nom de la boîte, car peu importe. Je veux juste raconter ce qui s’est passé pour nous.

Enfin, je tiens à préciser sur ce blog pourquoi je ne parlerai plus de véganisme ni d’antispécisme. Non pas que je pense que ces causes sont mauvaises, ce sont des causes justes pour lesquelles je me suis battue des années et pour lesquelles j’ai donné énormément de moi-même, et je ne les renie pas. Mais après ce qui s’est passé, je n’ai plus rien à donner, hélas. Et mon passif est trop lourd pour pouvoir m’investir à nouveau personnellement. Je sais ce qu’on va me dire: cette histoire n’a rien à voir avec le véganisme en lui-même, etc… Oui, mais je ne peux pas ne pas associer le véganisme à tout cela, pour moi émotionnellement, c’est trop dur. J’espère que d’autres gens prendront à cœur de défendre cette cause comme je le faisais autrefois.

Il reste tout de même des gens contre qui je reste très en colère encore aujourd’hui. Du président d’une des principales asso végane qui m’a sorti « il n’y a pas mort d’homme! » comme si tout ça n’était, au fond, pas bien grave, juste  une dispute entre activistes comme il y en a dans toutes les assos. Ce type, que je considérais comme un ami à l’époque, je le vomis, il ne m’a pas prise au sérieux, a voulu défendre son petit clocher et même si ce n’est pas lui directement qui m’a fait du mal, je le tiens pour l’un des principaux responsables de mon désengagement politique. Si j’avais été épaulée, j’aurais pu revenir à cette cause qui m’a toujours tenue à cœur. Comme d’autres personnes du milieu végane, il ne voulait pas que les gens sachent, tout ce qui l’intéressait était de calmer le jeu et dissimuler la triste vérité. Mais les gens sauront, et tant pis si ça « nuit à l’image du véganisme », comme on me l’a dit plusieurs fois à l’époque quand j’essayais de parler. Je pense que le véganisme est une cause qui a besoin d’être défendue par des gens doués d’une éthique, et pas de mensonge, de dissimulation et d’hypocrisie. Je pense que le véganisme n’a pas besoin de gens qui se servent de la cause animale pour persécuter, mentir, voler, et qu’on garde le silence là-dessus « pour la cause ». Au contraire. Les gens doivent savoir. Quand les gens sauront, quand les choses seront claires et transparentes, la cause pourra avancer. mais qu’on soit bien claire, je ne m’exprime pas ici « pour la cause », je ne ferai plus rien pour une cause au nom de laquelle on a détruit ma vie. Je le fais pour moi. Et je ne souhaite pas non plus nuire à cette cause, je pense simplement que la vérité ne nuit à aucune cause. Et ici je vais dire la vérité. Et il ne sera pas question que de mes ressentis personnels, mais de faits. Des faits réels, concrets.

Donc voilà.
Tout a commencé en avril 2015. A cette époque, pascal, qui est le père de mon enfant, avait décidé de monter sa propre entreprise. Il faut savoir que pascal, qui est végane depuis 2011 environ (je ne suis pas sure de la date exacte), avait pour métier d’organiser des évènements. Je considère qu’il est très doué dans son métier. Il a en tous cas une longue expérience de l’organisation d’évènements. mais son travail, qu’il avait quitté en 2013 a la naissance de notre enfant afin de se consacrer à celui-ci, ne lui apportait pas tout l’épanouissement auquel il aspirait. Quand il a officiellement lancé son projet en 2015, cela faisait déjà plusieurs années qu’il en parlait. Il rêvait de mettre son talent et ses compétences au service d’une cause qui lui était chère. Il a longuement réfléchi à son projet et m’en a beaucoup parlé. Il voulait créer une entreprise servant à organiser des évènements autour du véganisme, entreprise portée par un évènement phare, qui serait un grand évènement autour du véganisme. Son rêve était de vivre de cette activité (néanmoins, il n’a jamais personnellement touché un centime de son travail dans la boîte qu’il a montée, j’insiste lourdement là dessus, et j’y reviendrai). Comme nous faisions très attention à nos dépenses, et que nous arrivions à vivoter grâce aux aides sociales, quelques boulots que je faisais à droite et à gauche, et quelques sous que nous avions de côté, il décida de consacrer un an à la réussite de ce projet. C’est à dire qu’il travaillerait un an au maximum sans se payer, et que si l’évènement était un succès financier, il continuerait l’activité avec un salaire qui nous permettrait de vivre. Si l’évènement était un succès mais ne rapportait pas assez d’argent, ça aurait néanmoins été un beau projet qu’il aurait été heureux d’avoir mis en place, néanmoins il aurait cessé l’activité, puisque nous ne pouvions vivre éternellement d’amour et d’eau fraîche. Et enfin, il y avait toujours la possibilité de faire un dépôt de bilan au cas où ça ne marcherait pas du tout (c’est à dire s’il n’y avait pas assez d’argent pour faire le salon, puisqu’un évènement de cette ampleur coûte beaucoup d’argent).

Aussi il a commencé par faire un financement participatif, qui rapporterait 20000€ si ma mémoire est bonne. Au début, le montant était plus élevé, mais il réussit à négocier la location de la salle, et à faire donc réduire le budget nécessaire. J’insiste encore une fois sur le fait que ni moi, ni lui n’avons jamais touché cet argent. J’insiste parce que des gens ont essayé de faire croire que Pascal avait détourné l’argent de la boîte. Cet argent est allé dans les caisses de l’entreprise. Et pascal n’a jamais disposé de cet argent. Il s’est fait rembourser quelques billets de train pour aller à paris, mais c’est tout à fait normal et habituel de faire passer en notes de frais ce qui relève du fonctionnement de la boîte, hors il avait besoin d’aller à paris pour organiser le salon. Pour que ça coûte moins cher à la boîte, il allait généralement dormir chez des gens. une seule fois, vers la fin, je l’ai supplié de dormir à l’hôtel car cela l’épuisait d’aller de chez machin à chez bidule avec son sac et il revenait crevé. Il est allé dans une auberge de jeunesse et a dormi en dortoir. Pour cela, il avait demandé l’autorisation de son associée, ce que je trouvais bizarre d’ailleurs.

Pourquoi je trouvais ça bizarre? Parce que Pascal était le patron de la boîte. Il a financé le capital de départ à hauteur de 1800€. Son associée, qui avait insisté pour être associée et posséder une partie du capital de la boîte, n’avait pas les fonds nécessaires et a donc emprunté à Pascal lui-même 200€, qu’elle ne lui a d’ailleurs jamais remboursés. Malgré cela Pascal demandait l’autorisation à son associée pour faire quelque chose comme prendre un hôtel.

C’est le début d’une longue série d’incompréhensions, et ce n’est qu’en novembre 2015 que je compris enfin, d’un seul coup, ce qui s’était passé pour pascal. Après l’avoir empêché de mettre fin à ses jours et qu’il soit entré dans un service pour trouble anxio-depressifs. Mais je vais y venir. Je dois d’abord raconter ce qui s’est passé.

Je tiens à dire que je ne souhaite pas ici me victimiser. Même si j’ai beaucoup eu le sentiment que toute cette histoire me tombait dessus, j’ai aussi fait des erreurs, rétrospectivement. Je pense que j’aurais dû m’associer avec Pascal et prendre en charge la partie communication, ce que j’étais parfaitement capable de faire. Mais d’abord, j’avais à m’occuper de mon fils qui avait 2 ans quand cette histoire a commencé. Et puis, je n’avais pas assez confiance en moi, je pensais que je ne savais pas faire. A un moment, constatant que le travail en question (qui consistait principalement à publier sur les réseaux sociaux au nom de la boîte, imprimer et distribuer tracts et affiches) n’était pas si sorcier que ça, et que je n’estimais pas forcément qu’il était très bien réalisé, je me suis proposée pour donner un coup de main. L’associée de Pascal a cordialement refusé ma proposition, pour confier le travail à quelqu’un d’autre. Je n’ai pas du tout insisté, mais j’ai été assez surprise de constater un peu plus tard que le travail n’était pas du tout fait. Bref, je m’égare dans l’anecdotique, et je m’en excuse, mais tout ça est assez révélateur de comment ça s’est passé pour moi, et des erreurs que je pense avoir commises. Mais ce n’était que le début : au fil du temps, Pascal s’est mis à aller de moins en moins bien. Il me parlait beaucoup de son travail, et ça le tracassait énormément. Il avait des problèmes avec son associée et le compagnon de celle ci (même si nous ne savions pas à l’époque qu’ils étaient ensemble), il avait le sentiment d’avoir « commis des erreurs » (je reviendrai sur ces « erreurs » vagues qui sont un aspect très important de ce qu’il a vécu) ; il trouvait que ça n’avançait pas. Et moi, je me disais que si c’était si difficile pour lui, c’était sans doute parce qu’il travaillait énormément, qu’il tenait beaucoup à ce projet qui était très, très important pour lui, et que le travail de chef de projet évènementiel est un travail stressant de base. Et je me disais aussi qu’il allait s’en sortir, qu’il allait y arriver, que tout irait mieux. Mais surtout, je me disais que c’était son travail, que ça le concernait lui, que je n’avais pas à m’en mêler, qu’il s’en sortirait tout seul (j’avais déjà assez à faire à m’occuper de notre fils, pour lui laisser un maximum d’espace pour travailler et régler tous ces problèmes).
Des amis m’ont dit que je n’avais pas à culpabiliser pour ça. Sans doute la culpabilité ne sert à rien, mais oui, j’ai fait une erreur. J’aurais dû m’en mêler, j’aurais tellement dû intervenir. Quand il a été hospitalisé, et que j’ai été forcée de m’en mêler, et que j’ai enfin compris ce qui s’était passé, j’ai bien vu que j’aurais dû agir plus tôt. Je pense toujours que Pascal est un professionnel compétent dans l’évènementiel, mon avis là-dessus n’a pas changé. Ce dont je n’avais pas conscience, c’était à quel point il pouvait être fragile, à quel point surtout il était capable de donner sa confiance à des gens qui ne la méritent pas, à quel point il a mal choisi ses associés, à quel point il s’est laissé embarquer dans des relations toxiques pour lui, et le mal que ça lui a fait. Le prix qu’il a payé pour ces erreurs est bien plus élevé que vous ne pourrez l’imaginer.

Mais je vais trop vite. Je reviendrai sur les conséquences de cette histoire, mais je vais commencer par le début : au début, tout allait bien. Il y avait beaucoup de travail, et c’était pas facile tous les jours, mais le projet avançait correctement. Il y a même eu un moment, après le financement participatif, ou nous étions ravis de voir la tournure que prenaient les évènements. Avec les négociations pour le prix de la salle, et les rentrées d’argent de la vente de stands que réalisait pascal (je rappelle que le financement participatif ne devait servir à payer que 1/3 environ du prix du salon, le reste devait être apporté par les ventes de stands à des entreprises, il y avait donc un gros travail commercial que Pascal réalisait seul), le salon prenait forme.
Je dois dire qu’au début, je n’étais pas vraiment sûre de croire à ce projet. Quand j’ai fait tourner sur mon blog le financement participatif, je me disais que de toutes façons, si ça ne marcherait pas, chacun serait remboursé, c’est ce qui était prévu par les conditions du financement participatif. Donc il n’y avait, selon moi, aucun risque. Et je voyais bien l’enthousiasme de Pascal, je me disais que lui croyait vraiment à son projet, et qu’il fallait lui laisser une chance, parce que cela pouvait donner de très beaux résultats s’il était soutenu et aidé. Et petit à petit, après que le financement ait fonctionné, que le travail commercial ait débuté, et que le salon ait commencé à prendre forme, quand Pascal m’a montré le plan du salon, et tout ce qui était prévu (pôles, animations, conférences, expos…) j’étais impressionnée, admirative et très fière de lui.

Tout a commencé à déconner le jour où son associée a fait la connaissance d’une personne qui est devenu assez vite son compagnon (mais pour une raison qui nous a toujours échappé, nous ne l’avons su qu’après car ils nous ont dissimulé la nature de leur liaison, ce qui est assez bizarre je trouve, mais on n’est pas à une bizarrerie près). Cet homme nous a été présenté comme quelqu’un qui voulait « donner un coup de main », il n’était pas végane mais, disait-il, il était très intéressé par le véganisme, et il connaissait des tas de gens, des célébrités, des gens utiles, des bons plans, il pouvait nous avoir des financements, etc… Et pascal était vraiment très heureux et enthousiaste de l’avoir rencontré. Il disait qu’avec cette personne, le salon allait être vraiment génial, que tout allait marcher très bien, et qu’on pourrait même se payer confortablement (ce qui, je l’avoue, semblait très attirant à mes yeux, moi qui avait pendant des années vécu sans le sou). Il m’en parlait avec un enthousiasme indescriptible, de ce L.. C’était pas seulement une question d’argent, c’était pas seulement faire un beau salon, c’était même plus que ça : il était question pour Pascal de vivre de ce qu’il aimait, de consacrer sa vie à défendre des valeurs auxquelles il tenait. C’était notre rêve qui se réalisait.

Personnellement, je me suis toujours un peu méfiée de L.. Il promettait beaucoup de choses, et avait une tendance à se mettre en colère de façon impressionnante si on ne lui disait pas ce qu’il voulait entendre. Par exemple, il était en désaccord avec pascal au sujet du site web qui devait coûter environ 3000€. Il refusait que l’on paye le webmaster, qui avait pourtant fourni un travail très satisfaisant. Il appela un jour un webmaster, en conversation à plusieurs, pour lui demander combien coûtait un tel site web, dans le but de convaincre pascal que le travail effectué pour le site web ne méritait pas une telle somme. Le type au téléphone lui répondit que ça coûtait 8000€ chez eux, la conversation s’est envenimée, et L. s’est énervé et s’est mis à insulter le type. C’était de petits détails de ce genre, qui ne voulaient pas dire grand chose en eux-même, mais qui faisaient que je me méfiais, même si comme je le disais, je ne me mêlais pas du travail de Pascal et je n’avais pas de contact direct avec L.. Malgré ça, je me rappelle clairement avoir dit plusieurs fois à Pascal que je pensais qu’il ne devrait pas travailler avec cette personne, qu’il m’avait l’air d’un type douteux, qu’il valait mieux laisser tomber.
Pascal hésitait parfois. Mais Il y avait tout ce que promettait L., et il avait l’air d’y croire.

L. promettait beaucoup de choses, il m’est difficile de me rappeler exactement quoi, mais je vais donner quelques exemple concrets. Par exemple en ce qui me concerne, bien qu’à l’époque, comme je le disais, je n’avais aucun contact direct avec lui, il disait avoir lu mon blog et qu’il pourrait trouver des éditeurs qui me rémunèreraient en tant qu’autrice, et il disait qu’il pouvait aussi faire exposer mes photos. Même si, contrairement à Pascal, je ne prenais pas ses promesses vraiment très au sérieux, je trouvais ça flatteur et intéressant. Par rapport au salon, il connaissait telle ou telle célébrité, ou il avait tel ou tel bon plan pour faire imprimer les t shirt ou faire développer le site web. Mais les promesses les plus importantes qu’il faisait concernaient le nerf de la guerre : l’argent.

D’abord, il a été question, entre août et septembre, de remplir des dossiers de subvention. Il disait que comme il connaissait les bonnes personnes, c’était sûr à 100% que ce serait validé. Il promettait entre 15000 et 30000€, cumulant les aides de la ville, de la région et du département.
Ensuite, il proposa un apport du crédit mutuel qui aurait sponsorisé le salon à hauteur de 30000 à 50000€. Durant le mois d’octobre, Pascal monta à 3 reprises a paris spécialement pour des rendez-vous organisés par l’associée et L., et qui se sont annulés systématiquement à la dernière minute, une fois qu’il était déjà sur place. Il restait néanmoins plusieurs jours, et participait à diverses réunions, essayait de régler les problèmes relationnels qu’il rencontrait avec son associée… Ces périodes ont été extrêmement difficiles pour moi et notre fils. D’abord parce qu’il m’était de plus en plus pénible de me passer de la présence de Pascal. Je n’allais moi-même pas très bien (je souffre de dépression depuis des années) et il m’était difficile de m’occuper seule d’un enfant en bas âge. La parentalité a toujours été pour nous quelque chose qui se vit à deux, même si je prenais davantage en charge quand pascal travaillait. C’était très dur pour moi d’être si souvent seule avec mon fils.
De plus, à ce moment, Pascal commençait à aller vraiment mal. Il avait des angoisses terribles au sujet de ces subventions que L. promettait « à 100%, sûr », mais qui ne venaient jamais. Ce qui me semblait bizarre était que L. ne mettait jamais en contact Pascal avec les gens du crédit mutuel, mais gérait lui-même l’intégralité des communications. Les rendez-vous étaient annulés à la dernière minute sous différents prétexte (la personne qu’on devait voir était malade…) et toujours après que Pascal ait pris le train. Plus tard il m’avouera qu’il est en fait très peu probable que de tels rendez-vous, pour négocier des sommes aussi élevées, s’annulent de cette façon, et qu’il se sentait honteux d’avoir cru tout ça. De mon côté, j’ai plus d’une fois soupçonné que ces rendez-vous soient entièrement montés de toute pièce, surtout après la deuxième annulation. Je dois dire que ça m’angoissait assez, mais il m’est difficile de décrire l’état dans lequel cela mettait Pascal. Il était terrifié, littéralement bousillé par l’angoisse. Je revois me confier, en proie à de véritables crises de paniques : « j’ai peur que ce soit du vent, j’ai peur que ces subventions n’existent pas et qu’il ait tout inventé ». Les sources de ces angoisses, j’y reviendrai.

Au bout d’un moment, vers fin octobre, il ne fut plus question du crédit agricole ni des subventions, mais de Carrefour qui lançait sa marque de produits vegans et qui aurait pu soutenir le salon à hauteur de 100 000 à 200 000€.

Il s’agissait donc de sommes très importantes (je rappelle que le financement participatif a rapporté 20000€ et les ventes de stand auraient du en rapporter environ 40000). Je trouve personnellement que Pascal a été d’une naïveté qui me surprend beaucoup, mais je pense qu’il est difficile de comprendre comment il a pu croire tout cela sans se pencher sur ce qui se tramait entre les associés, et c’est pourquoi je dois en parler également. En dehors de ces moments de doute horrible qui le faisaient paniquer, Pascal croyait généralement tout ce que disait L.. Et il y avait deux facettes à cela, je ne le voyais pas clairement à l’époque mais c’est devenu parfaitement clair : il y avait d’un côté tout ce qui allait se passer merveilleusement bien si on faisait ce que L. voulait. Et d’un autre côté, tout ce qui allait se passer horriblement mal si on contrariait les désirs de L.. Et ça aussi, ça terrifiait Pascal.
Il faut savoir que certaines personnes peuvent être non seulement très persuasives, mais très douées pour savoir comment faire peur à quelqu’un, ou au contraire comment dire à la personne ce qu’elle veut entendre. Pascal, comme toute personne, a des peurs. Des peurs profondes, ancrées. Sans entrer dans les détails, Pascal a toujours eu peur de décevoir, de déplaire aux gens qui comptent sur lui. Et L. ne menaçait pas forcément, c’était souvent plus subtil que ça. Mais il laissait entendre qu’il savait, lui, que si on ne faisait pas comme il voulait, ce qui allait se passer était précisément ce que Pascal redoutait. Tout comme il promettait précisément ce que Pascal désirait plus que tout au monde : les moyens pour réaliser un événement formidable, que tout le monde aurait aimé, et l’assurance de pouvoir vivre en faisant quelque chose qu’il aimait.

Ainsi pascal croyait L.. Sa « naïveté » (je trouve ce mot un peu trop péjoratif pour désigner cette situation complexe, mais je l’emploie faute de mieux) avait cependant des limites. Si Pascal faisait entrer l’argent promis par L. dans les budgets prévisionnels, ce qui lui permettait d’ajouter des éléments au salon, il ne s’engageait cependant pas définitivement, au cas où l’argent n’entre pas. Pascal n’estime pas que ce soit à cause de l’argent promis que le salon a échoué. Il y a selon lui deux raisons à l’échec du salon : d’abord, à partir de septembre environ (ce qui correspond à l’époque de la rencontre de l’associée avec L.), le travail de communication qui était la tâche de son associée n’a pas été réalisé correctement. Elle devait principalement imprimer des tracts et des affiches, et les distribuer sur Paris, et se montrait réellement très peu efficace pour tout ce travail : par exemple elle a refusé de faire appel aux services de la graphiste qui avait réalisé le logo, elle a préféré engager une étudiante qui finalement n’aurait apparemment pas pu fournir le travail, puis elle a proposé de le faire elle-même, mais cela a traîné pendant des semaines alors que cela devenait urgent de faire de la publicité pour le salon qui aurait normalement lieu en Décembre. A mon avis, dessiner l’affiche aurait dû lui prendre une journée au maximum. A ma connaissance, la campagne d’affichage n’a jamais été faite, les tracts n’ont jamais été distribués dans les lieux adéquats (restaurants véganes, magasins bio, etc…). Le travail de community manager a été à peu près fait, selon les périodes, mais cela ne suffisait pas.
En octobre, de nombreuses personnes qui s’étaient engagées à acheter un stand ont finalement décliné, ce qui fait que le budget du salon a complètement chuté. Pascal estime que c’est l’absence de toute communication sur le salon qui est à l’origine de leurs refus.

Mais il y avait pourtant plus grave. Car même avec tout ces soucis, le salon aurait pu, aurait du avoir lieu en Décembre.

J’ai évoqué plusieurs fois la santé mentale de Pascal, qui a décliné rapidement entre août et Novembre. Je vais maintenant entrer dans le vif du sujet. Plus que l’échec du salon, plus que nos rêves et nos espoirs jetés aux chiottes et la chasse tirée, voilà le sujet de ma colère. Pascal a été manipulé, détruit, démoli. La relation toxique qu’il a nouée avec son associé et le compagnon de celle-ci l’a réduit en charpie, en miettes. Et c’est moi qui ai du ramasser les miettes. C’est moi qui ai dû l’empêcher de se tuer, le traîner chez un psychiatre un matin glacé de Novembre, en trainant aussi notre gamin frigorifié en pleurs sous la pluie (il avait 2 ans à l’époque). J’ai assisté, sans comprendre, pendant des semaines, à la destruction de mon compagnon, jour après jour, cellule après cellule, l’anéantissement presque complet de son être. Moi qui suis si à l’aise, d’habitude, pour m’exprimer à l’écrit, je ne parviens même pas à trouver les mots pour dire ce qu’il a vécu. Je vais tenter de vous dire ce qui se passait pour nous dans les dernières semaines, ce mois d’octobre 2015 et les premiers jours de Novembre.
Pascal tremblait. Il tremblait tout le temps. Il parlait vite, il avait des propos de plus en plus incohérents, il me parlait de son associée et L., du salon, jour et nuit, il répétait toujours les mêmes choses, ressassait ses angoisses, en permanence, jour et nuit. Il ne dormait presque pas, seulement par tranches de 20 minutes. Il ne mangeait plus. Il passait plusieurs jours sans manger, et il vomissait plusieurs fois par jour. Je me souviens que je me disais « mais comment peut-il vomir autant alors qu’il ne mange presque pas ? ». Il a perdu 20 kilos.Il avait des crises de larme incontrôlées. Il faisait des choses qui n’avaient aucun sens : il tournait en rond dans l’appartement, se tordait les mains, s’allongeait par terre. Quand il essayait de dormir, il se couchait dans le froid, sur le sol du salon. J’étais désespérée. J’allais le voir, je lui disais de venir dans le lit, je lui demandais pourquoi il s’allongeait par terre, il ne savait pas me répondre, il disait n’importe quoi. Notre fils, de qui il a toujours été très proche, aussi proche que moi, ne voulait plus être avec lui (je pense que d’une certaine façon il ne le reconnaissait pas, c’est ce que m’a dit une pédopsychiatre que j’ai vue par la suite).
Et les choses s’empiraient. Jusqu’à cette nuit de Novembre.

Et moi, stupide que j’étais, à ce moment là je croyais encore qu’il faisait un « simple » Burn-Out, même si je voyais bien que des choses m’échappaient. Je ne comprenais pas ce qu’il vivait, je ne comprenais pas pourquoi il souffrait autant, ce qui se jouait pour lui. Tout comme, depuis le début, je ne comprenais pas pourquoi il fallait toujours les autorisations de L. et de l’associée pour faire quoi que ce soit. Je ne comprenais pas pourquoi il prenait des « jours de congé » pendant lesquels il passait des heures au téléphone avec eux et finissait par travailler comme les autres jours. Tout comme je ne comprenais pas des tas de choses : par exemple pourquoi, alors que Pascal s’était mis d’accord avec le webmaster pour lui payer le site web, il ne l’avait pas payé : L. et l’associée n’étaient pas d’accord, ils contestaient, mais l’engagement avait été était pris, le travail avait été fait, et Pascal était à cette époque le patron de la boîte, il aurait pu simplement signer le chèque. Mais il était incapable de faire quelque chose que L. désapprouvait. Je ne comprenais pas pourquoi la moindre décision devait être ratifiée par L. qui, je le rappelle, ne faisait même pas partie de la boîte. Je ne comprenais pas pourquoi il fallait faire tout ce que disait L., et d’ailleurs je ne comprenais même pas pourquoi il continuait à travailler avec ce type alors qu’aucune de ses promesses (apports financiers, bons plans, mises en relation avec des personnes haut placées, etc…) ne s’était jamais concrétisée. Je ne comprenais pas pourquoi Pascal ressassait sans arrêt, au bord des larmes: « j’ai fait des erreurs, j’ai fait des erreurs… » alors qu’il n’arrivait même pas précisément à dire ce qu’il avait commis de si grave comme erreurs. Il disait tout le temps que tout était de sa faute. Tout était de sa faute, mais L. allait arranger le coup, mais ça ne venait pas, mais tout était de sa faute à lui, Pascal… Tout était toujours de sa faute. Une espèce de panique intense qui a duré deux mois, s’est empirée jusqu’à la rupture jusqu’à cette nuit de Novembre dont je reparlerai.
Non seulement je ne comprenais pas tout cela, mais je ne faisais pas le lien clairement entre toutes ces choses. Je vais vous raconter comment j’ai fait ce lien, comment j’ai tout compris.

Je précise qu’il était à la base prévu que l’associée rachète 50% des parts de pascal afin qu’elle ait le même pouvoir décisionnel que Pascal. C’était ce qui avait été décidé en réunion avec la comptable. Même s’il me semblait que Pascal n’avait pas vraiment de pouvoir décisionnel concret.

Bref. Comme je le disais précédemment, je voyais que Pascal rencontrait des difficultés de plus en plus importantes dans son travail, mais je me rassurais en me disant qu’il s’en sortirait. Quand sa santé a commencé à décliner de façon importante, je ne savais pas trop quoi faire. J’ai dit plus haut que j’avais émis des réserves par rapport au fait de travailler avec L., et que je trouvais que l’associée ne faisait pas un travail extraordinaire, voire pas de travail du tout (même si elle avait tout de même fourni un travail correct en juillet-août). Mais je ne pensais pas qu’il y avait manipulation ou quoi que ce soit. Je ne tenais personne pour responsable de l’état de Pascal, même partiellement. Je ne pensais pas qu’il y ait quoi que ce soit de grave concernant les personnes avec qui Pascal travaillait. Cela me paraît incroyable aujourd’hui, et je ne sais pas comment les personnes qui liront ce texte pourraient le croire, en fait. Mais c’est la vérité.

Et donc, je ne m’en mêlais pas plus que ça. J’avais assez de travail avec notre fils. Je rappelle qu’il avait 2 ans à l’époque, un âge difficile. J’avais passé de très longues périodes à m’occuper de lui toute seule, car Pascal était toujours à Paris (ils le faisaient venir le plus souvent possible, souvent sous prétexte de rendez-vous avec des financeurs qui en fait à mon avis n’ont jamais existé, qui étaient annulés dès qu’il étaient dans le train ou dès son arrivée à paris) et petit à petit Pascal était devenu incapable de s’occuper de lui, donc c’était moi qui le faisait. Un travail à temps plein. Et je me disais que je ne pouvais rien faire pour l’aider, à part bien sur en étant là pour le soutenir autant que je pouvais. Je ne voyais pas la solution dans le fait de me mêler de ses relations avec ses collègues (même si L. n’était pas un collègue à proprement parler, puisqu’il ne faisait pas officiellement partie de l’entreprise, c’était tout comme puisqu’il prenait beaucoup de décisions et avait beaucoup d’importance dans l’entreprise).

Puis vint cette fameuse nuit. C’était début Novembre.
Je n’en ai jamais vraiment parlé sur ce blog je crois, mais l’idée de suicide ne m’est pas totalement étrangère. Je suis déjà passé par des phases suicidaires, même si je ne suis jamais passé à l’acte. Peut-être est-ce cette connaissance douloureuse du sujet qui m’a mise sur la piste. Sans doute aussi mon intuition et le fait que je connaisse bien Pascal. C’est difficile à expliquer. Toujours est-il que cette nuit-là, je savais qu’il était en danger. Je le sentais au plus profond de mon être. Il me le confirma plus tard, il cherchait activement un moyen de se donner la mort. Pour être exacte, il cherchait un moyen de se pendre. Il voulait en finir avec cette souffrance. Aussi, cette nuit-là, je n’ai presque pas dormi. Je m’allongeais un peu, m’assoupissais d’épuisement, et au bout de quelques minutes je me réveillais en panique. J’allais voir Pascal qui était allongé sur le sol du salon, ou qui tournait en rond, désespéré. Je restais avec lui. Entre notre fils que je gérais seule et mes propres problèmes de sommeils aggravés par l’anxiété, j’étais moi-même dans un état d’épuisement inquiétant. Aussi je m’assoupissais parfois, puis je me réveillais en sursaut et j’allais surveiller Pascal. Je le suppliais de venir se coucher. Chaque fois que j’arrivais dans le salon, j’avais peur qu’il aie profité de mes quelques minutes d’assoupissement pour commettre l’irréparable. J’avais peur de le trouver mort. Et mes craintes étaient justifiées.

Le lendemain matin, à la première heure, j’appelai un psychiatre. En racontant tout ça, il me semble difficile de justifier de n’avoir pas fait cela plus tôt. Mais pour comprendre, il faut se remettre dans le contexte de cette période. Je crois important de dire à quel point le salon comptait pour nous. Pour moi bien sur, cela comptait beaucoup, mais pour Pascal, plus que tout au monde. Son but était de réussir cet événement. Il ne pensait à rien d’autre. De plus, il était coincé. Il pensait parfois à des solutions comme faire un dépôt de bilan et rembourser ce qui était remboursable (très peu d’argent avait été dépensé, c’était faisable) mais l’associée et L. n’étaient pas d’accord. Ils voulaient qu’on fasse exactement ce qu’ils disaient. Je pense que Pascal aurait préféré mourir plutôt que de contrarier L., parce que, sans que j’ai jamais vraiment compris comment, L. arrivait à le convaincre qu’il arriverait des choses terribles s’il ne faisait pas ce qu’il devait. De toutes façons, toutes celles et ceux qui comme moi ont connu les pensées suicidaires le savent : il y a des choses bien pires que la mort. Qui font plus souffrir, ou plus peur, je ne sais pas très bien. En tous cas, les manipulateurs savent (inconsciemment sans doute) nous en persuader, et s’en servir.

Je précise que c’est durant ces jours-là que moi et Pascal avons eu des conversations au téléphone qui ont été enregistrées à notre insu, et diffusées sur internet. J’ai toujours les enregistrements (je ne sais pas pourquoi ils nous les ont envoyés par mail ainsi qu’au maire de montpellier, je sais ça semble complètement insensé). J’ai hésité à les diffuser avec cet article (ils sont édifiants, rien que le son de ma voix à l’époque, la façon dont je décris les symptômes de pascal, la façon dont l’associée insiste pour que je l’appelle régulièrement pour lui parler de ce qui se passe, ce que je n’ai heureusement pas fait, les questions étranges qu’elle pose, etc) mais finalement je ne le fais pas, car je n’arrive pas à censurer le nom du psychiatre que j’avais bêtement donné à l’associée quand elle me l’avait demandé. La façon dont elle essaie de me manipuler sur ces enregistrements me semble absolument évident aujourd’hui, et c’est incroyable de penser qu’à l’époque je ne me doutais de rien.

Donc nous avons dû appeler plusieurs psychiatres et nous avons réussi à avoir un rendez-vous assez rapidement. Nous sommes allé là-bas, l’enfant sous le bras. Je suis désolée, je m’étais promis que je ne ferais pas dans le pathos, mais c’est peut-être un des pires souvenirs de ma vie : Pascal était un zombie, le psy était en retard, on était devant la porte fermée comme des cons, et au moment où je me disais que ça pouvait pas être pire, il s’est mis à pleuvoir. Il n’y avait nul part où s’abriter, et le petit s’est mis à pleurer en disant « moman, j’ai froid ». c’était tellement caricaturalement pathétique comme situation, qu’à ce moment, je me suis jurée qu’un jour, je rirai de tout ça. Et j’avoue que même aujourd’hui, c’est difficile. Je crois que je ne mesurais même pas combien de temps nous paierions pour tout ça. Je pensais encore que tout aller s’arranger vite.

Bref ; ce qui me semblait être un aperçu de l’enfer s’est tout de même terminé au bout de 10 longues minutes (peut-être seulement 5…). Le psychiatre est arrivé. Je n’ai pas assisté à la consultation qui a suivi, je suis restée dans la salle d’attente avec l’enfant. Pascal s’est vu proposer une hospitalisation, qu’il a acceptée, à mon grand soulagement. Mais ce n’était pas encore fini car il lui fallait régler tout ce qu’il y avait à régler afin que l’associée puisse mener à bien le projet. Et justement, elle et L. avaient proposé à Pascal de leur acheter toutes ses parts pour 1€ symbolique. Le psychiatre avait dit à Pascal qu’il n’était pas raisonnable de prendre ce genre de décisions à ce moment-là. Moi-même je trouvais que c’était aller un peu vite en besogne. Mais d’abord, la priorité absolue était de s’occuper de Pascal, je rappelle qu’il était en danger de mort, et il n’y a là aucune exagération. Et puis, le temps pressait : le salon allait avoir lieu dans moins de 2 mois, et il fallait absolument qu’il ait lieu (le fait de reporter le salon, comme il en a été question plus tard, ne nous était jamais venu à l’esprit). Non seulement Pascal faisait de toutes façons un peu tout ce que voulaient l’associée et L., mais en plus, il tenait absolument à ce que le salon ait lieu, qu’importe que le projet soit détenu par d’autres. J’espérais de tout mon cœur qu’ils arriveraient à mener le projet à bien. Je pensais que c’était aussi leur objectif et même si je doutais de leurs capacités à y parvenir (pascal est un professionnel de l’evenementiel tandis que son associée était étudiante dans je ne sais plus trop quoi), j’espérais que le salon aurait lieu, et qu’il ne serait pas un échec. D’autant plus que je pensais aussi aux contributeurs et à tous les gens qui avaient versé de l’argent…

Bref. Donc Pascal vendit la totalité de ses parts pour 1€ symbolique et transmis tous les papiers nécessaires, tout ce qui concernait le salon, il mit le tout dans un colis qu’il envoya à son associée. Il devait être hospitalisée le lendemain matin.

C’était un déchirement de renoncer à faire le salon, de donner ses parts de l’entreprise qu’il avait créée… Mais à la fois un soulagement immense, car enfin il n’avait plus à s’occuper de tout ça. J’ai déjà décrit l’état de souffrance dans lequel il se trouvait. Il n’était bien sur pas guéri de sa dépression, mais il soufflait un peu, et enfin, nous commencions à voir arriver la fin de ce cauchemar. Du moins c’est ce nous croyions.

Je n’avais pas encore compris. Et j’ai vraiment besoin de raconter comment j’ai compris tout ça.

Au retour de chez le psychiatre, pascal me passe l’associée au téléphone. Je lui explique que pascal va extrêmement mal. A ce moment là je dois dire que je l’ai trouvée un peu étrange au téléphone (c’est l’une des conversations enregistrées à mon insu qu’elle m’a envoyée par la suite). D’abord elle me pose de drôle de questions. Du genre : quel est le diagnostic ? (je n’en savais rien précisément, n’ayant pas assisté à la consultation). Quel est le nom du psychiatre ? (je l’ai bêtement donné, c’est pourquoi je préfère ne pas partager cet enregistrement publiquement). Quel est le nom de l’hôpital, du service ? Je dois être aussi un peu naïve car je n’ai pas compris pourquoi elle me demandait tout ça, et en plus je lui ai répondu. (ça n’a pas eu de conséquences graves mais plus tard ils appelèrent le standard de l’hôpital, le psychiatre pour lui poser des questions, il y eut même une note de service dans le service ou était hospitalisé pascal pour dire que le standard était harcelé par L.). Et surtout, la question la plus bizarre qu’elle m’ait posée, au début de la conversation : elle m’a demandé si pascal allait aussi mal qu’il le disait, genre si c’était pas un peu du flan, quoi. J’étais loin de me douter qu’elle enregistrait cette conversation. En tous cas je lui ai assuré que l’état de pascal était bien plus grave que ce qu’elle imaginait. J’ai beaucoup insisté sur le fait qu’il allait extrêmement mal. « c’est pire que ce que tu peux imaginer », lui ai-je dit, quelque chose comme ça. Je le précise, car c’est important pour la suite.

Le soir même, nous étions si soulagés que nous avions décidé d’aller manger au restaurant. Nos finances n’allaient certes pas fort, mais nous pouvions bien nous autoriser ça, d’autant plus que comme pascal n’avait pas mangé depuis plusieurs jours, on se disait que ça lui ferait du bien.

Nous voilà au restaurant. Pendant le repas, le téléphone sonne. L.. Je supplie Pascal de ne pas décrocher, je lui dis que c’est fini maintenant, qu’il n’a plus à s’occuper de ça. Mais c’est plus fort que lui, il décroche. La conversation dure longtemps, au moins 30 minutes ; nos bentos arrivent, mais il ne touchera jamais au sien. Je le vois perdre à nouveau ses moyens, se mettre à trembler, à avoir des sueurs froides. Au bout d’un temps infiniment long, il raccroche enfin. Il est en pleurs. Il tremble de tout son corps. J’ai du mal à décrire son état… Il m’explique que L. veut que la comptable s’occupe des statuts de la boîte qu’il faut changer, et qu’elle refuse. Pascal doit régler le problème. Je lui dis que c’est pas raisonnable, que c’est plus à lui de s’occuper de ça. Mais il me dit qu’il va avoir des problèmes, je ne sais plus exactement quoi, mais si la comptable ne fait pas ce que veut L., il va arriver je ne sais plus quoi de très grave. Il rappelle la comptable. La comptable le rassure, lui dit qu’il ne risque rien, elle s’y connait c’est son métier ; mais il n’est pas rassuré pour autant. Elle refuse de travailler avec l’associée, et assure dit que c’est son droit. Cette deuxième conversation ne dure pas très longtemps, mais en raccrochant il me dit qu’il doit appeler L. pour lui dire que la comptable ne veut pas. J’essaie de le raisonner, je lui dis qu’ils peuvent s’arranger entre eux, que ça ne le concerne plus. Je lui rappelle qu’il est en souffrance grave, qu’il entre a l’hôpital le lendemain, que la priorité c’est qu’il se repose. Mais rien de tout ça ne le calme, il faut absolument qu’il rappelle L., il a dit qu’il rappelait L. … Alors, je lui propose de régler ça moi-même, qu’il me donne son téléphone et je m’occuperai de prévenir L. que la comptable refuse de travailler avec eux.

Je suis désolée d’entrer autant dans les détails, d’autant plus que ce texte est déjà très long. Mais ce qui s’est joué à cet instant précis est extrêmement important pour moi. C’est comme quand vous placez une dernière pièce dans un puzzle et que vous pouvez enfin voir ce que représente l’image. Un puzzle vraiment très moche.

Je prends donc le téléphone et j’envoie un sms à l’associée. Bien que je ne me doutais pas de ce qui allait se passer, je devais déjà, à ce moment là, commencer à être bien à cran, parce que voici en quels termes je me suis exprimée :

« la comptable ne veut rien entendre. Svp ne rappelez pas pascal, vous allez finir par le tuer avec vos conneries. J’ai passé la nuit à l’empêcher de se suicider alors j’en ai rien à foutre de vos conneries, laissez-le tranquille ».

Je ne reçus pas tout de suite de réponse sur mon téléphone. La réponse arriva sur le téléphone de Pascal. Je n’ai plus les sms en question, mais je me rappelle très bien que le sms disait : « nous sommes abasourdis du sms que Lauren à envoyé à [l’associée] ». Ils lui ordonnaient également de se « ressaisir ».

Pour moi c’était ça, la dernière pièce du puzzle pourri. Je me rappelle m’être exclamée un truc dans le gens « ha les salopards ! ». D’un coup, je comprenais tout. Les questions bizarres, le comportement étrange de pascal, les voyages à paris, les promesses d’argent, les mensonges inexpliqués… Je leur avais dit et redit que Pascal allait extrêmement mal, mais ils faisaient tout à coup semblant de ne pas savoir. Je me maudissais d’avoir été si aveugle jusqu’à cet instant. J’envoyai alors un deuxième et dernier SMS à l’associée :
« J’ai confisqué le téléphone de pascal. Il est en souffrance grave et il est dangereux pour lui-même. Je ne plaisante pas. Il va à l’hôpital demain donc ce n’est pas la peine de lui dire de se ressaisir, ça ne le concerne plus ».

Je ne sais plus après dans quel ordre les éléments se sont enchaînés. En tous cas, j’ai eu l’associée au téléphone. Au début, j’ai essayé de lui expliquer calmement, mais fermement, que Pascal était malade, qu’il devait se reposer et ne plus avoir de contact avec eux, que c’était important, que c’était la priorité. Elle ne voulait rien entendre, elle ne me laissait pas parler, elle me parlait des problèmes de la boîte, me répétait « il y a des malversations » (je ne sais pas si elle savait ce que ce mot veut dire), elle me parlait même de ses problèmes, du fait que sa mère avait des dettes, etc… (ça n’avait aucun rapport). Je lui disais « pascal va mal, je m’en fiche de tes problèmes, je m’occupe de la santé de pascal » ; elle ne voulait rien savoir de la santé de pascal, elle s’est énervée au téléphone, je me suis énervée aussi, j’ai fini par hurler dans mon téléphone et par raccrocher. Pascal me dit par la suite que m’entendre me mettre en colère comme ça, ça lui avait fait un bien fou. C’était le début de la lente montée de la colère chez lui. Car avant ce jour là, il ne s’était jamais, jamais mis en colère, ni contre elle, ni contre L.. C’est pour vous dire dans quel état d’emprise psychique il était. Le fait de se mettre en colère contre eux fut un premier pas pour sa reconstruction. Et cette colère est maintenant telle que nous n’en parlons presque jamais, ou seulement vite fait, en passant, sans jamais nous attarder sur le sujet. La nuit, il lui arrive régulièrement de rêver des choses terribles que je vous laisse imaginer.

Bref. Après cet appel, L. s’est mis à me harceler littéralement par sms. Je vous laisse vous faire une idée : j’ai décidé, après réflexion, de publier la suite de sms que nous avons échangés, un extrait tellement incroyable que je ne reviens pas de le lire encore aujourd’hui. Pour remettre dans le contexte, les sms des 9 premières captures d’écran étaient le soir de l’hospitalisation de Pascal, les autres ont suivi quelques jours après quand pascal était à l’hôpital et que L. ne pouvait plus le contacter. Au cours de la première soirée, j’ai eu cette brève conversation avec l’associée dont j’ai déjà parlé, où je lui disais de nous laisser tranquille, que ses menaces ne marchaient pas et qu’on ne faisait pas des procès aux gens pour confisquer un téléphone à quelqu’un; mais nous n’avons pas eu d’autres contacts, à part les messages qu’il me laissait sur mon répondeur (dans les sms il parle de mails qu’il va m’envoyer avec des preuves mais il ne l’a jamais fait). Cette suite de menaces et d’accusations graves peut sembler décousue et délirante, et n’avoir aucun sens; mais c’était encore plus confus pour moi à l’époque, car entre 2 sms de menaces, il m’appelait de temps en temps, et laissait des messages sur mon répondeur comme si tout allait bien, comme si tout était normal, me demandant des papiers à lui fournir, des ribs à lui envoyer, etc… et à la fin de ces messages il laissait entendre que tout pourrait s’arranger, qu’il ne mettrait pas ses menaces à exécution si je rappelais et si j’acceptais de coopérer et de le remettre en contact avec Pascal (c’était une obsession chez lui, être en contact avec pascal, pendant tout le temps de l’hospitalisation cela l’obsédait vraiment au point qu’il appelle plusieurs fois le psychiatre, le standard de l’hôpital, le père de pascal, etc). Inutile bien sur de dire que toutes les menaces et les accusations qu’il me fait dans ces sms sont totalement du vent.

 

Je sais que c’est bizarre de partager ces sms (j’ai pris soin de cacher les noms) mais ils donnent une bonne idée de ce qui se passait pour moi à l’époque. Je rappelle que dans la plupart d’entre eux (les 9 premières captures) Pascal était sur le point d’être hospitalisé en urgence.

Que dire de plus ? Je ne sais pas comment justifier l’injustifiable. Je sais que cette histoire paraît incroyable, et pourtant elle est vraie.

Vous savez, le plus fou était que malgré que j’ai demandé à L. de ne plus me contacter, que j’ai bloqué son numéro ainsi que celui de l’associée, et même si j’avais compris la nature de la relation toxique qu’ils avaient tous les trois nouée entre eux ; malgré tout cela, pendant de longs mois j’ai espéré qu’ils parviendraient à organiser le salon. C’était plus le projet de pascal, mais je sais pas, je voulais que ce salon ait lieu. Ne serait-ce que pour les contributeurs, les gens qui avaient cru en lui, qui l’avaient soutenu. Après l’hospitalisation de Pascal, L. fit beaucoup d’efforts pour me menacer, me harceler, mais il semblait qu’il n’y avait pas beaucoup d’activité du côté de l’entreprise, en tous cas pour ce que j’en savais. La comptable a été harcelée, elle a du un jour faire venir la police pour faire sortir L. et l’associée de son bureau. Le webmaster, qui n’a jamais été payé pour son travail, a été également harcelé longuement, et cette histoire aggrave beaucoup l’état de précarité financière dans lequel il se trouve encore aujourd’hui. Quelques jours ou semaines après l’hospitalisation de pascal, nous apprenions, médusés, que le salon avait été déplacé en février. J’étais complètement abasourdie. Pascal avait envisagé toutes les options, y compris annuler le salon, mais certainement pas le déplacer. C’était totalement impossible pour lui d’envisager une chose pareille, pour plusieurs raisons : d’abord il avait vendu le salon comme étant un événement précédant Noël, c’était un argument de vente important. D’autre part, les gens ayant payé, que ce soit pour les stands ou pour contribuer (ce qui donnait droit à l’entrée au salon et à des contreparties) étaient disponibles pour la date prévue, pas pour n’importe quelle date (inversement, certaines personnes n’avaient pas acheté de stand car non disponibles à la date du salon). Certains avaient réservé, évidemment, des billets de train, voire d’avion, et des hôtels, qui ne furent jamais remboursés. Et des invités importants du salon, comme Black Vegan Metal Chef, ou des conférenciers, venaient de loin et ne pouvaient pas forcément décaler leur venue. Bref, ce n’était pas possible.

Si je parle de ça, ce n’est pas pour faire passer l’associée et L. pour des incompétents. Vous vous imaginez bien que je me fiche qu’ils soient compétents ou non, après tout ce qui s’est passé, j’ai quand même des problèmes plus importants. Le problème c’est que j’étais émotionnellement très impliquée dans ce salon, et le fait que Pascal n’y participe plus changeait peu de choses. Surtout, j’avais encouragé des gens à contribuer. Bien sur, je ne suis pas directement responsable que les gens aient perdu de l’argent en contribuant à un projet qui a lamentablement échoué. Je n’aurais de toutes façons jamais pu prévoir une histoire pareille. Pas plus que je ne suis responsable du fait que Ullule ait refusé de rembourser les contributeurs alors que les engagement des organisateurs du salon n’ont, à ma connaissance, pas été remplis (quand on touche de l’argent d’un site de financement participatif, on s’engage à certaines choses, on est pas censés pouvoir se barrer avec le pognon). Des choses comme ça nous échappent totalement. Mais j’ai cru en ce projet, je l’ai défendu, et je m’en suis beaucoup voulue par la suite. Je sais que beaucoup de gens ayant très peu d’argent ont contribué, et qu’ils se sont sentis escroqués. Je sais aussi que des entreprises ont versé de grosses sommes et qu’elles n’ont pas eu ce pour quoi elles avaient payé.

Qu’est devenu l’argent ?

Comme je le disais, des gens m’ont accusée, et ont accusé Pascal, d’avoir pris l’argent. Ces ragots ont probablement été colportées par l’associée et L., sans doute afin qu’ils puissent en disposer sans avoir à rendre de comptes à quiconque.
Nous n’avons pas touché un centime de cet argent. Cet argent est allé dans le compte bancaire de l’entreprise, et la carte bleue a été envoyée à l’associée de Pascal dans le colis avec tous les papiers nécessaires pour continuer l’activité de l’entreprise. Le mini-salon qui a été organisé finalement sous le même nom que l’évènement initialement prévu par Pascal n’a pas coûté grand chose, à vrai dire. Une partie de l’argent a été perdu, car Pascal avait versé une avance pour la location de la salle, salle qui n’a jamais été louée. Mais je dois dire que la plus grand partie de l’argent versé par les contributeurs et les clients a été dépensée en restaus, uber et billets de train (y compris des restaus comme pizza hut, le comble pour une entreprise soi-disant végane). Par un concours de circonstances (erreur de la banque qui nous a bizarrement envoyé le relevé alors qu’ils savaient qu’on avait changé d’adresse), j’ai eu les comptes de la boîte sous les yeux peu après ces évènements. Je n’ai légalement pas le droit de les diffuser publiquement, mais les garde à disposition pour quiconque les voudrait…
Je sais que L. a raconté a qui voulait l’entendre (y compris à moi) qu’il avait des preuves que Pascal avait pris de l’argent dans la boîte. C’est totalement faux et ces fameuses « preuves » n’existent pas. En revanche pour ma part j’ai un scan des comptes de la boîte après que Pascal l’ait quitté. 3000€ par mois dépensés en restaus, Uber, billets de trrain pour la normandie… Et ça, c’est quand même bien sale.

Avons-nous porté plainte ?

Les comptes de l’entreprise ont été transmises aux personnes compétentes, mais je ne peux pas en dire plus à ce sujet. La justice statuera peut-être, ou pas, je m’en balance. Nous avons eu notre vie à reconstruire, et nous continuons de faire lentement le deuil de cet échec.
Je le redis, à l’époque Pascal a constitué de sa poche un capital de 2000€ (ses économies) qu’il a ensuite vendu à son associée pour 1€ (Euro qui, chose amusante, nous a d’ailleurs été versé, car l’associée et L. croyaient apparemment que si nous ne touchions pas l’euro symbolique, la boite n’appartenait pas vraiment à l’associée, ce qui est bien sur complètement faux ; d’ailleurs je ne sais pas comment ils ont fait puisqu’ils m’ont laissé plusieurs messages pour que je leur donne le RIB de pascal, messages auxquels je n’ai bien sur jamais répondus, mais ils ont quand même réussi à lui verser son euro). De plus, ils ont mis pas loin d’un an à faire les changements de statuts de la boîte (nous leur avons fait envoyer plusieurs courriers recommandés par notre avocat afin de les mettre en demeure de le faire, etc…). Légalement, Pascal n’était plus président de la boîte, car c’est un type de boîte dont le nom m’échappe mais dont le président peut démissionner par simple courrier. Mais aux yeux de la CAF, tant que les statuts n’avaient pas été changés, pascal était toujours considéré comme président d’une entreprise et c’était une entrave importante par rapport à nos demandes d’aides sociales comme le RSA. Ajoutez à cela que Pascal avait du coup travaillé pendant 6 mois sans toucher le moindre salaire, pour ma part je ne travaillais pas à l’époque en dehors du foyer car j’essayais de sortir de ma dépression, depuis je fais des jobs alimentaires. Pascal est resté 3 mois à l’hôpital psychiatrique, est resté 10 mois en arrêt maladie sous antidépresseurs, est resté longtemps au chômage, et a encore aujourd’hui beaucoup de mal à se reconstruire. Il travaille maintenant dans une petite boîte de recyclage textile.
Tout ça pour dire que nous sommes fauchés. Nous pourrions attaquer, cependant. Nous avons pesé le pour et le contre. Nous avons pris un avocat, ça nous coûte de l’argent mais il faut ce qu’il faut, donc nous pouvons nous défendre (on ne sait jamais). L’idée même de nous remettre en relation, fut-ce indirectement, avec ces gens nous fait horreur au plus haut point (même écrire ce texte a été vraiment dur pour moi, mais il le fallait). On n’a pas envie de faire encore des procès, des procédures et des machins. Nous sommes en reconstruction. On veut la paix, on veut être tranquille, on veut oublier tout ça une bonne fois pour toute. On estime qu’on a suffisamment perdu, et que faire un procès ne nous rapportera pas tout ce qu’on a perdu. Je sais où sont les priorités. Notre fils n’a plus jamais été le même. Je pourrais faire des procès à la terre entière, ça ne ramènera pas le sourire qu’il avait autrefois en se réveillant. Rien n’aurait pu l’empêcher de pleurer et de crier « pas papa pital » quand on essayait de le faire dormir seul, encore un an et demi après. Même aujourd’hui il a un mal fou à s’endormir seul et je pense que cette histoire n’y est pas totalement étrangère. Et Pascal… Pascal est brisé, il ne sera plus jamais le même. Alors faire des procès…

Y a-t-il eu des suites ?
L. nous a dénoncé de façon calomnieuse auprès du maire de Montpellier (?) pour fraude aux aides sociales, ce qui est illégal. Il a harcelé la comptable , le webmaster, le psychiatre, la première avocate que nous avion­s consultés, la deuxième aussi je crois, ainsi que l’hôpital. Ils ont harcelé la maison d’éditions qui avait fait venir Black vegan metal Chef et l’ont même mis dans la merde en faisant annuler ses billets d’avion à plusieurs reprises (ne me demandez pas pourquoi, ce qu’ils font n’a pas toujours de sens loin de là).
Je ne sais pas vraiment ce qu’il est advenu de la boîte aujourd’hui. J’avoue m’y être intéressée pendant quelques mois mais c’était vraiment trop toxique pour moi, donc j’ai fini par couper tout contact avec tout ça et j’ai même désactivé mon compte facebook. Je sais ce qu’est devenu l’argent, je pense que la boîte a été entièrement coulée. Je ne crois pas qu’ils feront d’autres évènements, et il est maintenant illusoire de penser que les contributeurs obtiendront quoi que ce soit. Ce qui m’embête un peu plus est qu’ils ont tout mis sur le dos de pascal, le faisant passer pour une escroc et un menteur (ils ont même lancé des accusations complètement débiles, comme de d’être caché à l’hôpital psychiatrique, comme si on pouvait se cacher dans un service pour troubles anxiodepressifs parce qu’on a pas envie de voir des gens). Ils ont essayé de me faire croire que pascal envisageait de me quitter à l’époque, des trucs comme ça. Bref, je pourrais en raconter encore des pages et des pages. Mais l’essentiel a été dit.

Ma grand mère disait : « le mensonge monte haut, mais la vérité monte toujours plus haut ». Je me disais beaucoup ça a l’époque, j’avais besoin d’être crue, d’être reconnue comme victime (et que surtout pascal le soit car c’est lui la vraie victime dans l’histoire). Mais maintenant je crois que je m’en fiche un peu. Cette histoire semble tellement incroyable que sans doute beaucoup ne me croiront pas, d’autant plus que je n’ai pas le pouvoir de persuasion des personnes habituées à manipuler leur entourage. Je ne suis qu’une simple personne ayant vécu un épisode douloureux. Les gens croiront ce qu’ils croiront. Je crois tout de même que le pompon par rapport à ce qu’on a vécu, c’est que j’ai été harcelée de façon anonyme par des gens qui sont venus m’accuser d’avoir volé, manipulé ou menti, et pas seulement parce que c’est faux, mais surtout parce que c’est Pascal la victime dans tout ça, et moi et notre fils également, et que c’est tellement, tellement injuste. Alors qu’on a tellement souffert de toute cette histoire, et qu’on continue d’en payer le prix encore des années après. Et il fallait que je rétablisse la vérité, au moins pour les gens qui me connaissent et qui ainsi, sauront. Maintenant, on peut raconter tout ce qu’on voudra. La vérité est ainsi, elle est écrite. Et même si je n’ai pas le pouvoir de persuasion d’un L., la vérité est toujours plus puissante que le mensonge, j’en suis convaincue au fond de moi. Parce que même si tout ce que je raconte peut parfois sembler un peu fort ou étrange, c’est pourtant la vérité. Et je croi­s qu’il faut vraiment prendre les gens pour des cons pour raconter des trucs comme « il s’est caché à l’hôpital parce qu’il avait détourné de l’argent », ou je sais plus quoi d’autre, des trucs aussi débiles que ça.

Epilogue : plus de deux ans après les faits, il y a environ 2 mois, L. a appelé pascal en pleine nuit, vers une heure du matin, pour « prendre des nouvelles ». Je pense qu’il est complètement fou dans le sens où il ne se rend absolument pas compte de ce qu’il nous a fait, pour lui c’est tout à fait normal. Je crois qu’il n’a même aucun désir de nuire, cela reviendrait à considérer les gens comme autre chose que des objets, ce dont il est incapable.
Considérer les choses comme ça m’ouvre de nouvelles perspectives, mais plus que jamais je veux avant tout mettre les gens en garde : méfiez-vous des pervers narcissiques, ils peuvent vous faire beaucoup de mal même quand, comme ça a été le cas pour pascal, ils ne sont pas objectivement dans une situation de pouvoir par rapport à vous (comme un patron ou un époux), et j’imagine à plus forte raison quand c’est le cas.

J’aurais aimé pouvoir mettre en garde contre ces personnes en particulier, mais je ne souhaite pas tomber dans la diffamation, et de toutes façons ce n’est pas à propos d’eux. Je souhaite que chacun apprenne à se méfier et se défendre contre les manipulateurs de toutes sortes. Prenez bien soin de vous.

36 réflexions au sujet de « Comment le militantisme a détruit ma vie »

  1. Bonjour Lauren,
    Merci d’écrire ce long article. Je suis heureuse que vous alliez mieux. Je vous souhaite beaucoup de bien dans votre vie, vous êtes une personne honnête et j’espère que L aura le retour de bâton du karma pour tout le mal qu’il fait. Je pense que vous n’êtes pas les seuls à qui il a fait du mal et je suis aussi inquiète pour l’associée qui est je pense sous son emprise totale.
    Clémentine.

  2. Bonjour Lauren,
    Bravo pour ton courage et ta détermination.

    Pascal et votre enfant ont bien de la chance de vous avoir.

    Tout iras en s’arrangeant et je vous souhaite bon courage

    • Quand je pense qu’il m’a menacée de me faire interner de force pour me séparer de mon enfant… et le pire c’est que j’avais l’impression qu’il croyait vraiment ce qu’il disait ce qui fait que ça donnait un résultat mega flippant même quand je savais qu’il disait n’importe quoi… je saurais pas comment expliquer ça…

        • Franchement j’en ai pas parlé parce que je veux pas en rajouter, mais je faisais des crises d’angoisses jusqu’à 6 mois après l’hospitalisation de pascal; Peut-être que je reviendrai là-dessus dans le blog, principalement pour expliquer comment je m’en suis sortie, comment j’ai fait pour aller mieux (méditation entre autres), plein de choses ont bougé dans ma vie. Mais c’est vrai il y a eu énormément de peur et d’angoisse…

  3. Salut Lauren. Félicitations pour avoir écrit tout cela. Ça a du être éprouvant.
    On ne peut pas lutter contre ces gens qui continuent de mentir même quand leur muraille de papier s’effondre. Ils sont capables de t’accuser de ce qu’ils ont même commis comme si cela allait les laver. Comme si mentir suffisamment permettait d’effacer les faits.
    Face à eux on a quoi? Au mieux ils se balancent eux même à force d’être cons et persuadé d’être dans leur droit. Comme le coup des enregistrements.

  4. j’espère que vous n’aurez pas de messages malveillants sous cette publication, ce serait le comble.
    Je ne suis pas assez douée pour écrire tout ce que j’aimerais écrire pour vous soutenir toi, Pascal et votre fils.
    j’espère que vous irez de mieux en mieux et que même si vous ne serez plus les mêmes vous serez encore mieux.
    Quelle horreur cette histoire, vouloir faire du bien et avoir tant de mal en retour.

  5. Je n’ai jamais douté de toi, de vous. Et je salue ton courage pour avoir affronté tout ça, parce que c’est terrible. J’ai plusieurs mois envoyé quasi quotidiennement des messages sur leurs pages événements du salon pour raconter ce que je savais des manipulations et surtout rappeler inlassablement que l’argent donné sur Ulule n’ayant pas servi à faire ce qui était annoncé, je voulais être remboursée. J’avais même contacté Ulule, qui ne m’a jamais répondu. Tous les messages que j’ai posté en public ont toujours été supprimé. J’avais alors décidé de partager toute l’affaire sur un statut public sur FB, à plusieurs reprises, et j’ai eu l’amertume de constater que plusieurs amis militants vegan ne se désolidarisaient pas pour autant de l’évènement. Les gens sont profondément décevants et violents dans ce milieu, que j’ai quitté moi aussi, il y a quelques mois. Je ne veux plus rien avoir à faire avec le milieu militant vegan. Je suis très touchée et triste que même ton fils vive les conséquences de ce que vous avez traversé encore aujourd’hui. J’espère qu’il a un suivi adapté, qu’il va reprendre confiance, se sentir à nouveau en sécurité. Et que vous aussi. Beaucoup de tendresse à vous trois <3

  6. C’est vraiment terrible ce qui vous est arrivé à toi et ta famille!
    et horrible de penser qu’il existe des personnes aussi manipulatrices en ce monde.
    Je sais que c’est bizarre de la part d’une inconnue sur Internet mais je te souhaite bon courage, de la force et du bonheur malgré ces épreuves <3

  7. Aie, ma pauvre. En effet, c’est important de rappeler de se méfier de ce genre manipulateur et pervers narcissique, même si celui-ci n’a pas l’air particulièrement malin et de ne surtout jamais s’associer avec eux/couper les ponts très vite pour limiter les dégâts quand on s’aperçoit que quelqu’un nous flatte outre mesure, qu’il dit connaitre les bonnes personnes pour nous etc. Ce sont juste eux qui ont besoin de nous. J’ai connu quelques histoires similaires, c’est toujours un peu pareil, le problème étant aussi la possibilité de récidive de ce genre d’histoire et donc d’arriver à faire avec le fait de savoir que ça se reproduira pour quelqu’un d’autre parce qu’on a le choix

  8. Bonjour Lauren,
    J’ai été contributrice de l’idée fantastique de ce salon et j’ai vu les catastrophes arriver les unes après les autres et JAMAIS je n’ai pensé que Pascal nous avait arnaqué. Au contraire, les propos mesquins et dégueulasses de son associée -sur FB, par Mail, il y a eu un tumbrl aussi si je me souviens bien – prouvaient clairement son non-professionnalisme et sa bêtise crasse.
    Je n’ai bien entendu pas été remboursée mais cela n’a pas d’importance, la seule chose importante est que vous arriviez tous 3 à vous reconstruire. L’amour que vous vous portez est la seule chose essentielle. J’ai confiance et je sais que les moments difficiles seront bientôt derrière vous. Je vous envoie des tonnes d’ondes positives.
    Prenez soin de vous <3

    • C’est vrai qu’elle a envoyé un mail à tous les contributeurs du projet pour dire que pascal avait commis des malversations… j’avais oublié ça! C’était clairement de la diffamation en plus…

  9. On ne se connaît pas, je lis ton blog depuis plusieurs années et j’avais répondu à ton appel sur Ulule. Sache que, c’est bien peu de choses venant d’une totale inconnue, mais je désolée pour toi, ton compagnon et votre petit bout de chou. Je vous souhaite une belle reconstruction.

  10. Ces SMS sont complètements dingos… Plus c’est gros plus ça passe, j’ai croisé ce genre de personne dans ma vie intime et connu les menaces similaires concernant ma capacité à m’occuper de mon enfant et même si je me rendais compte que c’était fou et que je savais que c’était des menaces en l’air, ça m’a empêché de dormir pendant des mois.
    C’est toujours les mêmes ficelles que tirent les manipulateurs, Pascal doit être une personne pleine d’énergie, bienveillante et probablement très compétente parce que c’est ce genre de profil qui les attirent. Je ne sais pas si c’est de la naïveté qui l’a perdu parce que c’est proprement inconcevable de penser qu’une personne puisse être aussi gratuitement nusible et jouer aussi bien la comédie.

    Franchement bravo, tu as réagis de façon efficace et si tu dis que tu aurais du t’en mêler plus tôt, j’ai l’impression que cette distance saine que tu as posé entre toi et le travail de ton compagnon est précisément ce qui t’a permis de couper court, sans nuance, moment où c’était nécessaire. C’est horrible de lire ça et soutien et courage à vous trois

    • Merci pr ton message. En fait oui par rapport a ce que tu dis sur la distance je ne sais pas si ca se sent ds l’article mais a partir du moment ou j’ai compris ce qui s’était passé j’ai commencé a faire barrage entre pascal et ces personnes et ca a ete difficile car L. en particulier ne supportait vraiment pas ça (d’ou les menaces folles, etc) mais je sentais que c’était la chose à faire et c’est vrai que c’est ce qui a permis a pascal de retrouver ses esprits et de se reconstruire petit a petit. C’etait assez spécial car j’ai par exemple insisté auprès de ses proches pour ne surtout pas diffuser le numéro de téléphone ou on pouvait le joindre a l’hôpital car j’avais peur que l. Ou l’associee parviennent a mettre la main dessus. Donc il n’y avait que 3 ou 4 personnes a avoir ce numéro. J’ai prévenu aussi tous les gens de l’hp qu’il ne devait pas etre é contact avec certaines personnes (mais l. a pourtant un jour été a 2 doigts de l’avoir au téléphone malgré tout). Quand j’y repense c’est quand même un peu fou mais c’était comme ça.

  11. Je suis vraiment désolée pour vous et j’espère que vous allez tous vous en remettre du mieux possible.

    Je signale cette phrase parce que je pense que c’est une coquille :
    « Je précise que c’est durant ces jours-là que moi et Pascal avons eu des conversations au téléphone qui ont été enregistrées à notre insu, et diffusées sur internet. »
    Dans cette phrase on comprend que ce sont des conversations entre toi et Pascal qui ont été enregistrées mais dans la suite du texte tu parles de conversations entre toi et l’associée.

  12. Quelle histoire horrible. Je ne comprends pas comment les gens peuvent se comporter de cette manière, c’est dégueulasse et totalement insensé.

    Énorme soutien à vous trois, je vous souhaite le meilleur ! <3

  13. Bonjour Lauren,
    Merci d’avoir pris la peine de partager tout ça. Je vous souhaite de continuer à vous reconstruire. Tu as été très forte dans toute cette histoire de fou ! Bravo d’avoir tenu bon. Je vous envoie des chaudoudoux, à défaut de pouvoir faire plus.

  14. Bonjour Lauren,

    Je me sent très proche de ce que tu décris et je n’ai pas de mot pour exprimer a quel point je suis scandalisé par cette histoire. Pour l’avoir vécu, je comprend a quel point on peut se sentir démuni et menacé face a ce genre de comportement. Quand a ce fameux coup de téléphone deux ans plus tard pour prendre des nouvelles… C’est tout a fait cohérent avec le fait de nier votre état de souffrance. Ces gens ne comprennent tout simplement pas, ou alors trop tard. Le pire, c’est que je ne peux même pas leur souhaiter de vivre cela un jour tout simplement parce que personne me mérite de vivre ça, sous aucun pretexte.

    Je te souhaite le meilleure pour la suite, à toi ainsi qu’a ceux que tu aimes. Sache que bien qu’on ne se connaisse pas « pour de vrai », tu es probablement la personne la plus courageuse qu’il m’ait été donné de lire.

    Amitiées

    J.

  15. Bonjour Lauren.

    Ça me parle vraiment. Je pense que tous ceux qui ont eu affaire à un PN sauront reconnaître leur modus operandi dans ce que tu décris. Pour moi c’est évident: c’est un récit sincère de votre calvaire. Il n’y a pas une incohérence dans ce que tu dis, et j’ai déjà vu de tels SMS par le passé de personnes manipulatrices.

    Contrairement à toi, je pense que L. sait parfaitement ce qu’il fait. Certes, les PN nous considèrent comme des objets, mais ils ont une raison pour tout, même si elle n’est pas toujours évidente pour autrui. C’est souvent une question de contrôle. En lui répondant au téléphone à deux heures du matin, Pascal a réagi comme il le souhaitait, L. considère donc probablement qu’il est « sous son contrôle » puisqu’il a réussi à le contacter malgré tout. Ou alors ça peut être une manière de faire savoir à Pascal que « tu vois? tu peux essayer de me fuir mais j’arrive quand même à te contacter quand je le veux ». Bref, c’est super toxique.

    Et l’assistante? C’est ce qu’on appelle un Flying Monkey.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Flying_monkeys_(psychology)

    Soutien. Tellement. <3
    Je connais tout ça, trop bien, et je sais à quel point c'est difficile. J'ai connu ça personnellement, par le biais d'une amie chère, et maintenant avec l'ex de mon compagnon. Trois PN bien différents, mais aussi toxiques les uns que les autres.

    Vous avez raison de vous protéger. Et ne te culpabilise pas pour le temps mis à comprendre leur toxicité: la majorité des victimes des PN ne se rendent compte que bien trop tard des choses qui sont évidentes pour ceux qui sont déjà passés par là.

    Plein de bonnes choses pour vous trois. <3

    Amicalement,
    Nathalie

    • Je pense que nous, les personnes victimes de PN, nous les voyons comme machiavéliques, mais qu’ils ne le sont pas vraiment. Enfin, d’une certaine façon ils le sont, ils savent manipuler les gens bien sur, mais à un niveau très inconscient. En appelant en pleine nuit, inconsciemment il « sait » qu’il trouvera au bout du fil quelqu’un qui a moins de défenses que s’il appelait en pleine journée. Mais ce n’est pas un choix conscient de sa part, ce n’est pas du tout réfléchi, planifié (je peux me tromper mais c’est ce que je pense, je crois comprendre désormais un peu mieux leurs mécanismes). Ils peuvent agir de façon totalement stupide et se tirer une balle dans le pied parce qu’en vrai, ils font n’importe quoi. C’est ce qui a été très difficile à comprendre pour moi car je suis quelqu’un de très logique et donc je pars de principe que les autres font des choses logiques (et donc qu’ils sont machiavéliques) mais en fait non.
      Leur vie est un désastre, certes on peut se dire qu’ils ont bien profité de cette histoire puisqu’ils se sont servis de l’argent des contributeurs et des clients pour se faire des ubers et des restaus, mais ensuite? L’entreprise a coulé, leur vie c’est juste ça, profiter des autres. S’ils avaient une once d’intelligence ils feraient quelque chose de mieux avec leur vie mais ils en sont incapables. Je pense pas qu’il faille forcément les voir comme des personnes machiavéliques. Malsains certes, toxiques, à éviter à tout prix, mais pas un gramme d’intelligence, même si leur stupéfiante capacité à convaincre peut sembler indiquer le contraire.

      • Je m’immisce dans la conversation pour approuver ce que tu dis Lauren. De part mon expérience (pour moi le PN est mon père et j’ai vécu 19 (trop) longues années avec lui…), la personne ne se rend pas compte du mal qu’elle fait et même se rend VICTIME de la situation merdique et toxique qu’elle a elle-même mis en place. Parce qu’elle est incapable de s’en rendre compte !!! Et la manipulation (redoutable) qu’ils/elles sont capables de faire est instinctive et non pas intelligente. C’est une vraie maladie psychiatrique qui détruit les personnes autour mais aussi la personne malade.
        Il y aurait tellement de choses à dire mais j’en perds aussi mon latin. On reste marqué.e.s et traumatisé.e.s à vie. Mais la reconstruction est possible et c’est ce que je vous souhaite à tou.te.s les trois du plus profond de mon cœur. Courage.

  16. Bonjour Lauren. Par tes articles tu as beaucoup contribué à ma reconstruction personnelle d’homme dans cette société. Nous avions échangé quelques emails qui m’ont fait beaucoup plaisir et je suis attristé en lisant le récit de tes épreuves. Merci d’avoir partagé cela, c’est un « bon » rappel que les pervers narcissiques peuvent exercer leur pouvoir en dehors du cadre d’une relation intime. En te lisant, je suis convaincu que tu as fait du mieux que tu pouvais au moment où tout ça se passait et je suis heureux que tu aies fini par t’en sortir toi, ton compagnon et votre fils. Je te souhaite plein de courage et de bonnes choses pour vous rétablir complètement. Car si les blessures restent là, je suis convaincu que toutes les plaies peuvent cicatriser et ne plus faire mal, avec du temps et de la méditation.

  17. Je lisais de temps en temps votre blog mais ce matin, il était dans les liens d’un site trouvé dans les statistiques de mon propre blog. Aussi je lis votre post avec stupeur et horreur. Le monde est peuplé de parasites destructeurs. Dire non fermement à tous les emmerdeurs/euses qui se présentent tous les jours à n/votre porte est salutaire. On nous apprend, éduque à dire oui, surtout aux filles, alors que c’est non qu’il faut dire, et apprendre à dire, aux enfants filles, aux garçons trop doux, et aux femmes surtout. Je vous souhaite le meilleur pour la suite.

  18. Bonjour Lauren, je vous suis sur ce blog depuis des années et je n’ai pas l’ombre d’un doute en ce qui concerne ce récit, il est criant de vérité. La folie de L. ne fait pas de doute non plus, pour avoir déjà rencontré un personnage de ce genre, je vois bien ce dont vous parlez. Je vous souhaite à tous les trois une belle reconstruction. La joie à venir transformera ces blessures, il n’en restera un jour qu’une fine cicatrice témoignant du passé…
    Et merci pour ce récit qui met en garde.

  19. Il m’a été facile de trouver la cagnotte, le site, le compte Facebook de la boîte en question et en effet il y a anguille sous roche, bien grosse, et beaucoup de pauvres « pigeons » au grand cœur qui ne reverront plus leurs sous…
    Je suis sincèrement triste de voir ce que vous avez subi, en plus cela doit être très dur de voir un beau projet être ainsi détourné. Je sais par expérience qu’il faut beaucoup de temps pour guérir quand on a eu le malheur de croiser le chemin un pervers narcissique, surtout que, c’est bien connu, ce sont les personnes sensibles qu’ils ciblent, des personnes qui seront donc abîmées plus profondément.
    Gardez courage tous les deux, un jour arrivera où vous pourrez repenser à tout cela sans plus en souffrir. Tous mes vœux de rétablissement et de bonheurs futurs.

  20. Et ben ! je viens de terminer ton article. C’est absolument hallucinant. Je suis ton blog depuis des années, il m’a beaucoup apporté dans bien des domaines et même si je ne te connais pas j’ai comme l’impression d’avoir développer une certaine sympathie à ton égard, je n’en suis que plus touché par cette terrible histoire.

    C’est vraiment injuste et révoltant. Je te souhaite de continuer sur le chemin de la reconstruction, toi, ton compagnon et votre enfant. Prenez soin de vous.

  21. Trop émouvant, ce texte, pour ne pas laisser un mot de réconfort, surtout après avoir lu qualité certains articles de ce blog inspirant, et merci de partager cette terrible expérience avec tout ce que cela a du vous coûter en souffrance pour l’exprimer. Et c’est encore votre générosité qui vous y a poussé pour que d’autres prennent la mesure de ces gens dangereux qui nous entourent, et traquent notamment les êtres bien intentionnés et fragiles, dont ils font leurs victimes. Votre histoire est une leçon pour eux, mais elle vous sert aussi pour repartir tous les trois dans la vie, heureux et lucides devant tout ce qui nous guette à chaque pas. Courage et restez toujours aussi purs. Ce qui compte, c’est le sourire retrouvé de votre fils et la santé de vous trois. Vous le méritez.

  22. Bonjour,

    On ne se connaît pas et ce billet et la première chose que je lis sur votre blog. Je tiens juste à vous dire une chose : après toutes ces épreuves, je vous souhaite le meilleur à vous et à votre famille.

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