Comment je vais depuis deux ans

Bonjour,
Je ne voulais pas rester sur une note aussi grave après mon dernier article. Comme je le disais, nous continuons de nous reconstruire, c’est un long cheminement avec des hauts et des bas comme toute histoire de vie!
Je n’ai pas trop la tête à écrire des choses un peu sérieuses en ce moment comme vous avez pu le constater ces derniers temps. Et même si je suis très active sur twitter et instagram, j’avais envie de donner de mes nouvelles de façon un peu plus formelle. Et puis je pense que c’est important et intéressant de voir comment on surmonte les épreuves de la vie. J’en parlerai peut-être un peu plus détaillée, mais voici un résumé assez rapide de ce qui s’est passé depuis deux ans.

Donc après toute cette histoire, Pascal est resté hospitalisé pendant deux mois et demi. ça a été, je ne vous le cache pas, une période assez dure. Mes parents sont partis en vacances à ce moment-là et je n’ai donc pu compter que sur moi-même pendant tout le premier mois. J’en garde un assez mauvais souvenir. En plus de l’enfant et de moi-même (je suis toujours plus ou moins en dépression depuis plusieurs années, en tous cas avec des rechutes fréquentes) je devais m’occuper de pascal. Il fallait lui apporter à manger car la nourriture de l’hôpital ne suffisait pas, mais aussi laver ses vêtements, ce genre de choses. En plus, je faisais le trajet en vélo, n’ayant pas de voiture, et ce n’était pas la porte à côté… Bref. j’étais tellement épuisée et débordée qu’une fois j’ai quasiment mis le feu à mon appartement (je suis partie de chez moi en laissant une marmite sur le feu). Une autre fois je me suis aperçue au bout d’une heure dehors que j’avais omis de mettre une jupe (mais comme je portais un pull long et des leggings, ça ne s’est pas remarqué heureusement). Autant dire que ce n’était pas facile tous les jours.

Mais c’est, assez curieusement, la période qui a suivi qui a été la plus difficile pour moi. Après le retour de pascal, il s’est progressivement remis à participer à la vie de la maison, et donc j’étais moins surchargée; et c’est à ce moment que j’ai commencé à souffrir d’anxiété de façon très importante. J’ai toujours été d’un naturel anxieux, mais ça n’a jamais été aussi grave que pendant cette période; je faisais des crises d’angoisses, je n’arrivais jamais à me calmer, je souffrais d’atroces douleurs dans la poitrine, je ne dormais presque jamais. Je garde un souvenir horrible de cette époque. En désespoir de cause, il m’est arrivé de prendre un peu des anxiolytiques prescrits pour Pascal. C’était la seule solution raisonnable que j’avais à ce moment-là.

J’ai commencé à apprendre la méditation de pleine conscience pour diminuer mon anxiété. Donc c’est depuis ce temps-là que je pratique la méditation, mais c’était vraiment très dur au début de m’y consacrer ne serait-ce que cinq minutes par jour. Je n’y arrivais pas vraiment, mais c’était vital pour moi, car la seule autre solution que j’avais aurait été de prendre des anxiolytiques. J’étais à un niveau d’anxiété qui était littéralement de la torture, et j’avais peur de ne plus pouvoir me passer des médicaments si j’en prenais. Je n’avais pas vraiment d’idées suicidaires, mais j’étais tout de même à ce niveau de souffrance dans lequel on se dit que la vie n’a aucun intérêt. Donc c’était assez sérieux, en tous cas je ne pouvais pas rester comme ça.

Environ un an après, en 2016, j’ai commencé à consulter un psychiatre en plus de ma thérapeute, donc j’ai pu bénéficier d’outils complémentaires en matière de méditation (notamment de ce livre, que je vous conseille si vous souhaitez apprendre la méditation). Mais aussi d’un traitement antidépresseur, que je prends toujours. Néanmoins c’est la méditation qui, je pense, m’a été de la plus grande aide, surtout en ce qui concerne l’anxiété.

J’ai mis en place, en partie grâce à ces aides, toutes sortes de techniques pour vaincre mes problèmes de sommeil, qui en fait étaient déjà assez préoccupants avant cette histoire. J’en parlerai peut-être dans une prochaine note. Parallèlement, j’ai continué à faire du crochet, je venais d’apprendre la technique de base et j’ai donc commencé à fabriquer des objets originaux (enfin pas dans le sens « woaw, c’est super original! » mais dans le sens où je n’utilisais pas de modèle donc c’était des créations originales). Je me souviens qu’à l’époque de l’hospitalisation de pascal, je faisais des citrouilles. Je souffrais assez à cette période et ces citrouilles étaient une sorte de drogue. Le monde s’écroulait autour de moi, et je faisais des citrouilles.

Les citrouilles de l’angoisse.

Donc les citrouilles étaient assez importantes. J’ai aussi appris le piano, et ça a été assez important aussi pour moi. Je ne saurais pas expliquer comment, mais le piano m’a réellement aidé à surmonter ces épreuves. Même si je n’étais entré en contact que de façon assez superficielle avec les gens qui avaient manipulé pascal, j’avais mis le pied dans quelque chose de très toxique et ça avait un effet un peu hypnotisant sur moi. J’avais besoin de me détacher de tout ça. De plus, cela faisait longtemps que je rêvais d’apprendre le piano, sans jamais vraiment passer le pas. J’ai fait des progrès étonnamment rapides, surtout au début, et c’était assez gratifiant. Je pense aussi que jouer de la musique a des effets apaisants, un peu comme la méditation.

Pour ce qui est de l’enfant, je ne vous cache pas que ça a été très dur pour lui tout ça. J’ai consulté plusieurs fois une pédopsychiatre par le biais de la halte-garderie. Finalement les choses se tassent petit à petit, même s’il n’a jamais vraiment pu dormir seul depuis.

Pascal de son côté se reconstruit petit à petit, je n’en parlerai pas en détails ici mais il commence à refaire d’autres projets, ça a été assez long et ce n’est pas toujours évident, c’est un chemin de vie comme je le disais.

Professionnellement ça m’est assez difficile de sortir de la panade, donc j’ai fait plusieurs jobs, j’ai donné des cours de soutien scolaire (c’était nul et très mal payé), j’ai été auxiliaire de vie pendant plusieurs mois et maintenant je suis secrétaire médicale, j’espère pouvoir reprendre mes études mais pour l’instant c’est à l’état de projet.

Ce qui a été vraiment génial pour moi en 2017 c’est que nous avons obtenu un hlm et donc nous avons pu déménager. Bon, la période de déménagement a été assez dure, mais c’était vraiment important et positif. Déjà j’ai pu quitter cet appartement qui était beaucoup trop petit pour nous trois, et  que j’avais fini par trouver vraiment oppressant, avec tous ces évènement qui faisaient qu’on n’arrivait plus à s’occuper de notre cadre de vie. Mais en plus, comme j’ai un balcon plus grand maintenant, je me suis mise à avoir des plantes et à jardiner, et le jardinage a également été d’une grande aide. Je trouve que jardiner c’est une merveilleuse façon d’aller mieux.

J’ai toujours continué à fabriquer des objets, vous pouvez voir sur mon compte instagram que j’apprends régulièrement de nouvelles techniques (de tricot, crochet, couture, mais aussi toutes sortes de techniques mixtes). En 2016 je me suis aussi remise tout doucement au dessin et à l’aquarelle, que j’avais un peu abandonnés ces dernières années. Octobre vient de s’achever (enfin… y a pas très longtemps en tous cas!) j’ai participé à Inktober pour la première fois et ça m’a vraiment beaucoup aidé à progresser en dessin.

Mariage de centaures (thème « united » pour october)

Comme vous pouvez vous en douter l’art est vraiment très important dans ma vie. Je travaille également sur un roman mais il est un peu tôt pour en parler car c’est un projet qui prendra beaucoup de temps, peut-être quelques années de plus.

Bref, je viens passer à nouveau un cap puisque j’ouvre aujourd’hui ma boutique sur etsy pour vendre certains des objets que je fabrique. N’hésitez pas à aller y faire un tour, même si je pense que je ferai à nouveau un article pour en parler plus en détails, et essayer de faire connaître un maximum la boutique autour de moi car j’ai vraiment très envie que ça marche. En tous cas, ces objets sont vraiment faits avec amour, j’y accorde beaucoup d’importance et ce sont toutes des pièces uniques.

Cliquez sur l’image pour accéder à la boutique

Je compte également vendre des aquarelles mais je ne sais pas si je passerai par Etsy, peut-être plutôt par twitter ou instagram.

Donc voilà pour les nouvelles, sinon n’hésitez pas à me suivre sur twitter ou instagram bien sûr.

Paix, amour et potimarron sur vous.

6 réflexions au sujet de « Comment je vais depuis deux ans »

  1. C’est un article positif et inspirant. :) Souffrant d’anxiété moi-même, lire ces lignes a quelque chose de réconfortant et d’encourageant. Ça me donne de nouvelles pistes à explorer pour aller mieux.

    Merci à toi, et que la Force soit avec vous trois !

  2. J’ai appris à crocheter pendant une (de mes nombreuses) grosse dépression. Le crochet, c’est la bouée du dépressif.
    Bon courage à toi, Pascal et mini vous

  3. Très positif ce recul que tu arrives à prendre sur cette période difficile ! J’ai souffert de dépression et de crises d’angoisse, et la méditation a été une aide précieuse pour calmer le flot de pensées, et me concentrer sur les sensations et la respiration.
    Je te suis depuis un moment sur instagram et je suis raide dingue de tes créations au crochet ! Et là, tu as ouvert ta boutique mais mon dieeeeeuuu c’est dangereux ça :p Je vais craquer (en plus les fêtes approchent)
    Les arts créatifs tout comme tu le décris, m’ont également permis de tenir bon, je me suis remise au dessin, j’aime bien dessiner des mandalas, puis j’ai essayé le tissage que j’ai beaucoup aimé et j’ai repris goût à la cuisine (même un peu trop, les kilos ont bien grimpé ! ) La lecture aussi, elle a été un refuge et une manière de comprendre ce qu’il pouvait m’arriver (merci les éditions Odile Jacob haha)

    J’ai lu également ton précédent article, sur le tard, et je conçois totalement que cela ait été une période extrêmement éprouvante pour tous les 3. J’avais participé à la campagne de crowdfunding et j’avais aussi reçu la suite de mails assez embarrassants… C’est du passé et je ne regrette en aucun cas d’avoir apporté mon aide là-dessus ! L’idée était géniale, d’autres arriveront :) Je comprends également que vous souhaitiez mettre de côté de tout ça, préservez-vous du mieux possible !

    Je vous souhaite d’aller mieux et de savourer pleinement la vie <3

  4. Très idiotement, je vais te donner plusieurs conseils ; car je suis assez certain que tout ça traîne encore aujourd’hui (2018), même si ça a forcément aussi changé, d’autant que tu parles de problèmes bien à toi aussi avant cette histoire ; et aussi car je pense que tu es pê comme moi modérément bipolaire (cyclothymique), ce qui peut entraîner de longues périodes malheureuses, dépressives et/ou angoissées, avec dedans des hauts et des bas bien sûr, entrecoupées de bien trop brèves périodes bienheureuses surtout.

    * Pense aux activités physiques, et avant tout aux activités intelligentes qui développent le fond des choses, l’habileté corporelle, et encore mieux si c des pratiques collectives. Arts martiaux, escalade, formes de danses contempo créatives, théâtre physique (expression corporelle). Sinon, juste courir ; ou pour moi la natation à condition de mélanger les nages. L’important àma est de jamais se forcer, avant ni pendant.

    * Pour les amorces de crises d’angoisse ou de déprime, si tu es déjà capable de les sentir venir, moi je prends ces cachetons de codéine/paracétamol qui sont pu en vente libre ; je prétexte les migraines (pas faux). Chez moi, souvent un seul cacheton suffit, un dose super minime comparée aux doses de morphine couramment infligée aux gens à l’hôpital, poas ex. C’est très dangereux bien sûr car on peut tomber accro, mais comme tu es végane je crois que tu fais mieux gaffe que moi à ce que tu fais entrer dans ton corps. Environ 20% de la codéine est métabolisée en morphine.

    * Avec la méditation : la relaxation, surtout basée sur la respiration. Respir, relax, angoisse, déprime, mal-être physique, tout ça est lié comme tu sais sûrement.

    * Aussi, le chant, et encore mieux avec autrui.

    * Faire du bien à autrui et au monde, pas forcément de façon planifiée ni même intentionnnelle. Mais du vrai bien, réel et concret ; ce qui veut pas dire matériel ou physique, bien au contraire. (ton blog, par ex : tu nous aides et on te le dit)

    * Pense pê à déménager, à changer de région, voire de pays. (Déjà ça vous éloignera de source toxiques, physiquement et symboliquement.) A ma grande surprise, j’ai découvert qu’il y a vraiment des mentalités régionales, des degrés de socialité vraie ou au contraire de pollution ou manipulation qui font partie de la norme locale. La réputation des chtis ou bretons est pas usupée, tu vois. Et là où j’habite ce jour, nord de l’Auvergne, il y a qqch que j’ai vite nommé un « micro-climat social… Je venais du SO ; il paraît que le Languedoc vers Montpel est pire (et le SE encore pire), j’ai pas testé mais le peu que j’y ai vécu contredit dit pas ce oui-dire. Ca change pas mal la vie, surtout le quotidien, et ça compte grave. J’ai découvert qu’il y a encore des lieux où, incroyable, la majorité des sourires de commerçants sont pas faux !

    Surtout restez loin de tout ça. T’as raison rapport au militantisme végane ou antospéciste (mais c’est pas le militantisme qui vous a détruits, c’est ces gens-là, hein!). Je me répète, l’éloignement géographique est aussi un bien, surotu pour aller là où les gens sont meilleurs (la Belgique ou le Québec ont aussi de super réputations à ce sujet ; aussi question sexisme d’ailleurs).

    Ce que je pige pas, c’est comment ou pourquoi tu arrives à faire tant de choses, et à apprendre!, en période malheureuse. Moi je peux pas, là-dessus on est opposés grave !

    Il y a plein de gens qui t’aiment même sans t’avoir rencontrée en chair et en os (moi par ex).

    biz, spir

    PS : Je suis pas du tout contre le suicide. Je pense là au lien avec d’autres articles. Au contraire, je crois que celles et ceux qui le souhaitent devraient pouvoir partir en une fête d’adieu avec leurs ami’es ; quelle que soit leur raison, quel que soit leur état moral du moment. Ca devrait faire partie de la culture. Mais avec ton fiston et dans notre « anti-société », c’est pas c’est plus une option. Ni pour Pascal si eux deux sont toujours ou à nouveau aussi proches.

    • Mais à quel moment je t’ai demandé des conseils? Franchement c’est très impoli et malavisé de ta part. J’espère que tu ne fais pas ça dans le vie de tous les jours (donner des conseils à des gens qui n’ont rien demandé), c’est excessivement désagréable. Je peux percevoir l’intention positive derrière mais franchement: non. ça donne juste l’impression que tu prends les gens pour des abrutis… Dans cette vidéo j’expliquais que je gérais plutôt bien, je ne suis pas une pauvre petite chose à sauver merci… Et si je peux me permettre, tu n’as aucune légitimité pour conseiller aux gens de prendre des médocs potentiellement dangereux. Tu n’es pas psychiatre que je sache.

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