Confiture de culture

Il faut quand même que je vous dise un truc.
Souvent, sur ce blog, on m’accuse d’attaquer des gens. D’habitude je ne répond pas, parce que généralement c’est entièrement malhonnête. J’ai écrit contre le couple, contre le concept (pas si) moderne du couple, mais je n’ai JAMAIS dit que les gens qui étaient en couple étaient des cons. J’ai écrit souvent contre la viande et l’exploitation des animaux, mais je j’ai JAMAIS traité de con ou de salaud quelqu’un qui mange de la viande ou du fromage. J’ai écrit contre les mécanismes sociaux qui font que Poire est Poire, mais je n’ai jamais dit que Poire était un « loser ». etc.

On me fait dire tout et n’importe quoi. Sans vouloir me la péter et me prendre au sérieux dans le rôle « grande diseuse de Vérités Universelle qui dérange les moutons bien-pensants », je crois que ce blog est surtout un blog de réflexion sur le monde, la société, sur nous-mêmes, et qu’en écrivant, je déconstruis énormément de ce que nous sommes, de ce que nous croyons. Et que quelque part, oui, sans casser trois pattes à un canard, ça dérange. Ca dérange parce que nous avons perdu l’habitude de penser. Parce que nous apprenons tellement de choses, que nous n’arrivons plus à distinguer ce que nous pensons de ce que nous croyons, ce que nous pensons de ce que d’autres nous ont appris (quels que soient ces « autres »: parents, amis, médias, pub, films, jeux vidéos, frères, sœurs, patrons, employés, radio, télé, presse, et le gars du café du commerce, bref la Société). Et pourtant, pourtant nous croyons, et nous pensons, du moins nous pensons que nous pensons.

Je me suis agacée récemment sur Twitter parce qu’un type m’assénait des imbécillités à pleurer telles que « le lion mange la gazelle, nous devons donc manger de la viande ». (Oui, et les géraniums sont rouges, nous devons donc construire une fusée de cette couleur et aller sur Jupiter en file indienne pour y coller des guirlandes de Noël). J’essayais de lui faire comprendre qu’il avait le droit de penser par lui-même. Que nous ne sommes pas des lions dans la savane, ni des antilopes, ni des fourmis, des oiseaux ou des plantes; que nous sommes nous, des humains, que nous faisons des choix, ou que du moins nous avons la capacité de faire des choix. Que nous avons le droit de réfléchir, de penser, de remettre en question. Et que s’en remettre à une Nature toute-puissante qui déciderait pour nous de ce que nous devons manger, c’est un choix aussi, dans un sens, et que ce n’est pas le seul possible, puisque nous pouvons décider de prendre notre vie en main, de réfléchir, entre autres, à ce que nous mangeons, comment et pourquoi.

Mais tout ça ne pèse rien dans la balance face à la morale du Lion dans la Savane, supposément dirigé par Mère Nature comme un pauvre automate, condamné à bouffer la gazelle perpétuellement. Parce que chaque personne ayant appris et récitant sa leçon de la morale du lion, chacune de ces personne déclame un discours appris  et il le répète. Mais elle le répète en l’ayant intériorisé, en l’ayant fait sien. D’une façon d’autant plus facile que nous n’avons pas le souvenir bien net de quelqu’un (parent, instit ou autre) qui nous ai dit textuellement quelque chose comme:

Le lion mange la gazelle, donc nous n’avons pas le choix, nous devons manger de la viande, c’est la Nature qui veut ça, et nous ne pouvons pas y réfléchir car c’est un domaine qui échappe à tout champ de réflexion, de remise en question et qui échappe aux domaines de l’éthique et de la justice. Choix, réflexion, souci de justice s’arrêtent là où commence le bord de l’assiette.

Non, personne ne nous a dit ça, pas comme ça en tous cas. Et pourtant la grande majorité d’entre nous démarrent dans la vie en croyant exactement ça. Mais qui nous a soufflé ces vérités universelles que nous peinons tant à bousculer? D’où viennent ces croyances? Il est évident qu’elles viennent de notre culture, puisqu’elles sont partagées par la majorité des personnes de notre société (mais pas par tout le monde), et qu’elles semblent varier grandement d’une culture à l’autre. Pour la petite histoire, aux Etats-Unis, où la culture est relativement proche de la notre, le raisonnement est le même, sauf que le lion ne bouffe pas la gazelle, mais le zèbre. En revanche, dans des cultures plus éloignées, on ne se base pas sur l’existence d’un animal éloigné de nous sur tous les plans (génétique, comportemental, anatomique, morphologique… Et même géographique!) pour justifier notre comportement… Ou plutôt, justifier que nous n’ayons pas à le justifier.

Je ne sais pas comment ces croyances de lion et de gazelle arrivent jusqu’à nous. Je pense qu’il y a une sorte de consensus culturel sur la viande, il y a un consensus sur les domaines sur lesquels nous avons le droit d’exercer un regard soucieux de justice, et la viande n’en fait pas partie. Je pense que parmi tous les schémas culturels que nous apprenons, nous avons une certaine idée de la Nature, des animaux, de l’être humain, de la justice, de plein de choses; et que quand nous essayons d’articuler ensemble toutes ces conceptions acquises des choses et du monde (et j’insiste sur le fait qu’elles sont acquises, transmises par l’éducation, par l’apprentissage de la vie au sein de cette société), quand nous les mettons bout à bout, ça donne ça: le lion mange la gazelle, faisons pareil. Ce n’est pas un raisonnement cohérent; en fait, ce n’est même pas du tout un raisonnement. C’est simplement l’expression d’une conception du monde, une conception mystique, dé-responsabilisante (puisque nous obéissons à la Nature, une sorte de puissance supérieure divine). Et cette conception du monde est le résultat de nos croyances acquises. Mais en articulant nous-mêmes ces différents schémas culturels, appris de différentes façons, sous différentes sources (Des instits aux dessins animés en passant par Picsou Mag et Femme Actuelle), et donc les sources varient d’une personne à l’autre, nous nous sommes approprié cette conception du monde, et elle est aussi notre que si nous l’avions intégralement inventée.

En d’autres termes, nous baignons tous dans cette culture, mais chacun d’une façon différente.

Les féministes sont chiantes: elles critiquent tout. Parce que l’immense majorité des dessins animés, films, jeux vidéos, livres, émissions, discours éducatifs, jeux télévisés, magazines, séries… véhiculent des stéréotypes de genre, souvent sexistes. Mais ce n’est qu’un exemple de la façon dont l’ensemble de la culture transporte une croyance (ou un ensemble de croyance): « les femmes sont comme ci, les hommes sont comme ça ». Et tout le monde, dans cette société, regarde et écoute des dessins animés, films, jeux vidéos, livres, émissions, discours éducatifs, jeux télévisés, magazines, séries. Mais personne ne regarde exactement les mêmes. Aussi, nous faisons chacun notre expérience personnelle de la Norme sociale.

C’est pourquoi personne ne peut exactement dire cette norme, l’expliciter clairement. La majorité des gens s’accordent sur des trucs de base: « on a le droit de tuer des animaux mais seulement certaines espèces et seulement si c’est pour les manger » / « les femmes sont plus bavardes que les hommes » / « les poils sur une femme c’est dégoûtant » / « les enfants doivent être punis quand ils font quelque chose de mal » / « quand on est en couple on baise pas avec n’importe qui » etc etc… Ce sont des choses normales, courantes. Mais si on essaye d’aller plus loin, on se heurte à des différences entre les individus: le cheval fait partie des animaux qu’on peut manger, ou pas. Les poils sur les femmes c’est sale, mais sur les hommes, ça peut l’être aussi, ou faire viril. Les enfants doivent être punis, mais on peut les frapper, ou non.

La plupart des gens sont sexistes, âgistes, spécistes, mais il n’y a pas deux personnes qui le sont de la même façon, car chacun évolue d’une façon qui lui est propre dans cette grande culture âgiste, sexiste, spéciste. Un exemple: il n’y a pas grand chose en commun entre Le Roi Lion, le Nid des Marsupilamis et Dexter, par exemple. Pourtant le film, la bande dessinée et la série véhiculent des stéréotypes sexistes. Mais ce ne sont pas les mêmes. De plus je cite volontairement des supports différents et datant d’époques différentes: le Nid des Marsupilamis est une BD qui date un peu, Dexter est une série plutôt récente, le Roi Lion est entre les deux, et Franquin n’a rien à voir avec Walt Disney. Et les stéréotypes sexistes qu’on y trouve sont si différents que se livrer à une comparaison demanderait un travail long, fastidieux et probablement chiant. Mais il y en a dans les trois. Et j’aurais aussi pu citer des choses plus anciennes: les romans de Tolkien, ou les BD de hergé, par exemple, bien que dans ce cas le sexisme serait plutôt basé sur la quasi absence de personnages féminins (oui, c’est une forme de sexisme) et non par leurs caractéristiques.

Qu’on ait été élevé à Disney ou à Franquin, ou à Hergé ou à Nintendo (un peu de tout ça pour ma part ! ), hé bien on sera sexistes, mais pas de la même façon. Ainsi, nos représentations du monde, globalement, se rejoignent, mais pas entièrement.

Il y a un effet très pervers à cela. On est ainsi persuadés que notre vision du monde est unique (c’est vrai, parce que nous avons tous des expériences différentes) mais pour ce qui rejoint globalement ce que tous les autres pensent, pour les « grandes lignes », les « trucs de base » que je citais tout à l’heure, nous arrivons à être persuadés que ce sont des vérités universelles. Et c’est peut-être aussi pour cela que nous en appelons à des « Forces Supérieures Universelles » (comme la Nature par exemple, ou la Science, ou Dieu), que nous appelons « vérités universelles » ces vérités relatives, en nous appuyant sur l’état du monde tel qu’il est pour justifier nos comportements et nos croyances. On dira qu’on mange de la viande parce que les lions le font, ou parce que nous avons des dents supposément faites pour cela (très drôle), on dira que les femmes sont plus faibles que les hommes parce que chez tous les animaux c’est comme ça (c’est faux d’ailleurs) ou que les femmes sont plus douces et gentilles parce qu’elles font des bébés. On dira que les enfants doivent être punis parce qu’ils sont immatures, ce qui est une façon de dire que la Nature les a fait inférieurs aux adultes, on dira que les femmes ont un cerveau différent de celui des hommes, ce qui est une façon d’affirmer que le Dieu Science dit que les femmes sont différentes des hommes par nature, par essence. Bref c’est l’idéologie naturaliste: l’ordre social ne nous apparait pas comme un ordre social, mais comme un ordre naturel, un ordre des choses universel et universellement partagé.

Mais nous nous trompons. Nous ne constatons pas un ordre des choses immuable, mais un ordre social changeant et relatif aux époques et aux contextes sociaux. Nous ne sommes pas devant des vérités universelles, mais devant des croyances culturelles. Et surtout, nous n’émettons pas un avis nouveau et personnel sur l’ordre du monde, nous ne faisons que reformuler ce qui nous a été enseigné par de multiples sources au cours de notre vie, ce que nous nous sommes réappropriés mais qui n’est jamais sorti du cadre d’un certain paradigme culturel. D’une certaine façons, nous croyons inventer, mais nous ne faisons que répéter ce que nous avons appris et le reformuler.

Ainsi, quand quelqu’un attaque une croyance (et c’est souvent ce que j’essaie de faire), nous sommes persuadés que c’est NOTRE croyance, nous nous identifions à cette croyance que nous avons faite notre, et nous ne la voyons pas comme une croyance, mais comme une vérité qui nous appartient et qui fait de nous ce que nous sommes. Nous nous sentons attaqués dans notre compréhension du monde personnelle (qui au fond n’a de personnel que la façon dont nous nous sommes approprié cette compréhension). Et si en plus de questionner nos pensées ou nos comportements, on les accuse d’être inappropriés ou injustes, nous nous sentons mis en cause personnellement. Comme si nous étions ces pensées, comme si nous nous définissions par ces comportements.

Et pourtant nous ne faisons que penser et faire ce que nous avons appris à faire et à penser. Il n’y a rien de mal à ça, c’est humain. Nous sommes des êtres de culture, des éponges. Nous apprenons sans cesse et nous apprenons beaucoup. Et je pense que nous pouvons aussi apprendre à remettre en question ce que nous avons appris avant. Sinon, nous serions foutus.

Je pense que c’est une erreur de se sentir attaqué par ce genre de choses. Parce que si on se sent attaqué aussitôt qu’on critique des choses que nous faisons ou pensons habituellement, nous avons le choix entre ne jamais rien critiquer et continuer à faire tout ce qu’on faisait exactement comme avant, ou nous sentir agressés et devoir nous justifier en permanence. On pourrait simplement accepter la critique, accepter que ce que nous faisons soit discuté même si nous l’avons toujours fait…

Bref tout ça pour dire… Quoi déjà? Ha oui.

Je pense que pour mes deux derniers articles, à propos des normes de beauté féminines, il y avait quand même quelque chose de différent sur quoi j’aimerais revenir. Mais j’ai déjà beaucoup trop écrit… A suivre.

Mépris et misogynie ordinaires

56 réflexions au sujet de « Confiture de culture »

  1. Ya une faute dans l’antépénultième paragraphe, il manque un mot (« faire ce que nous appris à faire ») :p

    À part ça, approbation absolue !

  2. Je ne sais pas qui est le premier à avoir dit ça, mais je me souviens de cette citation « manger c’est voter trois fois par jour. »

  3. Moi j’aimerais bien comprendre pourquoi c’est le lion qui est cité quand il s’agit de carnisme. C’est quand même bien loin d’être le seul carnivore de la nature !

    D’ailleurs, rares sont les humains qui tuent eux-mêmes les animaux qu’ils mangent, nous serions plutôt comparables à des vautours ou à des hyènes mais j’imagine que c’est moins « glamour » comme métaphore…

    N’y a-t-il pas aussi « un peu » de sexisme dans cette analogie ?
    Après tout, le lion se paye « la part du lion » justement alors que c’est la lionne qui se fatigue à chasser, possède un harem et n’en branle pas une alors que Mesdames se fatiguent à trouver faire les courses pour le foyer !

    Et puis si l’on devait pousser l’analogie jusqu’au bout, les hommes qui se mettent en ménage avec un mère célibataire devrait assassiner les enfants déjà nés pour faire les siens propres ! D’ailleurs, on devrait autoriser la polygynie aussi.

    Bref, tout ça pour dire que la métaphore elle-même est éloquente : on ne retient du lion que ce qui nous arrange pour justifier ce qui serait injustifiable sans cette pirouette intellectuelle.

    • Parce que le Lion (ou l’Ours, plus souvent entendu cité, perso, parce qu’il est omnivore) ça fait Viril, Classe et surtout Dominant. Dans notre société, du coup, par soucis d’égo, on préfère se comparer à un lion, un tigre ou un ours qu’à une vache ou un lapin.

      Mais bon, c’est sûr que ya de l’opportunisme intellectuel. Le lion, il mange de la viande, mais il mange TOUT. Os, cerveau, yeux, tendons, trou du cul… Il se dit pas, « tiens aujourd’hui je vais manger que les côtelettes », omnomnomnomnom. Non, il a besoin de tout ce qu’il y a dans sa proie et il y va sans la « préparer » au préalable.

      Mais bon, se renvoyer à la nature, on le fait quand on veut hein. Pour justifier son régime alimentaire « c’est la nature », mais quand il s’agit d’envisager de mettre fin au Culte de la possessivité dans le couple (la fidélité quoi), là c’est « ah non, nous sommes des êtres de cultures, nous ne sommes pas des bêtes ! »

      Allez comprendre. \o/

      • Ce qui est marrant c’est que les gens arrivent à être persuadés qu’ils ressemblent plus à un lion qu’à un macaque ou un lémurien… C’est assez hallucinant à quel point on peut nier l’évidence

      • Le coup du lion qui mange tout, ça me fait penser qu’à l’Aïd El Khebir, au Maroc (enfin, dans les autres pays musulman aussi sans doute, je parle du Maroc parce que j’y vis), les gens ne se contentent pas de tuer le mouton, de prélever les bons morceaux et de jeter le reste… Non. Les peaux sont tannées, les os récupérés pour fabriquer des objets, les tripes sont séchées et peuvent servir à fabriquer des cordes d’instrument…

        Après, j’ai toujours du mal avec cette pratique. Mais ce que je voulais dire, c’est que ça me semble plus réfléchi que l’industrie de la viande occidentale (et après, le mouton est censé aller au paradis… si, si).

        Pour justifier le fait que je mange de la viande (tout en essayant de réduire ça petit à petit), c’est tout simplement que je trouve ça bon. L’histoire du lion et tout, pour moi ça ne tient pas de bout. Le choix est personnel. J’ai bien conscience que les animaux que je mange sont massacrés dans des conditions horribles. J’ai même moins de distance par rapport à ça, puisque quand je vais passe dans la médina pour acheter un poulet, ben, le boucher, il sort l’animal d’une cage où ils sont entassés dans leur propre fiente, il l’amène jusqu’à son échoppe, et tchac, il lui coupe la tête. Devant moi. Ça change de la barquette sous vide qu’on achète au carrouf.

        Après avoir raconté ça, je pense qu’on peut à juste raison me comparer à un monstre, à un salaud. Je culpabilise, d’ailleurs. Mais je mange le poulet. Mais je sais au fond de moi que c’est mal. Que mes envies de viande ont des conséquences. Et j’essaie de changer mon comportement… mais ce n’est pas facile.

        • Trouver ça bon, trouver ça bon… Je trouve ça bon aussi. Est-ce qu’on se rend VRAIMENT compte de ce que c’est? C’est un peu abstrait, comme ça se passe loin de nous. Je n’ai aucun mérite, je n’ai arrêté de manger de la viande qu’en commençant à travailler dans l’élevage…

          • « C’est un peu abstrait, comme ça se passe loin de nous. »
            Il n’y a pas que ça. Oscar dit qu’il voit les poulets mourir sous ses yeux et qu’il en mange quand même.

            La société occidentale a ceci d’horrible qu’elle a éloigné le massacre des animaux (et les animaux eux-mêmes) de leurs consommateurs, ce qui a permis d’augmenter sans limite l’intensité et l’horreur du massacre. Mais parallèlement, ça a aussi permis aux gens de développer leur empathie vis à vis des animaux qui restaient en leur compagnie, ceux qu’ils n’étaient pas obligés de manger.

            On s’est donc retrouvé avec deux aspects contradictoires qui ont évolué continuellement de manière disjointe, et c’est la possibilité de transmettre l’information, de ramener à la visibilité l’horreur de cette chose cachée, donc de rétablir le contact entre ces deux réalités éloignées qui permet de créer la remise en cause complète. D’amener la prise de conscience, relativement brutale, vers le végétarisme.

            Mais dans une société où les animaux sont tués aux yeux de tout le monde, l’empathie pour eux, notre capacité à reconnaître leur existence en tant qu’individus sensibles, est constamment empêchée, engourdie. Les tuer devient normal, obligatoire, totalement intégré à la vie quotidienne. Dans une telle société, c’est donc beaucoup plus compliqué de souligner l’empathie naturelle qu’on a pour les autres animaux, et de souligner notre incohérence pour amener à la prise de conscience, puisque, par le spectacle quotidien de leur mise à mort, la société se charge constamment d’étouffer cette empathie et cette remise en question, et ne laisse aucun champs libre pour la développer.

    • Oui je pense. Quand j’ai objecté à quelqu’un que les lions bouffaient leurs petits, ils m’a répondu que dans ce cas il fallait prendre exemple sur le loup. Je trouve ça d’une stupidité monumentale… Enfin, le lion, « roi de la savane », le loup, super prédateur des forêts du nord… Que des prédateurs charismatiques, perçus comme « dominants » (alors que quand ils sont blessés ou incapables de chasser, ils meurent…). Oui je pense qu’il y a du sexisme, les hommes en particulier aiment se comparer à de grands prédateurs, supposés craints et « respectés » dans leur milieu naturel.

      • On fait surtout beaucoup d’anthropomorphisme sur la société des lions. Non seulement on prend exemple sur la « nature » pour justifier des choix sociétaux mais en en plus on réinterprète la nature selon nos choix sociétaux, c’est un peu le chien qui se mord la queue. Exemple : le lion est loin d’être le roi de la savane puisque déjà c’est une société matrilinéaire (le territoire est aux lionnes qui le transmettent à leurs filles, ce sont elles qui le défendent contre d’autres groupes de lionnes alors que le lion se bat surtout pour montrer qu’il est le meilleur géniteur contre un autre mâle aux yeux des lionnes) et ils volent plus souvent la nourriture que les hyènes ont chassé plutôt que le contraire. Les documents animaliers sont malheureusement extrêmement sujet aux préjugés et interprétations.

        • C’est vrai, on transforme beaucoup ce qu’on voit et on interprète beaucoup à notre sauce. Quand j’ai étudié le comportement sexuel des animaux je me suis rendue compte que la plupart des croyances que nous avons sur les animaux ont largement été interprétées selon un biais hétérosexiste.

    • Le lion, parce que c’est un bon symbole de bon mâle privilégié fort et auréolé de gloire. (Drôle, quand on sait que les lionnes se tapent tout le boulot). Le lion, car les humains vaniteux préfèrent se comparer à un grand prédateur qu’à un singe.

      On me l’a sortie un paquet de fois, le coup de lion et de la gazelle, ma réponse est toujours la même : Oui, sort dans la savane, atrappe une gazelle et bouffe-la crue en la déchirant à mains nues, et tu me parleras de comparaison avec un lion.

    • Oui, il me semble que ce ne peut pas être un hasard si l’on parle systématiquement, en France, du « lion et la gazelle » (et non du zèbre, comme le fait remarquer l’elfe) ; c’est de la pure mythologie, puisque dans la réalité, justement, ce sont plutôt les lionnes qui chassent ! Mais « la » gazelle, comme on sait, symbolise « la » femme ; « le » lion, « le » prédateur, « la » gazelle, « la » proie ; on a bien la figure qui vient naturaliser les pratiques, aussi bien de consommation orale que sexuelle, qui sont elles-mêmes des forts symboles (hélas bien ancrés dans la réalité des victimes) de domination.

      Cf. « Et si l’humain valait l’homme ? Antisexisme et antispécisme : rapports d’un dominant »,
      http://divers.yves.free.fr/spip-yves/spip.php?article2

      et « Pour en finir avec l’idée de nature, renouer avec l’éthique et la politique »,
      http://tahin-party.org/finir-idee-nature.html

  4. Depuis un an, je me dis que nous ne sommes pas une personne gravé dans le marbre, mais tout un ensemble de forces qui nous composent et dont nous pretons plus ou moins d’importance. Quand j’y pense, il y a une différence fondamentale de mentalité. On ne devient pas vegan par hasard, on ne se met pas à douter et à se poser des questions par hasard. C’est d’abord une demarche individuelle avant d’etre une idée. Au fond si nous ne sommes pas prêt à recevoir la portée d’un concept, tu auras toujours du mal à transmettre ce qui pourtant te parait à ta portée. Mais que tu continues est le plus important, car ce que tu dis fini par faire son petit chemin.

    • .. C’est d’abord une idée avant d’être une démarche individuelle, surtout dans les cas ou l’idée est évidemment antérieure à la personne …

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Noosph%C3%A8re

      .. Et aussi « On peut envisager le monde comme une myriade de messages. A Celui Que Ça Peut Intéresser. […] Les effets les plus immédiats des échanges d’information – les effets de comportement (pragmatiques) – et des façons dont la communication détermine le comportement en profondeur – en fait Est le comportement [blahblah]. » (dans Communication et Société)

      Tu dis que tu es une synthèse d’influences ? Bah, oui, tu es une synthèse d’influences. Et aussi un convecteur d’influences. Faut travailler sur la synthèse (réflexion, expérience, déduction), et sur les sources d’influence (communication dans les deux sens, observation).

      Je sais pas si j’ai dit un truc super évident ou pas là ..

      • Ben je sais pas mais je me demande si l’article lui-même n’enfonce pas quelques portes ouvertes.

        • « du moins nous pensons que nous pensons. »
          Il manque un mot pour ça. Genre « idée préconçue » mais avec un sens moins devoyé, et un usage vraiment courant. Un concept aussi fondamental, faut pas seulement le verbaliser, il faut aussi le consacrer et donner l’habitude de l’utiliser ..

          « D’où viennent ces croyances? »
          .. Du manque de représentation d’autres croyances ? Les croyances c’est un peu de la « science par défaut (d’une meilleure science) » …

          D’où vient l’attachement morbide à ces croyances ?
          http://bp1.blogger.com/_53X1LEXXPA4/RfnpNATaVBI/AAAAAAAAASA/CCXqv0nAPvc/s1600/Science,+religion.gif
          Est-ce que le conservatisme est juste un mécanisme de sélection du « challenger », la mise à l’épreuve de la nouvelle idéologie pour s’assurer qu’elle tient la route ?

          Bah, les portes sont ouvertes pour toi, mais dans le doute tu les enfonces pour les autres. T’as bien raison.

        • Pour ceux qui te lisent depuis un moment, surement, mais pour ceux qui arrivent ici et n’ont pas commencé leur démarche de remise en question je pense pas. Je le trouve necessaire cet article.

    • Oui aussi. Je voulais aborder les problèmes d’identité mais ça aurait été trop long je pense…

  5. Coucou,

    sans avoir suivi des cours d’Histoire à l’unif, je pense que l’homme a transmis à l’homme de manger de la viande, parce que à l’aube de l’humanité, dans la précarité où il était, il se fichait sans doute pas mal d’être juste ou injuste, il se souciait juste de se nourrir. Le père a appris à son fils comment chasser, peut-être pas à sa fille, parce qu’elle avait, je ne sais pas moi, une masse musculaire moins importante. Je crois que c’est comme cela que les sociétés se sont mises en place, les gens ne se sont pas mis en rond en se disant: « Bon, qu’est-ce qu’on va pouvoir inventer aujourd’hui comme mythe pour justifier qu’on mange de la viande et que les femmes et les hommes ont des rôles pré déterminés? » C’est le ventre plein qu’on pense, à mon avis. Cela ne veut bien-sûr pas dire que, Aujourd’hui, i qu’on achète sa viande au supermarché, ‘on ne peut pas remettre tout cela en question, et Penser la manière dont on mange, Penser ce qu’on mange. D’ailleurs, il y a toujours eu du grands penseurs, qui ont bouleversé le cours des choses, et malgré ce que tu dis dans ton article, nous ne pensons pas tous toujours forcément « tout cuit », nous réfléchissons, c’est même peut-être un peu grâce à cela que nous avons une histoire.

    • On n’a aucune preuve archéologique que les femmes ne chassaient pas dans les sociétés préhistoriques.
      Chez les chasseurs cueilleurs, il existe il me semble des sociétés où seuls les hommes chassent, d’autres ou les hommes et les femmes chassent (les Aka par exemple, en Afrique), et il me semble même que chez quelques-unes la chasse serait réservée aux femmes mais je ne suis pas sure.
      Enfin bref, je suis d’accord avec toi. Je pense qu’on s’est pas demandé si on avait le droit de manger de la viande quand c’était une nécessité de survie (pas forcément qu’à la préhistoire d’ailleurs, il y a peut-être des périodes de l’histoire où la viande aidait à la survie, ou du moins pendant lesquelles on n’avait pas le loisir de se demander si c’était juste ou injuste).
      Je trouve que nous avons une chance extraordinaire, celle de pouvoir se poser ces questions, d’en avoir les capacités psychologiques et matérielles. Dommage que la plupart des gens ne saisissent pas cette chance.
      Et je n’ai pas dit que nous pensons forcément tout cuit. Je dis que nous sommes le produit d’une culture. D’ailleurs, le fait même de remettre en question des éléments de cette culture, est sans doute aussi le produit de cette culture…

      • On devrait plutôt dire les cueilleurs-chasseurs parce que la végétation a toujours constitué la majorité de notre nourriture (on a une dentition plus spécialisée dans la mastication des végétaux que de la viande et c’était encore plus le cas pour nos ancêtres) mais c’est encore mettre l’accent sur notre supposé carnivorisme majoritaire que de dire de chasseurs-cueilleurs et de se gargariser de chasse aux mammouths alors que nos ancêtres (et les cueilleurs-chasseurs actuels) étaient plutôt des charognards opportunistes de petit gibier

  6. Je fais partie des gens qui t’ont répondu. Bien sur, avec ta manie de censurer les commentaires qui te déplaisent on ne le saura jamais, tu peux leur faire dire ce que tu veux. Il me semble que ce procédé témoigne d’une certaine volonté de garder une verticalité, une autorité absolue bien contradictoire pour quelqu’un qui se veut égalitaire.
    Tu n’as pas écrit littéralement que tu détestais tel ou tel personne . Cependant, ton ton, le refus de laisser apparaître le moindre argument à décharge le fait. Tu portes un regard manichéen sur les choses qui enferme les gens en désaccord avec toi dans un « mal » absolu (car la nuance n’existe pas dans tes descriptions) . Bien sûr, tu n’uses pas du mot « mal », tu es davantage dans une lecture idéologique, qui garde ces concepts en les nommant autrement. Tu recommences d’ailleurs en considérant qu’il y a ceux qui pensent et en gros, les autres, ceux qui ne sont pas d’accord avec toi. En effet, tu confonds le fait de penser et le fait de penser comme toi.
    Le refus de considérer la question sociale est aussi de ce que tu évacues, il semble que tu en veux pas qu’elle soit évoquée tout simplement.
    Voilà, ce commentaire ne sera sans doute pas publié (ou disparaîtra), mais je tenais à ce que tu lises cette précision, car cet article ne me semble pas très juste.

    • Pardon, j’ai essayé de lire ton commentaire mais ça s’est transformé sur mon écran (ou dans mon cerveau) en: gna gna gna gna gna gna je suis une pauvre victime gna gna gna gna gna je me sens agressé par tes idées gna gna gnagna t’es méchante gna gna gna gna gna gna gna gna

      Si tu as quelque chose d’intéressant à dire, dis-le. Sinon, en effet, tes message disparaitront.

      Et franchement tu sais faire autre chose que te plaindre? Tes autres messages ne sont pas passés parce que c’était du pleurnichage force 1000 et rien d’autre. « ouin ouin je suis un pauvre petit nenfant d’ouvrier, ouin ouin je peux pas être végétarien parce que je suis pauvre, ouin ouin j’ai pas fait le tour du monde et toi si alors je te déteste, ouin ouin ouin mon papa il est pas allé à l’école alors l’école c’est bien, ouin je suis timide avec les filles, ouiiinnnnnn »

      Sérieux, va faire un tour au lieu de pleurnicher devant ton pc. Et si t’aime pas ce que j’écris, alors arrête de lire.

  7. Oui, c’est vraiment une chance de pouvoir penser à tout ça, et en même temps, parfois, j’ai l’impression que cela fait partie de notre survie, de vouloir « donner du sens », en tout cas de vouloir donner une autre cohérence au monde basé sur d’autres valeurs.

    Bises

    • Je dirais pas survie, non. Plutôt épanouissement, ce qu’on a la chance de pouvoir souhaiter quand on n’est pas dans la survie.

  8. Je n’ai pas le même rapport à la vie. En fait, en fait je crois qu’ une fois que nous avons le ventre plein, je pense que ça fait partie de notre survie de penser le monde, de se poser des questions, sinon on devient fou , on a envie de se suicider, on est angoissé. Je crois que c’est notre condition. Je ne parlerais pas d’épanouissement, même si on parle beaucoup de ça en ce moment et que oui, ça peut arriver de s’épanouir. :)

    • C’est bizarre, on dirait que pour toi les seules raisons de se poser des questions c’est pour éviter des souffrances. Mais n’est-ce pas une forme de plaisir aussi que de le faire? (et pas seulement une source de souffrance de ne pas le faire)?

      • Je ne sais pas, peut-être que j’ai un peut trop de mal avec la vie, ^^, je parlais en mon nom bien-sûr pas celui des autres.

  9. Ton article résonne en moi.
    Cette semaine, sur un forum, je parlais des conséquences de nos choix personnels, du fait que certains choix avaient une conséquence sur les autres et le monde (ce qu’on mange, l’avion, les téléphones portables, l’auto…) et d’autres pas (ou beaucoup moins) (choisir de laisser ses poils en paix, y compris aux jambes et ce même si on est une femme). Je me suis rendue compte que, pour certains, ce n’était pas entendable, que cela ne percutait pas.
    Je trouve cela effrayant.
    Merci de ton article.

  10. C’est peut-être le ton que tu prends, hein, mais franchement, sur certains articles, on peut tout à fait se sentir accusé. Particulièrement sur tes articles sur le veganisme. Certaines personnes ne peuvent tout bonnement PAS vivre correctement avec ce genre de régime (exemple bête : mon copain, souffrant de problèmes de digestion, se retrouverait greffé à ses wc s’il se contentait de fibres et de céréales). Moi-même, je dois faire attention à ce que je mange, sans quoi ma tension tombe tellement que je suis incapable de simplement me traîner jusqu’aux transports en commun pour espérer aller en cours. Je mange assez peu de viande (pas uniquement parce que c’est cher, mais aussi parce que je n’ai ni l’envie d’en manger plus, ni l’envie de passer pour une carnivore), mais si je me passais des quantités que j’avale maintenant, ça ne marcherait tout bonnement pas. Or, tu annonces « bouh la viande c’est mal, faut que vous arrêtiez d’en manger » comme si c’était une évidence, la chose la plus simple du monde, que beaucoup de gens refusent juste par flemme ou égoïsme. Je suis tout à fait pour les droits des animaux, et contre la consommation de tonnes de viande (dont la moitié finit à la poubelle, qui plus est) : je considère qu’on devrait tous réduire les quantités. Mais il n’est pas possible pour tous de se nourrir exclusivement de légumes et de céréales, non, tant physiquement qu’économiquement (et on oublie au passage le fait que pour certains, se taper 2h de trajet pour trouver une épicerie bio, c’est juste pas possible).
    Donc non, on ne dit pas « oh mon dieu, elle est méchante, elle dit que je suis un méchant gens qui fait des méchantes choses parce que mon style de vie ne correspond pas au sien ». Mais il faut bien dire que parfois, oui, ton ton a fortement tendance à être accusateur.

    • Il y a des végétariens intolérants aux fibres. Les vegans ne se contentent pas de manger des céréales et des fibres. Et je ne comprend pas pourquoi quelqu’un qui mange de la viande devrait se sentir accusé par ce que je dis. Si je disais: « les mangeurs de viande sont des connards », je comprendrais. Mais quand je dis: « tuer un animal juste pour le plaisir de le bouffer c’est un acte injuste et cruel », je vois pas QUI devrait se sentir accusé… Sauf si c’est vrai. Et si c’est vrai, alors c’est aux gens de changer et pas à moi de changer mon discours. A la limite, ceux qui ne veulent pas qu’on leur dise ce genre de vérités n’ont qu’à pas lire mon blog. Et tu caricatures mon discours de façon totalement irrespectueuse: j’ai jamais dit « bouh la viande c’est mal ». Je dis réfléchissez. Réfléchissez au lieu de vous justifier devant ma pauvre petite personne de manger de la viande. C’est une perte de temps.

    • Donc dans ton esprit, les végé ne mangent que des légumes et des graines bios qu’ils achetent à Naturalia, et ils passent leur journée à avoir la chiasse.

      Bouhouhou c’est pas de ma faute si je mange du cadavre, c’est MOI la pauvre victime…

      Ca va c’est assez accusateur pour toi?

    • Oui, tous les vegans roulent sur l’or, quand ils ne font pas des longueurs dans des piscines olympiques remplies de noix de macadamia bio.

      Et il faut voir l’air envieux des pauvres omnivores, forcés de manger des steack hachés lidl pour leur santé, quand on fait cuire notre riz complet bio, Ô combien précieux et inaccessible. (on ne peut pas en commander sur internet, s’en procurer est toujours une lutte longue et fastidieuse.)

      « oui, ton ton a fortement tendance à être accusateur. »
      Tu t’es trompé, tu voulais certainement écrire « forcément ». Oui, quand on accuse des travers, on a tendance à avoir un ton accusateur.

      T’as raison d’expliquer pourquoi d’après toi l’Elfe reçoit des feedbacks pas content. Mais tes arguments ne sont pas très convaincants =/
      Admettons qu’un malade de Crohn puisse être incapable d’être vegan (j’en sais rien, jsuis pas médecin) … Ça reste exceptionnel, ça ne justifie pas grand chose de ce que l’Elfe accuse ..

      • Oui, tous les véganes sont riches, d’ailleurs moi la bobo qui suis en train de me faire sucrer mon RSA pour non-présentation à pôle emploi, j’emmerde les pauvres prolos qui sont obligés de manger de la viande !

    • Avant de devenir végane (il y a 5 ans), j’étais un omni rompus à la dégustation de charcuteries (entre autreS). Et je souffrais de brulures d’estomac chroniques (chroniques pour de vrai) depuis 7 ans, sans que 3 gastro-entérologues n’aient pu me venir en aide, et constipation tout aussi chronique depuis toujours (pour de vrai aussi). (la faute à des laitages systématiques, je l’ai déduit plus tard)
      Lors de mon passage végane, je n’avais pas même la notion de danger concernant la B12, j’me disais juste que ce choix me semblait une évidence rencontrée presque « trop tard », et que même si ça devait me rendre malade ou me couter la vie, je m’y tiendrais.
      2 mois à peine après avoir commencé, et bien mes brulures d’estomac ont purement disparut (alors que des renforts de platres stomacaux n’y changeaient rien). Mes intestins se sont pour la première fois de ma vie mis à fonctionner normalement, et j’ai par dessus le marché trouvé un nouveau tonus et une énergie que je n’avais pas plus ni demandés ni attendus que la solution à mes soucis de santé chroniques. (et mes repas « complets » se limitaient à du couscous garnit, et des ratatouilles, avec de temps en temps des galettes de céréales, rien d’incroyable)
      Donc sincèrement, si une diète végétalienne vous causes les soucis décris, je crois que vous avez tout deux soit de sévères problèmes de santé, soit des notions de diététique basiques parfaitement ignorées.

      • On a parfois des crises de foi en l’humanité en tant que vegan, mais c’est à peu près sain comme désagrément, ça donne envie de faire mieux.

        Sinon oui, les légumes et les fruits ça cause et ça aggrave peu de maladies chroniques, quoi qu’on en dise …

  11. Merci mille fois pour cet article, ça redonne envie de se battre lorsqu’on se sent emprisonné par tous ces discours mortifères. C’est déjà un cheminement difficile de déconstruire, je me demande si ceux qui m’entourent seraient prêts à faire ne serait-ce qu’une ébauche d’effort en ce sens. Les réactions sont tellement violentes parfois, on se demande ce qu’on a déclenché !

    Ce que tu dis me fait penser à la notion de prédiscours en linguistique faudrait que je me replonge dedans, car je pense qu’il y a des choses à en tirer :
    http://www.scienceshumaines.com/les-prediscours-sens-memoire-cognition_fr_15491.html

    Merci encore.

  12. Chère Elfe,

    c’est toujours avec beaucoup d’intérêt que je vous lis. Vous avez le chic pour poser les bonnes questions.
    Ce que je retiens de ce post : on a tellement intégré la culture dès la naissance qu’on est bien incapable de différencier ce qui relèverait de la nature (ordre présupposé parfait) du reste. C’est valable dans tous les domaines : alimentation, sexisme, sexualité, …
    Merci de continuer à toujours maintenir mon esprit et mon intelligence en éveil grâce à vos idées et à votre talent !

    Cordialement,

  13. Marrant, il y a peu j’ai eu une discussion avec une nana qui m’a rétorquée : »Ma vérité c’est la mienne et tu ne me diras pas quoi penser !! »

    Pourtant je n’essayais pas de lui imposer quoi que ce soit. Il est lassant de voir combien les « idées nouvelles » doivent coller au « cadre de référence » de l’individu qui souhaiterait s’en imprégner. Et cette agressivité à défendre becs et ongles ce qui semble avoir été adopté par mimétisme. Lassant. -____-

  14. Bien que j’apprécie ce ton engagé et empreint de caractère dans les articles rédigés, j’aimerais souligner :
    avoir le choix dans une société humaine, penser par soi-même emmène tôt ou tard par une décision de faire ou de ne pas faire quelque chose. Et or, même si l’ensemble des personnes qui mangent de la viande en mangent juste parce qu’on leur appris à en manger, ce ne sont pas tous les omnivores qui pensent pareil. Je pourrais par exemple moi-même devenir végétarien si je voulais, mais je ne le souhaite pas, sachant c’est particulièrement plus dur niveau ressources de le devenir (le prix que ça coûte principalement). Je ne vais pas mentir, il y aussi le fait que j’aime le goût de la viande. Est-ce que cela fait moi quelqu’un d’horrible pour autant ? Ayant fait des études d’hôtellerie-restauration, je suis même le plus mal placé pour réagir sur ce blog, mais je voulais donner un avis de la part d’un omnivore et montrer possède ne obligatoirement des cornes et une queue parce qu’il est omnivore. Être omnivore n’empêche pas de faire attention aux étiquettes, aux produits cuisinés, aux choses commandés au resto. Je suis partisan de l’équilibre en tout. Autant je n’ai pas cette volonté d’entamer un régime végétarien, autant je n’ai pas cette volonté d’entamer un régime entièrement à base de protéines animales. Je pense que le mélange des deux, aux doses équilibrées, donne une nourriture pouvant être à la fois saine pour le corps et riche en saveurs.

    • Bonjour les mauvaises excuses… Je vis avec le RSA et je n’ai aucun problèmes à être végane. En quoi c’est cher de manger végétarien? La viande c’est gratuit? Les haricots et les pâtes coûtent la peau des fesses? Un régime végane coûte beaucoup moins cher qu’un régime omnivore, vu le prix de la viande, du poisson, du fromage, des plats préparés… De plus « faire attention aux étiquettes » ou « faire attention aux saveurs » n’est pas le sujet, le sujet c’est faire tuer un animal juste pour ton plaisir de le manger. Et que ça c’est quelque chose qui est justifié par les 3 N, c’est à dire ce qu’on a appris à répeter bien sagement: manger de la viande est Normal, Naturel et Nécessaire.
      Or, ce n’est pas nécessaire, puisqu’on vit très bien et même mieux sans (et plus longtemps en moyenne).
      Et que ce soit normal ou naturel n’empêche pas que c’est une injustice profonde dans notre société actuelle où nous avons le choix de manger absolument ce que nous voulons, et nous choisissons pourtant de tuer des animaux alors que nous pourrions ne pas le faire et être tout à fait heureux et en bonne santé.

      Non, aimer le goût de la viande ne fait pas de toi une « horrible personne ». Moi aussi j’aime le goût de la viande, aimer le goût de la viande n’oblige personne à en manger. Ce qui fait de toi une personne commentant une terrible injustice (et non pas une « horrible personne », qui sommes-nous pour juger) c’est que tu agis comme si ton goût pour la viande était plus important que le goût des animaux à vivre, juste parce que la société t’en donne le droit.

      A lire: Je me fiche de savoir pourquoi vous mangez de la viande
      Et à propos de « l’équilibre » et de la « modération »: Tu seras Modéré, mon fils

  15. je voudrais juste apporter une toute petite précision : depuis que je suis végane, mon budget ‘bouffe’ a été divisé par 5

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