Contradictions

Que fera-t-on des vaches quand on ne les mangera plus? Pourquoi le végétarisme est un choix de santé alors que sans viande on meurt? Sommes-nous des lions, d’autres animaux ou des créatures mi-anges créées à l’image de Dieu? Epicure mangeait-il au Macdo? Les questions composent… Débuts de réponse ici. Une petite liste non exaustive des contradictions viandesques.

1)    « Y aura trop d’animaux » vs « Y aura plus d’animaux »

Quand je suis devenue végétarienne, j’ai été surprise de m’entendre dire, alors que je refusais poliment un bout de barbaque en société : « mais si tout le monde devient végétarien » (je n’avais même encore jamais songé à cette éventualité), « il n’y aura plus d’animaux ». Je m’en fiche, répondis-je, étonnée (je n’avais pas encore l’habitude d’entendre des sottises à chaque fois que je refusais de la viande). Mon interlocuteur me répondit alors, d’un ton presque accusateur : « tu voudrais vivre dans un monde sans animaux » ?

Cela m’a paru stupide, et si on me faisait la même réflexion aujourd’hui, je répondrais peut-être que c’est bien triste de considérer que les seuls animaux qui existent  sont les animaux domestiques et d’ignorer l’existence des animaux sauvages. Mais bon, il n’y a pas de réponse satisfaisante à une remarque aussi idiote,  puisque le raisonnement est tellement foireux qu’on ne peut pas dire en trois mots ce qui ne va pas dedans.

Un peu plus tard, en errant sur la toile, je lisais quelques informations à propos de militantisme pour les droits des animaux. C’est alors qu’un commentaire attira mon attention. Très agressif, fustigeant les végétariens qui selon lui étaient arrivés aux ultimes stades de la démence, l’auteur attirait l’attention sur le sort réservé aux animaux si les gens arrêtaient de les manger. Toujours selon lui, ces animaux devraient tous être « euthanasiés » quand l’humanité deviendrait végétarienne, car on ne saurait alors pas quoi faire d’eux. Encore une fois, difficile de dire ce qui est le plus stupide : penser que si tout le monde devient végétarien pour sauver les animaux, on tuera les animaux dont on a plus besoin pour se nourrir ? Appeler « euthanasie » un meurtre de masse de bouches inutiles qu’on tuerait pour une raison économique ? S’imaginer que le monde va devenir végétarien tellement vite que la production d’animaux n’aura pas eu le temps de diminuer ?  Ou peut-être s’indigner qu’on tue des animaux qu’on devrait tuer parce que, heu, normalement on devait les tuer pour les manger, mais que si on les mange pas on devra les tuer, mais sans les manger, et ça, apparemment, c’est horrible.

Depuis, il m’est arrivé de retrouver les deux interrogations, aussi bien sur internet qu’à table : « ça te dérangerait pas de vivre dans un monde sans animaux ? » et son opposée : « Qu’est-ce qu’on va faire de tous ces animaux si on devient tous végétariens ? »

Grande inquiétude, d’autant plus grande qu’elle est double. Trop d’animaux, pas assez d’animaux, bref, le nombre des animaux va poser problème, un jour, quand tout le monde sera végétarien, et apparemment, c’est une raison pour ne pas le devenir.

2)    D’ailleurs, le monde ne sera jamais végétarien.

Oui, d’ailleurs, il y a ceux qui s’inquiètent des conséquences désastreuses d’un monde végétarien (qui libèrerait 70% des terres agricoles utilisées et mettrait probablement fin à la faim dans le monde,  mais je suppose que c’est une broutille par rapport à la question intello-masturbatoire « que fera-t-on de trop / pas assez d’animaux »),  et il y a ceux qui deviennent pas végétarien parce que, de toutes façons, le monde entier ne le sera jamais. A croire que l’intégrité personnelle à ne pas participer à quelque chose qu’on approuve pas est un concept qu’ils n’entravent pas. En toute logique, je suppose que  si on leur sert leur propre enfant vidé et roti, ils le mangeront, parce que bon, il est déjà mort, hein, alors bon, ça va pas le ressuciter, hein, pis on  peut pas changer le monde, ma bonne dame.

3)    « C’est dangereux pour la santé » vs « c’est un choix de santé »

Le sujet de la santé des végétariens préoccupe beaucoup les gens, même ceux qui se nourrissent de hamburgers et de bière. Ils ont beau perdre leurs cheveux et être toujours fatigués, vous avez beau être en pleine forme, ils s’inquièteront toujours de VOTRE santé. Le fer, le calcium, les protéines… « on en trouve dans les végétaux », que je répète. « oui mais c’est pas les mêmes ». Ha bon. La plupart des gens qui me demandent ou je trouve mes protéines ne savent pas en réalité ce qu’est une protéine, mais en tous cas, toutes les études scientifiques que je peux citer ne rivaliseront jamais avec l’intime conviction de leur tata janette qui pense que le jambon c’est la vie, et d’ailleurs ils connaissent un gars qui connaît un gars qui est végétarien et qui est tombé malade une fois en 1992, c’est sûrement le manque de rillettes, d’ailleurs il était un peu pâle. Bref, vous n’arriverez jamais à les convaincre que votre régime alimentaire est sain, même s’ils sont parfois obligés de constater que vous êtes en meilleure santé qu’eux, selon eux, bon ok vous tenez le coup, mais ça ne saurait durer, vous allez forcément flancher d’une minute à l’autre.

A côté de ça, peut-être est-ce à force de répéter sur tous les tons que le végétalisme est un choix de vie sain, de plus en plus de gens s’imaginent que c’est uniquement un choix de santé qui n’a rien à voir avec l’éthique. Et de s’étonner de voir un végétarien fumer une cigarette ou faire un truc qu’ils n’estiment pas correspondre au cliché de la personne qui surveille tellement sa santé qu’elle se prive de bonne viande rouge (d’ailleurs c’est à cause de tels clichés que beaucoup s’imaginent que les végétariens mangent du poisson ; puisque le poisson est réputé être un aliment sain). Pourtant, je ne crois pas que le falafel soit l’aliment diététique par excellence. Dites « falafel » à un vegan, pour voir, il se mettra automatiquement à baver (s’il ne bave pas, c’est qu’il s’agit d’une sous-catégorie encore plus bizarre que le végan de base, genre un crudivore). Les falafels étant frits dans l’huile, ce test nous prouve automatiquement et de façon rigoureusement scientifique que le véganisme est un choix éthique avant tout.

4)    Epicure vs l’épicurisme tel que compris par les beauf

« Mais faire attention à sa santé, c’est nul », nous dit le viandard assumé. « Moi, j’suis un épicurien, je m’enfile des hamburgers à m’en faire péter le bide, parce qu’on ne vit qu’une fois. »  Quand on lui apprend qu’Epicure pronait la modération et était végétarien (quasi végétalien), l’omnivore bredouille. « mais heu l’épicurisme au sens courant du terme », m’a dit textuellement quelqu’un. Ha oui, au sens qui n’a rien à voir avec l’épicurisme, donc.

Tout fiers de citer un philosophe grecs, quand on leur apprend qu’ils sont incultes, nos amis omnivores se renfrognent et admettent qu’ils n’ont strictement rien à péter de la doctrine d’épicure. Ils se disaient guidés uniquement par le plaisir, ils nous apprennent ensuite que finalement, apprendre ce qu’est le plaisir selon un philosophe grec dont le nom est devenu quasiment synonyme de plaisir, ils s’en fichent. Belle ouverture.

5)    « On est des animaux » vs « on est pas des animaux »

Une autre des conneries de base qu’il faut s’habituer à entendre quand on devient végétarien, c’est : « mais les animaux mangent d’autres animaux, (donc c’est naturel / sain / normal) »

(sauf pour l’animal qui est mangé je suppose). J’ai fini par voir ça comme la pensée beauf de base à propos de la viande, quand un type dont j’oublie le nom a carrément écrit un livre pour dire que les animaux mangent d’autres animaux, que nous on est des animaux, et que CQFD, comme c’est brillant, on doit manger des animaux. Comme c’était un livre entier et qu’il fallait bien développer un peu plus, il ajouta que les végétariens « nient leur part d’animalité ».

Ce qui est ridicule d’ailleurs, même dans la formulation, parce que puisqu’on est des animaux, on a pas une part d’animalité. On est des animaux, tout court. Ou alors, on a une part d’animalité qui est 100% de nous (peut-être compte-t-il dans son calcul les bactéries qui habitent notre corps ? mais je ne pense pas qu’elles nient quoi que ce soit). C’est comme si on disait qu’on a une partie humain, une partie animal, une partie mammifère, une partie être vivant, ça fait beaucoup de parties pour un tout. Evidemment, ce n’est pas ridicule que pour ça, mais bon, je souligne à quel point le raisonnement est débile. Apparemment, ne pas vouloir faire comme le lion qui mange la gazelle, ça veut pas dire qu’on pense qu’on est pas un lion, mais qu’on est pas un animal. Pardon d’enfoncer avec violence des portes grandes ouvertes, mais je suis un animal qui n’est pas un lion (ni un chat, ni un loup, ni ces trucs à crocs qui courent très vite à quatre pattes).

Bon, on est des animaux, donc. Y a aussi des animaux qui se mangent entre eux, pourquoi pas manger d’autres humains ? Mais parce que voyons… On est pas des animaux ! (C’est là qu’on se rend compte que c’est utile de dire qu’on a une part d’animalité, ça évite d’admettre qu’on est des animaux comme ceux que l’on mange. Sauf que c’est un mensonge, scientifiquement nous ne sommes pas moins des animaux que la vache ou le fruit de mer.) Mais donc, pourquoi une vache mériterait-elle d’être mangée, et pas un humain ? Mais parce que l’humain est rationnel (ha bon ? on dirait pas, pourtant) et surtout parce qu’il a une conscience (et s’il s’en servait, ça pourrait être pas mal. Par exemple on pourrait utiliser sa conscience pour constater qu’il faut tuer des animaux pour manger de la viande et qu’on a le choix de faire autrement).

6)    La viande, c’est trop bon

Malgré toutes les excellentes raisons citées ci-dessus, la fin d’une discussion se conclue très souvent par «de toutes façons, la viande, c’est trop bon ». Pourtant, si manger de la viande c’est accepter notre « part d’animalité » (je me gausse), tout en se distinguant des stupides animaux inconscients qui méritent d’être tués contrairement à nous, tout en se préservant en vie parce que la viande est vitale, mais sans faire attention à sa santé parce que c’est pour les premiers de la classe, et que l’important c’est le plaisir épicurien mais pas la peine d’avoir besoin de s’intéresser à ce que disait Epicure parce qu’on s’en fout, et que ça permet en même temps de continuer à avoir des animaux et d’éviter de se poser la question de savoir quoi faire quand y en aura plus ou qu’y en aura mais qu’on saura pas quoi en faire… Malgré toutes ces excellentes raisons,  finalement si on mange de la viande, c’est parce que c’est bon.

De surcroît,  l’omnivore qui est censé « manger de tout » a bien souvent très peur de goûter le nourriture végétalienne qu’il ne connaît pas, et ignorera toute sa vie si c’est trop bon ou pas. Le plaisir épicurien au sens non-épicurien du terme signifie peut-être « plaisir de tout faire comme je faisais jusque là ».

Evidemment c’est une liste non-exaustive. On peut aussi citer, brièvement, d’autres contradictions :  « j’aime trop les animaux » (j’espère que tu n’aimes pas les végétariens…) au « je ne pourrais pas les tuer moi-même », (mais ça ne me dérange pas qu’une personne en situation précaire sous-payée doive le faire pour moi) et « je ne comprends pas pourquoi on est végétarien » parfois assez rapidement suivi de « arrête de parler de comment est fait la viande, ça va ma couper l’appétit ».  Il est également fréquent que les gens se présentant comme « adorant les animaux » disent les tuer eux-mêmes et que ça ne les gêne pas plus que ça. Bref on pourrait continuer longtemps.

Cet article est dédicacé à tous ceux qui disent manger de la viande à l’aide de leurs canines, ça me fait toujours autant rire.

31 réflexions au sujet de « Contradictions »

  1. Pour l’argument numéro 5 « Manger de la viande est naturel » j’ai la parade imparable, car la plus vraie et la plus simple: « Oui, le meurtre et le viol aussi ». Là normalement tu choques bien. Tu continues par un « Bah oui, violer une femme pour assouvir ses pulsions, c’est naturel et ça se fait depuis super longtemps, d’ailleurs les canards font des viols de groupes, je vois pas pourquoi l’humain pourrait pas faire sa petite tournante de temps en temps »

    • Bonne réponse. Moi une fois j’ai répondu: « le SIDA est naturel, pourtant je m’envoie pas sans capote avec des toxico ».

  2. A la décharge des viandeux, le terme d’épicurien a été effectivement complètement dévoyé et est actuellement, dans le langage courant, synonyme de rabelaisien, d’hédoniste, de jouisseur, etc., bref, bien loin de l’idée de modération originale.
    A mon grand regret. Ce qui donc ne m’empêche pas de rectifier la chose dès que l’occasion se présente, j’aime trop Épicure pour ne pas le faire ! :)

    Sinon, excellent article !

    • C’est vrai. Mais bon qu’un type se plante en citant Epicure, je veux bien. Qu’ensuite il dise que « heu ouais bon l’épicurisme en fait je m’en fous complètement j’voulais juste dire que la viande c’est bon en citant un philosophe grec, et puis non c’est surtout pas la peine de m’expliquer ta notion du plaisir, ce qu’est l’épicurisme et pourquoi il était végétarien », je trouve que c’est de la connerie pure.

  3. Je dois pas être végé depuis assez longtemps (6 ans quand même), j’avais pas encore eu droit à la première (plus ou trop d’animaux). Ou alors c’est juste mon entourage qui est super, tout le monde a des notions de vie sauvage et d’adaptation économique.

    Article sympa, j’ai pris un bon fou rire sur l’être humain qui est « rationnel (ah bon ?!) » :-)

    Par contre, autant c’est vrai que c’est sympa de rigoler des arguments contradictoires des omnis défendants, ça a un côté défouloir pour toutes les fois où en tant que végé on a joué le rôle d’aimant à imbécile dans une soirée, autant je pense que ça reste important de pas prendre l’omni de haut et de ne pas l’acculer dans une vraie discussion (tant que l’omni est sympa, bien sûr).

    Par exemple en lui montrant qu’on est conscient de la difficulté de changer ses habitudes, du rôle social voire émotionnel de la nourriture (que ça soit par traditions, souvenirs d’enfance ou « rituels » personnel), du regard des autres, etc. (Liste inspirée de mon ressenti en tant que vgR en transition vers le végétalisme, totalement convaincu rationnellement, mais le reste prend un peu de temps pour moi.)

    • C’est sur, cet article est surtout pour les végétariens en fait (je pense pas qu’un omnivore lira un truc aussi long, sauf à être sérieusement intéressé par le végétarisme). Mais bon, même si je pointe du doigts les multiples incohérences des justifications de la viande, j’ai tout de même conscience qu’arrêter la viande peut sembler un sacrifice important d’un point de vue d’un omnivore. D’ailleurs j’ai déjà un peu survolé ce sujet dans les billets précédents, quand je parlais du fait que le végétarisme constitue une rupture sociale. Ca implique qu’il soit un choix difficile dans les premiers temps, bien que cohérent et (pour ma part, mais aussi pour tous ceux à qui j’ai posé la question) très satisfaisant par la suite.

      Quand on discute avec un omnivore, il faut surtout se souvenir qu’on a agi et pensé comme lui (sauf pour ceux dont les parents étaient végétariens, ça doit être plus difficile pour eux…), se souvenir comment on aurait pu réagir si quelqu’un était venu nous traiter de monstre sans coeur parce qu’on mangeait de la viande, etc etc… Et même se rappeler que le choix du végétarisme peut être douloureux ne serait-ce que pour la prise de conscience à laquelle il faut s’ouvrir, ça fait mal de se rendre compte a quel point le monde est cruel et injuste.

      C’est justement d’ailleurs, je pense, parce que ça fait mal, que les gens défendent parfois bec et ongle le modèle de pensée dominant, quitte à devoir dire d’énormes absurdités.

      • « (je pense pas qu’un omnivore lira un truc aussi long, sauf à être sérieusement intéressé par le végétarisme). »

        Tu parlais de ton article là ?

        Parce que moi je l’avais lu, et (à l’époque) j’étais omnivore… :)

        Et je ne dirais pas qu’à l’époque j’étais « intéressée par le végétarisme » – ou alors je suis intéressée par tout, car je suis capable de lire des articles en ligne sur tout et n’importe quoi, du moment que c’est bien écrit.
        Et toi tu écris bien…et en plus, c’est souvent drôle !

        Donc pourquoi te lire ? Parce que c’est toujours agréable :)

        Je suis arrivée ici d’abord par tes articles sur les Poires ou le couple, et puis voilà…

        C’est comme les bonbons (vegan les bonbons, j’ai dit ! :p ) : tu en prends un dans le paquet et après…ben tu te ressers, parce que c’est trop bon. Les articles de l’Elfe, on en lit un et après…on en lit quinze autres (pourvu qu’on ait le temps), parce que c’est trop drôle et trop bien écrit (et tellement bien vu en général, aussi).

        Même si j’ai pas encore lu tout le blog. Mais ça, c’est parce que j’aime bien laisser des bonbons au fond du paquet, pour plus tard, pour qu’il m’en reste à déguster… :)

  4. Merci pour ce billet, ton retour d’expérience me fait gagner du temps.

    J’ai pu avoir quelques illustrations des arguments que tu listes où tu sais…

  5. Après quatre jours dans ma famille d’omnis dont tous les repas tournent autour de la viande cet article est une véritable bouffée d’oxygène. Allez, encore un mois et je rentre chez moi manger mon seitan ^^

  6. Bonjour,

    Je suis effarée de lire un tel article des lieux communs des omnivores. Je pourrais faire le même sur les vg.
    Si vous voulez une prise de conscience chez les omnivores, il faut élever le débat.
    Que pensez vous du blog madeinearth? Je suis assez d’accord avec lui. Le débat « Manger de la viande ou non » ne repose que sur la morale assez discutable, de s’associer aux autres animaux ou non.

    • Si tu arrives à réunir des conneries que disent les végétariens pour justifier leur mode de vie, je veux bein lire ça, ça pourrait être rigolo.

      Pour ma part, je m’appuie, je le rappelle, sur des citations réelles (j’en ai un paquet: exemple: on doit manger de la viande parce que
      « si on a des morpions sur le pubis (exemple parmis d’autres)
      je vois pas d’autres moyen que de les tuer et vous ? »

      Le truc c’est que le végétariens ne font de mal à personne, donc ils n’ont pas à se justifier, bien sur. Par contre les omnivores doivent justifier leur consommation de viande. Mais même si on met les deux sur le même plan, est-ce que les végétariens disent des conneries aussi énormes? Evidemment certains végétariens disent des conneries, comme tout le monde, et y a des cons partout. Donc si tu arrives à trouver assez d’énormités comme celle que j’ai cité pour faire un bêtisier, et si tu arrives à trouver assez de contradictions dans le végétarisme éthique pour écrire un tel article… Bon courage !

      Et si être végétatien repose sur la morale discutable de s’associer aux autres animaux ou non, on pourrait dire tout aussi bien d’être contre l’esclavage ne repose que sur la morale de s’associer aux autres groupes éthniques ou non.

  7. Sauf que les groupes ethniques n’ont quasi aucune différence scientifique (ce que les racistes en tout genre aimeraient bien pourtant mais échouent à trouver). Etre raciste revient à dire « un chat noir, c’est vraiment différent d’un roux », mais reste qu’un chat est un chat. Tandis que la différence entre un humain et une vache, excuse moi du peu, mais il y en a en science. Donc non, ces 2 morales ne sont pas équivalentes. Entre nier son espèce et le groupe animal comme un tout, y’a quand même un monde!
    Et conneries des végétariens, y’en a plein (heuresement, pas de mes amis vg)…Un échantillon: « Manger un animal est un meurtre » Pas possible puisqu’un meurtre concerne l’espèce humaine, ne pas avoir d’empathie pour les animaux=pas d’empathie (comme tu me l’as sorti…), « Les omnis veulent se débarasser de leur cupabilité par le cri de la carotte. »Euuh non? « Je mange pas d’animaux, car ils ont droit à la vie » L’humain trop magnanime, supérieur d’épargner l’animal lambda…Et je pourrais en continuer, mais quel serait le but? Perso, je ne cherche à convaincre personne, mais je suis fatiguée d’avoir des VG qui pensent détenir la Vérité, et qu’on laisse tenir des argumentations incohérentes. L’ennemi, c’est l’industrie de masse en toutes choses, et non des gens qui mangeraient de la viande dans une société cohérente. Tu diras p-e que l’industrie est notre société, mais voilà elle va dans le mur, et c’est plutôt là le noeud de tout le problème (et d’autres) que VG est la Vérité…Tu ne vas pas au fond du débat en mon sens, d’où ma question: madeinearth?

    • Si vous étiez biologiste comme moi, vous sauriez que la notion d’espèce n’est pas forcément fixe et définie, tout comme la notion de race. Il existe au sein de l’espèce humaine des groupes ethniques avec des différences génétiques importantes, on peut ou non parler de « races », c’est une simple commodité en biologie pour définir des groupes et les étudier. On parle aussi de sous-espèces, de sous-familles etc… Ca n’a en principe aucune portée idéologique, seulement scientifique.

      D’ailleurs selon vous, s’il existait effectivement des « races » humaine, ce serait donc une raison pour en discriminer certaines au profit d’autres? Belle mentalité !  Si votre seule raison de ne pas être raciste est que les biologistes ont décidé que la notion de race n’était plus utile chez les humains pour les étudier à cause du métissage important qui a eu lieu à l’échelle mondiale depuis un certain temps (car c’est de cela qu’il s’agit), permettez-moi de vous dire que votre façon de penser me fait frémir.

      Je vous invite à lire ceci puisque les sujets scientifiques vous intéressent:

      http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article81

       

      Je ne vois pas en quoi les phrases que vous citez forment un bêtisier. Ce sont des affirmations avec lesquelles vous n’êtes pas d’accord, nuance. Pour quelqu’un qui ne croit pas détenir la Vérité, dire que les phrases avec lesquelles on est pas d’accord sont des conneries, c’est une maladresse. Je ne sais pas ce qu’est madeinearth et je ne comprends pas la question.

  8. A ajouter, si pour moi les végétariens n’ont pas à se justifier, les omnivores non plus…Que de condescendance.
    Peut être que toi, ton végétarisme est éthique (manger local..), pour d’autres non! Manger des cultures issues de l’industrie où on aura participer à éteindre certains végétaux en masse n’est pas plus écologique ou éthique!
    Donc, ajouter de la viande locale au VG éthique n’est pas pour moi plus gênant…Pour toi, prime la souffrance animale puisque tu dis ne pas faire de mal (trèèèès subjectif), pour moi prime l’équilibre de la Vie… C’est mon choix car proche de ma culture africaine (En Afrique, être vegan n’aurait vraiment pas de sens)

    • Toute personne qui fait du mal à un être sensible devrait avoir à répondre de ses actes, qu’elle soit ou non Africaine. D’ailleurs il y a des vegans en Afrique aussi (j’en connais), bien que ce mouvement soit plus répandu dans les pays industrialisés. Cependant, on ne peut peut-être pas se nourrir correctement sur toute la surface du globe, mais ça n’enlève rien à la portée politique de l’antispécisme, et dans la grande majorité des endroits on peut être végane (je viens de traverser l’Amérique du Sud pendant 5 mois et je n’ai jamais eu de problème).

      L’équilibre de la vie est une notion religieuse, c’est une question de croyances personnelles. La souffrance des animaux, elle, est réelle, et l’antispécisme se base sur des faits rationnels et concrets. Ce que vous faites, c’est objecter à des faits concrets et à un raisonnement logique, vos croyances personnelles et des idées religieuses. C’est ce qu’on appelle l’obscurantisme.

  9. Si ces phrases ne sont pas pour vous un bêtisier, pourquoi s’offusquer de votre répertoire? Je vous dirais de même, ils ne partagent pas votre point de vue.
    Elles sont tout aussi bêtise, comme je l’ai dit, car pour l’instant le meurtre, ca concerne les humains, pas les autres animaux (Vous ne pouvez pas dire que c’est une question d’opinion…C’est une définition!),
    dire à quelqu’un qu’il n’a pas d’empathie pour les animaux, donc n’a pas d’empathie revient au même que de dire qu’un verre à moitié plein est vide (Mais bon, si vous me dites que c’est pas une bétise o_O),
    quant à cette phrase sur le cri de la carotte, il me faudrait l’étayer, j’avoue mais ca aurait été long, mais disons qu’en substance, ce genre de phrase évoque le même degré d’exaspération que le cri de la carotte pour les VG, qui n’est pas un argument idiot
    pour peu qu’on veuille aller en profondeur et pas le sous-analyser comme l’a fait Insolente Veggie…Mais passons.
    Toute personne devrait répondre de ses actes pour mal à être sensible, c’est votre conception. Au nom de quoi? De la souffrance nerveuse du genre animal au détriment de celle des végétaux? Et n’y voyez aucune ironie, c’est nier la part vivante des végétaux.
    Alors du coup, on fait quoi? On hiérarchise en disant que tuer les animaux, c’est pire que tuer les végétaux…Non, j’adhère pas.
    Vous dites que l’équilibre de la vie relève du religieux, plus du spirituel et d’une certaine éthique ici, mais bon. Et vous dites la souffrance des animaux est réelle, certes vrai, mais s’en servir de raison pour ne pas manger d’animaux, relève de la morale!
    Rien de scientifique. Et une définition claire des faits concrets sur lequels l’antispécisme repose, ca serait bien aussi. Je ne fais pas d’oscurantisme, je vois juste une incohérence justement dans votre logique.
    Pour finir, je résumerais que les questions morales se tranchent aussi sur la culture et non seulement une nature froide sans dimension humaine.
    Or, ici je fais référence à ma culture africaine issue du socle bamiléké (Ne disons pas que l’Afrique est un pays).

    • Vous vous perdez dans des arguments qui n’ont plus aucun sens. Les humains sont des animaux, pas des plantes. Les animaux que vous souhaitez continuer à faire tuer subissent des souffrances très similaires à des humains que l’on traiterait de la même façon. Vous ne pouvez pas nier cela, donc vous les comparez à des légumes. Mais ça n’a pas de sens, on ne peut pas comparer deux formes de vie très éloignées sous pretexte qu’elles sont comestibles.

      Votre soudaine empathie pour les légumes n’est qu’une facade. Si vous vous souciez de réduire la souffrance du monde, vous seriez végétarienne, ne serait-ce que pour détruire moins de plantes et pour cesser d’affamer les pays comme l’éthiopie, ou de faire disparaître l’écosystème amazonien. D’ailleurs sachez qu’il ne faut pas forcément tuer des plantes pour les manger: manger une pomme ou une citrouille ne tue aucun organisme. Si vous vous souciez vraiment de ne pas tuer même des organismes sans système nerveux qui ne ressentent ni douleur ni émotion, alors devenez fruitarienne.

      En effet, la question de l’antispécisme relève de la morale. Tout comme l’antiracisme, le féminisme… Que diriez-vous, encore une fois, si on utilisait les mêmes arguments que vous mais pour justifier d’autres choses? Par exemple, que répondriez-vous à:

      « Et vous dites la souffrance des Noirs est réelle, certes vrai, mais s’en servir de raison pour ne pas utiliser d’esclaves, relève de la morale! »

      Que répondriez-vous à cela? Vous vous contenteriez sans doute de traiter votre interlocuteur de raciste, de facho. Moi, je discute. Ayez bien à l’esprit que je ne vous juge pas. Vous exprimez la pensée dominante. Mais vos arguments pour défendre le spécisme sont exactement les mêmes que certains ont employé à d’autres époques pour justifier l’esclavage, la colonisation, la domination patriarcale, et encore bien d’autres abus dont l’histoire, malheureusement, regorge. Seuls les êtres concernés changent.

      D’ailleurs, vous assimilez les animaux aux plantes pour justifier de pouvoir les manger. Mais sachez qu’à une époque, on justifiait l’exploitation des Noirs en disant qu’ils étaient comme les animaux. C’est exactement la même chose que vous faites: un Noir est plus proche génétiquement d’un Blanc que d’une vache, car c’est un humain, et ce n’est pas « moins » un humain qu’un blanc. Et une vache est plus proche génétiquement d’un humain que d’un haricot, car c’est un animal, et ce n’est pas « moins » un animal qu’un humain. Ca ce sont des faits scientifiques sur lesquels repose l’antispécisme (mais ce n’est qu’un exemple).

      Les animaux souffrent et moralement, aucune justification ne permet de ne pas prendre en considération cette souffrance. Aucune. Si A refuse de prendre en considération la souffrance d’un chien parce qu’il n’appartient pas à un groupe (l’espèce Homo Sapiens), commenbt peut-il en vouloir à B de ne pas prendre en considération la souffrance d’une humain parce qu’il n’appartient pas à un autre groupe (humains de sexe mâle, humains de la même culture que B, membres de la famille de B…) Il n’y a aucune raison.

      Vous n’aimez pas que je vous démontre que vos arguments sont les mêmes qui pourraient justifier des choses que vous considérez comme des abus, mais soyez honnête avec vous-même: c’est la vérité.

      Pour finir, sachez que le blog d’Insolente Veggie n’existe pas pour convaincre, mais pour faire rire les végétariens, et il remplit très bien son but, même s’il a pour effet collatéral d’énerver certaines personnes non végétariennes.

  10. Je comprends votre raisonnement, et personnellement en tant que noire, permettez moi de vous dire que je n’aurais pas un bouclier antiracisme aussi total que vous exprimez. Je discuterais aussi, à moins que ma vie soit en danger.
    Avec votre logique au bout, je comprends très bien alors pourquoi être fruitarien, plus logique. Je ne feins pas de m’intéresser à la souffrance des végétaux, c’est plutôt que lorsqu’il s’agit d’alimentation, car à chaque fois de même vous évitez de dire qu’il en s’agit aussi en passant par des détours, je ne pense pas que je devrais prendre la souffrance en ligne de compte. Je pousse donc votre raisonnement au bout, car vouloir éviter la souffrance animale pour l’assiette me semble arbitraire. Vous voulez mettre le racisme et le spécisme sur le même plan. Mais ma question, où vous mettez la borne en fin de compte? Et vous n’y répondez pas, vous me dites en substance que comme les animaux nous ressemblent, et qu’ils souffrent. On ne doit pas les manger. Soit. Si je vais plus loin, je me dis que je ne dois pas manger de plantes vivantes, souffrant aussi de manière différente et devient fruitarienne. Soit. Ca se tient.
    Si je reformule, on ne devrait pas tuer pour se nourrir, animal ou végétal?

    • J’arrête là la discussion, car on commence à tourner en rond; comme sur vegeweb. Comme je l’ai déjà dit ici, je n’ai pas envie de discuter de philosophie et d’éthique, sujets cruciaux et parfois subtils, avec quelqu’un dont la pensée est entravée par des préoccupations aussi basses que pouvoir continuer à manger de la viande. Pour conclure, comme sur vegeweb, vous ne pouvez convaincre personne parce que vos justifications sont exactement les mêmes qui pourraient justifier n’importe quelle discrimination à l’encontre de n’importe qui. D’ailleurs on a déjà parlé de frugivorisme et de fruitarisme sur vegeweb dans des débats ou vous interveniez, ce qui prouve bien votre hypocrisie… Vous savez très bien que prendre en compte une très hypothétique souffrance des plantes implique d’être fruitarien et de ne surtout pas manger de viande. Sur ce, bon vent.

  11. Je me répète, je n’assimile pas les animaux aux plantes. Je sais que c’est différent. Arrêtez enfin! Je fais des cases différentes, y’a les humains, les lapins, les vaches, les tournesols, les carottes..ect…Et tout ce que vous voulez. Quant à un enjeu d’alimentation, « spécisme », et un d’économie, y’a un monde tout de même!
    Et je vous vois arriver, si on nous avait mangé nous les noirs, cela aurait été il plus moral? Je ne dis pas ca, ca aurait été plus cohérent.
    Ma position est que toute Vie, pas que les animaux, veut vivre et est donc tuée quand je me nourris. Je ne considère pas plus une classe d’êtres vivants sur les autres. De ce fait, étant omnivore, je me nourris de tout et ne vais pas privilégier la Vie de ce qui est proche de moi que celle qui ne l’est pas. Mais je n’avais jamais pensé à être fruitivore, qui semble la seule issue si on ne veut pas créer de souffrance même pour se nourrir.
    Maintenant, tuer pour se nourrir, animaux comme végétaux, immoral? La question subsiste, j’irais faire un tour du côté fruitivore.

  12. De plus, je ne cherche pas à convaincre, mais challenger ma pensée. Si vous discutez éthique avec seulement les gens qui pensent comme vous, où est la discussion? Le régime fruitivore est quelque chose dont j’avais vaguement entendu parler sans faire le rapprochement avec cette éthique. Je n’ai pas lu tout le contenu de VegeWeb seulement la débat de Nicollas dont je vous ai donné la référence, et quelques avis sur pourquoi être végétarien.
    Mais bon, sans raison, vous me traitez de malhonnête et d’hypocrite, tant pis.

  13. « Sauf que les groupes ethniques n’ont quasi aucune différence scientifique (ce que les racistes en tout genre aimeraient bien pourtant mais échouent à trouver). Etre raciste revient à dire « un chat noir, c’est vraiment différent d’un roux », mais reste qu’un chat est un chat. Tandis que la différence entre un humain et une vache, excuse moi du peu, mais il y en a en science. »
    Qu’est-ce qu’une « différence scientifique » ? Un noir est scientifiquement différent d’un blanc, un enfant d’un adulte, un roux d’un brun, et même n’importe quel humain par rapport à n’importe quel autre. Mais absolument aucune de ces différences n’est pertinente dans la décision de prendre ou non en considération les intérêts d’un être. De même des humains par rapport aux autres animaux. Qu’est-ce qui légitimerait que l’espèce humaine n’ait pas à se soucier des intérêts des vaches ? Que les vaches n’appartiennent pas à leur espèce ? Qu’elles ne savent pas compter ? Qu’elles marchent sur 4 pattes ? Qu’elles aient une conscience jugée moins développée ? C’est rigoureusement absurde. En parlant d’intérêts, nous parlons de souffrance. Donc de tous les êtres sensibles, qu’ils soient des vaches, des poules ou des humains. Une souffrance est une souffrance, quel que soit l’être qui en fait l’expérience.

    • J’ai expliqué dans un autre post (pour en finir avec le cri de la carotte) pourquoi les critères « espèce » ou « appartenant au règne animal » ne sont pas pertinents pour décider de prendre en considération la souffrance d’un être vivant, mais que seul le critère « est-il capable de souffrir ou non » est valable. Audvoo a fait mine de pas comprendre pourquoi on ne devrait prendre en compte la souffrance que de ceux qui souffrent et pas des autres… Comme quoi quand on ne veut pas comprendre, on pourra bien lire et entendre tout ce qu’on veut, on ne comprendra pas. Et en effet, un noir est scientifiquement pas de la même couleur de peau qu’un blanc, et scientifiquement une vache a 4 pattes et des sabots… Qu’est-ce que ça implique, c’est une autre histoire. En tous cas je constate que l’argument « toutes les ethnies sont pareilles » est souvent mis en avant, comme quoi il suffirait de prouver le contraire a beaucoup de gens pour qu’ils adoptent une attitude discriminatoire envers certaines ethnies.

  14. Ping : Le carnisme, ou l’état agentique face à l’ordre du monde – partie 1 | Les Questions Composent

  15. Ping : Le végétarisme : pourquoi ? | Vegetopia

  16. « je pense pas qu’un omnivore lira un truc aussi long, sauf à être sérieusement intéressé par le végétarisme »

    Ben moi j’ai tout lu, même les commentaires.
    C’est vrai, je m’intéresse au mode de vie vegan depuis plusieurs mois (suite à la lecture de ton blog, en fait), mais j’ai aussi lu cet article parce que tes articles sont toujours très bien écrits (enfin à quelques fautes de frappe près ;) , but nobody’s perfect…) !

  17. Merci, merci et encore merci !
    Voilà bientôt 6 mois que je suis devenue végétalienne et j’entends à longueur de temps les mêmes remarques que tu cites ! Toujours devoir se justifier, c’est lassant ! Surtout que si c’était ma religion qui me l’imposait, nul ne remettrait en cause mon choix !
    Je vais potasser cet article et retenir l’argumentaire pour les prochaines confrontations !
    Paix et amour hein !lol

  18. Ping : Omnivore défensif | Pearltrees

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