Etre vegan, c’est dur?

Maintenant que je rencontre des gens venant, disons pas du monde entier parce que ce serait exagéré, mais de plusieurs cultures différentes, je rencontre souvent les mêmes réactions quand j’annonce que je suis végane, mais pas les mêmes qu’en France.

En France, (ou à l’étranger quand on rencontre des français), je ne vais pas vous refaire une liste exhaustive des conneries qu’on peut entendre quand on annonce qu’on est végétarien ou végan. Et où tu trouves tes protéines, et t’es extrêmiste, et patin couffin, mais globalement, pour résumer, les gens sont plutôt distants et vont essayer, soit de se donner des airs supérieurs en faisant remarquer quEUX, ils aiment la nourriture, ou vont essayer de vous expliquer (parce qu’ils sont gentils) que ça ne rime à rien ce que vous faites (ou plutôt ce que vous ne faites pas); au mieux, ils vous regarderont poliment comme une illuminée, un peu comme si vous annonciez tranquillement à table que vous cuisinez en dégustez vos ongles de pieds après une bonne rando et que vous adorez ça.

 

Mais donc, heureusement y a pas que les Français dans la vie, sinon au niveau des droits des animaux on en serait encore à se demander si les vaches ont plus de sensibilité que les carottes (d’ailleurs c’est encore un peu le cas). Et la plupart des gens dans le monde sont assez réceptifs quand on leur dit qu’on évite certains aliments par respect pour les animaux.
Malheureusement, ça n’empêche que ça reste un mode de vie très éloigné de celui d’énormément de gens, que ce soit en Amérique Latine ou dans les pays de culture occidentale. Je ne sais pas si vous vous souvenez de l’histoire de Sophie, notre très estimée gastronome lyonnaise; mais juste avant qu’elle ne fasse sa Française, le touriste Australien (qui était d’ailleurs très sympa mais ce n’était pas le sujet) nous faisait remarquer que tout ça c’était très bien, mais quand même, c’est dur.

 

Et c’est souvent comme ça, les gens pensent que c’est dur. Et ça, c’est plus ou moins universel; enfin je l’ai constaté chez tout le monde, que ce soient les Français, les autres occidentaux, les Brésiliens ou les Boliviens (qui sont très différents). Encore une fois, il y a une grosse différence entre les français et les autres, mais c’est une différence culturelle qui ne change rien au fait que les uns comme les autres, finalement, pensent que « c’est dur ». Les français, eux, vont se dire que décidément, qu’est-ce qu’ils sont cons ces vegans de se priver de délicieux paté en croûte, halala quelle imbécillité pas possible, alors que c’est bon la nourriture quoi merde !!

Alors qu’un Bolivien par exemple, aura une attitude réellement respectueuse, mais pas le respect « à la française », (du genre « on respecte les végétariens » dans le sens : on les tolère parce qu’on leur a expliqué que le pâté en croûte c’était bon, mais c’est des imbéciles de végétariens, ils écoutent pas le bon sens, alors comme il faut pas de mettre sur la gueule à table, on les tolère en leur disant « je respecte votre opinion », comme ça ça permet de passer à autre chose et de ne surtout pas en discuter).

Non, eux, ils respectent vraiment.

Bon évidemment je force le trait hein, il faut nuancer mes propos. Mes compatriotes ne sont pas tous des crêtins de beauf qui ne comprennent rien et ont le cerveau trop rempli de pâté de tête pour réfléchir, et la Bolivie compte aussi, comme toute nation et comme tout groupe humain, son lot d’abrutis et de lourdingues. J’espère ne pas vous instruire en vous informant qu’on rencontre des gens super et des cons partout.

 

Mais globalement, voilà, souvent nous est arrivé, à moi et Alderanan, de nous retrouver en face de gens qui nous regardaient avec des yeux pleins d’admiration pour une telle abnégation morale ! Et là on se sent un peu gêné parce qu’on pense qu’il n’y a vraiment pas de quoi. Parce qu’on ne mange pas de viande, ni de poulet (en Amérique du Sud et surtout en Bolivie, le poulet n’est pas de la viande, allez comprendre), ni de poisson, ni d’oeufs, ni ceci ni cela, ce qui réduit drastiquement nos possibilité alimentaires, du moins dans leur esprit.

Il y a peut-être des aspects purement pratiques à cela. Au niveau alimentaire, on peut dire que globalement ce n’est pas facile d’être végan en Amérique du Sud(1). Même quand on rencontre des végans du coin, c’est pas évident.

Mais il n’y a pas que cet aspect, puisque les touristes que nous rencontrons ont aussi l’air de trouver ça vraiment difficile d’être végan, alors qu’ils viennent de pays dans lesquels, d’une part, l’offre en produits végans est plus large et facilement accessible qu’en France; et d’autre part, le véganisme est beaucoup mieux accepté socialement. Pour revenir à notre ami Australien, il avait l’air de trouver ça trop difficile, alors qu’il vit à Sidney, un endroit où ça parait relativement aisé d’être végan (comparativement à la France par exemple), et en plus il est culturiste, donc il a  probablement l’habitude de contrôler ce qu’il mange et de se nourrir sans forcément se laisser guider passivement par des envie de gras et de sucré.

 

C’est que pour la plupart des gens, le régime végétalien parait vraiment drastique. Beaucoup plus que n’importe quel régime amincissant totalement carencé en à peu près tout, et que les gens n’hésitent pourtant pas à suivre au mépris des désagréments qui vont avec: par exemple, un régime hyperprotéiné, c’est pas très riche en saveurs et même carrément écoeurant, ça fatigue énormément, ça fait puer de la gueule sévère, c’est très dangereux pour la santé et ça ruine le portefeuille, mais pourtant il faut voir le succès de régimes comme par exemple le régime Dukon.  Alors que l’alimentation végane coûte moins cher, on se sent plutôt en forme(2), on découvre de nouvelles saveurs, on sent bon,  et on a plutôt l’impression d’améliorer sa santé plutôt que de la ruiner. Et surtout, on se sent une personne meilleure (heu… pas seulement au niveau des odeurs corporelles), plus en accord avec soi-même, ce qui est le but principal.

Et pourtant, être végan parait très difficile aux gens, alors que le régime Dukon leur parait au contraire très facile. Son succès est d’ailleurs dans sa prétendue facilité: il permettrait de maigrir « sans effort » (je ne pense pas que suivre un tel régime ne demande pas d’efforts, mais ça épargne en tous cas l’effort de chercher à savoir ce qu’on mange, à acquérir les connaissances nécessaires en nutrition pour équilibrer son alimentation, ce qui permettrait de résoudre durablement ses problèmes de poids, m’enfin moi j’dis ça, j’dis rien).

 

Peut-être que la facilité des « régimes » est justement ce qui les rend absurdes et nuisibles: le fait qu’ils soient temporaires. Qu’après qu’on ait fini le régime, on reprenne les habitudes de vie qui nous ont rendu gros, et que donc, on regrossisse. Donc pas de panique, se priver de confiture de fraise ou de tarte aux pommes ne veut pas dire qu’on en mangera plus jamais, juste qu’il faut s’en passer le temps… Le temps d’être mince. On en remangera au moment où l’on sera en train de redevenir gros…

Enfin, je ne vais pas m’étendre sur l’agacement que provoque en moi la simple idée de régime. Mais voilà, l’idée c’est qu’être végétalien, c’est pour la vie.

 

Et c’est vrai que quand on devient végétarien, ça peut paraître un peu effrayant: l’idée de se passer de tel ou tel aliment pour toujours. C’est à dire: sans aucune exception et sans jamais cesser de l’éviter. Je me souviens que quand je suis devenue végétarienne, je ne savais pas très bien si j’étais en  train de devenir végétarienne ou non. Parce qu’il y avait des aliments que j’aimais bien, qui étaient associés pour moi à des ancrages positifs, ou dont le goût m’était particulièrement agréable; et je me demandais si j’étais prête à m’en passer définitivement. A ne plus jamais mettre tel aliment dans ma bouche et sentir son goût, et ceci pour le restant de mes jours…

Puis, j’ai oublié. Je ne m’en suis souvenue que récemment, et l’idée que des problèmes aussi futiles aient pu me préoccuper m’a fait sourire . C’est typiquement ce qu’on pourrait appeler un problème d’omnivore: cela parait important pour quelqu’un qui mange de la viande, mais pour un(e) végétarien(ne), ça ne l’est pas… Ca ne l’est plus. Je ne sais même plus quels aliments provoquaient en moi cette ambivalence par rapport au végétarisme. Je crois me souvenir d’un goût très prononcé pour la viande peu cuite, un aliment qui provoque aujourd’hui en moi un dégoût viscéral. Je me souviens aussi que j’aimais bien les surimis. Les goût évoluent beaucoup une fois qu’on a changé ses habitudes.

 

Mais en même temps je savais très bien que je ne m’engageais à rien, enfin je m’engageais qu’avec moi-même, si j’avais un jour envie de viande crue, j’en remangerais, mais ça n’arrivera très vraisemblablement jamais.

Je ne me suis jamais sentie frustrée de ne plus manger ces aliments. J’ai cessé de les manger quand je ne profitais plus de mes repas parce que je voyais dans mon assiette un morceau de cadavre de vache, ou un agglomérat de cadavres de poissons compacté.

 

Puis, j’ai aussi arrêté les oeufs, puis produits laitiers, et j’ai mis un peu plus de temps, parce que les produits réalisés à partir de crème de lait de vache ont un goût bien particulier qui est souvent connoté de façon assez positive. Mais cette fois, je savais que les choses se feraient d’elles-même. Après tout, le lait des mères ne devrait-il pas aller à leurs petits?

 

Mais mais mais… Se passer de lait de vache et de viande ne suffit pas pour être végan! Car oui, le vegan ne FAIT pas des trucs vegans, le vegan EST vegan.Donc il faut aussi boycotter le cuir, voire même selon certains, se débarasser de ses vieilles grolles en peau d’animal mort, et il faut aussi se passer de miel. Ben oui, puisqu’on est végan. Il faut.

 

C’est justement là le piège, qui fait apparaître le véganisme comme un truc impossible, réservé à une élite. Je le voyais un peu comme ça quand je commençais à être végétarienne. Beaucoup de gens le voient ainsi et c’est dommage parce que les animaux sont perdants là-dedans. Pour les gens, on est végan, donc on a pas le droit de porter tels vêtements, d’acheter tels produits, de consommer telle nourriture.

Mais c’est une vision faussée de la réalité puisque ce qui définit justement le mouvement végan, et ce qui lui donne sa force et son intérêt, c’est qu’il est composé de plusieurs personnes qui ont adopté les mêmes habitudes de vie, de sorte qu’il a fallu mettre un nom dessus, définir un concept.

 

Un article minable écrit par un tocard se faisant appeler journaliste décrivait le véganisme en disant que les végans ne mangeaient pas ceci, pas cela, boycottaient le cuir, la soie et la laine… Et terminait par « et ils ne vont même pas au marineland! ». Incompréhension typique d’un sous-doué notoire: les végans n’ont pas à se priver d’aller au Marineland, puisque n’importe quel végétarien trouverait absurde d’aller payer pour voir de pauvres cétacés sauter dans un cerceau alors que leur place est dans l’Océan. Ca ne viendrait jamais à l’esprit d’un végan d’aller voir un tel spectacle qui ne lui inspirerait qu’indignation et dégoût Mais pour le journaliste, ne pas aller au Marineland, se priver d’un truc aussi mégacool de la mort, ça fait partie des conditions pour être végan, donc les végans doivent se priver de voir des dauphins qui sautent dans des cerceaux.

 

Je ne boycotte pas le cuir parce que je suis végane, mais je m’appelle végane parce que je suis dans une dynamique de pensée qui fait que je vais d’embler exclure le cuir (et les marineland). Le cuir c’est de la peau d’animal mort et je ne veux pas en acheter. Je n’ai pas besoin d’un règlement qui me dise ce que je dois éviter ou ce que j’ai le droit de consommer. D’ailleurs, quand plusieurs végans ne sont pas d’accord à propos de tel ou tel produit, ça chie des bulles, parce qu’untel va estimer que ce n’est pas végane d’utiliser telle marque de stylo, et unautretel va lui répondre que toutes les marques de stylo testent leurs encres sur les animaux, pas plus celle-ci qu’un autre et qu’on est pourtant bien obligés d’utiliser des stylos(3). De même, je me suis faite sévèrement engueuler sur un forum parce que je prenais de la B12 en ampoules buvables fabriquées par un labo, et les labo, c’est le Mal.

 

Pourtant, les végans qui utilisent des stylos ou qui boivent des ampoules de B12 ne sont pas moins végans que ceux qui ne le font pas. On est végane à partir du moment où l’on essaie de vivre sans exploiter les animaux (c’est la définition de la Vegan Society, reprise d’ailleurs par la Société Végane bien de chez nous(4)). Et on essaie de vivre sans exploiter les animaux à partir du moment où l’on a une certaine perception de l’animal. Cette perception est difficile à définir clairement, mais on pourrait dire qu’un végane est quelqu’un qui voit dans l’animal un autre, un être sensible, quelqu’un qu’il n’est pas moral d’utiliser comme un moyen, un individu qui a ses propres objectifs de vie.

 

C’est pour ça qu’être végan est facile. Parce que chaque aménagement que l’on fait dans sa vie, quand on devient végane, on le fait pour une raison bien précise, qui est notre façon de voir le monde; et on le fait d’une façon bien précise, qui est la notre, et pas celle des autres. Untel gardera ses vieilles chaussures en cuir par souci écologique, tel autre finira par les changer parce que sa réprobation contre le cuir l’emportera sur ses convictions écologiques. Mais les deux auront en commun de considérer que ces chaussures ont été faites avec la peau d’un animal qui désirait vivre, et qui font qu’on est pas tout à fait à l’aise avec des chaussures en cuir, même si on exclut le besoin de paraître cohérent aux yeux des autres (qui est aussi variable chez chaque individu).

 

Etre vegan est facile parce que c’est simplement appliquer à son mode de vie sa vision du monde. Pour bien faire comprendre à un non-végétarien à quel point c’est facile d’être végan, on peut utiliser une comparaison que je n’ose pas souvent en société parce qu’elle choque, mais qui lui permet de faire voir les choses sous un autre angle. Je lui dis: si tu vivais dans un monde où les gens mangent des bébés humains, est-ce que tu trouverais cela intolérablement difficile de ne pas en manger quand on t’en propose?

 

Il est rare que les gens ne soient pas profondément dégoûtés à l’idée de manger du bébé humain, et pourtant refuser de manger de la viande de bébé humain préparée par d’autres ne changerait pas le sort du bébé ni la profonde aliénation qui existerait dans une société dont les membres s’adonneraient à de telles pratiques. Tout au plus, cela fait entendre une voix différente, quelqu’un qui refuserait que de telles atrocités soient commises, même sans pouvoir les changer tout de suite.

De même, si vous appreniez qu’un délicieux gâteau a été concocté à partir de lait humain provenant de femmes séquestrées et séparées de force de leurs enfants, je ne pense pas que vous baveriez devant, je ne pense pas que vous penseriez froidement « mon engagement de personne en faveur des humaines m’empêche de manger ce gâteau même si miam, j’en ai très envie ». Vous n’en voudriez simplement pas, vous ne le verriez pas de la même façon.

 

C’est un peu comme ça que les végans finissent par éviter le lait de vache, et non pas en cherchant à coller à une définition. Quand on sait comment est faite la nourriture, on ne la regarde plus de la même façon, et quand on a adopté une position antispéciste, et qu’on est profondément convaincu du bien-fondé de cette philosophie, on a simplement plus envie de manger un gâteau fait avec du lait de vache. Imaginer ces situations dans lesquelles une personne de notre culture vivrait dans une société dans laquelle on consomme du lait de femme et du bébé humain, on a une petite idée de ce qui est réellement difficile dans le véganisme: vivre dans une société non-végane. Une telle personne souffrirait certes, mais pas de ne pas goûter ce délicieux gâteau au lait de femme. Plutôt de penser aux femmes, aux enfants, au victime de cette société meurtrière heureusement imaginaire.

 

Voilà pourquoi les vegans ont coutume de dire que le véganisme est facile, alors que tout le monde croit que c’est difficile. C’est parce qu’être végan, c’est normal. Le mot « vegan » n’est qu’un mot, qui a été collé sur le mode de vie de personnes ayant une certaine façon de penser de laquelle découle naturellement une façon d’agir(5).

 

Imaginez que vous découvriez que vos chaussures ont été faites avec des peaux d’humains qui ont été tués pour cela, je pense que vous vous en débarrasseriez, de même que je me suis débarrassée de mes vieilles chaussures de rando pour les remplacer par des vg-shoes. C’était juste normal que je fasse ça, même si ce n’était pas forcément la solution la plus écologique.

 

Il est dommage que le végétalisme soit encore souvent vu comme une forme de privation alimentaire, comme un régime comme un autre, alors que c’est bien plus que ça. On pourrait même dire qu’en réalité, le véganisme n’est ni « facile », ni « difficile »: il est, c’est tout. Les gens qu’on appelle « végans » n’ont en réalité aucun autre choix que d’être végans. La seule chose qui peut paraître difficile, c’est d’affronter chaque jour un monde dans lequel les animaux sont persécutés et tués, et que cette attitude envers ces êtres différents fasse intégralement partie de l’ordre social.

Et en effet, c’est difficile, mais les gens le font parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Tout comme c’est difficile de savoir qu’on va mourir un jour, et on ne passe pas notre vie à se demander si c’est facile ou difficile.

 

 

 

(1) Quand cet article paraitra, je serai en nouvelle-Zélande, mais à l’heure où je l’écris je suis en Amérique Latine depuis bientôt 5 mois, et je tuerais pour un cupcake ou un jambon weathy. Enfin, c’est une façon de parler, puisque contrairement à beaucoup, je ne tue pas pour du jambon.

(2) La plupart des végans ne se sentent, physiquement, ni mieux ni plus mal qu’avant. Mais pour ma part, je me sens globalement plus en forme, et depuis un an et demi que je suis végane, la seule maladie que j’ai eu, c’est la tourista.

(3) Beaucoup d’objets de la vie courante sont fabriqués avec des composants animaux ou ayant nécessité l’utilisation d’animaux: le papier, les ordinateurs, les billets de banque, les réacteurs d’avion, les pneus. Toutes les encres de tous les stylos et imprimantes doivent être testés sur les animaux avant leur mise sur le marché. Donc les véganes utilisent tous les jours des choses ayant nécessité l’utilisation d’animaux.

(4) quand je vous disais qu’en France y a pas que des connards. Bon, la Société Végane est toute jeune, mais quand même, elle existe.

(5) ce qui ne veut pas dire que c’est une question de personnalité. Je pense que toute personne se posant la question en toute honnêteté intellectuelle pourrait adopter une position antispéciste.

64 réflexions au sujet de « Etre vegan, c’est dur? »

  1. Ton article (comme beaucoup d’autres de tes articles, je les ai quasiment tous lus) me parle bien : moi aussi, avant, je considérais le véganisme comme réservé à une élite, un idéal qui m’était un peu inaccessible… Et, finalement, c’est tellement naturel, une fois qu’on y est ! Tellement que, parfois, on se demande vraiment au nom de quelle absurdité la majorité des gens n’est-elle pas vegan. Ah, oui, c’est vrai ; le profit, nos prétendus besoins vitaux en viande (quand je pense que fut un temps, j’y croyais naïvement…) et la soi-disant gastronomie… Perso, j’ai jamais autant mieux mangé que depuis que je suis végan, mais bon.

    C’est clair que la plupart des gens voient le véganisme comme une privation. Moi, je vois plus ça comme une libération : libération de ce cycle de souffrance et de mort qui m’empoisonnait la conscience…

    J’aime bien l’analogie que tu fais avec le bébé/le lait d’humaine. A ressortir… Enfin, quand je fais ce genre de parallèle, on me répond toujours « Oui mais c’est pas pareil ; tu vas comparer les animaux et les humains, quand même ! » –‘

    Je sais plus si j’ai découvert ton blog via Végéweb ou un lien du blog d’IV… mais en tout cas, je le lis régulièrement. Je trouve tes idées souvent très intéressantes…

    • Merci ça fait plaisir ^^

      Je suis assez amusée par la répugnance des gens à comparer les humaisn et les autres animaux alors qu’ils sont si prompts à comparer les animaux aux plantes. Parfois, quand je sens que le débat ne donnera rien,  et que j’ai pas envie de discuter, je répond simplement « hé bien pour moi, c’est pareil » et les gens n’osent rien dire. Mais si j’ai envie de faire réfléchir les gens je peux leur dire par exemple: « je dis pas que c’est pareil, je dis que c’est pas si différent que ça ».  Ils sont en quelque sorte obligés d’admettre qu’il y a beaucoup de similitudes entre les différentes espèces d’anmaux. enfin après s’ils veulent pas réfléchir, ils réléchissent pas. 

      C’est intéressant ce que tu dis a propos de la libération. Au Brésil un jour j’ai pris de l’ayahuasca, et pendant que j’étais sous ayahuasca, j’écrivais. Notamment j’ai écrit beaucoup de choses à propos de la libération. « on s’est libéré du besoin de mettre des mors dans la bouche », comme si le fait de mettre un mors dans la bouche d’un cheval, c’était pareil que s’en mettre un à soi. Chaque chose qu’on ne faisait pas aux animaux, c’était une libération.  Depuis quand je croise des gens à cheval, parfois quand même je me dis que j’aimais beaucoup l’équitation, enfin certains aspects de l’équitation, alors je me rappelle de cette impression de liberté, et je réalise que je suis enfin libre. Que je détestais mettre des mors dans la bouche des chevaux, que je détestais leur dire où aller et ce qu’ils devaient faire ou non, et que je me sentais obligée de le faire.  Je pense qu’avant cette expérience, je n’avais jamais réalisé à quel point je me sens libre. Pourtant si on m’avait dit « tu vas arrêter l’équitation » pour moi ça aurait été une privation de liberté, mais c’est tout le contraire.

    • Tu vas pouvoir choquer tout le monde en imaginant une société contre-utopique où on mange les enfants :) pour améliorer le parralèle et mettre les mangeurs de viande mal à l’aise, tu peux aussi ajouter qu’on les mange parce qu’ils appartiennent à une autre race ou une connerie dans le genre. De rien :D

  2. Magnifique article, j’adhère à tout !

    Je suis actuellement en vacances en Islande depuis 10 jours, et j’ai booké un tour. Et aujourd’hui, j’ai fait mon coming out ; le tour est assez indépendant, donc on mange tous chacun de son côté, du coup, c’est seulement aujourd’hui qu’ils se sont aperçus qu’au petit dèj je prenais pas de viande. Bref, les réactions que j’ai eu, à part un « rigolo » qui m’a dit au self à midi « tu prends de la salade, je prends du poisson et du gratin de pomme de terre, et après on échange, comme ça t’aura un repas équilibré hahahahaha ». Mais bon, c’était pas méchant, juste un type qui passe son temps à raconter des conneries, donc ça lui a fait l’occasion d’en raconter une de plus. Nan, les réactions que j’ai eu, ça a systématiquement été : ah bah moi aussi, je mange peu de viande/de moins en moins de viande. J’ai clairement senti un sentiment de culpabilité, que les gens savent que la viande, c’est pas bien (du moins, à la santé), et aussitôt ils essaient d’une certaine manière de se justifier, de dire « je pourrais pas être vgl, mais bon, je fais gaffe qd mm, j’ai conscience que la viande, c’est pas bon ». Une sorte de réflexe défensif, de « je suis un peu comme vous », ‘fin, je sais pas trop comment articuler ça, mais tu vois (ou pas ^^) ce que je veux dire.
    Mais à chaque fois, que des courtes conversations sur ce que je mange exactement et depuis quand je suis vegan ; personne m’a demandé pourquoi. Nationalités : Hollandais, Allemands, Russe et Américains. La seule personne qui m’a posé le plus de questions et m’a parlé de carences, et qui est d’ailleurs la seule personne à qui j’ai dit que j’étais vegan pour les animaux (mais elle a pas réagi là-dessus), c’est une vielle de 70 ans, qui se trouve être la seule… Française du groupe… Enfin, elle est franco allemande, pour être parfaitement honnête. Ça doit être pour ça qu’elle pose la question des carences et de qu’est-ce que je dois bien pouvoir manger (quoi, mm pas de lait ???), ça c’est son côté français (d’ailleurs, elle parle que de bouffe – et elle m’a fait aussi une apologie de la colonisation en me disant que c’était bien que les Africains aient gardé la langue française et certaines de nos coutumes, du coup, quand on va dans leur pays, on se sent tout de suite plus à l’aise, – un peu comme chez nous, quoi – j’étais sidéré. Bref.), mais qu’elle en fait pas tout un plat (sans mauvais jeu de mot) et que j’ai pas eu droit à des réflexions à la con, du mépris comme avec les Français, ce qui doit venir de son côté allemand. ^^

    Pour en revenir à ton article, c’est vrai, c’est pas difficile d’être vegan, parce que c’est normal pour nous, et que la viande et autre, tout ça n’existe plus pour nous, ça ne fait plus partie de notre monde culinaire, donc on s’en fout (enfin, sauf quand on voir les étalages de barbaque dans les supermarché ou ailleurs, bien sûr).
    Ce qui est dur, c’est le passage, la peur que des produits vont nous manquer, mais une fois le pas franchi, rapidement, on n’y pense mm plus, c’est devenu naturel, intégré, comme autrefois on avait intégré le mangeage de viande !

    • c’est vrai la viande ça existe plus au bout d’un moment, du moins ça n’est plus dans la case « a manger » bien que ce soit techniquement comestible. Comme la paté pour chat.

      C’est marrant, j’ai l’impression qu’ici a Auckland, les gens sont plus ouverts. ces jours-ci on a rencontré des français, ils ont fait aucune reflexion désagréable, ça avait même l’air de les intéresser, mais comme la plupart des gens ils ont l’air de penser que c’est difficile. Mais ils adhèrent quand même à l’idée. Je trouve ça cool. Je comprend que tout le monde soit pas vegan mais j’arrive toujours pas à comprendre comment on peut être « contre » le véganisme.

  3. Aaah oui, c’est vrai que comparer les animaux aux plantes, tout de suite ça dérange moins les gens ! J’ai jamais compris ce réflexe. Qu’on me demande si j’ai pas peur des carences ou ce que je mange, d’accord, je conçois, vu la propagande carniste qu’on subit à tout bout de champ, mais le cri de la carotte… ça me dépasse. Enfin, comme tu dis, je suppose que souvent ils ne VEULENT pas réfléchir…

    Je viens d’aller voir sur Wikipédia ce qu’était l’ayahuasca. Eh ben… ça devait être une sacrée expérience ! Et ça a dû être intéressant, après, de relire ce que tu avais écrit pendant ce temps…

    Enfin, je partage tout à fait ce que tu dis sur la libération, je crois. Comment peut-on être libre, quand on vit sur le dos de l’asservissement des esclaves ? La privation, pour un aspirant vegan, ce serait justement de se priver d’être vegan pour ne pas faire tâche, pour se fondre dans la société, faire comme tout le monde, surtout ne pas faire chier ses hôtes en refusant le plateau de fromage ou le poulet rôti… Arg. Mais les omnis ne conçoivent pas que manger de la viande ne soit plus associé au plaisir. Et pourtant…

    Ca me fait réfléchir ce que tu dis, parce que je connais plusieurs personnes fan d’équitation. Evidemment, elles ne mangent pas de cheval (mais les autres animaux, oui, évidemment). Et quand je leur demande si le cheval aime être monté, avec le mors et tout, et dirigé pour sauter les obstacles, etc… elles me répondent avec aplomb que oui, bien sûr, le cheval il aime ça ! En général je ne m’étends par sur le sujet, puisque je ne connais rien à l’équitation, pourtant il y a bel et bien quelque chose qui cloque, quelque part…

    • Je pense qu’y a une certaine hypocrisie dans l’équitation. Evidemment un cheval qui vit au box va être très content au moment de la ballade, vu qu’il  n’est pas fait pour vivre dans un espace de 9 metres carrés et qu’il préfère sortir même s’il ne décide pas ou il va. Un cheval peut sans aucune doute aimer son cavalier et peut-être prendre un certain goût à être monté (enfin, surtout quand c’est que comme ça qu’il sort). Mais quand on parle de complicité entre l’homme et le cheval, de coopération… Le cheval coopère avec le cavalier, pas l’inverse ! J’ai jamais connu de cavalier laisser son cheval décider où il va. Donc il n’y a pas de complicité, on peut pas parler de complicité entre deux êtres quand seul l’un d’entre eux prend les décisions. C’est un rapport de force. D’ailleurs j’ai toujours été une quiche en équitation, je me faisais mener par le bout du nez par  les chevaux. Je pense qu’inconsciemment je n’avais pas envie de les forcer à fare ce que je voulais. Je pense que pour être un bon cavalier, il faut une certaine brutalité, ne serait-ce qu’au niveau mental (sans parler des cravaches et autres joyeusetés). Je me souviens quand je préparais un cheval avant le monter,  j’avais l’impression de ne pas avoir un bon contact avec lui, car même s’ils aiment par exemple être brossés (et encore, généralement pas par des inconnus) ils détestent qu’on leur mette un mors, qu’on leur mette une selle, qu’on leur nettoie les sabots, il faut toujours les forcer à plein de choses. Un bon cheval c’est un cheval soumis, ça les cavaliers ne le disent pas. Et pourtant les cavalières expérimentées se servent beaucoup de leurs chevaux comme faire-valoir, je déteste ce trait de caractère qu’ont beaucoup de femmes (moins les hommes, mais on retrouve le même travers chez beaucoup d’hommes et de femmes qui ont des chiens).

      Exemple d’hypocrisie typique de l’équitation: le mors sert a « communiquer », dit-on, pour que le moindre mouvement du cavalier soit perçu par le cheval. Communiquer dans un seul sens? Les mouvements du cheval sont-ils perçus par le cavalier? Non, d’ailleurs ça ne servirait à rien. Le mors sert en réalité à imposer sa volonté.

      C’est drôle car justement, je crois pensais à l’équitation sous ayahuasca car l’ayahuasca est comme un cheval qui t’emmènerait là ou il veut, mais qui te laisserait décider un peu de la direction toi aussi, mais juste un peu. C’est justement ce que n’est pas l’équitation et ce pour quoi certains essaient de la faire passer.

  4. Ah, encore un article qui me parle bien.
    Le végétarisme est arrivé d’un coup après la lecture de « Faut-il manger les animaux ? », et comme tu le dis, ça ne m’a demandé aucun effort. En plus j’avais visionné Earthlings dans la foulée, autant dire que j’étais vaccinée. J’ai quand même un peu attendu pour passer au végétalisme, c’était clairement le but mais je ne me sentais pas de tout virer d’un coup. Je dirais même qu’au départ j’ai salement compensé avec les produits laitiers et les oeufs et je ne voyais pas comment m’en passer. Une nouvelle prise de conscience + un concours de circonstances (fournisseur de lait en vacances, découverte d’un lait végétal que j’aime, enfin) plus tard, et hop, passage au végétalisme sans aucun effort. Tiens, d’ailleurs l’autre jour j’ai acheté de la charcuterie végétale pour mon fils, ben rien que l’aspect me dégoûte un peu même si je sais qu’il n’y a pas d’animaux dedans, j’ai laissé passer plusieurs jours avant de trouver le « courage » d’ouvrir le paquet.
    Je prévoie de récupérer qq poules, auquel cas d’un point de vue théorique ça ne me poserait pas de pb de manger leurs oeufs vu que ce seraient des bêtes sauvées de l’abattoir et qu’elles vivraient leur belle vie jusqu’à leur mort naturelle, mais je ne sais même pas si finalement ça me tentera encore. Et pourtant il y a encore qq semaines, j’aurais juré que je ne pourrais jamais me passer des oeufs.

    Pour ce qui est de l’équitation, il me reste un cheval, et pareil que toi, je sais maintenant, je me rappelle que je n’ai jamais aimé mettre un mors à un cheval, que ce n’est pas à ça que je rêvais quand j’étais gamine et que je m’imaginais des tonnes d’aventure avec mon amour de cheval en peluche, que la première fois que j’ai fait une balade à cheval je n’avais pas envie de monter sur son dos, juste de lui faire des gratouilles. Et je ne sais pas quoi faire de mon cheval qui est dans un pré assez loin et dont je ne m’occupe pas personnellement. :/
    Cela dit il est vrai que des vieux chevaux de club peuvent souffrir d’être à la retraite, mais ils n’ont jamais connu rien d’autre que cette vie. Après avoir purgé une très longue peine, il y a bien des prisonniers qui ont beaucoup de mal à se réhabituer à la liberté…
    Et de toute façon pour un cheval de club, la retraite est souvent synonyme d’abattoir : donc faire de l’équitation en club, bien souvent, c’est aussi cautionner ce système d’abattage.

    Tiens, d’ailleurs, ça me rappelle un club où j’avais mis mon cheval en pension à une époque… Les propriétaires parlaient élégamment d’envoyer un cheval non pas à l’abattage mais « à la casse ». Après les animaux vs les plantes, à quand la comparaison animaux / voitures ?

    • J’y connais rien, mais apparemment on peut faire plein de choses avec un cheval sans le monter, y a un forum là-dessus: http://chevaux-en-vacances.forumactif.ws/

      J’y vais pas car j’ai pas de chevaux, mais ça a l’air pas mal, y a certains intervenants qui sont vegans, et certains qui ont d’autres raisons de ne pas monter leurs chevaux (j’en sais pas plus).

      Ca m’étonne pas que les chevaux partent « à la casse », c’est encore un euphémisme pour cacher la réalité des choses…  C’est plus facile en assimilant l’animal à un objet :( c’est marrant moi aussi plus jeune je m’imaginais courir dans les champs avec mon copaincheval et même si j’ai aimé certains aspects de l’équitation je dois dire que dans l’ensemble ça m’avait beaucoup déçu. Les chevaux n’ont pas forcément envie que tu t’occupes d’eux ou que tu montes sur leur dos, t’as plutôt l’impression qu’ils travaillent… le débourrage éteint beaucoup leur caractère aussi, il parait. En tous cas y a pas de complicité. C’est étrange quand même tout ce cinéma, et le fait que les cavaliers mangent rarement du cheval alors qu’ils participent à un système qui envoie des chevaux « a la casse » quand ils ne les envoient pas eux-mêmes (mais cela dit certains mangent quand même du cheval…)

  5. @L’elfe : Bah, Lady Marianne, c’est comme ça que l’auteur du superbe blog « mais qu’est-ce qu’ils sont cons ces vegans » se présente en tout cas :p

    • ha oui je l’avais oubliée celle là! Mais en fait c’est pas elle le pseudo-journaliste dont je parlais. C’est drôle elle a juste copié mot pour mot un article paru en ligne sur je ne sais quel torchon virtuel, et a ajouté quelques commentaires beauf. Donc non seulement son blog est hideux, mais elle ne fait que copier-coller des trucs et ajouter des commentaires idiots…

  6. @L’Elfe : merci pour le lien vers le forum, c’est effectivement très intéressant :)
    Et le reste de ta réponse me fait me souvenir d’un haras, je ne sais plus où, qui avait provoqué un scandale il y a de ça 4 ou 5 ans en proposant lors d’une journée portes ouvertes un repas à base de viande de poulain… Je suis certaine que la grande majorité des gens qui se sont indignés étaient pourtant responsables, directement ou non, de l’abattage de bien des chevaux.

    • C’est vrai que c’est de la grosse hypocrisie… Ca me fait penser a un autre truc dans la série « incohérences »: sur facebook y avait un évenement organisé par une association d’amis des chevaux (le galop de l’espoir ou un truc du genre). Il s’agissait d’un barbecue organisé pour sauver des chevaux de l’abattoir. Un barbecue ou allaient être dégustés vaches, agneaux, poulets… miam miam. evidemment ça a déclenché des protestations. Réponse de la présidente de l’asso: « mais on est pas obligés de manger de la viande, ceux qui veulent peuvent manger du poisson! » -_- »

  7. Juste un petit témoignage, rapide.
    Non seulement, je suis devenue végane (dès que j’ai su tout ce qui se passe, grâce à mes lectures et internet. J’avais la compassion en moi déjà, je pense… et donc, aucune hésitation!). Toujours grâce à ma curiosité et mes lectures, je jeûne régulièrement. De plus, j’ai la passion des poids et haltères et de la marche en montagne.
    Personne n’ose rien me répliquer, car ceux-celles qui ne me connaissent pas me donnent 50 ans, or j’aurai 63 ans dans 4 mois, 60 kg pour 1,70, la ligne et finement musclée… Je me fais un malin plaisir de dire aux gens, que c’est grâce aux végétaux et à mes jeûnes que je soulève 50 kg au développé couchée et que je fais des flexions avant-bras sur le bras avec 28 kg etc… Je suis en pleine forme, en pleine santé, on ne peut rien me rétorquer !!! (surtout pas que je manque de protéines).
    J’ai enregistré une signature électronique avec la vidéo « Earthlings », le site de Pro-Anima, citations. Mes contacts ont-ils regardé la vidéo ?, je n’en sais rien, je ne reçois aucun commentaire… C’est désespérant. Lors du salon de l’agriculture, pendant 9 jours j’ai transmis les vidéos de L214, à mes contacts carnivores (y compris ma fille), toujours aucune réaction… Je le répète, cela me désespère…
    Amitiés.

    • waw c’est formidable! J’aime beaucoup le sport (surtout le jogging et le yoga) mais je suis loin de soulever 50kg. Finalement est-ce qu’être vegan, sportif et en bonne santé c’est pas la meilleure façon de faire réfléchir les gens? Bon de toutes façons on peut pas les forcer à réfléchir et à être curieux… Mais je suis sure que ton exemple est positif, et un jour ceux qui se sentiront prêts regarderont Earthlings et tout… Il faut pas desespérer, les grands changements prennent du temps.

  8. Excellent article, j’adore ! Comme souvent, tu mets des mots sur ce que je ressens de façon plus claire que je ne le fais moi-même, c’est aussi pour ça que j’aime autant te lire. Pour résumer, on pourrait dire qu’être végane c’est un état d’esprit et non pas le respect d’un ensemble de règles.

    Sinon, pour la comparaison avec manger des bébés ou du lait d’esclaves humaines, pourquoi ne pas prendre comme exemple quelque chose qui existe et est à peu près universellement réprouvé, comme la prostitution des enfants pas exemple ? Par exemple, si je visite la Thaïlande sans « en profiter », ça ne sera pas par respect pour les lois qui l’interdisent, mais parce que je suis contre et que ça ne me fait du tout pas envie, du coup je ne me sentirai pas frustré.

    • c’est vrai… C’est drôle ça me rappelle une voyageuse que j’ai rencontrée au nord du Brésil, quand elle a su qu’on était Vegan, elle nous a dit un tru pas méchant mais un peu idiot, genre que c’est dommage de pas manger les plats du coin parce que c’est une partie de la culture. Je lui ai dit qu’il y avait des choses beaucoup, beaucoup plus importantes dans la vie que de découvrir les plats du coin. Je sais pas si elle a compris.

  9. @Fuschi : les omnis qui disent qu’ils mangent pas beaucoup de viande, c’est peut-être un réflexe défensif, mais je trouve ça quand même vachement mieux que presque tous les autres réflexes défensifs. Ça veut dire qu’au fond ils savent que la viande n’est pas « une bonne chose » (pour leur santé, celle de la planète et celle des animaux) et qu’il sont capables d’entendre ces arguments sans (trop) chercher à les nier. Ça peut être un premier pas vers la végétarisme. Il est toujours plus facile de réfléchir sereinement aux problématiques liées à la viande quand on ne lui donne pas un rôle central dans notre alimentation.

    • C’est vrai… bon après c’est juste dommage quand les gens disent qu’ils mangent peu de viande alors qu’ils en mangent en réalité beaucoup (peut-être que pour certains les lardons ou le poulet c’est pas de la viande, je sais pas). en plus mine de rien, si les gens s’abstenaient de viande un jour par semaine par exemple, ça sauverait beaucoup d’animaux.

  10. @ Numa : C’est sûr, c’est mieux comme réflexe défensif que de nous agresser ou nous traiter de débiles. Je voulais justement dire que ce réflexe là indique aussi qu’il y a une conscience qui commence à naître des effets négatifs de la viande, que c’est bien d’en manger moins ; ça rentre dans les esprits, même si c’est pas pour les animaux mais une question de santé, et même si c’est pas encore dans les faits, parce que depuis le début du trip, tt ceux qui m’ont dit qu’ils avaient réduit, vas-y que ça bouffe charcuterie, oeufs et fromage au petit-dèj, et restau midi et soir, donc viande/poisson midi et soir ! On va leur accorder le bénéfice du doute et dire qu’en temps normal, effectivement ils ont réduit (même si j’ai franchement des doutes… ; une m’a dit qu’elle et son mari mangeaient 2-3 fois de la viande par semaine et 2-3 fois du poisson par semaine ; ça fait 6 repas non végé sur 14 hors petits dèj, et j’ai franchement des doutes que donc plus de la moitié du temps ils mangent vg – parce que sinon, ils me l’auraient dit, je pense ^^)

  11. bonjour
    Tu as un excellent style d’écriture: as-tu pensé à écrire un livre sur ton vécu et tes expériences de nomade?
    Sinon beaucoup ne comprennent pas cet attachement à la « viande » et les difficultés de s’en passer et donc de s’autojustifier. C’est qu’il y a dépendance au même titre que peut l’être le tabac ou l’alcool? (je ne prends pour exemple que les drogues légales) Ne dit-on pas un « bon » steak au même titre qu’une « bonne » cigarette ou un « bon » verre de vin car personne ne dira d’un poison dont il est dépendant: un « mauvais » cigare, un « mauvais » alcool ou une « mauvaise » entrecôte. Ce n’est qu’après le perte de ces mauvaises habitudes culturelles qu’il est possible de faire la différence comme tu le soulignes si bien.

    • Ho ben tu sais je pense tout le temps à écrire, y compris des livres, mais je ne le fais pas beaucoup pour l’instant, peut-être un jour…

      Bien sur il y a les habitudes culturelles mais y a aussi tout simplement l’addiction. J’ai eu un mal fou à arrêter le tabac et pourtant je n’étais pas une grosse fumeuse. Encore aujourd’hui, j’ai beau détester les cigarettes, a certains moments quand je vois quelqu’un fumer je ressens du dégoût (comme avant que je commence) mais a d’autres moments, je me dis « ha une cigarette… » une vague envie de fumer, j’ai parfois du mal à penser à autre chose. Quand je fumais, il suffisait que je pense à une cigarette, et je savais que c’était qu’une question de temps avant que j’en allume une, sinon je ne pouvais pas penser à autre chose. Rien quele fait de penser à ça me donne envie de fumer. Y a peut-être aussi des addictions à la viande, je sais pas. Mais après quelques mois sans viande, je n’y pensais déjà plus comme à un aliment; après un an et demi sans tabac, j’ai encore des reflexes de fumeuse…

  12. Lelfe bonjour

    J’ai, dans ma déjà longue vie, eut à aider, pendant quelques années, des fumeurs à abandonner la cigarette et les mécanismes que tu décris sont répétitifs chez presque tous les anciens fumeurs. A cela plusieurs raisons dont la première : l’esprit et donc les convictions profondes qui font détester un produit ou un autre auquel on a été plus ou moins addict (on peut cesser de manger des animaux parce que précédemment l’on n’aimait déjà pas cela, ce n’est donc pas de l’addiction), la deuxième : les mécanismes de mémoire où la prise de cigarette correspondait à des circonstances de la vie particulière et font donc remonter le désir de fumer (même si l’on maitrise finalement ce désir. Ne pas confondre là aussi désir et besoin). Le dernier facteur ce sont les excitants cumulés : alcool, épices, café, chocolat et donc viande pour les omnis, etc… ou un excitant en appelle un autre et fait remonter le phénomène de mémoire. Quand aux réflexes, ils sont mémorisés pour la vie, il suffit de les contrôler.

    • Oui c’est vrai mais j’aimais beaucoup la viande et il ne m’a fallu que quelques semaines pour ne plus du tout en avoir envie, alors que la cigarette… enfin je crois tout simplement qu’il y q des drogues beaucoup plus addictives que d’autres. J’ai essaye certaines drogues dans ma vie, parfois a de nombreuses reprises, et je ne me suis jamais sentie dependante a aucune d’entre elles, je n’ai jamais eu du mal a m’en passer ensuite. sauf la cigarette. et je crois que j’ai ete addict a partir de la 2eme que j’ai fumee…. le pire c’est que parmi toutes les drogues que j’ai prises c’est celle qui finalement donne le moins de plaisir. en fait ce qui fait office de plaisir semble etre le soulagement de l’envie de fumer… j,ai feuillete un bouquin dont l’auteur disait que fumer c’est comme mettre ses doigts dans l’eau bouillante pour ressentir le soulagement quand on les en sort. je crois qu’il a pas tout a fait tort.

  13. J’aime bien cet article, meme si je ne suis pas d’accord avec tout…
    Letthemeatmeat a ecrit un assez bon article sur l’argument « bebe » qui n’est vraiment pas un argument convainquant. Le probleme de l’amener dans la conversation revient a jouer sur l’empathie de la personne (et amene au cri de la carotte, ou vice versa).
    Or, vouloir imposer une regle morale sur une empathie que beaucoup de gens ne ressentent pas n’est pas tres efficace.
    Tu t’associes forcement aux animaux pour pouvoir dire que le veganisme est facile…Donc que fais tu de la personne qui n’arrive pas a considerer sincerement que la souffrance des animaux compte au point de devenir vegan? D’ou de nombreuses declinaisons de reactions: vegetariens, vegetaliens, vegans, welfarists, paleo…
    Ce n’est pas de la mauvaise foi, comment tu fais pour considerer ca « normal » quand tu ne ressens aucune culpabilite ou empathie du genre, meme apres toutes ces infos? D’ou la question sur la souffrance des plantes, certains deviennent fruitariens car ils la considerent possible ou tout simplement parce que ils ne veulent pas detruire une certaine volonte de vivre, comment ne passe t’on pas ce pas? Comment un vegan pourra se dire, de la meme facon qu’un omnivore pour les autres animaux, ca ne m’atteint pas? Je ne sais pas si c’est bien clair, mais ce que je veux dire c’est qu’a partir du moment qu’on met les animaux dans une certaine classe, oui je suis d’accord, c’est facile d’etre vegan. Mais dans le cas contraire?

    Un vegan ne veut il pas en general que les gens changent? Quels arguments ethiques non empreints d’empathie peut on trouver? Car l’argument « bebe » ne convainc pas, au pire on accepte que ne pas manger de l’humain est en effet arbitraire, mais rendrait les choses chaotiques pour vivre ensemble.
    Si on est assez psychopathe, on voit meme aucun probleme a ne pas manger de l’humain!

    Ton article explique bien comment etre vegan est un choix justifie d’empathie, mais pas comment on fait pour renouer avec cette empathie (ou culpabilite dans certains cas) ou meme si c’est souhaitable…
    As tu un autre article dans ce sens?

    • C’est une incomprehension courante qui consiste a penser que le veganisme est base sur un sentiment personnel. Or l’empathie n’est pas un sentiment. L’empathie est une question: « que ressent X ? » et je ne vois pas tres bien comment construire une societe juste sans se poser la question de ce que ressentent les individus.

      L’exemple ne cherche pas a convaincre que manger des animaux est mal. Il cherche a faire comprendre (empathie encore). A faire comprendre ce que JE ressens quand on me dit « mais c’est delicieux, tu te prives blablabla ». Quand les gens me disent ca je leur demande de s’imaginer a ma place et en remplacant la viande d’animal par de la viande de bebe et je leur dis : voila ce que je ressens. Alors le dialogue est beaucoup plus facile ensuite, car ils comprennent que ce n’est pas une question de privations, qu’il existe quelque chose de beaucoup plus important que le gout, ils comprennent beaucoup de choses. Ca ne les empeche pas de manger de la viande, mais ca les empeche de dire beaucoup de betises. Les gens sont intelligents donc je ne les prend pas pour des imbeciles, je sais que s’ils disent des betises c’est qu’il y a une incomprehension culturelle. Car la limite entre les humains et les autres animaux n’est qu’une norme sociale, et elle n’a aucune raison d’etre rationnelle. Pour attaquer le veganisme on est oblige de remettre en question: soit le fait d’avoir unemorale, soit le fait d’etre rationnel, soit le fait qu’on veuille ou non une societe juste. Tout ca ne me touche pas beaucoup: je desire une societe juste, je desire agir rationnellement et j’ai besoin, en tant qu’humain, d’une morale. Si on remet en question ces choses la de toutes facons on peut justifier n’importe quelle horreur infligee a n’importe qui donc je ne vois pas tres bien l’interet.

  14. C’est assez intéressant. Mais au risque de faire un Kant éculé ^^, est ce que la raison est le seul critère à prendre en compte? Ou est il souhaitable d’être strictement raisonnable? De plus, on veut (tous?) une société juste, mais quelle société? Pour l’instant, la société est humaine, la société représente l’ensemble humain. Il y a quand même certaines barrières empêchant d’inclure les animaux dans cette sphère. Sont elles absolument déraisonnables? Je sais pas si tes prochains articles seront dessus, mais j’attendrais de te lire :)

  15. Bonjour,
    J’écris ce commentaire en ne sachant pas si je serais censuré ou non, mais je me lance quand même. Autant je peux comprendre le fait d’être végétarien ou Végan, c’est un choix de vie au même titre que la religion ou la politique. Autant les arguments souvent avancés je les trouve fallacieux.
    Quand tu dis que dans plein de pays les gens comprennent mieux qu’on ne veuille pas manger de a viande, et tu cite la Bolivie en exemple et bien sache que effectivement ils vont dans ton sens car la viande coûte énormément cher et qu’ils n’y ont tous simplement pas accès. Et je ne parle pas de la viande bio, qui dans ton précédent article en France était facturée 2 à 3 fois plus chère, ce qui est totalement faux, car étant moi même acheteur de viande bio occasionnelle son prix est uniquement supérieur de 20 à 30%, et la qualité est impressionna-ment différente, mais je m’égare.
    Secondo, pour le lait de vache, je peux comprendre que l’on est pas envie d’en boire par rapport à la philosophie Vegan, mais sache que aucun veau n’est privé de lait de sa mère. C’est juste que l’on continu a stimuler la production de lait des vaches tout les jours bien après que le veau soit sevré. Tu sais les femmes humaines continuent à avoir des montées de lait parfois 6 mois après avoir arrêté d’allaiter leur bébé.
    Tercio, sache qu’il existe des glaces au royaume unie faites grâce à du lait maternel humain et qu’elles ont un franc succès car même Lady Gaga s’y intéresse, elle a porté plainte contre le fabriquant car la glace s’appelle Baby Gaga. Et non elle n’est pas faite à partir de femmes mère que l’on aurait séquestré pour leur voler leur lait.
    à ce propos que penses tu des gens qui payent des prostituées, mère depuis peu, pour pouvoir boire leur lait maternel directement à leur sein? C’est bien puisque cela reste entre personne de la même appartenance non? :)
    Et puis je te souhaite bon courage pour éviter d’utiliser des choses ou de manger des choses parmi lesquelles les animaux n’ont pas été utilisés. Je pense que le même ton fameux coton bio à été transporté à dos d’âne ou de cheval.
    Encore une fois il y a tout un tas d’exemples qui ne tiennent pas la route, mais comme dans n’importe quelle religion, je pense qu’il faut vivre ses croyances, mais il faut arrêter d’essayer de les justifier. Il faut juste les expliquer.
    Bon courage pour la suite !

    Un habitant de la France.

    • Heu desolee mais tu ne sais pas de quoi tu parles. Deja sache au’en Bolivie les gens mangent de la viande tous les jours et ne concoivent pas un repas sans viande> Dans les andes il y a encore des gens aui sont vegetariens ou quasi comme l’etaient leurs ancetres, mais c’est pour des raisons culturelles. Pour le lait tu es vraiment a cote de la plaque, les vaches sont inseminees chaque annee et les veaux males sont tues. Le veganisme n’est pas une croyance mais l’application d’une philosophie coherente. Pour le reste je n’ai pas le temps de te repondre mais s’il te plais, renseigne-toi ou alors ne t’exprime pas sur le sujet, c’est l’un ou l’autre. parler de ce qu’on connait evite de dire des betises. 

  16. Oui ce matin grande discution à la maison sur les vegans. J’ai pas lu l’article – désolée. Mais j’avais une question. Si tu n’utilises pas de produits issus des animaux, j’en déduis que tu dois utiliser pas mal de plastique. Le plastique c’est un des matériel les plus polluant au monde, il est fabriqué à base de pétrole, pétrole qui en lui-même est destructeur de la nature au moment de son extraction, son transport, son utilisation, et au moment où il devient déchet et se retrouve fréquemment dans la nature… Bref, bonne continuation sur la voie de la sagesse, mais n’oublie pas de regarder les conséquences de tous tes choix. (le coton bio est plus dangereux pour la nature, par exemple, que la laine des moutons, laine qui ne blesse pas le mouton quand c’est prélevé, et qui repousse…)

    • Encore une fois vous devriez vous renseigner et reflechir plutot que de dire des stupidites pour vous rassurer vous-meme sur votre comportement destructeur. 

  17. @ Père indogne:

    Et en quoi le fait que les femmes aient des montées de lait 6 mois après avoir arrêté d’allaiter leur bébé ou que des glaces au lait d’humaine existent justifie le fait qu’on exploite les vaches pour leur lait ? o_O
    Quel est le rapport avec les prostituées ??? Si je pense que c’est OK que des types boivent le lait de prostituées mère depuis peu, qu’est-ce que ça prouve ? Qu’est-ce que ça prouve par rapport à la consommation de lait de vache ??? o_O
    En quoi le fait que le coton bio utilisé soit transporté à dos d’âne justifie le fait qu’on exploite, torture et tue des animaux pour une conso inutile de viande et de produits animaux ??? o_O
    Franchement, qui d’entre toi et lelfe se justifie et qui explique ?

    Ah, et l’exploitation animale n’est pas une croyance, c’est un fait.

  18. @ Amie du Père indigne :

    Je sais que la question ne s’adresse pas à moi, mais comme je suis vegan également, je vais apporter ma réponse :

    Déjà, je comprends pas comment tu peux déduire du fait qu’un-e vegan n’utilise pas de produits issus des animaux utilise pas mal de plastique. Pourquoi en utiliserait ille plus qu’un-e omni ???
    Perso, j’en utilise peu, en tout cas pas plus que quand j’étais omni. Les emballages de viande et charcuterie ont été remplacés par des emballage d’houmous ou de tofu, et je pense pas utiliser plus d’emballage maintenant qu’avant.

    Ensuite, il ne faut pas confondre être vegan et être écolo. Certes, bien des vegan sont aussi écolos, mais ça n’est pas la même chose.

    Et s’il faut certes regarder l’impact écologique des tupperwares et autres emballages plastiques, en quoi ça justifie le fait d’exploiter des animaux pour quelques minutes de plaisir gustatif égoiste ? Et même, quel est le rapport ?

  19. @ Fushichô
    C’est énervant de voir tout mes exemples et ceux de mon amis réduit à toujours la même question de manger de la viande c’est mal.
    J’essayais dans mon argumentation de faire le parallélisme entre lait maternel de vache et d’humain, car il en était question. Au même titre qu’il est question de ne pas exploiter tel ou tel chose qui utilise les animaux d’où ma références aux chevaux transportant le coton qui sont exploité par l’homme.
    Je ne cherche pas à débattre sur le fait si manger ou pas de la viande est bien ou pas pour les animaux car de toute évidence il ne l’est pas car ils meurent.
    Mais conclure sur tout mes arguments par cela est énervant à force et n’apporte rien de plus au débat.
    Mon amie par exemple parlait des méfaits des emballages plastiques qui sont ingérés par des animaux ou qui les tuent d’une autre façon. Si on poursuit la logique du Vegan jusqu’au bout doit on dans ce cas boycotter le plastique ? C’est difficilement défendable.

  20. Oui, et donc ?
    On va en arriver très vite à « un bon vegan est un vegan mort » et au mythe de la pureté, car chacune de nos actions a un impact sur l’environnement (au sens large) et est donc susceptible de tuer des animaux ou de recourir à l’exploitation d’animaux. Je suis vegan dans un monde non vegan, et il faut bien que je vive et que je m’habille. Je ne peux pas, à un niveau pratique, avoir un impact nul sur l’exploitation animale. Mais il y a déjà beaucoup de chose que je peux faire, et ne pas manger d’animaux, ne pas utiliser leur peau pour me chausser et ne pas utiliser de produits cosmétiques utilisant des produits d’origine animale et ayant été testés sur les animaux, c’est facile, rapide et concret. Et c’est bien le minimum qu’on puisse faire.
    Je peux aussi toujours en faire plus, et ne pas utiliser de plastique ou réduire cela au minimum, pour réduire davantage le nombre d’animaux tués par ma consommation ; je peux aussi ne pas conduire, pour qu’aucun insecte ne s’écrase sur mon pare-brise.
    Alors peut-être parce que je ne boycotte pas le plastique, chose impraticable pour l’heure (on verra quand les réserves de pétrole seront épuisées), qui dans sa production pollue et tue des animaux, je ne suis pas vegan. Si tu veux. Mais c’est pas parce que je ne peux pas être parfait que je ne dois pas faire ce qui est en mon pouvoir, càd ne pas manger les animaux, m’en vêtir et utiliser des produits testés sur eux. Le fait qu’il soit impossible d’arriver à l’impact zéro (du fait même qu’on vive, et qu’on vive en plus dans une société non vegan) n’est aucunement une raison pour ne pas faire ce qui est possible et facile de faire.

    Définition du véganisme (j’espère que tu comprends l’anglais) : Veganism is a way of living that seeks to exclude, as far as possible and practicable, all forms of exploitation of, and cruelty to, animals for food, clothing and any other purpose.

    « …qui cherche à exclure, autant que possible et faisable, toute forme d’exploitation… ». Autant que possible et faisable.

  21. @ Fushichô
    Je suis complètement d’accord avec ton commentaire. Pour vivre en parfaite harmonie avec votre mode de vie je pense qu’il serait bon d’essayer de créer une communauté, un peu comme le font certaines communauté religieuses sans point de vue péjoratif, mais ou vous pourriez librement vivre sans exploiter les animaux au sens large du terme. Après sur la réalisation d’une telle communauté je ne sais pas si c’est réellement faisable à grande échelle mais bon. Effectivement tu peux difficilement refuser de vivre dans le monde actuelle seule. Il faut être nombreux. J’ai bien compris qu’être Vegan est plus d’essayer de faire le moins possible de mal aux animaux car ne pas en faire du tout est impossible mais j’ai quand même des questions qui restent pour moi dénuée de toute logique.
    Je me permet de t’en poser une, non pas pour « critiquer » mais pour comprendre la logique.
    C’est à propos de ce qui a été évoqué dans l’article concernant l’utilisation de la laine des moutons.
    Je n’arrive pas à saisir pourquoi cela nuirai au mouton. Pour avoir pratiqué moi même des tontes sur les moutons, ils n’étaient pas maltraités, et au contraire cela leur permettait de se refaire du nouveau poil, plus propre et plus résistant, tout en étant un peu plus au frais pendant la période estivale car mine de rien ça tiens chaud !
    Donc voilà je serais curieux d’en connaître la motivation car refuser ce qui viens des animaux si cela les fais souffrir ok, mais si c’est parceque cela viens des animaux je trouve cela plutôt « extrémiste » comme façon de penser.

  22. Petite réponse rapide sur la laine de mouton :

    Pourquoi rapide ? Parce que je suis à la bourre dans mon taf, d’une part ^^
    D’autre part, parce que ça fait des années que j’ai pas utilisé de laine, bien avant de devenir vegan, donc je me suis pas posé la question sur la laine lorsque je le suis devenu. Qu’un produit que je n’utilise jamais soit vegan ou pas, c’est pas que je m’en foute, mais étudier sa véganité me vient pas spontanément.

    Donc je dirais déjà que je considère que les animaux ne nous appartiennent pas et que nous n’avons pas le droit d’en disposer, que ce soit pour notre alimentation, notre habillement, nos loisirs ou nos expériences scientifiques.
    Je pourrais invoquer les conditions d’élevage de ces moutons (je doute que tous les élevages de moutons pour la laine soient idylliques et sans maltraitance) et ce qu’il advient des moutons au bout d’un moment (abattoir, je suppose), et cela en supposant que le process même de tonte soit parfaitement indolore et procure même bien-être à l’animal (d’ailleurs, le mouton ne perd pas sa laine comme le chat ou le chien perd ses poils quand il fait chaud ?), mais ça serait relativement hypocrite, car le concept même d’élevage me paraît aberrant.
    En Islande, les moutons gambadent librement en été sur des hectares et des hectares et des hectares de verdure, donc a priori, conditions parfaites d’un point de vue « condition animale » (par contre, je connais pas leurs conditions de vie l’hiver quand les éleveurs les ont récupérés). Mais mm dans ce cas, je ne comprends mm plus pourquoi élevé des animaux. Les animaux ne sont pas un bien, nous n’avons pas à les posséder pour en faire ce que bon nous semble, srtt quand des alternatives sont disponibles (cotons, chanvre, synthétique pour la laine). Pour te dire à quel point je suis extrémiste, la possession même d’animaux domestiques me gêne. Elle me gêne moins s’il s’agit d’animaux récupérés à la SPA et non pas achetés en animalerie, mais le rapport dominant/dominé dans la relation entre l’animal humain et l’animal non humain me dérange (et aussi d’animal humain à animal humain).
    Je ne me vois pas posséder un animal, alors l’élevage pour les soi-disant « besoins » humains, j’avoue que c’est devenu un concept qui me dépasse, que je trouve aberrant, inconcevable.

    Mais ce n’est que MA façon de voir les choses sans avoir passé des heures à étudier la question, car n’achetant jamais de laine je me l’étais pas posée, et d’autres vegan pourront te donner des réponses plus élaborées, documentées et différentes.

  23. Peut-être certaines encres sont testées… peut-être pas. Pareil pour les produits animaux concernant les stylos. Je n’ai toujours pas eu de nouvelle réponse à part Bic qui m’a donné un peu la même réponse que celle qu’il donnait aux gens il y a trois ans.

  24. Une réponse un peu automatique en fait…

    Bonjour,

    Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre société et à nos produits. Nous vous prions de trouver ci-dessous la déclaration de la société BIC concernant les tests de produits sur les animaux.

    • BIC s’engage à offrir aux consommateurs des produits de la meilleure qualité possible.

    • BIC a travaillé avec des experts en tests de sécurité des produits pour étudier, dans le domaine du développement de nouveaux produits, des alternatives fiables aux tests sur animaux.

    • Grâce au travail commun accompli avec ces experts en sécurité des produits, BIC peut maintenant tirer profit des dernières avancées technologiques sur les tests in-vitro, la modélisation informatisée et les bases de données historiques. Ces méthodes ont atteint le niveau de fiabilité nécessaire pour permettre à BIC de respecter ses exigences rigoureuses en matière de sécurité des produits.

    • Le but de BIC était de faire une évaluation complète de ses tests de sécurité des produits et, si possible, d’utiliser des alternatives aux tests sur animaux. En 1997, nous avons achevé cette étude et nous avons déclaré un moratoire mondial sur tous les tests sur animaux. Cette déclaration marque une étape décisive; nous devons cependant préciser que les tests sur animaux pourraient être nécessaires dans le futur si leurs alternatives ne permettaient pas d’assurer qu’un nouveau produit présente bien pour le consommateur les garanties de sécurité nécessaires.

    • BIC continue également d’apporter son soutien à la législation qui vise à éliminer les tests sur animaux, tout en offrant des alternatives aux tests sur animaux qui assureront la sécurité des consommateurs.

    Nous vous confirmons également que nos produits ne comportent aucune matière d’origine animale.

    Nous vous prions d’agréer, Madame, nos salutations distinguées.

    SOCIETE BIC
    Service Communication
    14 rue Jeanne d’Asnières
    92611 CLICHY CEDEX

    • Ouais en gros ils utilisent des tests sur les animaux « uniquement quand c’est nécessaire » et ils aiment pas trop ça… c’est une façon gentille de dire « oui, on teste  sur les animaux » (enfin, si je comprends bien la langue de bois).

  25. Ils ne font plus de tests sur les animaux pour le moment, car ils ont toutes les alternatives qu’ils veulent. Mais dans le futur, si le nouveau produit ne peut être testé avec les alternatives, ils testeront sur les animaux…

    • dit comme ça, ça parait beaucoup moins animal-friendly que dans la réponse. En fait ils tournent le truc comme si c’était indispensable aux êtres humains de mettre de nouvelles encres sur le marché. Et c’est con mais je suis sure que ça marche avec au moins 95% des gens. Y en a que très peu qui vont prendre assez de recul pour se rendre compte de la connerie du truc.

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  29. Tiens ça me rappelle qu’hier j’ai dit à un de mes collègues de travail que j’étais récemment devenue végétalienne.

    Sa réponse fut formidable…

    « AH! Donc tu ne manges que des trucs verts et des graines? Moi je serais pas capable et franchement je trouve que tu te poses trop de questions… arrête de réfléchir! »

    Je n’ai rien répondue… j’étais sous le choc.

  30. Rah, j’ai lu cet article en mangeant une salade de crudités agrémentée de fromage de chèvre… J’ai du me forcer à la terminer. Je pensais me donner un an avant de me priver définitivement de produits laitiers, mais là, tu viens de mettre un sacré poids dans la balance avec ta comparaison lait de vache / lait de femme.

    J’aime le fromage. C’est la dernière barrière qui m’empêche de supprimer les produits laitiers de mon alimentation. Le beurre, la crème fraiche, le lait, je leur ai trouvé des tas de substituts (c’était pas bien dur). Mais le fromage, c’est difficile, parce qu’il ravit mes papille gustatives. Seulement là, face à la souffrance d’être vivants qui sont privées de leurs petits, je vois pas bien ce que mes papilles gustatives viennent faire là. Je pense que je vais me passer définitivement de produits laitiers. Le plus dur ça va être de faire accepter ça à mon entourage… Ils viennent tout juste d’accepter que je sois végétarienne… -__-

    • Le fromage est souvent une étape difficile. C’est vrai que j’avais une passion pour le fromage de chèvre avant. Mais bon les points de vue évoluent, puis les goûts avec :)

    • En ce moment je la prend en comprimés (veg-1, on peut l’acheter à la Société Végane ou sur Un Monde Vegan entre autres).
      Mais habituellement je la prend en ampoules car ça coûte moins cher (par contre pendant la grossesse c’est conseillé d’avoir des apports quotidiens c’est pourquoi je la prend en comprimés car les ampoules se prennent 1 à 2 fois par semaine). Ca se trouve facilement en pharmacie et c’est remboursé par la sécu si prescrit par un médecin.

      • Merci à vous, Jim et L’Elfe. Malheureusement, je ne sais pas si je peux trouver ce genre de magasin au Maroc. Je vais me renseigner.

        L’Elfe, si je comprends bien ce que tu viens de dire, cela indique que tu « attends un heureux événement » comme on dit ? Si c’est le cas, hé bien, je passerai les « félicitations » d’usage pour te souhaiter simplement bien du courage. ;o)

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