flexitarisme

Le flexitarisme consiste à être en grande partie végétarien mais à accepter de manger occasionellement de la viande.

A l’heure où des milliards d’animaux sont massacrés pour le simple plaisir qu’on les gens à manger de la viande, à l’heure où la planète agonise (l’élevage est une catastrophe écologique comme il y en a peu), à l’heure où des études scientifiques établissent chaque jour les bénéfices du végétarisme sur la santé humaine, à l’heure où l’on se rend compte que la viande n’est non seulement pas nécessaire à la santé, mais nocive…

Asteure, donc, les journaleux, qui ont toujours un temps de retard, décident que bon le végétarisme c’est quand même une solution extrême, hein, il faut pas être sectaire, mais que en effet, ce serait peut-être, PEUT-ETRE, une idée pas trop mauvaise si des gens pouvaient commencer à baisser un tout petit peu leur consommation de viande.

Et de publier des articles un peu crêtins, genre « regardez la nouvelle tendance alimentaire », faisant l’apologie du flexitarisme, mais n’oubliant jamais de faire passer les végétariens pour des crêtins.

Ainsi, l’express titre:

« Le flexitarisme, végétarien mais pas trop »

Très ironiquement, l’article commence par cette phrase: « Outre-manche, on les appelle flexitarians. Bon pour la santé et la planète, ce végétarisme à temps partiel gagne du terrain« .

Ironiquement, pourquoi? Parce qu’outre manche, c’est le végétarisme qui gagne du terrain. Environ 6% des gens y sont végétariens (contre à peine 2% en France), et on y trouve des produits végétariens un peu partout. Londres est réputé être le paradis des végétariens, avec des restaurants réputés dans toute l’europe. J’ai déjà l’impression, en lisant ça, qu’il serait tabou d’oser prononcer les mots « le végétarisme gagne du terrain ». Comme un avoeu d’échec face à une défense acharnée et irrationelle de la viande.

 

Pour être bien certain de ne pas se mouiller à défendre ces marginaux qui ne mangent pas DU TOUT de viande, ces associaux que sont les végétariens, l’auteur de l’article n’hésite pas a asséner, péremptoire; « Nos néo-veggies à temps partiel ont sans doute plus d’avenir [en France] que les végétariens « officiels », perçus comme un ramassis de vieux babas sectaires.   »

Vlan, dans les dents. Ceci suivi d’une remarque à propos de l’Association Végétarienne de France qui ne compterait que 1000 adhérents. Procédé dégueulasse s’il en est, puisque le lecteur non averti et peu attentif en concluera qu’il n’existe que 1000 végétariens en France. L’article se garde de préciser que même les végétariens militants ne cotisent pas tous pour l’AVF, qui est d’ailleurs perçue par de nombreux vegans comme faisant l’apologie de l’ovo-lacto-végétarisme et donc de certaines formes d’exploitation animale.

Et la conclusion de ce torchon ira au « VU6 (Vegan until 6). Traduction: mangez strictement vegan chaque jour jusqu’au dîner, après, faites ce qut’il vous plaît. Nettement plus festif et convivial, non?   »

Ce qui est un parfait non-sens, étant donné que le veganisme consiste à boycotter tout produit provenant de l’exploitation animale, de l’oeuf au dentifrice en passant par les chaussures, la lessive et le mascara. On ne peut donc pas être vegan à certaines heures de la journée. En plus de ça, il y a des gens qui ne mangent de la viande qu’une fois ou deux par semaine, par habitude, et ils n’ont pas le toupet de s’assimiler à un pseudo-courant fashion « neo nouveau flexitaro vegetarisme ». Le « vegan under 6 » (quelle aberration!) c’est quand même manger de la viande tous les jours, ce qui est nocif pour la santé, et ce qui représente un gaspillage de millions de vies. Et il faudra qu’on m’explique en quoi c’est « festif et convivial » de manger de la viande, à moins d’être réjouis par les cris de l’agneau qui appelle sa mère et qu’on égorge.

 

Je croyais pouvoir dire « l’express m’a tuer », mais un torchon encore plus infâme d’e-santé.fr va encore plus loin en rebaptisant le flexitarisme « néo-végétarisme », sous-entendu: refuser de manger de la viande, c’est ringard. Et re-bam: « Fini le végétarien baba-cool des années 80, nourri aux algues et aux graines, maigre et surtout, carencé. » Qui a déjà vu un tel condensé de clichés dans une phrase aussi courte? Puis, tout étonnés, ils commencent à envisager l’idée que peut-être, être végétarien serait bon pour la santé, mais que, quand même, hein, pas tout le temps, ce serait sectaire.

 

C’est bien de manger moins de viande. Mais déjà, il faudrait pas prendre les gens pour des cons et on peut pas se dire végétarien quand on mange de la viande. Et d’autre part, le flexitarisme n’est généralement qu’une phase de transition vers le végétarisme, plus ou moins longue selon les gens. Une attitude flexitarienne ne peut en aucun cas être revendiquée comme une philosophie de vie ou un modèle. Cela consiste seulement à ne pas prendre position, à avoir le cul entre deux chaises.

 

J’aimerais demander à ces journalistes pourquoi ils pensent qu’il fut absolument manger de la viande.

J’ai l’impression en lisant ces articles que le seul intéret de manger de la viande c’est de maintenir une certaine cohésion sociale. « Regardez, je mange de la viande, je suis pas un végétarien, je fais encore partie de la société ». Même ceux qui n’aiment pas la viande doivent quand même se forcer à en manger un peu, pour faire genre. Et même ceux qui voudraient bien laisser vivre les animaux, qui les aiment et qui aimeraient les respecter, mangent de la viande, ho, juste un peu, seulement le soir, pour pas faire tâche dans le repas.

C’est d’une stupidité sans nom.

 

Et c’est drôle, quand on sait que:

Les végétariens sont plus heureux et épanouis.

Les végétaliens vivent en moyenne 6 à 10 ans de plus que le reste de la population.

 

Mais manger quand même un peu de viande de temps en temps, « ça fait bien ».

Ce flexitarisme n’est pas un « néo-végétarisme » mais plutôt un pseudo-végétarisme partiel mou du genou, par des gens qui n’ont pas le courage de s’opposer à la majorité, au nom du bon sens, de la compassion et du respect.

On tue des êtres sensibles, on bousille la planète, on se force, on s’abime la santé, juste pour ne pas passer pour des marginaux à table. Plutôt que de s’occuper de la manière dont notre steak a été produit, les larmes, la souffrance et les toxines qu’il contient, on s’interroge sur ce que pense de nous notre voisin de table. Et on mange le steak. Qui pensera à la souffrance de l’agneau?

 

Dans un monde plus petit et plus sombre que le votre, ils observent les hommes et attendent leur dernière heure qui viendra tôt, trop tôt. Ils ne voient la lumière que quand on les charge dans le camion de leur dernier voyage. Leur vie de souffrance s’achève ainsi. Une lame leur scie la gorge et leur dernier cri s’étouffe dans le sang. Mais surtout mangez-les, mangez-les… Sinon, votre voisin de table vous regardera d’un drôle d’air, et vous demandera:

« T’es végétarien? »

Et ça, ce serait terrible. P1050990.JPG

Je me dois pour conclure de rétablir une vérité qui est niée, elle aussi, par les auteurs de ces torchons: Le végétarisme gagne du terrain, dans toute l’Europe et même en France
. Et le végétalisme également. Mais ça, ça ferait mal au cul de l’admettre, on dirait.

23 réflexions au sujet de « flexitarisme »

  1. pfff, le flexitarisme, quelle connerie ! Ça fait tellement genre « il faut une nouvelle mode, un nouveau -isme » ! Et puis c’est débile comme « concept » ! Pourquoi pas se dire saladiste, parce que souvent on mange de(s) salade(s), mais des fois non ; patatiste, parce qu’on mange des patates, mais pas tt le temps.
    Déjà que je trouve ovo-lactco-végétarisme risible parce que le végétarisme inclut déjà par définition le lait et les oeufs, alors le flexitarisme, qui inclut tout mais pas tt le temps… (et je parle mm pas du pesco-végétarisme; pkoi pas viando-végétarisme !)

    Quant au fait d’assimiler convivialité lors d’un repas et morceau de viande, ça aussi c’est d’une stupidité sans nom ! La convivialité, elle se crée par la verve des gens autour de la table, pas par un morceau de mort au milieu !
    On a tous connu des repas avant d’être vg d’un ennui mortel, malgré le gigot sur la table !

    Le flexitarisme, c’est mm pas un pseudo-végétarisme, c’est rien, c’est du vent, c’est une pure connerie.

    Sans vouloir être sectaire, bien entendu ^^

    Quant à la perception et aux clichés sur les VG évoqués, si on peut les combattre au quotidien dans notre entourage, les médias ont aussi leur part à jouer, et c’est pas avec des torchons pareils qui se contentent d’écrire les clichés sans même les combattre, les contredire, mais bien au contraire qui les renforcent en présentant un « nouveau courant » moins effrayant pour leur viandisme qu’on va arriver à qqch… Torchons que ces journaux de merde !

    Désolé, je m’emballe, je m’emballe, mais face à tant de connerie, je peux pas faire autrement ^^

    • Clairement, le flexitarisme est un concept qui sonne creux… Et si c’est une philosophie, c’est celle des gens qui n’ont pas d’avis…

      Beaucoup de carnistes considèrent qu’il est déjà anormal de ne pas manger de viande à chaque repas. C’est une aberration supplémentaire. Comment peut-on être à ce point manipulé et empoisonné?

      Je comprend pas en quoi manger de la viande est convivial, sauf si certains hôtes ont un problème avec le fait de ne pas manger de viande, et là je considère pas que le problème soit l’absence de viande. On va pas faire nos habitudes alimentaires en fonction des problèmes des gens. Des problèmes qui ne sont pas les notres. Mais il faut se faire bien voir… Hé ben allez vous faire voir…

      Par contre le végétalisme est appelé en anglais « strict vegetarism » et l’intégration de lait ou d’oeufs dans un régime végétarien dépend des cultures (en asie, les oeufs ne font pas partie d’un régime végétarien).

  2. OK pour l’ovo-lacto végétarisme, en considérant qu’on peut être lacto- ou ovo-VGR, et que donc à la limite, préciser les 2, je veux bien. Je savais pas que VGL se disait strict vegetarian en EN, je pensais que c’était vegan. J’ai bien fait de venir, tu m’as appris un truc ^^

    Par contre, je suis pas d’accord avec ta phrase « on va pas faire nos habitudes alimentaires en fonction des gens.  » On la fait bien en fonction des non-humains ! ;)
    Mais je dis ça juste pour déconner, parce que j’ai parfaitement compris ce que tu voulais dire (et que je suis d’accord, qui plus est). :) Par contre, un non-VG risquerait de te répondre ça sérieusement. Sois prête ! (mais je me fais pas de soucis pour ça)

  3. L’article sur le bonheur des végés est à prendre avec des pincettes. D’abord, il affirme que les végés ne consomment pas d’oméga 3, et ensuite, a porté sur des végétariens « à 80% ».

    • Oui enfin tout le monde dit que les végétariens ne consomment pas d’omega 3, c’est une croyance. Malheureusement, je n’ai que cet article sous la main, intuitivement il est clair pour moi que les végétariens sont plus épanouis, mais peu d’études viennent vérifier cette intuition… Ca ne doit même pas traverser l’esprit des gens. Je pense que dans cette étude ils s’attendaient à un résultat contraire.

  4. Concernant le bonheur, ça ne prouve que le fait que les adventistes du 7ème jour prétendent plus être heureux. Faudrait voir avec les témoins de Jéhovah, les pastafaristes et ceux qui viennent de réussir leur régime hyperprotéiné avant de trancher…
    ^^

    • Ceux qui viennent de réussir leur régime hyperprotéiné, c’est à dire, avant qu’ils reprennent tout ? :p

      Rien ne prouve rien de toutes fa!ons, si on veut être scientifiquement rigoureux. Mais on peut avoir de bonnes raisons de penser que.

  5. Ces papiers à la con, inepties au carré, soulignent bien sûr A CONTRARIO que le végérarisme gagne du terrain car quand une tendance est marginale, l’ordre en place n’en parle pas.
    C’est justement parce que le végétarisme s’installe, que la conso de barbaque diminue année après année dans les foyers français, que ces torchons, achetés par les lobbyistes de la filière viande, caricaturent les VG et autres Végans.
    En France, le rapport à la bouffe carnée est pervers, d’où le retard par rapport à l’Angleterre où, surtout, les communautés indienne et pakistanaise sont porteuses et favorables culturellement aux VG.
    En France, on a plus de mal : regarde le débat sur la viande hallal…

    • Ouais c’est facile de faire passer les végétariens pour des cons sectaires…

      Je comprendrai jamais ce que la bidoche a de si important…

      Qu’importe, le stand du CIV tous les samedis sur la place de la comédie est pour moi le signe de son déclin.

  6. Après avoir ri avec « tes » araignées qu’on mange, souri avec « le graphique », voilà que j’ai le ventre noué à la lecture de ton récit de toute cette propagande inepte. Je vais mettre en lien ton article dans mon blog, sur ma page O.V.S., le partager via Facebook et le transmettre à ma liste courriel : je le trouve puissant et nécessaire ! Je compte aussi le citer dans un essai que j’ai écrit, qui est actuellement chez divers éditeurs, et qui s’intitule « Le cri de la carotte – Aventures gauloises d’une végétarienne » (mais je suis végane, hein).
    Bien sûr, si tu n ‘es pas OK, dis-le moi !
    Bravo en tout cas et au plaisir de te lire et découvrir encore, prochainement !
    Sandrine

  7. Autant certains domaines appellent à nuances, autant sur ce sujet, on pourra inventer 36 néologismes (préfixes : pesco, ovo, lacto etc), il n’y aura que deux extrêmes : avec ou sans convictions.

    Mais je respecte le flexitarisme en tant que transition vers le végétarisme. Car dans une lutte comme l’abolitionnisme, il n’y a pas d’obligation de résultat (virtuellement impossible), mais une obligation de moyen; et c’est tout à fait honorable de conserver quelques ingrédients non végétariens pendant quelques temps avant de le devenir véritablement.

    Mais je sais bien que c’est facile de les transformer en tête de turque à l’approche de l’époque de Noël, période bourrée d’exceptions pour un flexitarien, précédée du carnage pour préparer la foie gras et toute la barbaque que les français vont consommer bientôt.

    Mais personnellement, mon végétalisme, ou véganisme récemment, ne m’a pas rendu plus heureux … l’article n’a aucune déontologie : à grand coup de sondage et de pourcentage on ne peut pas essayer de jauger le bonheur d’une part non-représentative de la population veggie. D’ailleurs, comment quantifier le bonheur ? Les « études » comme, ça se sert en tranche sur une discussion pour prouver n’importe quoi sur n’importe quel sujet, surtout quand il n’y a aucune source des papiers en question.

    • Moi je suis plus heureuse depuis que je suis végétarienne et encore plus depuis que je suis végétalienne…

      Est-ce étonnant? on ne peut trouver l’épanouissement qu’en se respectant, en étant en accord avec soi-même. Les gens font n’importe quoi, ils sont passifs, laissent les autres décider pour eux, c’est pourquoi ils sont malheureux. Ce ne sont pas les carottes qui rendent heureuse, c’est l’essence libertaire du véganisme qui permet de s’approcher du bonheur.

  8. Tu généralises en disant que « Les gens » sont n’importe quoi, sont passifs, laissent les autre décider pour eux, et sont donc malheureux ?

    Le libertinage, tu peux le trouver partout … en art principalement ! Le libertinus, par définition éthymologique, est l’esclave libéré; et ce libre arbitre peut impliquer la consommation de viande par choix.

    C’est quand même sidérant de constater à quel point « Les gens » se sentent sauvés par le mode de vie qu’ils choisissent. Une espèce d’auto-psychanalyse pour se conforter dans leurs choix, assumer leurs marginalités face à la normalité.

    « C’est grâce à TATATA que je me sens mieux maintenant … » Je ne te dis pas le nombre de fois que je l’ai entendu ce couplet ! Et pas venant que de végétariens. On vous sortira tout pour justifier des modes de vie divers et variés, mais finalement, il s’agit surtout de l’assumer, pas de clamer haut et fort « Grâce à TATATA, ma vie est tellement meilleure ! »

    Même en tant que végétalien, il faut prendre du recul par rapport à tout ça.

    • Je pense sérieusement que quand on fait des choix de vie ils nous rendent plus heureux. Sinon on ne les ferait pas. Je ne vois pas ce qu’il y a d’illusoire là-dedans, c’est simplement logique.

  9. Quand c’est simplement logique, simplement rationnel, c’est simplement démontrable, autrement que par une intuition. C’est ça la logique : de la rhétorique, des propositions, des combinaisons de propositions.

    Les intuitions du style « J’ai la conviction que …/Je pense sérieusement que … » ferment généralement la discussion, parce qu’elles n’appellent d’autres réponses que « Oui, c’est cool pour toi ;) ».

    Alors, oui, c’est cool pour toi que tu en sois persuadée :)

    Ça me fait un peu penser à une fin de discussion avec un omnivore :
    « Oui, mais moi je préfère la viande donc voilà … »
    « Ben c’est cool pour toi. »

    Et c’est un peu une démonstration par l’absurde que tu me fais là, mais tu te bases sur le fait que tous nos choix sont guidés de logique, et nous amène forcément là ou on veut : au bonheur.

    Or le bonheur, est une construction de longue haleine, et tant est que ton végétarisme y apporte pierre à sa construction, il ne s’agit ni plus ni moins que l’une des pierres de l’édifice. Est ce que tu as réfléchi sur ce qui te rend heureuse dans la vie en dehors de ton végétarisme ? Car c’est un peu ce que je reproche aux végétariens (comme à d’autres minorités marginales) : ils ont trop le nez dans le guidon pour s’abstraire de leurs conditions et avoir une véritable réflexion empreinte de recul.

    Au bout d’un moment, j’ai l’impression que (bon ok, c’est très subjectif) les végétariens ne sont pas si libertins que ça … guidés par un Dogme qui les pousse à sur-croire en leurs convictions, à se considérer supérieurs par rapport aux omnivores, plus intelligents surtout. Et on sait tous les deux que c’est faux : il suffit de lire quelques débats sur vegeweb pour se rendre compte que ce ne sont pas forcément des lumières :)

    • Tu t’attaches à la forme de ce que je dis (ignorant qu’elle puisse être maladroite?) et tu oublies le fond. C’est complètement évident que faire des choix éclairés et libres rend heureux, ce n’est pas seulement une conviction personnelle.

      Y a quand même eu une autre étude qui a montré que les enfants au QI plus élevé avaient davantage tendance à devenir végétarien. Position socio-économique? Peut-être. Mais le fait que les végétariens soient « plus intelligents » me semble fonder. Déjà, pour devenir végétarien, il faut réfléchir, alors que manger de la viande ne demande aucune réflexion personnelle, aucune remise en question. Ca n’empêche pas qu’un omnivore lambda peut être plus intelligent qu’un végétarien lambda, évidemment… Et ça ne veut pas dire que l’intelligence fait tout… Mais si on est pas capable de remettre en question un dogme, ou de réfléchir à son comportement, on ne peut pas devenir végétarien.

  10. Bien-sûr tu exprime tes idées maladroitement : tu me fais l’amalgame extrêmement facile entre la rigueur de discours et l’excès de forme. Puis, pour les autres, il n’y a pas de fond non plus dans des paroles qui ne sont soutenus que d’opinions, fussent elle soutenues avec fermeté (dans ce cas là il s’agit surtout de les clamer haut et fort comme argument d’autorité).

    Mais comment veux tu faire circuler une idée de fond, si ton argumentation est inexistante ? Tu es dogmatique sur ce point.

    Je t’avouerai que j’ai même envie de mépriser le « C’est complètement évident ». On impose pas une vérité comme ça dans un débat sous le seul prétexte que c’est une intuition ou qu’il s’agit d’une « évidence » (la preuve de cette évidence, limite tautologique, est elle si évidente que ça ? J’en doute, sinon tu l’aurais exposée). D’ailleurs, c’est le minimum de déontologie à avoir quand on tient un discours visant à expliquer.

    De plus, quand on veut faire comprendre un concept, ou exposer un point de vue, il est nécessaire faire explorer à l’autre tout le cheminement logique qui t’a amené à telle ou telle conclusion … comment veut tu faire assimiler quoi que ce soit en prétendant juste que c’est évident, parce que ça te semble ainsi ! C’est de la Mauvaise argumentation.

    Et sur ce coup, tu as la même qualité argumentative que les propagandistes du CIV : ie. balancer des « il y a une étude qui dit que » sans sourcer, poser des vérités sans les expliquer, se contenter d’un raisonnement bancal et de « peut être »s.

    Evidemment, c’est moins évident, mais j’aimerais que tu aies un peu plus de rigueur … car comme tu dis :
    « Mais si on est pas capable de remettre en question un dogme, *ou de réfléchir à son comportement*, on ne peut pas devenir végétarien. » Peut être es tu trop impliquée par ce que tu dis.

    Après tout, les opinions exprimées, c’est la branlette intellectuelle pour ceux qui veulent débiter des mots sans avoir à les justifier, et l’utilité en est purement égoïste. Et c’est justement parce qu’on a rien dans nos sacs, qu’on se permet d’en avoir d’ailleurs …

    Je m’auto-cite parce que c’est en rapport avec le sujet :
    « Il existe donc plusieurs niveaux de convictions en une vérité allant d’une vague opinion à un savoir, mais tout ce qui n’est pas savoir n’a quasiment aucune valeur philosophique, hormis celle de guérir, par effet placebo, notre peur maladive de l’inconnu. »

    Le raisonnement limpide, clair comme de l’eau de roche, le discours parfait, c’est celui abstrait de toute subjectivité (et là, c’est en tant que mathématicien que je parle) … et les opinions, comme les certitudes n’ont rien à y faire hormis à t’empêtrer dans un fatras abscons aussi bien pour toi que pour les autres, à accepter les contradictions dans tes dires, et à soigner l’ego.

    Tout dépend ce que tu met en jeu dans cette discussion : « Avoir raison » ou « Apporter quelque chose » ?

  11. Bonjour !

    J’ai découvert ton blog (on peut se tutoyer ?) récemment via Insolente Veggie, et j’avais envie d’apporter un éclairage différent.

    Je ne mange plus de viande depuis 12 ans, mais toujours du poisson. A l’époque du début de ma réflexion, j’étais plus préoccupée par le bien être des mammifères que celui des poissons,et ça me paraissait pas mal.

    Or, ceci a un revers: Quand je vais manger chez des gens, on me fait souvent du poisson « pour que je mange quand même quelques chose » (comme si les végétaux ne suffisaient pas … Plus ça va et plus je demande à ce qu’on ne me fasse rien du tout, mais ça passe encore mal dans la famille), et quand je vais au restau (n’importe quel restau « normal », sans plat VG, à mon grand regret) avec des collègues, il comprennent mal que je demande un plat VG alors que je ne suis pas vraiment VG. (Ca m’apprendra à leur expliquer que non, un végétarien ne mange aps de poisson… :)

    Aujourd’hui, je souhaite réduire ma consommation de poisson. Je pense que tu n’approuves pas réellement, mais pour le moment, je n’envisage pas de la stopper de façon définitive. Pourquoi ? Par goût. Je reconnais que ça n’est pas logique comme argument, et que ça ne prend pas en compte la souffrance de l’animal. J’en conviens, mais je préfère manger des sushis non-VG une fois tous les deux mois que de rester VG pendant deux ans et de craquer. Je sais que c’est pas vraiment bien, alors peut-être effectivement que c’est une phase de transition ?

    Quoiqu’il en soit, pour le moment, je n’ai pas de mot pour « me définir », ce qui est ennuyeux pour porter le débat (et pour moi, c’est aussi un des buts de mon semi-VGtarisme). Alors, je trouve que ce flexitarisme, c’est un bon début.

    Pour moi, et pour tous les gens qui se posent des questions sans vouloir se jeter à l’eau tout de suite.

    Et si comme tu dis ça ne peut être qu’une transition, disons-en du bien, après les ex-omnivores seront piégés et ne pourront plus ne pas réfléchit … mouhahahah !

    • J’ai relu mon article plus récemment et je me suis fait la réflexion qu’il était un peu sec à l’encontre du flexitarisme. Mais le fond de ma pensée n’était pas de critiquer le flexitarisme en lui-même. Je voulais simplement m’en prendre à ces journalistes qui croient avoir découvert « LA nouvelle tendance » en parlant de flexitarisme, et qui n’osent pas parler de végétarisme parce que c’est trop « extrêmiste » à leur goût, alors que c’est évident que le végétarisme monte en flêche. Ils n’osent pas en parler, refusent catégoriquement de se mouiller (ce que je trouve nul, pour des journalistes) et contribuent à faire passer les végétariens pour des cons, tout en essayant de faire croire qu’ils sont à la pointe de l’info. Ils sont ringards.

      De plus, contrairement à ce que j’ai écrit, le flexitarisme n’est pas QUE une transition pour amener au végétarisme. Mais il peut l’être.

      Quoi qu’il en soit, je me suis mal exprimée. Je pense que le flexitarisme est une excellente chose (du moins comparée à l’omnivorisme), si plus de monde était flexitarien, ce serait une grande avancée. Une petite voix me dit que c’est « mal » de céder à la pression sociale, mais en même temps, je suis la première à dire que la seule chose qui n’est pas évidente dans le végétarisme, c’est la marginalisation dont on devient l’objet. Aussi, il est normal que des gens deviennent flexitariens, et je trouve ça déjà bien.

      En plus, j’ai été flexitarienne (pendant une semaine!) et j’ai même arrêté le poisson au moins une dizaine de jours après la viande, comme quoi…

      Enfin, quand je suis devenue végétarienne, certaines personnes de mon entourage sont devenues flexitariennes, et je trouve ça bien.

      De toutes façons, le végétarisme doit venir de soi (tout comme le véganisme) et pas de choses extérieures qu’on se laisse imposer. Donc l’important pour toi c’est de continuer à mener ta propre reflexion et de le faire sans te sentir jugé par les uns ou les autres.

  12. Je te rejoins sur le triste constat que de nombreux journalistes prennent les non-omnivores pour des cons, des utopistes, et des gentils -mais un peu bêtes- fumeurs d’herbes qui font rire. Effectivement, comme pour tous les sujets polémiques (le non désir d’enfant en est aussi un gros), la majorité des journalistes, qui n’ont pas ressenti le besoin de se pencher sur eux-mêmes, se comportent comme des omnivores/reproducteurs défendants.
    N’empêche, j’ai grâce à toi trouvé un mot qui me va bien et qui me permettra de partager plus facilement mes réflexions avec les gens qui mangent avec moi ;)

    J’en profite pour te dire que même si je ne suis pas (encore ?) abolitionniste, j’ai enfin compris pourquoi les vegans ne consomment pas de miel et n’utilisent pas de laine, et je trouve ce point de vue très très intéressant.

    Alors merci, et à très bientôt !

Les commentaires sont fermés.