« Je le fais pour moi-même »

Pour moi-même et personne d’autre, je me maquille, je me démaquille, je met un masque pour éviter que ma peau s’abîme trop à cause du maquillage, de la clope et du vieillissement.

Pour moi-même et personne d’autre, j’arrache chaque poil de mon corps à la cire, à l’exception des cheveux et des sourcils. Ca fait mal, mais il faut souffrir pour être belle.

Pour moi-même et personne d’autre, je porte des talons qui impriment à ma démarche ce mélange de grâce et de maladresse qui la font immédiatement qualifier de féminine. Mes pieds ont mal, mon dos est cambré, rehaussant mes fesses d’un galbe précieux aux regards, et je sais que je finirai par avoir des problèmes de dos. Mais je le fais pour moi-même.

Pour moi-même et personne d’autre, je fais des régimes, je m’affame, je me gave de soupe aux choux, de régime Dukon à base de son d’avoine et de blanc de poulet à la vapeur. Pour moi-même et personne d’autre, je me pèse et mesure mon tour de taille. Je m’achète de jolis jeans en 38, en 36, afin de me motiver de pouvoir y entrer un jour. On m’a bien dit que le régime Dukon était dangereux, mais le Docteur Dukon m’a promis un joli ventre plat et de longues cuisses fuselées. Pour moi-même et personne d’autre, c’est ce que je désires plus que ma santé.

Pour moi-même et personne d’autre, je vais chez le coiffeur, je colore, décolore, recolore, cache le moindre cheveux blanc. Pour moi-même et personne d’autre je me paye des scéances d’UV ou des sessions cancer de la peau à la plage. Pour moi-même et personne d’autre, je porte des soutien-gorges pour éviter que ma poitrine ne balance trop, tout en la réhaussant pour arborer un décolleté enviable. Pour moi-même et personne d’autres, mes strings en dentelle m’irritent le minou et me rentrent dans le fion quand je m’assied précautionneusement – parce que je porte une jupe, pour moi-même et personne d’autre. Pour moi-même et personne d’autre, cette jupe est soigneusement étudiée pour n’être ni trop longue, ni trop courte.

Pour moi-même et personne d’autres je jauge mon image dans le miroir. Je m’évalue. Suis-je assez belle?

Pour moi-même et personne d’autre, je me compare aux images de magazine.

Pour moi-même et personne d’autre, parce que je ne me plais que comme ça. Je ne me plais que dans cette image de femme sexy, de déesse désirable.

Toi qui dis faire tout cela pour toi-même et personne d’autre, parce que c’est ainsi que tu te plais… Tu me fais doucement rire. D’un rire très amer, parce que je partage ta souffrance. Parce que je te vois et je te regarde, mais pas comme on voudrait qu’on t’admire. Si j’admirais quelque chose chez toi, ce serait ta capacité inouïe à garder le sourire malgré tout ce que tu t’infliges « pour toi ».

Mais je sais aussi que tu refuses de parler de souffrance. C’est vrai, il y a souffrance et souffrance. Tu dis ne pas souffrir quand la cire ou la pince arrachent tes poils, quand les talons déforment tes pieds et ton dos, quand la soupe aux choux affame ton ventre pourtant toujours plus rebondi que sur la couverture de Elle. Cette souffrance est, à tes yeux, saine et normale; aussi, on ne peut pas réellement l’appeler souffrance. Tu souffres, oui, mais intérieurement, de ne pas être à la hauteur, parce que ton ventre n’est pas assez plat, tes poils repoussent trop vite, tes seins sont trop gros ou trop petits, tes fesses sont trop grosses ou pas de la bonne forme, ta peau n’est pas assez lisse, ton visage pas assez enfantin, ton corps transpire et ton odeur n’est celle du gel douche tahiti que quelques heures après que tu t’en sois intégralement aspergée, pour redevenir une odeur humaine.

Et la seule souffrance à laquelle ton cœur se serre encore, quand on te parle de ça, c’est d’être encore moins à la hauteur. C’est de ne plus porter de talons, que ta démarche redevienne presque asexuée; c’est de laisser entrevoir quelques poils sur tes jambes. C’est d’apparaître sans khol autour des yeux, sans gloss sur les lèvres. C’est de grossir. C’est de ne plus avoir de joli décolleté à montrer. De ne plus être belle, sexy, désirable, que plus personne ne se retourne sur toi dans la rue, ou pire, que des rires étouffés saluent le duvet de tes jambes. Que ton amant se détourne de ton sexe visiblement pubère.

La souffrance à laquelle ton cœur se serre encore, c’est d’être la banale, l’invisible, ou pire la laide, la mocheté. C’est celle de ne plus être « femme ».

Mais qu’est-ce qu’être une femme?

Toi qui dis faire tout cela pour toi-même et personne d’autre, toi qui veux être femme, t’es-tu jamais demandé pourquoi être femme, c’est être femme désirable au regard masculin? Ne t’es-tu jamais demandé pourquoi tu ne peux te plaire que dans cette image-là?

Tu sais, il y a pire que s’épiler, se tartiner la figure de produits chimiques, porter des chaussures inconfortables, passer des heures dans sa salle de bain, s’affamer de régimes en régimes, et refuser de paraître autrement que le plus proche possible d’une norme étrange, exigeante et changeante. D’après moi, la pire chose qu’on puisse infliger aux femmes, ce n’est pas de leur faire faire toutes ces choses. Le pire de tout, c’est de parvenir à les convaincre qu’elles ne le font que pour elles-mêmes.

192 réflexions au sujet de « « Je le fais pour moi-même » »

  1. Bravo et merci ! Article très juste. Il y a quelque jour je me  »battais » avec une amie qui elle aussi croit s’épiler  »pour elle ». Je lui ferais lire cette article !

  2. Nous devons lire ce texte partout aux hommes d’abord pour qu’ils mesurent la gravité de leur crime à se voir servis par les femmes

    • Article très inintéressant et très juste. Par contre je ne suis pas d’accord avec certains commentaires qui insinuent que les femmes s’infligent ça à cause des hommes, qu’il faudrait montrer cet article aux hommes etc. Les hommes aussi sont esclaves de la société : ils se rasent, commencent aussi à s’épiler, se parfument, vont chez le coiffeur, font également des régimes. Bref eux aussi tentent de répondre aux normes, Certes, ils souffrent peut-être moins, ou alors peut-être l’expriment-ils moins ? Mais au final c’est la même chose. Si tu demande à un homme « Pourquoi tu te rases ? » il te répondra probablement que « c’est pour lui »

      • Je crois que tu n’as pas conscience de ton propre privilège en tant qu’homme et qu’avant de dire « moi aussi moi aussi moi aussi », tu devrais prendre conscience que prendre soin de son apparence c’est totalement différent pour une femme que pour un homme. C’est même pas comparable en fait.

  3. Comme me dit mon copain, quand parfois – oui oui je le confesse – je me plains de mon physique (« j’ai grossi ouin ouin ») : c’est pas toi qui te voit, donc tu t’en fous ^^

    C’est vrai que notre apparence est ce qu’on offre aux autres (à part rester sa journée devant la glace), donc bon, j’ai du mal à croire que c’est pour nous vraiment qu’on la soigne…
    On le fait pour être aimée des autres.

    • Oui, les réactions sont assez effarantes, surtout venant de féministes affirmées… Même moi qui ne suis qu’un homme, et qui n’ait qu’une connaissance lacunaire du féminisme, ce genre de codes/clichés socialement imposés, ils m’ont sauté aux yeux dès l’adolescence…

      Les plus effarant, en fait, c’est de voir qu’elles confirment parfaitement le texte avec leurs commentaires, et ne sont même pas capables de voir à quel point elles l’illustrent si bien…

  4. Un très bon article sur la différence nature/culture (de mon point de vue).
    En plus j’adore les anaphores ;-)
    Bon après pour moi même je prends des bains et j’adoreeeeeeeeeeeee faire ma belle (avec ou sans « artifices »).
    Je le ferai lire à mes soeurs qui ne comprennent pas pourquoi la plupart du temps je me fous de mon apparence.

  5. Moi si je me débarrasse de mes poils ce n’est pas pour moi et je le sais (c’est pour mon amoureux, à qui ça plait, qui fait lui aussi des efforts pour moi – parce qu’être en couple c’est savoir faire des choses qui ne nous plaisent pas pour l’autre). Par contre, faut pas abuser, je rase plutôt que d’épiler à la cire, même si ça fait des poils incarnés et des repousses moches : je ne supporte pas la douleur de l’épilation à la cire et j’ai mes limites.

    Le maquillage, c’est pour moi, si je n’ai pas envie, je sors sans. Mais je me trouve plus jolie avec, tout comme je me trouve plus jolie avec les cheveux lissés et colorés. Et c’est ce qui compte au final non? Que je me plaise, à moi.

      • Lorsqu’elle dit « parce qu’être en couple c’est savoir faire des choses qui ne nous plaisent pas pour l’autre »

        Oui! J’espère qu’elle plaisante!

        Hé la la… moi qui croyais qu’il fallait être aimée pour qui on est… me serais-je trompée?

        • Une femme jalouse peut-elle être aimée comme elle est ? Pas sûr si ça crée de la souffrance chez l’autre et que la dite femme ne pige rien à la problématique car son comportement lui semble tout bonnement naturel.

          Il faudrait faire évoluer la vision de la femme jalouse mais ainsi on perdait son unicité, et ce ne serait plus de l’amour !? ^^’

    • Peut-être devrais-tu t’interroger sur la raison pour laquelle tu te trouves plus jolie « avec » du maquillage, par exemple…

      • oh la vache!!!! mais il est hors de question que je fasse ce que je n’aime pas, « pour l’autre »….

  6. Ca c’est envoyé cash!
    Ce que tu dis est juste et j’apprécie…et pourtant je me reconnais tellement dans toutes ces attitudes « féminines », du moins je me reconnaissais… Les années ont passé, le corps a dû encaissé les coups (bas) qu’on lui a infligé… Avec le temps, la tête change aussi et là je ne parle plus d’apparence…

  7. En espérant que celles qui en ont le plus besoin le liront, ce texte. En espérant aussi que celles qui en ont moins besoin le liront, parce que ça fait toujours du bien de se souvenir.

    Il faut se souvenir d’où l’on vient, sans quoi la marche peut être longue ou pire, on peut s’égarer en cours de route. Il faut se souvenir qu’on est nombreuses à être femmes, nombreuse à souffrir pour être belles, nombreuses à porter sur nos épaules et dans nos corps les oppressions patriarcales.

    Ça crinque l’indignation, c’est bon.

  8. Ping : « Je le fais pour moi-même » | Les Questions Composent | Féministes tant qu'il le faudra | Scoop.it

  9. Ping : Pour moi-même… ou pas | Esquisse

  10. Chouette article ! Qui me rappelle une petite discussion que j’ai eu il y a peu avec mon cher et tendre. On parlait du fait que je me maquillais vraiment pas souvent. Et il m’a dit « tu sais, quand tu te maquilles, je vois pas trop la différence en fait. T’es jolie de base, et comme le maquillage que tu mets est léger on a juste l’impression que t’as les lèvres plus rouge, mais c’est tout ».

    C’est tout, qu’il a dit.
    Alors que moi, j’avais l’impression de changer du tout au tout une fois maquillée. Du coup, j’ai commencé à faire un travail sur moi-même : à m’enjoindre à m’aimer (même pas à me trouver belle en fait, juste à m’aimer) sans artifices. Devinez quoi ? Je me sens bien mieux dans ma peau depuis que je fais ce travail intellectuel. A tel point que des fois, j’arrive à être coquette… Sans maquillage ! \o/

  11. ouai… bof, désolée… je m’épile et mon mec aussi, parce qu’on aime pas les poils voilà tout !!! pour le reste il se fait beau et je me fais belle, pour soi et pour l’autre… sans doute pas que pour soi mais aussi pour soi. cet article sent le vieux féminisme à maman, désolée les filles !!! si vous ne voulez pas vous maquillez ou autre rien ne vous y oblige en fait (à part le marketing outrancier de notre société de consommation qui joue que l’envie des gens, et pas que des femmes, de séduire). pas d’obligation de trouver mari, mais avant non plus en fait, ce qu’on appelait les vieux garçons et les vieilles filles. la pression de la beauté physique touche aussi les hommes et même de plus en plus en publicité marketing ils sont en train de devenir une cible comme une autre de notre société de consommation. et on ne vit au travers du regard de l’autre que si on le veut bien, question de personnalité aussi ! enfin bien plus d’hommes que vous ne le pensez n’aiment pas le maquillage et préfèrent les filles naturelles… à force de faire dans les généralités on tombe dans l’idéologie qui est tout sauf libératrice ! amitiés féministes

    • Aha, le « vieux féminisme à maman », ah oui celui où on jette son rasoir, et brûle son soutif. Nan parce que le nouveau féminisme des jeunes d’aujourd’hui (éh, faut savoir être moderne !) c’est celui où on se fait entuber, et on en redemande, avec le sourire.

      • Ouais, le vieux féminisme à maman, c’est le féminisme intolérant, misogyne, totalitaire, qui hait les femmes stupides et grégaires qui ne pensent pas de la même façon.
        Cet article sent la haine et le mépris, et ça ce n’est pas une forme de féminisme très évoluée, désolée…

  12. Bon article, et jolie analyse ! Toutefois, même si -je suis tout à fait d’accord avec le fait que- nous faisons toutes ces choses pour nous conformer à une norme basée sur le regard des hommes, je pense qu’à partir du moment où on en est conscientes, la donne est différente. Si on a déconstruit ce schéma, on est libres de se l’approprier, et cette fois : pour nous. Non ?
    Quand je me maquille le matin, j’affirme justement mon droit à avoir une apparence « féminine », parce que c’est moi qui en prend la décision réfléchie. Je ne me sens pas enchaînée par le patriarcat. Ca ne m’empêche pas d’être féministe. Je pense que la féminité est un jeu, libre à chacune d’en inventer les règles.
    Que dire alors des slut wlaks ? Pour moi c’est une manière d’affirmer notre droit à choisir notre apparence, tout en rejetant la violence machiste qui va avec.

    • Rien que le fait de s’appeler « slut » est déjà une violence machiste, même si c’est de l’auto-dérision. Je l’ai déjà dit ailleurs sur le blog: revendiquer le droit d’être sexy, c’est revendiquer le droit de faire ce pour quoi on est formatées. C’est bien de revendiquer ce droit, mais sans oublier que c’est d’une certaine façon mettre son corps (au moins son image) à disposition d’autrui, et plus particulièrement des hommes et de leur regard. L’image de la femme sexy est une image voulue et désirée par les hommes.
      De la même façon, je suis d’accord avec le fait qu’on a « le droit de se prostituer », mais se prostituer est une violence. Il faut faire attention à quels droit on revendique. Certains droit sont le droit de se mettre au service des hommes, et je pense que tant qu’on s’arrêtera à ces droits-là sans aller plus loin, on ne pourra pas éradiquer la violence misogyne.

      • Au contraire, c’est une volonté de se le réapproprier. Je comprends parfaitement ton point de vue, mais… Je ne suis pas d’accord ! De la même manière, tu vois la prostitution comme une violence en soi, pas moi. C’est toujours la même question qui divise les féministes… C’est aussi ce qui fait la richesse du féminisme.
        Pour moi, s’approprier la « féminité » comme ça nous chante n’est pas revendiquer un « droit de se mettre au service des hommes », c’est justement interroger la domination et la renverser à notre avantage.
        Et revendiquer ce droit là ne veut pas dire qu’on « ne va pas plus loin »…. Fort heureusement.

        • Se reapproprier en faisant ce qu’il faut pour plaire aux hommes ? Mouais bof. La putain comme la mere est au service du patriarcat. Ça ne veut pas dire qu’en étant mere ou qu’en étant désirable on est forcément soumise. Mais toutes ces injonctions a modifier son apparence sont… Des injonctions. Autant de chaînes, autant de règles qu’on est récompensées si on les
          Suit, punies dans le cas contraire. Être « la moche » n’a rien de vivable.

      • Et par « renverser la domination à notre avantage », je ne veux évidemment pas dire dominer à notre tour. Histoire d’éviter tout malentendu ;)

        • A mon avis une domination ne se renverse pas (surtout en adoptant ses codes) et il n’y a aucun avantage a en tirer. Elle se combat et s’abolit.

      • Chut, tais-toi, l’elfe.
        Je suis bien content d’avoir toutes ces esclaves à disposition qui courent se cacher au fond de l’enclos chaque fois qu’on entr’ouvre un peu la barrière. C’est beaucoup plus facile pour moi comme ça. Je peux même redorer mon image en leur proposant de les libérer, elles refuseront et me seront d’autant plus reconnaissantes, me verront comme un héros, et me supplieront de les dominer encore plus.
        J’ai vraiment rien à craindre.

        Aaaah, c’est cool d’être un homme… -met les pieds sur le tabouret; s’ouvre une bière et allume la télé-

          • Oui, c’est de la provoc’ , même si c’est malheureusement la réalité.
            Depuis plusieurs mois, je constate avec tristesse (généralement en discutant avec des carnistes… mais il y a énormément de similitudes) que le truc le plus incroyablement difficile à faire, pour un humain, c’est sa propre remise en question.

          • Et sinon, j’ajoute : Je suis moi aussi victime d’un certain nombre de codes sociaux, en tant qu’homme, mais surtout en tant qu’humain (puisque la pression des codes esthétiques sur le corps de femmes me semble laaaaaargement plus imposante que sur celui des hommes). Sauf que j’accepte de dire que je les suis parce que céder à la pression me simplifie la vie en société, ou parce que je les ai intégrés au plus profond de moi-même dès l’enfance (Par exemple : la pudeur. Ainsi que la peur de marcher sans chaussures, sauf sur les plages.), et non pas parce que je les ai « choisis », ou parce que je le fais « pour moi-même ».

      • Tout à fait d’accord avec le fait que le souci de l’apparence est très largement lié « aux autres » et pas vraiment à soi-même, en revanche, il ne me semble pas que ce soit exclusivement pour les hommes, dans la mesure où nombre de lesbiennes font la même chose. J’imagine qu’il a déjà été théorisé qu’il s’agissait d’une forme de dérive liée à la reproduction des rapports hétérosexuels, mais ça ne me semble pas être une explication viable. Maintenant, je n’ai pas lu de telles analyses, donc je ne peux pas vraiment juger de leur éventuelle pertinence…

        • Sans avoir étudié la question de près, je pense qu’il serait un raccourci de dire que les femmes font tous ces efforts « pour les hommes ». Quand elles disent « je le fais pour moi », elles ne mentent pas, elles sont sincères. Mais
          1) quand « pour soi », on fait des efforts sur son apparence (quels qu’ils soient, qu’ils soient jugés excessifs ou non – même comme je disais, se passer un coup de brosse ou vérifier qu’on n’a pas un bout de persil entre les dents), c’est pour plaire aux autres qu’on le fait, pour être aimé ou du moins accepté sur la base de son apparence. (je pense que ça n’a rien de malsain en soi, ça le devient par exemple quand on ne peut pas se montrer sans maquillage ou épilation).
          2) elles le font « pour elles-mêmes » dans la mesure ou elles ont intégré le regard masculin et les normes construites dans un monde d’hommes. Donc elles ne SE plaisent à elles-mêmes que dans l’image d’une femme sexuellement désirable, et cette image est soumise à des normes qui ont été construites socialement dans un monde dominé par les hommes hétérosexuels. (ce qui ne veut pas dire que chaque homme hétérosexuel aime les filles minces/épilées/maquillées etc, ça n’a rien à voir).
          Donc ce regard masculin est omniprésent, même quand il n’y a pas d’hommes. D’ailleurs, pour ce qui est de l’épilation par exemple, il me semble que les femmes se surveillent beaucoup entre elles (« t’as vu, elle est poilue, berk, quelle horreur »). Se montrer poilue devant des femmes est peut-être encore plus gênant que devant des hommes, tellement elles ont profondément intégré la norme du glabre.

        • Dans avoir étudié la question de près, je pense qu’il serait un raccourci de dire que les femmes font tous ces efforts « pour les hommes ». Quand elles disent « je le fais pour moi », elles ne mentent pas, elles sont sincères. Mais
          1) quand « pour soi », on fait des efforts sur son apparence (quels qu’ils soient, qu’ils soient jugés excessifs ou non – même comme je disais, se passer un coup de brosse ou vérifier qu’on n’a pas un bout de persil entre les dents), c’est pour plaire aux autres qu’on le fait, pour être aimé ou du moins accepté sur la base de son apparence. (je pense que ça n’a rien de malsain en soi, ça le devient par exemple quand on ne peut pas se montrer sans maquillage ou épilation).
          2) elles le font « pour elles-mêmes » dans la mesure ou elles ont intégré le regard masculin et les normes construites dans un monde d’hommes. Donc elles ne SE plaisent à elles-mêmes que dans l’image d’une femme sexuellement désirable, et cette image est soumise à des normes qui ont été construites socialement dans un monde dominé par les hommes hétérosexuels. (ce qui ne veut pas dire que chaque homme hétérosexuel aime les filles minces/épilées/maquillées etc, ça n’a rien à voir).
          Donc ce regard masculin est omniprésent, même quand il n’y a pas d’hommes. D’ailleurs, pour ce qui est de l’épilation par exemple, il me semble que les femmes se surveillent beaucoup entre elles (« t’as vu, elle est poilue, berk, quelle horreur »). Se montrer poilue devant des femmes est peut-être encore plus gênant que devant des hommes, tellement elles ont profondément intégré la norme du glabre.

    • Je pense que le problème n’est pas de savoir si on a « le droit » ou pas de se maquiller, de s’épiler, de faire des régimes, de porter des talons, etc. Le but du féminisme étant de permettre aux femmes de disposer à leur guise de leur corps, BIEN SÛR que l’on a le droit d’être coquette si on le souhaite.
      Seulement il s’agit de s’interroger : est-ce que je fais ma coquette parce que je dispose de mon corps à ma guise ou est-ce que je suis victime d’une oppression à laquelle je me soumets par peur et/ou par honte ?

      Je pense qu’il est important de savoir pourquoi est-ce que tout ça est systématique alors que ça devrait être… Un choix, comme tu le revendiques.

      J’admets volontiers et ce sans sourciller que tous les goûts sont dans la nature. Mais alors pourquoi, dans ce cas, est-ce qu’il y a aussi peu de diversité dans la manière de se faire belle chez les femmes ? Pourquoi, pourquoi est-ce que pour être belle il faudrait toujours allier brushing-maquillage-minceur-épilation-talons ? Pourquoi est-ce que toutes les femmes ou presque tentent de ressembler à des mannequins de publicités ou à des princesses Disney ? Pourquoi est-ce qu’on pourrait pas être belles avec des poils, sans talons et sans maquillage ? Pourquoi est-ce qu’il faut absolument être belle pour une femme, aussi ?

      J’ai l’impression que c’est surtout ça, les questions de l’elfe. Pourquoi sommes nous tacitement obligées de ressembler à des poupées de plastique pour se sentir belle ? Pourquoi sommes-nous obligées de nous sentir belles pour nous sentir bien ? Les hommes eux, vivent pas trop mal leur vieillesse (suffit de voir les acteurs de 50 balais comme Georges Clooney qu’on trouve encore beau. Qu’on me trouve une seule actrice du même âge qu’on trouve belle) et le culte de l’aphrodisme les frappe de manière bien moins violente. Pourquoi ?

      Pourquoi est-ce que les femmes qui s’épilent pas sont vues comme des femmes des cavernes ou des féministes folles à liées ? Pourquoi le poil féminin est même vu comme étant non hygiénique ?

      Je pense qu’il est important de se poser toutes ces questions. Et ne pas croire que parce qu’on est consciente d’une oppression (celle de la beauté-pureté féminine) on peut s’y soumettre sans dommages. Parce que nous avons été élevées depuis toutes petites à avoir une certaine vision de la beauté, déconstruire ces normes est extrêmement long et douloureux (j’en sais quelque chose, je suis en plein dedans : j’apprends à aimer mes poils). Et je pense qu’il faut passer par cette déconstruction pour être à même de réellement faire un choix en son âme et conscience. Et pour faire cette déconstruction, je pense qu’il faut que toutes les femmes apprennent à s’aimer (vraiment s’aimer) au naturel : à savoir sans teinture, sans bijoux, sans maquillage, sans épilation, sans talon, etc.
      Je pense que la vraie liberté est là : si on s’aime au naturel, alors s’amuser à s’encombrer d’artifices -quels qu’ils soient- ne devient plus une nécessité, mais un simple divertissement. On pourrait se vêtir de bien des manières différentes, porter des vêtements tous plus hétéroclites les uns que les autres et, pourquoi pas, essayer des maquillages complètement dingues (perso, je tenterai bien le maquillage indien, tiens :D).
      Car au final, la coquetterie ne devrait être que ça : un simple divertissement. Jamais un besoin.

      • Tout à fait d’accord.
        Seulement, je pense que ta réflexion va plus loin que celle de « l’elfe ». C’est bien de déconstuire le schéma des canons de beautés féminins, c’est encore mieux d’y arriver sans être condescendante vis-à-vis de celles qui décident (car il s’agit bien d’une décision) de se maquiller quand elles en ont envie, de jouer avec les codes de la féminité quand ça leur chante. Et peut-être qu’à votre sens cela revient à ressembler à une poupée gonflable, mais ce n’est pas le sentiment que j’ai en voyant passer dans la rue une fille qui porte une jupe. Vous, si ?

        • Qu’est-ce que je ferais d’une poupée gonflable en tant que femme ? En revanche, je sais précisément dans quels quartiers de ma ville je dois aller pour trouver des gens qui ont ce sentiment. Je sais précisément de quels (nombreux) bars faire la sortie pour récolter des commentaires sur combien la nana à décolleté est bonne. Je sais précisément dans quels (nombreux) lieux publics il est communément admis qu’une femme qui se montre attirante est une femme qui veut baiser, sentiment partagé par les flics chargés d’enregistrer les plaintes pour viol. Mais peut-être que tout ça est un simple hasard, hein.

          • Ce n’est pas un hasard, non.

            Par contre, c’est pas du tout le sujet que j’abordais.

            Myroie demande : « Pourquoi sommes nous tacitement obligées de ressembler à des poupées de plastique pour se sentir belle ? ». Je lui réponds que s’épiler, porter des jupes ou se maquiller ne fait pas d’une femme une copie de poupée gonflable.

        • Moi non plus… Je ne vois pas ce que les jupes viennent faire là-dedans; le texte parle de jupes « soigneusement étudiées pour être ni trop longues, ni trop courtes », ce qui sous-entend un choix précautionneux et subtil dans le choix de la longueur de la jupe à cause de pressions sociales contradictoires. Si le texte parlait de jupes tout court, je comprendrais ton indignation. Je ne vois pas le problème avec les jupes, d’autant plus que ce sont des vêtements qui peuvent allier confort et esthétisme. Je ne vois pas le problème non plus avec le fait de porter les codes de la féminité « quand ça nous chante », ce qui me pose problème c’est de le faire systématiquement et d’avoir honte de paraître sans tous ces artifices que sont l’épilation, le maquillage, le coiffage impeccable, etc etc. Ce qui me pose problème également est de prétendre que les efforts que l’on fait sur son apparence n’ont rien à voir avec les autres, avec le fait de vivre en société (toute société ayant des codes, des normes). Pourquoi ce mensonge? Nous intégrons les normes sociales, et donc nous avons tendance à ne pas nous aimer quand nous n’y correspondons pas. De plus, les normes sociales en matière d’apparence féminine sont nombreuses, strictes, et on peut s’interroger sur leur caractère aliénant quand nous sommes incapables de nous accepter et de nous montrer sans avoir endossé ces codes.

          • Non, merci à toi ! Tu viens de me rappeler à quel point les choses sont simples, au fond ! Soit noir ; soit blanc. Soit on est d’accord avec toi ; soit on ferme sa gueule.

          • C’est trop facile, comme réponse ..

            « Myroie demande : « Pourquoi sommes nous tacitement obligées de ressembler à des poupées de plastique pour se sentir belle ? ». Je lui réponds que s’épiler, porter des jupes ou se maquiller ne fait pas d’une femme une copie de poupée gonflable. »

            Donc là je t’explique : le problème c’est pas « poupée de plastique », le problème c’est « tacitement obligées ».

            Quel intérêt tu as à toujours déplacer le débat vers « le droit d’être une poupée si on veut » ? Oui t’as le droit ! On parle pas de ça. On parle d’une société avec l’option « oui t’as le droit d’être une poupée mais t’es pas obligée ! Et encore mieux que ça, tu peux éventuellement être autre chose si tu veux, et on te laissera tranquille (voire : on t’appréciera) même si t’es pas une poupée « 

          • Tu viens grosso merdo de résumer mon propos depuis le début, à savoir : tu as le droit de ressembler à une barbie si tu le souhaites, tu as aussi le droit de ne surtout pas ressembler à une barbie si tu le souhaites, et si tu es consciente que ton apparence est à la base le fait d’une construction sociale, c’est encore mieux.
            J’en conclue que tu partages mon point de vue, donc où est ton problème ?

          •  » tu as le droit de ressembler à une barbie si tu le souhaites, tu as aussi le droit de ne surtout pas ressembler à une barbie si tu le souhaites, et si tu es consciente que ton apparence est à la base le fait d’une construction sociale, c’est encore mieux »

            « tu as le droit de travailler dans ce champ de coton, tu as aussi le droit de rester caché pour éviter le fouet, et si tu es conscient que tu es esclave dans ce champ de coton à cause d’une construction sociale, c’est encore mieux »

            Être consciente que ton apparence, ton conditionnement est à la base le fait d’une construction sociale, c’est pas « encore mieux », c’est la base.
            Après tu peux te demander si tu désires réellement un truc (t’épiler, gagner de l’argent), ou si t’en as seulement besoin pour être acceptée socialement (pouvoir aller à la piscine tranquille, payer ton loyer).

            Mon avis, c’est que tu t’épiles en vue des conséquences sociales, et pas parce que t’aimes la sensation et l’ambiance quand tu le fais. Tu penses que c’est un choix éclairé et ça te rend heureuse ? Tant mieux pour toi.

            Mais j’avale pas ton « je prends la contrainte arbitraire, je la comprends, et ensuite je m’y soumets parce que c’est plus du tout une contrainte ! N’en parlons plus. »

          • Joues sur les mots tant que tu veux, tu as l’air d’adorer ça ! Ce qui est assez génial, c’est que tu as repris précisément ce que je disais, que je l’ai paraphrasé à mon tour, et que tu continues à couper le poil en quatre.

            Je ne dis pas : « je prends la contrainte arbitraire, je la comprends, et ensuite je m’y soumets parce que c’est plus du tout une contrainte ! N’en parlons plus. »

            Je dis : j’estime avoir assimilé la contrainte, l’avoir déconstruite, libre à moi alors de me réapproprier certains attributs considérés comme féminins ponctuellement si j’ai envie de jouer avec eux. N’en parlons plus, effectivement, pas parce que tu as tort ou raison, mais parce que cette discussion ne m’intéresse plus.

            Avale ce que tu veux !

          • Oui j’aime bien jouer avec les mots, quand on est un tout petit peu adroit ça peut permettre de comprendre certains concepts intéressants.

            Par exemple :
            « tu as le droit de ressembler à une barbie si tu le souhaites, tu as aussi le droit de ne surtout pas ressembler à une barbie si tu le souhaites, et si tu es consciente que ton apparence est à la base le fait d’une construction sociale, c’est encore mieux »

            « tu as le droit », ça veut dire quoi ? Absolument rien, en tout cas quand tu le dis ça ne veut jamais dire la même chose.
            Ça donne une impression glorieuse que le grand soir est passé, les luttes féministes gagnées, et que maintenant on « a le droit ».
            Mais en fait non, l’article de l’Elfe reste pertinent, et les listes de « ce qu’on a le droit de faire » n’apportent aucune réponse aux questions concernant les obligations (relatives, mais réelles et très contraignantes, que tu le veuilles ou non)…

            Donc oui, je te paraphrase pour te montrer quand je suis en désaccord avec ton message. Mais j’ai rien contre toi personnellement, relax.

          • Ce n’est peut-être pas le grand soir, mais c’est le soir et j’ai d’autres poils à fouetter, ai-je LE DROIT de mettre poliment fin à cette discussion ? ;)

          • Mais jten prie.

            Juste : une journaleuse féministe qui caresse les cultistes de l’épilation dans le sens du non-poil, c’est agaçant.

            Anybref, au plaisir.

        • Je crois que tu as perçu de la condescendance chez l’Elfe là où il n’y en a pas. A mon avis, tu t’es sentie attaquée parce que tu aimes être coquette. Sauf que l’Elfe n’attaque pas la coquetterie mais bien le schéma qui oblige les femmes à être coquette jusqu’à les faire souffrir pour ça. Nuance subtile, certes, mais pas sans importance.

          Me concernant, je trouve très intéressant de se demander pourquoi teeeeellement de femmes occidentales s’épilent alors que bon, d’abord, ça fait mal, ensuite, c’est non hygiénique (oui, les poils sont là pour une bonne raison, hein) et enfin c’est d’une beauté toute relative (en fait, on ne peut trouver ça inconditionnellement beau seulement si on a été élevé à percevoir la féminité comme quelque chose de glabre). Pourtant, toutes (ou presque) clament qu’elles se sentent libres et qu’elles font ça pour elles. Elles se plaignent que ça fait mal, que ça repousse trop vite, que ça fait des poils sous peau, etc, etc, mais elles font ça pour elles. Elles souffrent pour elles. Wow. On a presque du mal à y croire. N’y a-t-il pas un peu d’hypocrisie là dedans ?

          L’Elfe, comme à chaque fois, propose des interrogations, que je trouve pertinentes. Et comme à chaque fois, ceux qui se trouvent en plein dans ce qu’elle dénonce (ou juste à côté) se sentent éclaboussés. C’est normal. Seulement, dis toi bien que l’Elfe se fiche pas mal de ce que tu fais de ton corps. Elle ne juge personne. Elle se demande juste pourquoi est-ce que les femmes sont fières de porter de chaînes au point de se les attacher elles-mêmes.

          Le jour où s’épiler sera aussi normal que de ne pas s’épiler. Le jour où les femmes ne seront pas juger majoritairement sur leur physique. Le jour où les femmes n’auront pas besoin de se maquiller pour se sentir belle. Le jour où toutes les femmes se trouveront belles au naturel et ce, sans conditions. Le jour où aucune femme ne ressentira le BESOIN d’être belle pour se sentir heureuse et épanouie, le jour où, au final, être belle ne sera plus une obligation pour les femmes mais simplement une qualité au même titre que l’humour, la gentillesse, l’intelligence (et j’en passe), alors, l’elfe cessera peut-être de poser ce genre de questions. :)

          • Merci pour les précisions. Pour ceux et celles qui ont la mémoire courte (bon je dis ça comme si tout le monde avait lu l’intégralité de mon blog héhé c’est un peu prétentieux) j’ai réuni pas mal de témoignages dans l’article Souffrir pour être belle, qui sont de l’ordre de ce qu’on entend très couramment et qui montrent bien que l’épilation n’est pas une partie de plaisir. Je trouve que c’est un peu hypocrite de dire que ça ne fait pas mal, que ça ne prend pas de temps, que ça n’abîme pas la peau, que ça ne coûte pas cher, etc. (une méthode peut respecter un de ces critères, mais certainement pas ne serait-ce que 3 sur les 4). J’y suis d’ailleurs revenue dans l’article Mort au poil.

            Et pour d’autres témoignages très intéressants je redonne le site de Pierre: http://pgriffet.voila.net/PF.htm en le lisant on se rend bien compte que l’épilation est un problème même quand on n’a pas l’habitude de la considérer comme tel.

          • Je comprends parfaitement la question qu’elle se pose, et si je n’ai pas été claire je le répète : je suis d’accord avec son postulat ! :)
            Evidemment, il est très important d’intégrer le fait que nous avons été élevées pour faire, sans même réfléchir, toutes ces choses pour nous conformer à une norme machiste. Je ne remets même pas en question cette idée, ça me semble aussi évident que vous. Ce que je dis en revanche, c’est que l’on peut tout à fait se réapproprier la coquetterie, sans pour autant être enchaînée. Comme je le disais plus haut, je vois la féminité comme un jeu. A partir du moment où les mécanismes sexistes de la féminité sont déconstruits, choisir de s’approprier certains de ces artifices ne me semble pas dénué de sens, au contraire.
            On peut ne pas être d’accord ! :)

          • @Myroie :
            Tu l’as d’ailleurs très bien dit toi-même !
            « Je pense que la vraie liberté est là : si on s’aime au naturel, alors s’amuser à s’encombrer d’artifices -quels qu’ils soient- ne devient plus une nécessité, mais un simple divertissement. »

          • Super, l’ordre est rétabli.

            Toutes ces douleurs et cette attention permanente sont imposées aux femmes.

            Mais elles Pourraient aussi choisir de se les imposer ! Elles sont clairement imposées. Mais ça pourrait aussi être un choix. Donc puisque ça pourrait éventuellement êtres des choix que certaines feraient, pourquoi ne pas l’imposer à toutes sans exceptions ?

            Merci de tes lumières, Clarence.

      • PS : Je te rejoins complètement dans la notion de « divertissement ». C’est un jeu, alors jouons.

        Et « Elfe », c’est bien que tu parles de punition, car j’ai l’impression que c’est exactement ce que tu veux infliger à celles qui ne suivent pas ton raisonnement sans-épilation-sans-maquillage-sans-chichis. C’est dommage, j’aimais bien ton post… Avant les commentaires !

        • Mais pourquoi t’es sur la défensive comme ca? L’elfe (et t’as pas besoin de mettre de guillemets pour la citer hein) est juste en train d’essayer de te faire remettre en question des codes que tu as parfaitement intégré, et que tu défends bec et ongles.
          A aucun moment elle ne t’as attaquée, ni toi ni aucune fille qui se rase les jambes.
          Enfin je sais pas on a l’impression de parler a des omnivores défendants quand on aborde ce sujet, c’est grave.

          • Ben oui franchement je n’ai aucun problème avec le fait que unetelle se maquille ou uneautretelle s’épile. (sinon je ne fréquenterais plus personne et je m’enfouirais dans un terrier – d’ailleurs je ne me fréquenterais plus moi-même, il m’arrive de me raser les jambes de temps à autres, de me passer un coup de crayon sur les yeux ou pour certaines occasions de porter des talons, et je trouve ça bien, même si je le ferais pas tous les jours).
            Ce que je trouve dommage c’est que les femmes qui défendent ainsi de dire que « tout ça on le fait pour les autres et parce qu’on a intégré le regard masculin sexué dans notre façon de nous percevoir nous-même », ces femmes-là sont INCAPABLES de, par exemple, disons, passer un mois sans s’épiler et aller se baigner dans cet état naturel. Après je m’en fiche qu’une femme s’épile ou s’épile pas, je vais pas aller mettre le nez dedans (et quand bien même ce serait le cas…)
            Et elles vont dire « ha non MOI j’aime pas les poils ». Allons bon. MOI j’aime pas les chaussures rouges, je trouve ça laid; et je suis tout à fait capable de porter des chaussures rouges en public. (c’est marrant, tout le monde « n’aime pas les poils » à titre purement individuel et personnel sans que ça ait jamais le moindre rapport avec la perception sociale des poils!). Ce n’est pas une question de goût, c’est une question de HONTE. C’est une question de punition/récompense de l’entourage. L’individu se sent observé, jugé en permanence sur son apparence. Il y a malheureusement, dans les normes sociales concernant l’apparence, une haine du corps je dirais « ordinaire » des femmes, une haine des corps féminins tels qu’ils sont (et non tel que le corps féminin est fantasmé): des corps avec de la graisse, des poils, de la cellulite, des bourrelets, des odeurs corporelles, tout ça est jugé dégoûtant, ignoble, pas montrable, tout ça DOIT être caché. Et beaucoup de femmes ont intégré ces normes, elles ont donc intégré une forme de haine de leur propre corps, une honte profonde à paraître comme elles sont.

          • Très honnêtement, j’avais vraiment jusque là la solide impression que tu méprisais les filles qui jouaient à fond le jeu de la féminité, et ça m’a posé problème (au passage je ne suis pas seule à avoir senti une pointe de condescendance dans le texte (cf le commentaire de Yue…)) Il faut avouer aussi que le commentaire supercynique de ton pote Personne m’a gavée. Donc merci pour tes explications qui ont dissipié mes doutes :)

            De toutes façons, on est d’accord sur le postulat de départ (pas besoin d’argumenter là dessus, tu prêches une convertie), mais pas sur ta conclusion : tu penses qu’il est impossible d’avoir déconstruit ça, tout en décidant d’être tout de même très « féminine ». Moi, pas.

            On ne changera pas d’avis… Pas grave !

          • Je pense qu’on peut très bien croire avoir déconstruit tout ça et ne pas l’avoir fait.
            D’ailleurs dans la mesure où ces choses sont déconstruites et si on est capable de prendre de la distance, il y a certaines choses qu’on s’impose plus, celles par exemple qui impliquent une douleur physique.
            Je te pose un défi: prouve-toi que tu as déconstruit tout ça. Passe-toi de tous ces artifices pendant, disons, 15 jours (ce n’est même pas assez pour avoir une pilosité naturelle). 15 jours sans talons, sans maquillage, sans épilation, sans coiffures compliquées, sans décolleté soigneusement étudié, sans vêtements qui serrent et compriment le corps, etc… Juste toi, des vêtements confortables et passe-partout. Il serait intéressant pour toi de savoir comment tu te sentirais au terme de cette expérience.

            Sur ce site http://pgriffet.voila.net/PF.htm est relatée une expérience dans laquelle une mannequin va un jour dans une salle de sport avec des postiches aux aisselles. Elle dit après que « C’est probablement l’une des choses les plus épouvantables à vivre ». Je la crois. N’est-ce pas épouvantable? Après on dit qu’on s’épile parce qu' »on n’aime pas les poils ». Est-ce qu’on a le choix? (plusieurs expériences et anecdotes intéressantes sur ce site à propos de la pilosité féminine, assez intéressant).

            Avant je n’en étais pas capable, il faut dire que je n’ai pas vraiment de mérite car j’y ai été en partie forcée (quand on fait le tour du monde en mode sac à dos, on n’a pas trop le loisir de porter des talons, de s’épiler ou de se maquiller, et on tourne avec 2 pantalons et 3 t-shirts). Je sais de quoi je parle quand j’évoque la souffrance de ne plus se sentir désirable et « féminine », et crois-moi il n’y a aucun mépris là-dedans (je m’excuse si j’ai pu le faire penser en m’exprimant mal). Je croyais que je portais des chaussures à talons juste comme ça parce que ça me plaisait, mais quelques mois en chaussures de randos et j’étais malheureuse. Résultat maintenant que je pourrais en porter presque tous les jours comme avant, je ne le fais plus (et pourtant j’ai des chaussures à talon qui sont beaucoup plus confortables que la moyenne). Je croyais que je m’épilais pour me faire plaisir, mais quelques jours à laisser pousser les poils et je me sentais sale, laide, pas présentable (d’ailleurs ce n’est qu’à mon retour que j’ai laissé tomber vraiment l’épilation). Le pire c’est que les gens n’y font pas réellement attention.

            Je peux décider d’être féminine si je veux, demain, ou après-demain. C’est facile. Le « décider » tous les jours presque sans exception, je ne pense pas que ce soit tellement un choix éclairé, conscient, sans pressions sociales.

          • Ca m’arrive régulièrement, justement ! De ne faire appel à aucun artifice pendant 15 jours.
            Et le résultat de l' »expérience », c’est que d’une part, je ne me force pas, et d’autre part je ne ressens aucun manque, au contraire, je me sens parfaitement à l’aise. Ce qui ne m’empêche pas de me sentir à l’aise également en portant des talons hauts (qui m’infligent d’ailleurs aucune douleur, parce que je les choisis aussi confortables que des baskets !). J’aime bien ces artifices, j’aime bien jouer avec eux, mais je n’ai pas besoin d’eux pour être bien dans ma peau. Et je ne pense pas être la seule ! Tu me suis ?

          • Je ne comprends pas, dans ce cas, pourquoi tu te sens visée.
            (sans aucun artifice ça veut dire bien sur sans épilation; la plupart des femmes ne sont pas capables d’aller à la plage sans s’être épilées au moins le maillot, les jambes et les aisselles).

      • La  » coquetterie  » ( la féminité ) n’a de sens que dans un régime sexiste.
        C’est bien le féminisme libéral ( présent dans la pensée de Mona chollet ) que de tenter de faire croire que le désir de se reféminiser est libre , doit être conservé (  » il n’y a aucun mal à vouloir être  » belle  » , allant jusqu’à dire que la « beauté « est une politesse vis à vis des autres et que les hommes jalouseraient notre droit à nous maquiller/épiler/ grever notre budget en fringues etc ) et existerait en dehors de l’oppression.

    •  » Quand je me maquille le matin, j’affirme justement mon droit à avoir une apparence « féminine », parce que c’est moi qui en prend la décision réfléchie.  »

      la liberté, c’est l’esclavage

       » Pour moi, s’approprier la « féminité » comme ça nous chante n’est pas revendiquer un « droit de se mettre au service des hommes », c’est justement interroger la domination et la renverser à notre avantage.  »

      la guerre, c’est la paix

       » C’est bien que tu parles de punition, car j’ai l’impression que c’est exactement ce que tu veux infliger à celles qui ne suivent pas ton raisonnement sans-épilation-sans-maquillage-sans-chichis.  »

      l’ignorance, c’est la force

      Un point 1984 pour Clarence ..

  13. Faut quand même dire que je suis pas tout à fait d’accord. Ce genre de constat ne s’applique pas à tout le monde. Il m’arrive de me maquiller et de bien me coiffer lorsque je dois m’exposer à des gens, alors que quand je reste chez moi je ne me maquille pas, je ne porte que des vieux t shirts pantalons tâchés troués…. Donc au fond, si je devais vraiment tout faire pour moi-même, chez moi comme à la maison je serais dans le même état, ce serait de la continuité perpétuelle. Or, moi j’aime bien ce contraste, car au fond ça renvoi à dire que la vie est un théâtre. En fonction des lieux, des personnes qu’on côtoie, on n’est jamais la même, on ne s’expose jamais de la même manière.
    Donc dans cette mesure là, on peut dire qu’on le fait pour soi-même. Et le faire pour soi-même ne veut pas forcément dire le faire contre-soi même parce qu’on se plierait aux normes de la société. Quand le sujet (« soi-même ») se sent à l’aise dans les normes sociales qui le conditionnent, il le fait véritablement pour lui-même, puisque son « lui-même » renvoi aux normes de la société. Le sujet constitue son « lui-même » à travers le modèle de la société, donc oui, c’est « pour-lui même ». Car pourquoi faire pour soi-même serait en dehors de la société ? Pourquoi faire pour soi-même se serait faire comme à la maison quand on est seul et où on peut se mettre à poil, se mettre des doigts dans le nez, péter, se positionner n’importe comment?

    On se retire et on s’ajoute un masque à chaque fois qu’on doit se rendre quelque part. Alors se dire si c’est bien ou mal d’agir ainsi parce que ça relève d’un conditionnement auquel on se soumet, c’est une question faisant appel à un jugement de valeurs, donc de morale.

    Bon, je sais qu’ici la question est avant tout concernant le patriarcat, mais soit, moi je parle au delà des genres.

    Après, personnellement je me maquille, j’adopte parfois un style glamour que le système patriarcal qualifie de féminin, mais qui ne l’est nullement féminin à mes yeux car il n’y a aucune raison de qualifier un style raffiné et très travaillé comme féminin, les hommes aussi peuvent l’adopter, et ils peuvent aussi porter des mini-jupes et des talons et du maquillage et des boucles d’oreilles, c’est pas ça qui va les châtrer, ou transformer leur sexe (sauf s’ils le souhaitent car ils sont conformes aux normes sociales genrées sur le mode masculin/féminin et veulent donc à tout prix être un modèle reconnu socialement comme féminin). Et je revendique que je le fais « pour moi », parce que j’aime parfois m’exposer de cette manière devant les gens, tout comme j’aime m’exposer d’autres manières, je n’aime pas donner une image figée de mon style vestimentaire ou de ma manière d’apparaître publiquement. Pour moi, les vêtements au quotidien relèvent du déguisement, car la vie sociale est un théâtre et en jouer au quotidien, s’avère être très ludique.

  14. Et moi qui croyais naïvement que les êtres humains avaient des milliers de raisons, complexes ou pas, de faire ce qu’ils font. Apparemment non : pour la Femme (au singulier car toutes pareilles, au fond), la seule et unique motivation est de plaire aux hommes. Comme la Femme est stupide, la Femme ne s’en rend même pas compte, et heureusement que des gens comme toi sont là pour éclairer la Femme sur la juste motivation de ses actions et lui montrer le droit chemin. Bouhouhou, les vilains hommes qui obligent les femmes à se maquiller et à s’épiler.
    Tout ça pour dire que je te trouve un peu à côté de la plaque et qu’en voulant exprimer une revendication féministe, tu fais selon moi tout le contraire. Tu juges également ces femmes en leur prêtant des motifs dont tu ne sais rien.
    Le culte de l’apparence ne touche pas seulement les femmes, d’ailleurs, mais tu ne dis pas un seul mot des hommes. Il y a aussi des hommes qui passent leur temps à la salle de gym, dans des cabines uv, et chez le coiffeur pour cacher leurs cheveux blancs, etc. Mais non. C’est toujours les femmes dont on juge le comportement.
    En tant que féministe, il faudrait peut-être commencer par respecter la parole et les opinions des femmes. Quand une femme dit « je le fais pour moi-même », je ne lui dis pas « ah mais je sais mieux que toi pourquoi tu le fais, (parce que moi je réfléchis et toi pas) ». C’est juste paternaliste et condescendant.

    • Par définition, tout ce qui concerne les apparences, on le fait pour autrui, pour plaire, être accepté ou aimé. C’est stupide de prétendre que ce n’est pas le cas. A noter que les hommes aussi (et les femmes « non féminines ») prêtent une certaine attention a leur apparence. Mais se montrer « féminine » est une véritable guerre contre son apparence naturelle (rides, graisse, poils…). Face a cet esclavage, nous prétendons que les autres n’ont rien a voir la-dedans. C’est faux. Quand je me passe un coup de brosse devant mon miroir ou que jassortis mes vêtements, je le fais pour les autres. Et je l’admet volontiers parce que ce ne sont pas des efforts démesurés qui me bouffent mon temps et mon énergie ou qui me rendent malade.

      • Heu, en quoi s’épiler ou se maquiller est un effort démesuré…? Pour certaines personnes peut-être (et elles sont libres de ne pas le faire !) mais pour d’autres pas du tout.

        • C’est très naïf de dire que tout le monde est libre de ne pas s’épiler. Et quand je dis naïf, je veux dire que je comprends qu’on puisse le penser, mais que je considère que c’est tout simplement faux. Les femmes ne sont absolument pas « libres de ne pas s’épiler », et pour le maquillage je serais moins tranchée mais je ne considère pas pour autant qu’il y ait une liberté totale par rapport à ça, sauf si on fait abstraction totale du contexte social, ce qui à mon avis est idiot.
          Le simple fait de dire que les gens sont libres de ne pas s’épiler témoigne d’un manque de réflexion sur le sujet. Du coup, dire que s’épiler n’est pas du tout ni fatiguant, ni douloureux, ni cher, ni demandeur d’efforts de quelque manière que ce soit, ça me parait totalement partial et pas vraiment exact. Que la plupart des femmes le fassent sans se poser aucune question, ça oui je veux bien. Que certaines femmes aient un certain plaisir à le faire, c’est évident (bien que là encore je distingue fortement maquillage et épilation). ça ne veut pas dire pour autant que tout le monde a le choix et que presque tout le monde fait le même choix uniquement pour son plaisir personnel. C’est un peu plus compliqué que ça.

    • merci !!! c’est plus trash que mon post mais reflète aussi ma pensée… j’ai fini par me dire que les féministes qui font le plus dans l’idéologie n’aiment pas les femmes… elles n’aiment être une femme et ne le vivent que comme qqch qui serait artificiel car non dicté par et pour elles mêmes… comme c’est méprisant au fond ! j’ai aussi fini par me dire qu’en fait c’est encore et tjrs une façon de lire les choses avec les grilles du patriarcat que de mépriser cette féminité !!! elles la méprisent comme les hommes peuvent le faire… qu’elle avancée dites mois !!! (je blague)

    •  » Il y a aussi des hommes qui passent leur temps à la salle de gym, dans des cabines uv, et chez le coiffeur pour cacher leurs cheveux blancs, etc.  »

      C’est absurde de mauvaise foi ^^

      Quand bien même, si des commerciaux veulent faire leur beurre sur l’insécurité naissante des hommes, libre à eux.
      Quelle est le rapport avec les contraintes que subissent les gonz’ ? Parce que les autres en subissent aussi, les leurs prennent du sens ? L’épilation et les moqueries picotent moins, parce qu’on est plus les seuls à subir ?

      Gé-nial.
      Jme demande pourquoi on se prend la tête à faire du commerce équitable … On devrait transformer tout le monde en esclave, comme ça les anciens esclaves se sentiraient moins seuls. C’est brillant.

  15. J’avoue avoir été horrifiée par les commentaires que j’ai pu lire ici et là à propos de votre article (en l’occurrence sur facebook, j’ai passé mon tour ici) : « Le féminisme selon vous : l’idée que les femmes peuvent faire ce qu’elles veulent de leur corps, SAUF si elles veulent se maquiller, se bronzer, s’épiler, mettre des talons, mettre des jupes, faire du sport. », « je me maquille je porte des talons de 12cm je me colore les cheveux je m’épile je ne met presque que des jupes je fais du sport a outrance parce JAIME SA » ou encore « je met des talons parce que j’aime bien je trouve sa beau j’aime bien m’habiller en robe ou jupe parce que j’aime bien point !!!! ».

    Ne vous êtes-vous jamais posé la question de la construction sociale de vos goûts ? Vous pensez que tout est inné ? Et pourquoi les hommes aiment-ils généralement moins se maquiller, se mettre des talons, etc. ? Durkheim disait que le fait social se remarquait à la contrainte qu’il exerçait sur les personnes qui essayaient d’aller à son encontre. Mais beaucoup de faits sociaux passent tout à fait inaperçus (et vos commentaires en sont un magistral exemple), simplement puisque la question de la contrainte sociale n’est absolument jamais pensée. L’idéologie individualiste très contemporaine prime dans vos réflexions : « tout ce que je fais ne dépend que de moi ».

    Relisez-donc vos classiques Mesdames. Pas besoin d’aller très loin. Page 16 de La domination masculine de Bourdieu : « Étant inclus, homme ou femme, dans l’objet que nous nous efforçons d’appréhender, nous avons incorporé, sous la forme de schèmes inconscients de perception et d’appréciation, les structures historiques de l’ordre masculin ; nous risquons donc de recourir, pour penser la domination masculine, à des modes de pensée qui sont eux-mêmes le produit de la domination. » Ça vous parle ? Demandez-vous à quels schèmes de perception et d’appréciation vous vous référez pour penser et écrire vos commentaires.

    La doxa des commentaires sur Internet est un sujet d’étude exceptionnel.

  16. Grand merci l’elfe.
    Encore un article qui rejoint des idées que je défends (sans aucun résultat) depuis fort longtemps.
    Idées qui étaient toujours écrasées par cet argument imparable : « je le fais pour moi-même » (j’étais leur mec quand je ne suis pas leur ami. Ce qui est sûr, c’est qu’elles ne le faisaient pas pour moi -j’aime les femmes naturelles, celles qui sont capables de distinguer l »être » de l »apparence » et surtout ce qui tient de la soumission à ce diktat. Généralement elles me comprennent le premier mois puis elles recommencent à le faire « pour elles-mêmes » sans plus de discussion possible -autre argument imparable: si elles étaient soumises elles feraient ce que je demande, moi le représentant du patriarcat; le fait qu’elles se maquillent et s’épilent prouve bien qu’elles sont libres)
    En lisant les réactions -mêmes positives- à cet article, je constate l’étendue du chemin qu’il reste à parcourir pour qu’elles puissent me considérer comme leur égal…
    Cet article donne quand même un peu d’espoir, mais il va falloir faire beaucoup d’articles similaires (comme pour l’excellent concept « poire » qu’il faut continuer à interroger) pour que les prises de conscience puissent se faire.

  17. C’est cadeau :

     » Les femmes sont élevées pour se conformer : toutes les règles de la féminité – habillement, comportement, attitude – brisent essentiellement l’esprit.
    Les femmes sont élevées pour se soumettre, et voici comment la stratégie est astucieuse, en étant maintenues ignorantes de la réalité du  » rapport sexuel  »
    Les règles sont enseignées, mais l’acte est caché. On dit aux petites filles  » amour  » pas  » baise « .
    L’importance de cette ignorance au sujet du  » rapport sexuel  » ne peut être sous estimée : aucune fille ne grandirait, ou n’ accepterait les centaines de millions de leçons sur comment être une vraie fille, ou ne voudrait que les garçons ne l’aime, si elle savait à quoi elle était destinée.
    La propagande pour la féminité suppose que la petite fille vit toujours à l’intérieur de la femme; que les leçons de la féminitié doivent être enseignées et réenseignées sans relâchement; que la femme livrée à elle-même répudierait l’usage masculin de son corps, ne l’accepterait tout simplement pas  » Andrea Dworkin Les femmes de Droite.

    Afin de devenir cet objet, elle se saisit d’elle-même et se transforme elle -même en chose. C’est particulièrement dans l’acceptation du statut d’objet que son humanité est blessée
    Quelque chose advient à l’intérieur; un humain oublie la liberté; un humain apprends l’obéissance; un humain cette fois-ci une femme apprends à marcher au pas de l’oie de la façon féminine. Andrea Dworkin Le rapport sexuel

  18. @ l’elfe : Tu ne peux pas dire en même temps  » je n’ai aucun problème avec les femmes poliçant leur corps, mettant des talons etc  »  » je me maquille , me rase parfois et je trouve ça bien  » et reconnaitre que toutes ces pratiques constituent une aliénation. Il faut trancher, c’est soit l’un ou l’autre.
    Le  » service sexuel  » pour reprendre l’expression de Monique Wittig ou la  » corvée sexuelle  » auxquelles toutes les femmes sont astreintes, un jour, un mois des années ou toute la vie, la féminité doit être totalement démantelée.

    • se raser « une fois de temps en temps » n’a rien à voir avec le fait de ne pas accepter qu’on ait des poils sur le corps. Certains hommes se rasent de temps à autre aussi, ce n’est pas forcément une aliénation. Je n’aurais rien contre l’épilation si on pouvait DECIDER de le faire ou de ne pas le faire, ou de se teindre les poils en violet ou en vert, ou autres… Y a bien des gens qui se rasent les cheveux… Je connais aussi plusieurs mecs qui se maquillent très discrètement… Après ou est la limite? Ne plus brosser ses cheveux, ne plus assortir ses vêtements?

      En plus sortir des normes ne se fait pas du jour au lendemain en claquant des doigts. Et je pense que toutes celles qui s’épilent, se maquillent ou se talonnent ne devraient pas culpabiliser de le faire. Je pense que nous devons chacune réfléchir et essayer de comprendre pourquoi nous faisons ces choses. C’est en y réfléchissant que j’ai quasiment arrêté toute intervention épilatoire.

    • Soit l’un soit l’autre ? Je ne crois pas.

      Voilà un an que je tente d’apprendre à aimer mon corps au naturel. Et franchement, j’ai jamais été bien coquette. Et pourtant, c’est dur ! Porter des talons, mettre des jupes, me coiffer avec soin, tout ça, j’aimais bien de temps en temps, mais faire ça tous les jours, pff… La galère ! Je fais donc partie de ces nanas qui passent pas 1h dans la salle de bain (en fait, 10 minutes me suffisent) et qui a appris à s’aimer en basckettes aussi bien qu’en talons.

      Aujourd’hui j’apprends à aimer mes cheveux qui ressemblent pas à ceux des mannequins dans les pubs et ma peau poilue. Et ma cellulite. Et mes yeux cernés. Et c’est super dur. Pourtant, je ne me suis ja-mais maquillée régulièrement et je suis loin d’être moche.

      Alors des fois, ben ça me fait du bien de re-rentrer dans le moule en étant coquette. Et étant ce que la société attend de moi. Parce que ça fait du bien aussi, de voir des regards appréciateurs suivre mon sillage. Parce que ça me fait du bien de voir les yeux de mon amoureux briller de malice et de désir quand il constate que je me suis faite belle pour lui.

      J’aime me sentir à « ma (supposée) place » de temps en temps. Vivre tout le temps en marge de la société, aussi mauvaise soit-elle, c’est fatiguant et pénible. Ça demande un effort constant. Ça demande d’affronter les moqueries, les clichés, ça de mande du courage aussi. Et parfois, ben on a aussi un coup de mou et on a juste besoin de pas attirer l’attention. Parce que ne pas faire comme tout le monde, c’est attirer l’attention.

      Bref, non, c’est pas tout noir ou tout blanc. S’aimer au naturel en tant que femme aujourd’hui, dans notre belle société occidentale, c’est dur. Alors chacune fait à son rythme et comme elle peut/veut. On ne se débarrasse pas des chaînes de la société facilement et sans dommages. Il s’agit aussi de savoir se préserver.

      Et chacune en est seule juge.

  19. Merci pour cette belle conclusion qu’on pourrait joliment rephraser en « C’est triste que les femmes soient toutes lobotomisées par la patriarchie, les pauvres ».
    Je me sens tout suite beaucoup mieux de savoir que je ne suis pas capable de réfléchir par moi-même ni de prendre mes propres décisions.

      • Ou tu prends les décisions qu’on attend de toi, dans l’espace de liberté qu’on t’a gentiment accordé. Un système si bien pensé qu’il t’interdit tout exercice authentique de la pensée.

        On se croit tous libre de ce qu’on fait; après tout on peut voter, s’exprimer librement à peu après partout, choisir de ne pas travailler, adhérer à tel parti politique, oui, mais ce n’est pas nous qui sommes aux commandes. Nous sommes des automates au sein d’une dictature de marché (dans laquelle les sujets s’endoctrinent entre eux, c’est fort !), où à moins de constamment se cultiver d’idées nouvelles et d’oser maintes remises en questions personnelles d’ordres sociologique, psychologique et morale; tous les choix que l’on prend sont pensés pour nous, ce qui rime le plus avec « confort personnel ».

        Avant de savoir si tu peux réfléchir par toi-même, demande-toi pourquoi tu ne veux pas réfléchir à la critique qui est faite de ce qu’il semble être tes propres choix.

  20. « je songe désormais à tresser mes poils de jambe, dès qu’ils auront atteint la bonne longueur. Pour moi »

    • Sur ce, je file prendre ma douche, me maquiller, me coiffer et chausser mes stilettos, et je jetterai un regard atterré sur vos moustaches dans le métro, les filles.

      • Voilà comment le patriarcat divise les femmes: être sexy (selon des normes masculines) permet de se sentir supérieure… C’est triste :(

        Tu n’aurais peut-être pas besoin de ce petit sentiment de supériorité réconfortant si tu n’étais pas toi-même écrasée par des injonctions pour lesquelles tu ne sera jamais à la hauteur. Qui qu’on soit on trouvera toujours plus jeune, mince, sexy que soi.

        (et si tu regardes la photo à droite, je suis très fière de ma moustache).

  21. Bonjour,

    la première chose qui me dérange en lisant ton texte, c’est le fait qu’il ne parle presque qu’exclusivement du regard masculin (hétérosexuel). Les femmes se font belles pour plaire aux hommes et s’infligent donc divers « sévices » tout en pensant qu’elles le font pour elles-mêmes.
    Quid des lesbiennes, pour qui le regard masculin hétérosexuel ne compte pas? Certes, on pourrait arguer sur le fait que de toute manière les femmes sont « dressées » à plaire à la classe dominante (ce qui n’est pas faux en soi), quelle que soit leur orientation sexuelle mais ça invalide quand même le propos de départ.
    D’autant plus qu’obéir à ces injonctions, consciemment ou non, est une technique de survie pour les lesbiennes, biexuelles et transexuelles, pour se protéger des violences sexistes et misogynes.
    Il serait intéressant d’avoir des témoignages et expériences sur la répartition des rôles genrés et la représentations des critères esthétiques patriarcaux au sein de couples lesbiens.

    En fait, plutôt que de parler de ces femmes qui veulent plaire aux hommes (excluant pour les lesbiennes, bisexuelles et transexuelles), je pense qu’il aurait plutôt fallu parler d’injonction globale à être belle pour une femme. Le physique étant le critère de validation prioritaire et presque quasi-unique dans à un peu près tous les lieux et situations en tant que femme.
    Et je pense qu’aucun-e féministe ne remet en cause ces injonctions qui sont bien réelles (par exemple, l’épilation soi-disant optionnelle mais attention c’est quand même un peu crade et moche) ni le fait que nos goûts esthétiques ne tombent pas du ciel (facteurs culturel et social entre autres).

    Autre chose, l’issue fataliste de ton article qui peut laisser sous-entendre qu’aucune réappropriation du maquillage et de l’épilation n’est possible.
    Pour l’épilation, je ne sais pas vu que dès que tu te pointes avec un peu de poils c’est tout de suite regards lourds et moqueries, quoi qu’en disent ceulles pour qui « chacun a le choix » (tout en disant que quand même c’est un peu crade de pas s’épiler).
    Concernant le maquillage, je trouve que tu zappes complètement le côté plaisant et créatif de ce média pour n’en retenir qu’une de ses facettes, à savoir servir à l’oppression des femmes qui seraient moches et insortables sans cela (merci patriarcat et marketing). Le maquillage reste basiquement de la peinture mais sur un support humain et c’est le seul body art/modification qui soit autant décrié par tout le monde, jugé futile par la société et avilissant par certain-e-s féministes, parce que pratiqué par une majorité de femmes.
    Et il ne faut pas oublier que le maquillage c’est bien, tu respectes ton rôle de femme mais seulement si tu restes dans le sacro-saint bon goût et du make-up naturel (qui veut dire à la fois tout et rien). Le rouge à lèvre noir et les fards à paupières flashy ça ne marchent pas pour être validée dans l’espace public.
    Les vêtements sexys et féminins c’est bien mais que si tu es une petite chose passive. Dès que tu t’affirmes, prends les devants tu n’es qu’une salope.
    Ah oui, j’adore le maquillage mais je ne le fais pas en semaine, soit 5 jours/7 (pas le temps, flemme, pas approprié à mon métier) et je me maquille le plus lourdement le dimanche, c’est à dire le jour où je reste chez moi et ne vois personne. Et je m’amuse avec les couleurs et les textures. Suis-je conditionnée? Est-ce que je le fais pour moi-même?

    En fait, je ne suis pas fondamentalement en désaccord avec ton article, y’a du vrai mais je le trouve très, très réducteur et hétéro/cis-centré.
    Et l’argumentation à base de « si tu dis le faire pour toi-même malgré la prise de conscience des injonctions, c’est que tu as intériorisé…patriarcat… » ne laisse aucune échappatoire aux femmes et fournit une réponse automatique à… Presque tout en fait.

    • J’ai déjà parlé plus haut dans les commentaires des lesbiennes et de l’intériorisation du regard masculin.

  22. Pour qui je m’épile ? Pas pour moi. Enfin, si. J’aime la douceur de la peau sans poil. Mais, me serais-je épilée si ça n’avait pas été un code esthétique ? Surement pas.

    Pour qui je me maquille ? Pour moi. Je me maquille plus souvent quand Il n’est pas là, que quand Il est là. Lui, j’aime qu’il me voit sans masque. Des autres, je me cache, je maquille celle que je suis… Et, ça me va. L’intimité de mon moi, j’aime choisir à qui l’offrir. Donc, je me maquille contre les autres.

    Est-ce féministe que de cesser ? J’ai arrêter pour les animaux qui subissent les tests, fût un temps. J’ai repris, choisissant mieux mes produits.

    Est-ce que je fais ça à cause du patriarcat ? Je ne me suis pourtant jamais autant pomponée que pour plaire à unE petitE amiE.

    Finalement, mon corps, mon visage soumise aux désirs, de l’autre. Pas celui des hommes spécialement. La beauté soumise au désir tout court. (Autant d’une femme que d’un homme).

    Je ne suis pourtant pas en accord avec l’idée qu’un genre doit porter le symbole de la beauté (comme la femme depuis des siècles), mais je ne rejetterai jamais le « beau », par féminisme. Et pourquoi ne pas jouer avec son propre corps, pour cela ?

    Plus il y a aura de poétesses femmes qui sauront mettre en exergue la beauté des hommes, plus cette recherche esthétique sera dénuée du genre. C’est plutôt dans ce sens que je vois les possibilités de MON féminisme. Par le désir.

    • C’est marrant que tu dises « je ne rejetterai jamais le beau par le féminisme ».
      C’est quoi le beau? est-ce que c’est tout ce qui est cité dans l’article? est-ce ça qui est beau?
      Franchement, est-ce que c’est beau?
      C’est peut-être tout le contraire du beau.

      • Parfois ça me rend triste de voir à quel genre de commentaires débiles tu dois faire face tous les jours.

        • Merci, pour le jugement de valeur « stupide ». J’y préfère tout de même les questionnements sur le beau. :D

          L’art a longtemps posé la question du beau, avant de la remplacer par la question sur le message « qu’est-ce que l’art ? ». Duchamps en tête.

          On en vient à l’art contemporain d’aujourd’hui qui s’éloigne du « beau » pour autre chose.

          Loin de moi l’idée de dire que les codes de beautés ne sont pas éducationnels. Encore plus loin de moi l’envie de dissocier beauté du corps-désir de l’autre. Quand à juger si c’est objectivement beau, j’en suis tristement incapable, j’ai mes codes aussi. (Par exemple: j’ai toujours trouver « beau » une femme qui fume ou une femme avec les cheveux très courts. Et l’ensemble baggy+marcel, me fait chavirer. Ce sont des normes, voir des clichés, minoritaires. Mais, ils appartiennent tout de même à des codes).

          Le « beau » sur le corps est évidemment soumise à une « tendance » qui agit réciproquement avec le désir. C’est donc une notion subjective forcément influencés par le désir de l’Autre.

          Qu’on se fasse regarder de travers parce qu’on ne veut pas jouer à ce jeu du « beau », me révolte. Clairement. Mais, quand on veut y jouer ? Quand on veut aussi faire du « beau » avec soi, comment faire ?

          On se confrontera encore à des codes, que ce soit ceux de la « normes » ou ceux de minorités (les crêtes punk, par exemple).

          Parce que le « beau » n’existe que dans les yeux de celui qui le regarde.

          L’exigence de beauté, notamment pour la femme, notamment avec des codes qui sont toujours passé par : douleur et jeunesse (je ne retrouve plus l’ethnologue qui expliquait que c’était les deux critères que l’on retrouvait dans presque toutes les sociétés), cette exigence n’est pas ce que je prône. On est bien d’accord.

          Cependant, quand il y a un goût du « beau » et du « beau sur soi »…
          Comment déjouer ou jouer avec les codes ? Chercher la marginalité, se passionner de modes, épouser les codes « normés », tenter autre chose ? En épouser certaines, en rejeter d’autres ? Ou simplement abandonner cette recherche, convaincue qu’elle aussi est normée ?

          Vrais questions. Qui s’appliquent, dans ma recherche, à d’autres domaines : séduction, sexualité…

          ,

          • Dans la conclusion de l’article, ce que je voulais faire passer c’est aussi un peu cette notion du « beau ».
            Car plusieurs personnes sont venues dire ici (comme je l’avais déjà lu avant au sujet de « faut-il souffrir pour être belle »): oui je m’épile/je me maquille/je porte des talons etc, et oui je le fais car il existe une pression sociale, et non pas « pour moi ».
            Et donc je pense vraiment que le faire « pour les autres » ce n’est pas encore si grave que ça. C’est pas une bonne chose parce que franchement c’est pas agréable et on sent jugée et opprimée par les diktats. Mais je crois que la pire chose que puisse nous faire la société c’est de nous faire croire qu’on fait tout ça « pour nous-même », c’est à dire qu’on ait tellement intégré les diktats qu’ils finissent par faire partie de nous. Parce que ce n’est plus notre corps qui est aliéné mais notre esprit, notre âme même je dirais. Et donc pour nous le beau c’est le glabre, le mince, le lisse, le photoshoppé. Ce qui veut dire que notre corps est LAID à nos propres yeux (puisqu’on ne sera jamais comme une couverture de magazine: soyons sérieuses, même les modèles n’y ressemblent pas). Ce qui veut dire que nous sommes devenues aveugles à notre propre beauté.
            C’est triste.

    • Je n’ai pas été juste parce que j’étais en colère après avoir lu « Des autres, je me cache, je maquille celle que je suis… » C’est cela que j’ai trouvé profondément débiles. Je suis bien consciente que, ça, c’est mon problème, mais je trouve ça débile… non, en fait, je trouve ça triste.

  23. Excellent billet, merci. Je pense que la masse des commentaires contradictoires avec l’article (je suis consciente du jeu donc je ne le joue pas de la même manière etc) reflète bien l’auto-censure. La question est de savoir ce qu’est « la moche » (ou le moche). Tant qu’on croira qu’il y a des moches, l’oppression continuera. Il y a des visages humains, avec ou sans maquillage. Nos oripeaux sont tous des codes sociaux. Pour moi, quand je me maquille, c’est pour tromper le patriarcat. Pour qu’on ne se méfie pas de moi.

  24. Personnellement je prends souvent plaisir à me maquiller, sans pour autant m’astreindre à collectionner tous les symboles de féminité… Je je ressens aussi parfois comme une contreinte parce que je n’ose pas me montrer sans maquillage… Et ces jours la je le ressens comme une corvée et non comme un plaisir…
    Pour l’epilation je m ‘épile soigneusement le visage mais pour je reste – surtout l ‘hiver – je laise les poils pousser… Mais par contre l’ete je m’epile partout… Mais ce n’est pas par plaisir mais parce que hé je ressens tout-à-fait consciemment comme une norme qui m’est imposée et contre laquelle je n’ose pas me rebeller ouvertement…
    Par contre je ne porte jamais de jean moulant parce qu’avec je me sens trop « pute »…
    Bref avec ma féminité telle que je la vus et telle que la société me l’impose je joue (parfois) et je compose ( souvent)….
    Je croie que la question n’est pas de se maquiller ou pas, d’arborer ou pas les signes de féminité mais d’avoir – et de ressentir – qu’on a le choix de le faire ou pas… Et tant que le maquillage ou l’absence de poil ou le port de jean sexy seront systématiquement dévolus aux femmes ils faut bien reconnaître que ma position par rapport à ces signes de féminité sera toujours ambivalente…
    Le jour ou je verrai des hommes jouer ainsi en toute liberté de leur apoarente, ou je verrais des (jeunes) femmes jouer librement de leur apparence et choisir de « jouer » ou pas le cas de leur apparence (ce qui n’est pas le cas) et choisir d’etre sexy ou pas au gré de leur humeur… Alors ce jour la j’arriverai peut-être à vivre librement la féminité…
    Ce qui n’est pas le cas… N’etant pas assez audacieuse pour aller seule contre les normes qui me sont imposées tout en prenant parfois plaisir à le faire…

    Comprenne qui pourra Charles !

  25. Je me reconnais dans ce portrait, le maquillage, les teintures, les talons malgré mes pieds déformés qui en fait m’empêchent d’en porter. A environ 25 ans, j’ai envoyé tout ça valser, aujourd’hui c’est T-shirt, jean et basket 365 jours par an et en fait, je ne me suis jamais sentie aussi bien. Et j’em***e les gens bien pensants qui voudraient me faire rentrer dans le moule :) .

  26. Je me reconnais dans ce texte argh du moins en partie….Oui le féminisme c’est avoir le choix mais j’ai l’impression qu’on dit souvent ça pour ne pas être taxée d’extrémiste coupeuse de couille qui mange des chatons au petit déjeuner et des fois ça fait du bien de rappeler les choses clairement, ne serait-ce que pour aider ceux et celles qui n’en n’ont pas conscience (parce qu’évidemment nous on est jamais sexiste raciste intolérant vexant méchant consciemment et inconsciemment).
    Au delà de l’aspect relationnel entre hommes et femmes ou du jugement de la famille ou des amis ou des gens dans la rue, on est jugé sur notre physique dans le monde du travail. Et la pression a des conséquences financières. En tant que blanche, le féminisme a réussi à un peu m’obtenir de la marge (même si je sais quelles chaussures mettre pour sauter quelques entretiens téléphoniques dans un processus de recrutement même si je n’ai affaire qu’à des femmes et que je ne suis pas absolument pas dans un métier commercial ou de la mode)
    Mais alors si vous êtes noire ou d’origine immigrée notamment arabe, aucun répit ne vous sera donné. La « diversité » oui mais seulement avec des jeunes femmes jolies très bien apprêtées et mince ou à la Marilyn monroe. La « parité » des gouvernements est en cela très représentative. D’ailleurs plusieurs amies et moi-même avons été mise en compétition avec nos collègues noires ou d’origine immigrée par nos vieux croutons de chefs pétris de paternalisme ravis de s’entourer d’odalisques et de ne faire « que de l’humour » genre « elle est bien jolie ma aicha ahaaha, vous devriez plus faire d’effort aussi lyly ahahah ». Des amies noires dépensent plusieurs centaines d’euro par an pour ne pas afficher de cheveux crépus parce que ça ferait « sale » (on leur a déjà dit au boulot) , ou dans des crèmes éclaircissantes très mauvaises pour la santé.
    Moi je suis protégée par mon statut de blanche qui a l’autorisation de ne pas être trop commode ni trop apprêtée (du coup je me retrouve dans le rôle de paternaliste en répliquant à leur place pour les soulager de temps en temps ). Et surtout on ne rentre pas dans le conflit qu' »ils » voudraient mettre en place, les plus grandes victimes étant les hommes, femmes non apprétées et obèses d’origine immigrés on se console en se disant que les jeunes femmes ouvrent un peu la brèche qui permettra aux autres d’entrer à terme.

  27. « Ce qui veut dire que nous sommes devenues aveugles à notre propre beauté.
    C’est triste. »

    Je partage.
    *Se rappelle douloureusement son passage de coupe garçonne à cheveux longs pour se fondre dans le moule*.

    Il y a clairement des « beautés  » que l’on cultive
    – pour soi (les tatouages sont généralement personnels)
    – pour des groupes restreint (petit ami, intégration dans un groupe minoritaire)
    – et d’autre pour la norme. (éviter un rejet).

    Et certaines choses se confondent. Mais TOUT n’est pas pour la norme.
    Comme TOUT n’est pas pour soi. Je diviserai peut-être plus les choses, selon les personnes. Mais, ton article y perdrais de sa force de frappe : il dénonce se collage à la norme en le justifiant par « pour soi ». Cependant je vois des nuances, dans les actes de esthétiques que nous faisons subir à notre corps.

    Exemple : épilation et norme : ok.
    Drêdes et groupe restrient : ok.
    Mais les tatouages, les piercings, les scarifications, les implants ?

    • Tu soulèves des questions intéressantes. Je saurais pas vraiment répondre, toutes les modifications corporelles qu’on fait pour modifier son apparence ont forcément un peu rapport aux autres, à la société ou une partie de la société, que ce soit un groupe, ou simplement ses propres ou même une personne de son entourage… Ce que je trouve positif avec les tatouages c’est qu’ils sont une forme d’expression de soi, ils sont souvent originaux, ils disent quelque chose sur la personne, et quelque chose d’important puisqu’ils sont en principe permanents. Bien qu’avec les modes, on voit de plus en plus de tatouages qui ne semblent rien signifier mais juste servir à « faire joli » la plupart des tatouages expriment quelque chose et je trouve que c’est une forme d’art intéressante. D’autant plus qu’en général il n’y a pas de pression sociale importante pour se tatouer (bien que ça puisse exister dans certains groupes je suppose) donc les gens le font un peu plus « pour eux » même si ça concerne leur apparence (et donc leur rapport au monde). Enfin j’ai connu quelques gens qui se faisaient des modifications corporelles dans un esprit « mode » de la même façon qu’on achète une nouvelle paire de pompes, mais c’est quand même rare.

    • Si je peux me permettre de donner mon avis sur la question (j’aime bien donner mon avis, je le trouve vachement coule :D), concernant les piercings, tatouages, scarifications et implants…

      Tu cites là toute une culture du « trash » et de l’inhabituel. Par inhabituel je veux dire qu’on n’en voit pas tous les jours. Ce n’est pas anodin, si, par exemple, très peu de personnes vont jusqu’à se tatouer le visage. Ces expressions corporelles sont, selon moi, une manière de se détacher du lot. De se montrer différent. « Je ne suis pas comme vous ». Le besoin de marquer son originalité en montrant qu’on est près à payer le prix fort pour ça : la souffrance. Car se tatouer, se scarifier, faire des trous dans son corps pour y mettre des bijoux, ce sont des blessures à la base. Il y a donc là quelque chose de choquant, qui interpelle. On tente donc de montrer sa personnalité à travers un truc qui attire l’attention par sa violence.

      On le fait donc pour soi, dans le sens où c’est l’expression de sa personnalité dans le choix de comment, où et pourquoi on va se « blesser » et garder la marque de cette blessure, mais aussi pour les autres, pour attirer leur regard, pour leur signifier « je ne suis pas n’importe qui ».

      Voilà ma théorie. :D

  28. Dans ton article, tu affirmes devoir parler de la « souffrance » des femmes qui s’épilent, se maquillent et portent des talons, alors que ces dernières n’ont pas forcément le sentiment de souffrir en retravaillant un peu la nature. Et dans un commentaire, tu nous apprends que finalement, toi, tu as souffert lorsque tu as été obligée de te promener en chaussures de rando pas épilée…

    J’imagine donc que ce que tu voulais réellement nous dire, c’est que la femme est obligée de souffrir, quels que soient ses choix (ou non-choix, si tu veux). Ce contre quoi tu devrais par conséquent t’insurger, c’est contre cette domination du paraître qui nous prive de la liberté de s’émanciper des diktats physiques sans souffrir du regard des autres. Au lieu de cela, tu t’en prends aux malheureuses qui n’ont pas assez de « couilles » pour assumer un maillot à moustaches ou du persil entre les dents, et qui affirment qu’elles se sentent mieux en soignant leur apparence.

    • Ha non mais je t’arrête tout de suite, tu n’as RIEN compris à l’article. Relis-le à tête reposée et on discutera.

  29. Sympa, cet article.
    Par contre, il me semble que dans « c’est ce que je désires », « désire » ne prend pas de « s ».

  30. Hmm…actuellement en études comprenant de la sociologie et des cours sur le genre, je dois dire que je me suis souvent posé la question. Est-ce que ce que je fais me plaît, est-ce que je me sens obligée, est-ce que je m’inflige des souffrances juste dans le but d’être mieux acceptée par la société ?
    En un sens, oui. J’ai commencé, comme beaucoup, à m’épiler pour qu’on ne hurle pas de dégoût à la vue de mes jambes. J’ai commencé à me maquiller pour imiter les autres, pour correspondre à une norme.
    Seulement, je ne vois aucun inconvénient à aucune de ces pratiques tant qu’elle est faite après un choix : aujourd’hui, après plusieurs années de féminisme, je suis tout à fait au courant du fait que ce que je fais pour correspondre à une image de femme, bah je pourrais tout bonnement l’arrêter. (Ca ne pousse pas bien loin, d’ailleurs, parce que j’ai toujours refusé des tas de trucs, dont le maquillage à outrance, question de flemme, les régimes impossibles, parce que j’aime me faire plaisir, et les talons, parce que merde, j’ai déjà des problèmes de dos, je vais pas aller jusqu’à me bourrer de morphine pour faire plus « fille »)
    Soyons honnêtes : oui, le fait d’apprécier mes jambes sans poil me vient certainement du fait que je me suis épilée avant. Cependant, aujourd’hui, j’apprécie cette sensation, et même si je ne le fais pas systématiquement, je le fais régulièrement. Pour moi. Mon copain ne m’y oblige pas (et n’a pas intérêt, sans quoi il se réveillera à grands coups d’épilateur électrique), et concrètement, s’il apprécie lui aussi quand mes jambes sont douces, ce n’est clairement pas ça qui va l’empêcher de m’aimer. Le maquillage ? 5mn devant le miroir, puisque mal réveillée, et basta. Je ne m’y sens pas obligée, j’apprécie ma tronche avec un trait d’eyeliner. Je me sens parfois très bien dans un string en dentelle, et parfois très bien dans une culotte toute bête, ça dépend de mon humeur du moment. Le régime que je fais n’est pas dicté par la société, mais par mon envie de me remettre en forme après des années sans sport (pour raison médicale assez sévère) durant lesquelles j’ai pris des kilos : il n’est pas restrictif, et est basé sur le fait de faire du sport.
    Bref, je pourrais détailler ma petite vie toute la journée. Ce qui est important, c’est le fait de choisir. Non, je ne fais pas ces choses parce que j’y suis obligée, par moi-même ou par la société. Si demain matin je me dis que j’ai la flemme de m’épiler, de me maquiller, de faire mon sport quotidien (bon, là, c’est différent, ça va probablement me donner quelques années de plus à vivre, donc bon), eh bah je le fais pas, point. Personne ne va venir me coller une amende parce que je ne le fais pas.
    Diaboliser des trucs, d’accord, c’est cool, c’est vrai : pour de très nombreuses personnes, il s’agit EFFECTIVEMENT d’une obligation sociale tellement ancrée dans le cerveau des femmes que ça paraît naturel. On est bien d’accord, c’est malsain, c’est dangereux, liberticide et ça relève de la misogynie la plus pure, une certaine haine de son propre corps, pas assez normé par rapport à ce que la société en attend. Cependant, il y a des femmes qui font certaines de ces choses pour elles, dont moi.
    Est-ce que je dois être forcément considérée comme néfaste pour la cause des femmes, alors que j’ai tout de même des années de réflexion sur le sujet, que j’ai fait mon choix de façon éclairée, sans faire partie des moutons ?

    • « je ne vois aucun inconvénient à aucune de ces pratiques tant qu’elle est faite après un choix » dis-tu après avoir expliqué en quoi ce n’est pas vraiment un choix mais une conséquence de pression(s) sociale(s).
      Le fait de voir des gens hurler de dégoût ou chuchoter ou ricaner à la vue de tes aisselles ou jambes naturelles ne t’influence ni ne te heurte en aucune façon? J’aimerais bien te rencontrer, tu m’as l’air d’une personne fort singulière!

      • Euh…étant donné que beaucoup de mes chers camarades de classe m’ont demandé d’aller me suicider parce que je portais un corset au collège (orthopédique, visible malgré les vêtements), bizarrement, des ricanements provoqués par des jambes mal épilées, c’est le dernier de mes problèmes :D.
        Je comprends que ce n’est pas le cas pour tous. Dans ce cas là, je me dis que le dernier des connards opposé au mariage homo, raciste, misogyne etc vit très bien sa vie malgré le fait que beaucoup de gens, y compris moi, se foutent constamment de sa gueule et voudraient le voir mort : pourquoi je npourrais donc pas assumer un poil dépassant de mes jambes ? Ca me paraît beaucoup plus acceptable malgré les pressions.
        Et dès lors que l’on comprend que ce sont des pressions sociales, de toutes façons, à quoi bon hurler ? Si on me disait demain « écoute, en fait t’aimes bien le bleu parce que tu as été programmée pour l’aimer », je doute que je changerais d’avis dessus : même s’il y a eu une notion d’obligation dans le passé, ça reste un truc que j’apprécie (ici je pense plus au maquillage léger hein. Qu’on ne vienne pas dire que j’apprécie d’arracher sauvagement mes poils en hurlant, ou me tuer les pieds dans des talons : d’une, je rase, de deux, je ne mets pas de talons, et je ne m’oblige pas à faire des trucs douloureux de toutes façons).
        Et personnellement, je ne me sens pas moins féministe parce que je m’épile quand j’en ai envie. Parce que voilà le noeud du problème : en lisant cet article, j’ai l’impression d’être rabaissée en tant que féministe parce que je me « plie » à quelques uns de ces trucs.
        Pour moi, il est extrêmement important de mettre l’accent sur la socialisation : non, les filles et les garçons ne sont pas comme ça, on est élevés dans un certain sens pour correspondre à un genre. Dès lors que cette compréhension fondamentale est acquise, pourquoi faudrait-il faire chier les gens ? Est-ce que je vais aller taxer sa boîte à maquillage à telle copine parce qu’en faisant le choix de se maquiller pour elle, elle participe involontairement à un stéréotype de la femme (même si elle en met 15 couches) ? Non. Et je doute que culpabiliser les gens pour des choses qu’ils apprécient (mea culpa, j’aime la salade, et ce n’est pas à cause d’un régime) soit un moyen particulièrement intelligent de faire avancer les choses.
        Donc oui, je me maquille effectivement pour moi, je bronze parce que j’aime passer du temps au soleil à bouquiner (et ça me fait lâcher le pc, tiens), je mets des masques sur ma gueule quand je suis dans mon bain parce que je me tape un moment de détente, et que j’aime bien faire en sorte de pas avoir des boutons douloureux sur le visage (merci, adolescence qui s’en va). En quoi suis-je un monstre, un frein à la cause des femmes ? En rien (et mon casier judiciaire est blanc comme neige).

        • Franchement tu vois beaucoup de femmes se balader avec une pilosité naturelle? Vu que 100% des femmes s’épilent (celles qui ne le font pas sont loin d’atteindre les 1%) je trouve étrange d’affirmer que c’est une question de goûts personnels. En gros tu dis que tu as subi des injonctions à d’autres trucs que l’épilation et que donc l’injonction à l’épilation ne te touche pas ou qu’elle n’existe pas? Je trouve ce raisonnement absurde. Voir des gens te montrer du doigt dans la rue, te regarder avec pitié ou t’insulter ouvertement, voilà ce qui t’attend si tu cesses de t’épiler, et si ça ne te fait RIEN DU TOUT, alors félicitations, tu es la seule personne au monde à être totalement insensible à ce que pense 99,99% de ton entourage ! Mais ne crois pas pour autant que ton cas soit une généralité. La plupart des gens n’ont pas envie d’être insultés, tourmentés, montrés du doigt, regardés avec mépris et dégoût.

          Je vois pas comment tu peux comparer ne pas aimer les poils ou aimer la couleur bleue. Certains aiment le bleu, d’autres le rouge. Combien de femmes dans ton entourage ne s’épilent pas du tout? Si le rouge était connoté comme quelque chose de sale et de honteux, en effet plus personne ne s’habillerait en rouge. Et dire « je n’aime pas le rouge » n’aurait aucun sens.

          C’est quand même marrant que d’un côté il existe une pression énorme, on ne voit jamais une femme avec des poils aux aisselles que ce soit à la télé, sur les magazines (et pas seulement la presse féminine, toute la presse), les livres, les pubs, mais également dans la rue, à la piscine ou à la plage; et d’un autre côté, quand on demande à une femme, elle s’épile parce que « elle n’aime pas les poils ». Mais je me marre, quoi. A chaque fois que je rappelle que l’injonction au glabre n’est ni une mode (une mode n’est jamais suivie par 100% de la population) ni une question de goût, y a toujours quelqu’un qui vient dire: « oui bon mais MOI j’aime pas les poils ». Ha bon parce qu’on a le choix d’aimer les poils ou non? mais bien sur que non. Les poils c’est sale, dégueulasse, crade, animal, etc, et ne pas s’épiler c’est être sale (peu importe qu’on se lave ou non). Combien de femmes ne vont pas se baigner parce qu’elles ont oublié de s’épiler?

          Tu penses peut-être que c’est original de s’épiler « quand on a envie ». Mais c’est ce que toutes les femmes pensent faire. Toutes les femmes s’épilent « quand elles en ont envie » parce que « personnellement, elles n’aiment pas les poils ». C’est quand même étrange ce goût (ou plutôt ce dégoût) universellement répandu.

          Extrait du mémoire de l’ethnologue Juliette Sakoyan (JS) qui date de 2002, intitulé « De la cire au laser : l’adieu au poil dans la société française contemporaine » (cité ici): aucune femme n’enlève ses poils pour elle-même tant qu’il y a une obligation pour les femmes d’être sans poils. Il n’y a pas de vérité dans la phrase « Je m’épile parce que j’aime ça », quand cette préférence vient uniquement du conditionnement social.

          Après je vois pas pourquoi tu dis des trucs comme « En quoi suis-je un monstre, un frein à la cause des femmes ? ». Franchement, personne ici n’a dit ça, et je trouve ça malhonnête de changer de sujet comme ça en inventant des choses qui n’ont pas été dites ni pensées.

  31. Mouais…
    S’affamer et faire régime sur régime en regardant son ventre avec horreur et tout le toutin, ça s’apelle de l’anorexie et c’est une maladie mentale (et je ne parle pas de ça du ton léger que j’aurais peut-être si ça ne faisait pas partie de mon entourage proche), mais bon…

    Je trouve juste cet article-là caricatural dans le sens où on a une opposition noir-blanc sans nuance ni subtilité avant les commentaires.
    Je sais, je suis un mec (j’avais remarqué aussi), donc ce que je vais dire n’aura peut-être pas la même pertinence que si je n’avais pas de tuyau d’arrosage entre les jambes, rapport d’échelle et de la façon dont c’est considéré par la société en général.
    Si je fais du sport, que je surveille ce que je mange et que je m’épile, est-ce que quelqu’un me ferait la remarque que je fais ça pour coller dans un moule?
    Ce serait absurde. <- Encore une différence de traitement homme femme, tiens.
    Je fais du kung fu parce que j'en ai envie et parce que le tao me détend, je surveile ce que je mange parce que sinon dans dix ans j'aurais des problèmes de santé, et je m'épile passke jaimpalépwal.

    En fait, au-delà de l'aspect coup de gueule de ton article, je trouve assez dangereux d'une part de vouloir catégoriser une série de comportements dans un grand ensemble de façon définitive, d'autre part de leur donner une raison unique, a fortiori dans un texte aussi court qui n'a pas permis aux nuances de ta pensée de s'exprimer (heureusement, les commentaires arrangent ça :) )

    Quant aux raisons de tout ce bouzin, honnêtement, j'irais personnellement plus chercher du côté des pressions sociales que du patriarcat et du sexisme ordinaire. Evidemment, ces deux éléments sont présents, mais à travers la pression sociale qui s'exerce sur le paraître et non l'inverse.
    J'appuie cette assertion sur l'Histoire des modes.
    Elle prouve que le maquillage (tant chez les femmes que les hommes, pour mémoire la femme victorienne ne se maquille pas, c'est vulgaire), l'épilation des jambes chez les hommes, talons hauts, chapeaux, souci d'esthétisme pour le paraître et autres modes vestimentaires complexes du Moyen-Âge sont aussi fortement liées à des affaires de modes sur le long terme (comment on passe des sappes de Philippe II à François Ier, de François Ier au Louis XIV, puis jusqu'à Napoléon, puis Louis-Philippe pour faire encore un saut de puce jusqu'aux débuts de notre siècle -Clémenceau, mettons-, puis grimper jusqu'à nos costumes trois pièces).

    Y'a une part de conditionnement, évidemment: tant par l'éducation (genre le conte de fées qui renvoie aux gamines l'image de la princesse qui attend le prince charmant en faisant de la broderie pendant qu'il va faire des trucs rigolos avec un dragon; mais elle a une belle robe de bal, hein) que l'image renvoyée par la culture populaire (pub/cinéma/TV/BD/jeux vidéo/musique et toutes ces conneries de manequinnat chsaispasquoi) de ce que "doit" être la féminité.
    Mais justement, ce conditionnement ET cette pression sociale viennent de l'évolution des modes, de la norme du dénominateur commun d'une société.
    Du coup, comme pour toutes les normes, on a différents types de comportements qui se profilent:
    1°) D'abord, celles et ceux qui s'y conforment sans réfléchir parce qu'ils se sentent paumés et mal à l'aise dès qu'ils sortent du "normal".
    2°) Ensuite, les gens qui refusent la norme et se contruisent par opposition. Ces gens peuvent rejoidre une norme minoritaire existante, ou bien l'augmentation de leur nombre créée une nouvelle norme à laquelle soit ils se conforment parce qu'elle leur convient (auquel cas on se trouvait face à une personne qui était à la recherche de la norme où s'intégrer et ils finiront par ressembler au cas 1), soit qui la refusent à nouveau.
    Chez ce type de personne, je distinguerais deux cases: la case des gens qui n'ont pas trouvé chaussure à leur pied et chercheront une autre norme, et celle des gens qui refusent plus l'idée de se conformer à une norme qu'ils ne rejettent le contenu de la orme lui-même.
    3°) Les gens qui se trouvant face à une norme, vont tenter de la dépiauter pour en comprendre les mécanismes et qui, s'ils s'y conforment, le feront pour des motifs clairs dans leur tête. Contrairement au cas 1, se conformer à une norme est chez eux plus un moyen de mettre un masque (que ce soit en société ou non), de jouer, etc.
    4°) Les gens qui s'en foutent et piochent ce qui leur plaît où que ça se trouvent, et se moquent comme d'une guigne de savoir pourquoi ils s'épilent les parties.

    Evidemment, c'est exagérément simpliste, et, comme toutes les cases quand on parle d'homo sapiens, c'est aussi poreux qu'un barrage de crue en éponges de mer.
    Ce n'est peut-être qu'une impression, mais je crois que la majorité de la population se range dans la case 1. Ce qui pour nombre d'entre nous est évident (questionner une norme) ne le sera pas pour eux parce qu'ils ne voient pas les murs.
    Et pour finir, je plussoie ce que dit Anashka, ça m'évitera de la paraphraser :)

    • « je trouve assez dangereux d’une part de vouloir catégoriser une série de comportements dans un grand ensemble de façon définitive » -> ce n’est pas ce que je fais. C’est ce que tu fais, toi, lecteur. Je ne suis pas responsable de toutes les interprétations que font les gens de ce que j’écris (sinon je pense que j’aurais l’équivalent de plusieurs génocides sur le dos vu tous les propos qu’on m’attribue de façon totalement fantaisiste).
      « d’autre part de leur donner une raison unique » -> Tu peux me citer la partie de l’article qui dit cela? Non, tu ne peux pas, car l’article ne dit pas cela. cf point précédent.
      « a fortiori dans un texte aussi court qui n’a pas permis aux nuances de ta pensée de s’exprimer » -> pourtant tu n’hésites pas à m’attribuer plein de choses que je n’ai pas dites dans cet article malgré qu’il soit très court.
      « S’affamer et faire régime sur régime en regardant son ventre avec horreur et tout le toutin, ça s’apelle de l’anorexie et c’est une maladie mentale » -> et cette maladie mentale n’aurait, selon toi, aucun rapport avec les pressions sociales, le patriarcat et tout le toutim (rien que le fait que 90% des malades soient des femmes, ça ne te fait pas tilt?). (d’ailleurs je trouve assez étrange de catégoriser anorexiques/pas anorexiques d’une façon tranchée, la vérité et qu’on ne traite que les cas très graves d’anorexie, mais il est connu que lorsque l’anorexie se déclare avant d’atteindre certaines limites elle est plutôt encouragée par l’entourage).
      Enfin je vais arrêter là car quand tu dis « Si je fais du sport, que je surveille ce que je mange et que je m’épile, est-ce que quelqu’un me ferait la remarque que je fais ça pour coller dans un moule? » cela montre que tu es passé à côté de l’article et que tu n’en as aucunement compris le propos.

    • « 2°) Ensuite, les gens qui refusent la norme et se contruisent par opposition. »

      On l’accepte mieux quand c’est un mec qui fait ça. Il se laisse pas faire, il a son caractère, blablabla, il fait ce qu’il veut et ça c’est classe, c’est pas un gros mou. C’est les hommes ils sont comme ça.
      Si c’est une nana qui refuse la norme elle est négligée, incontrôlable et forte tête et ça c’est pas classe, elle se trouvera jamais un mec Donc elle ratera sa vie de meuf. Et tout le monde s’inquiète pour la vilaine brebis noire.

      « Si je fais du sport, que je surveille ce que je mange et que je m’épile, est-ce que quelqu’un me ferait la remarque que je fais ça pour coller dans un moule?
      Ce serait absurde. <- Encore une différence de traitement homme femme, tiens."

      Si t'en fais trop, ou pas comme il faut, t'es un gros efféminé et ton orientation sexuelle est suspecte. Ton exemple est Justement symptomatique, ya des activités "de meufs" illégitimes pour les mecs, et inversement, et des comportements, à l'inverse, obligatoires pour un genre ou l'autre.

      "est-ce que quelqu’un me ferait la remarque que je fais ça pour coller dans un moule"

      Alors, oui, tu fais ça pour coller dans un moule. C'est ton moule et tu l'as choisi, t'as parfaitement le droit. Par contre, les filles sont beaucoup plus "forcées" que les mecs à rentrer dans un moule. En fait on exige pas grand-chose d'elle, à part qu'elles rentrent dans le moule (c'est déja pas mal, ça les mets au service de la société d'abord, des hommes conformes ensuite, et ça leur apprend à nier leur libertés et envies personnelles et leur individualité.)

      • Et donc une fois que t’as compris ça, le truc condamné spécifiquement dans l’article c’est la prétention de « le faire pour soi ».

        Comme dans :
        « mais maman, j’ai pas envie d’apprendre à m’épiler, de quitter le boulot à la hâte pour aller chercher mon gosse à l’école, puis d’aller faire les courses très vite pour avoir préparé le repas à 19h quand bichon rentre ..
        – Mais, tu le fais pour toi ! Pour réussir en tant que femme, c’est comme ça qu’on fait ! » (< dit avec un air inquiet)

        • Bonjour, réponse au commentaire tardif, tout ça…
          Bref. Je vais faire une reprise point par point, et je m’excuse par avance de la longueur que ça risque d’avoir. Je préfère exprimer ma pensée clairement pour éviter toute forme de malentendu, je vais donc procéder point par point.

          Sur le comm de l’Elfe
          ¤ Au sujet du « je trouve assez dangereux d’une part de vouloir catégoriser une série de comportements dans un grand ensemble de façon définitive »
          Je suis désolé, mais si. Tu lies ce groupe de comportement (une série de comportements liés au rapprochement vis à vis d’un idéal de beauté féminine véhiculée par la culture mainstream occidentale) à la seule recherche de fusion impossible avec cet idéal douteux. Tu ajoutes dans ton dernier paragraphe que cet idéal est imposé aux femmes*, et les questions que tu poses sous-entendent que toutes les actions que cites au-dessus, lorsqu’elles sont entreprises en nombre sur la durée, ne sont entreprises que dans la poursuite de cet idéal. C’est ce que j’en ai compris, parce que ton propos ne tient pas de porte entrebaillée vers toutes les autres raisons qui peuvent motiver un être humain à faire des choses en contradiction avec son bien-être.
          Evidement que tu n’es pas responsable des interprétations de ce que tu écris. Mais Les mots que nous traçons ont du pouvoir, et tant qu’on reste civil courtois, je ne vois pas de raison de ne pas discuter de ces interprétations.**

          ¤ « d’autre part de leur donner une raison unique »
          Effectivement, tu ne le dis pas dans l’article, mais c’est ce que j’en avais compris dans le sous-entendu du propos, cf ci-dessus.

          ¤ « a fortiori dans un texte aussi court qui n’a pas permis aux nuances de ta pensée de s’exprimer »
          Justement. En allant à la concision (qui tourne d’après moi plus à l’exercice rhétorique), et n’expriment pas de façon claire ce qui selon toi sous-tend ces comportements, l’esprit extrapole par rapports aux éléments que tu évoques de façon lapidaire. D’où le « sans nuance ni subtilité AVANT les commentaires. »

          ¤ La citation sur l’anorexie
          Est-ce que j’ai dit quelque part que je pensais que cette maladie n’était pas quelque part encouragée par les diktats de mode actuels? Nope, parce que là-dessus, nos opinions se rejoignent. Accessoirement, tu me reproche l’extrapolation que je fais de certains de tes propos, mais tu ne procèdes pas différemment: j’ai cité dans une phrase lapidaire quelques uns des facteurs où on peut diagnostiquer une anorexie, mais nul part n’ai-je dit que l’anorexie se résumait à ça, et nul part n’ai-je dit qu’il existait une case anorexie (ça sert pas à grand-chose d’épiloguer sur la question, vu que je pense qu’on est tous plus ou moins d’accord sur le potentiel stupidité de se dire « à tel IMC, pas d’anorexie, passe la frontière d’un poil de cheveux, et BIM! Anorexie. »).

          ¤ Ensuite, sur les quelques phrases que j’ai alloué à ma précieuse petite personne. Il ne s’agissait que de souligner la différence de traitement qui existe la encore entre homme et femme.

          Sur le comm de Ribz
          A te lire, j’ai l’impression que mes cercles de potes sont sur une autre planète. Ce que je dis sur les comportements, je l’ai surtout observé sur mon lieu de travail (collègues et clients; pas des gens que j’ai envie de fréquenter pour la plupart). L’écrasante majorité des gens que je fréquente rentrent dans les cases (avec toutes les nuances et bla bla bla, je parlerai seulement de dominante dans le rapport à la mode) 3&4. Parmi les gens que je fréquente, les filles font ce qu’elles veulent et tout le monde s’en fout.
          Et comme je traîne dans des cercles où on se contrefiche aussi de l’identité sexuelle d’autrui (on a même tendance à en jouer), je vois pas où est le problème. Enfin… Euh… trop de sport = gay? Escrime ou sport de combat pas pour les filles? C’est ce genre de trucs que tu impliques (là je comprends juste pas les implications, désolé :( )
          Celles qui se fondent dans la norme le font pour des raisons précises (avoir une chance de faire bonne impression devant un propriétaire pour trouver un apart ou pas se faire blacklister alors que t’es à l’IUFM, par exemple -oui je sais c’est sensé ne plus exister mais tout le monde dit encore ça- ). En fait, les filles que je fréquente fonctionnent plutôt sur le mode « je fais comme je veux, et je me fous de savoir ce que t’en penses. »

          Le deuxième comm de Ribz:
          Justement, je trouve que l’article de l’Elfe ne fait qu’égratigner la surface. Peut-être parce que j’ai plus l’habitude de lire des analyses qui essaient d’aller au fond des choses que je râle, et que j’ai plus l’habitude de la lire expliquer, pas seulement condamner (parce que oui, bon, le fond de l’article , j’avais saisi, chuis peut-être pas l’homme le plus brillant de la terre***, mais je me débrouiller ^^ )

          *La question n’est pas de discuter ou pas la véracité de cette dernière phrase tant la réponse est évidente pour tous. Vu que nous vivons dans une société patriarcale qui impose aux femmes en général à exister d’abord dans l’œil de la validation physique, cet idéal vient d’abord de là, mais je ne pense pas qu’on puisse trouver grand-monde pour contester quelque chose d’aussi visible.

          **Ca fait un moment que j’écris -entre autre- des nouvelles, et on m’en a déjà faite des lectures et interprétations du méta-signifiant assez délirantes, mais le désaccord n’empêche pas d’en parler. Je suis conscient que le type de position que tu défends t’exposes à beaucoup de hargne, rage, insultes et menaces teintées d’obscurantisme et de traditionalisme nauséeux, et que c’est pas tous les jours facile de tenir un blog comme le tien.

          *** Sinon on m’aurait sûrement embauché comme ampoule sur la face cachée de la lune. Depuis le temps.

          • « Ce n’est peut-être qu’une impression, mais je crois que la majorité de la population se range dans la case 1. Ce qui pour nombre d’entre nous est évident (questionner une norme) ne le sera pas pour eux parce qu’ils ne voient pas les murs. »
            .. Donc, c’est acceptable d’enfermer un mec sans raison, si on l’aveugle aussi pour qu’il ne voie pas qu’il est enfermé ?

            « Enfin… Euh… trop de sport = gay? Escrime ou sport de combat pas pour les filles? C’est ce genre de trucs que tu impliques (là je comprends juste pas les implications, désolé :( ) »
            Tu ne comprends pas les implications ? O_o
            Donc : une fille peut taper du poing sur la table en élevant la voix et aller bricoler dans un moteur en buvant des bières, et tout le monde restera d’accord pour dire que c’est une fille féminine. Et un mec peut pratiquer le ballet et s’épiler les jambes à la cire, et personne ne mettra en question sa virilité.
            Et aucun des deux ne prend le risque de subir un vague manque de reconnaissance de la part de la société, avec quolibets et violence physique en options.

            Bon, je t’avoue que jsuis plus très motivé pour le « débat en ligne », surtout qu’en l’occurence, dans les faits, je crois qu’on est généralement d’accord ..
            http://pervocracy.blogspot.fr/2013/02/cosmocking-march-13.html
            Va jeter un oeil à tous les « cosmocking » sur ce blog si tu veux te faire une idée du niveau de la conscience féministe (donc égalitariste) dans les « médias populaires ».
            C’est dur à croire, mais il y a bien des gens pour qui ce genre de truc, imprimés par des vrais journalistes et achetés dans une vraie grande enseigne Sont parole d’évangile.

            « je fais comme je veux, et je me fous de savoir ce que t’en penses. »
            Sérieux, faut arrêter avec cet argument. Je ne fais pas toujours ce que je veux, Je ne fais pas toujours ce qui est bon pour moi, Je ne sais pas toujours ce qui est bon pour moi ou pour les autres ou pour les générations futures, je ne sais pas toujours ce que je veux, ce que je devrais vouloir, ce que les autres croient que je veux ou que je devrais vouloir.

            « J’ai 18 ans, je suis adulte et responsable (c’est comme ça que ça marche, je l’ai appris en cours d’éducation civique), et je ne tolèrerai pas qu’on me suggère que j’ai pu me tromper, ou que j’ai pu me contraindre volontairement sans bonne raison, qu’il s’agisse de viande ou d’épilation je fais ce qui est juste parce que la société le dit ! »
            Fuck, que ça m’énèrve.

            «Vu que nous vivons dans une société patriarcale qui impose aux femmes en général à exister d’abord dans l’œil de la validation physique, cet idéal vient d’abord de là, mais je ne pense pas qu’on puisse trouver grand-monde pour contester quelque chose d’aussi visible. »
            Lu dans ton message précédent :
            « S’affamer et faire régime sur régime en regardant son ventre avec horreur et tout le toutin, ça s’apelle de l’anorexie et c’est une maladie mentale »
            … Et il faut que l’Elfe te le dise pour que tu captes que c’est une somatisation qui découle directement de l’injonction à la maigreur ? Pas pour chaque cas isolé, mais statistiquement, dans une foutue majorité de cas, c’est une maladie culturelle, une maladie de Société qui ne gère pas bien ses injonctions.

          • … Et j’ai oublié le principal : « je ne sais pas toujours ce que je crois vouloir mais dont je me passerai avec plaisir ».
            Un thème un peu récurrent chez l’Elfe.

            Elle suggère des façons de se libérer, de libérer les autres, et de se libérer de certaines contraintes.
            Le réflexe épidermique « Non mais je suis Déjà libre, t’inquiètes », surtout quand il est doublé d’une attitude vexée/énervée/d’ordre « je me disculpe », je dis que c’est juste une preuve qu’elle fait mouche.

          • « Je bois tes paroles. »
            Santé. Jsuis peut-être une averse providentielle, mais alors ton blog est une oasis au milieu du désert.
            Je suis un effet, mais c’est toi la cause, l’Elfe ;)

            Bref, on a hâte de te lire encore !

  32. « Pour moi-même et personne d’autre, je porte des soutien-gorges » -> je suis d’accord avec l’ensemble de l’article, mais juste sur ce point-là, je voulais préciser que quand je cours, mes seins rebondissent et c’est limite douloureux (il m’est d’ailleurs arrivée de courir sans avoir de soutien-gorge et de me retrouver à le faire en tenant ma poitrine avec un bras, parce que sinon ça n’était pas supportable !). Donc oui c’est un petit détail, mais si je mets un soutien-gorge le matin, c’est principalement parce que son absence rend certaines activités physiques inconfortables. Il m’arrive aussi de ne pas en mettre, mais alors si je dois courir, je suis embêtée…

    @Personne : « le truc le plus incroyablement difficile à faire, pour un humain, c’est sa propre remise en question. » -> je suis bien d’accord, je m’en rends compte tous les jours (chez moi mais aussi chez nombre de personnes de mon entourage…heureusement certains arrivent à progresser !).

    @Lelfe : « malgré que » (dans un de tes commentaires) ça m’arrache toujours les yeux quand je le lis (ou les oreilles quand je l’entends) ! (Je dois être conditionnée par l’Académie Française ^^ – ou par mon professeur de Français de troisième qui nous avait dit de ne pas l’utiliser, au choix.)

    A part ça, encore merci pour ton blog.

    • Pour les soutien-gorge: moi aussi, il me serait difficile de courir sans soutien-gorge. Mais c’est parce qu’on y est habituées ! J’ai du mal à imaginer qu’avant le soutien-gorge (qui a quoi? 200, 300 ans?) les femmes avaient toutes mal aux seins quand elles couraient.
      Je ne sors pas sans soutien-gorge parce que les gens me regardent vraiment bizarrement (déjà que je m’épile plus…) et j’ai peur de me faire agresser car les gens n’ont pas l’habitude de voir des seins non comprimés qui ont un mouvement naturel et c’est perçu comme « provoquant » (quand j’étais ado j’ai subi quelques agressions dans la rue). Du coup je suis habituée à en porter et j’en porte même quand je suis seule. Mais si j’osais me balader sans soutien-gorge, (ce que je ferai sans doute un jour) je m’y habituerais et je pense que je finirais par être capable de courir et de faire du sport sans soutien-gorge. Ce qui, contrairement à ce qu’on pense généralement, aide la poitrine à ne pas s’affaisser avec le temps, car les muscles qui soutiennent les seins se renforcent! D’après le peu d’études menées sur le sujet, le soutien-gorge est responsable de l’affaissement de la poitrine, il est même accusé de cancers du sein.

      Désolée pour le « magré que » ^^

      • En effet, peut-être qu’on peut s’y habituer…mais lorsque j’étais ado, et que j’ai commencé à avoir de la poitrine, ça a été assez rapidement désagréable de courir sans soutif…

        Disons que du coup pour moi c’est principalement du confort, et qu’il m’arrive de ne pas en mettre. :)

        Pour l’épilation, je cède à la pression sociale…cela dit je me souviens avoir été draguée dans la rue alors que j’étais en jupe et…pas épilée depuis assez longtemps pour que ça se voie un peu. Donc finalement, pas sûr que les hommes prêtent tant attention à ça, et comme tu le disais je crois, ce sont parfois les femmes qui sont dures entre elles à ce sujet.

      • C’est peut-être juste qu’il y a 300 ans, les femmes ne faisaient pas de jogging, donc n’avaient pas l’occasion de savoir que courir faisait mal aux seins… Pas que cette douleur soit contemporaine du port du soutien-gorge. Par ailleurs, avant la création du soutien-gorge « moderne », ça faisait déjà un bon moment que les seins n’étaient plus « libres ».

        • Ca me parait assez risible de penser que les femmes ont commencé à courir lorsqu’on a inventé le jogging :D

  33. un peu abasourdi de tous ces échanges…
    juste pour faire avancer le shmilblick, ou plutôt le faire rebondir, il fut un temps où l’homme ne s’épilait pas … il fut un temps où les espagnoles sud-américaines ne se rasaient pas pour être absolument différentes des autochtones qui elles sont totalement glabres…
    on ne va couper les cheveux en quatre : il y a la mode, mais surtout le regard des autres …de l’autre !!!

  34. je ne vais essayer de ne pas trop m’apesantir sur mon cas parce que n’aurai pas l’impression d’ajouter quelque chose après tout ces commentaires…
    j’essaye de faire les choses « pour moi ». je suis un peu en phase de déconstruction comme tu dis. je vais en salle de sport jambes et aisselles poilues. mais malgré tout, ca me fait un truc déplaisant d’écrire ca (et on verra si je serais encore cap’ en plein été dans la rue). j’assume un peu par bravade, je suis convaincue que c’est la societé qui nous y contraint et je suis pas d’accord avec ca, et en effet je dois bien constater que la pression est efficace car c’est pas hyper confortable. c’est plus facile pour moi d’assumer un look bizarre, qui sera vu comme moche ou provoquant (volonté de se marginaliser) ou je ne sais pas quoi, mais que les gens imagineront que j’ai choisi, que quelque chose qui est désigné comme moche et sale par l’ensemble de la societé, qui dégoute 99,999% des gens, et qui fait pourtant partie de nous.

    bref, en fait je voulais surtout partager un truc que j’ai lu ce matin et qui m’a vachement fait penser à ton article : http://clementinecannibal.files.wordpress.com/2012/01/playingfemme.jpg
    j’ai trouvé le texte plutot sympa dans l’ensemble même si je ne suis pas sure de voir ce que les américains entendent par « femme »…ou comment le traduire. ce qu’on apellerai « fatale » ou un truc dans le genre, je supose.

  35. Oui en fait il s’agit de pression sociale. Tout le monde subit la pression sociale, hommes, femmes, jeunes, vieux, cela revêt différentes formes, mais il n’y a pas que l’apparence des femmes qui y est soumise.

    • Oui en fait, elle ne s’applique pas exactement uniformément et équitablement sur chaque être humain.
      Par exemple, la pression sociale subie par les femmes et par les hommes, ou par les nantis et par les pauvres. Ce n’est pas exactement la même pression sociale.

      Un autre exemple : pendant l’apartheid, la pression sociale subie par les différentes ethnies n’était pas la même non plus.

      Je suis sûr que tu ne l’ignorais pas Onze, mais je te le dis quand même puisque ça ne semble pas te venir à l’esprit.

  36. Hé oui c’est ça être une femme. C’est penser qu’on le fait pour soit (enfin pour celles qui se poseraient toute fois la question) mais surtout c’est parce qu’il le faut. Personne ne nous demande si on en a envie. Il y a un moment où on te fait comprendre que ta touff sous les braas c’est cracra. On a toujours eu ce rapport sado-masochiste avec nos corps. La souffrance fait parti de notre rituelle beauté, et on se le répète assez hein ! On a toujours (de façon très aliènée) fait horriblement souffrir notre corps. On pourrait ouvrir un musée des horreurs avec tous les instruments de torture qu’on utilise depuis des siecles pour etre « belle ». Et les mutilation d’aujourd’hui sont d’une toute autre nature, il faut aller toujours plus loin pour modifier son corps. On rentre dans la peau, on implante du silicon, on injecte des produit, on lift le vagin… Mais je le redis, c’est ça être une femme. Et je comprends qu’on puisse se dire « je le fait pour moi ». Au final on se sens mieux, plus en harmonie avec notre corps quand il ressemble à un idéal, même illusoire. Et je comprends tout à fait que des femmes se sentent plus femme avec des faux seins, des faux ongles, des faux cheveux, une bouche surdimenssionée, et des pieds endoloris. Une femme dois toujours avoir honte de son corps, et dois s’approprier la souffrance de son opression. Ansi on est contente de se cramer les cheveux au fer à lisser, s’arracher les poils de partout, de les passer au lazer, ou de ne plus manger pendant trois jour.

  37. Ping : Injonctions, poil au… | Les Questions Composent

  38. Mon copain, malgré quelques petits travers sexistes « classiques », m’a libérée de toutes sortes de choses. Il aime les poils, il aime les kilos « superflus », il déteste le maquillage. Il n’est pas un gros rustre pour autant. Et si je m’épile, que je perds des kilos, ou que je me maquille, il ne me le reprochera pas pour autant…
    Merci pour cet article.

  39. à l’exception des sourcils, tu es sûre ?
    bon j’avoue être particulièrement sensible à cette pilosité et regretter le fait que tant de femmes la renient, mais ça fait bien partie des normes ! je suis même étonnée du nombre de personne qui s’y plient alors que celle-ci est bien moins imposée socialement que celle de l’épilation des gambettes…

  40. Mais elles sont marrantes, les féministes.
    Pour ne plus qu’on appartienne aux hommes, elles veulent nous récupérer.

    Pourquoi, je ne suis donc rien par moi-même, pour qu’on vienne m’expliquer si je dois garder le poil plutôt ras ou plutôt long ? (Et surtout, qu’on m’expliquer quelle est ma psyché derrière, au cas où je ne serais pas dotée d’esprit critique.)
    N’est-ce pas manquer d’estime pour les femmes que de croire qu’elles ont besoin qu’on les aide/guide/qu’on leur explique ?
    N’avez-vous que ça à faire, que de théoriser (avec un certains mépris, il faut le reconnaître) sur les femmes qui sont moins des femmes libres que les femmes vraiment libres (et tellement libres qu’elles se sororisent contre le si-méchant-vilainvilain pénis ennemi) ?
    Mépriser les femmes, croire qu’elles ont besoin d’aide, croire qu’on leur fait « subir » des choses contre leur gré, ça ne fait pas un petit peu de vous des misogynes ?

    Je n’ai pas besoin qu’on m’aide, et je me sens salie de toutes ces nenettes en mal d’égo et de combats qui se sentent obligées de défendre ma cause.

    J’ai un vagin, mais aussi un cerveau. Et j’aimerais qu’on m’explique en quoi la main mise des femmes sur les femmes est « moins pire » que celle des hommes sur les femmes. Les femmes sont-elles moins à craindre ?

    • Ben oui tu as raison, continue à faire ce que veulent les hommes, les féministes sont trop des grosses chieuses castratrices après tout. Honnêtement c’est pas ça qui va m’empêcher de dormir. Ce qu’on aime bien avec les femmes qui ont un vagin ET un cerveau, c’est quand elles laissent les hommes se servir des deux à leur convenance.

      • Disons qu’il est bon de s’opposer au concept de norme, mais gare à ne pas générer une contre-norme tout aussi oppressante. En fouinant dans des vieux sujets de feministe-fr.bb, je suis tombé sur une féministe lesbienne de type girly qui expliquait qu’elle était discréditée par principe en raison de ses choix vestimentaires et cosmétiques. Que certaines féministes (mais pas toutes, heureusement) aient des velléités de définir ce qu’est le Bien ne me paraît donc pas infondé, c’est l’un des travers propres à l’action militante, quelle que soit la cause.

          • Disons que c’est l’impression que ce texte a pu donner (d’où la nécessaire mise au point qui a suivi). Ceci dit, je connais une féministe de type girly qui est attirée par des hommes efféminés (tapettoïdes diraient les masculinistes) avec les traits de personnalité associés ; je pense que c’est un cas de figure de réappropriation du standard pour en faire quelque chose de subversif.

          • Mmmh… Autant je comprend qu’on ai pu croire que je basais toute libération des femmes sur l’émancipation individuelle des normes (ce qui n’est pas le cas!!). Autant j’ai du mal à comprendre pourquoi ou comment on pourrait penser que je propose une norme, et dans quelle partie du texte. Je pointe une norme du doigt, c’est tout. Par rapport aux préférences de ton amie, je ne les attribuerais pas forcément à ses positions féministes.

  41. Et au fait, si je suis lesbienne et que je mets des talons pour plaire, ça revient à être dominée par qui ? (Merci de bien vouloir m’éclairer, je suis un peu perdue.)

    • Pour plaire à qui? Aux femmes nées dans une société dominée par les hommes et où tous les standards de beauté sont masculins? Elles aiment aussi les porte-jarretelle, le maillot intégral et les faux cils, si tu veux des conseils.

  42. Heureuse de vous dire que je n’ai jamais fait tout ça : ni maquillage, ni épilation, ni coiffeur, ni soustif, encore moins de string, de piercing, de talons… ce qui ne m’a pas empêché de plaire et d’être aimée…

  43. Quand j’y réfléchis, je me dis que le féminisme n’est pas une bonne chose. Pourquoi ? Parce qu’il introduit toujours une notion de sexe et qu’il ne regarde qu’une partie du problème. Certes, les femmes sont certainement celles qui souffrent le plus de vivre dans une société patriarcale. Toutefois société patriarcale ne signifie pas que les hommes font ce qu’ils veulent et qu’ils asservissent les femmes à leurs désirs (ce serait trop facile d’avoir un méchant aisément identifiable). Je ne prétends pas décrypter la mise en place de cette situation ni nier une responsabilité masculine. Cependant aujourd’hui ce n’est plus vraiment le cas. L’homme est autant prisonnier de sa condition que la femme et hommes autant que femmes font perpétuer cette prison.

    Qu’est-ce que ça signifie d’être une femme ? Qu’est-ce que ça signifie d’être un homme ? Une femme est-elle une femme parce qu’un homme est un homme ? Je pense raisonnablement que la femme ne pourra cesser d’être une femme tant que l’homme restera un homme. Les deux sont enfermés dans des rôles et s’ils veulent s’en libérer pour exister en tant qu’humain tout simplement, il faut travailler des deux côtés en même temps.

    On apprend à la femme à se faire « belle » pour plaire aux hommes. On apprend aux hommes à apprécier les « belles » femmes. On incite les femmes à satisfaire sexuellement les hommes pour les garder. On incite les hommes à se séparer des femmes si elles ne les satisfont pas. Les hommes et les femmes regardent les mêmes modèles féminins photoshopés. L’une se dit qu’elle doit ressembler à ça, l’autre se dit qu’il doit aimer ça. Pour réussir sa vie, un homme doit être riche, avoir une voiture et se taper de la jeune et belle minette. Pour réussir sa vie, une femme doit être une jeune et belle minette, être impressionnée par les grosses voiture et se taper un homme riche.

    La première chose qu’un homme juge chez une femme, c’est son physique. Si ce n’est pas la première chose qu’il fait, c’est un mec bizarre ou alors un homosexuel. Par contre un homme ne peut pas apprécier la beauté d’un autre homme, sinon c’est un mec bizarre ou alors un homosexuel.

    Une femme doit plaire physiquement aux hommes et susciter un désir sexuel. Si elle ne fait pas ça, elle est moche ou alors c’est un garçon manqué. Par contre une femme ne doit pas être trop entreprenante ou mettre ses attributs trop en avant, sinon c’est une salope ou une prostituée.

    Les rôles d’homme et de femme sont liés. Je pense qu’il faut les déconstruire en même temps pour avoir un résultat probant. Peut-être pourrait-il être intéressant de mettre cet aspect là un peu plus en relief.

    • Ton commentaire a failli partir direct à la poubelle, mais finalement je pense que tu es simplement mal informé.

      Tu dis: « le féminisme n’est pas une bonne chose », puis le reste de ton commentaire est finalement plus pro-féministe qu’anti-féministe (même si je n’irai pas jusqu’à le qualifier de féministe).

      Le féminisme n’est pas une bonne chose, tu dis. Mais, sais-tu de quoi il s’agit précisément? Que connais-tu du féminisme? (ce n’est pas une question rhétorique c’est une vraie question). Qu’as-tu lu, vu ou entendu sur le sujet? Tu parles de rapports de genre, des injonctions sociales pour « être homme » ou « être femme », or c’est justement l’un des grands sujets abordés par le féminisme. « Qu’est-ce que ça signifie d’être une femme ? Qu’est-ce que ça signifie d’être un homme ? Une femme est-elle une femme parce qu’un homme est un homme ? » sont des questions qui sont depuis très longtemps posées par les féministes et je dois dire que pas grand monde d’autre ne se les pose, le discours non-féministe à ce sujet étant plutôt composé de dogmes du type « un homme doit être viril » etc.

      Les problématiques que tu soulèves sont intéressantes, mais tu as une drôle de façon d’aborder le sujet puisque tu oppose le féminisme à la déconstruction des rapports de genre patriarcaux, or il n’y a aucune opposition bien au contraire. La seule chose qui me fait hésiter à qualifier ce que tu dis de féministe, c’est que tu n’écris pas clairement qu’il y a un rapport de domination, mais tu dis aussi ne pas nier les responsabilités masculines, donc je ne sais pas trop quoi penser de ce que tu dis. J’ai l’impression que tu pars du principe que les féministes ne s’intéressent pas aux problèmes des hommes dans la société patriarcale et qu’elles estiment que seules les femmes en souffrent. Or, c’est parfaitement faux (j’ai moi-même écrit plusieurs choses au sujet des hommes, dont le Manuel du Vrai Mec qui a été très mal accueilli et qui pourtant visait à déconstruire le modèle aliénant de virilité imposé aux hommes; suivi de « les vrais mecs contre Le Vrai Mec » et il y a aussi quelques éléments importants à propos des hommes dans « le vrai mec et la vraie fille »; j’y aborde spécifiquement la problématique de l’intérêt porté aux hommes par le féminisme et j’y parle des souffrances masculines. Enfin, quelques autres articles touchent un peu moins directement à cette problématique, comme « le mythe du mec trop gentil » (où je montre comment le comportement sexiste des hommes se retourne contre eux), « l’avocat des poires » (contre le dogme « homme qui n’arrive pas à séduire = pauvre loser »), et bien d’autres.

      Je ne pense pas que tu trouveras une telle critique en profondeur des injonctions à la virilité et de leurs conséquences sur les hommes chez un(e) non-féministe. Je pense que ça n’existe pas, à ma connaissance seul-e-s les féministes remettent en question ces normes sociales.

      Cependant le féminisme est un mouvement porté par les femmes qui ont lutté pendant des siècles pour ne plus être au service des hommes. Le patriarcat se définit comme un système social dans lequel les femmes assurent pour les hommes certaines fonction: reproduction, soin aux enfants, entretien du foyer et services sexuels. Si les hommes souffrent également du patriarcat, la plupart des féministes refusent – et à mon avis elles ont raison – que le féminisme aborde systématiquement cette question (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas l’aborder, au contraire) puisque les femmes sont les grandes oubliées de l’histoire et les principales victimes de ce système, puisqu’elles n’ont pas le droit d’exister pour elles-mêmes. Certaines féministes ne s’intéressent pas du tout aux problèmes masculins, d’autres beaucoup. A mon avis il faut s’y intéresser, mais sans oublier que les femmes sont les dominées, que quand on parle de « femmes battues » ou de « femmes violées » ce sont des femmes victimes d’hommes (sans oublier non plus que, par exemple, certaines victimes de viol sont des hommes, d’ailleurs les féministes sont à peu près les seules à revendiquer le droit des hommes à ne pas être violés puisque l’existence du viol d’hommes n’est quasiment pas reconnue par la société). Cela dit, on est pas obligées de TOUJOURS parler des hommes et de toujours les considérer comme des victimes. Le féminisme doit aussi permettre de parler de problèmes qui touchent spécifiquement les femmes, les hommes ne doivent pas non plus toujours être au centre des préoccupations.

      Enfin, avant de dire que le féminisme est une mauvaise chose, il faut quand même se rappeler que si aujourd’hui j’ai le droit de voter, de faire une IVG, d’utiliser une contraception, de sortir seule, de faire du stop, de ne pas me marier, de n’avoir des enfants que si je le décide, etc, c’est parce que des féministes se sont battues pour cela pendant des décennies et qu’elles se sont battues durement, contre des hommes qui ont beaucoup peiné à concéder ces droits; que sans les féministes, j’aurais sans doute déjà 5 enfants avec un homme que je n’aurais peut-être pas choisi, que je n’aurais peut-être pas le loisir de réfléchir, d’écrire et de m’exprimer via ce blog. Il ne faut pas oublier non plus que la parité n’existe pas encore, que les femmes sont moins payées que les hommes, beaucoup plus pauvres et précaires, que l’IVG c’est pas non plus dans la poche, qu’elles sont encore très souvent victimes de harcèlement sexuel, agressions sexuelles, viols, violences conjugales. Donc le féminisme a été et reste absolument nécessaire. Même mon droit à m’exprimer ainsi via ce blog n’est pas encore clairement établi pour tous puisque je reçois régulièrement des insultes, on me traite de frustrée, de mal baisée (c’est une insulte ça?) de « violée » (???) de salope, de moche, récemment on m’a dit que je « suçais des bites » ce qui apparemment est censé être infamant (?), on m’attaque très souvent sur mon physique au lieu de critiquer mes idées, etc, bref même si ça ne me touche pas plus que ça ça reste quand même du sexisme qui est encore très prégnant dans la société.

      • Je ne m’attendais pas à susciter une pareille réaction et je tiens à m’excuser si j’ai pu être offensant. J’en profite également pour te féliciter pour ce blog. Les articles sont très intéressants et ont le mérite de poser de bonnes questions. Et il en faut du courage pour poser ces questions et se prendre des commentaires bien aigris.

        J’avoue ma maladresse quand à mon introduction dans mon commentaire précédent. Qu’il est difficile de faire correctement passer ses idées quand on a soit même du mal à mettre de l’ordre dans sa tête et d’extraire une idée parmi mille autre.

        Quand je parlais de féminisme en tant que mauvaise chose, je pensais plus en fait à la sexualisation systématique des idées et des mots tout simplement. La langue française a quand même le mauvais goût de mettre un genre sur tous les mots ce qui, je pense, induit une réflexion sexualisé systématique. Nous n’avons aucun outil linguistique en français pour parler « sans genre ». Je trouve que c’est un problème. C’est sûr qu’en me relisant, je vois que je me suis complètement mal exprimé et j’avais pensé à aborder le thème de la sexualisation de la langue et de ses conséquences avant de me recentrer sur les rapports de genre. Je réitère donc mes excuses.

        Tout ça pour dire qu’en fait je n’ai rien contre le mouvement féministe mais que je n’aime pas la sexualisation des idées. Je m’excuse encore pour le quiproquo entièrement de ma faute. D’ailleurs pour répondre à ta question, je n’en connais pas énormément sur le féminisme et je ne prétends pas en connaître. Je le découvre petit à petit notamment grâce à ce blog. Je ne me prétendrais ni pro-féministe ni anti-féministe, être humain (prétentieusement humaniste ?) me suffit.

        « La seule chose qui me fait hésiter à qualifier ce que tu dis de féministe, c’est que tu n’écris pas clairement qu’il y a un rapport de domination, mais tu dis aussi ne pas nier les responsabilités masculines, donc je ne sais pas trop quoi penser de ce que tu dis. »
        Je pense clairement qu’il y a un rapport de domination entre l’homme et la femme. Je n’ai pas de doute à ce sujet. Par contre je m’interroge réellement sur le fait que cette domination aujourd’hui soit majoritairement volontaire.

        « Si les hommes souffrent également du patriarcat, la plupart des féministes refusent – et à mon avis elles ont raison – que le féminisme aborde systématiquement cette question (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas l’aborder, au contraire) puisque les femmes sont les grandes oubliées de l’histoire et les principales victimes de ce système, puisqu’elles n’ont pas le droit d’exister pour elles-mêmes. »
        Je ne pense pas qu’il faille aborder systématiquement la question de la souffrance des hommes. Je ne suis certainement pas là pour dire « Les hommes souffrent aussi, plaignez-les », ce n’est pas du tout mon point. Je vais essayer d’exprimer plus précisément mon idée (en espérant y arriver). La domination des femmes par les hommes (pour ne parler que de ça) implique un problème de rapport entre les sexes, les deux font partie du problème et donc pour moi les deux font partie de la solution. Je voulais juste dire que je pense important de ne pas oublier cela dans l’équation lorsqu’on y réfléchit.

        Prenons l’exemple du viol, tu dis « quand on parle de « femmes battues » ou de « femmes violées » ce sont des femmes victimes d’hommes ». Je suis tout à fait d’accord avec ça. Mais pour moi ce n’est pas un problème de femme. C’est un problème d’homme et de femme. S’il y a des femmes violées et battues c’est parce qu’il y a des violeurs et des brutes. Ça m’horrifie de constater qu’il y a des hommes capables de faire ça à une femme. Je me demande comment peut-il y avoir un tel dysfonctionnement dans le rapport des sexes pour en arriver là. Les femmes sont les victimes mais le problème comme la solution concerne les deux sexes.

        Pour reprendre, mon idée n’est pas du tout de tirer la couverture en disant « Les femmes souffrent, mais il ne faut pas oublier que les hommes souffrent aussi ». Je veux plutôt dire que les mentalités actuelles induisent énormément de souffrances. Et la correction de ces souffrances nécessite une intervention des deux sexes car elles sont principalement dues à un problème de rapport entre les deux. (Ce qui ne veut pas pour autant dire que les problèmes de mentalités se limitent au rapport entre sexe mais je ne veux pas non plus trop m’éloigner du sujet).

        J’espère avoir éclairci un peu mon point de vue. J’aurais encore mille choses à dire, mais j’ai peur de partir encore en cacahuète et de me faire mal comprendre comme précédemment. C’est si difficile d’exprimer clairement sa pensée et d’éviter les incompréhensions lorsqu’on communique par écrit. Une fois encore je m’excuse pour la maladresse de mon expression.

        Par ailleurs, je suis curieux. Comment définis-tu le féminisme ?

        • Quand tu dis « Quand je parlais de féminisme en tant que mauvaise chose, je pensais plus en fait à la sexualisation systématique des idées et des mots tout simplement. », je pense qu’il y a un problème de définition. Le féminisme n’a rien à voir avec la sexualisation des mots et des idées, puisqu’au contraire des féministes travaillent entre autres à la désexualisation du langage et de la culture. Un travail qui est d’ailleurs très méprisé dans l’ensemble, comme si ce n’était pas important (voir par exemple Odieux Connard qui hurle avec les loups contre ces vilaines féministes qui voudraient réformer la langue française). De plus, les féministes insistent sur le fait que l’humanité est divisé en hommes et en femmes et que cette distinction va bien au-delà d’une simple différence biologique, et que c’est une mauvaise chose, et aussi que c’est quelque chose que l’on peut changer: en effet un homme n’est pas identique à une femme, mais une femme n’est pas identique à une autre femme, et diviser l’humanité en deux groupes distincts et même opposés (ne dit on pas: « de sexes opposés » ? en quoi les sexes s’opposent-ils ?), cette division est problématique.

          Le féminisme c’est simple, c’est un combat pour l’égalité des sexes. A mon avis, si on est humaniste, égalitariste, alors on est féministe. Les anti-féministes nient l’existence d’une hiérarchie des sexes, ou alors essaient de la justifier ou d’attribuer cette hiérarchie à la Nature (qui a encore bon dos), tandis que les féministes insistent sur le fait que cette hiérarchie est sociale et non pas « naturelle » bien que basée sur une différence biologique; en d’autres termes ce n’est pas la présence d’un utérus et l’absence de bite qui fait que les femmes sont dominées, mais nos interprétations culturelles de ces attributs, les comportements inculqués par l’éducation etc (et ceci pour les deux sexes). Il existe une abondante littérature qui va dans se sens, d’ailleurs, y compris scientifique. Donc je te rejoins quand tu dis que les problèmes de violence etc, sont un problèmes d’hommes et de femmes et pas un problème d’une des deux catégories.

          Pour comprendre pourquoi on utilise le terme de « féminisme » et pas d’antisexisme, il faut remonter à une époque où la domination masculine était encore bien plus marquée qu’aujourd’hui, les femmes n’avaient presque aucun droit. Le féminisme a donc consisté en un mouvement d’émancipation des femmes. Ca ne veut en aucun cas dire que le féminisme ne s’intéresse pas aux hommes. Simplement à la base, si on regarde par exemple la définition de Wikipedia : « Le féminisme est un ensemble d’idées politiques, philosophiques et sociales cherchant à définir, promouvoir et établir les droits des femmes dans la société civile et dans la sphère privée. Il s’incarne dans des organisations dont les objectifs sont d’abolir les inégalités sociales, politiques, juridiques, économiques et culturelles dont les femmes sont victimes. » Mais on ne peut pas aller contre ces inégalités sans un profond changement social, donc le féminisme s’intéresse à tout le monde: femmes, hommes: et ceux/celles qui ne se définissent pas dans une de ces catégories. S’il existe une distinction catégorique et socialement très importante entre les hommes et les femmes, ce n’est pas le fait du féminisme, qui ne fait que le constater et agir en conséquence, afin de mieux combattre les inégalités.

          Enfin il ne faut pas non plus oublier qu’il n’y a pas UN féminisme, mais DES féminismes, c’est un courant très riche et on y trouve de tout.

          Un article que j’ai bien aimé qui explique de façon assez simple les principaux courants du féminisme:
          Etre anarchiste et féministe aujourd’hui. Sinon l’article de Wikipedia est intéressant.

          Ha oui encore un truc, quand j’ai dit « ton commentaire a failli partir direct à la poubelle », c’est juste à cause de la première phrase. Je m’attendais du coup à un long développement sur le thème « les féministes sont des connasses mal baisées qui essaient de dominer les hommes, et les femmes devraient rester à leur place » etc, car j’ai parfois des commentaires dans ce style. Mais du coup j’ai été surprise par le reste de ton com, que je ne trouve pas du tout offensant.

          • Merci d’avoir pris le temps de me répondre et de m’éclairer, je comprends maintenant mieux les termes et leur emploi. C’est effectivement intéressant de voir les mouvements qui se cachent derrière le terme « féminisme ».

            Questions volontairement bêtes : pourquoi n’y a-t-il pas de « masculinisme » ? Si le « masculinisme » existait, serait-il la même chose que le « féminisme » ?

            Je ne peux m’empêcher d’avoir une sensation ironique quand je vois que le féminisme combat la sexualisation du langage (ce qui est très bien) tout en s’incarnant dans un mot qui a quand même complètement des racines féminines (donc sexuées) justement. Bien sûr je comprends l’héritage historique du mouvement qui a mené à ce mot. Mais je m’interroge si à terme ça ne dessert justement pas sa cause.

            Féminisme ça fait un peu « pour les femmes » avec le non-dit qui se forme logiquement (même si ça n’est pas logique) à la suite « contre les hommes ». Attention je ne dis pas que c’est l’intention du mouvement, je ne parle que de ma perception en tant que profane et je me dis qu’elle est potentiellement partagée. Cette perception induit une opposition de sexe qui est justement combattue par les idées du féminisme.

            Autant je suis entièrement d’accord sur le féminisme d’un point de vue politique. Il s’agit de donner aux femmes les mêmes droits qu’aux hommes vis à vis de la loi et de la société. Les femmes jouissant particulièrement de moins de droits que les hommes le féminisme fait complètement sens. Effectivement c’est un mouvement pro féminin qui vise à amener la femme à un niveau d’égalité par rapport à l’homme.

            Autant je suis un peu perdu dans ma réflexion quand à son application dans la sphère privée, dans les relations entre individus. En effet, je n’arrive pas à concevoir qu’on puisse parler de droit dans ce domaine. Donc comment appliquer le féminisme (qui est censé promouvoir les droits des femmes) dans la vie privée ? Est-il pertinent de parler de féminisme dans ce cas-là ? Qu’est-ce que ça signifie ?

            Faisons un raisonnement absurde. Considère-t-on que l’homme a le droit de battre sa femme ? En appliquant le féminisme doit-on dire que la femme devrait également avoir le droit de battre son homme ?

            Je me trompe sûrement mais ce que j’ai reçu comme idée pour l’instant c’est que le féminisme est centré sur la femme et la promotion de ses « droits » pour qu’elle deviennent l’égal de l’homme. Comme j’ai dit, politiquement et socialement ça ne me pose pas de problème. Par contre dans les relations entre individus ça ne colle pas dans le sens où je ne pense pas du tout que l’état de l’homme actuel soit un idéal et que la femme devrait « être promue à son niveau » si je peux me permettre d’imager ainsi de la sorte.

            Dans la sphère privée, peut-on parler de droit ? Peut-on énumérer pour l’homme une liste de droits et dire que la femme devrait en avoir autant ? Je pense que l’homme et la femme doivent changer pour faire évoluer les mentalités et sortir de ces carcans. C’est pour ça que je rechigne à parler de féminisme. Parler de féminisme dans ce domaine pour moi ça fait un peu « les hommes ils ont rien à branler ils ont déjà tout maintenant c’est la femme qui doit l’obtenir ». Non c’est juste une question de comportements et l’homme comme la femme se comportent mal, ce qui engendre des souffrances. Voudrait-on que la femme se comporte aussi mal que l’homme ?

            Le féminisme est nécessaire car il ramène une équité entre l’homme et la femme au niveau politique et social. Cette équité permet couper les justifications des rapports de domination (parmi d’autres) entre les sexes offrant ainsi une base de travail pour rectifier les comportements et les mentalités. Toutefois je n’arrive toujours pas à parler de féminisme pour cette deuxième partie et m’en tiendrait donc à humanitarisme ou égalitarisme.

            Personnellement je ne me réclamerais d’aucun mouvement puisque je sais pertinemment étant un individu unique (comme tout le monde) que je serai en désaccord avec les idées de mon mouvement à un moment donné. Éliminons donc cet inconvénient et contentons nous juste de communiquer entre humains.

            Je n’ai pas l’habitude de réfléchir et d’écrire autant dans une même journée. En tout cas merci l’elfe de prendre la peine de faire ce que tu fais. Tu es une personne qui fait avancer les choses et j’espère qu’elles vont avancer dans le bon sens.

          • Il faut pas non plus se braquer sur un simple mot. Ce mot a une histoire, une signification profonde. Je trouve juste que ce mot se réfère aux femmes au regard du passé et même de la situation actuelle. le but du féminisme c’est l’égalité et donc qu’il n’y ait plus besoin de féminisme.
            Malheureusement le masculinisme existe et contrairement à ce qu’on pourrait croire d’après le nom, c’est un courant réactionnaire anti-féministe. Il ne défend pas les hommes, mais la suprêmatie masculine, donc entre autres la domination de certains hommes par d’autres hommes: racisme, homophobie…

          •  » Donc comment appliquer le féminisme (qui est censé promouvoir les droits des femmes) dans la vie privée ? Est-il pertinent de parler de féminisme dans ce cas-là ? Qu’est-ce que ça signifie ? »

            Faire disparaître le « est-ce qu’un homme peut faire ça, est-ce qu’une femme peut faire ci ? » de l’esprit des gens.
            C’est compliqué, parce qu’on est pas forcément conscient de certains automatismes acquis, comme par exemple le fait de parler plus, plus fort, et de s’énerver plus quand on est un mec, ou de ne pas accepter qu’une nana s’énerve ou ait un avis qu’on doit prendre en compte, même si elle n’a pas appris à chercher à l’imposer, comme font les mecs.

            http://antisexisme.wordpress.com/
            Ce blog est une mine de renseignements.

          • « Si le « masculinisme » existait, serait-il la même chose que le « féminisme » ? »

            L’homme n’est pas exploité en tant qu’ « humain mâle ». Il peut être exploité en tant que pauvre, en tant que « pas de la bonne couleur de la peau », en tant que « pas de la bonne religion », « orientation sexuelle » ou ce que tu veux.
            Mais il n’est pas exploité de par son statut de màle. Donc, pas tellement besoin de se défendre, pas tellement besoin de masculinistes.

  44. @ l’elfe : ouais je suis un peut un chieur sur le mot c’est vrai. Mais d’un autre côté il représente un courant idéologique, un mouvement politique et philosophique et une manière d’aborder les choses. Donc pour moi c’est assez important d’essayer d’en faire le tour. Après c’est surtout que je mets un peu ma réflexion à l’écrit donc il ne faut pas non plus trop prendre ça comme je veux absolument faire mon chieur.

    @Ribz : quand tu dis « L’homme n’est pas exploité en tant qu’ « humain mâle ». » je ne suis absolument pas d’accord. L’homme autant que la femme sont asservis à des rôles. La société attend de l’homme qu’il soit un homme, qu’il agisse en tant qu’homme. Pour moi il s’agit d’une forme d’exploitation. Une exploitation d’autant plus subtile qu’on voudrait faire croire que le seul exploiteur dans l’histoire c’est justement l’homme vis-à-vis des femmes. Comment pourrait-on être exploiteur et exploité ? C’est un peu la même histoire que la classe moyenne, on lui fait miroiter qu’elle est mieux lotie que la classe ouvrière pour mieux l’endormir et pouvoir l’exploiter.

    Alors oui c’est certain que ce n’est pas vraiment l’homme qui souffre dans cette histoire (tout comme ce n’est pas la classe moyenne qui souffre dans ce parallèle). Cependant on fait croire aux hommes qu’ils retirent les bénéfices de cette relation de domination tout en étant libres et donc qu’ils ont tout intérêt à ce que cela continue. C’est un mensonge. Est-ce vraiment un bénéfice de pouvoir violer ? Est-ce vraiment un bénéfice d’être le « maître de famille » ? Est-ce vraiment un bénéfice de pouvoir traiter les femmes « comme on veut » ? On pourrait croire que oui, mais tout ce que ça apporte c’est de transformer les hommes en monstres. Et je ne crois pas que grand monde veuille vivre en étant un monstre.

    Donc oui, je pense que l’homme est le sujet d’une exploitation en tant que « humain mâle ». Même si cette exploitation est bien différente de celle des femmes elle n’en reste pas moins réelle.

    • « Une exploitation d’autant plus subtile qu’on voudrait faire croire que le seul exploiteur dans l’histoire c’est justement l’homme vis-à-vis des femmes »

      Personne ne prétend ça. Les femmes peuvent se « rappeler à l’ordre » (patriarcal) entre elles. Parce qu’on peut très bien être exploité et faire le jeu de l’exploitation. « on intègre la norme, et on devient le porte-parole de la norme », pour nombre de raison, mais pas nécessairement parce que la norme nous satisfait pleinement après mûre réflexion.

      Dans la dualité « homme-femme », l’homme a le beau rôle dans les sociétés patriarcales. Dans la société, c’est pas si simple, parce qu’il y a tout un tas d’autres dualités-pluralités.

      • Tu le dis si bien « Parce qu’on peut très bien être exploité et faire le jeu de l’exploitation. » Et pourtant je ne suis pas si sûr que beaucoup de monde en soit conscient (je parle de manière générale hein).

        En apparence, l’homme à le beau rôle dans les sociétés patriarcales. Après d’un point de vue humain c’est quand même un rôle sacrément moche (mais certes ça reste celui qui souffre le moins). Et ce rôle s’inscrit effectivement dans un cadre plus complexe de dualités pluralités.

        La société est un monstre qu’on ne sait pas trop par quel bout attraper. Et quand on tire on se rend compte qu’il y a tout qui vient.

    • Privilèges oui, bénéfices pas forcément au fond. Comme je l’ai écrit dans cet article, les dominants tirent profit de leur domination mais ils ne sont pas plus heureux que ceux qui ne le font pas. Entre l’esclave et le maître il vaut mieux être le maître, mais le mieux est encore de n’être ni l’un ni l’autre, et même être dominant est une forme d’oppression, d’ailleurs je pense qu’on n’est jamais libre dans une société inégalitaire qui exploite certains individus au profit d’autres.

      Et je pense en effet que, avec le patriarcat mais aussi tout autre système d’oppression, on ne peut pas exister pour qui l’on est dans la société. On est un enfant pour apprendre, une femme pour s’occuper du foyer ou être baisée, un homme pour être viril et protéger, une vache pour être bouffée, un chien pour tenir compagnie ou garder la maison…
      Enfin je préfère quand même être humaine que vache, au fond. Il faut pas négliger qu’y a une hiérarchie bien sur. Tout est destiné à servir quelques-uns. C’est néanmoins important de signaler qu’au fond ils ont beau en profiter, c’est plutôt un poids pour eux qu’autre chose, un poids détestable, du moins si on estime que le but d’un individu est de vivre libre, épanoui et heureux. Et pourtant, les gens défendent énormément leurs privilèges, persuadés que si on les leur enlève ce sera la catastrophe non seulement pour eux, dominants, mais pour la société entière. (récemment on en a eu un exemple frappant avec le droit au mariage homo). Je pense qu’on ne retire finalement que de la misère en exploitant celle des autres.

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  56. Merci pour ce brillant article!
    Juste une petite remarque: pour ma part, j’envisage justement le fait de porter un soutien-gorge à la bonne taille comme un acte féministe. Il faut dire que j’ai beaucoup de poitrine. Pendant des années, j’ai porté la mauvaise taille, je ne courrais pas après le bus parce que ça me faisait mal, le sport c’était compliqué, quand je marchais au travail je sentais mes seins qui bougeaient douloureusement. Je faisais du 105D.
    Maintenant que j’ai enfin des soutien-gorges à ma taille, qui me maintiennent, je me suis libérée, libre de tous mes mouvements, de piquer un sprint quand je veux, de sauter, je ne fais plus attention à mes seins en fait. C’est le même sentiment que je ressens quand je porte des baskets plats: je sais que je peux courir, prendre la fuite et danser sur le bitume comme je veux. Je suis libre. Je mets rarement des talons, et quand j’en mets je vois bien que j’aborde un escalier plus doucement, je ralentis, je fais attention, je suis fragile. Et ça me déplaît de plus en plus, et j’en mets de moins en moins.
    Désolée pour ce long commentaire sur un vieil article (je suis en train de tout lire);

  57. L’épilation est une véritable torture et je voudrais soulever un point à ce propos : la plupart de mes petits amis n’avaient rien à… ben à « cirer » de mes poils ; en revanche, la quasi totalité des remarques désagréables que j’ai pu entendre à ce sujet venaient d’autres filles.

    Alors, d’accord, nous faisons beaucoup de choses en vue du regard masculin, mais il ne faut pas non plus oublier que notre société est tellement tordue que le gynécée est lui aussi capable de s’infliger de l’autocensure. ^^ »

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  60. En ce qui me concerne, j’ai atteint la puberté tôt: à 11 ans, j’avais déjà mes règles et ai donc commencé à avoir des poils à 8 ans. J’ai tout de suite voulu les enlever et ce avant même de savoir qu’être une femme poilue n’était pas très bien accepté socialement parlant. Je trouvait que mes aisselles étaient bien plus belles avant, quand elles étaient glabres. Ma petite soeur s’était même moqué de moi quand elle s’était rendue compte que me faisait davantage que le maillot, et pourtant ni l’une ni l’autre n’avait entendu parler de cette mode de l’intégral (Internet n’était pas aussi courant, et peut-être même qu’à l’époque ce n’était pas encore une « injonction »)
    Alors voilà, autant je me fiche du maquillage, des coiffeurs et des habits « féminins » avec tout ce que cela comporte de jupe et de talon (je privilégie le rapide et le pratique), autant je m’épile, et ce même en plein hiver, alors que je ne vais pas à la piscine et que je suis célibataire (et que j’ai bien l’intention de le rester). J’ai la naïveté de croire que je ne le fais que pour moi, parce que je n’ai jamais aimé les poils…

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  62. ça m’embète un peu de lire ça, je trouve le texte misogyne et culpabilisant, une pub pour LA FEMME au naturel, contre la femme-consomatrice-supo du capital, j’estime avoir le droit de faire ce que je veux avec mon corp, et je refuse tout jugement surtout celui qui considère que je fais ça pour des mec. voilà c’est misogyne et hétérocentré de considérer qu’on met des talons haut forcément pour un mec ou des mecs. Et que toutes les fem sont des idiotes prisonnières des normes. je trouve ça choquant quu’un site féministe ait envoyé un lien vers ce texte, on dirait le discourt de tout les gros mecs hétéro qui aiment les filles « rondes et naturelles ». BERK

    • On peut très bien critiquer des normes et pour autant ne pas être dans le jugement.
      Je ne pense pas que les fem soient des idiotes ni qu’elles soient « prisonnières des normes », en fait je pense que tout le monde subit des normes et s’arrange avec. L’important c’est d’être conscient le plus possible. On peut s’épiler ou ne pas s’épiler, mais on peut aussi s’épiler en conscience que c’est une norme imposée par la société ou ne pas y avoir du tout réfléchi et même mépriser celles qui ne s’épilent pas ou pas assez correctement. Au final les jugements qu’on porte sur soi il est difficile de ne pas les porter sur les autres.
      D’ailleurs j’avais conseillé au site féministe de publier également l’article suivant qui éclaircit un peu les choses (ici: injonctions, poil au…). Car j’ai conscience que celui-ci n’est pas forcément hyper clair à lui tout seul.
      Par contre je trouve la comparaison avec les mecs hétéros injustes. Qu’une femme soit grosse ou maigre, poilue ou glabre, etc, l’idée qui se cache derrière le texte c’est justement qu’au final on chercher beaucoup à plaire aux autres et on s’oublie un peu parfois dans l’opération. Alors que les mecs dont tu parles estiment au contraire que les femmes doivent leur plaire à eux et qu’ils sont le centre de l’attention.
      On a le droit d’être moches. On a le droit d’être belles aussi bien sur.

  63. Un article selon moi beaucoup trop sûr de lui.
    Comment avoir la prétention de savoir ce que pense profondément chaque femme concernant son apparence physique et la manière dont elle traite son corps ?
    Comment prétendre que c’est parce qu’on a réalisé soi-même un jour qu’on s’infligeait des supplices esthétiques pour quelqu’un d’autre que soi que chaque femme se ressemble et vit la même chose. C’est franchement prendre son cas pour une généralité et ne pas voir plus loin que son nombril en pensant démasquer une oppression insidieusement ancrée au sein de chaque femme.
    De plus, un homme qui se rase le fait forcément pour lui et une femme qui s’épile le fait forcément pour les autres, les hommes ?
    On pourrait pas sortir de cette réflexion binaire ou tout est noir ou blanc et où il n’y a aucune nuance ?
    C’est chouette de faire comprendre à certaines femmes qu’elles se font du mal par pression externe. Ca l’est beaucoup moins d’affirmer que chaque femme se ressemble, pense et agit de la même manière. Il n’y a pas les femmes d’un côté et les hommes de l’autre. Il y a une pluralité de femmes et d’homme et une pluralité de comportements et de raisonnements qui vont avec. A trop vouloir simplifier, on finit par lisser, modéliser et créer des vérités générales là où la complexité devrait être le maître mot de chaque réflexion.
    Aussi, pourquoi faire une discrimination entre le fait de s’épiler, de porter des talons ou de se maquiller et le fait de se faire des tatouages ou des piercings par exemple ? Ca n’est pas parce qu’un comportement est davantage reproduit par les femmes que cela en fait une oppression féminine….
    En bref, article qui mériterait, pour être franchement intéressant, de sortir du contexte de l’auteure et d’être creusé davantage.

    • Je suis désolée si j’ai eu l’air d’affirmer ici que toutes les femmes pensaient et agissaient de la même façon, ce n’est évidemment pas le cas. L’idée était plutôt que toutes les femmes sont soumises à des pressions peut-être pas identiques mais similaires et souvent fortes. Mais si tu veux approfondir et/ou nuancer, je t’invite à lire l’article suivant qui a justement été écrit dans ce but.

    • Certes. En tant que barbu non policé avec monosourcil, j’ai eu à subir agressivité, commisération, blagues « attention au poseur de bombe », leçons de « bon sens » (on m’a expliqué pourquoi je devais épiler, raser, lisser tout ça, « pour moi »), discrimination à l’embauche.

      Caissier à Paris, certains clients se sont mis à me parler, à me regarder sans froncer les sourcils, à oser un sourire, à partir du jour ou je me suis rasé les joues et épilé le monosourcil (ce qui abime la peau, démange continuellement, nécéssite d’utiliser des produits qui coutent de l’argent, sous-entend que je cède la souveraineté de mon corps à l’exigence sociale, ce qui me déplait profondément, et prend du temps le matin. Tous les matins de tous les jours. Le fait de mettre ma peau à nu de la sorte provoquant un malaise constant pour moi.)

      Mes 2 centimes de màle blanc cis hétéro.

  64. carrément d’accord avec toi. Après, moi je fais comme tout le monde, l’été je m’épile, pas par gaité de coeur, parce que j’ai pas envie d’être la risée de tout le monde. Je ne pense pas qu’il y ait du mal à ça, si ce n’est reconnaitre que c’est pas en me ballandant en ville en jupe avec les jambes pas épilées qui va faire changer les mentalités. Quand on est seule on peut difficilement changer les choses, mais il est clair qu’il est tellement plus horrible de penser qu’on fait les choses pour soi même! c’est comme celles qui pensent sérieusement que les femmes doivent jouer de leur séduction pour avoir du pouvoir sur les hommes (et les homme sont aussi tellement nombreux à penser qu’au fond, les femmes ont le pouvoir parce qu’elles tiennent le désir des hommes). Mais la personne qui cherche à plaire aux désirs de l’autre n’a aucun pouvoir. Celui, qui par contre, réussit à faire à ce que les autres fassent tout pour lui plaire a le pouvoir, le système patriarcal est en plus très malin de faire croire que les femmes peuvent contrôler les hommes en intégrant leurs désirs. Et les femmes sont toujours nombreuses à courrir….

    • je sais pas si ça change les mentalités que je me balade en robe avec les jambes poilues, mais je me plais à penser que oui, dans un sens, peut-être, c’est une goutte d’eau dans l’océan mais quand même. Après, si ça te met vraiment mal à l’aise de faire ça, tu as raison de ne pas le faire.

  65. hé!! je viens de voir ton article sur le plus… je trouve ta démarche intéressante et encourageante! bises

  66. Ping : L’injonction à lutter contre l’oppression |

  67. la où je me pose sérieusement des questions, c’est quand l’immensité des « grands méchants males » n’en ont au fond strictement rien a foutre de toutes ces conneries qui sont infligées aux femmes par les femmes. pire: qu’ils en souffrent, n’arrivant pas a faire admettre a leur copine que ce n’est pas ce qu’ils aiment, devant constamment porter la responsabilité de conneries dont ils se passeraient bien et autres joyeusetés.

    quand le fin duvet des lèvres d’une méditerranéenne fait battre notre coeur, qu’une fille est réveil, la peau naturelle et les cheveux en bataille est un tableau qui met du baume au coeur pour la journée, que le jean délavé et trop grand et plein de platre ou de peinture est plus sexy que la mini jupe moule boule… mais que systématiquement, on se voit imposer les mêmes complexes, les mêmes massacres, les mêmes tenues et les mêmes comportements vulgaires… parce que « c’est ce qu’on aime », gros dégueulasses qu’on est?

    non! s’il vous plait, faites que je rencontre enfin une femme pas sexy, et surtout qu’elle s’en foute!

    • Ta vie est trop dure, je te plains de tout mon cœur.
      (NB: au cas où ce soit pas clair, je suis ironique)

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