L’action Barquette

L’action barquette consiste à mettre en scène une barquette de viande humaine, généralement contenant un véritable humain déguisé en cadavre. Le but est de faire prendre conscience aux gens de ce qu’est véritablement la viande et de ce qu’implique le fait de transformer un animal vivant en barquette consommable. La personne généralement enduite de faux sang et recouverte de cellophane, offre un spectacle choquant qui attire l’attention de manière très efficace. Par le jeu de l’identification,  transparait dans l’esprit des gens le caractère morbide de la viande. Plus enclins à engager la conversation avec les militants, du fait de cette vision inhabituelle et marquante, ils sont également plus à même de comprendre en quoi la consommation de viande (si banalisée habituellement) pose des problème éthiques.

Très souvent, l’affichage d’un code-barre sur la barquette humaine souligne d’ailleurs ce caractère banalisé de la mort dans l’industrie bouchère.

D’après certains militants végétariens, l’action barquette est l’action de rue la plus efficace.

J’ai donc participé aujourd’hui à une action barquette au Triangle, près de la comédie, à 30 mètres à peine du stand de propagande du CIV (centre d’information des viandes).

Malgré le caractère spartiate de notre installation, bricolée juste avant de servir à l’aide de vieux cartons, et malgré le fait que j’ai vu (en photo) des barquettes humaines beaucoup plus réalistes et choquantes, je dois dire que les réactions ne se sont pas faites attendre. Bien sur, le fait de se mettre en sous-vêtements juste devant le polygone est en soi un truc assez particulier, se déguiser en viande est carrément bizarre… Mais entendre les réactions des gens face à une barquette humaine, ça vaut bien de se peler sous du plastique pendant une heure.

Certaines personnes se demandaient si j’étais vraiment morte, d’autres pensaient que j’étais en plastique et beaucoup se disputaient pour savoir si j’étais en plastique / vraie / vivante / si je respirais / si je bougeais les yeux. Entendre les gens parler de moi comme si je n’étais pas là et les voir aussi attentifs au moindre de mes mouvements est tellement bizarre que le fait d’être à moitié à poil n’est finalement pas grand chose en comparaison. Bien que je ne doute pas que certains en aient profité pour se rincer l’oeil. (mais ou va le monde je vous le demande).

Même si j’étais dubitative au début, l’action barquette est une façon vraiment intéressante de promouvoir le végétarisme. Le caractère choquant de la mort ne peut plus être nié ou occulté. La seule chose criticable dans ce que montre l’action barquette est le fait de  comparer un humain à un autre animal (critique que beaucoup ne se privent pas de faire). Mais c’est un contre-argument finalement assez peu convaincant, la mise en scène mettant à mal la frontière culturelle entre l’humain et les autres animaux, soulignant son caractère artificiel. Si un humain n’était pas un animal, le recouvrir de cellophane et de sang ne serait pas aussi choquant. Bien sur, on peut toujours arguer que les animaux n’ont pas de conscience ou je ne sais quoi, mais les salades de ce sous-humanisme désuet ont même du mal à convaincre ceux qui les récitent.

27 réflexions au sujet de « L’action Barquette »

  1. Il importe de noter que les omnivores/carnivores qui deviennent végétariens ont fait les pas petit à petit, la prise de conscience et la nécessité de la cohérence s’installant progressivement.
    Deux pratiques s’opposent en fait : pour résumer, certains voudraient montrer au grand jour (visites d’abattoir ou d’élevages hors sol)l’abominable sort fait aux animaux dits de rente, d’autres, sachant que les refoulements humains sont si puissants (déculpabilsation, ce ne sont que des animaux après tout, c’est la vie et la mort…)préfère ‘travailler’ en douceur et inviter le consommateur à réfléchir, à son rythme (du fait du poids des traditions) sur la place de de la viande.
    En fait, pour toutes et tous, remettre en question la place de la viande, c’est remettre en question, qu’on le veuille ou non, l’héritage parental et ses valeurs.
    Et ça, peut en sont capables…ça demande une détermination et un appui que seuls d’autres VG peuvent apporter…une deuxième famille en quelque sorte.
    Je suis VG depuis que j’ai 6 ans. J’ai un peu de métier et de vécu !

    • Bien sur, choquer ne suffit pas, je pense que l’approche « choc / regardez la réalité horrible » est complémentaire avec l’approche « miam / regardez comment je vis bien mon végétarisme », sinon les gens ont  très peur, et s’ils ont trop peur de changer ils ne se remettront jamais en question. Et ils rationaliseront et refouleront comme tu le dis. D’ailleurs la semaine prochaine on prévoit un stand avec des trucs à manger :)

  2. Tao et l’Elfe abordez tous deux les bases complémentaires d’une bonne approche «  »marketing » » (vi, ya des guillemets mais on est en plein dedans vu qu’il y a des cibles à toucher.)

    Si le nombre de militants VG le permet, je vous propose l’idée suivante:
    Faire deux stands: un qui montre la violence (barquette avec deux ou trois militants autour) et un autre stand un peu plus loin qui offrirait la découverte, posée et pacifique, du végéta*isme.
    Dans les deux sens de la progression des passants, de l’un à l’autre des stands, les passants passeront du dégoût au végé, et inversement pour ceux qui progressent dans l’autre sens. (suis je clair ???)
    Il y aura toujours les simples voyeurs, irréductibles QI-bêtas intouchables par la cause, attirés uniquement par le spectacle. Ça n’est pas un problème, ils forment le début d’attroupement…

    De plus je crois que dans l’horreur on peut user de beaucoup d’images impactantes. Par exemple, autour de la barquette humaine, des petites barquettes avec des organes humains à l’intérieur. (fabriqués bien sûr, sinon on peut utiliser les restes des chasseurs qui se flinguent, et très ressemblants pour ajouter au choc visuel). Voire un cadavre humain suspendu à un crochet de boucher à côté de la barquette.
    En 2010, le pouvoir de l’image originale est total. Il faut absolument couvrir ces manifestations (photos, vidéos etc…). Ce qui impose de bien réfléchir aux angles de prises de vue avant, quitte à écrire un scénario s’inspirant des campagnes déjà effectuées par des grosses associations comme Péta etc… qui ont des moyens colossaux comparativement à ceux des associations VG et du CLAM34 (merci encore à eux pour leur présence à l’anti corrida de Béziers le 14 août!).

    Je réagis ici à froid, après l’action c’est plus facile, en tout cas il y a une chose qui mérite d’être citée c’est le courage du cobaye dans sa barquette. Comme quoi, pour refouler des tabous ou des pudeurs ou des hontes ou des conditionnements imposés par notre éducation, la volonté suivra la prise de conscience avec du courage. Les blocages nauséabonds du paraître peuvent parfaitement sauter. Même si les gens de notre société ne sont pas encore franchement sur cette (bonne)voie.

    Bonne continuation, go vegan pour EUX !

    • Ben c’est vrai que, j’ai eu beau me préparer mentalement quelques jours avant, au dernier moment c’était bizarre. Me mettre en sous-vêtements en plein centre ville de montpellier, un samedi après midi devant le polygone, je pensais pas faire ça un jour, surtout que je suis pas du genre à vouloir attirer l’attention. Et puis entendre les gens faire des commentaires sur mon anatomie tout en essayant de ne faire aucun mouvement, et ceci pendant près de 45 minutes… (C’est assez incroyable quand même de voir que quand t’es dans la barquette les gens parlent de toi comme si t’étais derrière un écran de télé. Ils se rendent même pas compte que tu les entends. Ca c’est assez flippant je trouve). En plus, il faisait froid. Mais c’était en même temps génial parce que j’étais contente d’avoir surmonté mon appréhension et je voyais que les gens étaient en train de réagir et que ça marchait bien. Juste avant ils avaient installé plein de pancartes mais y avait pas grand monde qui s’arrêtait. Dès que suis entrée dans la barquette, y a eu un attroupement. (bon y a aussi le fait que j’ai enlevé mes fringues, mais les gens étaient surtout curieux, puis choqués).

      Par contre je regrette de pas avoir pu prendre de photos, alors que j’adore prendre des photos, mais bon on peut pas tout faire.

      En tous cas l’idée des 2 stands est bonne, même si techniquement un peu plus difficile. Je la garde dans un coin de ma tête on sait jamais. Y a quand même beaucoup plus de militants au CLAM qu’au CLAT (a tours) ou j’étais avant, ça ouvre des possibilités.

  3. Je pense que l’effet choc est salutaire aussi.
    Parce que finalement beaucoup ne veulent pas savoir ce qu’il y a derrière leur viande, et que quelquefois leur montrer cette réalité soulève quand même un coin du caca qu’ils ont dans les yeux.
    Perso je suis venue tout doucement au végétarisme, (je n’ai pas encore enlever les œufs), ce fut une réflexion lente grâce à ceux qui déjà étaient engagés dans cette action. C’est vraiment après que j’ai vu les images, les reportages qui ont développé ma rage plus que mes convictions.
    Bravo à toi, en tous cas pour t’être exposée dans le froid et sous les regards.

    • Tout à fait d’accord.

      Comme je le disais, le sang et le plastique sont sous leur nez, ils peuvent pas nier que c’est glauque et moche.

      La chair froide prend un autre… non, elle prend un visage tout court. On avait aussi beaucoup d’images d’animaux dans des abattoirs, c’était à casser le moral. Les images choc et les reportages me dépriment, alors que je vis mon végétalisme très sereinement… Mais chaque type de message peut toucher un type de personne.

  4. Ce serait sympa d’emporter un petit magnétophone voir une petite caméra cachée.
    Et de poster ensuite un florilège des réaction des gens.

    • lol :) pas bête.

      De mémoire, ça donnait à peu près ceci:

      « Mais j’te jure, c’est une vraie meuf » (oui même qu’elle t’entend, connasse.)

      « Mais non, la dame elle est comme ça parce qu’elle essaie de dire que… Mais arrête de pleurer, c’est pas du vrai sang! »

      « Mais si, regarde, elle bouge » (à peu près 150 000 fois)

      « Ne regarde pas. »

      « Mais c’est une vraie meuf ou pas? »

      « Mais non, c’est un mannequin. »

      « Elle a pas froid? »

      « C’est pas drôle, j’ai cru qu’y avait eu un accident. »

      « Mais j’te jure, elle respire, regarde! Mais si, j’te jure »

      « C’est du plastique ou c’est une vraie meuf? »

      « Putain, vous m’avez fait peur, là ».

      « Elle est bien foutue quand même » (merci. je t’entends, au fait.)

      « Putain, c’est une vraie meuf! » (oui.)

       

  5. J’aurais adoré participer à une action « barquette » ! Dommage, j’ai découvert ton blog après avoir quitté Montpellier pour l’Isère !

    • Ho tu sais des actions barquettes ça se fait un peu partout. enfin partout ou y a des gens motivés :) plutôt dans les grandes ou moyennes villes qu’à la campagne, c’est sur.

  6. Moi j’aimerais savoir à quoi rêvent les enfants qui voient ce genre de choses…
    Etant à 23 ans encore très sensible visuellement, quand une image me marque j’en rêve très violemment, j’aimerais savoir comment vous vivez le fait de traumatiser des enfants à vie et de leur pourrir leurs nuit pendant quelques années, voire toute leur vie ?

    • C’est marrant, moi, c’est de manger de la viande qui m’a traumatisé pendant des années. J’ai fait (et je fais encore), souvent, des rêves où des animaux, généralement des animaux domestiques que j’ai eus, entrent, vivants, dans ma bouche. C’est assez terrifiant.

  7. C’est qui ?

    Si tu le vis si bien que ça, ne t’étonne pas qu’on vive très bien le fait de manger des animaux, petits ou grands.

    Sachant qu’à mon avis, traumatiser des gamins à vie c’est bien pire que tuer des animaux pour les manger, si c’est fait dans de bonnes conditions…

    • Bien sur, donc continues à manger des animaux, et sois sure qu’ils sont égorgés dans de bonnes conditions (mais ne cherche surtout pas à vérifier, ça risquerait de te traumatiser). Puisque c’est moins pire que traumatiser les gamins en leur montrant des faux cadavres, mangeons des vrais cadavres! et donnons-leur des vrais cadavres à manger. C’est d’une logique rigoureusement rigoureuse.

      D’ailleurs, on devrait aussi manger des humains, puisque c’est moins pire de manger un humain mort que de montrer un humain qui fait le mort à un enfant. Et puis il suffirait de les tuer dans des bonnes conditions. Ha non j’oubliais, les humains sont pas des animaux, ce sont des heu… plantes? bactéries? bonshommes en mousse? (quelle différence, après tout, de toutes façons, les animaux peuvent pas se défendre, profitons-en).

      Et maintenant, allez culpabilisez ailleurs, merci.

  8. J’ai déjà abattu des animaux que j’avais élevés, et je n’en culpabilise pas plus que ça.

    Je serais plutôt pour goûter de l’humain, puisque l’humain est animal comme les autres, voire même (et surtout) bien pire.

    Je voudrais juste savoir un truc : quand vous aurez réussi à rendre TOUS les humains végétaliens, vous ferez quoi des animaux que’ vous aurez « sauvé » ?

  9. J’espérais avoir, pour une fois, des réponses construites, argumentées, viables, et polies de la part d’un vegan, même militant.

    J’étais venue ici ouverte, prête à apprendre et écouter.

    Je me suis encore trompée, décidément, les vegans sont tous les mêmes….

    • Tu es venue m’agresser, me bassiner avec ton goût pour la barbaque, et poser des questions complètement idiotes sur un ton moralisateur, je ne vois pas pourquoi j’y répondrais.

      Les discussions constructives, c’est avec les gens qui le méritent. C’est à dire qui arrivent ici ouverts, prêts à apprendre et écouter, tout le contraire de ce que tu as fait, désolée.

      Tes jugements à l’emporte-pièce me fatiguent et je n’ai pas l’envie, le temps ni l’énergie de discuter avec quelqu’un qui croit détenir la Vérité.

      Je ne te salue pas.

  10. @ l’elfe

    T’as pas honte de traumatiser les enfants ? Et en plus , tu fais bander les grands ! Pauvre France …

    @SoleXine

    On pourrait discuter des vertus du traumatisme en ce qu’il permet à la conscience de véritablement s’éveiller . Du moins , à certaines consciences .
    Prenons votre exemple : vous êtes très sensible visuellement , d’où :
    – si vous connaissez la réalité de l’élevage industriel , c’est à dire ce qu’a vécu l’animal dont vous mangez la chair , alors vous êtes végéta*ienne
    – si vous ignorez cette réalité , vous refuserez d’en prendre connaissance en regardant par exemple ce reportage sur le sort des cochons qui finissent dans votre assiette :

    http://www.flickr.com/photos/igualdadanimal/sets/72157622973836594/

    http://www.flickr.com/photos/igualdadanimal/collections/72157605815420541/

    @ Camille

     » … si c’est fait dans de bonnes conditions  » . Donc , vous ne connaissez pas les conditions d’existence des animaux que vous mangez ( à moins de ne manger que ceux de votre basse-cour )puisque le seul point qui vous chagrine est les conditions de leur mise à mort .
    Renseignez-vous , puis demandez-vous si  » traumatiser des enfants à vie  » est si répréhensible que ça quand cela permet de faire des adultes plus éveillés et enclins à la compassion que leurs parents . Car l’existence des vaches , poules et cochons que vous mangez est un tantinet moins enviable que le  » traumatisme  » d’un enfant .
    De toute façon , vous n’êtes pas un enfant , alors affrontez la réalité . Et si vous préférez mettre la tête dans le sable , alors n’ayez au moins pas l’indécence de demander qu’on vous respecte .

    • Bien dit azer :D Moi je préfère cesser de discuter avec ceux qui ont la prétention et le culot incroyables  de faire dire ce qu’ils veulent aux enfants et aux animaux qui ne s’expriment pas ici. Les enfants ont bon dos, et les animaux seront surement d’accord pour être égorgés « dans de bonnes conditions », ils ne demandent que ça…

      Bouffe ta barbaque, pauvre cruche! Mais pas ici, plize.

  11. Je suis tout à fait consciente des réalités, puisque je suis ouvrière agricole.

    Mais vous devriez savoir, puisque vous êtes si bien renseignés, que tous les élevages ne sont pas comme ça.

    Et oui, je sélectionne les viandes que je mange.

  12. Commentaire de profane totale en matière d’activisme, mais, je pense que dire de n’importe quelle action unique qu’elle est « la plus efficace » est naïf.
    Certains seront braqués par le caractère choquant d’une action barquette et verront leurs « convictions » (ou persuasions) renforcées.
    Pour d’autres, c’est peut-être le degré minimum de choc à leur faire subir pour déclencher leur réflexion.
    Pour les plus désensibilisés, il y a les vidéos des abattoirs.

    Je pense aussi que le discours, les mots, sont aussi un instrument très efficace pour faire passer un message, une fois l’attention captée.

    ((( typos:
    s/ou va le monde/où va le monde/
    s/criticable/critiuable/
    )))

    • C’est vrai, c’était naïf de ma part de dire ça.

      En même temps c’était ma première action de rue (je commence hard).

      D’ailleurs je pense que les dégustations de nourriture sont un truc qui marche du tonnerre et à mon retour en France j’essaierai d’en organiser.

  13. Aïe, moi aussi je fais des typos. C’est moi, le profane total (et non totale). Et il me semble que tu ne faisais que reprendre l’idée d’un autre militant, en lui attribuant, donc je ne voulais rien te reprocher.
    J’avais oublié de lire les autres commentaires avant de poster, après coup je me suis rendu compte que j’étais à la traine dans le débat d’idées !
    Je pense effectivement que faire suivre le choc d’actes et de paroles rassurantes (dégustations) est une excellente façon de lancer les personnes sur la voie d’une réflexion.
    Félicitations pour ton engagement.

    • Ha oui c’est vrai je n’avais pas vraiment écrit ça en fait (je n’ai pas relu mon article depuis le temps). Pour cafter, crois que c’est IV qui m’avait dit ça, mais je n’en suis plus tres sure ^^

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