La Cabane des Indignés

Il y a, sur l’esplanade Charles de Gaulle, à Montpellier, de grands platanes centenaires. Et dans un de ces platanes, il y a la cabane des Indignés.

Elle est construite dans divers matériaux et fait trois étages. Dans la cabane, il y a des gens qui montent, descendent, dorment et vivent. Au pied de la cabane, il y a des affaires, des caddies, des gens, des slogans et des chiens. L’ambiance est joyeuse, c’est d’ailleurs là qu’on eu lieu les deux distributions du collectif Food Not Bombs Montpellier.

Je n’ai jamais compris tout à fait clairement ce que revendiquaient les Indignés, et pourtant je crois bien que je partage leur indignation. Je crois qu’il n’y a même plus besoin d’expliquer contre quoi l’on s’indigne. Contre la pauvreté, l’exclusion, la confiscation des espaces publics, la faim, le règne du Dieu le sacro-saint Pognon, le manque de tout dans lequel on fait vivre les gens dans nos villes… La liste pourrait s’allonger encore et encore, mais je crois qu’avoir une vague idée suffit.

D’aucuns s’indignent contre des hurluberlus aux vêtements colorés et la présence de quelques clébards qui risquent de machouiller un bégonia ou de faire caca sur une pelouse. Sans doute que c’est pas bon pour les affaires. Evidemment, on invoque le risque de morsure ou d’agression. Les chiens seront le bouc émissaire, un prétexte comme un autre pour faire décarrer les indignés, leur indignation et et leurs revendications avec. Circulez, M’sieur dames, y a rien à voir.

On se donne aussi bonne conscience en évoquant les risques de chute de la cabane, comme si les gens étaient de parfaits idiots incapable de bâtir quoi que ce soit, comme si nous devions tous vivre rivés au sol de peur d’y tomber. D’après l’arrêté ordonnant l’expulsion des indésirables, l’équilibre de la cabane est précaire. Des gens y dorment pourtant depuis près de deux mois. L’arrêté dit aussi que les Indignés ont « excédé les limites du droit d’usage qui appartient à tous ». Il faudrait peut-être virer aussi les SDF qui dorment sur les bancs dans toutes les villes, c’est pas fait pour dormir dessus, les bancs, et puis les clodos aussi ils « s’installent de manière durable dans l’espace public ». Qu’est-ce que la gentille municipalité qui veille à ses usagers compte faire à ce sujet? Rien? Ha bon. Ou peut-être les envoyer dans des foyers miteux où leur sécurité est pire que dans la rue, en les forçant, au passage, à se séparer de leurs animaux. Sinon, on utilise la bonne vieille méthode des bancs inconfortables où on peut pas s’allonger. La municipalité vous chouchoute, profitez-en.

 

Comme par hasard, les inquiétudes à propos de morsures de chien et de chutes qui n’ont jamais eu lieu se sont cristallisées juste avant les Estivales, donnant lieu à l’arrêté d’expulsion. Les Estivales, c’est un genre de festival où on vend des trucs, généralement chers et inutiles. Malgré les tentatives d’expulsion, les Estivales ont du cohabiter avec la cabane. A ce jour, la cabane s’accroche, enfin, aux dernières nouvelles. Je ne peux pas retourner à Montpellier pour le moment, mais je suis de tout cœur avec eux. Je ne sais

pas comment finira cette histoire. J’espère que tout le monde se souviendra de la cabane.

En attendant le dénouement, voici quelques photos prises en Juin autour de la cabane, qui rendent un peu l’ambiance du lieu.

48 réflexions au sujet de « La Cabane des Indignés »

    • Aux moins ils sont beaux.
      Et ils savent sûrement qu’ils sont cons, eux. Tu réalises que tu l’es aussi, ou t’es con et présomptueux en plus ? Sans vouloir t’offenser.

      • Il en faudrait beaucoup plus pour m’offenser sur un site ou je ne m’attends à rien de plus offensant que des raclures de pommes et autres détritus à peine bons à me faire baisser les yeux en passant mon chemin – sans façon.
        Mais vous pouvez toujours essayer.

        • C’est vrai. Ils sont infiniment beaux. Moi même, quand je croise un punk à chien, je me dis que c’est merveilleux ce que la nature peut engendrer. Autant de visages blafards, de cheveux gras, de tresses en descente de lit, je sens que mon coeur, là comme ça, pif paf pouf il s’ouvre au beau. Des gens comme on les aime, surtout quand l’un deux vous arrache tendrement le bras, plaque son faciès délicieusement syphilitique sur votre abominable visage propre et éructe une demande, un conseil ou initie un débat hautement philosophique d’une haleine que n’aurait pas renié un poilu après 3 semaines dans les tranchées. Ces gens sont merveilleux. Je les aime.

          Que dire de leurs fantastiques canidés ? Ces bêtes aimantes, au regard tendre et à l’âme noble ? Des coups de rangers qu’ils subissent de leurs doux maîtres quand la canette de Broburger passe mal ? De ces chiots adorables qui rendent le parvis des gars comparables aux inondations auprès desquelles notre ancien président Mac Mahon s’exclama « que d »eau, que d’eau » ? De ces merveilleux bâtards qui déclenchent tout un tas d’ennuis juridique au vil policier qui essayerait d’embarquer son maître ?

          Oui, que dire de ces animaux et de leurs propriétaires, exceptés qu’ils soient beaux ?

          • C’est toujours assez incroyable de voir un trou de balle qui pense moins sentir la merde que les autres. Surtout en pleine crise de diarrhée.

          • Y a eu bug. Ces deux messages mal placés (dans le fil de la discussion) peuvent être effacés.

          • Merci Zert de la pertinence de cette remarque. Ah, et on peut très bien écrire avec un bras au passage, tu considères les manchots comme des sous hommes et tu défends ceux qui grimpent dans les arbres ? Intéressant.
            Quand à la réponse de l’auteure (qui se croit surement révolutionnaire par l’orthographe qu’elle à de ce moment), sa réponse lapidaire constitue une défense inébranlable. Se faire insulter par une écolo, visiblement sortie de la cuisse de Jupiter me chagrine énormément. Je me sens très blessé dans mon petit coeur, si, si…

          • A ce que je vois, Zerh, toi, ce n’est pas un bras qui te manque, mais un cerveau. Ne t’en fais pas pour ça, beaucoup d’humains y survivent de nos jours, en particuliers ceux qui se croient différent mais qui en fait, eux aussi entre dans un moule volontairement définit par l’état.
            Pour ce qui est de ta remarque insultante sur les gens qui ont perdu un bras, je ne peux qu’en faire fi. Il est évident que les fumiers qui perdent un bras font exprès de bosser à la chaîne et d’êtres amputés par la machine, ou les soldats de sauter sur une grenade. Ou même le couple qui rentre de soirée et qui se prend un 35 tonnes conduit par un type ivre mort et qui se fait découper, je suis bien d’accord avec toi, c’est rien que des gros cons. il doit surement te manquer une partie du corps, suivant ton raisonnement, moins on a de bouts, plus on est bêtes ! Je dois donc parler avec une machoire accompagnée d’un doigt depuis tout à l’heure.

          • Nan mé t ki toi pour parlé comme sa?
            C’est a cose de gens comme toi qu’il vive de cette façon, exclu pour ne pas ressemblé à toi!
            Tu n’es qu’un prétenssieu derrière son pc, sors un peu et tu verra qu’ils ont fai le bon choi.
            En attendant eux son beaux , toi t’es moche!

        • Je suis sans voix.
          On me dira que cela tombe relativement bien car je suis sur internet et c’est un clavier que je détiens, certes.
          Mon cher Aymélia, je suis déjà quelqu’un qui maîtrise le petit Robert, ce qui n’est pas le cas de tout le monde (enfin qui le maîtrise, depuis qu’on y ajouta l’expression LOL, disons plutôt que je le méprise).
          Quand à ces gens, je suis désolé, mais aides toi et le ciel t’aidera. Il est facile de tout rejeter sur le gouvernement quand on veut vivre en marginal. Il y a un moment où il faut se sortir les doigts du pourtour anal, si l’on me passe l’expression. Moi, voir des jeunes qui essayent d’échapper au système, mais qui par toutes leurs actions font leur jeu, ça me déprime sur leur santé mental. Le pire, c’est leurs motivations « ils sont indignés ». Voilà c’est tout, cacaboudin. Waow, on va refaire le monde. c’est d’une facilité sans limite de tout rejeter comme cela, d’être indigné, et de prendre un bouc émissaire, l’état comme par hasard ! Si ce n’est pas cité ici clairement, le propos le sous tend avec évidence. Moi aussi je me sens indigné par plein de choses, je ne vais pas me construire une cabane pour ça. Je pourrai même accuser l’état, être indigné pour n’importe quoi ! Soyons indigné quand la dernière clope du paquet est finie ! Soyons indignés par le fait qu’il y ait des éruptions sous marines ! Soyons indignés du fait que le coca fasse grossir ! Soyons indignés que les extraterrestres n’existent pas ! Soyons indignés pour tout plein de choses, prenons un coupable qui n’y peut rien et pendons le ! Hourra !

          • Tu coné peutetr le dictionnaire mai Aymélia c un prénom de fille, donc comence ta réponce par Ma chère et non Mon cher..

          • Ta maîtrise et ton usage de la noble langue française en dit effectivement très long sur toi. C’est triste et pitoyable. Et quand je dis pitoyable, c’est dans son sens ou il m’inspire de la pitié ou de la compassion. Comment faites-vous pour ne pas voir l’évidence ? Comment faites vous pour ne pas prendre conscience de ce qui ne va pas dans le système actuelle? Comment faites vous pour ne pas essayer d’être autre chose que le rouage d’un système ?
            Comment faites vous pour croire qu’être parfaitement adapté à un système malade et déficient c’est être en bonne santé?
            Votre ignorance et votre peur vous transforme en une personne aigrie et haineuse de ceux qui ont décidé de ne pas être un rouage.Ils ont eu le courage de payent le prix chaque jour en subissant le comportement de ceux qui, trop lache ou ignorant, n’osent pas faire de même. Ils sont libre, la ou vous êtes captif, il possède tout, la ou vous êtes à crédit… Mais encore faut il être capable d’ouvrir correctement les yeux pour le voir.

    • Aucune loi n’interdit de construire une cabane… Je dirais plutôt que nous vivons une période de répression et de restriction de toutes les libertés. A quoi on voit ça? on invente des lois pour interdire ce que les gens sont en train de faire.

      • Une période de répression et de rest… euh, non, sans déconner, c’est sérieux là ? On en est encore au point de dire que l’état se comporte de façon liberticide en ce moment même ?
        Quand à la construction d’une cabane, bien évidemment qu’aucune loi ne l’interdit. Par contre, l’occupation du domaine dit « public », la construction d’édifices dans ce dernier (car oui, l’état possède également les « volumes » sur ses propriétés, lieux situés au dessus des sols), là, on passe en marge de la légalité. L’état aurait même pu envoyer un huissier pour faire procéder à une expulsion.

        De plus, balancer de manière très général un « l’état interdit de faire ce qu’on veut », c’est de la fumisterie pure et simple. Rarement les libertés ne furent aussi élevées qu’aujourd’hui , sur internet d’ailleurs, le rejet d’ACTA, pour un simple exemple le prouve (attention, on entre dans l’européen là). Non décidément, même si l’état est coupable d’abominations juridiques (comme le délit du harcèlement sexuel, texte rédigé avec les pieds), il n’est absolument pas tourné vers un courant, surtout en ce moment, liberticide.

        • Je voudrais bien voir l’huissier grimper aux branches. Ils ont intérêt à engager un orang-outan.

          • Bon, vous m’excuserez de mon manque de réactivité, mais j’avais autre chose à faire que de répondre immédiatement.
            Ce truc merveilleux qu’est l’internet, moi, ça me fait un peu penser aux Caraïbes.
            C’est beau, c’est plein de ressources, et on en fait un peu ce qu’on veut. Il ne faut pas se le cacher, presque tout le monde télécharge sur internet, et pas vraiment de manière légale. C’est un peu comme du pillage de galion dans la mer des caraïbes : on aborde, on pirate et on vole tout ce qu’on peut. Oui, j’ai bien dit voler. Le vol, définit dans le code pénal comme la soustraction d’un bien à autrui est tout à fait caractérisé. Sauf qu’ici on ne vole pas l’objet, mais ce qui doit revenir de droit à l’auteur. Car oui, l’auteur à un droit sur son oeuvre, fournit par le code de la propriété intellectuelle. S’approprier cette oeuvre sans payer, notamment, c’est enfreindre la loi.
            Donc on continue de piller des navires, et un beau jour le gouverneur arrive et fait tirer son gros canon. Non par ce que c’est rigolo de pirater à qui mieux mieux, mais la loi est quand même censée être respectée, rien qu’un peu. Donc on nous pond un gros Hadopi bien dégueulasse, avec des clips ridicules à la télé. Si la forme est ridicule, le geste lui, ne l’est pas. L’état veut juste légiférer là où il le doit, et arrêter de faire en sorte que l’on viole la loi comme pas permis sur internet. Il n’y a donc pas une réduction des libertés, mais juste un contrôle qui revient, qui aurait dû être fait le plus longtemps. CQFD.

            P.S. : même si l’état, nous pourrons en convenir, a à peu près 70 ans de retard sur internet.

          • Le piratage n’est pas du vol. Quand on vole un truc, le truc n’existe plus là où on l’a pris. Quand on copiait des cassettes audio, on appelait pas ça du vol, on appelait ça une copie. Mais c’est bien, tu as bien appris ta leçon…

          • On peut jouer sur les mots tant que l’on veut… moi, j’essaye juste d’être arrangeant. En effet, croire que le téléchargement illégal est du vol est légèrement erroné, du fait que seul la Cour de cassation (cambre criminelle) le reconnaît comme tel. Or, le juge n’est pas censé être source de loi. De plus, cela s’appliquait pour un viol de droit d’auteur sur une copie de livre (la Cour ne comprend pas encore tout à internet). En effet, le téléchargement illégal c’est de la contrefaçon pure et simple. Alors c’est merveilleux, ce n’est plus du vol, youpi. Oui mais mes p’tits lapins, reste encore que la contrefaçon est quelque chose d’illégal (je ne pousse pas le vice juridique à dire que dans certains pays le téléchargement est considéré comme un vol, que celui qui s’estime lésé peut recourir logiquement au droit international, voyant ainsi le droit de son pays reconnu et donc le vol, si jamais celui dont on abusa ne demeure pas en France). Punie par la loi, elle l’est, d’ailleurs de manière plus sévère que le vol standard (pour le vol aggravé, je n’ai pas vérifié). Il est paradoxal de dire que l’état réduit nos droits quand, de nouveau, je le répète il ne fait qu’appliquer le Code pénal. A voir les peines qui y sont inscrites et celles prononcées, la justice fait d’ailleurs preuve d’une clémence lamentable ces dernières années (surtout en matière de viols), mais là n’est pas le débat. La loi est dure, mais c’est la loi. Se cacher derrière des prétextes fallacieux n’ôte rien à ce qui est écrit dans les textes, qu’on le veuille ou non.

  1. J’me permets de réagir sur un détail qui m’a fait bondir, malgré cette jolie photo verte et ensoleillée qui sent bon les Estivales :
    « Elle est construite dans divers matériaux et fait trois étages. »
    « On se donne aussi bonne conscience en évoquant les risques de chute de la cabane, comme si les gens étaient de parfaits idiots incapable de bâtir quoi que ce soit, comme si nous devions tous vivre rivés au sol de peur d’y tomber. D’après l’arrêté ordonnant l’expulsion des indésirables, l’équilibre de la cabane est précaire. »

    Soit. Elle aurait pu n’en faire qu’un, d’étage, la question pour moi resterait la même : une construction sauvage de ce type, sur la voie publique (?), respecte-t-elle les normes de sécurité, que ce soit quant à la nature des matériaux utilisés, des techniques constructives employées ? Et encore je ne parle même pas de la sécurité du chantier proprement dite. Ça fait 30 ans que je travaille sur des chantiers de construction, et on nous bassine à longueur de temps avec des règles de sécurité inapplicables. Plus ça va, plus on nous en rajoute. Et là, on arrive comme une fleur, on monte trois bambous avec une corde en poils d’orang-outan (pour reprendre une plaisanterie vue plus haut), et tout le monde est content, jusqu’à ce qu’un type se casse la binette, et là, peut-être, on parlera de ces fameuses cabanes, mais pas dans le sens recherché… Donc au final, est-ce une initiative encadrée et préparée, ou bien, est-ce « vas-y que j’te pose mes planches comme je veux et je croise les doigts pour que ça tienne » ?

    • Diantre, ça bouge par ici. En tout cas, je vois avec plaisir que je ne suis pas le seul à m’inquiéter du droit et de la sécurité dans cette affaire.
      C’est rigolo de construire une cabane comme un môme, sauf que là, c’est plus des mômes. On voit bien que les gens qui font ça sont de pures égoïstes, et qu’il est très facile de réduire leurs opposants à, allez, soyons fous, de vilains bourgeois ! Un blaireau qui tombe de l’arbre sur un couillon qui passe, un mort, ça peut arriver. Et là on fait quoi ? Pour la victime ? Pour sa famille ? Mais madame, allons, on ne pouvait pas prévoir que monsieur allait tomber de cet arbre et tuer votre gosse. Après tout, leur construction avait l’air solide, nous n’avons donc rien fait ! C’est toujours les mêmes qui viennent pleurer qu’il n’y a pas assez de droit alors que deux secondes avant, la loi les étouffait !

      • Bon en même temps moi, en tant que passant, si je voit ce genre de construction dans les arbres j’évite de passer en dessous. On peut critiquer les indignés sur un certain nombre de points, notamment sur le fond de leur message plutôt que la forme, ou au moins leur poser des questions concrètes (qu’est-ce qu’ils veulent ? Comment veulent-il l’obtenir ? Par quels moyens ? etc…) mais s’émouvoir pour trois pauvres cabanes construites dans les branches, là franchement, c’est de l’enculage de mouche.

    • Si le fait qu’ils soient prétendument crasseux et sans emploi te dérange, alors tu n’as absolument rien compris à la philosophie libérale (je ne dis pas que tu es libéral, mais tu tiens le même discours qu’un certain nombre de prétendus libéraux). Quand à l’appropriation des biens communs, vu qu’ils appartiennent à l’état et donc à tout le monde (donc à personne), on s’en fout.

      C’est l’état qui s’est tiré une balle dans le pied tout seul en déclarant que ces biens lui appartenait, tout en n’ayant pas les moyens de les faire respecter (car vu qu’il est dirigé par des politocards incompétents et intéressés uniquement par leur réélection, il est donc constamment fauché, ce qui est une des seules vérités immuables dans ce monde). Donc on va pas bouder notre plaisir là dessus.

      Maintenant moi, personnellement, j’aimerais bien concrètement pouvoir discuter avec un indigné un jour pour connaitre sa vision des choses et ce qu’il propose comme alternative, tout en lui posant des questions sur la faisabilité d’un tel projet et ses conséquences sur la liberté individuelle. Mais sinon ça me dérange pas plus que ça que quelques gugus s’amusent à grimper aux arbres.

  2. Merci pour cet article !
    La suite est moins bien …
    A Nîmes, message reçu vers 11h :
    La cabane a été detruite à 6h, Kevin (habitant de la cabane) est en garde à vue.
    A Montpellier environ 14h :
    Ouff, tout va bien (sauf les bouchons de circulation) Présent/e/s une 30aine d’indigné/e/s et autres, 6 policiers municipaux … Kevin va bien et les autres aussi. Tout est calme. L’arbre semble bien vide comme ça !
    Repartie à 16h30, il restait 2 municipaux, plusieurs jeunes sont partis ailleurs, d’autres non.
    Malgré tout : on ne lâche rien.
    Et ne croyez pas que je suis une petite punkette, j’ai 61 ans et un toit sur la tête

    • Merci pour ton message.
      J’espère que la résistance continue même si tous ces cons ont fini par faire descendre Kevin de l’arbre. Apparemment ils ont fait intervenir le GIGN. Pour un mec perché dans un arbre… C’est dommage que même ici sur mon blog, on soit envahis par les trous du cul. Y a vraiment plus aucun espace de liberté et de joie de vivre.

      • D’après ce que j’ai entendu, c’était bien un seul mec dans l’arbre, mais qui était monté assez haut, il pleuvait et glissait. Il a donc fallu l’intervention des pompiers pour le récupérer pour qu’il ne tombe pas.
        En bas le GIGN pour ne pas qu’il s’échappe… ça correspond sûrement à une procédure « obligatoire ».

        Par contre j’y passais tous les jours à côté de l’arbre… merci l’odeur.
        Aujourd’hui personne dans les arbres mais en permanence 3 policiers municipaux… à suivre

  3. « En effet, le téléchargement illégal c’est de la contrefaçon pure et simple. Alors c’est merveilleux, ce n’est plus du vol, youpi. Oui mais mes p’tits lapins, reste encore que la contrefaçon est quelque chose d’illégal […]
    Il est paradoxal de dire que l’état réduit nos droits quand, de nouveau, je le répète il ne fait qu’appliquer le Code pénal. »

    Quelque chose d’illégal dans le contexte actuel peut-être, mais d’un point de vue moral et logique ? (car c’est quand même là dessus que doit se reposer la loi en principe).

    Je ne te donnerais pas mon avis sur le sujet car d’autres l’ont fait mieux que moi avant, je me contenterais de citer Thomas Jefferson :

    « Celui qui reçoit une idée de moi reçoit un savoir sans diminuer le mien ; tout comme celui qui allume sa bougie à la mienne reçoit la lumière sans me plonger dans la pénombre. Que les idées circulent librement de l’un à l’autre partout sur la planète, pour l’instruction morale et mutuelle de l’homme et l’amélioration de sa condition, voilà qui semble avoir été conçu à dessein par la nature bienveillante, quand elle les a créées, libres comme le feu qui s’étend partout, sans diminuer leur densité en aucun point, et comme l’air que nous respirons, dans lequel nous nous mouvons et nous situons physiquement, rétives au confinement et à l’appropriation exclusive. Les inventions, par nature, ne peuvent donc être sujettes à propriété. (Thomas Jefferson) « 

    • Le droit est il construit sur la moral et la logique ? Mmmmmh, c’est éminemment discutable. Le droit Français descend de la bible. Je ne fais pas l’apologie de la religion, mais ça ne m’a pas empêché de faire un peu de théologie, et quand on voit la similitude de certains articles du Code civil avec l’ancien testament, notamment sur l’adoption, y’a des rapports assez épais. L’épine, c’est que quand on connaît justement les textes sacrés de l’ancien testament, c’est que nous avons là un dieu vengeur, parfois cruel. Nos textes de li étant en partie basés dessus, on commencera à douter de la moralité du droit.

      Quant à la logique… le droit l’est il fondamentalement ? je serais assez tenté de dire non. Le droit est par nature contraignant, s’il existe, il part pour une bonne partie du fait que l’homme n’est hélas pas un animal bon de nature (là aussi, c’est à débattre). L(homme génère des conflits et doit se soumettre à ce qu’il édicte, mais l’homme en a t il envie ? Si je vole, si je tue, ai je envie de subir une sanction ? Le droit, sanctionnateur (si si, le mot existe), va nous imposer un châtiment.C’est en cela qu’il pourrait être moral, mais en rétribuant notre liberté, inhérente à notre existence, il n’est plus logique? Les deux notions, tels l’ouroboros se dévorent donc. Je tiens au droit, même s’il peut sembler parfois sale, je rétorquerai alors, à mon tour, notre illustre Jefferson : Pour les questions de style, nage avec les courants, pour celle de principe, soit comme un roc (vieux souvenir de philo, la citation n’est pas garantie à la virgule).

      • Tu sembles avoir beaucoup de connaissances en droit et une certaine culture sur le sujet, et ce que tu dis a l’air tout à fait intéressant. Mais pour être honnête, je n’y connais rien, j’ai certes fait un peu de droit à la fac, mais c’est loin. Et même si on peut parler d’un tas de choses, je ne sais pas si je pourrais être une interlocutrice intéressante sur les sujets que tu abordes. Car pour ma part, ce que j’aurais tendance à aborder ici, ce sont des questions éthiques, morales, politiques. Du genre: est-ce légitime de punir ceci ou cela, est-ce légitime même que les individus doivent obéir à des lois (qu’ils n’ont pas choisies), ou encore, est-ce juste / moral / souhaitable d’avoir un système pénal? (destiné à punir, à infliger une peine, en réponse à la désobéissance à des lois). La réponse ne se trouve forcément pas dans les lois elles-mêmes…

      • « Le droit est il construit sur la moral et la logique ? Mmmmmh, c’est éminemment discutable. Le droit Français descend de la bible. »

        Et la bible descend de quoi ? Bref, quand on ‘essaye de comprendre un peu comment tout ça fonctionne, et pourquoi, on découvre un concept qui englobe tous les autres : le droit naturel. Je ne vais pas faire ici un exposé sur le sujet, mais c’est en gros un ensemble d’essais et d’erreurs darwinien de toutes les sociétés humaines depuis l’existence de l’être humain qui ont façonnées peu à peu le droit. Donc le droit est à la fois « moral » (c’est à dire qu’il s’approche, au fil du temps, d’un idéal qui correspond à la morale humaine) et à la fois « logique (car les sociétés ayant le droit le moins logique finissent par mourir, c’est darwinien te dis-je).

        « Si je vole, si je tue, ai je envie de subir une sanction ?  »

        Et ceux à qui tu voles ou que tu tues, en ont-ils envie ? Bref, on choisi de défendre en priorité ceux à qui on a porté atteinte aux libertés (je sais pas si c’est très français comme phrase d’ailleurs, mais bon…)

        • Bastiat :

          « la croyance au progrès a affecté la politique contemporaine en revivifiant et popularisant, sous une forme « à la page » et pseudo-scientifique l’ancien apocalyptisme judaïque et chrétien. Un destin splendide attend l’humanité, un àge d’or à venir, dans lequel des appareils perfectionnés, des plans économiques plus grandioses, des institutions sociales plus complexes, auront d’une façon ou d’une autre créé une race d’êtres humains plus vertueux et plus intelligents. La fin ultime de l’homme n’est pas (comme l’ont toujours affirmé tous les maîtres de la spiritualité) dans le maintenant intemporel et éternel, mais dans l’avenir utopique et non trop éloigné. Afin d’actualiser cette fin ultime temporelle, les masses doivent accepter, et leurs dirigeants ne doivent éprouver aucun scrupule à imposer, n’importe quelle quantité de souffrance et de mal moral dans le présent. Il est éminemment significatif que tous les dictateurs modernes, qu’ils soient de droite ou de gauche, parlent sans cesse de l’avenir dorée et justifient les actes les plus atroces, ici même et maintenant, sous le prétexte que de tels actes sont des moyens en vue de cette fin splendide. Nous voyons donc que le progrès scientifique et technologique a produit une croyance sans bornes dans l’avenir, comme une chose nécessairement meilleure que le passée ou le présent. Mais la seule chose que nous connaissons de l’avenir, c’est que nous sommes profondément ignorants de ce qui va advenir, et que ce qui arrive effectivement est en général fort différent de ce que nous avions prévu. En conséquence, toute foi fondée sur ce qui est censé devoir se produire dans un avenir lointain doit toujours et nécessairement manquer désespérément de réalisme. […] Dans la pratique, la foi en le progrés de l’humanité vers un avenir postulé plus grand et meilleur que le présent est l’un des ennemis les plus puissants de la liberté, de la paix, de la morale, et des convenances communes car, comme l’a fait voir nettement l’histoire récente, les gouvernants se sentent fondés, en vertu de ce qu’ils croient savoir de l’avenir, à imposer les tyrannies les plus monstrueuses et à engager les guerres les plus destructrices au nom des fruits entièrement hypothétiques que ces tyrannies et ces guerres doivent (Dieu sait pourquoi !) produire quelque jour, – mettons au XXIème ou au XXIIème siècle. »

          Aldous Huxley, dans Origines et conséquences de quelques schémas de pensée contemporains.

          Le progrès technologique, ça existe, l’évolution des espèces aussi. Le « progrès moral », « progrès des société » ou appelle ça comme tu veux, c’est une idée Nietzschéènne, une hypothèse basé essentiellement sur la foi. C’est peut-être vrai, mais c’est un article de foi, pas une verité certaine.
          « Les portes de la Réflexion » d’Huxley contient ses réflexions sur le progrès, ça pourrait te faire relativiser un peu ce « darwinisme moral/social »

        • Le droit naturel, aussi surnommé par nombre de juristes « la grosse bouse pondu par Rousseau, l’homme si moral qu’il abandonne sa femme et ses gosses ».
          Si la bible descend de quelque chose, pour l’ancien testament, ce n’est certainement pas de la moral : l’on y trouve mort, trahison, sueurs, sangs.. larmes. Je ne parle même pas de la position de la femme en ce lieu. Cela change certes avec le nouveau testament, mais pour connaître rien qu’un peu ce bon vieux code civil, c’est plutôt de l’ancien dont il est question.
          J’aborderai avec plaisir le concept de société et de droit, mais quant à savoir ce qu’est une société, le débat est fort long.
          Toutefois, celui qui est la victime à t il envie de l’être ? Non, évidemment (ou si, mais là c’est aussi un autre sujet, comportant par exemple un martinet, mais je m’égare), mais comme je l’ai dit précédemment, cela n’empêche pas celui qui a fauté vouloir échappé à son châtiment dans la majorité des cas.
          Je l’avoue, ta dernière phrase me laisse perplexe. Tu insinues que l’on défend ceux qui atteignent des libertés ?

  4. « Le « progrès moral », « progrès des société » ou appelle ça comme tu veux, c’est une idée Nietzschéènne, une hypothèse basé essentiellement sur la foi. C’est peut-être vrai, mais c’est un article de foi, pas une verité certaine. »

    Je dirais plutôt basé sur les faits : quelle société aura, selon toi, le plus de chance de s’imposer à la longue comme le modèle dominant, celle basée sur la violence et la spoliation ou celle basée sur le respect de l’individu et de sa propriété ? Quels sont, aujourd’hui, les pays les plus prospères et qui connaissent la plus forte immigration (signe d’attractivité) ? Poser la question c’est y répondre. Sinon, penses-tu que l’évolution des sociétés vers de moins en moins de barbarie, d’injustice, d’arbitraire, de cruauté etc… soit, là aussi, un simple hasard ? Comparer les peines infligés aux criminels aujourd’hui et aux siècles précédents est à ce titre très éloquent. Ne parlons même pas du moyen age, et encore moins de l’antiquité. Idem pour le respect de la propriété.

    « darwinisme moral/social  »

    Ca n’a strictement rien à voir. Le darwinisme social, c’est à l’échelle des individus, là je parle d’une convergence des sociétés vers le système juridique le mieux adapté, c’est à dire celui qui donnerait un avantage compétitif à celles qui choisissent de l’adopter. Si darwinisme il y a, c’est à l’échelle des sociétés (et puisqu’on y est, je ne sais pas si c’était ton intention mais assimiler libéralisme et darwinisme social est un vilain homme de paille : http://www.wikiberal.org/wiki/Darwinisme_social#Darwinisme_social).

    Sinon :

    « la croyance au progrès a affecté la politique contemporaine en revivifiant et popularisant, sous une forme « à la page » et pseudo-scientifique l’ancien apocalyptisme judaïque et chrétien. Un destin splendide attend l’humanité, un àge d’or à venir, dans lequel des appareils perfectionnés, des plans économiques plus grandioses, des institutions sociales plus complexes, auront d’une façon ou d’une autre créé une race d’êtres humains plus vertueux et plus intelligents. »

    Ce n’est pas une croyance mais une projection basée sur l’observation de l’évolution des sociétés, et également sur le fait qu’à moins qu’un accident majeur se produise (du genre effondrement de l’empire romain), la quantité de capital investi par tête ne cesse de croitre, favorisant la productivité (on produit pareil avec moins). Après, comme toute projection elle peut être faussée par un élément « imprévu » (par ex en ce moment l’effondrement des économies occidentales, ce qui était d’ailleurs prévisible vu la politique de la FED ainsi que la structure de l’europe), mais la réduire à de la simple croyance est un peu abusif.

    « Mais la seule chose que nous connaissons de l’avenir, c’est que nous sommes profondément ignorants de ce qui va advenir, et que ce qui arrive effectivement est en général fort différent de ce que nous avions prévu. »

    Pas forcément, par exemple Bastiat avait prédit l’effondrement de l’URSS avant même son existence (il est mort en 1850), ainsi que l’échec du protectionnisme, de la nationalisation de la monnaie etc… L’être humain est doté d’un cerveau fantastique, autant l’utiliser.

    « Dans la pratique, la foi en le progrés de l’humanité vers un avenir postulé plus grand et meilleur que le présent est l’un des ennemis les plus puissants de la liberté, de la paix, de la morale, et des convenances communes car, comme l’a fait voir nettement l’histoire récente, les gouvernants se sentent fondés, en vertu de ce qu’ils croient savoir de l’avenir, à imposer les tyrannies les plus monstrueuses et à engager les guerres les plus destructrices au nom des fruits entièrement hypothétiques que ces tyrannies et ces guerres doivent (Dieu sait pourquoi !) produire quelque jour,  »

    En effet, on ne pourra jamais prédire ce qu’un dirigeant, même éclairé, fera du pouvoir. On ne pourra jamais prédire quelle sera l’évolution de la société sur le long terme. En revanche, on peut facilement prévoir que le meilleur moyen de garantir le respect des droits humains sera de limiter au maximum le pouvoir des dirigeants, et plus généralement la tyrannie de la majorité sur les minorités (ça ne veut pas dire qu’il faut supprimer la démocratie, mais faire en sorte que la collectivité décide le moins possible à la place des individus, donc en clair renforcer les libertés individuelles en réduisant le périmètre de l’état).

    • Tu m’as un peu calmé …
      « darwinisme social », j’ai dit ça complètement à tort, jvoulais dire « darwinisme sociétal » ou quelque chose comme ça, la lutte des modèles de société entre eux, rien à voir avec le « darwinisme social », en effet, au temps pour moi.

      Cela dit, quand même :

      « Je dirais plutôt basé sur les faits : quelle société aura, selon toi, le plus de chance de s’imposer à la longue comme le modèle dominant, celle basée sur la violence et la spoliation ou celle basée sur le respect de l’individu et de sa propriété ?  »
      Aucune idée. C’est très subjectif, quand même, de quelle violence tu parles ? La violence interne, au sein de « la societé », entre les différents sociétés qui la composent, et/ou la violence de « la societé » avec les autres societés alentours, la domination économique/militaire ..?..
      On en finit pas, avec ces histoires de société ..

      « Ce n’est pas une croyance mais une projection basée sur l’observation de l’évolution des sociétés »
      On se place où pour observer; à Paris ou en Éthiopie, ou en Inde, ou en Amazonie ..?…

      Les sociétés les plus adaptés survivent et les autres périclitent. Ok. Le « droit naturel » et le « droit moral qui s’approche au fil du temps de l’idéal moral humain », permet moi d’en douter. Et si j’ai tort et qu’il ne faut pas en douter (et tant mieux !), il faut quand même mettre en garde contre cet état d’esprit « t’inquiètes, dans 150 ans ça sera mieux de toute façon, c’est l’Histoire qui va naturellement dans le bon sens ! Maintenant va bosser 14 heures, et consommer du crime aujourd’hui, pour un avenir peut-être meilleur »

      • .. Sous-entendu aussi, il y a un « idéal moral » et pas « des idéaux » … Sous-entendu, « la morale » est une fin en soi et pas juste un moyen pour les individus/les sociétés de parvenir à leurs fins ..

        Bref, c’est affreusement théorique tout ça.
        Probablement dans la pratique on se rejoint, c’est juste que tu semblais très sûr de cette idée de « progrès moral Inarrêtable des sociétés » dans ton premier message.

  5. « Ce n’est pas une croyance mais une projection basée sur l’observation de l’évolution des sociétés, et également sur le fait qu’à moins qu’un accident majeur se produise (du genre effondrement de l’empire romain), la quantité de capital investi par tête ne cesse de croitre, favorisant la productivité (on produit pareil avec moins). »

    Le progrès technologique permet ça, sans rapport avec une meilleure morale de la société.
    C’est l’idée du passage que je citait, les avancées technologiques ont fait progresser la qualité de vie (humaine) générale depuis l’empire romain, puisque t’en parles, mais le progrès moral global, la répartition du capital par exemple, des tâches, des privilèges, l’accès à une éducation neutre, l’égalité des chances … le rapport oisif privilégié/travailleur exploité, l’écologie, la tolérance, ce genre de truc ..
    Ça va nécessairement du pire au mieux avec le temps qui passe ? On peut l’observer, historiquement ? Réellement ? Partout dans le monde tout au long de l’histoire ?

    (Sorry pour le hors sujet Elfe, si ma tribune philo à deux piastres prend trop de place dans tes coms j’arrête, pas besoin d’envoyer l’escouade de nains anti-trolls de la Guilde des Blogueurs.)

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