La possession du corps de l’autre

On l’a vu, le couple me pose plusieurs problèmes, pouvant se résumer à de multiples restrictions de liberté propres à cette institution sociale, qui n’est pas, contrairement à ce que certains m’ont soutenu, libre des influences, des modèles et du formatage social. Pas plus libre que n’importe quoi d’autre. C’est notamment via le couple que la société, ses normes et ses règles s’invitent dans notre intimité et nous dictent nos comportements en matière d’affection, de relations sexuelles, etc.

Le principal grief que je porte au couple, c’est la possession de l’autre qu’il implique. Cette possession de l’autre va bien plus loin que de « simplement » lui interdire de partager sa sexualité ou sa tendresse avec d’autres personnes (ce qui, à mon sens, constitue déjà un abus : de quel droit ?). L’obligation à la fidélité mutuelle n’est qu’un des nombreux symptômes de la main-mise sur l’autre, sur sa sexualité, son intimité.futurama greffe tête emy fryDevoir conjugal : la loi sous les draps

Alors là, je vous entends déjà vous demander: « Mais a-t-elle perdu l’esprit ? le devoir conjugal est aboli dans la loi française depuis 1990, et de plus, le viol conjugal est reconnu depuis 1992 ».

D’abord je vous ferai remarquer, bande de petits je-sais-tout, que les années 90 ce n’est pas si loin que ça, et que dans de nombreux pays, le devoir conjugal est toujours inscrit dans la loi, et qu’une épouse ne peut y porter plainte pour avoir été violée par son mari.

Mais si le devoir conjugal n’est plus inscrit dans la loi, les mentalités, elles, ont du mal à évoluer, et dans les faits, les juges s’invitent joyeusement dans le lit conjugal pour décider de ce qui devrait s’y passer. En pratique, le devoir conjugal est donc toujours d’actualité. Les juges peuvent s’appuyer sur les articles 212 et 215 du code civil pour reprocher à l’un des conjoints de ne pas avoir eu de relations sexuelles avec l’autre, notamment quand celui-ci souhaite obtenir le divorce ou des dommages et intérêt en échange du « préjudice » causé par l’absence de sexe. L’article 212 oblige les époux à la fidélité mutuelle, tandis que l’article 215 dispose qu’ils sont engagés à une communauté de vie. Certains juges interprètent donc ces obligations comme impliquant des relations sexuelles régulières. Ce qui veut dire que votre mari ou votre épouse vous doivent des relations sexuelles, mais que vous n’avez pas le droit de l’y obliger. Cherchez la logique…

      Deux cas récents :

Pour en savoir plus sur la législation autour du devoir conjugal, voir ici.

Ce qui me questionne dans ces interprétations de la loi, outre le fait qu’il soit totalement incompréhensible et débile que les relations conjugales soient à la fois obligatoires et facultatives, c’est l’interprétation qui peut être faite du terme « fidélité ». La fidélité, pour certains juges, n’implique pas seulement de s’abstenir de relations extra-conjugales, mais elle oblige aussi à des relations conjugales. Ce qui veut dire que, quand les époux se doivent fidélité et assistance mutuelle, ils s’engagent à une sorte de possession réciproque du corps de l’autre. Et la fidélité est bien le minimum qu’on attend généralement de toute « relation sérieuse ».

Mais cela impose aussi une lecture particulière de cette obligation de fidélité. Les époux se devant fidélité mutuelle, il semble que ne pas se plier un minimum aux désirs sexuels de l’autre constitue un préjudice, puisqu’on ne peut pas aller voir ailleurs pour combler ses « besoins sexuels ». On peut se demander dans quelle mesure ce problème peut jouer dans les décisions prises par les juges. Cela voudrait dire que la fidélité est considérée comme une contrainte insupportable si le conjoint ne comble pas nos « besoins ». Et en effet on peut se dire que ce n’est pas très confortable d’être coincé dans une situation qui interdit toute sexualité.

Interdire toute sexualité extra-conjugale…

Toute ? Non ! Un petit bastion résiste encore et toujours à la main-mise de son partenaire : la branlette.

Enfin… Non, en fait. La masturbation est encore un sujet tabou chez de nombreux couples. Beaucoup de femmes en particulier se sentent trahies et trompées quand elles découvrent que leur conjoint se masturbe. Les hommes font peut-être moins d’histoires à ce sujet (encore que ça dépend bien sur des individus), mais la masturbation est encore plus tabou chez les femmes, donc elles osent moins se masturber et ont davantage tendance à compter sur leur partenaire pour avoir du plaisir sexuel. Or, notre conception actuelle de la sexualité étant encore très tournée vers le plaisir masculin, ce n’est pas toujours brillant. Mais se faire plaisir toute seule, à ça non, ce serait sale ! Et de rester persuadées que leurs conjoints s’abstiennent de même, que tous ses désirs vont vers elles, que tous ses plaisirs viennent d’elles…

Le désir de possession et la main-mise sur le corps de l’autre peuvent aller très loin. J’avoie avoir bien ri en lisant cet article de psychologies, « se masturber, est-ce tromper ? » (!). Mais le rire vire au jaune quand je me rend compte à quel point c’est triste.

Croyant son compagnon endormi, elle est entrée dans la chambre sur la pointe des pieds et l’a découvert en train de se masturber. « C’était horrible. J’ai tourné les talons sans qu’il me voie. J’étais dégoûtée, effondrée, je me suis sentie trahie. Pendant des semaines, je me suis posé des milliers de questions. Qu’est-ce qui n’allait pas chez moi pour qu’il ait besoin de ça ? À qui pensait-il en le faisant ? »

Rendez-vous compte: Marianne est jalouse de la main droite de son compagnon. Elle préfèrerait qu’il se serve de son vagin pour se vider les burnes, plutôt que de se débrouiller tout seul avec son érection matinale (Personnellement, je préfère partager de vrais moments érotiques avec une personne que j’aime plutôt que de lui servir de dévidoir à foutre – parce que se masturber et faire l’amour peuvent évidemment répondre à deux envies ou besoins différents). Elle pense que son vagin (ou sa bouche, ou ses mains ou une quelconque autre partie de son corps) est le seul lieu possible pour que son ami prenne du plaisir sexuel.

Stupéfaction devant une femme qui pense que toute forme de plaisir sexuel de son conjoint la concerne et qui ne peut pas imaginer qu’il en aille autrement, jusqu’à intervenir quand il se masturbe pour le faire à sa place:

Cédric, 35 ans, a lui été pris en flagrant délit par son épouse. Souvenir cuisant : « Elle a posé sa main sur la mienne pour tenter de continuer à ma place, c’était insupportable. Je lui ai demandé d’arrêter, et nous n’en avons plus jamais parlé. Je crois qu’elle se sent coupable, comme si elle n’était pas à la hauteur. Pourtant, ça n’a rien à voir avec elle. »

Je me demande si elle la lui tient aussi quand il va aux toilettes? Blague à part, est-ce que ce n’est pas insupportable, ce conditionnement ? Empêcher quelqu’un de se masturber parce qu’on estime envers et contre tout que ça nous regarde ?

Et il y a aussi ce qu’on ne peut pas interdire, mais qu’on aimerait bien.

Pire, certains en arrivent à être jaloux des pensées de l’autre (c’est le cas de Marianne : « à quoi pensait-il ? » s’inquiète-t-elle…). En couple, vos pensées vous appartiennent-elles encore? Avez-vous à les cacher de votre conjoint? Certains diront que c’est leur jardin secret. Oui et non: un jardin secret, c’est ce que les autres n’ont pas besoin de savoir et qu’ils respectent. Et non pas ce qu’on se sent obligé de cacher pour ne pas les rendre furax. Je veux dire que, je veux bien que les pensées secrètes soient un jardin secret, car elles ne regardent pas l’autre; mais il y a quand même une nuance entre ce qui ne le regarde simplement pas et ce qu’il ne doit pas savoir.

Certains sont aussi jaloux du passé de leur partenaire. Souffrent en voyant les enfants qu’il ou elle a eu avec un-e autre. Souffrent en imaginant qu’il a pu aimer, faire l’amour, être heureux… Mais qui aime-t-on, dans ce cas ? Nous sommes des êtres construits, notre passé fait partie de nous. Si tu n’aimes pas cette personne qui a vécu, aimé, et fait l’amour, alors tu n’aimes pas cette personne, tu n’aimes d’elle qu’une vision tronquée, idéalisée, épurée. On ne peut pas aimer quelqu’un en occultant volontairement une partie d’elle, en l’occurence son passé. Et pourquoi être jaloux de ce qui appartient au passé? Pourquoi douter d’un amour qui nous est donné sous prétexte que la personne qui nous le donne a donné de l’amour aussi à une autre personne avant ? La jalousie est irrationnelle, donc il n’y a pas vraiment de réponse, je ne fais que souligner l’absurdité, mais surtout, surtout la tristesse, de n’être pas capable d’aimer vraiment, d’aimer pleinement, quelqu’un d’entier avec ses failles, ses blessures, ses bonheurs passés…

La jalousie s’infiltre dans les moindres recoins de l’intimité. Jaloux de ses pensées, de ses souvenirs ou d’une partie de son corps… Jusqu’où ira l’absurde ? Il n’a jamais été arrêté par la logique, en tous cas.

Dans un article précédent j’avais parlé des petites folies stupides de la jalousie, comme espionner le téléphone portable ou interdire à l’autre de prendre un verre avec quelqu’un du sexe opposé (enfin, pour les hétéros). On m’avait répondu que ce sont des trucs d’ados. Mais c’est faux. Et quand bien même les ados feraient davantage ce genre de choses, parce qu’ils ont une plus faible estime d’eux-même sans doute, on ne peut pas les accuser d’être les seuls à avoir des problèmes avec la jalousie. La jalousie est un problème en soi, certaines personnes le poussent plus loin que d’autres, mais c’est la même logique.

Est-ce que j’ai vraiment besoin de démontrer que la jalousie est une aliénation et qu’elle pourrit la vie des gens? Il suffit de taper « jalousie » dans google pour s’en convaincre. Evidemment, d’après Psychologies Magazine, l’absence de jalousie est aussi une maladie. Certains « psys » ne servent qu’à rassurer les gens sur leur normalité, et ils le font très bien, puisque l’aliénation qu’est la jalousie est presque universellement partagée au sein de notre société.

jalousie futuramaLa possession du corps de l’autre apparait comme nécessaire pour fonder le couple et la famille, bases de la société moderne. Je pense qu’elle est effectivement nécessaire à ce que le système tourne, cela permet que chacun soit la police de l’autre, jusqu’à ce que plus personne ne puisse vivre sa vie librement. Nécessaire, elle l’est au système. Aux individus, elle est néfaste. Et je suis persuadée qu’on peut la vaincre, vaincre cette force morbide qui nous fait tyranniser l’autre, vaincre cette peur irrationnelle de se retrouver seul et abandonné sous prétexte qu’on est pas le seul individu aimable sur cette planète, vaincre ce besoin de contrôler, de surveiller, d’interdire; vaincre enfin tout ce qu’on a appris  du couple et de l’amour, pour vivre ce que l’amour est vraiment.

62 réflexions au sujet de « La possession du corps de l’autre »

  1. Une fois de plus, je tombe d’accord avec ton analyse…
    Et tu ouvres clairement le débat sur cette peur de l’abandon qui a tendance à se généraliser durant les moments de crise et d’instabilité. Les couples se soudent d’autant plus et le besoin de se rassurer en ayant quelqu’un à retrouver le soir devient vital, même si au fond, ce n’est plus de l’amour.
    Et fatalement, le chant de la jalousie vient s’immiscer là dedans dès que l’autre détourne le regard pour oser vouloir découvrir quelqu’un d’autre…
    Je parcourais le lien sur l’absence de jalousie comme pathologie.
    C’est juste effrayant de constater que la norme tient à tout prix à s’imposer en décrivant la fidélité, ainsi que la jalousie maitrisée comme quelque chose d’habituel. En résumé, soit tu refoules la jalousie, soit tu es jaloux mais à aucun moment, tu ne peux accepter que l’autre puisse tout simplement t’aimer au point de te laisser libre…

  2. Mais la jalousie est normale : la preuve, tout le monde la ressent. Ça ne veut pas dire que c’est bien, et qu’il faut s’y laisser aller, tout comme il ne faut pas retourner une baffe aux gens exaspérants.

    • Ce n’est pas parce qu’il est normal de ressentir de la jalousie qu’il est normal de céder aux caprices de la personne jalouse. Mes deux dernière nièces sont chacune fille unique et la plus grande des deux est arrivée plusieurs années après mes autres neveux. Comme elle est, de plus, la seule petite fille de ses grands parents maternels elle a vraiment pris l’habitude d’avoir tout son monde pour elle de chaque côté (paternel et maternel). Elle a donc assez mal pris l’arrivé de sa cousine. Une fois quand elle est arrivée chez ses grands parents et qu’elle a vu sa cousine bébé dans les bras de son père (je parle du père de la grande, donc l’oncle de la petite qu’il tenait dans les bras) elle s’est mise à pleurer. Personne ne l’a grondé pour ça. Mes parents essayent de lui expliquer en douceur que c’est normal qu’ils s’occupent aussi de leur autre petite fille. Elle apprend à s’y faire, comme tous les enfants, petit à petit. Elle apprend qu’elle n’est pas seule sur terre mais que ça ne veut pas dire qu’on ne l’aime plus. Elles commencent à jouer ensemble.

      Alors voilà, la jalousie ça existe c’est vrai. On peut en parler, on peut en tenir compte dans certains cas. Genre si deux personnes qui sont en couple dit « libre » sortent ensembles un soir et que l’un des deux se met à draguer en délaissant l’autre c’est pas génial. Mais à la limite c’est pas génial entre amis non plus de se faire délaisser par la personne avec qui on était cessé passer la soiré. Mais en parler et en tenir compte ça ne veut pas dire céder à tous les caprices de l’autre. Finalement quand on part du principe qu’il est normal qu’une personne en couple n’ai d’yeux que pour sa/son compagne/compagnon c’est aussi absurde que de considérer que ma famille aurait dû négliger complètement une de mes nièces au profit de l’autre pour éviter qu’elle soit jalouse.

    • Beuh, non tout le monde ne ressent pas de la jalousie. Me concernant, ça fait bien 5 ans que je ressens plus ce sentiment et je m’en porte que mieux.

      Bon, ça va paraître un peu méchant ce que je vais dire, et c’est pas le but, mais il faut que ce soit dit, je pense : ce n’est pas parce que vous n’avez pas envie d’essayer de faire le travail d’éradiquer un sentiment négatif de votre vie que vous devez en conclure paresseusement que c’est impossible. C’est trop facile comme manière de penser. Faut essayer d’aller un peu plus loin, de s’exercer un peu à changer de mode de pensée. C’est dur, hein, je suis passée par là, mais c’est pas infaisable.

      Et d’ailleurs, la jalousie n’est pas le seul sentiment dont on peut se débarrasser. La haine, la peur, tous ces sentiments violents qui nous aveugle, je travaille a les chasser. Parce qu’ils sont menteurs et trompeurs. C’est normal de les ressentir, mais pas anormal d’être capable de s’en débarrasser petit à petit. Et ça permet de voir la vie sans oeillère.

      Faut essayer de sortir un peu du mode de vie/de pensée inculqué par les médias, nous ne sommes pas que ça.

      • @Myroie : tu ne la ressens plus ou tu la maîtrises?
        Dans le premier cas, ça ressemble à de l’anesthésie, de l’oubli de soi, dans le second cas, c’est une acceptation : l’ego s’exprime de façon réflexe, puis la confiance prend le dessus pour évacuer l’ego et vivre sereinement la chose.
        Le second me semble préférable.
        Quoiqu’il en soit, oui, je crois que le travail sur soi est toujours payant..

        • On peut faire les deux en fait. On commence par maîtriser son expression, c’est le plus immédiat, et on peut ne plus éprouver de jalousie en se rappelant à chaque fois que c’est un ersatz de possessivité, en remettant au premier plan l’amour de l’autre et l’envie qu’il trouve son bonheur.

          Le fonctionnement émotionnel est soumis à des effets d’entraînement : plus tu ressens fréquemment et fortement une émotion, plus tu vas la ressentir facilement et fortement. Comme l’entraînement d’un sportif ou d’un artiste. Ceux et celles qui se laissent facilement emporter par la colère se laisseront de plus en plus facilement emporter au fil du temps, s’ils n’y prennent pas garde. C’est la même chose pour la jalousie, ou les autres émotions. Y compris les positives, comme l’amour et l’affection.

  3. Tient, un truc marrant. Bien que je sois dans un couple normal, je ne suis pas vraiment jalouse. J’ai coutume de lui dire que si il décide de coucher avec une autre fille, ce serait sympa de filmer pour me montrer. Bref, je suis plutôt détendue sur ce sujet.
    Mais un jour, avec ma meilleure amie, ils ont décidé… d’entamer un jeu vidéo sans moi. Je me rends bien compte que c’est idiot, hein, d’ailleurs je ne lui dirais jamais, à ma meilleure amie, elle s’en voudrait trop, et ce serait injuste. Je ne l’ai pas supporté, j’ai pleuré pendant plusieurs jours, jusqu’à ce qu’ils le finissent, en disant des conneries comme « elle a tout et moi rien ». Aujourd’hui encore je ne comprends pas ma réaction, mais je sais que si ça devait se reproduire, je réagirais exactement pareil. La seule chose qui me console, c’est qu’au moins je sais que ce n’est pas normal, pas comme ces gens qui pensent qu’ils ont le droit de faire des scènes pour 30 minutes de retard.

  4. Article excellent mais c’est dommage que la première moitié soit une critique du mariage et non du couple.

    Sinon, les témoignages dans psychologie magasine sont tellement, tellement tristes, surtout quand on réalise qu’ils sont le produit de dizaines d’années, de vies entières de honte, de souffrances, et d’insécurités.

    • Je pense qu’on peut critiquer le couple au travers du mariage, puisque le couple actuel n’est qu’une version légèrement assouplie du couple conjugal qui existe dans le mariage, voire, pour beaucoup, un simple « préliminaire » au mariage en lui-même. Donc les lois qui encadrent le mariage, et en particulier les obligations réciproques entre époux, sont assez représentatives de ce que les gens pensent et croient à propos de ce que devrait être le couple. Je sais pas si c’est très clair…

  5. Ping : La possession du corps de l’autre | Les Questions Composent | Fée Coquelicot | Scoop.it

  6. « La jalousie est, comme le deuil, un affect normal. Si elle fait défaut, c’est qu’elle a été l’objet d’un puissant refoulement. Elle joue alors dans l’inconscient un rôle d’autant plus grand. »

    Oh gawd….

  7. Bien vu! Tu décris parfaitement la vie de couple qui une fois la fougue amoureuse passée, se résume plus à une routine «perturbée» par des moments de lucidité, de gros doutes, de grosses crises, d’envies…tout ça au nom de l’amour? …Et pourtant difficile d’en sortir…

  8. Je suis entièrement d’accord avec ton analyse. Mon copain est toujours choqué quand je lui dit que oui il peut aller faire l’amour avec qui il veut si il le souhaite (la seule condition étant l’utilisation du préservatif avec l’autre ou avec moi ou les deux).
    Petit détail cependant : les cas de divorce qui font appel au devoir conjugal comme justification sont-il une réalité ou simplement des exceptions ? Dans le premier cas pas de problème, dans le second ça revient au même raisonnement que celui qui a été utilisé pour dire que les végés laissent mourir leurs enfants ;)

    Le passage sur la masturbation me semble être surtout représentatif du fait qu’on nous impose une sexualité unique. On nous soit apprend soit que se masturber c’est mal, soit que c’est bien uniquement si on est célibataire. Évidemment que la plupart des gens se sentent en reste quand leur conjoint(e) se masturbe. Je ne vois pas là une forme de jalousie mais plutôt une norme sexuelle au même titre que d’autres.

  9. Mais la question est si c’est une version fausse de l’amour que tu accuses, où du moins que cet « amour » est un prétexte à la fondation d’une possession de l’autre, quel est pour toi le véritable amour? Doit-il être épuré de tout autre considération sur l’autre? Doit-il forcément être le précepte premier, celui contre lequel on ne devrait pas aller?

    • « Doit-il forcément être le précepte premier, celui contre lequel on ne devrait pas aller? »

      What the ..? Pas compris.

      Passer plus de temps à se rendre aimable et moins à essayer de s’approprier de l’affection comme si c’était un tas d’or, c’est une conclusion qui répond à ta question ?
      Si t’essayes de t’approprier de l’affection en manipulant quelqu’un d’une manière ou d’une autre : chantage affectif, violence physique, ou tout simplement en échange d’argent/par contrat (= le mariage); t’es dans l’erreur.

    • Houla, tu pars bien vite dans des concepts philosophiques abstraits… Je ne parle jamais pureté, mais souvent de travail sur soi, ce n’est pas la même chose. Oui, je pense qu’on peut aimer les gens sans vouloir les contrôler, et si on n’y arrive pas, il faut essayer. C’est aussi simple que ça.

      • Je pense que les gens confondent l’amour avec d’autres notions, comme le besoin d’attention, la peur de la solitude, la sexualité, la volonté de posséder quelqu’un comme une réussite. En fait cela vient toujours du fait de rechercher chez l’autre, ce qu’on arrive pas à trouver chez soi. Et qu’étant donné que la solitude est devenue une tare dans notre société, le travail de soi dont tu parles est compromis.

        Selon moi, il faut apprendre à vivre seul, se maîtriser petit à petit, à être exigeant avec soi, à faire les choses, sûrtout le plus difficile, par soi-même avant de demander de l’aide. Et cela permettrait justement de ne pas être dans le besoin vis-à-vis des autres, et donc de n’attendre qu’eux qu’amitié, amour, ou tout autre lien spirituel. Ne pas posséder quelqu’un ou même le vouloir, mais aussi ne pas être possédé par quiconque, passe selon moi, par la maîtrise de notre solitude. Et c’est pas la société qui nous rend la tâche facile, c’est sûre, comme tu le dis, elle institutionnaliserait même le contraire.

  10. Article plus qu’intéressant, et audacieux !
    S’attaquer à un sujet comme ça c’est faire appel au sujet sous-jascent de l’Amour véritable. Et là je me permets de proposer ce qu’il m’a été donné d’expérimenter au travers de mes échecs/apprentissages/réussites dans mes diverses expériences amoureuses :

    Pour Aimer vraiment, il faut déjà :
    – Se sentir heureux aussi bien seul(e) – (de façon à ne pas contraindre l’autre à être responsable de son bonheur à soi, et ne pas nourir de peur destructrice
    – Etre aussi satisfait du simple bonheur de l’autre
    – Ne pas trouver son propre bonheur dans « le pouvoir sur l’autre »
    – Faire les choses par Amour : c’est à dire gratuitement et non dans l’attente de retour

    Celui qui n’aime pas de cette façon confond « l’amour ressenti » à « nécessité d’être/de se sentir aimé(e) », car cette personne n’a pas trouvé comment faire pour s’aimer, comptant sur autrui pour le faire à sa place.

    Un couple fonctionne quand :
    – L’un des deux Aime l’autre.
    – Quand les deux s’Aiment mutuellement … et s’Aiment

    Si les deux « veulent être Aimés », ça ne marche pas.

    La société entretient la définition galvodée d’ « amour » comme étant une nécessité de retour ou alors, de souffrance.
    Ne pas être aimé(e) ne devrait pas rendre malheureux. Ou alors il est confondu à un désir coercitif vis-à-vis de la personne convoitée.

    Mais l’attente de retour, le besoin d’être aimé favorise la consommation. Alors que le bien-être libre apaise, pacifie, libère. C’est pour ça qu’on nous apprend à être aimés dès le plus jeune âge, pour la beauté ou l’argent, ou les deux (contes de princesses).

    C’est an Aimant qu’on perd la peur de ne plus être Aimé(e). C’est ainsi que l’adultère perd de sa substance, et c’est ainsi que cette notion, apparaissant comme un éventuel jocker trop facilement accessible, présente tout de suite beaucoup moins d’attrait.

    Dans un cas d »adultère’, ce qui importerait serait davantage le fait que cela ne change pas pour autant l' »ordre du couple », la façon de vivre l’Amour, d’être unis par les engagements et dans la sincérité profonde.

    N’est-ce pas ? (comme les questions importent plus, fallait que je finisse sur une intérrogative !)

  11. Bonjour,
    cette analyse est passionnante, et complémentaire de celle que j’ai eue il y a peu de mon côté. Vous exprimez que le couple est un piège pour qui est en proie à la jalousie. Un piège « mortel » pour notre épanouissement, car comme dit la chanson, on peut « mourir d’amour enchainé », le corps réquisitionné par la loi et la satisfaction exclusive du partenaire, ou au contraire asséché par l’aridité du partenaire et l’interdiction de s’abreuver ailleurs.
    Vous attribuez cela à la jalousie instinctive chez la plupart d’entre nous, cette peur de ne plus exister dans le regard de l’autre, et donc de ne plus exister tout court, d’être abandonné, parce qu’on ne sait pas supporter l’existence de pairs dans le regard, le désir, les pensées de l’être aimé. Je pense que cela traduit une incapacité à faire confiance, cela révèle un défaut de confiance en soi et dans l’être aimé. On voit ses pairs comme des rivaux qui vont prendre notre place, parce qu’ils valent mieux que nous et parce que l’être aimé ne saura résister à la tentation. Alors on se réfugie dans « l’exclusivité ».

    L’exclusivité : elle est là, la violence. C’est du tout ou rien. Pas de place pour la nuance, le partage. Le mot le dit bien. Il s’agit avant tout d’exclure, autour du couple. de se couper de tout.
    Du tout ou rien, disais-je. Voilà pourquoi le couple débouche si souvent sur un violent « rien », faute de ne pas avoir pu apporter le « tout ». Voilà pourquoi ça commence si souvent par le meilleur et finit par le pire.

    De mon côté je creusais la question de la difficulté du partage, sur l’angle non pas de la jalousie, mais de la possessivité sentimentale, qui sont deux symptômes proches d’un même besoin : le besoin de sécurité. L’individu veut une garantie à vie, il est prêt à sacrifier sa liberté, à donner son corps, pour être propriétaire du corps de l’autre. L’humain insécurisé, l’humain qui, de lui-même, ne sait pas faire confiance, a recours à ce contrat coercitif : la propriété croisée, qui le rassure, qui lui procure en permanence cette sensation apaisante d’avoir quelqu’un à qui se raccrocher, même s’il sacrifie sa liberté pour cela.

    J’ai personnellement la chance d’avoir pu atteindre le niveau de confiance nécessaire pour lâcher ma partenaire avant que mon couple ne se crashe, de sorte qu’avec les mains libres nous avons pu nous rattraper aux branches ! Notre couple se porte bien, la confiance en sort renforcée, simplement parce que nous avons réussi à nous débarrasser de cette coquille conjugale, pratique au départ mais nocive à la longue, qu’est l’exclusivité.
    Le texte en question est ici http://sustentee.blogspot.fr/2012/09/se-devoyer-corps-et-ames.html

  12. Sans vouloir faire le rabat-joie une fois de plus… mais je vais le faire quand même… ta vision de l’amour non copulaire est intéressante, et elle a l’air de satisfaire pas mal de tes lecteurices (bien que certaines y voient malgré tout un amour copulaire mais non jalousant, ce qui n’est pas exactement la même chose)… mais j’ai tout de même l’impression qu’elle s’adresse à une « élite ». Apparemment, pour bien aimer, il faut être naturellement heureuxse seule et ne rien rechercher chez l’autre. Ça tombe tout seul dans la main. Et si tu as le malheur de ne pas réussir à être naturellement heureuxse seule, alors tu ne peux pas aimer, parce que tu risques de chercher quelque chose chez l’autre, ne serait-ce que le bonheur. Donc ça sera une contrainte, de la possession, etc.

    Ben oui… mais l’immense majorité des gens, je crois, ne sont pas naturellement heureux dans l’état « célibataire » (= vraiment seul, sans relation(s)). Et pas forcément du fait de la frustration d’être célibataire parce que la société nous écrase sous la propagande pour qu’on cesse de l’être (la propagande existe, mais il n’y a pas que ça). Avoir quelqu’une à qui penser… ça donne quelque chose sur quoi se concentrer, donc un « but dans la vie ». Parce que, ben oui, le sens de la vie, ça n’existe pas, donc c’est toujours pratique de se l’inventer, même artificiellement. Et ça donne quelqu’une qui nous soutient. On se sent moins seule. Ça rassure… Bref… On peut être malheureuxse célibataire, puis trouver du bonheur (même temporairement si l’amour ne tient pas), au fait de ne plus l’être, et sans doute pas uniquement à cause d’une programmation mentale par la société… Mais donc, si l’on doit être heureuxse avant même d’avoir le droit de pouvoir être amoureuxse, ça ne laisse plus grand espoir à grand monde, je crois… S’il faut réussir à changer l’intégralité de la société pour qu’elle soit parfaite, pour que tout le monde soit naturellement heureux, avant de laisser le droit aux gens malheureux de s’essayer aux relations amoureuses imparfaites et contraignantes… Ça me semble un peu triste comme vision (encore plus que la vision actuelle).

    Enfin je ne sais pas, mais en tout cas, personnellement, tout ce que tes réflexions sur l’amour, le couple, etc. m’ont apporté (et je ne peux pas dire que j’aie été de mauvaise volonté, j’ai vraiment essayé de m’imaginer en situation, d’intégrer l’idée, et tout), c’est la conviction que je préfère encore finir ma vie telle qu’elle est actuellement, c’est à dire sans aucun rapport intime avec une ou plusieurs autres humaines, que de me mentir/ trahir et participer à nouveau à toutes ces niaiseries illusoires. (Même si j’en ressens régulièrement une espèce de frustration/déception.) Ça sera largement plus sain. Je ne suis plus sûr d’en être capable, de toute façon. La situation amoureuse « normale », tout comme ta proposition alternative ne me conviennent plus ni l’une ni l’autre (quand bien même j’aurais le choix…).

    (Note : J’ai essayé d’écrire comme les textes antisexistes, accordés en multi-genres… c’est peut-être pas très bieau.)

    • « mais l’immense majorité des gens, je crois, ne sont pas naturellement heureux dans l’état célibataire ».

      Tu peux virer « naturellement » et le remplacer par « culturellement ».

      C’est curieux ça, que les gens n’arrivent pas à être heureux sans être en couple, c’est à dire quand on leur fait bien comprendre qu’ils sont des pauvres losers, que sans un mec/une nana ils seront jamais heureux, que le bonheur passe uniquement par le fait de trouver « sa moitié », quand toute la culture mainstream (livres, films, publicité, chansons) nous rebat les oreilles avec l’amour exclusif et hétérosexuel.

      Non, je ne crois pas qu’on naisse en étant malheureux parce qu’on a pas de copine. C’est pas génétique. C’est une construction sociale, ce qui veut dire qu’on peut s’en défaire, même si c’est dur, même si ça prend du temps. Même si certains n’y arriveront jamais. Mais si ça c’est de l’élitisme, alors toute tentative de travail sur soi pour être plus heureux, c’est de l’élitisme, puisque certains y arrivent et d’autres non ! Et on ne peut pas prévoir qui va y arriver ou pas, tout dépend des parcours de vie de chacun. On peut pas juger ceux qui n’y arrivent pas.

      Mettre le sens de sa vie dans une relation de couple… Franchement, j’y crois pas. J’ai des relations très fortes avec certaines personnes dans ma vie et avec une personne en particulier, mais ça ne donne pas plus de sens à ma vie. Ca m’aide dans les moments difficile et ça me permet de partager mes moments heureux, ce qui est génial c’est clair, mais pour ça il n’y a aucun besoin de se définir en couple ou de posséder le corps et le sexe de l’autre (je vois pas ce que ça apporte, franchement). D’autre part, ça ne remplit pas mon existence, parce que l’existence on peut pas la faire remplir par d’autres; si tu attends des autres qu’ils remplissent ton existence, tu seras perpétuellement déçu par les gens. C’est vraiment LE truc à ne pas faire, comment veux-tu ne pas devenir aigri si tu fais ça ? Il y a des choses pour lesquelles on ne peut compter que sur soi-même, et celle-ci en est une.

      Je pense à toutes les belles relations que j’ai eues dans ma vie : si j’avais attendu de ces gens que j’aime qu’ils donnent un sens à ma vie, non seulement ça n’aurait pas été le cas, mais j’aurais pourri ces relations les unes après les autres. En attendant des gens quelque chose qu’ils ne peuvent pas te donner, tu ne peux pas avoir de relations libres et épanouies.

      • La culture nous a tant et si bien fait comprendre que le couple est la cellule sociale élémentaire incontournable que le mot « célibat » est devenu synonyme de « solitude ». Et oui, les humains sont malheureux dans la solitude – on est des primates sociaux. Mais si on s’arrange pour vivre dans une famille élargie, dans une smala de colocataires, dans un tissu solide de super ami-e-s, je suis persuadé qu’on peut faire joyeusement l’impasse sur la vie de couple sans renoncer ni à une vie sexuelle, ni à une vie amoureuse, ni à une vie sociale, ni même à la parentalité.

      • Mais… que ce soit « culturellement » ou « naturellement »… ça change quoi ? Un mur, s’est construit, c’est pas naturel, mais si tu fonces dedans, tu te cognes, parce qu’il EXISTE.

        De même que les normes, elles sont construites, mais elles EXISTENT, et je suis pas sûr que c’est en expliquant que les gens sont trop nul(le)s de pas arriver à les dépasser (sûrement pour répondre à la violence généralisée du discours couplard c’est vrai) que ça changera quelque chose…

        Je veux dire, est-ce que la critique du couple et la création d’espace non couplard doit passer par cet élitisme (je suis d’acc avec ce mot). Honnêtement y’a que dans les discours critiques du couple que j’ai vu cet élitisme. Après, je suis peut-être pas attentif…

        Mais je veux dire, comment la réaction à l’idée du malheur c’est de dire « bah ouais mais c’est construit »….oui bah n’empêche ça existe! Alors on fait quoi on force tout le monde à partir de sa position (ce qui est toujours hyper violent) et demande de faire l’effort de déconstruire ?

        • Je pense qu’au contraire il est primordial de prendre conscience que ce sont des choses construites.

          Après oui, elles existent, tu as raison de le souligner, c’est pas parce qu’elles sont construites, qu’elles n’existent pas. Mais déjà ce qui est construit on peut le déconstruire. Pour continuer sur ta métaphore: on se contente pas de regarder le mur en disant « baaahhh pff il a toujours été là et il sera toujours là et gnagnagna ». On peut le regarder d’un œil critique. Pour voir, on peut enlever une brique ou deux et regarder à travers.

          Je pense pas être élitiste. Je ne suis pas déconstruite, ce serait très prétentieux d’affirmer que je suis « déconstruite », je crois. Et je pense pas que les gens sont trop nuls de pas arriver à déconstruire tout ce qui est construit. En revanche là où je les trouve nuls, c’est quand ils se contentent de hausser les épaules en disant « pffff ça a toujours été comme ça, ce sera toujours comme ça, c’est naturel » (voire même: puisque c’est naturel, alors c’est Bien et c’est Beau et Bon et il ne faut surtout pas le déconstruire) (coucou la manif pour tous, mais aussi beaucoup de gens « de gôche » qui au fond sont réac’).

          • « Enlever une brique ou deux » tu parles, Charles ! Cet article, c’est 10 kilos de C4 et une pelleteuse !

            Ça tombe bien, j’adore les explosions.

    • « le but de vie que je me suis construit de toutes pièces ne me satisfait pas ..
      – changes en.
      – non, c’est le but de ma vie que je me suis construit de toute pièce, mais il ne me satisfait pas ..
      – ok, changes en.
      – non, c’est le but de ma vie .. »

      J’arrive pas à lire autre chose dans ton message, Personne.

      Tu te complais dans ton malheur et tu ne veux rien changer .. Qu’est-ce que tu veux qu’on te dise, en fait ?

      Personne n’a dit qu’il fallait être « HEU-REUX ! » avant d’avoir des rapports avec les autres, juste intégrer le fait que tous tes états d’âme sont en toi (ton bonheur, tes frustrations, tes blocages, tes impératifs moraux, et ton dédain pour les idéaux stupides des autres ..) et qu’ils ne dépendent QUE de toi. Une certaine forme de plaisir ou une autre peut dépendre d’une cause extérieure mais, protip : le bonheur et le plaisir, ça n’a absolument aucun rapport.

      Plus simplement : tu peux retirer du plaisir de tes relations avec les autres, et tu dois trouver une raison d’être heureux (ou pas, c’est toi qui vois) indépendamment de ça. Mélanger les deux, c’est une erreur.

      • Surtout que, si je puis me permet de rajouter quelque chose, si tu n’es pas heureux AVANT d’être dans une relation, et que par magie, tous tes problèmes se règlent en ayant cette relation, alors cet « amour » est tout simplement faussé, illusoire.
        Tu es dans la fascination de l’autre, ce qui te permet de te zapper toi même, donc tes problèmes, afin de te complaire dans cet être que tu trouves fascinant.
        La personne qui partage ta vie t’apporteras de la tendresse, de l’affection, et peut être que du coup, tu te sentiras d’attaque pour affronter tes problèmes mais en AUCUN CAS, elle ne pourras les régler.
        Si tu te sent donc heureux qu’une fois que tu es en couple, c’est que tu te voile la face.

        Nierf, c’est pas très bien rédigé mais j’espère que cela reste compréhensible.

  13. « Lorsqu’un homme a joui après s’être masturbé, c’est terminé, poursuit la gynécologue. À l’inverse, les femmes sont pluri-orgasmiques : les hommes peuvent avoir le sentiment qu’une femme qui se caresse se prépare à les accueillir. »

    Mieux encore : « Ils ont rarement l’occasion de voir d’aussi près un sexe féminin, sourit Bernard-Élie Torgemen. Celui-ci reste une grande inconnue, puisqu’il est intérieur.

    Ahaha… une femme qui se masturbe le fait forcément pour accueillir son mâle… la sexualité féminine n’est donc pas propre aux femmes mais tournée vers celles des hommes! mazette

    quand à cette phrase  » Ils ont rarement l’occasion de voir d’aussi près un sexe féminin » … alors là je suis perplexe..

    • Le truc du Grand Mystère Vaginal à l’Intérieur, les psys nous la resservent à toutes les sauces. Un vagin n’a rien de plus mystérieux qu’un trou de balle…

        • Mon ami m’apprend à l’instant que le vagin à dents est un grand classique terrifiant parmi les fantasmes négatifs des garçons.

          • Très bon film sur le sujet (vagina dentata) : Teeth.
            Oui je sais ça n’a aucun rapport avec le sujet mais bon ça pourrait intéresser certains visiteurs
            Je préviens que c’est « sanglant »

          • Amusant ; la page Wikipedia ne mentionne pas les récits amérindiens faisant état de femmes au vagin denté. Je ne me souviens plus de quelle origine était ce conte où Coyote masturbe une femme-sorcière avec un mortier de pierre en lui faisant croire qu’il la besogne allègrement tout en lui brisant les dents du bas ET en la faisant jouir au point que, très satisfaite de son amant, elle lui refile je ne sais plus trop quelle gratification magique en récompense

  14. Je vis depuis 40 ans avec le même homme sur un mode pluriamoureux et surtout autonome. Au delà de la liberté de désirer ailleurs, il y a la liberté de partir seul(e) en voyage, de dormir seul(e) quand on a pas envie de faire couette commune, d’avoir des loisirs séparés et des amis qui ne sont pas forcément « amis du couple ». Le plus difficile a été pour moi de lui faire comprendre qu’il n’avait pas un droit d’entrée dans mon cerveau, à savoir que je n’avais pas envie de partager toutes mes pensées avec lui, et que lorsque nous discutions, si je pensais différemment, ça ne voulait pas dire qu’il avait tort et moi raison (ou l’inverse), mais tout simplement que nous sommes différents… La liberté sexuelle lui semblait plus évidente que cette élémentaire liberté intellectuelle. Aujourd’hui, je rencontre encore des hommes de 50 ans ou plus, mariés depuis des années, qui me répondent quand je leur propose de dîner avec eux: « Dîner? Non, ça ne va pas être possible ». C’est aberrant de ne pas envisager de dîner en tête-à-tête avec une femme qui n’est pas son épouse, mais ça existe encore en 2012! Plus j’avance, plus je crois que le couple, marié ou non, est socialement basé sur un rapport de forces et que la seule façon d’y échapper est d’être autonome: partager ce qu’on a envie de partager, et pour le reste, que chacun mène sa vie comme il l’entend. Du coup, ça dure et on est heureux, mais il faut malgré tout faire régulièrement « des piqûres de rappel », les réflexes culturels pouvant resurgir à l’improviste.

    • Je te suis tout à fait pour ce qui est de l’autonomie de pensées. En fait c’est pour ça que je ne supporte pas la plupart des couples: il y a cette espèce de connivence entre eux qui fait que tu ne parles pas à deux individus, mais à un groupe social constitué de deux personnes et ayant ses propres opinions, ses propres réflexes, ses propres pensées; on dirait une espèce de fusion. C’est bizarre. Quand tu montres que tu n’es pas toujours d’accord sur tous les sujets avec ta « moitié », ou que tu ne vas pas prendre sa défense systématiquement en cas de conflit ou de désaccord, les gens trouvent ça étrange. Partir en vacances c’est un bon exemple aussi, partir seul-e ou avec un-e autre ami, y a pas beaucoup de couples qui « autorisent » ces libertés, et les gens trouvent ça bizarre, mais au fond c’est vital, enfin je trouve.

      • Je pense que ça dépend du socle culturel.
        Autant l’aliénation intellectuelle me semble bizarre, n’existant pas dans mon couple, autant l’aliénation sexuelle reste présente, et vraiment pas facile à dépasser, même si les arguments de cet article sont justes…

  15. Je n’ai qu’une chose à dire : je ne suis pas seuuuuuuuuuule !!! Ca fait tellement de bien de lire ce genre d’article, merci !

  16. waow … je suis incapable de vous rejoindre sur tout ça , déjà envisager de partager mon amoureux avec une autre femme m’est pénible mais je le ferais pour faire plaisir , en tout cas le test est prévu … donc je dirais ce que j’en pense vraiment plus tard du « partage » ( rien que de le dire crrrrrrrr) mais entre ça et tout ce que j’ai lu ici j’avoue que si déjà j’étais perdue dans ce monde et si j’étais perdue dans ma vision de l’amour là je suis encore plus déboussolée , ça ne me donne envie de rien , si on ne peut même pas être exclusif sans être assimilé à une dingue , ou à une personne bêtement conditionnée … ‘fin bon je suis libre d’aimer « exclusivement » , et je suis persuadée qu’on peut être heureux comme ça , que tous les couples ne sont pas stéréotypés comme je le lis souvent ici , il faut juste avoir la chance de bien tomber , je vous félicite quand même d’être libres affectivement parlant , ça requiert de la force .

    • Pourquoi tu parles de « partager » ton amoureux ? Ca veut déjà dire que tu estimes que son corps t’appartient, non?
      Je veux dire par là que moi je ne « partage » pas les gens, ce sont eux qui se partagent. C’est déjà très différent. Je ne les « autorise » pas, n’ayant pas d’autorité sur eux ni de velleité à en avoir.
      Ca n’a rien à voir avec le fait d’être « dingue », quant à être conditionné on l’est tous sans exception, donc ce n’est pas le problème. Oui on peut être heureux comme ça. On peut aussi être heureux autrement.

      • Encore une fois, un cours …pourquoi tu ne la laisses pas parler avec ses propres mots ? Toi tu n’es pas d’accord avec la vision normée et exclusive du couple. Mais pas besoin de reprendre quelqu’un qui utilise des mots si normés soient-ils. En plus, franchement, dans un couple hétéro, dire ça à une meuf ça me semble chaud, car dans ce truc de déconstruction de l’exclusivité, ce sont les meufs qui « par amour, ouverture d’esprit », vont accepter de « déconstruire » pour que leur mec aillent niquer. L’inverse…tu le sais toi-même (je crois que tu l’as écrit quelque part). Du coup franchement, j’ai l’impression que ce sont surtout des leçons d’élitisme aux meufs hétéras et à ceux qui ont peur de « perdre » leur partenaire…

        • Je pose des questions. C’est l’objet de ce blog. Il faut pas mal le prendre (même si les gens le prennent un peu comme ils veulent hein, on a le droit de le prendre mal, mais bon disons que je pense pas à mal et c’est pas parce que je dis à quelqu’un « pourquoi utilises-tu ce mot? » que je le considère comme une merde, bien au contraire je discute pas trop avec les cons car ça me fait perdre mon temps).

          Faire remarquer à quelqu’un qu’il/elle emploie un mot qui a des conséquences et en dit plus long sur sa façon de penser, je pense que ça peut être très éclairant. Après je suis peut-être un peu prétentieuse, mais en même temps, j’entends pas non plus révolutionner le monde juste en disant « tiens tu as dit tel truc, ça implique ceci-cela ». Mais je crois que ça passe aussi par là, non? Pourquoi ne faudrait-il pas reprendre les gens qui utilisent un vocabulaire hétéro-normé (à part peut-être si on considère qu’ils n’ont aucune chance de comprendre en quoi c’est hétéro-normé et d’avoir un regard critique sur eux-même?). Je reprend parfois les gens qui ont un vocabulaire sexiste, spéciste, etc… (seulement quand je pense avoir une chance d’être écoutée). Et moi aussi on m’a déjà reprise sur des trucs que j’ai écrits ici qui étaient hétéronormés ou excluants envers les personnes transgenres.

          Et oui tu as totalement raison sur la « déconstruction » qui pourrait être (et est souvent) réutilisée par le patriarcat pour utiliser et réifier encore + les femmes. Il faut être vigilant sur tout. Je crois que c’est pas une raison pour pas déconstruire. Je pense que la priorité c’est d’avoir conscience de ses besoins, de ses envies même, de sa liberté, de celles des autres (en faisant attention car on confond souvent privilèges de dominant et liberté, émancipation des opprimés et rognage de la liberté des autres, etc…).

          Je crois pas qu’il faille avoir peur de perdre son partenaire. Mais tu le sais si tu as lu notamment mon dernier truc sur le polyamour, je crois pas non plus qu’il faille considérer cette peur avec mépris, condescendance, indifférence… Comme tu disais à propos des normes, cette peur est construite donc elle existe, il faut faire avec. Néanmoins je continue d’affirmer qu’elle est irrationnelle, je pense que ça peut aider à y voir clair. Même si j’ai pas cette peur là spécifiquement, j’ai des peurs irrationnelles, et ça m’aide beaucoup pour m’en débarrasser, d’essayer d’évaluer objectivement leur (ir)rationnalité.

  17. Article très très intéressant ! Bravo pour son écriture.

    J’aime beaucoup cette vision des choses et il m’apparaît que c’est celle la plus innée possible, celle qui « va de soi », je ne vois pas comment on peut estimer qu’une personne nous appartient.

    Je déteste les contraintes et je fais tout pour ne mettre personne devant une contrainte à cause de moi.

    En revanche le poly-amour etc ne sont pas des choses que je recherche, j’ai un tempérament exclusif mais je l’intériorise beaucoup car je n’estime pas avoir le droit de faire une crise si une personne que j’aime beaucoup (mon exclusivité naturelle ne se limite pas au couple) parle à quelqu’un d’autre, joue à des jeux avec quelqu’un ou autre.

    J’intellectualise le sentiment d’abandon (je ne me dis pas « oh le méchant » etc etc) je me remets en question : « est-ce que passer du temps avec moi ne lui suffit pas ? peut-être suis-je incomplète ? ou tout simplement c’est sa nature il est différent de moi il n’a pas tendance à se vouer corps et âme à quelqu’un » et après quelques heures à m’auto-calmer, à mettre en place mon raisonnement, je m’en fiche totalement, je suis profondément indifférente aux gens autour de moi de par ce fait, ce n’est pas pour autant que je ne les aime pas, mais je ne nécessite pas leur présence dans ma vie, s’ils sont là de temps en temps oui tant mieux, s’ils n’étaient/ne sont jamais là, tant pis ?

    Et comme je le disais plus haut, je fais tout pour ne jamais mettre quelqu’un devant une contrainte, quand je vois le chantage affectif de certaines personnes, j’hallucine tout bonnement !

    Je ne fais jamais de chantage affectif, en revanche il m’est arrivé d’expliquer posément ce qui me faisait mal ou non, mais sans dire « si tu ne fais pas ça je fais ça », jamais.

    Ni rapports de force, ni contraintes, ni compromis, ni concessions, je vais au gré du vent (du moins il me semble) comme je le désire, si quelque chose ne me convient pas je ne dis mot, j’y réfléchis longuement puis je tourne les talons très tranquillement, cherchant sans cesse ce qui me correspondra de façon naturelle sans inclure la moindre chose ce que j’ai cité plus haut.
    Peut-être suis-je utopiste, mais au moins je suis une utopiste qui n’impose rien, chacun part quand il le veut, je ne retiens jamais les gens et la seule chose que je peux attendre d’eux c’est qu’ils ne cherchent jamais à me contraindre sinon ils auraient à faire à une tornade.

    je suis exclusive mais d’une façon que je n’ai jamais retrouvé chez les autres, du moins autour de moi.

    Je n’irai jamais m’approprier quelqu’un, si quelqu’un se voue à moi ça correspond un peu à ce qui me correspond alors je vais rendre la pareille puis si ça me lasse ou si ça lasse l’autre au bout d’un moment on part chacun de son côté.

    Mais ce que font la plupart des gens c’est presque demander indirectement à l’autre « voue toi à moi !!!! ».
    Et ça, je ne peux l’envisager.

    De plus je ne comprends pas pourquoi (très souvent) l’exclusivité se limite au couple, je n’y vois pas vraiment de logique… Enfin ça n’engage que moi.

    Il y a déjà tant de frustrations dans ce qu’est cette société, les gens autour de soi, si en plus on doit s’en rajouter dans nos relations je n’ose imaginer.

    Tant qu’on ne nuit pas à l’autre, on fait ce qu’on veut, enfin c’est ce que j’essaie d’appliquer dans la mesure du possible.
    Car nuire à l’autre ça pourrait être le faire souffrir, en partant de sa vie s’il tenait à nous il peut en souffrir, mais j’estime qu’il y a des souffrances inévitables et qu’elles ne sont pas mauvaises du tout, il faut de tout pour vivre. Et ce n’est pas une torture comme impliquerait une relation conservée + chantage affectif + pétages de câbles + violence verbale etc.

    Là dans le cas d’un départ, on ne s’acharne pas, on estime que ce n’est pas ce qu’on veut/cherche, et voilà : on part. C’est tout bête, tout simple, une décision sans appel.
    La plupart des gens qualifient ça d’égoïsme mais quand je vois (pas tous mais la majorité) leurs relations intriquées dans cette jalousie que tu évoques etc je me dis « égoïste ? pourquoi pas, dans une certaine mesure cela n’est pas foncièrement faux, mais pas tortionnaire ni bourreau, c’est déjà ça. »

    Sinon j’ai trois personnes proches de moi (qui y resteront certainement ad vitae aeternam), je vais prendre le cas de ma meilleure amie très sommairement :
    Nous ne nous vouons pas l’une à l’autre, mais de naturel on s’aime bien plus que 99% de notre entourage chacune, il y a un juste retour qui n’a nécessité AUCUN ajustement (et j’insiste sur ce point), simplement l’idée d’aller voir plutôt une autre personne pour la plupart des choses nous fait presque rire tant l’idée paraît absurde. On se comprend, on a une importance capitale l’une pour l’autre, ça ne nous empêche pas d’avoir quelques personnes se comptant à peine sur les doigts d’une main, chacune, qu’on aime profondément et qui ont aussi une importance capitale, mais on sait que c’est différent.
    Tout est beau et naturel, et c’est ce qui me tient le plus à coeur.

    Voilà, désolée d’avoir beaucoup écrit, j’ai essayé de limiter le plus possible !

    • Oups, je voulais juste ajouter que les bases de ces couples qui sont dans cette jalousie et cette exclusivité évoquées dans l’article auront des bases trop peu solides, la relation sera forcément vouée à l’échec et/ou une source de souffrance incroyable car frustrations multiples impossible à réfréner.
      Tandis que si de naturel, ils ont un peu le même comportement l’un vis-à-vis de l’autre, tout irait bien mieux (je ne dis pas que tout serait parfait) : les bases seraient bien plus solides, ce serait incomparable !

      Puis leur façon de faire m’apparaît comme profondément impure… Même si l’autre va accepter de se vouer à nous car demandé indirectement, où est le naturel ?! Je ne comprends pas comment les gens peuvent accepter cette relation fabriquée, pâle copie de ce qu’ils voudraient (là je prends ceux qui voudraient vraiment ce qui « va de soi » culturellement, pas ceux qui le font parce que c’est culturel).

      C’est comme certaines personnes qui ont tellement l’habitude de s’ajuster aux autres que par exemple ils vont se dire « il faut que je sois comme ça et comme ça pour la rendre heureuse et rester auprès d’elle », la plupart des gens vont accepter cette prostitution (c’est le terme ! même si ce n’est pas pour de l’argent, c’est dans le sens « je fais ça j’obtiens ça ») là c’est encore pire car c’est trahir ce qu’on est, prostituer son être ! pour obtenir des faveurs, une place particulière, je trouve ça immonde.
      Les gens qui font ça on peut les repérer, mais la plupart s’en accommodent très bien, on nous met dans le crâne que dans la vie « il faut faire des efforts, des compromis, des concessions » etc, limite si vous n’en faîtes pas : vous n’êtes rien vous ne méritez pas ce que vous avez ! etc.
      Moi ça me donne de l’urticaire !

      J’ai essayé de résumer le plus possible, après ce commentaire j’arrête, j’aurais bien trop de choses à dire mais je ne veux trop dévier de l’article.

    • Ce truc est simplement…O_o A voir. Surtout le discours du gars qui dit qu’il ne va plus chez les prostituées, car il faudrait leur faire plaisir. Qu’il préfère ne s’occuper que de lui, que de sa jouissance. Ça rejoint bien le paradigme des autres articles sur la prostitution : le client ne recherche pas que du sexe, mais une certaine idée de sexe

  18. La jalousie est parfaitement naturel et inné. Il vient du fait que dans la nature pour les espèces sexuées, il y a une compétition entre individus du même sexe pour la reproduction.
    En pratique c’est un mécanisme de défense très peu efficace car, à part chez les espèces où les mâles s’affrontent (le problème se règles par les relations de domination), cela n’empêche pas l-e-a-es partenaires d’aller voir ailleurs.
    L’espèce humaine ne fait pas exception.

    Si on veut rester « civilisé » on peut se mettre d’accord sur ce que s-on-a-es
    partenaires veulent, acceptent et peuvent supporter pour ne pas l-e-a-es faire souffrir. Mais ce sont souvent des choses dont on ne parle pas parce que cela doit rester implicite. Et même en en discutant on ne peut pas toujours savoir parce que ces temps-ci, il est à la mode d’inhiber sa jalousie.

    • Tes explications sur la jalousie:
      La bloggueuse en moi dit: LOL
      La biologiste en moi dit: LOLILOL MDR XPLDR

      Des caractères innés mystérieux qui expliquent le comportements des humains ? Allons bon ! La jalousie est une construction sociale. D’ailleurs tu as toi-même l’aide de dire qu’on peut travailler dessus.
      Inhiber sa jalousie? Pourquoi l’inhiber? On est obligé d’être jaloux? Je suis anormale alors, puisque je suis pas jalouse ?

      Pourquoi on ne parlerait pas de ce que les partenaires veulent ou acceptent ? C’est pas la condition sine qua none pour avoir une relation harmonieuse, de parler de ses envies, de ses problèmes, de ses limites ?

  19. Juste un commentaire (tardif) sur ces termes qui me chiffonnent un peu :

    « lui interdire de partager sa sexualité ou sa tendresse avec d’autres personnes (ce qui, à mon sens, constitue déjà un abus : de quel droit ?) »

    Je suis d’accord pour la tendresse, mais pour la sexualité cela signifie qu’un couple doit être libre de vivre ailleurs d’autres expériences ? Peut-être est-ce une question de point de vue, certains ont une sensibilité en ce sens, ce qui n’est pas mon cas. Ce que je ne comprends pas c’est la notion d’abus que tu avances, comme si cette liberté sexuelle devrait être innée, non du ressort de chacun.

    • On dirait que tu n’as pas lu l’article. Non je vois pas de quel droit interdire à quelqu’un (qu’on prétend aimer, en plus) d’avoir des expériences sexuelles. Ca veut pas dire qu’il DOIT en avoir. Quand à la nuance inné/acquis, heu… Je vois même pas l’intérêt… C’est pas plus « inné » d’avoir des expériences sexuelles que de se les interdire « parce que ça se fait ».

      • J’ai mal expliqué mon propos, je vais préciser mon point de vue sur cette phrase : « Non je vois pas de quel droit interdire à quelqu’un (qu’on prétend aimer, en plus) d’avoir des expériences sexuelles. »

        J’ai bien lu l’article.

        Si le couple est d’accord pour être libre sur ce point, ou s’il est d’accord pour que personne n’aille voir ailleurs, tout va bien.

        Mais s’ils s’opposent entre l’une ou l’autre des conceptions, je pense qu’ils doivent nécessairement se quitter. L’un ne peut rester avec l’autre s’il ne supporte pas qu’il ait des rapports sexuels avec un tiers, hors tu sembles défendre qu’il va de soi qu’il ou elle devrait laisser faire, par amour, sinon ce serait faire preuve d’égoïsme.

        Si certains s’aiment même en vivant des expériences sexuelles ailleurs, je comprends très bien. Par contre je pense avoir le droit de reprocher à mon conjoint de désirer un autre. Moi-même je me reprocherai d’avoir cette pensée, car cela signifierait un rejet de ma compagne : si je désire des expériences sexuelles que nous ne pratiquons pas je ne vois pas pourquoi j’irais voir ailleurs plutôt que de les lui proposer. Et si elle refuse, et bien il ne s’agit que d’expériences, elles ne sont pas indispensables, il faut savoir faire des concessions.

  20. Bonjour Methos,

    Permets-moi de réagir à certains points de ton message.

    Le fait d’avoir une relation amoureuse et/ou sexuelle avec une tierce personne n’implique en rien un rejet de son partenaire principal. Aimer ailleurs ne signifie pas nécessairement une baisse d’amour ou de désir pour lui ou le souhait d’expérimenter avec d’autres des pratiques sexuelles qu’il n’accepterait pas ou ferait moins bien.

    Cela va également au-delà d’une « expérience » (genre une posture inédite), qui est effectivement dispensable, dès lors que cela englobe toute une philosophie de vie quant à la liberté et à l’autonomie laissée à chacun. Or, sur notre rapport à la vie, la marge de concession est plus faible…

    Il est clair que chacun est en droit de ne pas souhaiter que son partenaire lui impose le fait qu’il ait d’autres relations mais avant de « nécessairement se quitter », il me semble souhaitable de s’interroger sur ce qui fonde réellement ce souhait d’exclusivité sexuelle : un choix mûrement réfléchi ? Ou alors mon éducation sociale et religieuse, le modèle de mes parents, la norme sociale, la jalousie, l’orgueil, la possessivité, la peur de l’abandon ou de la comparaison, le peu de confiance en moi… ?

    Peut être est-il préférable d’avoir fait un peu de tri dans tout cela, afin d’être en mesure d’exprimer à notre partenaire quels sont nos réels besoins et souhaits, pour seulement ensuite voir à deux s’il subsiste vraiment des incompatibilités profondes.

    Il me paraît d’ailleurs injuste de reprocher à quelqu’un d’éprouver du désir ou de l’attirance pour un tiers, car s’il y a bien quelque chose qui ne se maîtrise pas, c’est bien cela. Après, on peut décider de le concrétiser ou non mais ce que l’on a éprouvé reste une réalité, même si on se l’occulte…

    De même, exiger la réciprocité en tout n’est pas toujours sain. Ce n’est pas parce que sur base de mon vécu je me reproche d’avoir telle pensée, que je dois forcément reprocher à l’autre – qui a un autre vécu – d’avoir ces mêmes pensées. Je suis seul maître de ce que je juge bon de m’imposer à moi-même, mais cela ne me donnes pas forcément la légitimité de l’imposer à l’autre…

    • « il me semble souhaitable de s’interroger sur ce qui fonde réellement ce souhait d’exclusivité sexuelle : un choix mûrement réfléchi ? Ou alors mon éducation sociale et religieuse, le modèle de mes parents, la norme sociale, la jalousie, l’orgueil, la possessivité, la peur de l’abandon ou de la comparaison, le peu de confiance en moi… »

      Je pense aussi que l’amitié et l’amour relève d’un certain opportunisme, c’est une faiblesse que je m’accorde par ce besoin d’être écouté, aimé, câliné. Etant jeunes nous avons la nécessité d’une part d’égoïsme : si l’intelligence et la réflexion nous pousse à un altruisme sans limite, notre immaturité émotionnelle nous étreint d’autre part. Ceci dit je sens qu’avec l’âge et de la bonne volonté ce genre d’affection gagne en sincérité.

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  23. Merci pour cet excellent article. Il exprime ce que je pensais de manière diffuse depuis… Euh depuis toujours en fait.

    J’ai quitté mon copain il y a deux mois à cause de cette raison; je me sentais totalement surveillée, possédée. J’avais accepté cette situation pour le garder. Je ne le regrette pas car il reste quelqu’un de formidable et être à ses côté a été très enrichissant, mais j’aurais dû plus me respecter dès le départ.

    J’ai déjà rencontré quelqu’un d’autre qui est dans le même état d’esprit que moi. Nous réinventons une manière d’être ensemble, avec beaucoup de confiance et de communication, c’est très agréable.
    Je pense qu’il y a un point sur lequel tu passes brièvement sans t’arrêter. J’ai l’impression que laisser l’autre libre, c’est non seulement ne pas être jaloux, mais en plus de ça se réjouir de sa vie (et ses potentielles aventures/rencontres). Personnellement, c’est un point qui a énormément d’attrait à mes yeux. Laisser l’autre libre, c’est lui permettre d’avoir une vie personnelle riche et épanouissante, qui, indirectement, bénéficie à la relation qu’elle a avec d’autres.

    Notamment je me suis toujours demandée pourquoi j’étais si curieuse des expériences passées des gens que je fréquentais. Il s’agit tout simplement d’une partie d’eux, une partie de leur vie, que j’ai du plaisir à découvrir comme n’importe quelle autre partie de leur vie… Jalousie? Je ne comprends pas. Si ce sentiment est ressenti, il doit y avoir un problème de communication à régler, comme tu le dis si bien.

  24. Il serait faux en effet dire que le flicage, enfin la jalousie pardon, ne concerne que les relations adolescentes. La moitié des individus en couple dans mon entourage sont très possessifs avec leurs partenaires, c’est effrayant!

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