L’art du laisser-dire

Ca fait maintenant un peu plus d’un que j’ai pris conscience de l’horreur quotidienne infligée aux animaux partout dans le monde, sous pretextes de gastronomie, de tradition, de divertissement, de mode, de commerce, et j’en passe.

Depuis ce temps, je m’efforce de faire partager mes idées, de les confronter à d’autres, (merci à tous ceux qui m’ont apporté un point de vue différent qui a enrichi le mien). Il m’arrive souvent de commenter des articles sur le sujet, de répondre à des commentaires, et de participer à des forums de discussion, que ce soit avec des végétariens, des vegans ou des omnivores. J’essaie souvent de combattre les idées préconçues qu’ont les gens qui sont peu ou pas confrontés au végétarisme, pour qui c’est nouveau; Je contredis aussi certaines personnes qui affirment publiquement des choses qui sont fausses (que ce soit par mauvaise foi ou par simple ignorance). Mon dernier article en est un exemple.

Ceci parce que je considère que les vegans doivent faire entendre leur voix autant qu’ils le peuvent. Chaque fois qu’un vegan prend la parole pour exposer ses idées, c’est un petit trou dans la bâche gigantesque de la pensée unique. Une petite lueur d’espoir pour les animaux.

Mais attention. Il y a des limites.

Vous êtes vegan, (enfin c’est une façon de parler, si vous êtes vegan, vous êtes vegan, sinon, imaginez que vous l’êtes). Vous êtes vegan, donc, vous êtes en désaccord avec l’idéologie sociale. Pour la société il est normal de tuer ou d’enfermer des animaux, si c’est pour les manger, voire pour se divertir, s’habiller, etc.
Pour vous, c’est contraire à l’éthique.
Vous ne pouvez pas prendre la parole à chaque fois que quelqu’un émet une idée dans ce sens. C’est impossible.

D’autre part, personne n’est insensible (contrairement à ce qu’affirment certains à leur propre sujet, mais j’y reviendrai) et personne n’aime tuer des animaux ou profiter du faut qu’ils soient tués, même si c’est loin de leurs yeux et de leurs oreilles. D’ailleurs, pour un grand nombre, ce n’est que grâce à cette distance (voulue et entretenue par la société) qu’ils peuvent endormir leur conscience et tolérer le massacre, et ainsi y participer malgré eux.

Lorsqu’on rappelle la cruelle réalité aux gens, lorsqu’on leur glisse des éléments  qui leur font comprendre qu’ils se nourrisent de la chair d’êtres sensibles qui ont eu une vie de souffrance achevée prématurément par une mort violente, ils sont forcément mal à l’aise. Ce mal-être prend une infinité de formes. Mais la plupart des gens ne cessent pas de manger de la viande pour autant, ce qui est parfaitement normal (moi-même il m’a fallu plusieurs mois).

Dans l’expérience de Milgram,des sujets obéissent à un scientifique (ou a une présentatrice tv dans sa variante, le jeu de la mort, je vous conseille vivement le documentaire dispo sur le net), bref à une autorité, qui leur impose de faire quelque chose de désagréable pour eux: torturer un être humain.

Si beaucoup de personnes obéissent (je ne donne pas de chiffre ici car cela dépend des variantes, voir Wikipedia, ou mieux, lire le livre « la zone extrême »), la plupart des obéissants utilisent des stratagèmes (inconscients) pour se libérer de la pression engendrée par leur situation (qui est, je pense, réellement éprouvante).  Parmi ces stratagèmes, certains consistent à nier la personne torturée, par exemple en parlant en même temps qu’elle, ce qui fait qu’elle ne devrait pas pouvoir entendre les questions et y répondre.

« La tension que ressent l’individu qui obéit est le signe de sa désapprobation à un ordre de l’autorité. L’individu fait tout pour baisser ce niveau de tension ; le plus radical serait la désobéissance, mais le fait qu’il ait accepté de se soumettre l’oblige à continuer à obéir. Il fait donc tout pour faire baisser cette tension, sans désobéir. Dans l’expérience de Milgram, des sujets émettent des ricanements, désapprouvent à haute voix les ordres de l’expérimentateur, évitent de regarder l’élève, l’aident en insistant sur la bonne réponse ou encore lorsque l’expérimentateur n’est pas là ils ne donnent pas la décharge convenable exigée. Toutes ces actions visent à faire baisser le niveau de tension. Lorsqu’il n’est plus possible de le faire diminuer avec ces subterfuges, le sujet désobéit purement et simplement. »

[Wikipedia]

Pourtant ils obéissent.

Les gens qui mangent de la viande ont ce type de systèmes de défenses. Il s’agit de nier les animaux mangés (ils n’ont pas de conscience, ils ne sentent pas la douleur… Plus caricaturel: quelqu’un de tout à fait intelligent par ailleurs m’a dit un jour que les vaches n’étaient que des steacks à pattes sans émotions ni perceptions d’aucune sorte). Ou encore, le sujet est écarté par un « mais les animaux sont bien traités » (des gens, encore une fois intelligents par ailleurs, m’ont déjà dit ça en mangeant de la viande d’un restau U, alors qu’ils savaient pertinemment que c’était de la viande industrielle).

Bref je ne détaillerai pas ici ces stratagèmes de négation des animaux mangés, mais on pourrait en écrire des pages et des pages.

Il existe d’autres mécanismes de défense parmi les gens qui mangent de la viande et ne veulent pas changer. Il n’est pas évident de changer ses habitudes de vie mais surtout il n’est pas évident de se remettre en question d’autant plus qu’admettre que manger de la viande est moralement condamnable, c’est non seulement renoncer à tout ce qu’on a appris, à tout ce en quoi l’on croit, mais c’est admettre que l’on a vécu jusque là en faisant quelque chose de mal (étape difficile pour devenir végétarien). Lire à ce sujet Psychologie du crime de l’exploitation animale, un texte avec quelques erreurs mais dont l’idée est globalement très pertinente. En plus d’accepter avoir mal agi, il faut aussi accepter que toute la société se conduit mal, et ça c’est très difficile. C’est cette rupture sociale qui rend le végétarisme « marginal ».

Bref. Pour ne pas avoir à affronter cette rupture sociale, mais en même temps pour se décharger de sa culpabilités, certaines personnes entrent dans ce que j’appellerais la défense rhétorique. Constatant que les végétariens ont un discours construit, ils vont  construire un discours opposé.

Leur argumentation sera presque toujours basée sur ces points:

  • Tradition: On a toujours fait comme ça, c’est naturel, donc c’est impossible ou contre-nature de changer.
  • Santé: De toutes façons, il est impossible d’être végétarien, puisque la viande est indispensable. Cela rejoint l’argument 1 (pratique: on a toujours fait comme ça car on ne pouvait pas faire autrement et on ne peut toujours pas). Quand on leur objecte que les végétariens vivent plus longtemps avec moins de maladies, ils contestent la viabilité des sources citées, sans citer d’autres sources. Ils parlent aussi très souvent de la B12, comme si elle était une preuve que le régime végétalien est contre-nature (a ce sujet, lire « les animaux emballages« : les omnivores ont de la B12 car les animaux qu’ils mangent sont supplémentés en B12).
  • Une inquiétude soudaine pour la souffrance des plantes: les plantes sont des êtres vivants. A partir de ce constat, manger des plantes ou des animaux, c’est pareil. Dans leur discours, il est plus pertinent de comparer une carotte à une vache qu’une vache à un homme. Cette dernière comparaison est souvent qualifiée d’extrêmiste.
  • Négation de sa propre sensibilité: certains se justifient en prétendant qu’ils sont insensibles à la souffrance animale. Si c’était le cas, ils n’auraient sans doute pas besoin de se justifier de manger de la viande. Quand on sait que certains viennent sur des forums végétariens pour expliquer qu’ils mangent de la viande car ils ne se soucient pas des animaux…

Enfin, ces personnes parlent généralement d’environnement en réfutant les avantages d’un régime végétalien sur l’environnement grâce à des arguments spécieux de type « les vaches mangent de l’herbe donc il est faux de dire qu’on importe des céréales pour les nourrir ». (je suis actuellement au Brésil, pays ou la première cause de déforestation est la création de pâturages et de champs de soja pour nourrir le bétail, je dois dire que ces arguments ont du mal à passer quand je vois la beauté de la forêt que l’on détruit continuellement). En général ils ne prennent en compte qu’un seul aspect du problème écologique (utilisation de l’eau OU effet de serre OU utilisation des surfaces du sol OU pollution des sols, etc).

Fait important: ces gens ne se positionnent pas comme un végan les considèrerait, c’est à dire passifs et subissant les choix de leurs parents ou de la société. Même s’ils s’appuient sur des arguments de type « on a toujours fait comme ça », ils prétendent toujours avoir CHOISI leur mode de vie (ou plutôt avoir choisi de ne pas le changer après y avoir, soi-disant, murement réfléchi, pesé le pour et le contre etc). Ainsi, ils sont la voix de la pensée unique, ils prennent la parole pour défendre non seulement leur comportement individuel mais aussi celui de la société entière.

J’ai assez vite appris à ne plus répondre à ces gens.

Pourquoi? Parce qu’on est pas dans le même débat. Je me fiche bien d’avoir raison ou pas, je participe à des discussions pour des causes un peu plus importantes que ça comme je l’ai dit en introduction. Je ne met plus mon égo sur la table lors d’une discussion sur internet. Or, ces gens veulent surtout avoir raison et prouver que les végétariens ont tort.

Il est très important de ne pas entrer dans ce genre de discussions, car quelqu’un qui souhaite avoir raison finira assez vite par ne plus être rationnel (si ce n’était pas déjà le cas au départ). Plus vous lui objecterez des arguments censés et logiques, simples et cohérents, plus il tissera des argumentations compliquées et tordues pour ne jamais avoir tort. Pire, plus vous lui montrerez qu’il a tort, plus il essaiera d’avoir raison. Car en effet, s’il s’entête à vouloir absolument avoir raison, plus il continue, plus il continue, c’est un processus d’engagement; et plus il continue, plus il se sentirait bête en admettant qu’il a tort.

D’abord, cela va être épuisant pour vous. Plus vous serez logique, rigoureux, plus votre interlocuteur dira n’importe quoi et s’embrouillera. Vous allez vous énerver face à tant de mauvaise foi, vous épuiser et perdre votre temps et votre énergie qui devraient être mieux employés.

De plus, plus vous lui montrerez qu’il a tort, plus il cherchera à prouver qu’il a raison, et il risque de se mettre à diaboliser et stigmatiser le végétarisme autant qu’il le peut. Et quand on est pas rationnel, on peut prouver n’importe quoi. Peut-être est-ce ainsi qu’on se retrouve avec un Robert Masson? (pour qui, je le rappelle, les jeunes végétaliens sont des déliquants juvéniles en colère contre leurs parents qui volent des objets pour les échanger contre des oeufs ou du saucisson).

Vous n’avez pas à prouver à ces gens qu’ils ont tort. Vous n’êtes pas là pour ça. Si vous êtes végétarien ou végan, vous êtes là pour défendre les animaux, prouver que vous avez raison est une perte de temps. D’abord parce que vous savez, vous, que vous avez raison, contrairement à l’omnivore défendant. Et ensuite parce que, de toutes façons, vous ne pourrez pas faire en sorte que tout le monde partage votre point de vue dans une société qui est en rupture avec votre idéologie, et ça, il faut vous y faire.

Vous ne pouvez pas vous mettre en colère à chaque fois que quelqu’un dit quelque chose comme « tuer n’est pas grave du moment que c’est pour manger ». Ce genre d’affirmation ne repose sur aucune vraie logique, mais il ne fait qu’exprimer la pensée unique et vous ne pourrez pas la changer en un jour. Le mieux est de faire en sorte que la personne qui dit ça se pose des questions sur la valeur de ce qu’elle dit, mais si vous sentez qu’elle rentre dans un débat destiné à prouver qu’elle a raison, inutile de perdre votre temps.

 

Si vous répondez à quelqu’un qui déclame le discours habituel, ce doit être uniquement s’il le fait en public, afin d’essayer de faire entendre une contradiction qui permettra aux gens qui liront de se faire une opinion le moins biaisée possible. Et encore, ne vous prenez pas la tête, et n’oubliez pas qu’être agressif vous fera passer pour le méchant, et que le méchant a toujours tort.

20 réflexions au sujet de « L’art du laisser-dire »

  1. Et du coup, tu veux en venir où ?
    Faut dire quoi, faut faire quoi, faut répondre comment ? Faut intervenir dans quels cas, face à quels genres de personnes/de propos ?

    Je suppose que le coup de la pierre qui souffre fait partie des trucs auxquels il vaut mieux éviter de perdre son temps à répondre, non ? ^^

    • Il manque peut-être un résumé que je vais m’empresser d’ajouter.

      Je n’ai pas de réponse absolue of course, mais voici les principes que j’ai appris à appliquer:

      1) Si vous sentez que ça va vous énerver et vous faire perdre votre énergie, ne répondez pas. Cela dépend du contexte mais aussi de VOTRE état d’esprit. Si vous êtes énervé, mieux vaut ne pas participer à un débat houleux.

      2) Si vous sentez que votre interlocuteur  cherche juste à prouver qu’il a raison pour des questions d’égo, ne répondez pas. C’est contre-productif.

      3) Si vous voyez une affirmation balancée publiquement et que vous sentez que cela peut influencer les gens qui vont lire ou entendre, intervenez, mais en termes mesurés, sans agressivités ni insulte, juste pour contredire un fait objectivement faux ou faire entendre un son de cloche. Mais il est inutile de s’en prenre aux individus et généralement il est inutile de répondre plusieurs fois. Vous n’aurez pas le dernier mot.

      4) Gardez à l’esprit que même si vous êtes hyper logique rigoureux et rationnel vos arguments seront généralement pas écoutés ou contredits par des arguments irrationnels ou même sans arguments et que vous ne pouvez RIEN faire contre ça.

      5) Laissez certaines personnes continuer à penser qu’ils ont choisi de manger de la viande (et non pas que la société le leur impose), que c’est indispensable à leur organisme que sinon ils vont mourir, que ça les rend forts et intelligents et que vous êtes un pauvre crêtin sectaire qui ne mangez que de la salade. Ils veulent et ont besoin de croire ça. Gardez à l’esprit qu’ils sont plus à plaindre que vous.

      6) Votre maman a toujours raison, surtout quand elle vient vous contredire sur votre blog en parlant de la bible

  2. Sujet difficile que tu abordes. J’aimerais croire qu’il existe une façon de communiquer plus efficace que de laisser ceux-qui-expriment-une-réaction-de-défense-psychologique dire des absurdités, surtout si elles sont publiques.

    Car même s’il risque effectivement difficile de faire changer d’avis un tel interlocuteur, je suppose qu’il existe des choses simples qu’on peut affirmer calmement en réponse avant de mettre un terme à ce genre de discussion, et qui peuvent au moins pointer du doigt la faille du raisonnement, pour la gouverne des autres lecteurs/auditeurs de la discussion.

    En tout cas je note que tu as de bonnes références en matière de web-comics.

    • Ce que je veux dire c’est qu’il y a des cas ou il est tout simplement impossible de se faire entendre. L’idée clé que je voulais développer est la suivante: quelqu’un qui a basé sa défense sur la réthorique ne changera pas d’avis à cause de  vos arguments, et a peu de chances de changer d’avis tout court.

      Attention, ça ne veut pas dire que si quelqu’un vous contredit et engage une discussion avec vous en défendant la viande, il ne va pas changer d’avis. Mais 1) ce ne sera généralement pas DANS le débat mais APRES, seul dans son coin. 2) Ce n’est pas de ce type de discussion que je parle mais de quelqu’un qui VEUT avoir raison et est prêt à dire n’importe quoi pour avoir raison. Il est important de noter que des gens m’on contredite en défendant la viande et sont ensuite devenus végétariens ou vegans, moi-même j’ai défendu la viande face à des végétariens dans le temps, ce n’est qu’ensuite que je me suis remise en question. c’est pourquoi face à quelqu’un qui se questionne il vaut mieux discuter même si on sait qu’il ne sera pas d’accord tout de suite et qu’il défendra et répètera ce qu’on lui a appris (croyances du type: tuer est mal sauf si c’est pour manger). Mais les gens ont plus ou moins de mal à admettre qu’ils ont tort et certains ne peuvent pas du tout changer d’avis, donc il faut essayer de savoir si l’interlocuteur attend des réponses, ou d’autres questions,  ou s’il essaie simplement que vous prouver que vous avez tort et ne sera limite satisfait que quand vous lui aurez dit « ok je remange de la viande »…

       

      Le problème face à quelqu’un qui se met à défendre la consommation de viande sur tous les fronts c’est qu’il va émettre tant d’absurdités que ça va être difficile de dire ce qui ne va pas dans son raisonnement. Exemple, on m’a souvent dit « mais c’est pas vrai les problemes ecologiques dus à la deforestation pour planter du soja etc: les vaches mangent de l’herbe! » en effet certaines vaches mangent de l’herbe a certaines périodes de l’année dans certains pays, mais la personne qui dit ça en général mange tous types de viandes, et parmi ces viandes peu de vaches qui mangent de l’herbe même pendant une courte période, et sans parler des problèmes écologiques tels que déforestation pour faire des paturages, utilisation des surfaces, gaspillage de l’eau, effet de serre etc etc. Donc lui il dit une grosse connerie et toi t’es obligé d’écrire un livre. Et encore t’as même pas abordé le vrai problème qui est l’éthique… Sachant que l’autre risque de te répondre une autre connerie du type « mais si elles mangent de l’herbe je les ai vues a coté de chez moi », t’es pas sorti de l’auberge…

  3. Pfff. La prochaine fois je lirai jusqu’au bout avant de répéter exactement ce que tu dis, en dis fois plus compliqué, en guise de commentaire.

    Note pour plus tard: ne pas commenter des blogs passé minuit…
    Si tu peux effacer ces deux commentaires, feel free…

    • bah si tu veux je les efface mais bon en lisant le premier j’ai moi-même pas compris que t’avais pas fini de lire et j’ai répondu donc bon…

  4. L’art du laisser-dire est un art assez difficile à maîtriser… Moi-même je ne peux m’empêcher de tout réfuter, spécialement sur facebook – dans l’espoir que ça crée des vocations et fasse ouvrir des yeux, on ne sait jamais… Mais effectivement, il y a des moments où ce n’est plus possible de continuer: l’autre jour, un gars m’a cité Star Wars – tout ça en ayant l’air de dire que c’était moi qui était irrationnel – bien sûr, il ne répondait plus aux questions que je lui posais, admirez:
     » « Luke, tu apprendras que bon nombre de réalités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre point de vue. » Obi-Wan Kenobi. ca sert a rien de parler ac toi, bonne continuation « . Une autre fois (ça n’arrive jamais d’habitude), je me suis carrément fait insulter en pleine face!

    • Hé oui. Le truc c’est qu’on répond généralement pour essayer de semer les graines d’une réfléxion, mais on tombe vite dans la réthorique et dans la démonstration de qui-a-raison. D’autant plus vite que beaucoup de nos interlocuteurs sont d’emblées dans ce jeu-là et qu’il vaut mieux éviter d’y entrer, ou alors avec prudence et en ayant conscience d’où on met les pieds. DOnc c’est parfois assez subtil.

  5. Merci pour ces deux merveilleux articles ! =) Je ne suis pas vraiment inspirée intellectuellement (fatigue ?^^) pour venir enrichir ton argumentaire sur les deux sujets, mais en véritable éponge moelleuse, j’ai bu avec intérêt tes écrits ! ;-) Ils auraient pu lourdement m’aider à certains moments difficiles… Ah et au fait, tu n’as toujours pas accepté mon invitation sur fb… ='( (triste…)

  6. J’aime beaucoup l’allusion à l’expérience de Milgram.

    Croyez-le ou non, ce n’est ni un film d’images violentes à l’égard des animaux, ni le discours d’un végétarien, ni même un article sur l’élevage qui m’a fait devenir végétarienne. C’est l’expérience de Milgram. A l’instant où j’en ai pris connaissance, j’ai percuté que je faisais partie de l’expérience, à ma mesure, au quotidien, mais dans un autre domaine. Nous sommes tous pris dans ce schéma. Et en effet, c’est très dur d’accepter d’avoir eu un comportement criminel par le passé, « sans s’en rendre compte », et de reconnaître qu’on a eu tort durant tout ce temps, malgré ce que continue d’en dire la pensée dominante.

    Bravo l’elfe pour cet article encore une fois très pertinent. Cependant, malgré les conseils du laisser-dire, c’est vrai que lorsqu’on n’a pas le dernier mot, on a l’impression d’avoir failli pour les animaux. Et le sentiment d’être lâche lorsqu’on ne réagit pas, et qu’on laisse filer les blagues et les remarques au cours des repas d’omnis… On a encore du chemin à parcourir, et des recherches à faire pour enfin comprendre la façon dont il faudrait leur parler, amener le sujet, aborder les points sensibles. Mais en tout cas je ne possède pas encore la sagesse suffisante pour pouvoir pratiquer le laisser-dire sans frustration, déception, voire désespoir.

    • C’est très intéressant comme expérience. Quand j’ai eu connaissance de l’expérience de Milgram, j’ai tout de suite fait le lien avec le végétarisme, mais j’étais déjà végétarienne à ce moment-là. Il y a beaucoup de parallèles, mais je ne sais pas si j’aurais pu faire le lien si j’avais été omnivore.

  7. D’autre part, personne n’est insensible (…) et personne n’aime tuer des animaux ou profiter du fait qu’ils soient tués.

    Je réagis a cette affirmation… quid du chasseur, chasseur a courre et autre chasseur de loisir/sport ?

    Helas je crains qu’il y’ait trop de gens qui aiment tuer et faire souffrir (que ce soit pour manger ou expérimenter…)

    • C’est vrai que j’ai affirme ca un peu a la legere. Ce que je voulais dire c’est que pour la grande majorite des gens, la cruaute et la souffrance les met mal a l’aise mais ca ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas y prendre du plaisir malgre ca. Mais ca les met toujours mal a l’aise. Les chasseurs par exemple parlent de tradition ou de regulation ils ne disent pas « j’aime tuer des animaux qui ne peuvent pas se defendre ».

  8. le monde a eté creé selon une chaine mineral vegetal animal ,le vegetal prend son energie du mineral et l’animal du vegetal et puis il ya l’homme ;il ne faut pas verser dans l’anthropomorphisme ,c’est peu comme si tu disais que la pierre souffre que son coeur bat la chamade et qu’elle pleure si on lui arrache la plante qui pousse a travers elle ;certes il ne faut absolument pas faire souffrir les animaux ,meme la moindre petite mouche mais le cerveau d’un moineau n’a pas les meme circonvolutions qu’un humain donc il ne ressent pas les meme emotions qu’un humain

  9. Le texte « Psychologie du crime de l’exploitation animale » était vraiment super intéressant, et il m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses.

    Une de mes proches a toujours été une dingue des animaux, elle adore les bêtes, fait souvent des dons à des associations… et oui, mange de la viande, et du fromage, et porte du cuir et tout ce qui s’ensuit. Quand j’ai essayé de la confronter à ce sujet, elle s’est immédiatement mise en colère en m’ordonnant de « ne pas jouer à ce jeu avec elle et de ne pas la faire culpabiliser », tout en réitérant son amour des animaux – alors des morceaux de bébé mouton mort jonchaient son assiette… j’étais éberluée.
    J’espérais un peu que le fait que je sois devenue végane la fasse réfléchir, mais absolument pas, elle mange allégremment de la viande comme toujours. Ca me mettait en rage.

    Maintenant je comprends pourquoi elle dit aimer les animaux et mange de la viande : c’est précisément EN RAISON de son amour (et elle ne ment pas : je la sens vraiment sincère) pour les bêtes, qu’elle refuse catégoriquement d’arrêter de manger de la viande. Parce qu’il lui est absolument insoutenable de pouvoir concevoir que toute sa vie, et jusqu’à aujourd’hui, pendant des décennies, elle-même a commis les pires atrocités envers les animaux qu’elle aime : qu’elle est directement responsable de leur souffrance, leur mort.
    Elle a besoin de continuer à les manger, de perpétuer ce geste, qu’il reste quotidien, banal, NORMAL. Parce que ce serait vraiment trop douloureux pour elle de voir qu’il s’agit d’un crime et qu’elle y participe.

    Et au-delà de sa propre culpabilité, ce serait juste absolument atroce de réaliser que tous les jours, à tous les instants, des milliards d’animaux souffrent et sont tués sur Terre… et ce par nos propres amis, frères, parents, qui mangent gaiement leur foie gras sans réaliser ce qu’ils font…

    Je comprends, mais du coup, je ne sais pas du tout comment aborder le sujet avec elle… le problème quand tu deviens végane c’est qu’il apparaît tellement EVIDENT que les animaux sont des êtres sentients, que nous leur faisons subir mille horreurs sans AUCUNE raison, qu’on arrive plus à comprendre les carnistes qui ont l’air de ne pas s’en rendre compte. Alors qu’on était à leur place autrefois !

    • J’ai été comme elle avant d’arrêter la viande. J’avais des idées antispécistes depuis longtemps, mais l’antispéciste carniste, euh, ça le fait pas.^^ J’ai commencé à réellement y réfléchir grâce au blog de l’Elfe, et je pense que c’est en grande partie grâce à lui que je suis devenue végétarienne. J’étais fière d’avoir sauté le pas, je l’avoue. Mais ça a surtout été libérateur.

      Je pense que c’est beaucoup plus facile de se remettre en question tout seul, sans personne pour nous y forcer. Ouais, c’est pas clair ce que je raconte, là.^^ Ce que je veux dire, c’est que j’ai découvert ce site complètement par moi-même. Je n’ai pas déconstruit certaines idées par le dialogue avec d’autres personnes, mais toute seule face à mon PC. Et même s’il y a toujours une espèce de dialogue entre l’autrice du site et ton cerveau, ça reste bien différent d’une conversation IRL avec des gens qui ont des idées totalement opposées aux tiennes, de meilleurs arguments que, par peur, tu ne veux même pas écouter, bref, tu te sens moins attaqué, « coincé » en lisant tout seul dans ton coin (même si j’ai eu d’énormes besoin de parler suite à ma découverte des « Questions Composent »).

      Tout ça pour dire qu’aborder ce type de sujet avec quelqu’un, c’est loin d’être simple parce que l’autre sera souvent sur la défensive. Là, ça m’a bien l’air d’être le cas. Or pour se remettre en question, il faut le vouloir. Je n’essaie en général pas de parler véganisme et antispécisme avec mon entourage. Autour de moi, tout le monde mange de la viande et je sais qu’on ne m’écoutera pas. Je n’ose même pas en discuter, de peur de paraître ridicule ou chiante… Là en revanche, je culpabilise un peu. Ça me donne le sentiment de faire passer l’image que je veux donner de moi avant le bien-être animal. Pas facile… Mais cet article me redonne un peu d’indulgence envers moi-même.

      • Je viens de m’apercevoir que je répétais pas mal de choses déjà dites dans l’article. Sorry.

      • Le problème, c’est que les gens n’ont pas tous la volonté de lire certaines choses sur Internet et n’y ont pas forcément accès. Et dans notre entourage, on est souvent la seule personne à pouvoir parler d’antispécisme et de véganisme. J’ai déjà eu une ou deux discussions à ce sujet en famille pour des résultats assez désastreux (surtout qu’après à force d’entendre les mêmes arguments à la con, surtout de la part de personnes que j’aime, je m’énerve)

        En plus, chacun peut avoir un « déclic » pour des raisons différentes, il n’y a malheureusement pas de recette toute faite, des gens peuvent devenir véganes parce qu’on leur a parlé directement antispécisme, ou qu’on leur a linké un article, un document…

        Du coup j’envoie des pétitions et des documents sur l’exploitation animale en me disant que peut-être, éventuellement, ça peut fournir matière à réflexion, même si parler des conditions d’élevage du foie gras à ma proche et lui envoyer l’enquête de L214 ne l’a pas empêchée de manger du foie gras pour Noël… :/

        Et bon, pour le reste, il faut juste se dire que de toute façon, en tant qu’antispécistes on sera ridicules et chiants quoi qu’il arrive, et que si les gens se moquent de nous ou s’exaspèrent c’est pas contre nous de toute façon, c’est leur propre culpabilité refoulée vis à vis des animaux. Autant essayer, si après ils font les omnivores défendants de toute façon à quoi bon… peut-être qu’on aura planté une graine quand même.

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