Le féminisme contre les femmes

Cela va très vite ! Il y a peu, j’ai publié mon premier article féministe (quel beau bébé, il a triplé mon blog rank). Et déjà, je me fais taxer  d’aigrie ! La raison : ma longue complainte contre les chaussures à talons. Mais non, claironnent certaines forumeuses, les chaussures à talon, cela ne fait pas mal, voyons ! La faute de mes souffrances me reviendrait entièrement, légitime punition pour choisir des chaussures à talon bon marché.

L’ennui c’est que, de mon expérience, il n’y a aucune différence du point de vue du pied, entre une paire en vrai cuir à 100 euros (oui, je n’ai pas toujours été végane) et une paire en simili bon marché à 10 euros. Toutes font souffrir les pieds – au moins un petit peu. Mais mes anti-chiennes de gardes ont pensé à tout, puisque l’on m’accuse aussi d’avoir « le pied fort ».

« Ca vient à l’esprit de personne que peut-être ses chaussures sont trop petites, que c’est de la merde, qu’elle a le pied fort »

Dans le mille, Emile ! J’ai de grands pieds. Et larges. Je chausse du 41. C’est donc ma faute, ma très grande faute : je n’avais qu’à être plus conforme, avoir des pieds plus petits, comme Cendrillon, qui a raison d’être une princesse. Ou mieux, c’est la faute de ma maman, de qui j’ai hérité les panards. C’est toujours la faute des mères, ou de la génétique, ce qui revient au même. Le patriarcat n’y est pour rien.

Dites, les filles, et si on réfléchissait autrement ?

Les féministes contre les femmes (quand c’est pas les hommes)

Bon, je noircis un peu le tableau. J’ai lu beaucoup de réactions intelligentes à mon article, beaucoup d’avis intéressants, aussi bien en commentaire qu’ailleurs sur internet. Et les avis les plus intéressants ne viennent pas nécessairement des filles jean-basket. Celles qui se pomponnent, s’épilent, se talonnent, se manucurent, se permanentent, celles-là sont visiblement capables, pour certaines d’entre elles au moins, d’avoir un regard critique sur leur propre comportement en tant que femmes. De réfléchir sur le pourquoi, de se questionner sur l’organisation de la société qui les pousse à un certain conformisme. Les colorations abîment peut-être les cheveux, mais laissent intact le cerveau. Et c’est tant mieux, car comment voulez-vous dénoncer un système en convainquant uniquement les personnes qui y sont extérieures ?

 

Si j’ai commencé, dans « souffrir pour être belle », par évoquer mon cas personnel, ce n’est pas pour le simple plaisir de raconter ma vie. C’est parce que je voulais éviter une incompréhension dont sont victimes non seulement les féministes, mais toutes celles et ceux qui dénoncent une discrimination sociale (racisme, spécisme, sexisme, âgisme, etc). Je voulais que ce soit bien clair que je n’accusais personne, que je ne jugeais personne, et pour cela, j’ai mis en avant ma propre participation au système que je dénonçais. Car oui, je m’épile, je porte des talons, je me maquille etc.

Mon but n’était bien sur pas de montrer qui que ce soit du doigt. Encore moins de dire « c’est mal de s’épiler ». A vrai dire je me fiche bien de savoir qui s’épile ou pas. Mon message était simplement (certain-e-s l’ont compris) de montrer, à travers les rituels de beauté, l’inégalité des rapports homme-femme ; la façon dont l’apparence des femmes est soumis au jugement (souvent fantasmé) des hommes, et prend une importance démesurée si on la compare à celle de l’apparence des hommes.

Les féministes sont souvent victimes de cette incompréhension, car elles combattent une forme d’oppression qui est si bien intégrée par tout un chacun-e, que plus personne ne la voit. Et que tout le monde se conforme gentiment, sereinement, « de son plein gré », à ses exigences. Aussi, dès que l’on dénonce quelque chose que tout le monde fait, on se retrouve en position de moralisatrice chiante qui en veut à tout le monde.

Pour exemple, Odieux Connard, dont j’adore le blog mais qui, sur ce coup, porte bien son nom, transforme la dénonciation par les féministes de la distinction « madame/mademoiselle » dans les documents officiels, en dénonciation des femmes qui préfèreraient se faire appeler Mademoiselle.

« Voilà ; l’argument est beau : les filles, vous avez le droit de penser que c’est flatteur, mais si vous le faites, vous faites le jeu du sexisme, parce que ce faisant, vous “dévoilez votre vie privée“. Et ça, c’est vraiment dégueulasse, petites dévergondées ! Vous n’avez pas honte ? Ce n’est pas à Madame Bruni que ça arriverait ! »

Et personne ne tique. Remettre en question l’usage d’une distinction qui n’a pas lieu d’être, revient donc à montrer du doigt l’ensemble des personnes qui se conforment à  cet usage !  Autant dire qu’on ne peut plus dénoncer aucune discrimination sociale, puisque si elles existent, c’est parce que des gens les font exister.

De la même façon,  ma dénonciation des normes sociales exigeantes envers les femmes a été comprise comme une dénonciation des femmes qui se conforment à ces normes, alors que j’avais, fort à propos, commencé par parler de ma propre adhésion aux normes.

Dans le même ordre d’incompréhension, tout aussi typique vis-à-vis du féminisme, certaines ont cru que je m’en prenais aux hommes. Les méchants hommes qui nous obligent à nous épiler ! Les pauvres, on ne leur demande jamais leur avis, et quand ils osent le donner, ils ne vaut pas mieux que le notre, c’est dire… Qui a dit « j’aime pas les poils » ?

Le « moi je » contre le « nous »

Encore une incompréhension classique… Mais il s’agit peut-être plutôt, cette fois, d’une non-compréhension, d’un refus de réfléchir. C’est le « moi je ».

Je n’y connais encore pas grand chose en féminisme, mais je pense que toute féministe a l’habitude d’entendre des « moi je ne me sens pas oppressée » ou « moi je suis très heureuse », comme si cela réglait le problème.

Si certaines ont compris l’article, d’autres se sont focalisées sur les exemples fournis, en décrétant qu’il fallait acheter des chaussures à talon plus comme ceci et moins comme cela, et qu’il ne fallait pas s’épiler mais se raser (super). Sans la moindre compréhension de que ce qu’implique réellement l’adage « il faut souffrir pour être belle ». Je sais bien que quelques minutes de souffrance pour une épilation du maillot, ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est pas la question.

La question est, justement, que l’on aille de son propre chef subir sans broncher ces quelques minutes déplaisantes, sans même comprendre pourquoi nous le faisons. Non, « j’aime pas les poils » n’est pas une réponse. Moi non plus j’aime pas les poils. J’aime pas mon gros orteil aussi, je le trouve moche, mais c’est pas pour ça que je l’ampute. Ca ne me viendrait même pas à l’esprit.

 

En fait, la question de la souffrance est intéressante, parce que la souffrance en elle-même, au fond, n’est rien. Parler de souffrance comme ça, sans contexte social, c’est parler de rien. Mon sensei de ninjutsu me disait souvent que « la douleur est une information ». Cela permet d’être beaucoup plus stoïque face à la souffrance physique, d’apprendre à se servir de sa douleur et non plus d’être au servir de son corps en cherchant à tout prix à éviter la douleur.

Le sujet de la souffrance, je l’ai d’ailleurs évoqué dans « l’auto-amputation et le carnisme ».

 

L’important ce n’est pas combien on souffre. C’est pourquoi on souffre. C’est pourquoi j’estime que celles qui se contentent de dire que l’épilation ou les talons « ne font pas si mal que ça » ou de sous-entendre que celles qui s’en plaignent sont des chochottes, n’ont pas compris le message. Car le sujet n’est pas l’intensité de la souffrance, mais la remise en question du pourquoi de la souffrance, qui est de se conformer à l’idéal esthétique que la société exige des femmes. D’ailleurs, ce n’est pas la domination masculine, ce n’est pas la forme d’aliénation principale que la société exerce sur les individus. C’est un exemple, une illustration. Un point c’est tout.

Sous-entendre que celles qui remettent en question « il faut souffrir pour être belles » sont des chochottes ou qu’elles s’y prennent mal, revient à dire « moi je sais me faire belle, je sais supporter les inconvénients et je sais même les diminuer ou les contourner. » Bref, cela revient à dire qu’on est une bonne potiche… C’est un exemple de la façon dont les femmes elles-mêmes font vivre et entretiennent l’ordre social sexiste.

 

Je reviens sur le « je ». J’ai évoqué mon cas personnel, car je voulais, au lieu de pointer du doigt (c’est vilain, surtout pour une femme, haha) partir du principe qu’on est toutes dans le même bateau (et même tous, puisque les hommes ont aussi leur tribut à payer au patriarcat, mais j’y reviendrai). Mais je ne me suis pas contentée de dire  « moi je », ça n’aurait eu aucun intérêt. J’ai cité des chiffres, des statistiques. J’ai parlé de la société. Des normes, des convenances, des pressions sociales. C’était ça le sujet. Au fond, mes poils aux pattes ou mes cheveux par-ci ou par-là, on s’en fout.

Cela n’a aucun sens de répondre, comme certaines l’ont fait (salut audvoo), « mais moi je me sens très bien avec mes épilations » ou autres « mais moi je vis très bien en tant que femme », « mais moi je ne me sens pas oppressée du tout du tout».

De même, les réponses du type « mais moi je ne m’épile pas » (sous-entendu je recours à un autre moyen d’éliminer ma fourrure, qui a aussi ses inconvénients) ou encore « c’est pas tout le monde qui porte des talons » étaient à côté de la plaque.

Ce sont encore deux incompréhensions courantes. La première consiste à dire « puisque je vis très bien en tant que femme, en me conformant aux normes sociales, alors il n’y a aucune raison de dénoncer ces normes ». J’avoue, ces réactions m’agacent un peu, elles sont très égoïstes (mais je préfère croire qu’elles sont le signe d’un manque de réflexion). Nous sommes toutes inégales devant l’oppression. Unetelle va bien vivre telle forme de sexisme, mais pas telle autre, etc. Et ce n’est pas parce qu’il existe des femmes parfaitement heureuses qu’il ne faut pas dénoncer le sexisme. Je suis sure qu’en cherchant bien, je pourrais trouver des animaux d’élevage très heureux, au moins pendant une partie de leur vie. Ce n’est pas pour ça que je vais cesser de dénoncer le spécisme, de boycotter la viande, le lait etc.

La seconde, qui s’en rapproche un peu, consiste à dire « mais moi, je ne me soumet pas à ces usages-là, je ne me conforme pas à la norme, et j’en vis très bien ».

Autant dire que dans ce cas de figure, c’est un peu illusoire. Sur un forum de beauté féminine, certaines ont assuré qu’elles ne subissaient aucun désagrément en lien avec l’esthétique. Je me gausse ! Vous en connaissez beaucoup, des hommes qui vont sur des forums de beauté masculine ? Le temps n’est-il pas ce que nous avons de plus précieux, la seule chose que nous possédons vraiments ?

Je veux bien croire que certaines femmes ne se conforment pas du tout aux normes esthétiques en vigueur. Mais il est à peu près certain qu’on n’en trouvera aucune sur un forum de beauté féminine (déjà moi j’y vais pas, alors…). Et il est certain aussi que ces femmes-là comprendront parfaitement ce que je veux dire quand je parle d’oppression et de soumission aux normes sociales. Car ne pas s’épiler, ne pas se coiffer, ne pas porter de chaussures comme-ci ou comme-ça, ne pas être féminine, quand on est née femme*, c’est loin d’être accepté socialement ! A moins de vivre carrément hors de la société, on vous reprochera toujours de ne pas être une fille féminine.

Voilà une petite mise au point qui s’imposait car d’une part j’aime que mon blog soit interactif avec ses lecteurices (n’hésitez pas à commenter); d’autre part je souhaite revenir sur le sujet du sexisme à l’avenir, et sur d’autres formes de discrimination. Il est donc bon de dissiper les incompréhensions courantes dont on s’entoure malheureusement quand on se livre à ces exercices de la pensée critique.

 

*En fait, on ne nait pas femme, on le devient. Quand on se marie. Avec un homme. Voir à ce sujet la distinction Madame / Mademoiselle, qui a fait couler beaucoup d’encre, parfois inutilement.

18 réflexions au sujet de « Le féminisme contre les femmes »

  1. Personnellement j’apprécie bcp ton blog mais j’avoue que cet article là me fait un peu tiquer. Pas par rapport au point de vue que tu exposes, mais pcq je le trouve un peu réducteur et limite « élitiste ». Genre « y’avait une manière et une seule de comprendre ce que j’ai dit dans « souffrir pour être belle », toutes les autres vous êtes à côté de la plaque, vous avez rien compris » (c’est tes termes). Peut-être que tu voyais pas l’article comme ça mais je pense que l’important, plus que ce qu’on dit, c’est ce que les autres en comprennent…

    • Désolée, je ne voulais pas dire ça.   c’est vrai qu’instinctivement, tu lis des trucs comme ça sur internet sur un truc que t’as écrit, et tu te dis « tiens, elle elle a compris, elle non, elle oui, elle non… » donc c’est vrai que cet article peut paraitre un peu comme « je distribue les bons points » (berk !) maintenant que tu m’y fais penser. Mais cela dit, je l’ai écrit pour dissiper les incompréhensions: certaines personnes n’ont pas compris ce que je voulais dire, j’ai écrit cet article pour elles, et pas pour les autres. Je ne l’aurais jamais écrit si je pensais que les gens qui n’ont pas compris ne peuvent pas comprendre !

      Aussi c’est fou ce que les gens peuvent être méprisants les uns envers les autres sur internet. Genre quand quelqu’un exprime un point de vue différent, tu écris « cette personne doit avoir une vie de merde, elle est surement frustrée et mal baisée » (je caricature… encore que pas tellement, on m’a déjà dit que j’étais mal baisée, c’est très très sexiste d’ailleurs comme insulte). Ca permet de ne pas remettre en question son propre point de vue. Je ne le prend pas pour moi, je sais que les gens disent ça à tout le monde, mais du coup, j’ai voulu tourner ça en dérision, et j’ai peut-être pas été assez drôle pour qu’on comprenne que c’était de l’humour.

    • J’en faisais avec François a Montpellier. Je dis faisais, parce que je sais pas si je pourrai revenir à Montpellier, mais j’espère.

  2. +1 avec LoRa (merci pour la mise à l’index, même si je m’épile pas :))
    Le problème de parler en « moi je », et « nous », c’est que ca fait répondre confusément…
    Je ne suis pas d’avis que tes 2 incompréhensions découlent des propos au dessus.
    Je ne comprends pas l’avis d’Odieux connard de la même manière non plus. Je pense que sa « boutade » était plutôt une pique aux extrêmistes pour qui, une fille qui se ferait appeler « mademoiselle » est une sexiste bonne au bûcher, plutôt qu’un interdit à la remise en cause.
    Ca me rappelle le débat lié aux produits défrisants dans la communeauté afro, où les anti-défrisants indiquent que défrisant = p-e signe d’aliénation, là où les super anti tapent sur les défrisées, car forcément aliénées.
    Je pense que c’est plus pour insister sur ce travers, que d’empêcher la remise en cause d’une norme.

    • Merci de commenter sur mon nouveau blog, c’est gentil d’être velu. (argh…je viens de m’engager sur le terrain glissant des jeux de mots capillaires…)

  3. Bon, je n’ai pas lu le précédent article, mais j’ai déjà suivi quelques interventions sur Vgweb. Je suis d’accord avec toi à fond sur le sexisme inhérent à la société, qui ne s’en rend même pas compte. Nous, les femmes, ne nous rendons pas compte de tout, tout comme pour les hommes, certaines attitudes sont « normales » et ils s’étonnent qu’on puisse les leur reprocher ensuite.
    Je n’aime pas les talons hauts, ils me font mal aux pieds, j’apprécie juste les petits talons pour le confort et, ben oui, pour faire joli – pour moi. 8cm aux pieds, c’est joli quand on est assise et qu’on croise artistiquement les jambes pour attirer le chaland, mais c’est une tuerie pour marcher dessus. Je ne porte plus de vernis à ongles parce que c’est chiant, ça part tout le temps, je ne me colore plus les cheveux, tout ça parce que j’en ai marre de me couvrir de produits chimiques pour faire joli, pour être une potiche agréable à regarder. Je n’estime pas être laide pour autant, mais doit-on être obligatoirement être belle pour être femme, hein !
    Par contre, je ne sais pas si tu t’en rappelles, mais j’aime bien le « mademoiselle » parce que je suis une divorcée de fraîche date et que j’ai l’impression d’avoir (enfin) retrouvé ma liberté, même si je comprends bien ce que cette appellation peut avoir de sexiste, je sais qu’elle me range dans une petite case bien propre et bien rodée. C’est pour ça d’ailleurs que je serais plutôt à fond pour « citoyenne », ça ça me conviendrait très bien ! Citoyenne a un côté revendicatif et actif qui me plaît bien plus que mademoiselle.
    Bon courage pour tes démêlées avec WP ;)

    • Ben le truc c’est qu’on aime toutes certaines choses, moi par exemple j’aime les talons, j’aime pas les poils, j’aime les bas, les porte-jaretelle ou les trucs comme ça, et j’en passe… Et puis y a des inconvénients avec lesquels on s’arrange (comme pour mes cheveux par exemple, je ne les vis pas du tout comme une contrainte) et d’autres moins. Il y a des convenances obligatoires (épilation ou rasage sous les bras l’été, c’est perçu comme sale si une femme a des touffes sous les bras) et d’autres moins (vernis, mascara…)
      Ce qu’il faut à mon avis, ce n’est pas tout rejeter en bloc, mais prendre conscience: de pourquoi on aime ça (conditionnement, éducation, qu’est ce que cela représente pour nous, pour les hommes, etc), est-ce sexiste, si oui pourquoi, que faire… Et finalement, on trouvera bien d’autres façons de fonctionner. Pour l’instant je continue à me raser/épiler, peut-être que j’arrêterai un jour. L’important c’est de remettre en question, comprendre etc.
      Citoyenne ce serait pas mal, en tous cas c’est pas sexiste.

  4. Bonjour !
    J’aime beaucoup ton article, parce que, justement, il me semble utile de remettre les choses dans leur contexte, et souvent. C’est pour ça que j’aime ton blog, parce que, comme tu le dis bien, tout est affaire de questions… Mais encore faut-il se poser les bonnes, comme toi, entre autres, tu essaies de le faire !
    Longue « vie » à ce blog ! :)

    • Je ne trouve pas que se faire appeler mademoiselle soit sexiste. C’est passé dans la langue, maintenant, on dit « mademoiselle » pour désigner une jeune fille de même que « jeune homme » pour désigner un jeune homme.
      Ce qui est sexiste en revanche, c’est que le statut administratif change suivant les aléas de la vie matrimoniale, comme si ça accordait un grade supérieur à une femme d’être mariée, alors qu’un bébé garçon peut recevoir des lettres adressées à « monsieur ».

      • Ce n’est pas, en soi, le fait d’appeler quelqu’une mademoiselle qui est sexiste. ce qui est sexiste c’est en effet de se référer au statut marital. Une femme, pour être reconnue comme telle, doit s’accomplir à travers un mari et/ou des enfants. C’est l’homme qui fait la femme.

        Se faire appeler mademoiselle n’est pas sexiste, mais Odieux Connard réagissait à la tournure de phrase du site féministe, qui disait en gros: certaines femmes préfèrent se faire appeler mademoiselle car c’est flatteur, mais en réalité, cet usage est sexiste parce que etc. Ce qu’OC a transformé en: vous êtes sexistes et connes parce que vous préférez vous faire appeler mademoiselle, c’est de votre faute le sexisme etc. Ce n’est pas du tout ce que le site féministe voulait dire, bien sur.

  5. Tiens je pensais hier à ton article en me faisant épiler le maillot (intégral, le « Souffrir pour être belle » à son paroxysme..)
    Pour ma part je sais pertinemment que ma considération esthétique sur mes poils est dictée par la société. Ça me fait chier, mais je peux pas (ne veux pas ?) m’en débarrasser.
    Avant d’y aller, j’ai dit en plaisantant à mon copain que « j’allais souffrir pour lui ». Ce qui est faux vu que lui s’en tape relativement. Je le fais pour moi, pour être plus à l’aise. Une discrimination nourrie par ses victimes donc.

    • Ben tu sais, je l’avoue piteusement, je me fais épiler le maillot également (enfin, je le fais pas trop en ce moment car je suis en Inde, mais je le faisais tous les mois quand j’étais en France). Ca fait mal et c’est pas utile. Je m’y suis beaucoup habituée aussi et je trouve beaucoup plus agréable d’être épilée. Un jour peut-être je trouverai moyen de cohabiter avec mes poils, de trouver une autre forme de féminité un eu plus « naturelle » (recherche que j’ai du entamer déjà en voyageant, j’en reparlerai peut-être).
      C’est pas par hasard que j’ai utilisé le terme de sadomasochisme ! Jamais aucun mec ne m’a rien dit à ce sujet. Les seuls qui m’en ont parlé, c’est ceux qui m’ont dit que ça les dérangeait pas, alors… Je crois qu’on essaie surtout de coller à un idéal.

  6. Salut,

    On m’a montré ton blog ce matin et j’ai feuilleté un peu. Ici et là, sur l’autre blog dont je viens. Honnêtement, je n’y reviendrais pas : tu sembles trop imbue de ta manière de penser. Tu sembles te considérer comme une sorte d’élite.

    Toi, tu aimes le fait de bien manger plus que les autres parce que : tu es végé. Ok, donc les omnis mangent de la m… . Discours qui me semble aussi proche que la plupart des détracteurs des végés, mais bon. Je suis omni, j’ai tort, n’est-ce pas… :)

    Là, ton discours sur le féminisme…. Ca parle beaucoup de poils et surtout de maillots. De talons aussi. Est-ce que c’est vraiment significatif ? Je ne porte pas de talons parce j’ai cinq centimètres d’écarts entre mes jambes et que je peux donc pas. Mais j’avoue que j’aimerais bien porter des talons, genre pour me sentir libre de mettre ce que je veux, en effet.

    Je ne m’épile pas le maillot non plus, parce que même si je ne suis pas « féministe » (comprendre : je suis horrifiée ou morte de rire devant le « vie de meuf »), bah ca veut pas dire que je ne suis pas libre sur ce point-là. Et si on regarde ailleurs…. Je sais que certaines ne font rien pour les poils sur les aisselles. Je l’ai déjà vu. C’était particulièrement écoeurant de voir ça parce qu’elles se mettent en débardeur pour bien le montrer. Oui, c’est la société qui veut ça. Je vis dans une société. Je ne suis pas une sorte d’ermite, non.

    Au passage, je suis également d’accord avec Odieux Connard. Mademoiselle ou Madame, je n’ai jamais vu un combat aussi ridicule, absurde, inutile, stupide. Il faut sacrement être déconnecté de la réalité pour penser que se battre pour une appelation changera la face du sexisme.

    Comparer une épilation à une amputation d’un orteil est également pas mal exageré. Et puis je n’aime pas le féminisme. Les hommes ont tout les privilèges, vraiment ? :)

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