Le gars qui mangeait des chats

Zerh
◦    tain jai un mec dans mes contacts
◦    on me di qu’il mange des chats
◦    not sure if serious

L’elfe

◦    Oo
◦    sérieux??

Zerh

◦    ouais
◦    enfin
◦    je lui ais pas demandé
◦    on me raconte peut etre des bobards
◦    même si je vois pas pourquoi

L’elfe
◦    mais genre il mange des chats
◦    il les trouve ou?
Zerh
◦    sois a la spa soit il les capture
◦    je vais lui demander tiens
L’elfe

◦    bonne idee

Zerh
◦    je lui ai parlé une fois dans ma vie avant quil majoute sur facebook, genre ya 6 mois
◦    premier second contact: « SALUT, TU MANGES DES CHATS ? »
◦    jespere presque que la réponse est oui sinon cest moi le mec bizarre
L’elfe
◦    XD
◦    alors?
Zerh

◦    il me dit que oui mais je pense qu’il se fout de ma gueule
◦    je joue le jeu pour voir

L’elfe

◦    ha bon
◦    il dit ou il les trouve?

Zerh

◦    « tu as jamais eu de probleme a piquer les chats des voisins? »
◦    le mystere demeure semi entier
◦    je penche pour la connerie
◦    mais
◦    on vit dans un monde ou on sait jamais
L’elfe

◦    il dit pas ou il les a trouvé?
Zerh

◦    soit en dons soit ceux des voisins
L’elfe

◦    …

Zerh

◦    il tend des pieges aux chats de la rue en donnant a manger il me dit
L’elfe

◦    et il les tuerait et les cuisinerait
Zerh

◦    voila
L’elfe

◦    demande lui ce qu’il fait avec les peaux
Zerh

◦    des abats jours
◦    je penche pour la connerie

L’elfe

◦    là oui
◦    tu devrais lui dire que les moufles ça rapporte plus que les abats jours

Zerh

◦    oui ^^
◦    ah tiens

◦    -et tu connais Sophie* ?
◦    -Oui

◦    elle y croyait vraiment (pffff qu elle est naïve cette petite)
◦    moi: croyait vraiment que quoi?
◦    que je mangeais des chats
◦    moi: ah c’est faux en fait ?

L’elfe

◦    merde j’aurai pas d’abat jour en peau de chat
Zerh

◦    pourquoi tu mangerais pas de chats ? c’est une idée plutot bonne en réalité
◦    je veux dire, au prix de la viande

L’elfe

◦    yen a plein les refuges…
Zerh

◦    voilà
◦    ok ça devient bizarrre:

◦    tu connais la moule voyageuse ? »
◦    moi: je connais le concombre masqué
◦    « bon, la moule, c est la pussy … »
◦    moi: la quoi ?
L’elfe

◦    je sais pas s’il mange des chats, mais il est bizarre.
Zerh

◦    il mange pas de chats

 

*Le nom a été changé pour préserver la vie privée des anonymes amis de Zerh

Ce dialogue (authentique, sur facebook) est étrange. En effet, que se passe-t-il? L’individu non-nommé, appelons-le Robert, fait courir le bruit qu’il mangerait des chats. Zerh lui demande confirmation, au risque de passer lui-même pour quelqu’un de bizarre, le fait de manger des chats étant totalement hors-norme. Robert déclare qu’il capture des chats et les mange, espérant sans doute créer un effet de provocation. Si c’est le cas, c’est totalement raté.

Mis en face de son propre canular, Robert ne sait plus l’expliquer. Pourquoi est-ce bizarre de manger des chats, et, finalement, pourquoi ne le fait-il pas? Il se met alors à raconter n’importe quoi pour changer de sujet.

 

Le canular n’est pas drôle, parce que l’idée de manger du chat n’est pas incongrue dans l’absolu, elle l’est dans un certain contexte et son incongruité peut très vite devenir nulle.

 

Je ne vais pas ici développer ce qu’est le carnisme, idéologie définie par la sociologue Melanie Joy. Il existe une bonne page Wikipedia à ce sujet, Cela a également été abordé dans les cahiers antispécistes. Le point important est que le carnisme, qu’on peut définir brièvement comme une idéologie selon laquelle il est éthique de manger certains animaux et pas d’autres, le point important, donc, c’est que la carnisme est l’idéologie dominante.

 

Lorsque j’ai abordé le sujet du welfarisme et de la façon dont la protection des animaux, si elle est logique, aboutit nécessairement sur l’abolitionnisme, j’ai évoqué, peut-être à travers les lignes, l’idée d’une rupture sociale. Par exemple dans l’article au titre explicite: « Du welfarisme à l’abolutionnisme, ou comment la cohérence éloigne des normes« . Extrait:

 

« il ne faut pas se voiler la face, il est nécessaire de renoncer à énormément de ses croyances et des idées que l’on a apprises, pour aller jusqu’à l’abolitionnisme. »

 

Celui qui veut protéger les animaux et rester cohérent doit donc rompre. Rompre avec l’idéologie dominante. Rompre surtout avec la pensée naturaliste qui permet au spécisme d’exister. Et rompre avec le carnisme qui rend tabou certaines viandes et non pas d’autres. Une fois qu’on est plus solidaire de cette idéologie, on peut encore moins comprendre la blague.

Manger du chat ?

Me rappelant cette conversation, je me suis demandée, par curiosité, si les gens mangeaient parfois des chats et comment ils percevaient cela en général. Car je sais intuitivement qu’ils le perçoivent différemment de moi. Ne serait-ce que parce que mon point de vue a considérablement changé suite à cette rupture. Vous pouvez remarquer le ton assez calme de la conversation, on parle de manger des chats, sans savoir si l’histoire du mangeur de chat est vraie ou non. Il y a quelques années, j’aurais été outrée, scandalisée, d’apprendre que quelqu’un attirait de pauvres chats innocents et les tuait pour ensuite les manger. J’aurais ressenti un profond dégoût à l’évocation d’une pratique aussi cruelle.

 

Aujourd’hui, je m’en fiche. Me soucier qu’un type attire des chats chez lui, les tue et les mange ? Certes, l’idée ne me remplit pas de bonheur. Mais il faut avoir conscience de certaines réalités. En France, un milliard d’animaux terrestres sont tués par an pour la consommation humaine. Un milliard, et sans compter les poissons et autres animaux marins, ni nombreux  qu’on ne peut même pas les compter (et en plus, il faudrait compter aussi ceux qui sont rejetés à l’eau mort ou agonisants, ainsi que les baleines et dauphins piégés par les filets). Et ces animaux ne sont pas moins innocents que d’éventuels chats errants. Un grand nombre ne sont encore que des bébés (veaux, agneaux, mais aussi les poulets de chair âgés de 36 jours) et la plupart sont très jeunes.

Alors, si je devais me mettre dans tous mes états parce qu’un seul barge capture des chats et les mange, je n’aurais pas fini de hurler aux quatres vents. D’ailleurs, serait-il vraiment si barge que ça? Après tout, comme dit Zerh, la viande coûte cher et les chats sont gratuits. Il y en a trop, même. On les tue de toutes façons  dans les refuges, en grand nombre, et personne n’arrive jamais vraiment à savoir ce que deviennent leurs cadavres, on dit qu’on en ferait des farines, de la colle… C’est plausible. Mais les manger, apparemment, serait transgressif, alors qu’on élève des animaux spécialement pour ça.

Sur Facebook, à une époque, il y avait eu un scandale parce qu’une bande de jeunes avaient cuisiné et mangé un chat. On criait à la cruauté. Les photos étaient assez explicites, avec les étapes de dépeçage du chat, des morceaux de pattes coupées dans l’évier… On voyait les étapes de la préparation du cadavre puis les jeunes attablés en train de manger le chat. On peut encore voir ces images sur ce site, et on peut aussi constater  à quel points les commentaires sont haineux. Je me souviens de m’être étonnée de ça à l’époque, alors que la plupart des gens que je cotoie mangent de la viande. On m’avait répondu que c’était scandaleux que les jeunes filles soient « morte de rire » en mangeant le chat. Je n’ai pas l’impression qu’à Noël autour des tablées de foie gras et de dinde, les gens se sentent obligés de tirer la tronche parce qu’ils mangent des animaux morts, et en plus, si on me tuait pour me manger, je ne pense pas que ça me toucherait beaucoup que les gens fassent la gueule en mon honneur. A plus forte raison si j’étais un chat (ou une dinde).

 

Etudiantes mangeant un chat

Les rapaces et les chatons

Je me souviens aussi d’un article sur le blog d’une vétérinaire, qui était scandalisée parce qu’elle avait rencontré un éleveur de rapaces qui nourrissait parfois ses oiseaux avec des cadavres de chatons. Je lui avais demandé ce qu’il y avait là de si horrible alors qu’elle achetait elle-même des parties d’animaux tués pour les manger, y compris des bébés animaux (car, à tort ou à raison, je sentais que c’était le genre de personne à me répondre qu’on peut tuer des adultes mais pas des petits(1) ). Sa réponse fut renversante: ce n’est pas la même chose, parce que les animaux qu’elle mangeait « étaient vendus directement découpés dans des barquettes« , et non pas entiers. Je lui fis remarquer qu’il y avait certaines opérations nécessaires pour qu’un animal vivant soit transformé en morceaux dans des barquettes, et que mêem si on ne les voyait pas, elles étaient tout aussi désagréables, sinon plus; mais il n’était guère facile de discuter avec elle, car c’était un sujet très sensible pour elle et elle avait du mal à être calme et à s’exprimer de façon logique (2). L’argument de la nécessité de manger de la viande était impossible à brandir car elle savait parfaitement que les rapaces ont davantage besoin de viande pour vivre que les humains. Finalement, plutôt que d’admettre qu’il n’était pas éthique de tuer des animaux pour s’en nourrir sans nécessité, elle finit par déclarer que finalement, il était éthique de nourrir les rapaces avec des cadavres de chatons, mais qu’il fallait tuer les chatons sans qu’ils ne souffrent, ou quelque chose comme ça. Puis, l’article disparut de son blog.

 

(1) Quand on y réfléchit, le fait qu’il soit plus éthique de tuer des adultes que des jeunes est souvent assené comme s’il s’agissait d’une évidence, alors que cela mériterait discussion. Personnellement, je ne sais pas si tuer des bébés est beaucoup plus grave que tuer des adultes. J’aurais tendance à dire que s’il m’apparait grave, intuitivement, de tuer des enfants, c’est avant tout parce qu’ils sont sans défense. Mais il en est de même de la plupart des animaux de boucherie, petits ou grands. Et d’ailleurs, tuer un être sans défense nous révulse, mais est-ce vraiment plus grave que de tuer un être à qui l’on a donné une chance de s’en sortir? Et si oui, pourquoi? Je trouve difficile de répondre.

(2) Certains attribuent aux végétariens le rôle de personnes irrationnelles et contrôlées par leurs émotions, face à des omnivore supposés rationnels. C’est généralement plutôt le contraire en réalité.

 

Pourquoi pas du chat?

Alors, finalement, que pensent les gens de manger du chat? Cela varie énormément d’une personne à l’autre. Certaines personnes, surtout des hommes(3), vont dire que manger du chat ne leur poserait aucun problème, mais parmi ces gens, il y en a qui précisent qu’ils ne devraient pas voir l’animal avant. En d’autres termes, ils admettent qu’ils devraient occulter une partie de la réalité, car qu’ils l’aient ou non rencontré, l’animal a existé vivant.

Détail d’importance, si quelqu’un vous affirme que manger du chat ne le dérangerait pas, et que vous lui demandez pourquoi ça ne le dérangerait pas, il vous répondra systématiquement: « on mange bien d’autres animaux, pourquoi pas du chat? ». Autrement dit, ces gens vont justifier une pratique spéciste -manger du chat- par une autre pratique spéciste: manger du cochon ou du poulet. Au lieu de cela, ils pourraient utiliser les mêmes arguments qui sont couramment mis en avant pour justifier la consommation de viande (naturalisme, santé, etc). Mais ils ne le font pas. En fait, cela me fait penser que l’unique raison pour laquelle certaines personnes disent pouvoir manger du chat, c’est parce qu’ils se rendent compte d’eux-mêmes que le carnisme est absurde, mais qu’ils ne vont pas assez loin pour remettre en question le spécisme (le carnisme étant une sous-idéologie du spécisme).

Mais la plupart des gens ne sont pas du tout à l’aise avec le fait de manger du chat et ne font même pas semblant de l’être. Un internaute ayant demandé sur yahoo answers s’il était légal de manger du chat, les réponses montrent que le sujet est gênant: rires, moqueries ou accusations de démence. Mais aussi une réponse qui attise fortement ma curiosité:

 

Meuh oui, quelle question !
J’en fait des gibelottes délicieuses, avec du vin rouge et des petits lardons.
C’est une viande maigre au goût délicat, à la chair fine et qui tient bien à la cuisson.
Il vaut mieux acheter les chats vivants et les préparer toi-même, tu pourras ainsi récupérer les peaux et en confectionner de coquets paletots, toques ou manchons…ça fait de jolis cadeaux de Noël pas chers.
Il suffit juste d’être discret dans cette pratique qui n’est pas toujours bien perçue par les nombreux adeptes du « politiquement correct » pleins de sensiblerie qui pullulent.

 

photopremierebouchcanineparis.jpg

Je n’arrive pas à savoir si cette personne est sérieuse ou non. Est-ce de la provocation? C’est possible qu’une personne mange du chat. En fait, le fait même de se demander si cette personne est sérieuse ou non démontre bien à quel point le carnisme est attaché à des normes culturelles changeantes. Le carnisme est purement culturel et Melanie Joy nous apprend que ses modalités varient beaucoup d’un pays à l’autre: à tel endroit, manger tel animal est normal, ailleurs c’est dégoûtant ou immoral, et cela peut changer assez vite. Dès lors, comment savoir si cette personne plaisante? Après tout, la consommation de chats n’a pas toujours été taboue en france, puisque certaines boucheries vendaient de la viande de chat et de chien encore jusqu’au XIXeme siècle (site: http://www.cdlb.org/viandechien.htm) ; et en plus, elle n’est pas taboue dans toutes les cultures, loin s’en faut. Mais pourtant, le tabou est si fort chez certaines personnes qu’on peut imaginer que ce message est un canular.

 

De même, sur internet, on trouve des recettes de chat, sans que l’on sache très bien si c’est de la provocation ou pas, ou si les gens qui les écrivent ont déjà eux-même mangé du chat.

 

Je pense pas que les personnes qui laissent des commentaires haineux sur l’article des étudiants ayant mangé un chat (dont j’ai parlé plus haut) soient pour la plupart végétariennes. Tout laisse à penser que seule une faible minorité d’entre eux l’est. Par exemple, l’un des commentateurs demande: « I don’t understand why they did that, there is no other meat to eat !? » (Je ne comprend pas pourquoi elles font ça, n’y a-t-il pas d’autre viande à manger?). Cette personne ne cherche pas à expliquer pourquoi il faudrait manger d’autres viandes plutôt que celle-ci, pas plus que les autres commentateurs ne cherchent à expliquer pourquoi il est mal de manger du chat. C’est comme si tout le monde savait que manger du chat est mal, et en même temps que manger d’autres animaux ne l’est pas, et tout ceci sans qu’il y ait besoin de le justifier ou de l’expliquer.

 

Enfin, il existe certaines personnes qui cherchent tout de même à justifier ce tabou, en évoquant une différence entre les chats et les vaches. Les chats sont gentils, jouent et font des calins, alors que les vaches sont stupides et ne font rien. C’est loin d’être vrai, mais notez bien que même si ça l’était, ça ne justifierait absolument rien. Décider de vie ou de mort sur un être sensible en fonction des affinités qu’on ressent avec lui? Ca n’a pas de sens. A moins que la vache ne soit pas un être sensible parce que les citadins ne la voient pas vivre(4).

 

Une logique encore plus mystérieuse est celle selon laquelle il est éthique de manger un animal, à condition qu’il ait été élevé pour ça. Ca parait absurde, mais cela revient à s’en remettre aveuglément à la norme sociale, qui décide de ce qui est bien ou mal, et non pas à prendre en considération l’animal, qui est totalement étranger, dans sa subjectivité, dans son désir de vivre et de jouir de la vie, au fait qu’il ait été élevé dans tel ou tel but par les humains. Mais j’y reviendrai.

 

Au niveau de la loi, on retrouve la même ambivalence que chez les gens par rapport à la consommation de viande de chat: elle peut être autorisée, interdite ou permise par un vide juridique… Voir par exemple cet article: Est-il légal de manger de la viande de chat?

Pour conclure, on peut toujours essayer de faire de la provoc en faisant remarquer que manger du chat est plus écolo que de manger des vaches… Mais on ne sait pas très bien qui l’on va réussir à provoquer, et plus que tout, le pourquoi demeure un mystère.

 

(3) Sexisme ordinaire. La « sensiblerie » est mal vue chez les hommes, mais aussi le fait d’être irrationnel. La société partiarcat autorise les femmes à se laisser diriger par leurs émotions, et même à être pénibles, allant jusqu’à valoriser la « fille chiante ». Après tout, ce ne sont que des femmes… Les hommes, eux, doivent rester froids et logiques.

(4) J’aborderai peut-être le sujet dans un article ultérieur, mais dans la période ou je suis devenue végétarienne, je me souviens de deux choses qui m’ont marquée: la façon dont on abat les poulets à la chaîne, et la tendresse que je me suis découverte pour les vaches. Je les trouve belles, intelligentes, douces, sensibles (bien qu’encore une fois, ce ne soit pas la vraie raison pour laquelle je ne les mange pas: je n’ai pas  aucune affinité particulière pour les truites, mais je ne les mange pas pour autant). Mais constater qui sont les vaches m’a profondément chamboulée et m’a permis d’accéder aux sphères de réflexions que la plupart des gens s’interdisent, celles qui mènent à l’antispécisme.

60 réflexions au sujet de « Le gars qui mangeait des chats »

  1. Dans l’article de slate (Est-il légal de manger de la viande de chat) que tu mets en lien, il est écrit :
    « Certains États, comme la Virginie, interdisent la mise à mort inutile d’un animal, à l’exception des «activités agricoles». « 

    Je trouve que c’est un aveu criant du fait que les activités agricoles de mise à mort d’animal sont inutiles !
    Si la formulation était « la mise à mort inutile d’un animal est interdit », vu que tt le monde pense (à part les végé) que les activités agricoles sont utiles, et même nécessaires et inévitables parce qu’il faut bien se nourrir, alors de fait la mise à mort dans un cadre agricole n’est pas inclus dans « la mise à mort inutile d’un animal est interdit ». Pourquoi donc préciser cette exception, si ce n’est par anticipation du fait qu’on puisse légitimement contester l’utilité de l’abattage agricole ?
    D’office on le sort du cadre du débat, car on sait que si on le laisse dans le cadre, on s’apercevra vite qu’il n’est plus possible de soutenir que l’abattage agricole est utile.

    • Oui. D’ailleurs en france, tuer un chat pour le manger pourrait être condamnable par la justice en vertu de  la loi qui interdit « les sévices et actes de cruauté envers un animal domestique ou tenu en captivité ». Ce qui fait que les abattoirs sont illégaux si on appliquait vraiment cette loi!  Mais mentionner une exception c’est vraiment un aveu. Un peu comme la corrida, que la loi définit donc comme « sévices et actes de cruauté »…

    • Ca ne l’a pas dérangé? Enfin ceci dit les choses sont différentes pendant la guerre j’imagine. Je viens tout juste de finir « un sac de billes ».

  2. J’aime beaucoup cet article, comme tous les autres! Il m’amène régulièrement vers d’autres pistes de réflexion, je t’assure que ton blog est le ciment de ma réflexion antispéciste! Une vraie référence pour moi!

    Et la dernière note sur les vaches est très touchante, je me suis fait la même réflexion à plusieurs reprises, sur les vaches, les cochons aussi… Si doux, si paisibles…

    Leur triste sort et l’indifférence auquel on se heurte me fendent le cœur, j’ose à peine y penser sinon je fond en larmes… Pauvres amours, j’espère qu’un jour l’homme renoncera à son arrogance…. il faut garder espoir

  3. La chose qui me questionne dans cette histoire, c’est le cas où quelqu’un mangerait le chat du voisin. Évidemment comme j’ai des chats, ça me questionne. Est-ce aussi peu éthique de manger le chat du voisin que de manger n’importe quel animal ? Parce que bon mes chats, je les ai recueillis quand ils avaient 2 mois pour un et 1 mois pour l’autre, des orphelins. Ils ont des problèmes de santé que je soigne avec beaucoup de rigueur, j’ai déjà dépensé des sommes folles pour leur bien-être alors que je n’ai pas de travail et donc pas beaucoup d’argent. De plus j’y ai investit beaucoup d’amour… Donc où se situe l’éthique à ce niveau là ? En réfléchissant, je me dis que vis-à-vis de l’animal de la rue et les miens, c’est kif kif, leur vie a la même valeur, ce n’est pas parce que l’animal a une famille aimante qu’il a plus de valeur. Mais vis-à-vis de la personne qui piège et tue le chat du voisin et le voisin lui-même, ce n’est peut-être pas vraiment éthique, même si j’ai du mal à l’expliquer sans faire entrer une notion de propriété, ce qui n’est pas une bonne chose il me semble, car mes chats ne m’appartiennent pas (même si c’est le cas légalement). Peut-être que la différence se situe dans le fait que le gars qui tue le chat a commis un acte dont il était conscient que les conséquences allaient engendrer une grande peine chez un autre être humain ? Mais alors il serait donc plus éthique de tuer un animal que personne n’aime pour ne pas faire de la peine aux hommes ? Je ne sais pas si c’est vraiment valable… Ca devient compliqué et je m’y perds !
    Si quelqu’un peut apporter des éléments de réflexion à ce problème, ça m’intéresse !

    • Je pense que prendre le chat des voisins n’est pas éthique et ce même d’un point de vue spéciste.

      Du point de vue de la  loi, ce serait considéré comme un vol. Cependant même les gens les plus spécistes savent qu’un animal n’a pas la même place dans le coeur de quelqu’un qu’un objet.

      D’un point de vue antispéciste c’est plus compliqué. Personnellement, je dirais que tuer un animal errant est contraire à l’éthique, bien sur, mais on doit aussi tenir compte de l’entourage de l’animal même si on le considère comme sujet. Je crois que le sujet a été abordé par des auteurs antispécistes: par exemple en cas de mort cérébrale, il ne serait pas éthique de faire certaine chose à une personne en raison de la peine que cela pourrait provoquer à son entourage.

  4. Bonjour, votre analyse ne semble pas tenir compte du fait que les chats (et les chiens) sont des animaux domestiques, et bénéficient à ce titre, de l’empathie de beaucoup de gens.

    Lorsque l’on parle de manger un chat, on ne pense pas à une industrie d’élevage, d’abatage et de tranformation de viande de chat. On pense à SON chat, ce compagnon poilu et rigolo. Et imaginer qu’on puisse le tuer, le découper , juste pour satisfaire sa faim dans une société d’abondance dans laquelle se nourrir est aisé, est insupportable.

    Je pense que même si on montrait aux gens avec moult détails et photos gores comment des filets de poulets atterrissent dans des barquettes, ils continueraient d’en manger. Il sauraient faire abstraction de ce qu’ils savent, on leur montre tellement de choses de toute façon. Par contre, proposez simplement une cuisse de chat sous barquette, en mentionnant sobrement qu’il s’agit de chat, et là ils vont se mettre à imaginer leur boule de poils se faire dépecer, trancher, vider, et enfin cuisiné et mangé. Pour certains, ça relèverait presque du canibalisme, car manger son chat, c’est comme manger un ami.

    Voilà, je pense que c’est essentiellement pour ça que l’idée de manger du chat, du chien ou même du lapin pour certains, est, pour bcp, quelque chose d’inconcevable.

    • Mais ça montre bien que l’acceptation de manger certaines viandes est culturelle, puisqu’une vache ou une chèvre feront des compagnons aussi fidèles et attendrissants qu’un chat ou un chien. Ca montre également qu’on occulte une partie de la réalité  pour manger de la viande: ce qui arrive aux animaux dans les abattoirs est au moins aussi terrible que le sort d’un malheureux greffier qui se ferait casser le cou pour finir en civet (ils souffrent généralement davantage avant de mourir). A ce sujet, je conseille de regarder les vidéos de Fadjen sur youtube, on y voit à quel point un taureau de combat peut être intelligent et touchant. Celle ci par exemple: http://www.youtube.com/watch?v=YCX5X7OuV0o

  5. L’article est génial. Par contre, faut m’expliquer en quoi c’est intelligent, doux et sensible, une vache. C’est franchement con et assez sale.

    • C’est bien sur parce que tu ne les as pas bien regardées. Cela dit j’ai aucune affinité sentimentale avec les crevettes, et je ne les mange pas pour autant.

  6. Article très intéressant. La réflexion est poussée, et la logique très juste rendrait immédiatement tout être ne vivant que par la raison antispéciste.

    Malheureusement, ce n’est pas mon cas, et je ne pourrai pas en profiter pour dévorer les « labradange », les commentaires mielleux ayant tendance à me sortir de mes gonds :P

    Pourquoi une vache ou un cochon mériterait plus de considération, après tout, que disons au hasard, une vache, une moule ou un maquereau ?

    J’imagine que l’indifference te fends moins le coeur quand on explose un moustique qui t’as empêché de dormir toute une nuit ? =)

    Je ne pense pas que l’homme soit arrogant, juste que l’occasion fait le larron, et comme un prédateur affamé nous dévorerai surement s’il en avait l’occasion, nos congénères se servent des moyens à leur disposition…

    A chacun d’apporter sa pierre, mais pour ma part les moyens me choquent infiniment plus que le résultat final. Manger de la viande, je vois mal pourquoi ce serait un problème plus pour l’homme que l’ours ou n’importe quel omnivore. Torturé des animaux, les élevés dans des conditions scandaleuses me révolte infiniment plus.

    :/

    • Auto-défense classique. Mais manque de bol pour toi, je ne mange pas plus les harengs ni les moules que les vaches, et je ne tue pas les moustiques, même quand ils m’empêchent de dormir. Tu devras donc continuer à te débattre avec tes contradictions. M’accuser de choses que je ne fais d’ailleurs pas est une bien piètre défense… De toutes manières, pointer du doigt les autres parce que « eux aussi font des trucs pas bien », ne t’aidera jamais à avoir tout à fait bonne conscience.

      Je trouve dommage de réagir ainsi, en se sentant attaqué et en cherchant à se défendre. Ce n’est pas mon but. Plutôt que de te justifier sur un blog auprès de truc et machin, tu devrais plutôt t’expliquer avec la seule personne apte au monde à te juger, c’est à dire toi-même.

      • Waw, tu ne tues pas les moustiques ? Là, j’avoue, je t’admire. Toute végétarienne que je suis (et anti-spéciste) il y a pour moi, un seuil. Pas forcément juste, mais tout de même.
        Pour moi, blattes, puces, poux, moustiques… Je ne peux pas vivre avec eux. S’il y avait un moyen de se débarrasser d’eux sans les tuer, je le ferais, mais je n’en connais pas. Du coup… Dilemme.

        Ceci dit, je pense que oui, il faut vivre un maximum sans tuer, c’est pourquoi je suis végétarienne. Autant que possible, quand je peux m’abstenir, je le fais. Par exemple, je ne tue pas les araignées (dont mon conjoint est phobique), je les attrape et les mets dehors. Bref, tout ça est complexe. Mais je veux bien savoir comment tu fais pour ne pas péter un câble en laissant le moustique vivre sa vie dans ta chambre. Et comment tu fais aussi, quand tu as des poux ?

        Ce sont des vraies questions, hein, je cherche pas à te piéger. Quiconque tente de vivre au maximum en respectant le vivant sait que ce sont des questions à répétition auxquelles ils n’est jamais facile de répondre… C’est pour ça que ton opinion m’intéresse. ^^

        • Mmmh. Ben je sais pas, les moustiques, je les supporte pas, mais j’arrive pas à les tuer, en même temps. Quoi que ça m’est arrivé récemment en Inde d’en viser un ou deux (même si je les rate systématiquement) parce qu’en pleine mousson et en pleine campagne j’avais quand même hyper peur d’attraper le palu. Mais en France j’évite généralement de les tuer même si je les aime pas.
          Par contre cet été j’ai bossé en colo, évidemment je me suis retrouvée avec des poux, j’ai pas hésité une seconde à sortir tout l’arsenal chimique pour m’en débarrasser. Pourtant, jusqu’au XVIIème siècle, les gens étaient généralement farcis de poux, y compris dans la noblesse, et ça n’avait pas l’air de les déranger outre mesure ! Comme quoi on peut très bien vivre avec. Mais bon la culture c’est fort quand même. Non, les poux, je pouvais pas.

  7. Mais ce n’est pas toi qui était visé, rassure toi. Qui parle de défense ? ;-)

    Mais pour te répondre je vis très bien ces contradictions qu’une vie d’être pensant nous pousse à concevoir, et j’apprécie ton article qui apporte un point de vie particulièrement lucide.

    Pourquoi me suis-je emporté ? Le message de ta groupie est typique du genre de personne qui t’assene des vérités de non exploitation des animaux (tout à fait juste en soit) … En portant des chaussures faites à la chaîne par des gosses.

    Deux poids, deux mesures.

    Enfin, si je me trompe sur elle (désolé), je n’en vise pas moins ce genre d’esprit qui ne sont en plus pas du tout hypocrite :/

    Ps: une question pour finir, apres relecture de ton message : de quoi devrais-je me justifier ?

    • Je suis très flattée (sincèrement!) que tu apprécies mon article. Mais encore une fois, pourquoi accuser une personne que tu ne connais pas de ne pas faire attention à la provenance de ses chaussures?

      En deux messages, tu accuses deux personnes de faire des choses que tu juges -vraisemblablement- contraires à l’éthique. Pourquoi? (même si ce n’était pas moi qui était visé dans le premier message, ce qui importe peu, ça ne répondrait pas à la question).

  8. Déjà, par honnêteté, je vais admettre que je vise pas ces « deux personnes » en particulier, mais bien un type de personnes assez difficile à supporter. Mes excuses pour la critique directe infondée, j’ai été malhonnête de prendre un exemple sans fondation =).

    Répondons maintenant à ta question. Ce n’est pas directement une question d’éthique qui m’est venue à l’esprit, mais plutôt d’honnêteté intellectuel.
    Je ne sais pas pour toi, mais j’ai connu à plusieurs reprises ce type de personne toujours là pour donner des leçons pour l’exploitation animalière sous quelque angle que ce soit. Par contre pour ses congénères…

    Je pense qu’il y’à beaucoup à dire, mais je ne pense pas que spammer ton pauvre article soit la bonne chose à faire ^_^.

    Sache en tout cas que mes « compliments » (en était-ce?) étaient sincères, j’ai profité d’un peu de temps libre pour parcourir tes articles (nouvel arrivant),et sans prosélytisme malvenu la force de conviction et la pertinence des arguments ont de quoi convaincre (et pas persuader ;p) toute personne qui se pose des questions et a l’esprit ouvert.

    Mérite à être connu. J’arrête ma dithyrambe, c’est moche :P

    • Résumons: quelqu’un te donne des leçons sur quelque chose que tu fais qu’il estime mal, tu lui donnes des leçons sur quelque chose que tu fais qu’il estime mal.

      Quelqu’un te fait remarquer ton manque d’honnêteté intellectuelle, tu lui fais remarquer son manque d’honnêteté intellectuelle.

      Quelqu’un te juge, tu le juges.

      Ces réactions sont les plus humains et compréhensibles qui soient, mais tout de même, c’est un peu dommage. Car non seulement ça ne te rend pas meilleure que tes adversaires, mais ça te rend pas non plus meilleure que toi-même. Et c’est surtout ça qui est bête. Je sais à quel point cela peut être agaçant de se sentir jugé et montré du doigt, mais faire la même chose en retour, je pense que c’est pas la meilleure chose à faire. Je sais aussi qu’il y a des gens qui ce croient parfaits et au-dessus de tout, mais nous savons très bien que personne ne l’est. De toutes façons quoi qu’on fasse il y aura toujours des gens pour nous juger. La meilleure chose à faire, c’est faire tout ce qui est en notre pouvoir pour être en accord avec nous-même, ce n’est qu’ainsi qu’on peut réellement se défaire du jugement d’autrui sans tomber dans les mêmes travers que l’on dénonce.

  9. Tu vas vite en besogne, mettons les choses au clair :)

    Personne ne « me donne de « leçons » étant donné que j’ai atterrit ici quelque peu part le hasard du surf, et ne me connaissant pas je n’ai pas à me sentir visé. Ce serait un comble ;)

    Mesquinement, c’est moi qui attaque, donc :P

    Après si j’avoue mes erreurs, c’est que si j’ai prit le temps de lire entièrement le billet et même explorer plus avant le blog, c’est simplement que je pense avoir encore beaucoup à apprendre et que la curiosité ne peut être que saine.

    J’ai été très con sur la forme, mais soit assuré que je ne compte pas polémiquer plus avant. (Mal?)heureusement tout ça a développé beaucoup d’interrogations qui va me falloir parcourir…

  10. Je découvre ce blog, et je suis profondément d’accord avec cet article. J’avais récemment parlé de faire des pulls avec les poils de mon chat, et tout le monde a répondu « berk ». Et personne n’a voulu convenir que ce n’était pas plus dégueulasse que la laine de mouton qu’ils portent toute l’année, au détail près que mon chat est très bien traité et brossé avec soin avec une brosse hors de prix.

    La seule chose avec laquelle je ne suis pas d’accord, c’est par rapport aux étudiants qui ont tué et cuisiné un chat. Je comprends tout à fait les réactions des non-végétariens, même si elles sont absurdes dans l’absolu. Ces étudiants n’ont pas acheté du chat en barquette, ils l’ont tué, dépecé etc. Et la plupart des omnivores disent eux même que s’ils devaient eux-même tuer les animaux qu’ils mangeaient, ils deviendraient végétariens. Après, évidemment, la finalité est la même, mais il y a une distanciation inconsciente qui se fait vis à vis du steak haché que l’on a dans son assiette: on ne s’imagine une vache ou un morceau de cadavre qu’après s’être défait de ses habitudes culturelles. Et ça prend du temps. Personnellement, je me suis demandée pendant des années pourquoi je n’étais pas végétarienne, mais j’étais tant habituée à manger de la viande que je n’arrivais pas à me figurer l’animal. Pourtant, j’avais vu des vidéos d’abattoirs. Ce n’est qu’à 20 ans que j’ai eu un déclic et que je me suis dit « tu manges un morceau de cadavre ». Maintenant, ça fait des années que je suis végétarienne et presque vegetalienne, et je me demande comment j’ai pu manger de la viande.
    Mais je n’aurais jamais pu tuer un animal moi-même. Je pense sincèrement qu’il faut être un peu psychopathe pour le faire. D’où mon choc pour l’histoire des étudiants et du chat en ragoût (ils auraient eux-même tué un lapin ou une vache, je tiendrai le même discours).

    • Les étudiants n’ont pas tué le chat eux-même, c’est un fermier qui l’a fait. Le chat a eu une mort rapide, ce qui n’est pas le cas des animaux d’abattoir. Je comprends que les gens aient une réaction viscérale, spontanée, par rapport à cela. Ce que je comprends moins, c’est qu’ils se contentent de juger les autres sans que cela leur permette de remettre en question leur propre comportement. Ils pourraient tout de même réfléchir un petit peu avant d’avoir des réactions haineuses et disproportionnées. De plus, l’acte de tuer doit être remis dans son contexte. Si l’on n’est pas prêt à tuer, on ne devrait pas le faire faire par un employé sous-payé et surexploité qui n’en a pas plus envie que nous. Enfin, tu me diras, je prêche une convaincue sur ce point. Merci de ta visite !

  11. - sache que mes pieds célestes ne sont pas chaussés de peau d’animal mort, ni vache ni vison ni cochon ni chat, merci bien monsieur-je-me-sens-remis-en-cause-alors-je-cherche-une-faille-chez-l’autre-alors-que-ma-propre-attitude-est-un-milliard-de-fois-moins-éthique-que-celle-de-l’autre. Pourquoi te sens tu visé? Saches que je fais vraiment TOUT ce que je peux pour éviter que mes actes de consommation ne causent de tort aux animaux ou aux Hommes, ce n’est pas indissociable! Crois moi leur sort me touche sincèrement. Saches que mon commentaire ne s’adressait pas à toi mais a l’auteur de cet article, je ne faisais la leçon à personne. Je lui disais juste à quel point je me sens impuissante parfois face a tous leurs malheurs , qui sont bien réels , navrée que ca t’ai vexé.
    Labradange

  12. Un article très intéressant… Je ne suis pas végétarien moi-même (Dieu m’en garde, j’ai déjà bien du mal à avoir mon compte de souffrance humaine quotidienne en achetant des produits issus de l’esclavage moderne industriel, me priver de la souffrance animale m’ennuierait profondément) mais je trouve cet article extrêmement bien construit et argumentant très bien mon point de vue, selon laquelle toute vie animale se vaut, qu’elle soit bovine, porcine, féline, simienne ou canine. Je trouve vraiment effrayant, d’une certaine façon, ces gens qui appellent à la torture et à la mise à mort des jeunes étudiants danois pour leur « exposé » (dont ces braves gens n’ont probablement pas compris le moindre mot j’imagine) pour n’avoir fait, en fin de compte, que la même chose que ces même gens font quotidiennement avec d’autres animaux. Non seulement cela montre une absence totale d’empathie de leur part envers toute créature, humaine ou animale (je fais la différence ici volontairement, pas par spécisme), dont ils ne sont pas proches. Comme si la valeur d’un chat valait non seulement plus que la vie d’un mouton inconnu vulgaire égorgé garanti sans étourdissement, mais également plus que la vie des ces étudiants germains nazis – qui sont pourtant, au vue de leur démarche, des personnes probablement plus « humaines » que ces pauvres créatures soumises à la cause des lolcats, ces chasseurs impitoyables qui torturent leurs proies pendant des heures avant d’aller danser devant la webcam de leur maitres pour faire rire des millions de crétins hilares. Sans doute n’est-ce pas le but de l’article que de montrer, une fois de plus, la bêtise humaine des gens incapables de différencier le sentimental de la réalité au travers d’un paradoxe violent qui montre des défenseurs de chatons sans défense dévorant la chair d’animaux égorgés au terme d’une vie qui s’apparente plus à une longue agonie en captivité, mais je le prend comme tel, pour moi, c’est avant tout une preuve supplémentaire du manque d’empathie dont fait preuve de façon récurrente la ménagère rondouillarde qui regarde le tiers-monde crever de fin depuis son Iphone dans sa voiture pendant qu’elle piste un octogénaire qu’elle soupçonne de pédophilie parce qu’il sent mauvais et habite près de l’école.
    Vox populi, populus stupidu.

    • Assez d’accord avec toi (l’histoire de cet octogénaire m’a aussi profondément choquée) mais je ne pense pas qu’il faille mettre en concurrence les souffrances des animaux et celles des humains. D’autant plus que les produits exempts de cruauté humaine et ceux exempts de cruauté animale sont généralement les mêmes. T’es tu déjà intéressé à la vie des personnes qui travaillent dans les abattoirs? Des ouvriers qui manipulent des animaux? C’est un monde aussi dénué de pitié pour les uns que pour les autres. L’empathie pour les animaux et les humains est la même, la dynamique d’un comportement de consommation responsable est la même. Autrement dit tu as déjà fait une partie du chemin.

      Pour les abattoirs, voir notamment cet article, mais il y en a d’autres:

      http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article239

  13. Oui, je me suis déjà intéressé aux abattoirs(et aux élevages) ainsi qu’aux histoires qui en ressortaient (via PETA et ma femme, qui est végétarienne). Il est clair que le fait d’être en permanence exposé à la mort transforme les gens, et j’ai déjà vu des choses innommables, notamment ces vidéos ou l’on balancent des poussins dans des vis sans fins, ou l’agonie complète d’un animal égorgé après le petit coup de taser réglementaire. Mais ce n’est pas nouveau pour moi, dans la mesure ou j’ai grandi à la campagne et que j’ai, régulièrement, assisté à la mise à mort de pas mal de bêtes (poulets, lapins, moutons) et assisté à certains trucs hardcore en ferme (c’est fou la tolérance qu’ont les vaches au découpage).
    Je ne suis pas végétarien moi même cela dit. Oh, je ne mange pas énormément de viande, je n’ai jamais vraiment été un grand viandard, ce serait déplacé de ma part à présent de manger tous les jours un « steak de cadavre » auprès de ma conjointe qui doit se démerder pour la B12 et surtout, je trouve honteusement grossier de me gaver tous les jours de viande en faisant fi du bourrinage écologique que cela représente, bourrinage qui a des conséquences indirects aussi important que l’élevage en lui même sur les êtres vivants, mais de façon plus subtile (et contesté par les charognards carnivores). Ma consommation de viande se résume donc aux repas de famille (où tata, sachant que je me « prive » de viande me fout une double ration de goulash à t’en dégouter des vaches), aux produits non-exempt de produits animaux comme la gélatine, et à quelques rares caprices, comme l’envie de manger un sandwich au poulet vite fait au boulot plutôt qu’une boite de mais. Je le fais toutefois en connaissance de cause à propos de la souffrance que ce luxe génère, en essayant de m’habituer à manger plus de tofu et steak de soja même si le poulet que je dévore n’était pas de ma famille.

    Personnellement, je pense que ce commerce de la viande est l’un des grands cataclysmes de notre siècle. Pollution à travers l’élevage et les transports, mauvais traitement des animaux, malnutrition et obésité, si nous revenions ne serait-ce qu’à une consommation à dimension humaine, justement, de la consommation carnée, nous réglerions déjà beaucoup de problèmes, notamment sur la condition de vie des animaux d’élevage. Après, nous ne serions sans doute pas d’accord sur le fait que la mise à mort de ces animaux soit justifiée ou pas (personnellement, le fait qu’un animal soit tué pour me nourrir ne me dérange pas, dans la mesure ou la plupart des animaux qui nous considèrent comme une source de nourriture ne se gênent pas pour nous bouffer lorsqu’ils en ont l’occasion, l’exemple du chat est typique, s’il faisait 20 fois son poids, le chat de gouttière réglerait probablement la question des SDF et de la délinquance sans avoir à instaurer de couvre-feu) mais je pense qu’avant de s’inquiéter de leurs morts, il est quand même urgent de s’inquiéter de leurs vies. Quand ce premier pas d’éveil des consciences à propos de la souffrance animale sera atteint par le plus grand nombre, on pourra penser à se disputer et de se convaincre de notre droit de vie et de mort sur les autres animaux.

    Bref, je vais lire l’article sur les abattoirs en lien: je ne sais pas si j’y apprendrais des choses nouvelles ou intéressantes, mais savoir est la base de la réflexion. C’est probablement pour ça que la plupart des gens regardent dans une autre direction, pour ne pas avoir à réfléchir (c’est, en tout cas, ce que me laissent à penser les « ne dégoute pas les autres » qu’on lance à ma femme quand elle lance un débat sur la viande au moment du repas)

    Désolé si l’orthographe n’est pas parfaite, j’ai un peu du mal ces derniers temps ^^

    • C’est marrant parce que tu n’as pas un discours tres pro-viande meme si tu avoues en manger occasionnellement, mais dans le precedent message tu as un mot tres fort par rapport a (ou plutot contre) l’idee d’etrevegetarien (« dieu m’en preserve », rien que ca!). Je ne pretend pas savoir ce que casignifie, mais je releve, c’est particulier.

  14. C’était juste de l’ironie, il ne faut pas chercher. Je n’ai absolument rien contre le végétarisme (et le végétalisme, même si pour là, on touche le sommet du truc chiant au niveau lecture d’étiquette et recherche de ressources alimentaire, surtout en province, et qu’on arrive à un casse tête pour les gosses entourés de sucreries au lait). L’habitude d’attaquer un argumentaire en claquant un point Godwin ou en crachant ma misanthropie ordinaire, j’imagine que je commencerai par une réflexion sur les camps de concentration le prochain article que je commenterai.

    Je profite que je suis là (ma productivité vient d’insulter ma boite mail, au passage, d’un autre coté, ça me change des discussions sur le boulot ou la technique) pour ajouter également que, comme tu as pu le voir dans mon précédent commentaire, je suis plutôt pour le welfarisme. Pas parce que je pense qu’on puisse « élever des bestiole pour les égorger sans qu’ils ne soient jamais violentés » (faut pas déconner, pourquoi pas des camps de concentration bio aussi… oups), mais simplement parce que clairement, notre société nous habitue à voir de la merde. Habitués à la violence, à l’exploitation et tout cela. De manière générale, tout le monde sait par exemple (et s’en amuse même souvent) que le « made in China » contribue à l’exploitation des enfants, qu’il est de mauvaise qualité et parfois également, dangereux. Pourtant, les habitudes des gens n’ont pas changé, et les gens ont « fait avec », s’habituant à régulièrement apprendre qu’il y a du plomb dans les jouets pour gosses ou à échanger leur télé grand écran tous les 2 ans. De temps en temps, ils achètent pas une paire de Nike à cause des JO. Et c’est tout.
    De la même manière, vis-à-vis du siècle dernier, notre vision de la violence, du sexe et de la corruption est devenue banalisée. Un massacre à la grenade à Liège? Personnellement, personne ne m’en a parlé, alors que ça s’est passé à 150Km de chez moi. On jette des grenades sur les gens à moins de 200 Km de chez moi quoi, et personne n’est choqué ! Et nos politiciens? Je ne sais pas si tu es française, mais tu as probablement vu la tournure actuelle de la scène politique en France (financement de campagne occultes, pots-de-vins, scandales sexuels de toute part, bourrage d’urnes, censures directe de la part des lobby sans passer par la case judiciaire, vente de matériel pro-dictature à l’étranger…) ou dans le monde (la pizza est considérée comme un légume au USA grace à une loi passée par les lobby de la junkfood, ce qui donne un tout autre sens au mot végétarien là bas!)
    Bref, les gens se sont habitués à voir le monde tourner à l’envers. Plus personne ne s’en étonne. A ce titre, je pense qu’il est inutile d’espérer faire basculer les esprits directement d’un état vers l’autre. Voir les horreurs de l’industrie du steak empirer fera juste que les gens fermeront les yeux au lieu de porter des œillères (ou accuseront les musulmans de moins bien traiter leur steak, il faut bien un ennemi à pointer pour se dédouaner). Pour moi, l’idée du Welfare serait de mieux considérer les animaux sacrifiés (puisque de toute façon, il y en aura encore pendant longtemps, faut pas se leurrer) tout en habituant le consommateur à baisser/remplacer sa consommation en viande par des produits végétaux. A ce moment là, l’idée ne sera plus de faire vomir les gens sur leur hachis de veau (chose qui fonctionne uniquement sur certaines personnes), mais de transformer leur habitudes, en trouvant un moyen de rendre les produits végétals meilleurs au niveau du goût et du prix. Le porte monnaie, le marketing, les habitudes… Uniques voies capable de mener quelque chose à terme correctement. Et malheureusement, je pense que là dessus, les industriels ont de l’avance sur les pro-Vegans, une avance d’au moins 3 générations.

    (Wow, je savais pas que j’avais autant de choses à dire sur le végétarisme, faut croire qu’a force d’éviter de trop discuter de ça avec les gens, pour par avoir à supporter la vindicte populaire des carnivores sur ma moitié, j’avais envie de relâcher la pression )

    • tu es vachement defaitiste quand meme. je crois que le pessimisme conribue beaucoup a la misere du monde, cela dit sans vouloir tout te mettre sur le dos bien sur, c’est au niveau collectif que ca joue.

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  16. Ping : La viande au coeur du spécisme | Les Questions Composent

  17. Ping : Pourquoi je ne participerai plus aux actions réformistes | Les Questions Composent

  18. Je n’avais jamais lu cet article. Si je l’avais fait, j’aurais compris depuis longtemps (et pas avec Belgarel) que je n’étais pas carniste…Mais c’est bien de l’avoir expliqué encore une fois.

    • Tu es carniste si tu considère qu’il est moralement juste de tuer des animaux de certaines espèces, mais pas d’autres, à partir du moment où c’est pour les manger. (bonus captain obvious: l’humain est une espèce).
      Vu la simplicité de la définition, je ne vois pas pourquoi il faudrait lire des articles pour savoir si l’on est carniste ou non.

      • Hmm, en fait non, ce n’était pas si simple…le carnisme est souvent explicité avec un dégout pour des viandes non habituelles (comme dans cet example, avec le chat) ou encore l’exemple classique du chien, par Joy, qui laisse perplexe si on est logique. De plus, c’est souvent le point d’entrée pour expliquer le spécisme, et du coup, on ne sait plus quelle définition recouvre quoi…

        • Mais est-il possible d’être aussi bête -_- l’exemple du chien est un EXEMPLE, pas une définition. Dire « machin est souvent corrélé avec bidule » n’est pas une définition. J’ai donné plus haut la définition du carnisme, qui est une FORME de spécisme, et est parfois donné comme un EXEMPLE de spécisme.

          Maintenant j’ai l’impression qu’il faudrait que je t’explique ce qu’est une définition, mais je vais plutôt te laisser divaguer et raconter n’importe quoi.

          • Avant de me traiter de bête, il faudrait plutôt veiller à ne pas me lire de travers. Je ne parle pas de toi sur cet article, j’expliquais en quoi j’avais eu du mal à comprendre AVANT, car l’exemple a tendance à être donné en tant que définition. C’est tout ce que je disais. Je n’ai rien à dire à ta définition, qui est celle que je connaissais déjà.
            Suis je si sybilline que ça? O_o

          • Je sais pas, je ne pense pas que tu sois bête, en fait. Je pense que tu t’exprimes de façon brouillonne et qu’on ne comprend rien à ce que tu racontes (et je ne suis pas la seule). Je crois aussi que ta logique est très élastique: tu dis que tu n’es pas carniste pour plein de raisons compliquées qui n’ont aucune vraie logique, alors qu’il suffit simplement de lire la définition pour savoir si oui ou non on est carniste. Par exemple: je ne suis pas carniste parce que je pense qu’il est injuste de tuer un animal pour le manger, et ce quelle que soit son espèce.

            Un exemple ne peut pas être donné en tant que définition, c’est une simple question de logique. Une définition est une définition, un exemple c’est un exemple. Ca sert à illustrer, à rendre la définition plus accessible, pas à définir.

            Avec une telle logique on peut aller loin. Mettons que je me trouve sur une plage de galets. Je vais dire que certes, la définition d’une plage, c’est la partie basse et plate d’une rive autour d’une mer ou d’un lac, mais dans la plupart des exemples de plages, y a du sable, et comme là y a pas de sable, hé bien je suis pas sur une plage.

            Donc c’est assez agaçant de voir les gens raisonner comme ça, et désolée de m’être emportée. Cela dit, tu devrais peut-être lire directement Mélanie Joy si le sujet t’intéresse. Il y a beaucoup de textes et des vidéos d’elle qui sont très accessibles.

  19. @ L’elfe: Y’a pas de mal. Je crois en effet que je m’exprime de façon brouillone, car ma pensée a tendance à être plus claire dans mon esprit. Mais peut être parce que ma logique elle-même est brouillone? O_o (Je suis pourtant assez bonne en logique) C’est vrai que je n’ai pas lu Mélanie elle-même, et plutôt d’autres qui la citait…Je devrais rectifier ça. Je pense que l’antispécisme est un rempart encore plus difficile à sauter que l’antisexisme et le racisme, et disons que ça me travaille encore (surtout en étant sensible à l’écologie et à l’anarchisme)….

  20. Ping : Je me fiche de savoir pourquoi vous mangez de la viande. | Les Questions Composent

  21. Ping : NON, une lasagne, ça ne se mange pas ! | Les Questions Composent

  22. Un jour que j’avais deux ans et étais au marché avec mon père, à la vue d’une carcasse de chevreau entière-mais-sans-la-tête, je me suis écriée : « Oh papa, regarde, du chien ! Tu peux en acheter, j’ai jamais goûté ! »
    Cela peut paraître bizarre dans une société « carniste » (je ne connaissais pas ce mot) et alors même que je vivais avec un chien particulièrement intelligent. Vivant dans une famille de marins, j’ai toujours su qu’on mangeait du chien et du chat (mais n’étais pas encore très calée en géographie visiblement), et à deux ans je n’avais donc pas encore intégré les codes carnistes plutôt extérieurs à mon noyau familial qui interdisent de manger les animaux de compagnie.
    Bizarrement, maintenant, manger du chat me dégoûte beaucoup. Je veux dire, en manger moi, que d’autres gens le fassent, ça me choque moins que des gens qui mangent du poulet industriel. C’est peut être parce que j’ai toujours trouvé le goût du lapin insupportable et que d’après mon grand père, on les confond facilement une fois dans l’assiette. Je ne sais pas. Bref.
    Quand j’ai commencé à être dégoutée par les morceaux de viandes où on reconnait une articulation, comme les cuisses de poulet, j’ai trouvé qu’il y avait un problème. Ça ne m’a pas effleurée dans mon enfance : mes parents me donnaient de la viande à manger, donc manger les autres animaux était normal. Mais plutôt que de me dire : et si j’arrêtais de manger de la viande ? Je me suis dit : je suis trop sensible. Effectivement, manger du blanc de poulet parce qu’on ne supporte pas l’idée d’une articulation semblable à la notre et ne pas être capable de faire face à la mise à mort de ceux qu’on mange me semble ignoble d’hypocrisie. Mais le végétarisme ne s’est pas invité tout de suite parmi les solutions possibles pour ne pas être hypocrite. Probablement à cause du poids de l’entourage familiale encore une fois. Pour des marins de souche, ne pas manger de poisson c’est encore plus extrémiste que pour la majorité des gens, et les végétaliens sont des inconscients anorexiques pleins de carences qui n’aiment pas manger. Amen. (Et c’est pourtant mon médecin lui même qui m’a déconseillé les produits laitiers et les œufs régulièrement, cholestérol oblige.)
    Enfin voilà quoi (argument ultime !), il y a aussi des gens qui mangent de la viande en sachant parfaitement d’où elle vient. En général ces gens ne l’achètent pas en barquette, parce que la viande en barquette vient de l’industrie agroalimentaire : quand on sait qu’il y a un animal derrière son steak, on s’arrange pour qu’il ai vu la lumière du jour et ai mangé autre chose que du soja ogm. Mais malgré la forte proportion de gens comme ça dans mon entourage, je trouve tout de même les végétariens statistiquement plus rationnels que les omnivores. Ce qui est tout de même logique : les végétariens ont été obligés de remettre en question la norme, et ils ont forcement passé du temps à réfléchir à leur alimentation, contrairement aux omnivores.

  23. À part en temps de guerre, manger du chat c’est huh, un peu comme manger du pigeon parisien ou des lasagnes Findus… Niveau gustatif, il faut vraiment n’avoir rien d’autre pour trouver ça bon.
    c’est mon grand père qui a testé, pendant la guerre. Ça ressembla À du lapin, c’est vrai, mais au goût comme la plupart des animaux terrestres carnivores, ça craint. Un régime essentiellement carné donne un mauvais goût à la viande (à l’inverse d’un régime végétarien ou omnivore)

    Moralité: si vous voulez manger des ptits nenfants, préférez les avec une alimentation équilibrée, riche en légumes et céréales. Conseil avisé authentique de méchante sorcière de la forêt. >_<

  24. Ping : Petit guide argumentaire à l’usage des carnistes | Les Questions Composent

  25. Moi, ce que ça me rappelle, c’est ce dialogue de « Neverwhere » par Neil Gaiman, un roman où le héros se retrouve coincé dans le métro londonien avec des clochards :

    « Vous aimez le chat ?
    -Oui, répondit Richard, j’aime beaucoup les chats.
    -Plutôt le foie ? Ou le râble ? »

    Pardon pour l’intervention inutile. XD

  26. Bonjour !

    Encore un article bien intéressant qui pose question. Je dois dire que sans ce blog je ne me serait jamais intéressé au spécisme, à vrai dire je ne connaissais même pas le mot. Pourtant, il semblerait que je le sois depuis toute petite, si on en juge d’après les personnes qui se moquaient de moi quand je pleurais parce qu’on écrasait des fourmis. Snif.

    Par contre, si j’accroche totalement au spécisme, je dois dire que je ne comprends pas vraiment le véganisme. Je ne vais pas sortir l’argument du cri de la carotte qui n’en est pas un, puisque les végétaux n’ont pas de système nerveux, et ne peuvent donc pas ressentir la douleur (et donc la peur). Ce qui n’est pas le cas des animaux, comme nous, si ce n’est qu’eux n’anticipent pas la douleur et donc ne souffrent pas à l’avance. Du coup, je devrais logiquement être pro-vegan, puisque je considère que les animaux sont autant capables de souffrir que moi. Sauf que, je ne le suis pas.

    Bien sûr, je suis contre les conditions d’élevage, voire l’élevage tout court. Le fait d’amasser des êtres vivants dans le seul but de les tuer me paraît profondément révoltant. Si encore les conditions étaient bonnes, je trouverais cela acceptable, car les animaux ne seraient pas malheureux dans un enclos proche de leurs conditions naturelles (les limites posées seraient larges, de la même manière que la terre elle-même pose des limites). Mais nous savons bien que c’est loin d’être le cas, je ne vous apprends rien. Je serais donc pour réinstaurer la chasse et arrêter l’élevage, ou alors plutôt mettre en place des conditions d’élevage optimales. Il y aurait l’avantage que nous mangerions moins de viande soit parce que la chasse, c’est plus fatiguant, soit parce que des enclos agrandis et optimaux demandent de l’espace et de l’argent (donc avantages pour la santé et pour l’environnement), que nous gâcherions moins, que ça créerait des emplois, que les animaux vivraient normalement etc…

    Mais je ne suis pas contre la consommation de viande. Si on en consomme raisonnablement, selon notre régime alimentaire omnivore, cela paraît totalement normal -ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, je vous l’accorde. Je suis d’accord pour être mangée ; évidemment, je préférerais que ce soit par les vers-de-terre quand je serais dans ma tombe, mais il peut m’arriver d’être le repas d’un ours si je me perd en forêt,et là encore ça me paraît normal. Je suis le repas de quelqu’un et quelqu’un est mon repas. Le lapin mange des feuilles, je mange le lapin, les vers me mangent. Bien sûr, la perspective de mourir ne m’enchante pas, mais enfin c’est un autre sujet. Et je sais bien qu’en mourant je servirai de nourriture à un être, tout comme le chat ou le lapin ; si les animaux sont tués dans des conditions qui les font souffrir le moins possible, et si le but est de les manger (et seulement à cette condition), alors je ne vois pas le problème.
    Évidemment qu’ils ont peur quand ils voient un prédateur les chasser, enfin j’imagine, de la même façon que moi. Mais on ne va pas empêcher le lion de manger la gazelle (même si des fois j’aimerais en regardant les documentaires), et on ne va pas empêcher l’homme de manger le poulet. Je serais tentée de dire qu’on ne va pas empêcher l’homme de se faire manger, mais comme ils font partie de mon espèce j’ai l’instinct de le protéger, tout comme les éléphants tentent le maximum possible d’éviter qu’un de leur troupeau se fasse prendre. C’est comme ça qu’on régule, et je dois dire que je serais assez d’accord pour soumettre les humains à ce système, plutôt qu’ils contrôlent leur population à gros coups de bombes dans les pays « défavorisés » -enfin, plutôt exploités.

    Enfin voilà, un long roman pour dire que si les animaux ne sont pas torturés, qu’ils vivent en liberté le temps qu’ils vivent, et qu’ils ne sont tués que pour être mangé et pas pour être jetés,et qu’enfin ils sont consommés normalement, je ne vois pas en quoi être omnivore est mal. Je ne considère pas les tigres comme « mauvais », donc je ne me considère pas comme « mauvais » non plus.
    Au plaisir de vous lire !

  27. Ooooh ! Oh, la révélation.

    Je viens de lire votre article « je me fiche de savoir pourquoi vous mangez de la viande », qui répond en fait point par point à ce commentaire. Je suis désolé, je lis le blog antéchronologiquement donc j’avais lu cet article avant l’autre. Je comprends mieux pourquoi vous n’avez pas répondu.

    Bah en fait ça me fait mal au cul parce que vous avez tout à fait raison. J’ai essayé point par point de contre-carrer ce que vous dites dans « je me fiche de savoir pourquoi vous mangez de la viande », mais je n’avais rien à répondre. C’est comme si vous aviez répondu à mon commentaire sans l’avoir jamais lu. J’en déduis donc que je tombe dans les commentaires débiles classiques, et ça fait mal à mon amour propre, moi qui pensait avoir un point de vue original en évitant l’écueil du cri de la carotte.

    C’est vrai que je sentais en écrivant mon commentaire que ça n’allait pas. Je justifiait mon comportement en prenant exemple sur les animaux, sortant « si c’est dans la nature alors c’est bien ». Je voyais que ça n’allait pas parce que c’est ce que me sortent à longueur de journée les anti-gays (sauf que cela en plus ont tort, les dauphins et les coqs sodomisent régulièrement leurs potes), les pro-guerres, les pro-armes, les pro-morts en général. Et je leur répondait systématiquement : « nous on a une morale, bon gré mal gré, donc on peut plus se comparer aux animaux sur certains points. Certains d’eux tuent pour avoir une femelle, des mâles tuent les enfants d’une femelle s’ils viennent d’un autre mâle, vous allez pas me dire que vous cautionnez ça. Donc non, la nature ne justifie pas vos positions, soyez cohérents ».
    Et je peux tout à fait répondre ça à mon propre commentaire.

    Bon bah voilà, je vais devenir végétarienne. … Yapluka.

    Par contre, si je peux me permettre, pourquoi végane ? Je veux dire, les animaux souffrent pas quand on les tond ou les traient non ? (Si c’est fait dans les conditions non-industrielles). Pourquoi du coup être contre ça ? Bon je vais peut-être tomber sur un de vos articles qui y répondra, mais au cas où vous avez pas abordé la question…

    Dernier point seulement, où pour le coup je n’étais pas d’accord mais qui n’a rien à voir avec le sujet : vous dîtes, « De toutes façons, si votre système de valeur est fait comme ça, je ne pourrai pas le changer, même si je le voulais. Alors n’en parlons pas. »
    Déjà, c’est faux, j’en suis la preuve. Ensuite, faut pas refuser de discuter avec des gens en désaccord sous prétexte que « de toute manière je les changerai pas ». C’est triste, parce que ça veut dire qu’on peut discuter qu’avec les gens qui sont d’accord, et dans ce cas-là ça ne sert à rien de discuter tout court… Enfin, c’est contradictoire, parce que votre blog même montre que vous espérer changer les gens et les faire réfléchir. Si vous n’y croyiez pas, vous n’auriez pas fait ce blog. Vous ne me ferez pas croire que vous écrivez des articles pour des gens qui savent déjà tout ce que vous allez écrire, quel intérêt ? Les gens peuvent changer heureusement, et il y en a même qui ne demandent qu’à échanger et c’est ceux-la qui postent des commentaires (enfin pas tous, je suis d’accord pour dire qu’il y en a qui cherchent qu’à se justifier et pas à échanger. Mais pas tous)

    Au plaisir de vous lire !

    • Bien sur les valeurs des gens peuvent évoluer, sinon je n’aurais même pas de blog je pense. Mais il faut pas trop compter là-dessus quand même. Tu peux avoir un raisonnement cohérent de A à Z et ne convaincre personne.

      Voici un site d’info sur le lait: http://www.lait-vache.info/

      au plaisir

      • Juste, si je peux me permettre une tout petite dernière chose ^^ »
        Je viens de parler à mes proches de ma révélation. Bien sûr ils ne me prennent pas au sérieux, mais ils me posent une colle également : les carences que ça posent. Apparemment, peu importe tout ce que je change dans mon alimentation il me manquera toujours des trucs essentiels (fer entre autre). J’ai regardé sur internet et le seul moyen de le combler ce serait de prendre des compléments alimentaires. Et du coup, ils me sortent que puisque ce régime a besoin de compléments alimentaires (genre solutions et gélules), il lui manque des choses et ça prouve que ce n’est pas normal et que je choisis de me provoquer des carences. Ils utilisent le même argument avec les enfants : c’est un régime déconseillé jusqu’à la fin de l’adolescence, ça montre donc qu’il est dangereux.
        Je ne vois pas trop quoi leur répondre en fait…

        Bon, ceci dit ils ne sont pas complétement contre même s’ils trouvent ça loufoque, j’imagine que c’est un bon point. Mais oui, ça va être difficile… que 5h depuis que je suis végétarienne et j’ai déjà failli revenir sur mon choix quatre fois, surtout que je rentre dans ma famille bientôt et qu’ils font du pâté à en tomber par terre T.T
        Mais comment as-tu fait pour résister ???

        • Ben pourtant quand les gens mettent du fluor dans leur dentifrice et de l’iode dans leur sel pour pas avoir de carence, et quand ils donnent des pilules de B12 aux animaux pour ne pas avoir eux-même de carence en B12, ils se disent pas que ça prouve que leur alimentation est carencée…

          et j’aimerais bien savoir quelle source SERIEUSE déconseille le véganisme aux enfants. J’ai jamais trouvé.

          • Aha je savais que je pouvais compter sur vous !
            Je vais répandre votre parole maître.
            …et me renseigner sur le B12 afin d’être opé.

            Merci bien !

        • C’est en très grande partie des conneries les histoires de carences.
          Je suis végan depuis quelques mois, donc je peux peut-être te donner quelques pro-tips, des herazul-tips.

          Déjà, pour l’histoire de résister, dis-toi quand tu vois de la viande à table, que ce n’est pas de la viande mais un animal mort, et qu’en en mangeant ils détruisent l’écologie, se détruisent la santé, et massacrent et torturent des animaux. Et que c’est donc complètement irrationnel.
          Si ça suffit pas à te couper l’envie, tu leur signale tout haut les phrases précédente, ça va provoquer un débat, ils vont donc forcément te ressortir tous les arguments stupides et caricaturaux que tu auras pu lire sur le blog de l’elfe, et ça va encore plus te conforter dans ton choix.
          Si ça suffit toujours pas, c’est plus une envie de viande que tu as, c’est une addiction =)

          Ensuite, pour les carence, il ne faut surtout pas que tu ai peur de ça, comme je le disais, c’est des conneries.
          Regarde ces liens :
          http://www.eatright.org/About/Content.aspx?id=8357
          http://www.alimentation-responsable.com/node/29

          La position officielle de la plus grosse organisation de diététique (composée de 72000 nutritionistes !!) est formelle la dessus : une alimentation végé est excellente pour la santé a TOUS les âges de la vie.

          Donc niveau bouffe pour l’instant tu t’en fais pas, c’est ultra simple :
          Tu t’achète :
          - des soupes, des jus de fruits, des fruits, des compotes, des légumes, des conserves de légumes(de légumes hein, pas de plats préparés),… (tout ça tu peux en bouffer de maniere quasi-illimitée, dès que t’as faim quoi. ça doit être la base de l’alimentation : fruits et légumes)
          - tu peux compléter avec du riz (c’est bien meilleur pour la santé que les pâtes, bourrées de gluten), d’autres céréales, des légumineuses (haricots secs, lentilles, soja), des algues,…

          Pour les fruits et légumes, si tu peux ou que t’as les moyens, prends en bio. C’est parfois quasi pas plus cher et c’est mieux. Si t’as des magasin bio près de chez toi, ils ont souvent un rayon de fruits et légumes moins cher que les légumes de base au supermarché ! Y’a certains produits qui, a marque équivalente, coûtent quasiment le même prix en bio dans les hypermarchés. Le riz, ou certains jus de fruits,… enfin faut que tu compares bien avant d’acheter dans les magasins que tu fréquentes. Tu peux aussi voir les marchés, c’est plus calme, meilleurs ambiance, et tu peux avoir des fruits et légumes à prix raisonnables.

          Si tu suis cette base la, y’a aucune chance que tu te retrouve avec des carences. La seule complémentation que tu peux envisager, c’est apparemment celle en B12. Tu peux trouver des complément partout, et de toute façon tu pourras pas être en carence de cette vitamine avant 5 ou 6 mois, donc tu as le temps de voir venir avant de te complémenter.

          Après si tu cuisines bien, ou que tes parents peuvent te cuisiner des trucs (je le redis, je connais ni ton age ni ta situation) tu peux te faire des recettes plus sympas et plus complexes, les possibilités sont illimitées. (passe voir le blog photo de la bouffe de l’elfe, si ça te donne pas envie, je comprendrais pas !)

          Tu vas voir c’est pas compliqué une fois que tu t’es lancée !

          Et si tu as des propositions de sorties en restau ou snack avec des amis ou de la famille, faut surtout pas hésiter à y aller : même dans les restos qui proposent absolument rien pour les végétaliens, tu auras au moins toujours la possibilité de prendre une assiette de frites ou de légumes. Et faut se rappeler que si tu vas manger avec des amis ou de la famille, c’est pas pour te faire péter le bide de grosse recettes bien grasses, mais pour passer un bon moment en leur compagnie, trinquer avec eux et discuter. Donc faut surtout pas avoir peur ou redouter d’aller manger avec des gens pour ça. (mais si ça peut paraître aller de soi, j’ai vu des témoignages de végétaliens sur internet qui se sont un peu isolés à cause de ça, donc je préfère le préciser ^^)

          • Merci beaucoup pour toutes ces informations !

            Je penses que c’est plutôt une addiction alors, parce que je salive toujours un peu à la vue de viande même en me répétant ce mantra ^^’ Il faut dire qu’avant je mangeais au moins de la viande tous les deux jours, voire une fois par jour, et que je la prenais bleue tellement j’aimais ça. Et que c’est difficile d’imaginer qu’un bouillon de cube ou un pâté est pu un jour être un être vivant… Mais je résiste plutôt bien ,et finalement mes proches sont très compréhensifs et m’encouragent alors c’est cool (même s’ils font des paris sur combien de temps je vais tenir) =) Au fur et à mesure, je me rends compte que finalement la viande n’est pas si essentielle que ça, et que c’est loin d’être insurmontable.

            Je vais suivre tes conseils ! J’avoue j’avais un peu peur de tomber dans la caricature du végétarien et de finir par me nourrir exclusivement de soja mais je vois maintenant que manger que de la viande m’empêchait de manger varié justement. Pour le bio ça va être limite parce que j’ai pas trop les moyens (j’achète les sous-marques de self-discount d’habitude :P ), mais c’est vrai qu’à la fin des marchés souvent ils bradent à mort les légumes, même des fois ils les jettent donc ça peut toujours être un plus.
            Le côté positif aussi, au cas où des végétariens en devenir passent ici, c’est que finalement rien que le fait de s’imaginer faire des bons plats nous réconcilient avec la nourriture : j’ai un blocage qui fait que je ne peux pas manger ce que je prépare parce que je trouve ça dégoûtant (même si apparemment c’est faux), et je me dis que peut-être prendre plaisir à préparer des plats peut arranger les choses. Allez, le végétarisme comme remède aux troubles alimentaires ! Pis l’idée que rien que le fait de suivre ce nouveau régime est un acte militant motive.

            Je vais regarder tes liens sur les carences, merci beaucoup d’avoir pris la peine de me les donner ! Et pis au pire je me dis, il y a toujours des solutions liquides qu’on peut trouver facilement et pour pas cher (pour le fer par exemple) que je prenais déjà petite pour résister à l’hiver.

            Et non pas de problème, je risque pas de refuser une sortie restau =) Je peux comprendre ceux qui s’isolent, après tout à chaque fois on doit avoir droit aux mêmes questions et réexpliquer indéfiniment doit être lassant, mais ça ne m’empêchera pas de profiter !

            Merci encore et bon courage à nous !

          • « j’ai un blocage qui fait que je ne peux pas manger ce que je prépare parce que je trouve ça dégoûtant (même si apparemment c’est faux) »

            Moi c’est EXACTEMENT l’inverse !
            Quand je cuisine un truc je suis toujours devant « hum ça a l’air bon » « tiens si je rajoute un peu de cumin, ça devrait etre super bon », « et des oignons aussi, ça donne toujours bon gout les oignons », « ha tiens je vais rajouté des herbes de provences aussi », j’ai l’impression d’avoir fait le meilleur truc de ma vie. Et c’est souvent pas terrible à la dégustation :)

            Bon courage en tout cas !

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