Le nouveau sale: microbiologie de la saleté

Qu’y a-t-il de commun entre l’alcool, la lune, les étoiles, l’urine, la javel et les fœtus?

Saviez-vous que votre réfrigérateur était plus sale que votre clavier d’ordinateur, lequel est plus sale que la cuvette de vos toilettes? Et que les glaçons des fast food sont plus sales que les toilettes des fast food? Ce sont les informations dont les journalistes aiment nous abreuver. Ca fait des titres accrocheurs, les gens ont envie de lire, ils lisent, ils se disent « pouah, mon clavier d’ordinateur est plus sale que mes toilettes! ». Ils nettoient leur clavier (et en bousillent un ou deux en passage pour ceux qui ignorent que les produits d’entretien à vaporiser ne sont pas l’ami des claviers). Puis après ils le disent à tous leurs amis en mode « le saviez-vous »: alerte, alerte! Les claviers d’ordinateur sont plus sales que les toilettes!

Pourtant j’ai bien vérifié. Mon clavier d’ordinateur ne dégage aucune odeur suspecte, il n’est ni tâché, ni gluant, ni quoi que ce soit. De même que les glaçons des fast-food que je me rappelle avoir consommés dans une vie antérieure: ils n’ont rien de suspect a priori.

Oui, mais là on parle d’une crasse invisible, dangereuse, sournoise, celle qui va vous rendre malade et vous tuer: les bactéries.

En fait, toutes ces infos croustillantes évoquant la saleté ou la propreté ne font que parler de la présence de plus ou moins de bactéries. Sur un mode: plus y a de bactéries, plus c’est sale.

Les bactéries, c’est caca (?)

Donc les bactéries sont sales. Partant de ce principe, un petit calcul devrait vous traumatiser à vie: votre corps est composé d’environ 1013 cellules (c’est à dire 1 avec 13 zéros derrière, soit dix mille milliards si je ne me trompe pas). Et il contient de l’ordre de 1014 bactéries (cent mille milliards). Vous êtes donc habité de 10 fois plus de bactéries que vous n’avez de cellules. Vous êtes sale. Très sale.

Vous préférez absorber des boissons ou des aliments propres? Le coca cola est plus propre que l’eau, c’est clair (très peu de bactéries peuvent survivre à l’acidité du coca). Pas forcément meilleur pour votre santé, cela dit. Mais vous pouvez également vous désaltérer de votre urine, qui est stérile si vous n’êtes pas malade. Elle est donc « plus propre » que l’eau.

En fait, non seulement vous êtes très sale, mais tout ce que vous touchez devient sale, et quasiment tout chez vous et à l’extérieur de chez vous est sale, à quelques exceptions près. L’intérieur de votre cerveau est propre, par exemple. Votre bouteille d’alcool à 90° est propre. Le contenu de vos boîtes de conserve est bien plus propres que vos plats maisons. Le coca, l’alcool, la lune, les étoiles, l’urine, la javel et les fœtus sont propres, ainsi que les cratères de volcan en activité. A peu près tout le reste est sale. Mars est peut-être un peu plus sale que Jupiter.

Vous savez ce qui est propre aussi? Prenez du caca, faites-le bouillir. Voilà, c’est propre. Vous pouvez en manger. Par contre, ne mangez pas de fromage, ni de yaourt (même de soja!), qui grouillent de bactéries vivantes.

La bactéries sale, un nouveau concept de saleté

Ok, on a compris le principe: l’équation bactéries=sale ne semble pas tenir la route bien longtemps. La plupart des gens préfèrent boire de l’eau en bouteille que de l’urine, et si ça ne vous dérange pas, je continuerai à préférer manger devant mon ordinateur que sur mes toilettes, peu importe le nombre de bactéries au centimètre carré. Quant au caca bouilli, j’y préfère curieusement le yaourt de soja, qui certes grouille de bactéries vivantes, mais me parait bien plus appétissant.

Pour avoir bossé en labo (mais je crois que c’est moins flagrant qu’en médecine et particulièrement en chirurgie), il peut arriver qu’on utilise les termes « propre » ou « sale » pour dire « désinfecté » et « contenant des germes ». Cependant c’est un abus de langage qui ne recouvre que très partiellement nos notions de propre ou de sale, qui sont façonnées par notre culture, et éminemment subjectives.

Le problème de titres du genre « l’eau des glaçons est plus sales que l’eau des toilettes », c’est qu’ils lancent une affirmation fausse, puisque qu’ils se réfèrent, avec les mêmes mots « propre » et « sale » à deux types de concepts:

  • Le concept de propre/sale subjectif, couramment utilisé dans la société: les toilettes sont sales, parce que c’est là qu’on va faire nos besoins. Un fromage frais est propre, tandis qu’un fromage pourri est sale, etc.
  • Un concept de propre/sale pseudo-scientifique, en tous cas supposément objectif et mesurable, utilisé par certains médecins ou scientifiques: « plus y a de bactéries, plus c’est sale ».

Le lecteur est donc induit en erreur. Selon ses références culturelles, les glaçons du fast-food ne sont pas sales, de même que son clavier d’ordinateur. Même avec quelques miettes dessus, un clavier nous semblera toujours moins sale que la cuvette des toilettes. Si l’article ne se référait qu’à une seule notion de saleté ou « sale » signifierait en fait « riche en germes », alors il n’y aurait pas à comparer les bacs à glaçon avec les toilettes, puisque les toilettes ne sont pas spécialement très pourvues en bactéries (généralement moins qu’un réfrigérateur, un yaourt ou une serviette de bain) et ne sont pas « sales ».

Mais ce concept de saleté « scientifique » a-t-il un sens? On a toujours distingué le propre du sale selon nos références culturelles, notre éducation, notre ressenti: est sale ce qui sent mauvais, ce qui est désagréable à toucher ou à regarder, est sale la nourriture qui parait non-consommable à l’aspect ou à l’odeur, ce qui rappelle les excréments ou y est associé d’une façon ou d’une autre, certaines sécrétions de gens ou d’animaux, tout ce qui pourrait avoir été en contact avec quelque chose de sale (comme les barres du métro par exemple).

Bref, la notion de « sale » est presque entièrement subjective.

Elle varie évidemment selon les personnes, mais plus largement aussi selon les cultures(1).: en Inde (et je crois en Afrique du nord), il est courant de se laver les fesses avec de l’eau après avoir fait ses besoins; c’est ce qui est considéré comme propre. La plupart des occidentaux sont décontenancés et trouvent ça sale, parce que ça implique d’entrer en contact avec son intimité après avoir été aux toilettes, alors que le papier permet de ne pas toucher directement les parties incriminées. L’utilisation du papier est jugée sale par certains Indiens (bien qu’il se popularise dans certaines zones, notamment urbaines je crois), parce qu’il essuie plutôt que de nettoyer.

Un autre exemple: on considère sale de ne pas se laver les cheveux, alors que le shampoing n’existait pas avant le XVIIIème siècle. J’ai tendance à remettre en question les normes d’hygiène de ma culture, mais je n’ai jamais pu me passer d’un shampoing hebdomadaire et je me suis toujours demandée comment on faisait avant l’invention du shampoing: est-ce que les cheveux étaient habitués à se réguler sans shampoing (en d’autres termes ce serait l’utilisation régulière de shampoing qui les rendrait gras et désagréables quand on cesse d’en utiliser), ou est-ce que tout simplement les cheveux étaient gras et sentaient mauvais mais qu’on était habitués et que du coup, on ne trouvait pas cela sale? Quoi qu’il en soit, les poux étaient courants et jusqu’au XVIIème siècle il n’était pas du tout considéré comme sale d’avoir des poux. L’épouillage était d’ailleurs une activité fort prisée y compris dans les hautes sphères de la société. Ce n’est qu’au XVIIIème siècle que les normes d’hygiène ont évolué (entre autres changements historiques) et qu’on s’est mis à laver les cheveux, le corps, virer les poux, etc. Je ne sais pas exactement ce que signifie cette évolution, à quoi elle est due, peut-être certains lecteurs meilleurs que moi en histoire pourront apporter des éléments de réponse.

Mais pour revenir au sujet, je crois que nos notions de propreté et de saleté rencontrent à nouveau une sorte de clivage: A notre notion de saleté « traditionnelle », héritage culturel ancestral, tend à se substituer une notion de saleté « scientifique », une saleté invisible mais mesurable et objective: la saleté des bactéries.

C’est ce que je vois notamment dans les nouvelles habitudes qui consistent à se « nettoyer » les mains avec un gel antibactérien. En fait, un gel antibactérien ne nettoie rien du tout, il désinfecte. J’ai insisté sur le fait que la notion de propreté est subjective, donc en partie personnelle, donc je ne vais pas juger de façon péremptoire cette pratique, mais elle me semble sale. Quand je me lave les mains avant de manger, ce n’est pas pour me débarrasser des bactéries, mais pour enlever la saleté, ce que moi je considère sale, et qui part en grande partie dans l’eau. Si vous vous frottez les mains avec un gel antibactérien, vous tuez les bactéries qui se trouvent sur les parties exposées de votre épiderme(2). Non seulement vous n’enlevez pas de vos mains les débris de bactéries que vous venez de tuer, mais vous n’enlevez pas non plus les débris cellulaires (de type peaux mortes) et les traces de tout ce que vous avez touché avant. Bref, pour parler clairement, si vous tripotez les barres du métro ou que vous faites de la spéléologie dans votre nez pour ensuite vous enduire les mimines d’un gel antibactérien, pour moi, vos mains on beau être stériles pour quelques minutes(3), elles sont toujours dégueulasses. Bien sur, la notion de propre ou sale étant subjectives, vous pouvez vous sentir plus propre, mais personnellement, je trouve ça sale.

La saleté des bactéries est donc le nouveau concept moderne de saleté: une saleté qui a l’avantage d’être objectivement mesurable, mais le désavantage de n’avoir rien à voir avec une grande partie de nos notions élémentaires, culturelles, de propre ou de sale. Je place cet changement dans une évolution plus globale de la société, qui tend de plus en plus à tout classer, mesurer, rationaliser.

Prétendre rationaliser la saleté est selon moi totalement stupide, c’est à mon avis une entreprise totalement vouée à l’échec puisque « vouloir être propre » n’a en soi rien de purement rationnel, bien que ce soit nécessaire pour notre bien-être. Certes, la propreté est censée prévenir les maladies, et on peut très bien déceler dans certaines notions de propre ou sale ce qui relève de la sauvegarde de sa santé: par exemple, de la vieille nourriture avariée sera considérée comme sale, et vous avez une certaine probabilité de vous rendre malade en la mangeant. De même, on dit que se laver les mains après avoir été aux toilettes diminue le risque de certains maladies. Mais les notions d’hygiène et les précautions pour ne pas être malades ne se recouvrent pas entièrement. L’urine est considéré comme sale par la plupart des gens, mais ne rend pas malade. Les odeurs corporelles d’inconnus, et parfois même celle de proches ou la sienne, sont souvent gênantes et considérées comme sales, mais elles ne rendent pas malades. Prendre une douche après un jogging sert à se sentir propre, mais je ne crois pas qu’on puisse être malade si on ne le fait pas. Les poils sont aujourd’hui considérés comme sales, surtout chez les femmes, pourtant ils seraient plutôt protecteurs par rapport à certaines infection, en tous cas ils ne rendent personne malade. Certaines pratiques sexuelles sont considérées comme plus ou moins sales en fonction des personnes et ça n’a rien à voir avec les risques de MST : par exemple l’éjaculation faciale est relativement peu risquée comparativement à d’autres pratiques (comme le coït) et peut être jugée très sale, de même un homme peut trouver plus sale de faire un cunnilingus que d’avoir un rapport de pénétration vaginale, ce qui est bien plus risqué point de vue maladies. Enfin mesdames, sachez que s’asseoir sur la cuvette des toilettes publiques n’a jamais rendu personne malade… Mais je comprend qu’on puisse préférer éviter(4).

Certaines pratiques d’hygiène peuvent même avoir l’effet inverse d’une mission de protection des maladies, et rendre malade: pour les femmes, se laver les parties intimes avec des produits désinfectants détruit la flore vaginale et expose aux mycoses et autres infections. De même, on a longtemps lavé les nouveaux-nés à leur naissance, estimant que les sécrétions qui les recouvrent alors sont sales. Cette pratique est abandonnée aujourd’hui dans la plupart des maternités, car le nouveau-né est en fait enduit d’une matière protectrice appelée Vernix qui a un rôle protecteur contre les infections. Laver immédiatement les nouveaux-nés les expose donc davantage aux maladies(5).

D’ailleurs, si on prétend mesurer l’hygiène par l’exposition aux maladies, alors certaines bactéries sont plus sales que d’autres, non? Prenez par exemple un vagin en bonne santé (oui, j’écris des trucs comme ça sur mon blog): il est plein de jolies bactéries appelées flore de Doderlein. Si vous tuez ces bactéries, vous laissez le champ libre à d’autres bactéries ainsi qu’à des champignons qui, en proliférant, provoqueront des mycoses. On pourrait estimer qu’une cellule de mycose est plus sale qu’un bacille de Doderlein, et donc estimer que seules les bactéries pathogènes sont sales. La saleté « scientifique » moderne ne se mesurerait plus au nombre de germes, mais à leur nature. Problème: il existe des milliers (des millions?) d’espèces de bactéries, champignons et levures, et leur caractère pathogène n’est pas forcément établi de façon précise. Il y a les gentilles bactéries inoffensives comme les bacilles de Doderlein ou les lactobacilles avec lesquelles ou fait le yaourt, et les vilaines bactéries pathogènes comme celles à l’origine de la peste et du choléra. Mais entre ces deux extrêmes? Il y a les opportunistes, comme les staphylocoques dorés qui peuvent être présents sur la peau et faire partie de la flore épidermique non pathogène, mais qui à certaines occasions (blessures, greffes, immunodéficience…) provoquent des infections bien dégueulasses et peuvent même engendrer des septicémies. Il y a Escherishia Coli, une bactérie commensale de la flore intestinale qui représente une bonne partie des 1014 cellules bactériennes qui nous habitent, mais dont certaines souches sont pathogènes, et qui est généralement jugée comme sale, puisque là où on la trouve, elle indique la présence de contamination par des selles (humaines ou d’autres animaux).  Plus généralement, il y a des germes qui rendront malades untel mais pas untelautre, selon l’efficacité du système immunitaire contre tel ou tel type de germes (chaque humain a un système immunitaire différent, et qui varie aussi au cours de l’existence).

On se demande du coup à quoi ça rime de mesurer la saleté en nombre de bactéries (voire même en nature de ces bactéries) alors que non seulement il y a des bactéries partout, et que vouloir être « propre » serait donc illusoire, mais la nature pathogène ou non de ces bactéries est extrêmement variable et finalement la concentration de bactéries présente à un endroit ne présage d’absolument rien concernant le risque de maladies qu’il ferait courir. Certes, en demeurant dans un endroit où il y a zéro bactéries, on ne risque pas d’être infecté, mais les endroits stériles sont relativement rares et le restent généralement assez peu, à moins d’être des milieux hostiles à toute forme de vie (vous avez peu de chances d’attraper une grippe dans le cratère d’un volcan en activité). Même les chambres stériles en hôpital, ou les blocs opératoires, ne sont jamais à mon avis 100% stériles, elles contiennent simplement beaucoup moins de bactéries qu’un endroit normal et il faut prendre pour cela d’incroyables précautions. J’ai lu quelque part qu’il y avait plus de bactéries dans une salle d’op qu’au milieu d’un champ: normal, dans une salle d’op, il y a des gens, donc des bactéries.

Il est d’ailleurs à mon avis assez problématique de réduire la saleté aux bactéries puisque ça veut dire que nous sommes tous sales en permanence. En recherchant un univers aseptisé et en intégrant de plus en plus le caractère de stérilité (absence de germe) dans notre conception culturelle de la propreté,  est-ce qu’on ne se dirige pas vers un monde où tout est sale, y compris nous-même?

Fait curieux, alors que sur ce blog je fustige habituellement tout ce qui est traditionnel dans l’optique de repenser, de déconstruire et de reconstruire, me voilà presque en train de défendre un ordre établi: le sale comme notion subjective et culturelle. En fait, je ne pense pas que nos notion de propre ou de sale doivent nécessairement rester les mêmes, comme toute chose culturelle on peut les remettre en question, les faire évoluer; et d’ailleurs il serait illusoire, comme en toute chose, de vouloir entraver une évolution culturelle en ancrant dans le temps un élément de la culture (ici la notion de saleté) alors que ce n’est pas cet élément qui évolue, mais la société entière. Mais je trouve perturbant de constater qu’on se dirige de plus en plus vers des notions de propre ou de sale supposément rationnelles, objectives et mesurables, alors qu’en réalité elles ne correspondent à rien de plus objectif ou « scientifique » que les notions traditionnelles de propre ou de sales. Comme si on ne supportait pas de ne pas TOUT mesurer et rationaliser, comme si la moindre subjectivité nous effrayait, à l’aube de cette société naissante entièrement basée sur le scientifique et le mesurable, mais où presque personne finalement ne comprend la science, et où chacun peine à comprendre ce qu’on mesure, pourquoi et comment…

Pourquoi une telle peur de la subjectivité?

 

(1) Si vous êtes en train de manger, vous feriez bien de sauter ce paragraphe, à moins d’avoir fait biologie ou médecine.

(2) Même en se trempant les mains dans l’alcool à 90° on ne tue jamais 100% de la flore de la peau puisqu’une certaine partie des bactéries se logent dans les glandes sébacées et sudoripares.

(3) Quelques minutes, c’est une estimation large. Une fois la peau désinfectée, des bactéries vivantes la recolonisent immédiatement, provenant à la fois de l’environnement et des glandes de l’épiderme. Je me demande même parfois si le fait de désinfecter sa peau à répétition n’ouvre pas la voie à des bactéries un peu plus vilaines que la flore habituelle de la peau, mais je ne suis pas assez compétente en microbiologie pour le savoir.

(4) Un peu moins scrupuleusement quand on sait que seules 3% des femmes s’asseyent sur la cuvette. Ca ne fait pas beaucoup de monde finalement…

(5) L’existence du vernix n’est pas la seule raison pour laquelle les bébés sont exposés aux maladies quand on les lave. A la naissance, le nouveau-né stérile est rapidement colonisé par des bactéries. Il est donc plus intéressant pour lui d’être colonisé par la flore maternelle pour laquelle il recevra les anticorps correspondant dans le lait maternel, s’il allaité ne serait-ce que quelques jours. Le faire laver immédiatement l’expose donc à des germes étrangers contre lesquels il ne sera pas immunisé.

65 réflexions au sujet de « Le nouveau sale: microbiologie de la saleté »

  1. Merci pour cet article ! J’avoue que mon humour particulièrement scatologique m’a fait éclater de rire devant cette histoire de caca bouilli, mais quelle manière drôle de nous montrer l’absurdité de la situation !
    Merci de nous rappeler que la saleté, c’est avant tout quelque chose de culturel, de subjectif. Malheureusement, je pense qu’on essaie de mesurer de manière précise et rationnelle la saleté pour nous intégrer, encore une fois, dans une politique de standardisation. Je pense sincèrement que la standardisation est aliénante et permet de mettre l’individu dans une position d’insécurité qui le pousse à consommer. La peur et le dégoût des bactéries nous incite à consommer plus et différemment : toujours plus d’anti-bactériens, de lingettes, de PQ révolutionnaires, de déo… Et surtout, cette peur d’être nous-même sales, de dégoûter autrui et d’être exclus de notre société par « manque d’hygiène », ça nous incite à consommer encore plus pour nous laver encore et toujours.

  2. Une des principales raisons, il me semble, de ce « mouvement sale » mettant en cause des pauvres bactéries et germes majoritairement « inoffensives », c’est la consommation.
    Quand on voit le prix des gels antibactériens, etc… ça fait un peu mal quand même.

    Une autre raison doit être le « contrôle » des gens. On apprend ces trucs là sur ton de catastrophe, dans les médias pas forcément les plus fiables ni connus pour leur pondération. Quand les gens ont peur… on leur fait gober ce qu’on veut, la grippe A en est un exemple frappant. (en janvier j’y ai été exposée, un de mes patrons l’a attrapé il ne sait comment, et l’a refilée à sa famille. aucun n’est mort, il a juste été incapable de se lever pendant une semaine…)

    Tu n’as pas parlé non plus des problèmes que cette peur du sale provoque, enfin, du moins, tu l’as effleuré : l’asepsie systématique des aliments, des lieux, etc… provoque de graves carences au niveau immunitaire, superficiel comme profond.

    Les gamins de ville ayant un max de problèmes d’allergies, d’intolérances et de fragilité dès qu’ils sont exposés à du « sale » (de la terre, etc…) sont de plus en plus nombreux, et depuis longtemps.

    N’ayant pas été exposés à des milieux ou des germes provoquant des réactions, leur organisme n’a pas pu s’y habituer.

    J’avoue que j’ai une notion du « pas sale » très très très large ; en général, tout ce qui ne me rend pas violemment malade ne l’est pas. (sans parler des toxiques, je ne vais pas m’amuser à manger des tiges de ciguë sous prétexte que je les ai rincées).
    Vu la quantité de « merdes » que j’ingère ou avec lesquelles je suis en contact, via la peau, une plaie ouverte, les muqueuses ou autres, j’ai manifestement développé un système immunitaire béton, qui me permet de manger de la confiture avec les doigts même après une demie journée de mécanique et des manipulations véto, sans risquer d’avoir ne serait-ce qu’un gargouillis intestinal.
    Et le cambouis ne me fait même plus rougir les lèvres des plaies depuis quelques années.

    J’avoue avoir même plus de réticence à manger des produits « manufacturés », « propres », sous vide etc… voire pasteurisés, qu’une pomme ramassée dans une bouse de vache et essuyée sur mon pantalon…

    • Je partage globalement le même avis.
      Il y a un business derrière cette notion de saleté (dentifrice, détergents, solutions hydroalcooliques, lessives, …).

      Parfois ça donne lieu à des absurdités (on doit se désinfecter en rentrant d’une chambre d’hopital, on laisse les fleurs dehors mais on peut poser son sac à dos/ à main dans la chambre … personnellement mon sac à dos se balade beaucoup et je le pose un peu partout … ) et comme tu as dit à des mouvements de panique où l’on peut tout faire gober. Je trouve ça dommage que les autorités ne soient pas plus pédagogues …

      Pour conclure : je me sens plus « sale » quand je sors du métro que lorsque je passe une après midi à travailler dans mon potager ou sur ma voiture ! Chacun son point de vue là dessus ! :)

      • Totalement d’accord avec la question des « mesures de sécurités » souvent ridicules : dans mes études j’ai la chance de faire de la microbiologie (si si, c’est très fun quand on s’y intéresse !). Dans ces travaux pratiques tous les élèves doivent avoir une blouse réservée rangée en sac plastique qui ne quitte pas la salle pour éviter toute contamination.
        Ladite blouse n’est lavée qu’une ou deux fois par semestre, et les stylos, copies et autres objets utilisés circulent allègrement hors de la salle. Mais il y a une mesure de sécurité, donc la situation est sous contrôle (en réalité vu les souches utilisées à moins de boire une bonne rasade de milieu de culture, on ne risque vraiment pas grand chose).

        Et par rapport à ce que disait Lavachère juste au dessus je suis aussi de son avis : à mener une vie active et au contact de divers germes (raisonnable tout de même : j’enfonce une porte ouverte mais aller se couper avec du métal rouillé sans vaccin anti tétanique est une mauvaise idée) on finit par renforcer son système immunitaire, et inversement.

        De plus à tout aseptiser on finit par sélectionner des souches bactériennes hyper résistantes. Ces souches sont elles plus « méchantes » que les souches qu’on croise ailleurs ? Techniquement elles fonctionnent pareil, sauf qu’en cas d’infection un bombardement d’antibiotiques les chatouillera juste un peu. Encore un problème de l’obsession du « propre ».

        Je n’encourage pas à cesser toute mesure d’hygiène, mais on peut parfaitement rester en bonne santé avec des bactéries commensales (ce mot n’a rien à voir avec « sale », il signifie simplement que ces bactéries vivent à notre contact sans nous nuir ou nous profiter de façon directe, des voisins miniatures en somme) sur la peau, dont il est impossible de se débarrasser durablement (cf l’excellente explication de l’elfe sur les conséquence d’un lavage de main) et qui permettent « d’occuper le terrain », donc d’empêcher des pathogènes de venir y planter leur tente.

  3. Tu demandes : « est-ce que les cheveux étaient habitués à se réguler sans shampoing (en d’autres termes ce serait l’utilisation régulière de shampoing qui les rendrait gras et désagréables quand on cesse d’en utiliser), ou est-ce que tout simplement les cheveux étaient gras et sentaient mauvais mais qu’on était habitués et que du coup, on ne trouvait pas cela sale? »
    Je crois pouvoir répondre en partie à ces interrogations qui nous tiennent tous éveillés la nuit.
    Tout d’abord, on peut laver ses cheveux avec de l’argile, c’est ce que j’utilise et c’est absolument génial, on peut aussi utiliser des plantes saponifères ou autres, on n’a pas attendu le shampoing à base de pétrol pour se laver les cheveux. D’ailleurs ces produits naturels ne décapent pas le cheveux, une petite couche de gras protectrice reste même en place et la tignasse regresse bien moins vite.
    Deuxième chose, en voyage, il m’est arrivé de ne pas me laver les cheveux pendant 3 mois (ouiii je suis cracra et j’aime ça !). Et là, surprise surprise ! Après environ une semaine, les cheveux sont gras et « peu présentables » dans notre culture occidentale, la semaine d’après ça continue dans ce sens, c’est pas glorieux. Mais passé le cap des deux semaines, ça n’empire plus, il y a même certains jours où les cheveux sont plus beaux. Magique non ?
    On aura donc compris que je suis d’accord pour dire que la notion de sale est très subjective et que pour ma part, j’aime la remettre en question.
    Je respecte certaines règles d’hygiènes qui me paraissent salvatrices, mais je ne me focalise pas du tout sur la propreté comme un but à atteindre à tout prix, les bactéries ne sont pas mes ennemies jurées. D’ailleurs, tempeh, graines germées, levain, kéfir, kombucha, aliments lacto-fermentés (etc.) vivent leur vie chez moi et je n’ai même pas peur !

    • Ça m’intéresse ce que tu dis. Mais au bout de quatre jours ou une semaine, ce n’est pas forcément le gras qui me pousse à me laver les cheveux, mais les pellicules qui démangent. Ça aussi ça s’arrange si on persiste à ne pas se laver les cheveux ?

      • S’il est vrai qu’au bout d’un certain temps les peaux mortes peuvent s’accumuler et rendre le tout disgracieux (mais en brossant les cheveux régulièrement, le problème ne se pose pas trop), avoir des pellicules qui grattent après quelques jours sans laver les cheveux n’est pas « normal », c’est signe d’un « dysfonctionnement ».

        • « Est-ce que les cheveux étaient habitués à se réguler sans shampoing (en d’autres termes ce serait l’utilisation régulière de shampoing qui les rendrait gras et désagréables quand on cesse d’en utiliser), ou est-ce que tout simplement les cheveux étaient gras et sentaient mauvais mais qu’on était habitués et que du coup, on ne trouvait pas cela sale? ». Moi je dirai les deux. J’ai un recueil de photographies de Lewis Carroll (fin XIXème donc), sur lesquelles pas mal de gamines, qui ont d’ailleurs en géneral de magnifique cheveux sur la longueur, ont des racines plates et assez grasses, de ce qu’on peut en voir à l’oeil nu. A mon avis le côté « un peu cracra » était considéré comme normal – mais j’ai tendance à penser que c’est certainement nous qui avons un problème à toujours vouloir des cheveux impeccables, quitte à nous bousiller le cuir chevelu avec des shampooings industrielles détergents.

    • J’utilise pour me laver (pas les cheveux mais le cuir chevelu car c’est lui qu’il faut laver, c’est par là qu’on transpire ;) , une poudre indienne faite de plante, le shikakai, et c’est absolument magique : les cheveux sont propres plus longtemps, je peux tenir une semaine, ils sont tout doux, et le démêlage après n’est pas une torture. Et en plus ça coûte trois francs six sous, dans les magasins indiens. Je n’ai jamais eu un tel résultat avec les kkburk (qui à mon avis, sont fait pour qu’on les utilise souvent – avec dedans du reviens-y…).

        • Ahah « bon » marketing : ça s’appelle pharma, mais ça n’a rien à voir avec la pharmaceutique.
          Pourtant ça donne une image de sérieux, bon pour la santé et de qualité. :)

    • J’ai encore d’autres réponses. Il y a eu des époques dans l’histoire où avoir les cheveux « pommadés » (= bien gras) était très à la mode ; je ne me souvient plus exactement quand. Sinon la poudre que les riches se mettaient dans les cheveux aux alentours du XVII/XVIII° siècle avait surement une fonction de shampoing sec. Ça absorbe très bien le gras et en peignant on retire la saleté, mais n’utiliser que ça, j’ai du mal à le concevoir sans horribles démangeaisons. Je me trompe peut être. Le savon existe depuis des centaines d’années et un œuf lave aussi bien qu’un shampoing (> la lécithine qu’il y a dans le jaune ; en fait pas aussi bien que les sulfates qui lavent carrément trop justement) ; le problème c’est l’eau. (Bon et peut être le prix des œufs, selon les époques.) Cela dit ma grand mère dans sa tendre jeunesse avait le droit à l’œuf du dimanche sur les cheveux, et il n’y avait pas d’eau courante chez elle, il fallait aller la chercher au puits dans la cour. Donc ça dépend surtout de l’effort que les gens sont prêt à mettre dans le fait d’avoir des cheveux « propres », enfin non gras, finalement.

  4. D’après mes souvenirs, c’est depuis l’apparition de la grippe A H1N1 que les gens sont devenues complètement fou de ses liquides antibactériens (où peut-être quand réalité je ne m’en suis rendu compte qu’à ce moment-là…)

    …Idéalement, je ne voudrais pas juger les femmes qui se sentent incapables de s’asseoir sur les cuvettes, mais à l’usine où je travaille c’est difficile de ne pas grincer des dents (voir de péter une coche! « perdre son sang froid » en québécois), car la grande majorité des femmes qui n’osent pas poser leurs fesses là où il faudrait qu’elles les posent… urinent partout, partout, partout… sauf là où il faut! Et après ne comptez pas sur elles pour nettoyer… non… mieux vaut laisser la surprise aux autres. C’est plus amusant, j’imagine. En tout cas, je n’aurais jamais honte de faire parti des 3%. Jamais.

    • Je fais aussi partie des 3% et n’arrive pas à comprendre comment certaines peuvent trouver plus propre de ne pas s’asseoir et d’en foutre partout…

      Merci pour l’article.

      • Hé hé, moi aussi je fais partie des 3% ; et au collège, il m’est arrivé une aventure assez désagréable – mais sociale et pas médicale, je vous rassure tout de suite. En fait, un socle était plutôt mal vissé, et je l’ai fait tomber en m’asseyant ; en expliquant l’aventure à mes camarades, elles se sont toutes fendues d’un « Mais tu t’assoies sur la cuvette, c’est dégueulasse, personne le fait ! »… alors que précisément, si personne le fait, ben on peut penser que cela ne craint rien ou presque, non ?

        Merci en tout cas pour le fou rire !

    • Je fais aussi partie des 3%. Je n’ai jamais été capable de faire autrement. Si cest trop sale je passe un coup de lingette sur la cuvette. Je n’ai jamais rien attrapé.

      Sinon, depuis que je suis en Turquie, jai pris l’habitude d’utiliser l’eau plutôt que le papier. Du coup, quand je reviens en France ça me manque. Et cest hyoer pratique pour les utilisatrices de coupe menstruelle.

      • Depuis mon dernier voyage en inde j’ai définitivement adopté l’eau. Et quand je suis chez des gens et que j’ai pas d’eau ben… je trouve ça crade :/

  5. Ça fait un moment que je me demande POURQUOI cette paranoïa toujours plus poussée quant à ces bactéries. :(

    Pour avoir travaillé en restauration, je sais à quel point les normes d’aseptisation pouvaient être draconiennes… Même si je trouve cela important lorsqu’on est amenés à servir de la nourriture à une large clientèle, j’ai toujours trouvé cela « étrange » de devoir désinfecter le sol sur lequel nous marchions en cuisine 2 voir 3 fois par jour… Alors que bien évidemment aucun aliment servi n’entrera jamais en contact avec le sol…

    Dans plus en plus de publicités on nous fait l’éloges de savons ANTIBACTÉRIENS, qui tuent 99.9% DES ZHORRIBLES BACTÉRIES. Idem pour des lessives, etc etc.
    De plus en plus de gens se focalisent là dessus alors que par exemple on se sert d’assiettes et de couverts pendant plusieurs dizaines d’années sans jamais les désinfecter… Ça n’a jamais rendu personne malade ( à ma connaissance en tous cas… )

    Pour les cheveux plus on les laves plus ils regraissent vite… Ce que nous appelons « saleté » ( voir du « gras » ) serait donc une protection et le lavage une agression ?

    Dans la veine des dangers « invisibles » il me semblerait plus pertinent de traquer sévèrement les résidus d’insecticides ou autres produits chimiques présents sur les aliments que nous mangeons, plutôt que les bactéries. ( Ce qui est d’ailleurs chiant parce que personnellement je me suis toujours fiée à mon odorat en matière d’hygiène ( ça pue = pas bon, sale… ) )

  6. Très bon article, mais du coup ça me rend parano par rapport aux bactéries naturellement présentes sur la peau et qui peuvent provoquer de graves infections en cas de plaie ^^

    Ps : Tu peux supprimer « je crois » de « (et je crois en Afrique du nord) » ;-)
    Dans les grandes villes il y a même des tuyaux destinés à cet usage.

    • Y a pas vraiment de quoi s’inquiéter. Quand j’étais à la fac on a eu la curiosité de faire une culture sur gélose des bactéries qu’on avait sur la peau. J’avais de beaux staphylocoques dorés (ça fait de grosses colonies jaunes). Pourtant quand je me blesse je ne me désinfecte presque jamais, et je n’ai jamais de problèmes. Je pense qu’on s’immunise contre la flore de notre peau. C’est différent par exemple dans le cas d’une opération si la salle d’op n’est pas bien aseptisée parce que ça va être les bactéries d’autres gens, les blessures seront plus graves, le système immunitaire pourrait être moins efficace à cause de la maladie, de la fatigue (sans parler de la bouffe d’hôpital)… Donc y a des infections nosocomiales au staphylocoque doré, mais on peut très bien en avoir sur la peau, se blesser et ne rien avoir du tout.

  7. Article très intéressant ! Si un étudiant en x (histoire, sociologie, anthropologie, etc.) passait par là, il trouverait un point de départ pour une recherche potentiellement passionnante sur notre rapport à l’hygiène et, effectivement, l’obsession de sa mesure en bactéries par mm² de clavier. En gros, il me semble que les historiens qui se sont penchés sur l’hygiène du corps en France (on peut éventuellement en tirer quelques conclusions pour le reste de l’Europe, par extrapolation) ont identifié trois grandes périodes. Une première allant des premiers siècles du Moyen-âge aux XVIe/XVIIe siècles : les bains publics ferment sous la pression de l’Église et on se méfie globalement de l’eau. Il faut dire que la baignade était davantage un prétexte qu’autre chose. Le bain était un lieu de sociabilité, de rencontre, éventuellement de rapports intimes. La seconde période correspondrait aux siècles de la société de cour, avec ses codes de bonne conduite. L’hygiène du corps passe pour un fondement de la civilité, mais on entend pas forcément par là une hygiène « intrusive ». Le linge, par exemple, est perçu comme l’élément le plus important pour distinguer le propre du sale. Une chemise blanche retiendra la saleté. Changer sa chemise blanche pour une autre chemise blanche, mais immaculée, revient à prendre une douche. On se parfume aussi. On se met même à chercher son « parfum intime », cette fragrance censée singulariser chaque individu, pour accorder parfum artificiel et odeur personnelle. La relative généralisation du bain viendra, comme tu le dis, au XVIIIe siècle. Et encore, il faudrait remettre au premier plan les odeurs, pour comprendre qu’on ne peut pas se laver impunément. On prêtait aux odeurs toutes sortes de pouvoirs et de fonctions. Selon certaines théories, aller contre son odeur propre en utilisant un parfum trop différent ou pire, en se nettoyant trop vigoureusement, conduirait à une dépravation. Alain Corbin, dans Le Miasme et la jonquille, rapporte que les médecins de la faculté de Montpellier conseillaient aux vieillards de respirer l’odeur d’adolescents vigoureux pour retrouver leur vigueur ; que l’on croyait que les jeunes hommes les plus forts étaient également ceux qui dégageaient l’odeur la plus fétide ; ou encore, qu’un bain régulier présentait un risque de désexualisation. Donc, la généralisation des bains individuels n’est pas allée sans résistances. Mais généralisation il y a eu, dans une troisième période, lorsque la bourgeoisie s’est réellement imposée ; c’est-à-dire, s’est imposée culturellement. Georges Vigarello dans Le Propre et le sale suggère cette piste explicative, qui répond un peu à ta propre (si j’ose dire) question : la réhabilitation de l’eau s’inscrit dans une lutte politique pour l’accès au titre de « fraction dominante de la classe dominante » davantage qu’elle ne répond à des préoccupations fondées « scientifiquement ». Elle précède d’un bon siècle l’hygiénisme « pasteurien ». Je veux dire, culturellement, les conditions étaient réunies pour que sur la base d’une découverte scientifique et dans le cadre d’un régime républicain « démocratique », on se lance dans une chasse à la saleté alimentée par la diffusion d’une hantise microbienne collective.

    • La fermeture des bains au Moyen-Âge c’est surtout dans les derniers siècles, après que la peste noire ait apporté la phobie de la maladie et de la mort. Avant ça l’Eglise tente de faire fermer les bains surtout en prétendant que ce sont des lieux de débauche, mais de l’Espagne à la Russie on ne prête pas trop attention à ces injonctions.

  8. Très bon article.
    Toutefois, je tiens à prévenir les lecteurs du risque de transmission de MST par l’éjaculation faciale : uniquement les yeux fermés, les enfants ! Le VIH est tout à fait capable de pénétrer l’organisme par la muqueuse oculaire.
    En tout cas, on fait des tests de dépistage si un virologue maladroit agite incorrectement ses solutions (true story).

    • Oui j’ai pas dit que c’était 100% sans risques hein. Mais il me semble que c’est moins risqué qu’un rapport type coït? A vérifier avant de se lancer dans les joyeusetés…

  9. La difformité est aussi considérée comme sale. La « parano des bactéries » serait en grande partie une pudeur déguisée ?

    La mode de laisser pousser une barbe de 2-3 jours / des dreadlock ne va-t-elle pas à l’encontre du « poile sale » ? Même si pour que ce genre de style soit accepté, il ne faut quand même pas que ce soit trop sale ! Est-ce qu’il s’agit d’une réaction face à cette montée du mouvement de l’aseptisé ?

  10. Très bon post qui remet bien les pendules à l’heure relativement à l’absence de relation entre bactéries et « saleté ». Juste une petite précision sur votre remarque comme quoi il y aurait plus de bactéries dans une salle d’op que dans un champ. C’est probablement faux car les sols sont un des milieux dont la biodiversité bactérienne est la plus élevée : jusqu’à 10000 espèces différentes par cm3 de terre. Et ils contiennent fréquemment des spores de bactéries pathogènes responsables de maladies graves (Clostridium tetani par exemple). Bien entendu, ceci n’enlève rien à la qualité globale de l’article.

    • Peut-être pas dans un champ bourré de pesticides. Tous les sols ne sont pas équivalents, si?

      • Les pesticides (hors fongicides) sont faits pour agir sur les organismes pluricellulaires (insectes, végétaux). Leur action sur les bactéries a pour conséquence essentielle de modifier la structure des populations : certaines espèces minoritaires deviennent majoritaires et inversement. Par contre, ce qui réduit drastiquement la biodiversité, ce sont des pollutions (sols miniers acides, par exemple).

  11. Pour faire un lien avec les articles relatifs aux enfants, cela m’a toujours sidéré cette façon de devoir tout stériliser pour les enfants en bas âge. Si cela a très certainement un sens pour les premières semaines de la vie d’un nourrisson, je ne peux m’empêcher de sourire quand je vois un parent stériliser avec un soin maniaque tout ce qui touche à son bébé, le biberon en premier lieu, alors que ledit bébé a passé sa journée à ramper par terre et à mettre en bouche tout ce qu’il a pu attraper…

    Il semble démontré qu’à vivre dans des milieux trop aseptisés, certains enfants ne développent plus une immunité suffisante et que le jour où la vilaine bactérie est venue, ils se trouvèrent bien dépourvus…

    • en fait, il semblerait plutôt néfaste de stériliser l’environnement d’un nouveau né, surtout durant les premières semaines, durant lesquelles il forge son système immunitaire. en effet, c’est en l’exposant à différentes substances que son système apprend à les reconnaître, et limite donc les allergies diverses par la suite. ainsi, les enfants nés au printemps et en été ont moins d’allergie que les autres, car ils ont été exposés, durant leurs premiers jours, à toutes sortes de pollens, allergènes, etc.

    • C’est clair !
      Mais nous vivons malheureusement dans un monde qui devient de plus en plus artificiel, empli de croyances et de préjugés, alors qu’il suffirait parfois d’un peu de bon sens.. sans compter que les bactéries qui survivent deviennent de plus en plus résistantes, et on en arrive aux maladies nosocomiale, très difficile a soigner et qui ne s’attrapent que dans les hôpitaux, et qui peuvent être dangereuses voir mortelle, provoqués par des bactéries/microbes survivants et qui ont mutées et développées après plusieurs générations de survie aux désinfections à outrance des résistances hors normes (d’ou leurs dangerosités) couplé au fait qu’a cotés nous sommes de moins en moins en contacts de bactéries pourtant moins nocive que nos organismes pourraient facilement combattre et s’entrainer ainsi s’entrainer régulièrement le jour ou ça deviens plus grave) .
      En revanche pour les tout jeunes nourrissons ça peut se comprendre aussi … mais voila juste du bon sens déjà…

      Sinon c’est un peu comme quand des fois je fait des méga fôts d’ortografs alors qe je suis parfait-tement capable de pas en faire…. Ça fait sale… je sais… (j’ai honte sisi c’est vrai en plus … :D) mébon… OSEF quoi…comme les poils quoi.. au moins c’est pas artificiel et ça rends pas malade .. (Enfin je crois.. ou j’espère ^^)

    • Une sage-femme m’avait expliqué qu’on demandait au parents de stériliser les biberons pour s’assurer qu’ils soient au moins lavés correctement (le lait est un vrai terreau à bactéries, surtout si on attend 24h pour laver le biberon, et certains recoins peuvent être négligés) mais qu’en effet, si on les lave tout de suite, c’est parfaitement inutile de passer par l’étape strérilisation.

      Surtout que je soupçonne les biberons d’être immédiatement ré-ensemencés par les bactéries présentes dans l’air à peine sortis de l’eau bouillante :D

      Et sinon, oui, faut arrêter de psychoter avec les gamins à bien des niveaux…

      • En tout cas, la documentation officielle (taguée ministère de la santé) distribuée dans les hôpitaux publics français en 2011 disait qu’il fallait bien laver les biberons, que ce soit à la main ou au lave-vaisselle. Il était de plus préciser qu’on pouvait « éventuellement » les stériliser).
        J’avais gardé cette jolie doc que je ressortais pour les gens qui se scandalisaient de la non-stérilisation des biberons et autres. Même chose pour l’utilisation de l’eau du robinet (après vérification de sa composition).

  12. Ca me rappelle un article lu dans Science et Vie Jr, sorti il y a déjà pas mal d’années, dans lequel il était expliqué la corrélation entre la mode du « tout-aseptisé » et la recrudescence des maladies enfantines au Japon. Je n’ai pas accès au livre là où je suis, mais j’essaierai d’en citer des passages marquants dès que je l’aurai à nouveau entre les mains (lavées, cela va de soi).

  13. Très bon article, remettant en cause une bonne partie de la folie désinfectant des dernières années ! Personnellement, j’ai été élevée dans la cambrousse, j’ai avalé à peu près tout ce qu’il est possible d’avaler (oui, du crottin de chèvre dans le lot, oui) quand on est en bas âge, et j’ai un système immunitaire qui pète la forme. Les mômes élevés à coups d’antibactérien n’ont pas l’occasion d’apprendre à se défendre contre beaucoup de maladies. C’est bien dommage.

  14. J’ai toujours eu beaucoup de mal avec cette question sale/propre. Par exemple chez moi où je vis avec mes parents, le ménage n’est fait qu’une fois par semaine (parfois 2 semaines) excepté la cuisine où là c’est nettoyé tous les jours sauf le sol qui l’est une fois par semaine. Je vis comme ça depuis 24 ans et je n’ai aucune allergie ni problèmes de santé. J’ai une amie au contraire qui semble obsédée par la question de l’hygiène et de la propreté, en tout cas en apparence. Elle se considère sans qu’on lui ait rien demandé comme une fille très propre avec une bonne hygiène. Pourquoi nous dire ça?? De plus, je l’ai déjà entendu dire en parlant d’une autre amie « elle est propre comme fille, d’ailleurs chez elle c’est très propre il n’y a pas une poussière qui traîne, elle sait tenir sa maison ». Je me demande parfois ce qu’elle doit penser de moi et ma famille lorsqu’elle a du déjà voir des moutons dans les escaliers.
    Tout ça pour en venir au fait que cette obsession de la propreté (sans parler de bactéries forcément) touche aussi la question des tâches ménagères, une corvée pour quiconque. Mais en voyant des gens qui s’imposent cette corvée tous les jours ou chaque fois qu’une poussière traîne au sol j’ai juste envie de leur crier, mais VIVEZ BORDEL!!! Arrêtez de passer chaque jour 1h à inspecter chaque poussière pour paraître quelqu’un de propre sous entendu quelqu’un de « bien » et utilisez plutôt ce temps à lire un bon bouquin de socio qui vous rendra sûrement plus saine que votre balaie!
    Ceci était un coup de gueule d’une meuf qui ne veut jamais au grand jamais être asservie aux tâches ménagères, merci de votre compréhension.

  15. Ça me fait penser à « Zones Humides » de Charlotte Roche. C’est un roman où la protagoniste est dans une sorte de remise en question de ce qui est propre/sale, elle expérimente avec son corps. Le but de Roche était peut-être de choquer mais elle offre de bonnes réflexions sur l’épilation, les odeurs, le « formatage » du corps féminin, ect.

    • Parleur !!! je vous <3 (sisi même que ç’est vrai ++ bizouxxx par-tout etcaetera , etc … ^^) … ;-)
      Enfin… je vous dis cela parce que que.. heuuuuu :
      Malheureusement nous vivons dans un monde artificiel (comme je l’ai dit plus haut ^^) et aussi impitoyable, cruel-lE-s, barbare criminel etcetera etc… (comme je l’avais « dit » avant aussi d’ailleurs ^^, enfin bref… <3
      Nous vivons aussi en PLUS malheureusement dans un monde féministe et … (heu…. Enfin je parle bien juste de VOUS et moi hain… pas des autres c’est clair mais nous nous comprenons je suppose ^^)
      Enfin voila… donc, nous vivons dans un monde impitoyable et artificiel, (+ féministe .. en PLUS !!! … ;) )donc… vous êtes de ceux que je reconnais (pas a travers vos paroles car bon heuuu… on se ferait vite passer pour des oufs ^^ mébon.. enfin moi ça fait déjà un bail, plusieurs années et même objectivement je pourrais même dire plusieurs décennies.. mais c’est pas toujours facile vous savez…………)
      Enfin bref, parleur, je vous lis je vous connais moi et je vous L’alcool : Alors déjà voici en « live » ce que représente les « ravages de (->l’alcool La lune : c’est simple : pour atteindre quelque chose de haut il faut déjà viser encore plus haut (et en pratique et depuis un moment j’en étais jadis parvenu-e a viser le système solaire, puis la galaxie pour enfin, si j’y arrive(mais c’est « hard »), parvenir a l’univers tout entier (sauf la terre pour diverses raisons)

      -> Les étoiles : Alors ça, ça se comprends depuis ma réponse pour la lune ci dessus, mais inutile que je détaille, 500 pages de romans n’y suffiraient pas…

      -> La javel : bin.. heuuu désinfections a outrances + maladies nosocomiale comme je disais (+ ma mère ??? nonnon j’aurais pu « du ? » dire ma belle mère mais non… même pas, ELLE, ça va encore Les fœtus : heuuu … hahem j’en suis pas encore la (ouf !!!) mais heuu, j’ai une amie (féministe, ça va de soi…) et qui pourra mieux répondre que moi sur le lien entre tout ça, enfin… mais, je crois que ç’est déjà fait,… donc bon, voila !

      Donc ! Si vous trouvez ce qu’il y a de communs entre tout ça, bin… bravo !!! En attendant, heuu.. bizouux ( … ;-) ++.. <3 )
      à Parleur, mon idole, mon hero etc, etcaetera … ;)
      (et d'autr-e-s aussi, hain…)

    • Parleur !!! je vous <3 (sisi même que ç’est vrai ++ bizouxxx par-tout etcaetera , etc … ^^) … ;-)

      Enfin… je vous dis cela parce que que.. heuuuuu :
      Malheureusement nous vivons dans un monde artificiel (comme je l’ai dit plus haut ^^) et aussi impitoyable, cruel-lE-s, barbare criminel etcetera etc… (comme je l’avais « dit » avant aussi d’ailleurs ^^, enfin bref… <3
      Nous vivons aussi en PLUS malheureusement dans un monde féministe et … (heu…. Enfin je parle bien juste de VOUS et moi hain… pas des autres c’est clair mais nous nous comprenons je suppose ^^)
      Enfin voila… donc, nous vivons dans un monde impitoyable et artificiel, (+ féministe .. en PLUS !!! … ;) )donc… vous êtes de ceux que je reconnais (pas a travers vos paroles car bon heuuu… on se ferait vite passer pour des oufs ^^ mébon.. enfin moi ça fait déjà un bail, plusieurs années et même objectivement je pourrais même dire plusieurs décennies.. mais c’est pas toujours facile vous savez)
      Enfin bref, parleur, je vous lis je vous connais moi et je vous L’alcool : Alors déjà voici en « live » ce que représente les « ravages de (->l’alcool La lune : c’est simple : pour atteindre quelque chose de haut il faut déjà viser encore plus haut (et en pratique et depuis un moment j’en étais jadis parvenu-e a viser le système solaire, puis la galaxie pour enfin, si j’y arrive(mais c’est « hard »), parvenir a l’univers tout entier (sauf la terre pour diverses raisons)

      -> Les étoiles : Alors ça, ça se comprends depuis ma réponse pour la lune i dessus, mais inutile que je détaille, 500 pages de romans n’y suffiraient pas…

      -> La javel : bin.. heuuu désinfections a outrances + maladies nosocomiale comme je disais + ma mère ??? nonnon j’aurais pu (du ?) dire ma belle mère mais non… même pas, ELLE, ça va encore Les fœtus : heuuu … hahem j’en suis pas encore la (ouf !!!) mais heuu j’ai une amie (féministe, ça va de soi…) qui pourra mieux répondre que moi sur le lien entre tout ça, enfin… je crois que ç’est déjà fait,… donc bon, voila !

      Donc .. si vous trouvez ce qu’il y a de communs entre tout ça, bin… bravo !!! en attendant, heuu.. bizouux à parleur, mon idole … ;)

      (nb : trop de spontanéités tuent la spontanéité … des portions de textes se sont effacées de mon ancien message, alors je reposte l’original… mais que voulez vous, la perfection ultime nécessite peut-être aussi parfois quelque brouillons, aussi…)

      • nan … ça marche pas… ya une partie de mon message qui est effacé en plein au mieux et ça perd tout son sens … (bug de word… je cours me suicider… snif… adieu…)

          • Pardonnez moi, j’ai été choqué par votre photo horrible sur votre blog en train de dépecer un animal, cela a provoqué chez moi des troubles de type post-traumatique par rapport a des traumatismes que j’ai subit plus jeune.
            Je suis abolitionniste convaincu, et je me bas contre les violences sexuelles, les violences tout cours et les pervers narcissiques, voila, je défends aussi les animaux, ce qui explique mon intervention sur l’article précédent sur les vegans ou j’avais déjà expliqué mon malaise par rapport aux souffrances animales, relisez donc et vous comprendrez mieux, a moins que vous le saviez, mais alors pourquoi venir sur un blog vegan avec une photo horrible de massacre d’un animal plein de sang sur votre blog ?
            Je vous laisse le bénéfice du doutes mais sachez qu’en tant qu’abolitionniste actif et soutiens d’une militante experte dans ces domaines depuis plus de deux ans, nous avons beaucoup été attaqué par des stratégies de manipulations, alors je me méfie…
            Mais désolé, j’aurais du mieux me controller quand même, voila.
            Merci de votre compréhension.

  16. Il y a quleque chose aussi que je ne comprends pas: on dit toujours que les chats sont très propres parce-qu’ils se lavent tout le tout le temps. Or, je me vois mal expliquer à mes collègues que je suis très propres parce qu’en fait je passe ma vie à me lécher partout! Et d’ailleurs, si j’observe mon petit chat, je crois qu’il se lèche l’anus.

    La propreté, c’est juste ce qui ne nous dégoûte pas, je crois!

    Bises

  17. ha sinon… Hooo… vous savez, si vous comprenez pas, c’est normal, les apparences sont souvent trompeuses,et ça prends du temps pour comprendre certaines choses qui se trouvent dans notre inconscient.(il y a des temps de latences quand on passe les ports de l’esprit etparfois, ben… c’est douloureux, aussi :( , il faut de la confiance et du non-stress.

    En fait, j’essaie de sauver le monde de toute cette violence et ce patriarcat, mais c’est « hard » donc, pour y parvenir je vise l’univers (logique !!)

    Alors, voici une partie d’une histoire (très propre, celle ci ^^ ) )que j’ai écris moi-même avec un lapin qui devrait vous aider à comprendre le combat que je mène :

    Follow the white rabbit – Scène 1 (suivez le lapin blanc, écrit par moi en 2007)
    Présentation animé en synthèse 3D.

    – The ultimate run –
    Un cœur est en train de battre, on voit les artères se dilater sous la pression de ses muscles puissant provocant un battement dont la sonorité rappelle celle d’un tambour en accorts avec la musique.
    C’est le cœur d’un lapin.
    Un lapin poursuivit par des loups.
    La caméra montre la vue du lapin face à des prédateurs organisés qui tentent d’orienter l’issue de sa fuite en lui barrant les voies de secours.
    En haut d’une colline faisant face à un ravin se tient, l’air majestueux, le chef.
    Le grand chef des loups.
    On le voit parfaitement car le lapin se trouve désormais face à lui à une trentaine de mètres. Autour de lui, en rang serrés se tiennent les membres de la horde.
    Il regarde le lapin avec ses magnifiques yeux.
    Le genre de regards qui impose le respect, on voit d’ailleurs un reflet lumineux les traverser de droite à gauche.
    Le regard de ceux qui n’ont peur de rien.
    Puis il ouvre légèrement la gueule et laisse entrevoir dans un autre reflet, tel un éclair, un croc blanc étincelant.
    Le lapin se couche, l’air résigné.
    Un cœur est en train de battre, on voit les artères se dilater sous la pression de ses muscles puissant provocant un battement dont la sonorité rappelle celle d’un tambour en accorts avec la musique.
    C’est le cœur d’un lapin.
    Il se remet à battre, de façon beaucoup plus puissante qu’avant.
    Les artères se dilatent au point d’exploser, et le flux puissant du sang se propage dans certaines artères entrainant la dilatation des veines de retour, le tout suralimentant son seul point fort, sa seule chance :
    Ses pattes arrière de lapin.
    Tout d’un coup il bondit vers le grand chef des loups et, dans une scène au ralentit, on voit la projection de la terre arrachée derrière lui.
    Puis, toujours au ralentit, le lapin saute par dessus le grand chef et se retrouve désormais face au vide du ravin.

    (Désolé il commence a me falloir du temps pour ressusciter et me réincarner.. (depuis 2007 en fait, et je sais plus combien de vies il me reste, hahem… mais je lache pas l’affaire hain…)

    Féministemant votre ;),
    Bises … <3

  18. Je suis moi même régulièrement exaspéré par le matraquage publicitaire à propos des bactéries (élimine 99% des bactéries blablabla), et même dans d’autre médias.

    Je pense qu’il est du a une chose simple : La miniaturisation.
    Aujourd’hui on sait voir le microscopique. On sait que, même si en apparence un objet est « propre » il reste des corps « étrangers » invisibles à l’œil nu mais qui sont bien présent.
    Maintenant, pourquoi préférons nous le « propre » ? Pour des questions de santé évidemment. Qui voudrait manger des fruits de mer avariés en sachant très bien ce qui les attends par la suite ?
    La saleté n’est pas réellement subjective, quelque chose de sale, c’est quelque chose qui si on entre en contact avec peut nous rendre malade / empoisonner et autre amusements. Seulement on confonds tout, 3 miettes sur la moquette sont devenues une abomination, parce qu’effectivement cette miette pourrait éventuellement être consommée par une fourmi porteuse du SIDA qui ensuite viendrait vous mordre pendant la nuit…
    A cela vient s’ajouter le fait que, tous les produits ménagers étant maintenant capables de laver tous aussi bien si l’on considère uniquement un aspect visuel. Il faut bien se différencier sur quelque chose ! Et on a bien compris que l’élimination des bactéries ça fait vendre ! (Je me souviens d’une pub pour un distributeur de savon sans contact ! ils voulaient me faire croire que j’aurais les mains plus propres car je prendrais le savon sans appuyer sur un bouton, c’est pas comme si j’allais me les laver juste après…………….. WTF !!! évidemment les mecs surfent sur les campagnes de prévention de la grippe A etc etc)

    Pour conclure, j’ai la conviction (je n’en sais rien, je le crois juste) que trop se protéger du « sale » comme on le fait ne fait que nous affaiblir sur le long terme. Que nos defenses s’affaiblissent a force de vouloir les solliciter le moins possible et je me méfie donc de l’hyper-propreté !
    Pour la petite anecdote je suis plutôt du genre bordélique, j’aime pas le ménage, je respecte souvent pas des règles d’hygiène qui semblent aujourd’hui « basiques » style manger des trucs tombés par terre, oublier une douche, mettre plusieurs jour les même t-shirts, juste parce que je suis un flemmard, et pourtant je ne suis jamais malade, mais vraiment jamais, j’échappe systématiquement aux grippes, gastros et autres, et j’ai une santé d’acier !

  19. Ping : Le nouveau sale: microbiologie de la salet&eacu...

  20. Une précision médicale : ne pas s’assoir sur les toilettes empêche de bien vider sa vessie et donc favorise les cystites (infections urinaires). Il faut que le sphincter soit bien détendu, et c’est possible seulement si on ne contracte pas les muscles des cuisses. Si on a gardé suffisament de souplesse, on peut bien vider sa vessie en position accroupie. C’est pourquoi je regrette tellement les toilettes à la turc dans les lieux publiques, parce que le caca sur la cuvette, j’ai quand même du mal à supporter. Je sais pas comment font les 97% de femmes qui ne s’assoient pas – elles sont musclor ou quoi? je sais bien que je suis pas sportive, mais quand même je suis pas la seule à avoir peu de muscles dans les cuisses.
    Autre précisions contre les cystites :
    – toujours s’essuyer davant en arrière : les bactéries du pipi dans le caca : ok. Les bactéries du caca dans le pipi : aïeaïeaïe. En gros les bactéries, faut qu’elles restent à leur place ; Echerichia coli est fort utile dans le tube digestif et dans le colon, pathogène dans la vessie (si en trop grande quantité).
    – faire pipi après le sexe avec pénétration (idéalement dans les 5 minutes après, c’est le plus dur à respecter!) (et éviter de ramener les bactéries de l’anus vers le vagin ou la vessie pendant, changer de préservatif/se laver/rincer si nécessaire).
    – boire beaucoup
    – ne pas se retenir et bien vider sa vessie dès que l’envie se fait. En ce qui me concerne, mais je n’ai jamais rien lu de médical qui peut confirmer, j’ai l’impression que si je ne peux pas faire pipi (transport…) mais que je bois beaucoup (jusqu’à avoir la sensation d’exploser des fois), j’ai beaucoup moins de risque d’avoir une cystite que si je vide mal ma vessie. L’urine concentrée est le pire pour moi, avec la pénétration (et ça c’est général).
    – ne pas rester trop longtemps assis/coincé, éviter les épices, les aliments trop acides, mais ça c’est pour quand on en a trop souvent.
    Voilà, ma minute prévention est terminée.

  21. Ping : Quatre préjugés sur le polyamour | Les Questions Composent

  22. Je rattrape un peu mon immense retard sur tes articles, et je suis content de voir ce sujet aborder (pas moins que les autres certes ^^). J’imagine que c’est la suite logique sur les poils et autres muqueuses, et une réponse à des arguments bactériens qui se sont invités ^^
    Je répète à l’envie autour de moi depuis plus de 10 ans qu’il faut cesser cette espèce de soumission à l’emprise de l’hygiène totalitaire, alors que la plupart des gens qui s’y soumettent sont souvent d’accord avec le fait que c’est justement l’exposition aux germes qui permettent à nos corps d’apprendre à se défendre.

    En tout cas, en réponse à ta question concluant ton article, je partirais volontiers sur la piste de la normalisation commerciale… Vite je file m’acheter le dernier Cillit Bang et un méga aspi sans sac avec 15000 filtres, idem pour ma carafe d’eau tiens ! ^^

    Et puis… la saleté, c’est au moins un visage parmi les peurs politiques qui n’a pas besoin d’être changé aussi régulièrement que LE noir, L’arabe, LE rom, LE pauvre ou LE chômeur… ^^ (et c’est la porte ouverte aux annonces de zoonoses et autres contagions qui font les choux gras des pharmaciens)

    • Non à la base ça n’avait pas vraiment de rapport avec les poils, même si on peut y voir une sorte de mouvement hygiéniste

      • Disons que les gens ont bien intégré le fait que les odeurs jugées (aussi arbitrairement et culturellement) mauvaises sont associée au sale, et majoritairement d’origine bactériennes. Ils auront tôt fait de faire le rapprochement avec ces milieux naturels que sont nos recoins épidermiques intimes.

        Reste maintenant à sortir de ce raccourcis fumeux et à comprendre que si soucis d’hygiène il y a, c’est encore une fois une conséquence et non une cause tombée du ciel. (plus tu décapes, plus faut décaper…)

        Sinon concernant les cheveux, personnellement je ne lave les miens qu’environ 1 fois tous les 2 mois (pour faire dégorger du henné), et ils ne sont ni sales ni puants, juste un soucis de nœuds car ils sont très bouclés et m’arrivent aux fesses et je ne les brosse jamais ^^ (je n’ai pas de logs pour autant, juste que les cheveux individuels se prennent dans les mèches naturelles, et sinon mon cuir chevelu, avec le temps et la paix que je lui fout, et bien il produit de moins en moins de sébum « excédentaire » potentiellement disgracieux)

  23. J’essuie la lunette des toilettes et je me fais un tapis de papier pour m’asseoir, je fais partie des 3% ou pas ?

    Sinon, je suis entièrement d’accord sur le passage des gels anti-bactériens. Je ne comprends vraiment pas pourquoi , quand je veux aller me laver les mains dans des toilettes qui comprennent eau + savon, il y’a souvent quelqu’un qui me propose du gel… Comme si c’était mieux ?! Je crois qu’en fait ces personnes n’ont pas bien compris qu’en effet, je désire me LAVER les mains, et non pas aseptiser la m*rde qui se trouve dessus… surtout que je mange très souvent avec les doigts..

    • Ces gels, je les ai en horreur. Je sens mais mains plus sales apres en avoir utilisé. (Du coup, j’ai du en utliser que 2 ou 3 fois maxi). Je sens mes mains poisseuses, beurk!

  24. Les Égyptiens antiques se lavaient les cheveux avec de l’eau et du citron, je crois. Et il me semble que les Romains se servaient de jaune d’œuf. (C’était la pause shampii)

    J’ai toujours eu une certaine répugnance pour ces fameux gels aseptisés, surtout que leur odeur chimique me donnait l’impression lors des rares fois où je m’en suis servi de manger du gel, mais ce que tu en dis achève de m’en dégoûter. Il me semble qu’ils ont été très à la mode lors de la grippe aviaire…

    Par contre, pour rebondir sur quelque chose de récent – on est en 2014, que diable ! – j’aimerais te parler d’un article que j’ai trouvé dans le journal gratuit « Métronews » du 17 janvier, à propos des douches sans savon, lavage de cheveux sans shampoing, et autres mesures du style « Je ne me savonne plus ». Les spécialistes restent cependant (fosses) sceptiques.

    Pour plus d’info, les liens ;
    http://www.metronews.fr/info/le-jour-ou-j-ai-arrete-de-me-savonner-sous-la-douche/mnap!J74JyCMVU31E/
    http://www.metronews.fr/conso/ne-plus-se-savonner-sous-la-douche-l-avis-des-specialistes/mnap!qgZGfJx3FtJkE/

  25. A propos de ne plus se laver les cheveux avec des produits chimiques du commerce, j’ai tenté la technique du no-poo en me demandant la même chose pour les cheveux : gras = sale ? tous les 2 jours ?? Comment faisait-il avant le shampooing, tous des crados avec trois tonne de gras sur la tête ??
    Et certaines informations du no poo font sens pour moi : bien se brosser pour enlever les poussières et répartir le sébum puis laver la brosse au savon à chaque utilisation plutôt que les cheveux par exemple.
    Pour en savoir plus : http://antigonexxi.com/2014/02/12/le-no-poo-toutes-les-reponses-a-vos-questions/

    Et cette mode du gel antibactérien est assez agaçante en fait, je ne savais même pas que les bactéries étaient neutralisée quelques minutes seulement…

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