Le végésexuel : un animal légendaire très intéressant, comme la licorne

Les végésexuels, le nouveau phénomène facheune. Oui, parce que végétarien, végétalien, c’est intéressant, certes, mais végésexuel, ça sonne carrément mieux, non? Y a « végé » mais y a surtout « sexuel ». Que demander de mieux?

Mais… Qu’est-ce qu’un végésexuel? C’est quelqu’un qui refuse de coucher avec un mangeur ou une mangeuse de viande. Pourquoi? Les raisons ne sont pas très claires, mais il parait que c’est à la mode. La preuve, tous les articles sur le véganisme en parlent – du moins quand ils sont écrits par des non véganes…
Hé oui, car parler des végésexuels dans un article sur le véganisme, cela confère plusieurs avantages non négligeables:

  • Ca permet de parler de SEXE. Et donc d’intéresser les gens. Parce que bon, le véganisme en soi, c’est pas assez intéressant pour la populâce. Le sexe c’est mieux.
  • Accessoirement, ça permet de faire passer les véganes pour des gens bizarres, vaguement sectaires, formant une sorte de groupe avec des règles de vie (si tu veux être végane tu dois faire comme ci et comme ça, et là seulement, tu as le droit de rentrer dans la grande confrérie des mangeurs de salade).
  • En attirant l’attention sur des conneries sans intérêt, ça permet surtout de passer sous silence les sujets un peu plus embarrassants, comme par exemple: doit-on arrêter de torturer des animaux pour notre confort. Entre se remettre en question et parler de zizis et de foufounes, le choix est vite fait.

Prenez cet article de rue89: Bonne nouvelle pour les vaches, les vegans progressent en France. Ho oui, quelle bonne nouvelle ! On apprend surtout que « certains végans (combien? lesquels? On ne saura pas, et l’étude citée n’en dit pas plus) refusent d’avoir des relations sexuelles avec des mangeurs de viande. »
Bigre.

C’est vachement intéressant. Tellement que ce n’est qu’après une tartine bien chargée sur la végésexualité, que l’article aborde le sujet mineur et très secondaire de la résolution du problème de la famine en Afrique. Mais qui s’en soucie?

Les Inrocks, eux, font carrément un article là-dessus (sur la végésexualité, pas sur la famine en Afrique, faut pas déconner); Ou plutôt qu’un article sur un sujet particulier, il s’agit d’une sorte de gloubi-glouba mélangeant tout ce qui touche à la fois au végétarisme/véganisme et au sexe. De l’odeur corporelle des végétaliens à la branlette avec des légumes, en passant par les femmes nues montrées par Peta et la B12 contenue dans le sperme. Cette lamentable bouse est agrémentée d’une superbe photographie représentant deux andouilles courant tous nus dans l’herbe, au cas où on n’aurait pas compris qu’on est à fond dans les clichés ridicules.

Passant sous silence tout ce qui importe réellement dans le véganisme, comme l’attitude morale que nous devrions avoir avec les animaux, les problèmes d’éthique, etc; ce tissu d’inepties compile allègrement tout ce qui touche au sexe, interrogeant apparemment les pires débiles que le journaliste ait pu trouver (le manque de B12 semble faire des ravages sur le cerveau). De cette vilaine huître visqueuse, ressortent de magnifiques perles. Je cite:

Il y aurait quelque chose de presque mystique. On murmure que les végans seraient dotés de superpouvoirs… sexuels.

 

Mais bien sur Simone. Pourquoi pas. On apprend aussi que:

« Les végans n’ont aucun tabou sexuel si ce n’est la zoophilie ! », lâche Michel.

Michel, ta gueule, merci. Hé oui, c’est bien connu que les véganes sont des êtres totalement différents non-véganes, mais qui sont tous pareils entre eux ! Les véganes sont tous beaux, forts, intelligents, baisent comme des dieux et ont des super-pouvoirs.

huître

Je m'excuse par avance auprès du comité de protection des huîtres pour avoir dit que les huîtres étaient vilaines.

Avec ça, pas étonnant qu’on se tape la verve d’ex-vegans en colère hyper déçus et remontés, bien décidés à casser les mythes comme quoi les hommes véganes ont tous un sexe de 3 kilomètres de long.

Bien sur, on commence à rire jaune quand ça vire à la blague sexiste de mauvais goût, genre « ma copine elle avale hahaha, que je suis fier ». Mais bon, les véganes ont de l’humouuuur, c’est bien connu.

Enfin bref, moi qui croyais qu’être végane c’était se passer de produits animaux par souci d’éthique et de justice, j’apprends aujourd’hui que j’ai des super-pouvoirs qui font de moi un super-bon coup.

Mais attention, tout le monde ne peut pas en profiter ! Hé oui, car si j’en crois les journaleux qui se fendent d’un article sur le véganisme, je ne suis pas censée m’envoyer en l’air avec n’importe qui. Avant de se déssaper, je devrais demander à mon ou ma partenaire ce qu’elle a mangé le midi, au besoin inspecter le contenu de son assiette. Evidemment, ça limite pour ce qui est des one night stand (coups d’un soir). A moins d’engager très discrètement la conversation sur le sujet, puis de conclure la soirée par un « désolée, tu me plais et tout, mais bon, tu manges de la viande, et pas moi, donc je vais aller me branler avec une carotte (car les sex toy, c’est plein de saloperies, je l’ai lu dans un article des inrocks, et nous les véganes, on se branle qu’avec des légumes) ».

carotte

pfff... si au moins ça vibrait... :(

Enfin bref… Là ou je veux en venir, ce n’est pas que c’est nul d’être végésexuel. Ce que je veux dire au fond, c’est que les végésexuels, ça n’existe pas.
Ou, si ça existe, c’est quelque chose de totalement différent qu’on ne devrait pas appeler « végésexuel » car ça n’a pas grand-chose à voir avec le sexe.

Le mythe des végésexuels

Les végésexuels, je l’ai dit, c’est une occasion rêvée pour parler de sexe quand on pense que le véganisme ce n’est pas assez folichon. Mais que disent les soi-disant végésexuels  quand on les interroge sur leurs motivations? Ils ont deux types d’explication:

  • Raisons physiques, liées au dégoût: l’odeur de la viande, le goût; embrasser quelqu’un qui vient de manger de la viande serait dégoûtant.
  • Raisons intellectuelles, liées aux centres d’intérêts: on se sent plus proche des gens qui partagent des convictions profondes.

Première remarque: ces deux types de justifications n’ont pas grand chose à voir l’une avec l’autre. Pourtant, elles sont souvent mélangées jusqu’à n’en faire plus qu’une, une sorte de répulsion viscérale pour les mangeurs de viande, mais uniquement dans le domaine sexuel (?).

Pour ce qui est du dégoût de la viande, c’est vrai que ce n’est pas forcément très glamour pour un végétalien d’embrasser quelqu’un qui vient juste de manger de la viande. C’est vrai. D’un autre côté, les gens qui mangent de la viande ne prennent pas systématiquement un repas carné avant de s’embrasser… En plus, quelqu’un qui mange de la viande puis des fruits, par exemple, sa bouche ne va pas vraiment sentir la viande, au pire les brosses à dent ça existe, le tact et la délicatesse aussi (sisi, même chez les gens qui mangent de la viande….). J’ajouterais que, mangeur de viande ou pas, je trouve assez désagréable que la personne que j’embrasse ait mangé de l’oignon ou de l’ail, pourtant je ne choisis pas mes partenaires en fonction de ça. Y a des gens qui puent de la gueule, ça les empêche pas de s’envoyer en l’air, au pire on est pas vraiment obligé de s’embrasser pour faire l’amour.

La deuxième raison, hé bien je ne vois toujours pas le rapport avec le sexe. C’est vrai, les gens véganes ont tendance à s’entourer de véganes, tout comme une féministe ne va pas forcément être pote comme cochon avec un gros macho lourdingue. Pour partager sa vie avec l’élu-e de son coeur, il vaut mieux choisir quelqu’un avec qui l’on partage une certaine vision du monde. Il faut ajouter à cela le fait que le véganisme, c’est assez particulier: la plupart des gens mangent des produits animaux non pas parce qu’ils aiment vraiment beaucoup ça, ni parce qu’ils ont pesé le pour et le contre et sont parvenus à la conclusion que c’était la chose à faire en matière d’éthique; mais tout simplement parce qu’ils ne savent pas qu’on peut faire autrement, qu’ils n’ont pas réfléchi à la question, ou qu’ils ont des a priori négatifs, peut-être que la question du véganisme leur a été mal posée…

Or, quand on partage sa vie avec quelqu’un qui est végane, et qu’on refuse de l’être (je ne dis pas: qu’on prend son temps, ou qu’on se confronte aux difficultés etc, mais qu’on refuse carrément) c’est qu’il y a quelque chose qui pêche. Bien sur, tous les couples ne sont pas basés sur le partage de valeurs profondes, mais en tous cas il y a quelque chose d’important qui n’est pas partagé. Personnellement, je ne suis pas pour le couple, mais si je devais partager ma vie avec quelqu’un, ça me gênerait qu’il ou elle refuse d’être végane. Alors que je me bats pour les animaux, pour la reconnaissance de ce qu’ils sont, mon propre conjoint continuerait de les exploiter pour son profit personnel, de les utiliser comme des objets? Je prendrais ça comme une forme de mépris pour mes idéaux, et au final pour moi. A moins que nous ayons une relation un peu plus distante, mais je trouve ça difficile dans la mesure où, dans la conception traditionnelle du couple, on est censés se fréquenter tous les jours et passer beaucoup de temps ensemble.

Reste que ça n’a rien à voir avec le sexe. Je choisis aussi mes amis en fonction, non pas de leur consommation de produits animaux, mais de leur ouverture d’esprit, de leur perméabilité aux idées nouvelles, etc. Et leur approche du véganisme dépend évidemment de ça.

Si être végésexuel, c’est vouloir partager sa vie avec quelqu’un qui nous respecte et a de la considération pour nos idéaux, alors tout le monde l’est. Et si tout le monde l’est, ça n’a pas de sens. Le truc, c’est que du coup, je ne vois pas trop le rapport avec la sexualité; dire d’une telle personne qu’elle « ne veut pas coucher avec des mangeurs de viande » alors qu’en réalité elle ne veut pas partager sa vie avec quelqu’un qui refuse le véganisme, hé bien c’est réduire le couple à l’acte sexuel… Je ne savais pas que l’amour et le coït étaient synonymes.

En fait, la « végésexualité » n’existe pas, dans la mesure ou quand il s’agit de sexe et non pas de vie commune, il n’y a aucune sélection en fonction du végétarisme ou véganisme du partenaire. Pour ce qui est de la première raison, c’est absurde, quand on couche avec quelqu’un juste pour un soir, on se rend même pas compte si c’est quelqu’un qui mange de la viande ou pas. Pour la deuxième, ça n’a juste rien à voir… On est pas obligé de partager quelque chose de profond intellectuellement pour s’envoyer en l’air avec quelqu’un. Enfin, pas tout le monde…

Evidemment, il y a des gens qui ont besoin d’une entente profonde et d’une grande complicité pour faire l’amour; et du coup, on peut penser qu’ils ne feront pas l’amour avec des gens qui mangent de la viande. Sauf que.Baiser de pierre

En réalité, même les gens qui ne couchent pas comme ça juste pour l’amusement, même les gens qui ont besoin d’être vraiment bien avec quelqu’un pour faire l’amour, hé bien on ne peut pas dire qu’ils sont végésexuels. En réalité, ce qu’ils font, ce n’est pas sélectionner un partenaire sexuel en fonction de sa consommation ou non de produits animaux. Même si on admettait qu’ils choisissent leur partenaire en fonction de ce qu’il mange, ils choisissent un partenaire avec qui ils s’entendent sur tous les plans et ensuite ils couchent avec, donc le fait qu’ils coucheraient avec des personnes végétariennes ne serait qu’une conséquence du fait qu’ils s’entendent mieux avec de telles personnes. Ensuite, ils ne choisissent pas vraiment en fonction de ce que la personne mange, mais plutôt de ce qu’elle pense. Une telle personne, à mon avis, serait tout à fait heureuse d’avoir une relation avec un-e omnivore sincèrement intéressé-e par le véganisme, mais pas encore végane parce que tout est nouvel pour lui-elle.

Et puis, pour ajouter une petite touche amère, il y a aussi beaucoup de promesses en l’air que les gens se font à eux-mêmes, qui font croire à l’existence de la végésexualité. C’est des « moi je ne coucherai jamais avec un omnivore, pouah », « moi je veux trouver un copain végane », blablabla… Et en réalité les gens un jour tombent amoureux de quelqu’un qui ne partage pas spécialement leurs idéaux. Pour moi, ces fausses promesses ne sont que des rêves puérils, de gens qui imaginent leur princesse ou leur prince charmant, et ille serait comme-ci et comme ça, et bien sur il serait végane comme moi, etc. Sauf que la réalité, ce ne sont pas des princes et des princesses comme dans les rêves et les contes. La réalité, c’est des rencontres, et au final on met tous ses beaux principes de côté.

Non seulement la végésexualité n’existe pas, mais en plus, je trouve que beaucoup de véganes ont du mal à faire respecter leurs idéaux au sein de leur couple, et dépensent trop d’énergie à rêver au partenaire parfait taillé sur mesure. Mais ce n’est sans doute pas propre aux véganes.

32 réflexions au sujet de « Le végésexuel : un animal légendaire très intéressant, comme la licorne »

  1. J’attends la réaction de Kwaice sur le sujet… :D

    Moi ? Vu ma tronche, je ne peux prétendre avoir un avis personnel sur la question, ce serait hypocrite envers moi-même. :)

    Très bon article.

    • Beuh pourquoi mon avis ? :p

      Je suis tout à fait d’accord avec l’article. Ce mythe est vraiment ridicule, je ne comprends pas les gens qui clament haut et fort qu’ils ne coucheront -jamais- avec un non-vegan, comme si tout se résumait au sexe.

      A partir du moment où on partage sa vie avec quelqu’un, que c’est un minimum sérieux, qu’on a des projets en commun, je trouve ça très difficile de vivre avec quelqu’un qui pense de manière radicalement différente et qui surtout ne changera pas. Enfin pour ma part ça allait clairement dans le mur.

  2. d’accord aussi , d’ailleurs mon compagnon de route est omnivore , je dirais même viandard car il revendique haut et fort aimer ça ( et de ça tu en parles tellement bien dans tes articles ) , il n’aime pas le véganisme , il nous appelle les bouffeurs de graines , il ne supporte pas la cruauté sur les animaux mais il faut bien manger ( toujours le paradoxe du mangeur de viande ) , il est sexiste , misogyne , homophobe et j’en passe , et j’arrive à vivre avec lui ( même si parfois je suis assez exaspérée et blasée ^^! ) , car au final on partage d’autres choses en dehors du mode de vie , et des opinions politiques et j’en passe , est-ce que ce sera viable à long terme ? aucune idée , j’espère que oui .

      • Je ne sais pas si magmag blague ou non, mais moi je peux témoigner avoir été en couple avec quelqu’un qui était végéphobe et sexiste et c’est d’ailleurs pour ça que j’en parle au passé^^mais bref, oui c’est possible ! On aimerait bien que les gens avec lesquels on partage toutes nos convictions soient aussi les gens qui nous paraissent séduisants, mais ça n’est pas toujours le cas. Du moins, le charme n’est pas réduit à ça.

  3. Super article !!
    j’avais remarqué cette phrase sur l’article de Rue89 et effectivement je m’étais dit, agacé, « voilà si je fais lire cet article ils ne retiendront que ça… ». On peut pas être parfait dans ses discours, mais parfois le moindre détail peut concentrer toute l’énergie d’un auditoire pour prendre en dérision tout un discours et réduire à néant ta réflexion, toujours dans le but d’éviter de se mettre à penser…

    (et le truc génial des végésexuels, c’est qu’ils attirent les moteurs de recherche sur des sites qui parlent intelligemment de végétarisme !! ouééééé : sexe sexe sexe sexe — de rien, de rien.)

  4. Complètement d’accord ! De toute façon, les articles basés sur le sexe sont raccoleurs. Je l’ai vu hier à mon boulot : proposer un livre sur le végétalisme et on se gausse ; parler sexualité et tout le monde participe !

    • Ben heu du coup comme c’est long à développer, j’écrirai peut-être un article là-dessus. Du moins si j’arrive à faire en sorte que ce soit pas « trop personnel » :]

      • Comment peut-on être contre le couple si on a vu Blanche-Neige quand on était petit ?
        T’en fais pas, y’a pire que d’être contre le couple. On peut s’opposer à l’idée d’Amour ^^

        Mais bon, ça mérite aussi un article, comme point de vue. J’essaye d’abandonner la manie des commentaires-fleuves ^^

  5. Tiens, une anecdote hier qui m’a fait penser à ce billet : j’étais à l’anniv d’une copine, et en fin de soirée, un de ses amis me demande si on a déjà couché ensemble. Pourquoi ? « Bah j’sais pas, vous êtes tous les deux végétariens, alors… » Euh, comment dire…

    Évidemment il disait ça pour déconner, mais ça m’a fait marrer comme idée. Vu que c’est la mode d’inventer des noms, on pourrait appeler ça végéprosexuel : ça serait une personne qui, plutôt que de pas coucher avec des omnis, coucherait avec tou(te)s les végés qu’iel rencontre. Le problème, c’est que ça serait un peu le bordel à la veggie pride et autres manifs.

  6. Mais parmi certains végé/vegans, ce terme plaît et est utilisé sans aucun complexe, c’est ça le pire… En parlant de notion de couple, la non-exclusivité est il me semble relativement difficile à vivre dans notre société, même si cette idée me plaît.

    • Je trouve que les gens sont un peu naïfs pour le coup, parce que ce terme a été inventé par des journalistes en mal de sujets « intéressants » et pas par des végétariens ou vegans… Mais quand on lit les gens qui parlent de végésexualité ou se disent végésexuels, on voit bien qu’en réalité, ça correspond plutôt à ce que je développe dans cet article (« j’aimerais bien un copain/une copine végane », etc). C’est d’ailleurs sur cette base (en lisant plusieurs forums végétariens) que je me suis fait une opinion à partir de mon intuition de départ.

  7. Article très intéressant, avec toujours l’humour incisif.
    Je rallie un commentaire du dessus, pour l’article sur la notion de couple ^^…

  8. Ahah j’adore toujours lire vos articles, et pourtant je ne suis pas vegan et bien loin de l’être (la reflexion est longue et le chemin parchemé d’embuche pour quelqu’un a qui ont a appris à manger aussi facilement de la viande depuis tout petit mais passons car ce n’est pas le sujet !).
    Effectivement il est vraiment stupide de parler de vegesexualité, sinon, moi j’etais gothosexuelle avant, vu que je n’aurais pas pu coucher avec un non goth (coucher avec quelqu’un qui ecoute du rap, mais quel sacrilège ahah !).
    Cet article me rappelle le lointain reportage que Trax avait realisé sur la communauté vegan, dont les vegans en france, avec cet intervention qui m’avait à l’epoque scandalisée (je connaissais peu de vegetarien ou vegetalien, je decouvrais le mot vegan, je n’avais pour ainsi dire qu’un contact vegetarien, une personne très ouverte qui se reconnaitra surement et que je salue puisque c’est elle qui partage ces articles) et donc oui, scandalisée par les propos d’une vegan française qui disait sur un ton plutot froid, sectaire, meprisant « ah non mais je pourrais pas sortir avec quelqu’un qui mange de la viande, je pourrais pas embrasser quelqu’un qui vient de manger un cadavre. » (les termes ne sont pas exacts mais bon le reportage doit dater d’il y a 7/8 ans). Des propos qui au final, avec d’autres lus ou entendus ailleurs, m’avaient confortés dans l’esprit que j’allais surement developper une allergie aux vegans (il m’arrivait il y a encore quelques années de le dire, à moitié serieuse). Mais les temps ont changé, bien heureusement, j’ai decouvert que la verité, non les vegans ne sont pas tous sectaires et fermés d’esprit (sinon je n’irais pas manger au loving hut demain soir) en verité, il y a des cons partout, même chez les gens qu’on veut placer en haute estime parce qu’ils ont des idéaux admirables et qu’ils les défendent avec le courage que je n’aurais pas. Et oui, je savais déjà nombre de gens atteint par la connerie et/ou la naïveté, maintenant je sais que comme partout ailleurs, il y a chez les vegans des cons et des gens biens. Et que les gens biens ils savent que serrer la main à quelqu’un qui vient de preparer une fondue bourguignonne, ce n’est pas un crime.

    Ah en fait tout ce pavé inutile juste pour dire merci pour les huitres, je vois nombre de personnes tout idéaux confondus employés naturellement des noms d’animaux comme insultes, et c’est pas sympa pour eux, alors enfin merci que quelqu’un pense à s’excusé !! Parce que même si les huitres sont ce qu’elles sont, un vegan se doit de traiter tout les animaux de la même manière, non ? (même si j’aurais tendance à placer l’humain en bien moins haute estime que certaines especes animales, ce qui fera de moi une eternelle speciste qui s’assume)

  9. C’est dingue ! La première fois que j’ai vu ce mot j’ai de suite pensé à un gros foutage de gueule pour défoncer les , soi-disant, « sectaires végévégan ».
    Ton article est complet, savant, profond même…
    Je pense que fondamentalement, les omnis peuvent apprendre beaucoup de choses sur leurs couples à partir de cet article, et je trouve ça merveilleux !
    Tu devrais peut être faire cette expérience de le faire lire à un couple omni et en tirer leurs conclusions, pas sur le végéveganisme mais sur la vie du couple en général.
    Ouais parce qu’un « extra-terrestre » (ostracisé à outrance dans les medias) qui explique la vie d’un couple terrien c’est pas banal… de mon point de vue hein!

  10. J’aime bien tes articles, ton esprit est naturellement aiguisé et/ou tu les travailles beaucoup mais le fait est qu’ils sont bien souvent particulièrement riches et intéressants à lire et ils ont le double intérêt de me faire découvrir/accepter de nouvelles idées tout en me confortant dans d’autres que j’aurais formulé seul plus difficilement (et peut-être moins bien).

    Mon commentaire est un peu déconnecté de cet article précis, c’est plus un message de sympathie et de « soutien » par rapport à tout ton blog.

    En tout cas c’est cool de se poser plein de questions et d’en faire profiter les autres…

  11. C’est rare que je sois en désaccord avec ce que tu dis, mais là oui. Quand tu dis « pour ce qui est de la première raison, c’est absurde, quand on couche avec quelqu’un juste pour un soir, on se rend même pas compte si c’est quelqu’un qui mange de la viande ou pas », ça me surprend beaucoup. Toi qui sembles aimer les cupcakes, si je te propose un succulent cupcake tu me demanderas s’il contient des produits animaux, si je te dis oui tu ne le mangeras pas tandis que si je te dis qu’il vient de Vegan Folie’s (et que tu me crois) tu le mangeras. Pourtant à première vue, on ne se rend pas compte de la différence. J’ai vu quelque part le témoignage d’une personne qui disait qu’imaginer qu’à quelques centimètres d’elle se trouve de la chair en décomposition lui coupait l’envie. C’est le même principe de dégoût. Je dirais même qu’en cas de rapport bucco-génital, ça se rapproche encore plus! Mais c’est un autre débat.

    • Je comprend vraiment pas ce que tu veux dire. J’ai couché avec des tas de gens qui mangent de la viande. Oui la viande me dégoûte, mais pour savoir si quelqu’un en mange ou pas, je n’ai pas de super-pouvoirs subliminaux! Et je trouve que c’est vraiment se prendre la tête pour rien. Je pense que les gens qui se disent « végésexuels » sont végésexuels en théorie mais en pratique, soit ils n’ont pas d’occasion particulière de passer à la pratique (tout le monde n’est pas forcément branché « coup d’un soir »), soit quand ils le sont en fait ils ne sont plus végésexuels du tout.
      Pis quand même c’est concept d’être dégouté par le contenu de l’estomac d’une personne. Je comprend vraiment pas. je dis pas que c’est impossible, mais ça me parait un cas aussi particulier que quelqu’un qui aurait la phobie des trombones.

      • Pas besoin de pouvoirs subliminaux, je suppose qu’un prétendu végésexuel cherchera à s’assurer du végétalisme de la personne, même dans la configuration « coup d’un soir ». Et dès qu’elle le sait, c’est psychologique, elle est dégoûtée. C’est sûr que c’est pas banal! Et j’espère que ça n’existe pas, car ça nous fait vraiment passer pour des fous furieux.

        • Je m’en fiche pas mal de pourquoi « on » passe. Mais bon il doit bien exister quelque part sur terre une personne qui ne couche qu’avec des gens qui ont mangé du choufleur, c’est pas pour ça qu’on invente le terme de « cauliflorosexuel ». Donc je trouve que ce terme de végéphobie est complètement idiot et n’a aucune raison d’exister. Les gens qui VRAIMENT couchent qu’avec des végé (vraiment parce que pas que sur le papier, pas qu’en théorie) j’en ai jamais rencontré. Ca veut pas dire que ça existe pas du tout, y en a peut-être un ou deux sur terre, mais faut arrêter de nous bassiner avec une espèce de phobie complètement personnelle à certaines rares personnes, et qui n’a aucun rapport avec les droits des animaux.

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