L’illusion du welfarisme

C’est une scène de Earthlings.

Des hommes sont autour d’un cochon et le frappent. Le cochon est à terre, incapable de se relever, mais ils n’arrivent pas à l’achever; il bouge encore. L’un d’eux ramasse un parpaing, le jette sur sa tête. Le cochon s’agite de plus belle, ses pattes remuent inutilement dans le vide. Sans se décourager, le type ramasse à nouveau le parpaing, le jette à nouveau sur la tête du cochon.

Je sais même plus si j’ai regardé jusqu’au bout. Je sais même plus si on voit le cochon mourir, ils l’ont tué c’est sûr, mais je sais pas combien de temps il s’est débattu.

Earthlings est un film qui vous remue les tripes. Vous avez deux réactions possibles: soit vous acceptez la vérité, soit vous rejetez tout en bloc. Mais si vous ne faites pas preuve de mauvaise foi, vous saurez que c’est ainsi qu’on traite les animaux dans le monde. Vous pouvez toujours vous rassurer en vous disants que « des fois, ils sont bien traités » ou même, si ça vous rassure encore plus, « la plupart du temps, ce n’est pas comme ça ». Même si c’était vrai que « la plupart du temps », les animaux ne subissent pas ce genre de traitements, il est de toutes façons indéniables que ces choses existent. Le simple fait qu’elles existent, qu’elles soient possibles, justifie à mes yeux que l’élevage doive être aboli (je vais développer). Si ce n’est pas votre cas, c’est que vous êtes convaincu par le welfarisme. Comprenez: défendre le bien-être des animaux, mais sans s’opposer à l’élevage, ni à l’abattage. (L’opposition à  tout élevage est appelée abolitionnisme).

Autrement dit, pardonnez-moi d’être franche, mais bon, c’est mon blog, j’fais ce que j’veux… Autrement dit, si vous croyez au welfarisme, deux hypothèses:

Soit vous trouvez acceptable que de tels traitements soient parfois infligés à des animaux tant que ce n’est pas « la majorité ».

Soit vous êtes niais.

Ca ressemble à un jugement mais ce n’en est pas un. Je fus niaise il n’y a pas si longtemps. Mais je suis sortie de carcans de pensée dans lesquels s’enferment ceux qui croient aimer les animaux, et l’objet de cet article est d’exposer le raisonnement que j’ai alors eu.

Earthlings pourrait passer pour un film en faveur du welfarisme, car il se focalise assez sur les mauvais traitements que subissent les animaux, et en lui-même, il ne semble pas remettre en cause la domination de l’humain sur l’animal. Mais il n’en est rien. A mes yeux, Earthlings est le plus puissant document existant en faveur de l’abolitionnisme.

Il m’a convaincue, après un très difficile moment passé à le voir en entier, et après plusieurs semaines de réflexion sur le sujet (plusieurs mois, même), que contrairement à ce qui semble logique au premier abord, l’abolitionnisme est plus intelligent et plus logique, et même plus réaliste que le welfarisme.

Parce que le welfarisme est finalement, l’objet d’une réflexion inaboutie. Quand vous regardez la scène du cochon avec des yeux « welfaristes », vous vous dites logiquement qu’ils ont le droit d’utiliser ce cochon, mais sans le frapper comme ça. Il n’y a qu’un pas entre cette considération et le jugement: « ils sont méchants de traiter ce pauvre animal comme ça ». Si on dépasse son besoin stérile et immature de juger les gens pour ce qu’ils font, il apparait qu’il est logique, et même normal, que ces hommes frappent ce cochon et lui envoient un parpaing dans la gueule. C’est une conséquence du statut du cochon. le cochon est une machine à produire, et là, ben il faut qu’il soit mort, et il est vivant, et ils ont surement pas le matériel qu’il faut, alors ils tapent dessus pour qu’il passe plus vite de vivant à mort (le temps c’est de l’argent), ils trouvent un parpaing, enfin, ils se démerdent, quoi. Ce qu’ils font est certes cruel, mais il faut être logique: soit le cochon est un objet, soit c’est un être sensible. Dans le système de l’élevage, le cochon est né pour être de la viande, c’est donc un objet, et non pas un être sensible.

Autrement dit le welfarisme c’est se dire: « il faut être gentil avec les cochons, il faut pas les taper », sans réaliser que la gentillesse et la bienveillance sont des qualités humaines réparties de façon inégale. Que chaque personne doit à tout moment faire des choix entre la bonté et l’égoïsme. Que personne ne peut être obligé d’être gentil, d’autan plus avec un être né pour mourir. Que que tant que les cochons seront des objets à fabriquer quelque chose, X% de la population leur donnera des coups de pieds pour qu’ils avancent plus vite, et qu’on ne peut rien faire contre ça.

Donc vous êtes niais si vous pensez qu’on peut « traiter bien » les animaux, partout, tout le temps. Vous êtes naïf et vous vivez dans un monde de bisounours. Regardez Earthlings, si vous avez les burnes de le regarder, et regardez-le en entier. Vous saurez que la vérité est bien loin des rêveries puériles de gentille ferme avec des gentilles vaches qui vont gaiement à l’abattoir en sifflotant.

Croire au welfarisme est doublement niais, puisque d’une part cela revient à croire qu’on peut élever des milliards d’animaux et les traiter toujours bien, tout le temps, que tout le monde sera gentil avec eux, alors que leur statut est celui de machines à produire. Et que d’autre part, c’est considérer qu’on peut tuer des animaux sans leur nuire… J’aimerais bien savoir par quel miracle.

Si vous pensez qu’on peut considérer un animal comme un être sensible ET comme une machine à produire de la viande, êtes vous sûr que vous avez bien considéré la question sous tous les angles?
Réflechissez à ces questions: comment un animal peut-il être un être sensible et unique, autrement dit une personne, ET une machine à produire? Tient-on compte de sa sensibilité si on le fait naître pour le tuer? S’il est malade, faut-il alors le soigner ou le tuer? Pourquoi faudrait-il le soigner si ça fait perdre de l’argent?  A partir de combien d’argent perdu a-t-on moralement le droit de le tuer? Combien vaut sa vie en termes financiers? A partir de quelle dose de souffrance infligée à un animal peut-on considérer que ce qu’on fait n’est pas éthique?
Quelles formes d’abattage sont en deçà de cette limite?

Autrement dit, à partir du moment où l’on fait naître un animal pour l’utiliser à nos propres fins, on exerce déjà une violence envers lui. Car sa vie en son bien-être vont passer, à un moment où à un autre de son existence, derrière l’usage auquel on le destine. Il faudra alors qu’il souffre et/ou qu’il meure.

P1050990

Le bien-être animal est donc quelque chose de totalement illusoire, du moins si on veut l’étendre à l’ensemble de l’élevage.

Même une poule née pour faire des oeufs (et non de la viande) est l’objet d’une violence. Cette violence n’est pas forcément facile à voir. Il s’agit de son statut, car sa valeur extrinsèque pourra prendre le pas sur sa valeur intrinsèque. Autrement dit, si elle cesse de pondre des oeufs, si elle tombe malade et coûte de l’argent, elle n’a plus d’intérêt, et alors on la tue. C’est ainsi qu’on peut définir l’esclavage: la valeur extrinsèque a le dessus sur la valeur intrinsèque. Créer un statut d’esclave est  en soi une violence, puisque les intérêts de l’esclave passeront après ceux du maître.

 

Le welfarisme est donc une pseudo-réflexion (ou un début de réflexion) qui remet en cause les abus dus à la condition d’esclave, mais sans remettre en cause l’esclavage en lui-même. Hors, institutionnaliser un système d’esclavage ne peut se faire sans abus, l’abus étant inhérent à la condition d’esclave.


Dans le système de l’élevage, les intérêts primordiaux des animaux (à vivre sans souffrance) entrent toujours à un moment où à un autre avec les intérêts (financiers, pratiques ou autres) de ceux qui profitent de cette exploitation. Puisque le welfarisme ne remet pas en cause la possession des animaux non-humains par des humains, cela revient à dire aux humains que dans ces cas de figure, il faudra que ce soit les intérêts des animaux qui passent avant les leurs. Tout en leur disant que les animaux continuent d’être leur propriété.

 

C’est ainsi que le welfarisme, si on cherche à l’aboutir en tant que philosophie viable, ne peut que mener à une philosophie qui lui est presque opposée, aboutie, existencialiste et libertaire: l’abolitionnisme, et son application concrète, le véganisme.

Le véganisme est donc un mode de pensée qui, finalement, ne se soucie pas directement du bien-être des animaux. Si les vegans ne consomment pas de miel, ce n’est pas parce que les abeilles ont mal ou sont stressées. C’est parce que si on pousse la reflexion jusqu’au bout, et l’éthique qui va avec, on se rend compte que les abeilles ne peuvent pas être élevées pour servir à fabriquer du miel. Elles doivent exister pour elles-mêmes.

 

J’entends déjà les objections fuser.

On va me dire que vouloir abolir l’élevage, c’est tout aussi naïf.

Je ne suis pas d’accord. Vouloir abolir l’élevage n’est pas réaliste à court terme, certes. Mais c’est au moins théoriquement possible. Tandis que vouloir continuer l’élevage sans que jamais aucun animal ne souffre, cela relève tout simplement du fantasme.

 

Du fantasme… Ou de l’hypocrisie? Je me suis souvent posé la question.

40 réflexions au sujet de « L’illusion du welfarisme »

  1. Excellente synthèse du problème.
    J’aime particulièrement cette phrase : « Parce que le welfarisme est finalement, l’objet d’une réflexion inaboutie. »
    Je l’aime d’une part parce qu’elle est exacte et d’autre part parce qu’elle fait écho au choix entre végétarisme et véganisme. Pour moi, le végétarisme est une réflexion inaboutie. Quand je suis devenue végétarien, dès le départ je savais que j’allais venir au véganisme, parce que ça me semble la suite logique. Et même plus que la suite logique, l’aboutissement de ma réflexion sur la production de viande dans toutes ses composantes.
    Pour moi, végétarisme et welfarisme, c’est faire le travail à moitié. Certes, c’est déjà bien de faire une partie du travail, c’est tellement plus que ce que fait la plupart des gens, et si tt le monde était végétarien et welfariste, yaurait bcp moins d’animaux élevés dans la maltraitance. Ce qui n’est pas négligeable. Mais c’est de loin insuffisant, c’est passer à côté du fond du problème. Comme j’ai essayé de le faire passer chez IV, je me fous que les poules soient dans des grandes et belles cages bien éclairées, avec un beau perchoir, de l’eau propre changée toutes les 1/2h ou tt ce qui leur faut pour reproduire un comportement proche de leur comportement naturel. C’est le principe même de la cage, aussi belle soit-elle, contre lequel je suis.
    Ah, et puis aussi ya un truc qui me gonfle dans le « abolir, c’est utopiste, on peut pas le faire, c’est irréaliste, alors que s’occuper du bien-être animal, ça c’est dans nos moyens ». Ah bah ça c’est sûr qu’avec une optique défaitiste dès le départ, si on se met des limites dès le début, si on essaie jamais d’atteindre à l’aboliton, on risque pas d’y arriver !!!!

    Ton exemple sur les abeilles tombe à merveille, parce qu’on m’a posé une question intéressante, que je te soumets.
    Je suis en colocation, on vient d’avoir une wormery (désolé, je connais pas le nom français ; un truc pour obtenir du compost à partir de la dégradation des déchets organiques par des vers) filée par les parents d’un de mes colocs. Ce qui va nous servir pour faire du compost pour faire pousser nos petits légumes, sans pesticide, tout ça qui va bien. La question qu’on m’a posé c’est : est-ce que les légumes ainsi obtenus sont vegans ?
    T’en pense quoi ? Ils seront bio, ça c’est évident, les vers ne seront pas maltraités, bien nourris, évoluent dans un environnement quasi naturel (mais limité par les parois de la wormery), donc tt ça me paraît bien, en plus on les tue pas, on met pas des morceaux de ver sur les légumes, on fout pas de coups de pied aux vers pour qu’ils fassent plus vite du compost ou quoi, on leur fout même clairement la paix, on récupère pas un produit dont ils ont besoin pour vivre ou élever leur descendance puisque c’est leurs déchets qu’on récupère. Donc pour moi, des légumes ainsi produits seraient vegans. Mais, parce qu’il y a un mais, y a qd mm un truc qui me gêne : on les exploite. On les utilise. Ils vivent pour nous, pour qu’on puisse avoir du compost, pas pour eux. Y a qd mm cette exploitation qui me met mal à l’aise.
    T’en penses quoi ?

    • Ben pour les vers, j’avoue que je me suis déjà posé la question, et je ne sais pas. Il faut noter que de toutes façons, pour produire des légumes, il faut qu’il y ait des vers dans la terre, sinon rien ne pousse… Mais là c’est pas vraiment pareil… je pense que je vais y réfléchir encore

  2. Bonne réflexion ! Mais réfléchis pas trop quand même, je voudrais pas que ça tourne à l’obsession et te gâche ton weekend :)
    Moi, ça fait 2 jours que ça me tracasse cette histoire de lombricomposteur ^^
    Je suis en train de farfouiller Végéweb, et je crois que je vais lancer un sujet là-dessus ; ça peut être intéressant.

    • Salut

      Ben j’en suis très flattée alors je vais dire pas de problème

      Avec un petit lien vers mon blog, ce serait top!

  3. Trop tard pour citer des extraits de ton blog : j’ai terminé tous mes ajouts ! Mais je l’ai référencé dans les liens Internet conseillés ;o)
    Par ailleurs je lui consacrerai un de ces 4 un billet dans mon propre blog.
    J’m’en va lire ton nouvel article -je vois que tu es lancée sur le sujet :o) – dès que je peux !

    • Salut

      Merci pour les liens internets, ça me fait super plaisir!

      Oui en effet je suis lancée, en fait j’ai écrit 4 articles d’un coup ^_^

  4. Je ne suis même pas végétarien.
    Ca ne m’empêche nullement de trouver votre article remarquablement bien ficelé et du coup, un appui intéressant à ma réflexion sur ce sujet.
    Bien cordialement.

    • Bonsoir et merci, si j’ai pu vous apporter des éléments de réflexion, j’en suis ravie!

  5. Salut,

    j’apprends que je suis « welfariste », enfin si j’ai bien compris ce que ça signifie.

    Je n’arrive pas à comprendre pourquoi tu réduis le welfarisme à deux choix.

    Tu ne peux pas envisager qu’on ne voit pas de mal intrinsèque à élever des animaux et à manger des animaux, tout en condamnant les pratiques de l’élevage industriel ?
    Je suis pour l’élevage, mais pour moi cela veut dire que je suis contre une interdiction généralisée (=aveugle) de l’élevage (cf le dernier article de ma blog par exemple). Et cela n’a rien avoir avec le fait qu’un type peut envoyer des parpaings sur un cochon, je suis contre ça, et je veux autant l’interdire qu’un abolitionniste. Tu sembles dire qu’un welfariste n’empêchera pas cela car il sera contre l’abolitionnisme qui ferait que ces dérives ne pourraient avoir lieu, c’est ça ? Si oui, ça serait comme dire que quelqu’un qui est pour l’abattage d’arbres avec un label de gestion durable serait niais car on peut couper des arbres de manière illégale et irresponsable, alors que dans un monde « arbolitionniste » ça ne pourrait arriver ?

    Je comprends bien ton argument personne sensible/machine à produire. Mais je pense qu’on peut élever et tuer des animaux sans les considérer comme des machines à produire (il me semble que c’est une dérive zootechnique de l’agriculture industrielle). En tout cas, quand j’en aurais la possibilité, je ferai un élevage (domestique, pas commercial), et je ne pense pas les animaux comme des machines (à viande ou autre).

    salutations

    • Si tu ne vois pas le problème qu’il y a a tuer des animaux alors que tu n’as pas besoin de viande pour vivre en bonne santé, c’est que tu les considères déjà comme des machines à produire.

  6. Pour le problème des vers, je me permets d’apporter une piste de réflexion qui vient directement de Kant.

    Qui s’y connait un peu en philosophie connaît très certainement la deuxième formule de son impératif catégorique: « Agis de telle sorte que tu traites toujours l’humanité en même temps comme une fin, et non seulement comme moyen » (qqchose comme ça).

    Le « en même temps » est très important: Kant n’est pas contre le fait d’utiliser les autres hommes comme des moyens. Si on ne le faisait pas, on ne ferait plus rien: lorsqu’on prend le bus, par exemple, on considère bien le chauffeur comme un moyen. Mais on ne le considère pas que comme tel, mais aussi comme une fin en soi.

    Dans le cas des vers, je pense qu’il n’y a pas de problème tant qu’on ne les instrumentalise pas complètement. Je pense qu’il faut incorporer de l’utilitarisme dans une telle réflexion. ça ne pose vraiment aucun problème au ver, lui ça lui donne à bouffer. Tant qu’on le considère aussi comme un être sensible en soi, il n’y a pas de problème.

    Du coup, on peut aussi réfléchir de la même manière pour les abeilles… Disons qu’on peut produire du miel de deux façons: en les considérant effectivement uniquement comme des machines de transformation, et dans ce cas tu as tout à fait raison; ou alors en considérant que ces abeilles sont aussi des fins en soi. Qu’elles nous rendent service, en quelque sorte; mais bien sûr, il faut que cela ne leur cause aucune souffrance et qu’elles « adhèrent » à cela – si elles ont envie de se casser, ‘faudra pas les en empêcher. Cette conception, me semble-t-il, mérite d’être plus réfléchie que celle où utiliser un animal non-humain pour quoi que ce soit sera considéré comme de l’esclavage. Agir toujours de telle sorte que l’on considère l’animal en même temps comme une fin en soi, et non seulement comme un moyen.

    • je sais pas trop. Certains antispécistes suivent une philosophie utilitariste (Singer, il me semble, pour Francione je ne sais pas) mais je ne suis pas sure de me reconnaître dans la pensée utilitariste. Pour moi, la domestication telle qu’on la définit de façon objective (controle de la reproduction) est une forme d’esclavage. Pour ce qui est des abeilles, le fait d’en posséder et de les utiliser entraine des dérives (mutilation de la reine, remplacement du miel par du sucre, etc) parce que leur intéret extrinsèque primera toujours sur leur intéret intrinsèque malheureusement. la raison du plus fort est toujours la meilleure…

      Quoi qu’il en soit merci de ta contribution

  7. Francione est hyper du côté de la théorie des droits, me semble-t-il :) Effectivement, la domestication en tant qu’asservissement n’a aucune raison d’être, et des dérives même apparemment inoffensives dont tu parles dans l’exploitation des abeilles sont questionnables… Mais il me semble que s’il s’avère que l’on a, par exemple, une poule chez soi – pour des raisons x ou z qui font que ce n’était pas par achat etc – , si elle pond des oeufs naturellement, on ne va pas non plus les jeter… Mais à partir du moment où ça devient une exploitation, en effet l’animal ne sera considéré que comme un moyen. Pour les vers, je ne vois aucun problème tant qu’on ne s’en débarasse pas comme de vulgaires ‘filtres’ après usage etc.

    • En effet. Personellement si j’avais une poule chez moi je ne mangerais pas son oeuf, car je ne considère plus un oeuf comme nourriture depuis le temps que je n’en mange plus. Mais si quelqu’un le fait, à partir du moment ou il ne participe pas au commerce d’animaux, je ne vois pas exactement quoi lui reprocher. Pour les vers, je sais pas exactement, disons que je pourrais en utiliser sans voir là quelque chose de moralement condamnable, mais je n’aimerais pas que cela se répande chez des personnes égoïstes et mal intentionnées.

  8. Excellent, j’adore ton franc parler « Donc vous êtes niais si vous pensez qu’on peut « traiter bien » les animaux, partout, tout le temps. Vous êtes naïf et vous vivez dans un monde de bisounours. Regardez Earthlings, si vous avez les burnes de le regarder, et regardez-le en entier. Vous saurez que la vérité est bien loin des rêveries puériles de gentille ferme avec des gentilles vaches qui vont gaiement à l’abattoir en sifflotant. « …
    Et BAM!
    Go Vegan!

  9. Ping : Rétrospective: les actions welfaristes en question | Les Questions Composent

  10. Ping : Pourquoi je ne participerai plus aux actions réformistes | Les Questions Composent

  11. Je ne suis ni niaise et je ne trouve pas non plus acceptable que de tels traitement soient infligés aux animaux! Je ne consomme pas de viande et n’en consommerais jamais plus. Ca me regarde! ça n’est pas parce que j’ai décidé ça pour moi que tout le reste du monde doit penser de la même façon. Je ne pense pas qu’il est niai de vouloir donner des droits aux animaux tels que : Pouvoir courir, bouger, marcher, voir la lumière du jours, être auprès de ses congénères, vivre plus longtemps et rendre obligatoire une surveillance permanente des lieux d’élevages par des associations de droits aux animaux ou bien d’une nouvelle police condamnent sévèrement tout mauvais traitement au même titre qu’envers les hommes. S’il existe de mauvais traitement c’est bien parce que personne n’est là pour surveiller! Et ça c’est inadmissible. Je ne suis pas contre non plus de trouver des solutions réduisant énormément la souffrance des bêtes en rendant rapide voir même indolore leurs morts ( Même si j’aimerais que celà n’arrive pas, mais je suis bien consciente que je ne suis pas seule sur terre et je respecte ceux qui veulent en manger de temps en temps) . Les petits éleveurs pourraient avoir leurs propres infrastructures de mise à mort afin d’éviter les transports insuportables et terriblement douloureux, stressant et pénibles! C’est pour moi plutôt niai de penser que tout le monde pourra devenir un jour végétarien. Il faut supporter cette triste vérité, et imposer de meilleurs conditions pour ces animaux qu’on aime tant. Et il n’est en rien plus logique de vouloir abolir la viande en sachant que ça n’est pas possible. Peut être dans 200 ou 300 ans mais en attendant, toutes ces pauvres bêtes, elles ont pas finis de souffrir!!!! Et ça je ne peux pas le supporter ni l’accepter ( c’est bizarre , il paraîtrait pourtant que je prétende seulement les aimer) , c’est pour moi plus urgent qu’ils vivent heureux et pas comme des prisonniers torturés que d’essayer de rendre tout le monde végétarien sachant pertinemment que ça prendra des années et étend persuadé qu’on y parviendra jamais! C’est une uthopie. Alors si je ne suis ni « welfariste » ( Parce qu’en lisant ta définition du welfariste je ne me reconnais absolument pas ) , ni abolitionniste, de quoi me qualifieriez vous? Je suis loin de vivre dans un monde de bisounours bien au contraire.  » Vouloir abolir l’élevage n’est pas réaliste à court terme, certes. Mais c’est au moins théoriquement possible. Tandis que vouloir continuer l’élevage sans que jamais aucun animal ne souffre, cela relève tout simplement du fantasme. » Alors croire que tout le monde deviendra végétarien, ça n’est pas un fantasme ça??? Des élevages sans souffrance c’est possible, en divisant considérablement le nombre de bête élevées, en leurs donnant énormément de place, en les laissant ensemble, en les laissant à l’air libre , avec des abris agréables… c’est tout à fait réalisable, bien plus réalisable que de rendre tout le monde végétarien. Et ce genre délevage respectueux des animaux n’est possible que si les gens divisaient voir supprimaient leurs consommations, et vu qu’ils ne le feront jamais d’eux même, et bien il faudra leur imposer, content ou pas, il mangeront de la viande beaucoup plus chère, beaucoup moins souvent mais élevées dans de bonnes conditions et pas abattus à la chaîne. Les gens ne sont pas capable de comprendre, et c’est trop long d’attendre qu’ils prennent conscience, alors ils feront la tronche, ils pourront plus acheter un pacquet de jambon à 2,50 euros mais à 1O ou 15 euros, donc il en achèteront qu’une fois par mois point. Les industriels proposeront des plats aussi protéinés et petit à petit les gens se rendrons compte qu’on a pas forcément besoin de viande pour vivre comme ils le croient bêtement.

    • Yay o/

      Je suis tellement d’accord avec toi. En fait je ne suis pas végétarienne, mais je ne suis pas carnivore non plus, je mange de la viande raisonnablement, une ou deux fois par semaine maximum.
      La viande n’est pas un aliment essentiel, il ne l’a jamais été, de tout temps (sauf de nos jours) la viande a toujours été un produit de luxe, le « régime paléolithique » ne veut rien dire, les hommes ont toujours tout d’abord été des cueilleurs puis des agriculteurs.
      Ceci dit, maintenant ce n’est plus tant que ça un produit de luxe (ça l’est encore pour certains), du coup la moitié de la viande mise en vente finit à la poubelle, génial.

      Personnellement, je n’aimerais pas me radicaliser à être végétarienne exclusive, j’aimerais conserver mon mode de consommation modéré et raisonné (‘fin, « raisonné », j’essaie comme je peux de prendre des labels type « élévé en plein air », mais bon, ça vaut pas grand chose…)

      Je serais plus pour un mode de consommation du genre « voilà il y a X vaches/cochons/poulets, y’en aura pas plus, donc si vous venez au supermarché le vendredi et qu’il n’y a plus de viande, tant pis, revenez la semaine suivante, ça va pas vous tuer. » En somme, obliger les gens à réduire leur consommation, au bout d’un moment on peut pas attendre que tout le monde s’assagisse, il faut obliger les gens à avancer (je vais faire un parallèle un peu pourri mais c’est la même chose pour le mariage gay, on allait pas attendre que tout le monde soit d’accord, il était temps d’imposer le respect aux gens).

  12. Je ne pense pas que ça m’intéresse que des animaux soient « bien traités » avant qu’on les traîne dans un camion pour les emmener vers un endroit où on va les égorger. Je crois que c’est une illusion sordide, il faut vraiment que les gens essaient de se donner bonne conscience pour y croire (je ne parle pas de toi mais des gens qui mangent de la viande et donc ont besoin d’apaiser leur conscience). Tant qu’un animal sera né pour mourir, il sera toujours maltraité à un moment où à un autre, peu importe la « surveillance » (surveillé par qui d’ailleurs? on va mettre un flic derrière chaque fermier?).
    Qu’il y ait des gens qui s’occupent du bien-être des animaux destinés à mourir pour le confort des humains, pourquoi pas. Mais ce n’est pas ma mission. Je ne me sens pas concernée.
    Le problème c’est que l’énergie que tu mets à lutter pour ça, tu ne l’utilises pas pour l’abolition.

    • Donc pour toi, si un animal est destinée à mourir pour être mangé, il est inutile de lui accorder une vie sans souffrance… ? Qu’est ce que c’est que ce raisonnement ? Tu trouve ça normal que les animaux consommés par les gens soient élevés dans de tels conditions ? Et bien moi non. Tu ne te sens pas concerné par les méthodes d’élevage actuelles ? Ta mission n’est pas de rendre leurs vies meilleures ? De réduire le nombre d’animaux abattus chaque année ? En fait ta mission, c’est quoi ? Rendre tout le monde végétarien ? Et bien je te souhaite bien du courage parce qu’il faudra bien 200 ans pour doubler la population de végétariens, et pendant ce temps là, ce seront des milliards et des milliards de bêtes qui seront élevées et abattus dans d’atroces conditions. Ne crois tu pas qu’il serait plus urgent et logique de commencer par stopper ces méthodes atroces et d’en imposer de nouvelles ??? Parce qu’en attendant que mamie, papi, notre meilleure amie, nos amis proches, papa et maman deviennent végétariens et bien eux ils sont là, dans le noir, dans d’horribles et indicibles souffrances, dans ces camions, serrés les uns contre les autres, suffocants, traumatisés et le pire les attends ! Electrocutions ratées, égorgées vifs, découpés parfois encore vivants… De quelle énergie me parle tu ? Convaincre les gens de ne pas manger de viande, je n’appelle pas ça un combat, ça ne me demande aucune énergie, je le fais tout les jours et pour moi c’est normale en tant que végétarienne. C’est le genre de chose que l’on peut réaliser en même temps qu’en essayant d’abolir ce système de production pourri, qui tourne et tourne sans jamais s’arrêter ! En luttant pour de meilleurs conditions d’élevages on lutte aussi pour l’abolition . Quand les gens seront tous obligés de consommer de la viande « éthique » et qu’il n’auront plus le porte monnaie pour, la viande disparaîtra peut être petit à petit, car ce sera un moyen de faire prendre conscience aux gens, qu’avant ça n’était pas cher mais que ça n’était absolument pas normal et qu’elle est loin d’être indispensable. Rendre le monde végétarien est une utopie. Cela arrivera peut être, mais en attendant il y a une urgence, c’est d’empêcher la torture actuelle, et ça n’est certainement pas en attendant que les gens arrêtent d’en consommer qu’on empêchera ça. Ça se passe tout de suite et c’est abominable.

      • « En luttant pour de meilleurs conditions d’élevages on lutte aussi pour l’abolition . »

        Nop. C’est deux choses différentes, justement. Et ce que dit l’Elfe c’est que son créneau à elle, c’est l’abolitionnisme.

        Deux raisons parmi moults pour justifier son choix :

        1/ T’as pas le même poids quand tu dis « si on arrêtait de tuer des poussins pour notre plaisir, au détriment des poussins, des pays pauvres, des générations à venir, et de notre santé ? » et quand tu dis « si on arrêtait de couper les griffes et les becs des poussins ? Après on les tue, hein, ça c’est normal. »

        2/ Le Welfarisme Justifie l’élevage et l’abbatage. On aura tout gagné quand dans dix ans les cochons et les poulets seront « heureux », mais que tout le monde trouvera ça toujours aussi normal de les tuer pour faire du gras pour 15 secondes de plaisir ? Ah non, on aura pas gagné grand-chose. Sauf que les omnivores pourront nous envoyer balader, puisqu’ils auront déja fait « d’énormes » concessions en rallongeant leur vie d’un mois et leur espace vital de 20cm². Génial.

        Après, jsuis d’accord avec toi, ça nous empèche de dormir aussi, mais l’Elfe fait déja de son mieux pour faire progresser le végétarisme. Tu peux faire de ton mieux pour améliorer les conditions de vies des animaux, c’est cool, mais le combat de l’Elfe est absolument utile aussi.

  13. En fait vous préférez que les bêtes continuent de souffrir parce que si ça n’était plus le cas, vous n’auriez plus les arguments pour convaincre les gens de ne plus en manger! C’est ce que vous m’expliquez juste au dessus, je cite :
    « Sauf que les omnivores pourront nous envoyer balader, puisqu’ils auront déja fait « d’énormes » concessions en rallongeant leur vie d’un mois et leur espace vital de 20cm². Génial. »
    Certes, on peut voir les choses comme ça, « Des centaines de milliards de bêtes seront sacrifiées les 50, voir 100 prochaines années, dans des milliers de camps de la mort, torturés, goinfrés, étouffés… afin que les végétariens puissent justifier leur volonté d’abolir la viande en s’appuyant sur des faits réels! »
    Pour toi, pour moi, pour nous, ça n’est pas normal de tuer les animaux pour se nourrir, mais qu’est ce qui nous affirme que nous avons raison? C’est une philosophie, une façon plus intelligente de voir les choses et de respecter la nature, du moins à mes yeux. Nous avons peut être contracté une sorte de maladie d’hypersensibilité face à la mort à laquelle nous ne sommes plus du tout confrontés dans notre société actuelle? En quoi les gens seraient ils anormaux en voulant consommer de la viande, ce qu’ils font depuis bien longtemps? Ce qui est anormal c’est que nous ayons perdus tout contact avec les animaux que nous mangeons aujourd’hui. Nous sommes aussi des animaux, notre intelligence nous a porté a faire les pires choses, comme ces usines à viande par exemple, une industrie intolérable mais, imaginez vous être né il y a quelques années dans une ferme au sein de laquelle vous auriez sans cesse été en contact avec les animaux et que vous les auriez nourris en sachant qu’un jour vos parents les tueraient, parce que c’était dans l’ordre des choses, vous auriez eu un contact direct l’animal ( avec lequel vous auriez naturellement tissé des liens) puis avec sa mort, ce qui vous aurais permis d’établir un lien entre votre repas et cet animal qu’on vous appréciait, que vous connaissiez. Aujourd’hui ce rapport essentiel a disparu, ce qui nous a conduit à cette dérive. Je voudrais plus que tout au monde que l’homme abolisse la viande, car il n’en a clairement pas besoin. Mais rendez vous bien compte que ce que vous avez dans votre coeur et dans votre tête, il n’y a que très peu de gens qui le détiennent. Pensez vous sincèrement qu’un jour, tout le monde abolira la viande? Y croyez vous vraiment? Existe t il une possibilité que cela ne puisse jamais arriver? Je crois bien que oui. Essayer de rendre les gens végétariens, c’est bien, je le fais aussi, et pas qu’en m’appuyant sur le fait que le traitement qu’on leurs inflige est cruel mais aussi en leur parlant des répercutions qu’à notre consommation sur les pays en voie de développement etc…

    « En luttant pour de meilleurs conditions d’élevages on lutte aussi pour l’abolition . »
    Je pense que c’est pas là qu’il faut commencer, car c’est une urgence, nous ne pouvons pas les laisser dans cette merde juste par peur de perdre les arguments qui défendront nos idées en éspérant que tout le reste du monde voudra un jour les partager avec nous! Tout ces animaux ne sont pas des arguments! si vous les aimez, la priorité la plus logique est de les aider à vivre heureux et pas d’attendre que les gens abolissent la viande en sachant pertinemment vous même qu’il est possible que cela n’arrive jamais.

    • Ok, dans le message précédent je t’ai expliqué que l’abolitionnisme c’était le créneau que l’Elfe a choisi. C’est pas contre toi. C’est autre chose. Ta quète c’est le Welfarisme, la sienne c’est l’abolitionnisme. Voilà.

      Mon avis, c’est que l’abolitionnisme est la voie la plus courte, qui génèrera au final le moins de souffrances pour les animaux, et qui prend Aussi en compte les aspects économique (faim dans le monde) et écologique (niquer la biodiversité, choper le cancer et des maladies sales, en les refilant aux agriculteurs et à nos gosses tant qu’à faire). Je crois que dans ta « ferme idéale de jadis », tuer des animaux c’était déjà un meurtre violent et prémedité, et qu’on est plus évolué aujourd’hui qu’avant, et que peut-être on peut espérer que la raison et l’empathie sont accessible à l’humanité d’aujourd’hui.

      Tu dis que « je préfère que les bêtes continuent de souffrir » ? Ça doit être ça ouais ! Je SAIS qu’elles vont continuer à souffrir, et prôner le végétarisme ça me semble la solution radicale et efficace pour arrêter ça au plus vite. Ça t’empèche pas de welfarer si tu veux, si t’as une action concrète pour protéger des bestioles à me proposer je veux bien participer, mais en attendant je crois que mon énérgie est mieux employée à prôner un truc plus radical, le végéta(r)lisme.

    • .. cela dit, l’activisme welfariste c’est utile aussi. Juste, on peut croire à une solution encore plus radicale/utile/concrète/aboutie/justifiable …

      • Ben moi mon urgence, c’est d’abolir la viande. Je ne vois rien de plus urgent que ça. Que ce soit pour demain ou dans un million d’années, ou même peut-être jamais, c’est au destin de décider, pas à moi (et c’est probablement pas pour demain). Mais je décide que c’est urgent, que c’est ça qu’il faut faire. C’est mon objectif, je lutte pour. Je lutte même pas pour que les gens soient végétariens, je lutte pour qu’ils soient véganes. Et ce n’est pas parce que c’est difficile que je vais me mettre à faire autre chose à la place. C’est trop important pour tergiverser.

        Non, dans mon esprit, il n’y a aucune place (j’ai cherché), aucune place pour une ferme heureuse. Je ne vois pas comment on pourrait bien traiter les animaux et les respecter, et en même temps les utiliser et les manger. Ce sont des esclaves (des personnes muées en objets), on se sert des esclaves comme des choses, et les esclaves souffrent. Que ce soit dans les immenses pâturages ou dans les cages à batterie, tous les esclaves souffrent. On ne pourra jamais respecter l’intérêt de l’animal tant qu’il sera un esclave, puisque c’est une personne et qu’on la considère en chose. Un animal qu’on fait naître dans le but de le tuer pour utiliser des parties de son corps, ce ne sera jamais un être à part entière, dont on respecte l’intérêt, qui peut prétendre désirer, sentir, rêver, souffrir, vouloir, exister. On le dépouille de ce qu’il est. Alors on peut réformer, réformer, ça ne changera rien au statut d’esclave des animaux, et ils souffriront toujours autant que nécessaire, c’est à dire ce qu’il faut pour que ce soit rentable. La souffrance n’est qu’un symptôme de la possession par autrui, et elle se manifestera toujours. Je ne peux pas imaginer un monde carniste qui respecte les animaux. Je pense que c’est impossible.

        Un monde végane, c’est possible. C’est pas demain, mais c’est possible. C’est cohérent, c’est logique, ça peut exister. Un monde d’animaux-esclaves heureux, ça n’existe pas. Celui ou celle qui utilise son temps et son énergie pour améliorer (ou rendre un tout petit peu moins pire) la détresse des animaux-esclaves, il n’imagine simplement pas le même monde que moi. Ou peut-être qu’il n’imagine rien, je ne sais pas. Mais moi, j’imagine quelque chose.

        • Certes.

          La détresse d’Anaïs vient, jcrois, de nos discours qui lui semblent vachement théoriques et pas très pratiques.

          Autrement dit, quid de la situation des animaux en attendant ? Pour la supporter, l’idée c’est de se dire que ce « véganisme radical/tolérant », paradoxal et « pas très efficace à court termes », c’est quand même le mieux qu’on puisse faire, la méthode la plus efficace pour en finir au plus vite avec l’esclavage.

          Et aussi, interdire ça sert à rien (valable pour tout). C’est pas seulement perdu d’avance, c’est contre-productif. Éduquer et convaincre les Consommateurs, c’est le seul moyen d’arriver à quelque chose. C’est eux les seuls à avoir le pouvoir, le troupeau dans son immense majorité. À quoi bon contraindre trois industriels à changer leurs normes, qui ne sont déjà pas respectées, si l’immense majorité pas éduquée continue à réclamer sa bidoche/came pas chère et abondante ?

          • Clairement… Tant que la viande s’achètera, elle se vendra. Ce n’est pas réaliste de compter sur une augmentation du prix de la viande pour rendre tout le monde végétarien, ça ne marche pas comme ça. Déjà parce que l’offre dépend de la demande, et si y a une demande, y a une offre, quel que soit le prix. Les gens paieront plus, mais ils paieront. Ils mangeront moins de viande, ou pas tous, mais ils en mangeront.
            Et d’autre part parce que quand les éleveurs vont voir vraiment baisser leur revenu « à cause » de normes de bien-être, ils enverront chier les welfaristes. Ou plutôt, ça n’arrivera pas, car ils veilleront à maintenir leur revenu, après tout c’est « légitime » puisque leurs animaux sont là pour rapporter de l’argent, et non pas pour être heureux.
            Quand je bossais dans la recherche en productions animales, c’était le créneau habituel: augmenter le bien-être sans sacrifier la rentabilité. Sous cette condition (qui est malheureusement incontournable), le bien-être ne peut pas augmenter des masses… Le welfarisme existe depuis très longtemps, et les éleveurs n’ont vu leur chiffre d’affaire diminuer qu’à cause de la surproduction, quand au prix de la viande il n’a jamais été aussi bas.

  14. En fait, quand on y pense, le problème du welfarisme, c’est que c’est un système de pensée qui se base uniquement sur les conséquences (la maltraitance animale) et pas sur les causes : le statut de l’animal (son esclavage).
    Alors les welfaristes donnent un semi-statut aux animaux, mais ça n’est pas suffisant….
    Ca me fait penser au débat abolition/légalisation de la prostitution : on remarque que les politiques de réglementation sont un EPIC fail ( http://sisyphe.org/spip.php?article692 ), parce que ce ne sont pas tellement les conditions de la prostitution qui causent problème, mais le simple fait de marchandiser des services sexuels …

  15. Une chose me chiffonne quant à l’idéologie abolitionniste. Mais je suis assez floue comme meuf, du coup je dis pas que j’adhère pas en partie.
    Voilà: comment légitimiser l’agriculture, qui est aux plantes ce que l’élevage est aux animaux, et l’esclavage aux animaux humains? La justification, à ce que j’ai crû comprendre, se base sur la croyance que les plantes ne souffrent pas. Croyance étayée par des preuves scientifiques. Certes. En même temps, il n’y a pas si longtemps, il était évident, pour la majorité des scientifiques et de la société, que les animaux, tout comme les nègres et les juifs, ne souffraient pas, ou que de toutes façons ils étaient bien trop cons pour se rendre compte de quoi que ce soit. Les cons.
    Qu’est-ce qui se passe si un jour la science change une nouvelle fois de paradigme et apporte la preuve que les plantes souffrent? L’agriculture les restreint, les enferme dans des champs, vole l’espace de vie d’autres plantes non-comestibles ou présentant un intérêt pour nous. Sans parler de l’espace de vie d’autres animaux. Pourquoi est-ce que ça, c’est acceptable?
    Ah oui, parce qu’elles ne souffrent pas. La science prouve également que les insectes ne souffrent pas (ils continuent à vivre sans avoir l’air concerné si on leur arrache une papatte, pour faire court). En quoi est-ce donc inacceptable de bouffer du miel? Est-ce qu’élever des poules pour leurs œufs, sans les tuer quand elles atteignent l’âge de raison, en leur fournissant des conditions de vie pas dégueues, c’est mal? Pareil pour les vaches et leur lait? ça ne les ferait pas souffrir, d’un point de vue scientifique.
    J’ai beaucoup de mal avec ce clivage plantes-animaux. De quel droit peut-on réduire les unes à l’esclavage et pas les autres, si on se dit à ce point contre toute forme d’exploitation?
    J’ai l’impression que si on pousse la logique abolitionniste jusqu’au bout, l’aboutissement logique est un retour à un mode de vie de chasseurs-cueilleurs.
    Donc je m’interroge, juste. Vous remarquerez que je donne pas mon avis sur la question-enfin je crois. Inutile donc de me faire dire ce que je ne dis pas.
    À part ça, ton blog, j’aime bien:)

    • Ca fait longtemps qu’on m’avait pas fait le coup du cri de la carotte…
      Franchement j’ai hésité à valider ton com. D’abord la science n’a jamais dit que les insectes ne souffraient pas, certains auteurs pensent qu’ils ne ressentent pas la douleur due aux blessures physiques. Ensuite n’importe quel débile sait qu’un animal ressent de la douleur et pas une carotte. Enfin je sais pas, relis-toi, quoi. « enfermer des plantes dans des champs »… au lieu de les laisser courir partout? Les pauvres. Non mais franchement, les plantes, il faudrait déjà arrêter de les fumer. Bien sur que les plantes ne souffrent pas, enfin, ça se saurait, merde. Comme ça s’est toujours su que les Animaux, les Noirs et les Juifs souffrent, sinon la science n’aurait pas été utilisée pour démontrer le contraire.

      Enfin bon j’ai déjà écrit un article à ce sujet, mais c’est vraiment parce que je suis patiente. Pour en finir avec le cri de la carotte. (quoique je ne le suis plus autant depuis les derniers coms auquels j’ai eu droit).

      A noter que l’élevage utilise 10 fois plus de plantes que manger les plantes directement, et 10 fois plus d’espace confisqué à la faune et la flore sauvage. Et l’élevage « welfariste » en utilise encore 10 fois plus que l’élevage classique.

      Et puis je sais pas, tu t’es renseigné sur l’élevage avant de parler de lait et d’oeufs? Y en a plein le net des infos là-dessus. Tu sais qu’une vache a besoin d’avoir un veau pour faire du lait? Tu te doute bien, quand même, que le veau on l’envoie à la boucherie, parce que non, sauf chez les bisounours, on garde pas tous les veaux, on nourrit pas inutilement un mâle pour chaque vache à lait ? Tu sais que le lait est l’industrie la moins rentable en terme d’espace et de ressources, qu’écologiquement c’est une catastrophe? (3 fois moins rentable que la viande, c’est à dire qu’il faut 3 fois plus de ressources, et encore, ça c’est les races laitières les plus productives). A noter que si on gardait les veaux mâles et les vieilles vaches qui ne produisent plus (une vache vivant 20 ans) et qu’en plus on leur donnait de l’espace pour vivre, le lait serait un produit de luxe réservé à une élite, des champs entiers seraient nécessaires pour une seule bouteille de lait, elle nécessiterait assez de ressources pour nourrir tout un village. A noter qu’y a des gens qui réfléchissent au concept, parce que végétaRien c’est bien, végétalien c’est extrême !! Pendant que des gens crèvent de faim, des riches se mobilisent pour pouvoir faire du lait de façon « éthique » c’est-à-dire sans tuer les vaches. Je me demande à quelle éthique ça correspond, mis à part celle de la bonne conscience bobo. Ca fait plus de 2 ans que j’ai pas touché à un produit laitier, et je suis pas morte.

      • j’trouve que tes réponses aux commentaires sont aussi utiles que tes articles : tu pourrais faire des articles de réponses de commentaires !

  16. Bon alors… déjà merci de publier mon com, et d’y répondre. J’aurais autant aimé pas me sentir agressée à ce point ou me faire traiter de débile, mais bon, j’ai dû toucher là où ça fait mal, va savoir. Ça m’arrivait souvent de m’énerver quand je parlais avec des partisans du libéralisme économique, des élections ou de l’élevage industriel. Et en général ça menait juste à une situation où chacun campait encore plus sur ses positions. Ça m’arrive encore d’ailleurs. Parce que chacun se sent attaqué personnellement et que chacun est tellement persuadé d’être la personne qui a raison.
    Mais perso, je préfère encore ça. N’échanger qu’avec des gens qui ont exactement le même avis que moi apporte peu d’eau à mon moulin. Ça fait vite secte.
    Donc.
    En réaction à ta phrase: « D’abord la science n’a jamais dit que les insectes ne souffraient pas, certains auteurs pensent qu’ils ne ressentent pas la douleur due aux blessures physiques. ».
    J’imagine que tu as lu cet article mais je me permets de foutre le lien pour les autres :
    http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article229
    Et euh…en fait je comprends pas la deuxième partie de ta phrase. Tu veux dire qu’ils souffrent mentalement ? Je pars évidemment du principe que oui. J’imagine que c’est impossible à mesurer de façon scientifique avec les outils dont nous disposons à l’heure actuelle. Du coup c’est une extrapolation (à moins que t’en aies la preuve, vazi fais péter-sans rire, j’en serai ravie, je suis on ne peut plus sérieuse-). En réaction à ta phrase : «  Ensuite n’importe quel débile sait qu’un animal ressent de la douleur et pas une carotte. » ……Je resterai calme et polie et te dirai juste qu’il y a quelques siècles, n’importe quel débile savait que c’était le soleil qui tournait autour de la terre et pas l’inverse. Avec plein de scientifiques reconnus pour le prouver. Jusqu’au saut de paradigme suivant.
    Après réflexion (pas très poussée, mais après tout on est que mardi), je crois que ce qui me titille dans tout ça, c’est que j’ai l’impression que pour certains, l’abolitionnisme c’est la panacée universelle et qu’après, pour en revenir aux bisounours, le monde il sera tout beau et tout gentil. Nan je pousse un peu, je sais bien, va, mais disons qu’après j’imagine un monde où 18 milliards d’animaux humains seront véganes. Est-ce que tu te figures un monde pareil ? À vrai dire, pour moi ça fait plutôt figure de cauchemar.
    Du coup j’ai pas l’impression que ça va régler beaucoup de choses. Ça permettra peut-être d’apaiser ta conscience, mais pas la mienne.
    Enfin si. Bien sûr que ça réglerait beaucoup de choses que les gens arrêtent de consommer de l’animal. Du moins temporairement. Bien sûr que dans l’état actuel des choses c’est une des solutions les plus rationnelles. Mais j’arrive pas à être contre l’élevage et pour l’agriculture si mon argument pour ça c’est d’être contre l’exploitation. Je crois que je préfère plonger dans les profondeurs d’un autre tabou ultime : pourquoi l’animal humain, au contraire de certains, n’est pas capable de réguler sa population. Alors qu’il a vraiment pas mal de moyens à sa disposition.
    Disons que l’idée d’une planète où chacun a sa ferme, cultive ses légumes, dorlote ses poupoules et va chasser de temps à autre (mais du coup ça ferait beaucoup moins d’humains et je le verrai pas de mon vivant) me fait beaucoup plus bander le cerveau qu’un monde de véganes qui font le tour du monde en avion et qui se payent tous le dernier I-prout. T’as vraiment besoin d’un ordinateur pour vivre? Mais j’ai l’air aigrie quand je dis ça.
    Bon, je vais pas écrire le deuxième tome maintenant (surtout si tu choisis de pas me poster, remarque au moins ça m’aura fait cogiter un poil, toujours ça de pris). Mais ma conclusion actuelle, c’est que rien que le fait d’être vivant-et de vouloir le rester- porte préjudice à d’autres êtres vivants.
    Et que certains préjudices ont l’air plus acceptables que d’autres pour certains humains. Soit, il faut bien réussir à se regarder dans une glace le matin sinon c’est pas tenable.
    Cela dit, tu m’as pas répondu pour les œufs. D’ailleurs, ma question portait sur la souffrance des animaux, qui a l’air d’être la justification des abolitionnistes pour ne pas exploiter les animaux et pas sur les ressources nécessaires pour les élever (pour le lait, tu m’as convaincue, merci).

    • Y a plus consumériste qu’un vegan, je crois.

      Quand la végane en question est une couch-surfeuse notoire, et qu’elle utilise son ordi pour essayer de faire réfléchir les autres à une consommation limitée/responsable/équitable, et qu’elle participe à l’organisation d’évènements déchétarien …
      La lancer sur son consumérisme supposé, faut oser.

  17. Bonjour,

    Une petite correction : dans la seconde phrase en gras, il faut mettre « Or » et non « Hors, ».

    • Désolée mais le blog est assez énorme et j’ai tendance à laisser les fautes des anciens articles parce que pas le temps :/

Les commentaires sont fermés.