Misère sexuelle mon cul

Quand on parle d’abolir la prostitution, on finit toujours par se heurter à la célèbre Misère Sexuelle. La Misère Sexuelle, c’est quoi? Ce sont les hommes qui sont trooooop en manque de sexe, les pauvres, et il faut bien les satisfaire sexuellement, sinon hé bien ils sont trop malheureux.

Même si la misère sexuelle existait en ces termes, la prostitution consisterait à coller un mignon petit pansement sur une tumeur de la taille d’une pastèque. Donc elle ne règle pas le problème, évidemment, et en plus, elle fait des victimes. Déjà, ça me pose un problème qu’on sacrifie des femmes pour « sauver » des hommes, ce qui apparait, en fait, de différentes manières à chaque fois qu’on essaie de justifier la prostitution: quand le psy dont j’ai parlé hier explique les hommes auraient des besoins sexuels alors que les femmes auraient besoin d’amûûûr et seraient incapable de distinguer l’amour du sexe, ça ne le dérange pas outre mesure que certaines femmes (les prostituées) servent d’outil sexuel. Mais quoi d’étonnant là-dedans lorsqu’on s’aperçoit que c’est, en fait, le fondement même de la division de la gent féminine en Putes et Saintes. Les Putes, traditionnellement, ce sont une petite partie des femmes, que l’on sacrifie aux hommes pour pouvoir « sauver » les autres. C’est d’ailleurs pour cela que l’église a émis de nombreuses position pro-prostitution:

Par la suite, la tradition chrétienne considère la prostitution comme un moindre mal. Les Pères de l’Église en témoignent, d’Augustin d’Hippone au IVe siècle qui estime qu’elle est naturelle et permet de protéger les femmes honorables et les jeunes filles du désir des hommes, jusqu’à Thomas d’Aquin au XIIIe siècle, qui juge qu’elle est nécessaire à la société comme les toilettes à une maison : cela sent mauvais, mais sans elle(s), c’est partout dans la maison que cela sentirait mauvais.


Rien d’étonnant donc à ce que, chaque fois qu’on essaie de justifier la prostitution, cette idée de sacrifice revienne.

Mais j’aimerais me pencher un peu plus sur cette fameuse « misère sexuelle ».

Partons du principe que nous, humains, nous avons besoin d’un certain nombre d’interactions les uns avec les autres: interactions sociales, vie affective et vie sexuelle. En gros nous avons besoin d’avoir des gens à qui parler, de la sympathie, des câlins et du sexe.

Je ferais remarquer en passant que certaines personnes n’ont pas ou peu besoin de sexe, qu’on voit des gens s’accommoder parfaitement bien d’une vie sans sexe, et que le sexe, ça peut être tout à fait autre chose qu’un rapport avec pénétration. Mais bon. Même si je pense qu’en réalité, c’est un peu plus compliqué que cela, mettons que de base, on ait besoin de sexe,

Il y a plusieurs choses qui clochent quand on essaie de justifier la prostitution par le « besoin de sexe ». D’abord si les prostituées répondaient vraiment à ce type de besoins, on verrait beaucoup de clients payer pour avoir juste un câlin, un peu d’affection. Or, oui bon ça a pu arriver une ou deux fois dans la vraie vie, et ça arrive souvent à la télé, parce que c’est tellement mignon. Mais on est pas chez les bisounours. J’aime beaucoup le franc-parler de cette personne:

Dans de nombreux reportages télé, beaucoup d’entre elles nous expliquent la bouche en cœur, la gueule enfarinée que des clients les payent uniquement pour discuter. Après toutes ces années de prostitution, pas une seule fois j’ai eu la chance de tomber sur ce genre de clientèle. Même si très souvent il y a 50 minutes de discussion pour 10 minutes de rapports sexuels ; j’ai toujours du passer à la casserole. (…) Puisqu’à les entendre le côté et sexe n’est pas le plus important dans la quête et la démarche du client. Je suggère à ces grandes dames de proposer, comme le ferait une psychologue, des relations uniquement centrées sur l’échange verbal sans aucun acte sexuel. Je ne pense pas que ce genre de service puisse intéresser de nombreux clients.

Les clients vont « aux putes » pour avoir du sexe. Certes, parfois, ils exigent aussi de la tendresse ou ils ont envie de parler. Mais le sexe reste au centre de la relation prostituée-client. Je doute qu’une femme proposant uniquement des discussions et des petits câlins pour les mêmes tarifs (environ 300 euros de l’heure) rencontre un grand succès.

Deuxièmement, les hommes qui vont voir des prostituées ne sont pas forcément ceux qui ont le moins de partenaires sexuels dans leur vie. Beaucoup sont mariés et ont une vie sexuelle avec leur épouse. Certains sont mariés et ont des maîtresses, d’autres ont des amantes. Beaucoup d’hommes normalement constituées fréquentent les prostituées, ce ne sont pas forcément les vieux, les handicapés et les moches qui y vont, ceux dont personne ne voudrait.

Troisièmement, les femmes aussi ont besoin de sexe, penser que les femmes ont naturellement moins besoin de sexe que les hommes, c’est déjà un parti-pris à la Zemmour. Mais qu’entends-je? « Les femmes trouvent facilement des partenaires sexuels? »

Ho ho ho. Je me gausse. Ha ben oui, tiens, moi qui suis une femme, si une envie me démange, il me suffit de décrocher mon téléphone, d’appeler un pote et de lui dire « hé, toi, là, viens me sauter ! ». Il faut arrêter avec ces conneries. Et encore, moi, je suis jeune, sportive et pas dégueu physiquement. Ma voisine de palier qui a la cinquantaine, les dents de travers et qui louche, elle a pas besoin de sexe, elle ? Ha mais ça doit pas être une femme, les femmes, c’est juste les belles. Et ta grande-tante avec des poils sur le menton, elle a pas besoin de sexe? Elle a des mecs qui accourent quand elle siffle? Elle a bien de la chance !

Non, messieurs. Quand on est une femme, on a pas des bites à disposition n’importe quand pour s’envoyer en l’air. Même si on fait partie de la minorité correspondant à peu près aux canons de beauté en vigueur (si tant est qu’il soit possible d’y correspondre), on a pas 50 amants qui font la queue (!) derrière la porte. Quand on a envie de sexe, on fait comme vous, on se prend en main.

L’existence de la prostitution ne répond pas à un besoin d’avoir des partenaires sexuelles; elle répond à un « besoin » socialement construit qui est celui d’avoir une femme à disposition pour baiser, n’importe quand, n’importe comment, sans nécessité de séduction, juste en allongeant la monnaie et hop. Mais si ce besoin existe, c’est parce qu’on le créé culturellement. J’ai une vie sexuelle normale, mais je n’ai pas des hommes à disposition pour coucher avec moi n’importe quand, et je n’ai pas besoin qu’ils le soient. Les hommes n’ont pas « naturellement » besoin d’avoir un vagin disponible pour n’importe quelle érection qu’ils pourraient avoir dans la journée. Ce besoin est un leurre. Les hommes ont besoin, comme les femmes, d’une vie sociale, sexuelle et affective, et la prostitution est incapable de répondre à ce besoin. Elle n’existe que pour rassurer les hommes, elle intervient dans le cadre de la construction de soi,  répond à des besoins égotiques, elle touche à l’image de soi. Comme je l’ai démontré hier, elle est un des piliers de la construction sociale de la virilité. On va voir des prostituées pour « être un hommes ». Avoir un rapport sexuel n’est sans doute même pas aussi important que de savoir qu’on peut l’obtenir si on le désire, quand on le désire, qu’elles sont là pour ça. « Elles attendent pour ça », disait le client.

Cette « misère sexuelle » qui toucherait exclusivement les hommes, je n’y crois pas une seconde. C’est vrai, il y a beaucoup de misère sexuelle et affective, parce qu’on vit dans une société de consommation, dans une société puritaine où le sexe est tabou. Mais je ne vois pas en quoi acheter du sexe et de l’amour entraverait cette misère, qui serait soi-disant réservée aux hommes. Les hommes font face à un type particulier de « misère sexuelle » qui les fait se lamenter sans cesse, parce qu’ils prennent les femmes comme des objets. Ils pensent qu’ils sont malheureux parce qu’ils n’ont pas de femme, ils n’ont pas de femme parce qu’ils se comportent avec elles comme si elles devaient être leurs domestiques. Et ils se disent « je suis un mec bien, je suis gentil, pourquoi elles couchent pas avec moi, ces salopes ? Les grosses putes ! Je suis gentil, pourtant. »

Ouais. Je l’ai dit, Poire est un gentil garçon. Moins gentil quand il reproche à Cerise de ne pas coucher avec lui et la traite de salope, et rêve secrètement de faire de la purée de melon avec son petit copain (vous savez, le mec qu’elle aime). Moins gentil aussi quand il va aux putes et se tape des immigrées roumaines sous coke qui parlent à peine français. Ha oui, parce que oui, je vous l’ai pas dit, mais Poire va aux putes. Et cette fois, tout roule pour lui: il paye, et il a ce qu’il veut. Il ne comprend toujours pas pourquoi ça ne marche pas avec Cerise. Avec les putes, ça marche. Il s’en veut un peu, il culpabilise, mais ça le rassure, quelque part. Il se dit qu’il n’a pas faux sur toute la ligne.

On devrait peut-être arrêter d’éduquer les garçons comme ça. Juste une idée.

93 réflexions au sujet de « Misère sexuelle mon cul »

  1. Je lis attentivement tes différents billets sur la prostitution et j’ai un certain malaise qui se dégage.
    Tout comme toi, je réfute l’argument misère sexuelle. Un individu en misère sexuelle, quel que soit son genre, il/elle s’inscrit sur certains sites bien particuliers et il/elle trouvera son plan cul et ce sans payer autre chose que l’abonnement. Par contre, cela lui demandera du temps et des efforts et je pense de fait que l’on touche un des noeuds du problème: la prostitution, c’est de la consommation sexuelle, facile, presque à disposition pour des hommes comme des femmes (elles sont peu, mais elles existent). Bref, c’est la manifestation la plus pure de la marchandisation des corps par le biais d’un contrat tarifé entre un client et un-e prostitué-e.

    Tel que la prostitution existe actuellement, c’est clairement un outil du patriarcat abusant des femmes au profit des hommes.

    En revanche, en quoi pourrait-on interdire à des hommes comme à des femmes de vendre librement leur faveur sexuelle à qui le voudra?
    Que dire des femmes (et des hommes dans une moindre mesure) qui se font entretenir par un mariage où les relations sexuelles sont simplement ce qu’elles vendent à leur mari en échange de biens matériels? De la prostitution légale? Et la souffrance est pourtant toute aussi présente pour ces femmes.

    Autre point qui n’est pas abordé dans tes billets: la prostitution des hommes et des transexuels..
    La prostitution est largement représentée chez les femmes mais qu’en est il des autres?
    Lors de la réunion d’information du collectif 8 Mars pour toutES à laquelle j’ai eu la chance d’assister vendredi dernier, des travailleurs du sexe masculin ont pu s’exprimer et Giovanna Rincon d’Acceptess-T s’est également exprimée. La prostitution peut être choisie, subie, ou pour le cas de personnes transexuelles, une nécessité puisque la société dans son ensemble refuse à ces personnes d’exister, tout simplement, en leur refusant d’accéder à un emploi, à des logements, en les précarisant. Et ce ne sont pas les politiques migratoires des pays de l’UE qui vont améliorer cela puisque les états poussent les personnes migrantes à se prostituer pour obtenir l’argent nécessaire pour s’installer dans la société.
    Pour reformer les clients, à nous, peut être de réformer la société et de donner des places à ces personnes qui se prostituent, ne pas simplement les « abolir » en se contrefichant de savoir ce qu’elles vont pouvoir faire pour continuer à survivre mais plutôt leur donner une place valorisée dans la société, soit en leur donnant des droits les protégeant des clients, soit en leur offrant une véritable alternative économique hors prostitution (genre autre chose que la plupart des boulots qui consistent à s’aliéner complètement à un patron imbécile qui gagne bien plus que toi pour bien moins de travail…).
    Tu l’auras compris, je suis contre la pénalisation des clients parce que je pense que l’on s’attaque aux mauvaises conséquences et que cela risque de faire plus de mal aux putes en les précarisant encore plus aux yeux de la société (d’ailleurs, merci la LSI qui fait qu’une pute agressée ne pourra jamais porter plainte à un poste de police, forcément le racollage, c’est le mal -_-’)

    • La prostitution àmha ce n’est pas le sexe facile, c’est plutôt le sexe sans ambiguïté… D’ailleurs, je devrais aller « aux putes », je ne saurais pas comment m’y prendre là, de suite… (chuis pas un homme, un vrai, et j’ignore où on apprend aux hommes à se construire en y allant :-) ) J’aurais plus de facilité à aller sur un site de rencontre. Mais les sites de rencontre, on ne sait jamais formellement ce que les gens viennent y chercher.

    • Il faut lire attentivement. J’ai déjà dit que je m’opposais à toute interdiction de faire ce qu’on veut de son corps, y compris le vendre ou le louer. D’ailleurs j’en parlais déjà dans « la pute, la sainte et celle qui n’existe pas »: ok, on a le droit de se prostituer, mais ça me parait complètement dérisoire comme droit à revendiquer, il faut voir plus loin.

      Sinon c’est vrai que je parle surtout au féminin quand je parle des prostitué-e-s, mais c’est parce que je ne pense pas que le masculin doivent nécessairement l’emporter, donc comme il y a une majorité de femmes, je parle au féminin. Je ne vois pas en quoi la prostitution des hommes ou des trans est différente de celle des femmes, non? Dans le cas des transexuels c’est un peu particulier parce qu’ils revendiquent souvent le droit de se prostituer, cela fait partie pour certains d’entre eux de tout ce qui définit la féminité (comme ça peut être le sac à main, la fragilité ou le rouge à lèvre). D’autres comme tu dis n’ont pas le choix et déjà ça c’est un gros problème et c’est une des raisons pour lesquelles ont devrait interdire aux gens de profiter de la situation de ces personnes.

      Sinon je pense qu’interdire aux gens de se prostituer est débile, ils ne font rien de mal. Surtout si c’est pour les envoyer dans les usines parce que franchement des fois il vaut mieux être pute qu’ouvrière, ça rapporte plus. Sinon je ne vois pas en quoi pénaliser les clients va pénaliser les putes, la prostitution est déjà plus ou moins dissimulée de toutes façons. Moi quand on assimile la pénalisation des clients et celle des putes je ne peux pas m’empêcher d’y voir une défense du système plus qu’une défense des prostituées.

      • Pénaliser, c’est inciter le fautif (ou celui en passe d’être fautif) à chercher des moyens de contourner le problème en se posant dans une situation qui peut se révéler d’autant plus dangereuse.
        Pour faire une analogie avec le droit d’auteur (et les ayants droits qui tentent de faire régner leur loi en imposant des verrous un peu partout), pénaliser le client, c’est comme tenter d’empêcher le téléchargement illégal en pénalisant celui qui télécharge, puisque ce dernier trouvera le moyen de contourner la loi (et donc la peine) en basculant vers des moyens alternatifs pas toujours safe.

        C’est exactement le même principe avec la pénalisation du client. C’est incité le client à utiliser des moyens clandestins, à repousser les putes toujours plus loin dans la précarité, dans les moyens de contacter les clients, d’exercer.

        Pénaliser le client, c’est bien, dans la mesure où il y a derrière des mesures concrètes et immédiates de réinsertion des putes dans la société (en gros, pas des promesses de réinsertions dans 6 mois mais tout de suite). Là tel quel, je vois surtout (passez moi la vulgarité), une certaine branlette élitiste de la part du gouvernement socialiste avec des effets pyrotechniques et une belle instrumentalisation des féministes toujours plus divisée sur la question.
        Abolir, ça a l’air cool sur le papier, prendre des mesures concrètes pour réellement protéger les putes, c’est autre chose, sans compter le silence coupable du ministère de la santé (bah vi, les MST/ Le sida, c’est sans doute pour le chien) qui n’est pas du tout convié à la réunion Vallaud-Belkacem/Valls (ah le premier flic de France qui reprend les dossiers de Guéant avec un fanatisme inquiétant).

        • Tu oublies une chose, c’est que si les hommes vont voir des prostituées, c’est avant tout parce qu’ils s’y sentent autorisés. Ils estiment qu’ils ont le droit à un rapport sexuel n’importe quand. Ce que tu dis est totalement en contradiction avec cette étude par exemple: 110 clients interrogés en écosse.

          les pays dans lesquels ils ont eu recours à la prostitution sont en premier lieu les Pays-Bas (35%), puis l’Allemagne (18%), puis l’Espagne (11%) — tous trois pays réglementaristes ! —, alors que l’on tombe sous la barre des 10% pour toutes les autres destinations citées. L’aspect légal est donc fortement incitatif, et certains l’avouent : « Si ce n’était pas légal, je ne le ferais pas ».

          Plus bas, il y a une liste des raisons pour lesquels les clients estiment qu’ils cesseraient d’être clients.

          On peut pas comparer avec le téléchargement. Si les gens téléchargent c’est en partie parce qu’ils estiment qu’ils ne font de mal à personne et que les lois contre le téléchargement sont abusées, surtout quand on voit le prix des films et de la musique. Et aussi en partie parce qu’ils savent qu’ils ont une chance sur un million de se faire chopper.

          Moi j’ai discuté avec des clients, ils m’ont souvent dit que les premières fois, ils y sont allés par curiosité, pour voir, parce qu’ils avaient l’occasion… Ca ressemble pas du tout à un discours du type « j’y serais allé de toutes façons même si c’était interdit ». Y a peut-être des gens qui pensent ça mais j’en ai pas rencontré (enfin j’ai pas discuté avec énormément de clients, mais le côté « j’y suis allé parce que je pouvais / je le fais parce que je peux » m’a souvent frappée).

          Tu pars du principe que le besoin de prostituées est un truc super fort et super figé, alors que justement, c’est pas un « besoin » ni « nécessaire » que ça. Si on n’éduquait pas les hommes comme s’ils y avaient droit, et si on ne leur faisait pas comprendre en permanence qu’ils y ont droit, je ne pense pas qu’ils considèreraient ce « besoin » comme si impérieux.

          • Ce n’est pas un besoin nécessaire, c’est une évidence. En revanche, effectivement, c’est là et il faut trouver des solutions car il y a des êtres humains derrière. La position abolitionniste me donne juste la nausée car j’ai l’impression qu’il n’y a pas de propositions concrètes (je répète ce que je disais dans mon message précédent). C’est bien joli d’abolir la prostitution, mais on fait quoi des gens qui en vivent et à qui on ne propose aucune place dans la société?
            On les laisse crever sous les ponts? On les raccompagne à la frontière pour celles et ceux qui ne sont français? (Valls sait bien le faire ça ;-) )
            Parce qu’étrangement, il parait que nous sommes sous le coup d’un plan d’austérité et je ne suis pas certain que les principaux consommateurs de prostitués au gouvernement (étrange que la plainte portée contre DSK pour le carlton de Lille ait été retirée, encore plus étrange qu’un quotidien régional rapporte que l’agression d’une prostituée à Toulouse n’était qu’un différend commercial et tout cela début octobre…) soient à même d’offrir cette mâne à ces personnes qu’ils proposent d’effacer et d’abolir (gouvernement qui refuse de parler avec les mouvements féministes anti abolitionnistes, soit dit en passant, et de fait, qui empêche tout débat pour mettre en place des solutions bénéfiques avant tout pour les putes)

            Concernant l’étude, est ce que nous avons la même faite en France?
            Ce serait intéressant de croiser les études dans ce cas et surtout d’avoir un panel éventuellement plus large, d’avoir des chiffres en brut à tous les niveaux. Soit je cherche mal, soit il n’y en a pas…

          • Sur le lien donné par Lise Bouvet il y a beaucoup d’études qui semblent plus ou moins aller dans le même sens.
            le client prostituteur

            Quant aux problèmes de « ce que vont faire les prostituées après » franchement… Est-ce que tu défendrais la prostitution des gosses parce que s’ils se prostituent pas ils auront plus d’argent ? Non? Bon ben les adultes c’est pareil. J’aime pas du tout ce genre de raisonnement selon lequel une mauvaise solution, c’est encore mieux qu’une solution encore inconnue…
            C’est comme les gens qui demande ce qu’on va faire des animaux si on les mange plus. Ce qu’on fait est mal, mais comme on sait pas ce qu’on fera si on arrête, ce sera forcément pire.

          • C’est un peu une déformation professionnelle de végétariens : on sait que les problèmes ne seront PAS résolus rapidement.
            C’est le principe de l’abolitionnisme aussi, les solutions « radicales »(efficaces, quoi), paradoxalement, c’est d’éduquer et de laisser faire le temps, et pas d’essayer de bouleverser le système d’un seul coup ..

            Enfin, jcrois .. =/
            Pour les « propositions concrètes », pénaliser le prostituteur ça à l’air d’être un bon début, mais j’en sais pas plus que toi, sûrement moins.

        • Euh, mais c’est évident qu’il faut des mesures de réinsertion pour les prostituées, et pas simplement pénaliser l’achat d’actes sexuels ! Toute féministe abolitionniste est évidemment pour que les ex-prostituées puissent trouver un travail et un logement.

          Si tu lis les 30 propositions du rapport parlementaire, on voit bien qu’il n’y a pas que la pénalisation du client.
          http://www.prostitutionetsociete.fr/actualites/actualites-france/30-propositions-novatrices-pour

          • Et on fait quoi de celles qui veulent pas se « réinsérer » et veulent continuer à se prostituer?

          • Oulah, on est bien contredit par ce détail insignifiant.

            Du coup, autant ne rien faire du tout, effectivement.

            Puisqu’il y en a une minorité insignifiante qui se satisfait de sa situation, il faut ignorer l’immense majorité qui voudrait qu’on l’aide.

            Bien vu l’aveugle !

          • Tiens tout d’un coup la minorité n’a pas d’importance face à la majorité. C’est bien parce que « on » se fout de ce genre de « détails » que je tique un peu sur les discours de ceux/celles qui parlent à la place des autres.

          • Et là t’es en train de faire quoi? Tu serais pas en train de parler à la place des autres, par le plus grand des hasards?

          • On a un ensemble : les prostitués
            Deux sous-ensembles :
            Une majorité qui veut qu’on l’aide.
            Une minorité qui veut pas qu’on l’aide.

            Donc on ne doit aider personne, c’est ça la logique ? On ne peut pas aider ceux qui ont besoin d’aide, sous prétexte que d’autres ne veulent pas qu’on les aide ?
            Dude, on prend de la place dans les commentaires, je comprend même pas pourquoi. Pose tes questions à quelqu’un d’autre, ou va lire un peu Descartes, histoire d’avoir le minimum syndicale de notions en logique et en humanisme.

          • Lire Descartes, la bonne blague franchement (mais c’en est peut-être une?), mais je suis un peu trop moniste et athée pour aimer un dualiste…

            Tu parles d’abolition mais finalement tu dis que celles qui veulent se prostituer peuvent le faire (et dans quelles conditions donc?), c’est une drôle d’abolition ça. Mais dont acte alors.

          • C’est pas compliqué pourtant. Les prostituées ne font rien de mal, elles essaient juste de vivre. Pourquoi les punir ou les réprimer ? Ca n’a pas de sens. En revanche les clients profitent de leur situation difficile pour abuser. Et ne viens pas me dire que les clients font la différence entre une occasionnelle qui arrondit ses fins de mois et une immigrée, une toxico, une fille desespérée qui a absolument besoin d’argent, sous le contrôle d’un prox ou d’un réseau… Non, je suis désolée, y a aucun moyen de faire la différence, aucun moyen de savoir si ce que tu fais avec une prostituée l’indiffère ou la dégoûte profondément. Y a qu’à lire les témoignages – pas que ceux du STRASS de préférence, qui les sélectionnent parce qu’ils ont intérêt à ce que la prostitution continue (d’ailleurs y a pas que des putes au strass, loin de là, et y a une majorité d’hommes). De toutes façons quand une prostituée te dit que ça lui plait et qu’elle adore le sexe, il faut pas être naïf non plus. Moi aussi je dirais ça à sa place, même si c’était pas vrai. Moi j’accorde de l’importance à tous les témoignages, pas seulement les négatifs. Je les lis tous. Et j’en prends aucun pour parole d’évangile. Je m’en sers pour réfléchir, pour avancer.

            Donc un prostituteur c’est quelqu’un qui ne sait pas ce qu’il achète, qui fait peut-être du mal à quelqu’un, et qui généralement s’en fout (ou ne s’en préoccupe que très superficiellement). Y a aucune raison d’autoriser ça.

        • Et je ne vois pas où j’ai parlé à la place des autres, de fait je ne fais que répéter ce que disent certaines prostituées (voir le STRASS par exemple) actuellement face à la loi en passe d’être votée, mais apparemment ce ne sont pas de « bonnes » prostituées car elles ont un discours différent de la plupart des assos féministes (d’ailleurs seul le planning familial a pondu un communiqué intelligent à mes yeux).

          • Pourquoi répéter ce que disent certaines prostituées et occulter ce que disent les autres? Ce n’est pas ce que je fais ici. Tu crois peut-être qu’il n’y a aucune prostituée ou ex-prostituées parmi les abolitionnistes, mais c’est faux. Il est normal que certaines prostituées défendent leur gagne-pain dans cette jungle urbaine ou les plus faibles peuvent crever la gueule ouverte. Il est même « surprenant » qu’elles ne le fassent pas toutes (moins quand on se rend compte de la stigmatisation, de la façon dont les clients les traitent, etc).
            Des putes heureuses? Possible, y a surement toutes sortes d’opprimés qui parviennent à trouver une forme de satisfaction à leur condition. Ce n’est pas ce qui m’intéresse ici, je m’intéresse à la prostitution comme phénomène de société, je questionne son utilité. Non pas pour les prostituées (elle est claire: elle leur permet de gagner de l’argent) mais pour les clients.

    • « En revanche, en quoi pourrait-on interdire à des hommes comme à des femmes de vendre librement leur faveur sexuelle à qui le voudra? »

      L’abolition de la prostitution ne vise en aucun cas à interdire à qui que ce soit de vendre son corps en temps qu’objet masturbatoire.
      L’abolition de la prostitution se concentre uniquement sur trois axes:

      1/ La lutte contre les proxos. 98% des personnes prostituées le sont par contrainte. Si la majorité (80%) sont de sexe féminin, une part non négligeable des esclaves sexuels sont des personne mineures.

      2/ L’ouverture vers des portes de sortie pour toutes celles et tous ceux qui sont tombés dans la spirale sous la pression de la misère, et non par choix.

      3/ La pénalisation du client-prostituteur, personnage au centre de tout le système et dont la présence sur terre explique la traite immonde que subissent les 98% de personnes qui sont réduite à l’esclavage sexuels par les proxos.

      Le fait que 2% des personnes prostituées le soient sous pression de la misère plutôt que sous celle d’un esclavagiste n’excuse en rien l’acte de soutenir ce système criminel en consommant ce genre de service.

      On ne va pas créer de « Label Rose » ou « d’AOC certifié papiers en règle » pour différentier les personnes qui sont en situation de prostitution parce qu’elles avaient le choix entre le viol rémunéré et la rue, de celles qui sont prisonnières d’organisations criminelles. Premièrement parce que ce serait impossible, ensuite parce que cela ne servirait à rien.
      Donc le client RESTE dans l’incapacité de savoir s’il profite d’une organisation criminelle ou d’une personne en proie à la misère tentant de survivre comme elle peut.

      Profiter des actes de criminels meurtriers esclavagistes éhontés est de la complicité de crime, du recel de personne.
      Profiter de la misère humaine pour son petit plaisir érotique est juste dégueulasse au plus haut point.

      Ce pourquoi il est impensable de laisser l’acte de consommation de chaire humaine impunie.
      L’abolition de la prostitution est une nécessité, et le seul volet concernant les personne prostituée doit être celui qui leur propose aide et solutions d’avenir.

      • « L’ouverture vers des portes de sortie pour toutes celles et tous ceux qui sont tombés dans la spirale sous la pression de la misère, et non par choix. » et j’ajouterais: à celleux qui RESTENT dans la prostitution par contrainte financière.

  2. Chouette article ..
    Mais jcapte pas trop le sens des liens dans la première citation …
    Ils sont pour là souligner la différence entre le respect qu’on a pour l’institution en question, et la connerie et la vulgarité de ladite institution ? C’est ça ? =)

    Enfin bref, ils ont fait ce qu’ils ont pu à leur époque, mais c’est sûr qu’entendre les mêmes arguments 8 siècles plus tard … La prostitution, c’est une solution moyen-àgeuse pour des problèmes moyen-àgeux, du coup ?

    • J’avoue c’est un copier-coller de Wikipedia, parce que j’arrive plus à remettre la main sur l’article un peu plus sérieux qui parlait de la perception de la prostitution par l’église… D’où les liens, enfin je suppose que tu avais compris

  3. pour ma part j’ajoute une question au problème parce que j’aime bien compliquer les choses (^^) :
    si on mettait demain en place le revenu garanti universel, combien resterait-il de prostituées?

    la même question peut être posée avec d’autres « si ». par exemple, si, comme aux états unis, on autorisait la commercialisation d’ovules ou la gestation pour autrui moyennant finances, combien de femmes acculées iraient encore louer leur corps à mille hommes pour le prix de dix ovules ou d’un seul enfant porté?

    il est clair que la question du devenir social des personnes prostituées est primordiale.
    il est clair qu’en l’absence de plein emploi il y aura de plus en plus de sacrifiés, et de plus en plus de recours à la prostitution comme outil de survie, en Espagne, ligne de front de la crise avec la Grèce, ils en ont fait une formation déjà (sisi) (http://www.melty.fr/espagne-une-formation-pour-devenir-prostituee-a131226.html).
    le revenu garanti s’impose de lui-même.
    et avec lui la refonte totale de nos rapports sociaux ET des rapports hommes femmes, par le simple fait de la disparition de la dépendance quasi obligatoire (question de rang de naissance, mais bon, on n’est pas toutes nées au pays des poneys loin s’en faut, demandez à vos voisines) de ces dernières.

    à part ça voir claude guillon chez l’elfe, je sais pas, ça m’a redonné confiance dans l’humain. alors comme ça vous savez vous trouver entre gens de bien? cool. on va monter une armée.
    :)

    • Bah voilà, des solutions concrètes et qui ne sont pas un moindre mal, bien au contraire. Prendre en compte l’avenir des personnes que tu vas toucher de plein fouet avec cette loi…
      Sauf, que, bizarrement, mon pessimisme ambiant a tendance à penser que c’est assez utopique, les milieux financiers et de pouvoir profitant largement de la prostitution actuellement (et en profiteront d’autant plus une fois la loi de pénalisation votée et appliquée…)

      • c’est comme tout le reste, ils vont pas nous le donner sur un plateau, hein…
        (je vais essayer de retenir mes élans libertaires m’enfin le coeur y est^^)
        ceci étant y’a du monde qui bosse sérieux sur le sujet revenu garanti depuis un moment et même sans passer par la case révolution l’idée se justifie très bien économiquement et a sa place dans les échanges politiques avec l’ordre actuel des choses.
        on peut cliquer chez le monsieur là et suivre le chemin de briques jaunes pour en savoir plus :
        http://www.tetedequenelle.fr/

        une armée de gens de bien, je disais, hein.
        :)

        • Si ça peut en intéresser certain-es, il y a un sociologue, Lilian Mathieu, qui parle de ces mesures d’ordre non directement spécifiques pour améliorer la situation des personnes prostitué-es dans un article de alternatives libertaires, et de nouvelles questions féministes.
          Je précise que je ne suis pas d’accord avec la perception de Mathieu de l’abolitionnisme, mais que ses propositions me semblent de bon sens.
          http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article3683

          • « Pour finir, Lilian Mathieu propose des mesures d’aides ne se centrant pas sur la condition prostituée mais s’attaquant à la précarité qui est, comme il le montre, le foyer principal de la prostitution. Il préconise ainsi, entre autres, l’élargissement du RMI aux moins de 25 ans, la revalorisation du revenu minimum, et la fin des politiques répressives en matière d’immigration. »

            À moi ça me semble de très bon sens … Là on traite le problème à la racine, pas comme avec un plan genre « ok on ré-insert celles là, et dans un an on vient récupérer celles de la prochaine récolte » … C’est nécessaire, mais ça s’appelle pas une solution, c’est traiter les Conséquences, pas le problème.
            Enfin, jcrois.

  4. « Je doute qu’une femme proposant uniquement des discussions et des petits câlins pour les mêmes tarifs (environ 300 euros de l’heure) rencontre un grand succès. »

    La psychanalyse ce n’est pas un peu ça ? Bon c’est vrai sans les petits câlins…

    Sinon merci, super articles.

  5. Je pense que @pupuce marque un point avec le revenu universel. Ce serait beaucoup, beaucoup plus sain, il resterait peu de prostituées, et on pourrait donc avoir moins de doute sur la volonté de la personne de s’adonner à la pratique.

    Néanmoins, je connais des prostitués qui ont le choix en un boulot ordinaire et la prostitution, et qui choisisse la deuxième solution.

    Enfin le problème de reprocher à x de ne pas coucher avec z est une autre problématique. Il y a là un grave problème d’éducation. Et oui, si tout le monde était mieux éduqué, plus respectueux, moins sur les dents et ne croyait pas au droit (que dis-je, au devoir!) du coït, il y aurait moins de prostitution.

    Mais elle ne disparaîtrait par pour autant. Car il y aura toujours des hommes qui voudront une chance de coït malgré le rejet systématique par toutes les femmes. Il y aura toujours des hommes qui voudront un coït sans avoir à discuter avec sa partenaire, car il n’a pas envie de parler, il a envie d’éjaculer. Il sera prêt à payer pour cela. Et quand il y a une demande, l’offre finit par se former. Les prix changeront, les acteurs changeront, mais la prostitution restera.

    Bon, évidement, il ne s’agit pas de parler de « misère sexuelle », ce n’est pas la caliméro show non plus. La formule est bonne cela dit.

    • Holala, encore des clichés à deux ronds… Mais oui les femmes ont forcément besoin de parler avant de baiser, il faut leur faire la cour et leur offrir des fleurs !
      Mais oui si les hommes sont « rejetés par toutes les femmes », c’est pour AUCUNE RAISON !
      Quand j’en aurai marre de parler dans le vide et de me heurter à un mur de clichés, j’arrêterai de valider tes coms, parce que ça ne sert strictement à rien.

      De toutes façons tu ne prend même pas la peine de lire attentivement. Je répète: j’entends par prostitution toute activité de service sexuel par laquelle une personne assure sa subsistance.
      Je me demande bien pourquoi les gens viennent ici écrire des romans sans même prendre la peine de se poser deux ou trois petites questions simples et sans même lire les articles et les comprendre. Bonjour les débats stériles.

    • « Néanmoins, je connais des prostitués qui ont le choix en un boulot ordinaire et la prostitution, et qui choisisse la deuxième solution. »

      Il est impossible à une personne, quelle qu’elle soit, de choisir la prostitution tant qu’elle n’en est pas arrivée à considérer que son désir comme son consentement à l’acte sexuel sont des points secondaires.

      Secondaire, comme dans « rien d’essentiel »
      Si vous ne voyez pas la violence qui se cache dans ce simple point, c’est que vous avez un problème grave. Personne ne devrait être réduit à voir son désir et son consentement « secondaires ». Désir et consentement devraient au contraire êtres des principes dont l’absence est critique en terme de relation sexuelle.

      Et ça, c’est une question d’éducation.
      Dans un monde ou les deux sexes sont éduqués, dès le plus jeune âge, à respecter le consentement et le désir d’autrui, la prostitution comme le viol ne sont plus possible, sinon de manière très marginale.

      Alors, bien sur, il y a toujours des ratés. Ce n’est pas parce que l’école est ouverte à tous et gratuite que 100% des français savent lire à 16 ans. Il y aura toujours des illettrés et des analphabètes.

      Mais si l’on compare le taux d’alphabétisation de la population entre 1820 et aujourd’hui, on voit bien qu’il y a eu une complète inversion des statistiques.

      Éduquer ne fera jamais disparaitre le crime.
      Mais cela y contribue fortement.

  6. Pas mal de passage de ce billet et des précédents font écho à l’article « Prostitution – les pièges du pragmatisme » de Mona Chollet, sur Périphéries.
    http://www.peripheries.net/article216.html

    Morceaux choisis :
    « Dans un reportage de Libération (23 juin 2006) sur des prostituées brésiliennes qui ont lancé leur propre ligne de vêtements et organisé un défilé de mode, Jane, 31 ans, clamait : « Je suis prostituée parce que j’aime ça. Je n’ai pas besoin d’argent. » Bon, d’accord ; mais, si réellement elle se prostitue parce qu’elle aime ça, et si réellement elle n’a pas besoin d’argent, alors pourquoi ses clients ne sont-ils pas simplement ses amants ? Pourquoi les fait-elle payer ? Les tenants du réglementarisme font vibrer la corde sensible en nous peignant le tableau poignant – et certes bien réel – de putes au grand cœur victimes d’un injuste mépris social, mais il semblerait qu’il y ait encore plus difficile à assumer que le « stigmate de pute » : le « stigmate de salope ». N’est-ce pas plutôt le second qu’il vaudrait la peine de retourner et de revendiquer fièrement ? Cela présenterait l’avantage de ne pas avoir de conséquences néfastes pour la cause des femmes ; ce qui, on va le voir, est très loin d’être le cas avec le premier. »

    « L’accusation de puritanisme est d’autant plus inepte que, une fois dissipé le nuage de fantasmes entourant la prostitution, certains chercheurs en viennent à conclure que le sexe, paradoxalement, n’y joue qu’un rôle secondaire. C’est au point, écrivent Bouamama et Legardinier, qu’on peut se demander « s’il y a vraiment du sexuel » dans cette affaire. Son attrait, disent-ils, tient à la « mise à disposition » et au « rapport de domination » davantage qu’au plaisir sexuel à proprement parler – les groupes dominés, femmes et minorités ethniques, sont d’ailleurs surreprésentés parmi les personnes prostituées, et la prostitution est le lieu privilégié à la fois du sexisme et du racisme. De nombreux clients décrivent leur délectation à tourner sans fin en voiture en passant en revue les prostitué-e-s qui tapinent, sans forcément passer à l’acte ; ce qui invalide quelque peu, d’ailleurs, l’idée d’une « pulsion irrépressible », physiologique, nécessitant une satisfaction urgente, qui rendrait la prostitution inévitable. Les auteurs définissent la prostitution comme un « laissez-passer pour la violence » : la violence ne serait donc pas liée aux seules conditions d’exercice de la prostitution, qu’il suffirait d’améliorer, mais bien à son principe même. »

    « De surcroît, les clients rencontrés par Bouamama s’avouent déçus par le plaisir sexuel faible ou nul que leur apporte une passe, et en rejettent la faute sur la prostituée, accusée de ne pas mettre assez de cœur à l’ouvrage : « La plupart de ces hommes sont insatisfaits alors même qu’ils reçoivent ce qu’ils ont acheté. » S’ils éprouvent une satisfaction, c’est celle de se sentir « soulagés » ou « rassurés » (ces deux mots, dit le sociologue, reviennent sans cesse) parce qu’ils ont prouvé leur conformité à un certain modèle de normalité masculine. Un modèle qui porte bien sûr une forte charge de souffrance et d’humiliation potentielle : certains disent ne pas oser redescendre trop vite de peur que leurs copains se moquent d’eux, ou redoutent que la prostituée ne vende la mèche de leur piètre « performance » à un de leurs camarades. Leur réflexion amène les auteurs à conclure à une absence persistante de réelle mixité dans la socialisation des garçons et des filles – et pas seulement dans les banlieues chaudes, loin de là ! Un mal auquel la prostitution est censée remédier, mais qu’elle ne fait qu’aggraver. »

      • yep.
        je dis merci aussi.
        claude guillon et mona chollet. j’aime ton blog, l’elfe, non seulement j’aime te lire mais en plus j’y retrouve d’autres que j’aime aussi. ^^

        de mona il faut lire aussi chez zones le dernier sur l’aliénation féminine, « beauté fatale »
        http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=149
        il y a probablement un lien aussi entre le formatage du physique des femmes, cette course à la séduction (hétérosexuelle, je suis pas calée en homosexualité je vais m’abstenir sur ce point même si comme ça empiriquement je dirais que j’ai vu pas mal de choses qui m’ont rappelé le fonctionnement des couples hétéros au moins sur ce point) permanente, et le recours de certaines à la prostitution plus ou moins assumée voire revendiquée, comme pour dire au monde « je suis une nana qui plaît et qui s’en sert habilement pour gagner sa vie, je suis ce que la société attend de moi et ça me rapporte du fric, je suis une winneuse », un message de cet ordre là, comme pour inverser le rapport de domination en utilisant les armes ennemies, en fait…
        c’est un comportement qu’on retrouve aussi beaucoup dans les relations de couple au niveau de l’utilisation du sexe comme monnaie d’échange ou moyen de pression pour régler un conflit ou obtenir une participation aux tâches ménagères…on a d’ailleurs vu encore il y a peu de temps un article dans Elle qui nous suggérait de recourir à la fellation pour satisfaire notre mâle et en retirer quelque chose, ce qui exclut totalement la pratique gratuite et purement à titre de plaisir de la chose…
        tu ne feras pas ce que tu voudras, femelle, par défaut tu n’es pas une « chaudasse », allons…
        toujours sur le même thème on retrouve donc aussi le problème de l’étiquette « salope » dont se retrouvera assez facilement celle qui aime le sexe sans compensation quelle qu’elle soit (et l’exclusion de la « salope » est un phénomène courant chez les jeunes filles, on gagne en connaissance humaine à lire les murs facebook des petits jeunes…), sans rien en retirer de l’homme ou des hommes à qui elle plaît…
        une étiquette qui n’est pas sans rappeler celle des actrices pornos par exemple dont le grand public conçoit souvent assez mal qu’elles puissent avoir une vie en dehors du sexe, le pire étant à affronter pour elles quand elles décident de devenir mères (le clivage maman/putain dans la même femme ça passe mal, en général)…
        on retrouvera la même étiquette « salope » sur la femme divorcée qui ne « refait » pas sa vie mais papillonne à loisir, ou sur ce qu’on appelle maintenant les « cougars » (rien que les hommes ne fassent depuis la nuit des temps, préférer jeunesse et beauté c’est assez banal somme toute), un comportement qui venant d’une femme est assimilé à une forme de prédation fautive, un vol de jeunesse, quelque chose comme ça, encore une fois une inversion du rapport de domination préexistant…

        au final tout se passe à tous les niveaux comme si la vie sexuelle d’une femme devait par défaut être dépourvue des notions de désir et de plaisir, comme si nous devions uniquement satisfaire un homme (quota minimum^^) ou plusieurs, et que la seule autre manière permise d’user de nos charmes était de les monnayer d’une manière ou d’une autre, soit en vue de mieux plaire, soit pour obtenir quelque chose du mâle attitré, soit pour de l’argent, les deux comportements n’étant pas jugés compatibles chez la même femme.

        si on ajoute à ça le contrôle du corps médical (essentiellement masculin) sur les fonctions sexuelles et reproductrices féminines pendant toute la durée de la vie sexuelle, la dépendance financière obligatoire aux parents au début de la vie sexuelle, le peu d’indépendance qu’on peut glaner par la suite, les systèmes de congé parental et autres soucis de gestion de la maternité qui nous remettent assez rapidement sous dépendance du conjoint (sauf celles qui sont nées chez les poneys mais on va essayer de dire qu’elles ne sont pas les plus nombreuses quand même)…
        on a au final un joli tableau de domination où il me paraît assez peu probable que se détache la figure d’une prostituée réellement consciente de ses conditionnements et pouvant se revendiquer d’un choix professionnel libre et éclairé.

        (enfin bref, je suis féministe. ^^)

        • et donc le rapport, quand même, parce qu’il y en a un, c’est que la prétendue misère sexuelle des hommes se retrouve dans les cas que j’évoque utilisée comme arme par les femmes pour inverser le rapport de domination…ce qui n’est pas idiot sur le principe mais contribue malheureusement à faire perdurer l’idée qu’ils en ont, des « besoins », et que nous, pas, nous on est juste là pour les satisfaire ou non.
          une femme forte ce n’est pas une nana qui assume ses besoins c’est une nana qui sait contraindre un homme à réprimer ou non les siens. le rapport d’infériorité présumée demeure donc.

          bilan des courses il y a beaucoup de travail d’éducation populaire à faire, je crois, et il faut sérieusement qu’on attaque le sujet de la sexualité de front auprès de nos enfants (et ce n’est pas du tout une mince affaire, et on n’est pas aidées dans cette tâche…dit pupuce qui est accessoirement mère isolée de deux garçons) (pour les réservations demandes en mariage et options de cougarisation merci d’adresser à elfe qui transmettra^^).

  7. Je serais curieux de commaître la source exacte des opinions de Thomas d’Aquin sur la prostitution…
    Merci de préciser le lien (je pense que c’est du domaine public!)

  8. Hello,

    Je ne suis pas très douée pour élaborer des réflexions poussées, et donc peut être que ce que je vais dire sera simplement un cliché, un lieu commun, ou de la naiveté navrante. Tant pis, j’irais en enfer ^^

    J’ai vu plusieurs fois revenir un point, dans tes articles autour de la prostitution. Comme quoi, les femmes qui assurent aimer ça, ne devraient dans ce cas pas faire payer.( Je résume maladroitement hein). Mais, je crois que lorsqu’elles disent qu’elles aiment ça, ça englobe également le fait de faire payer. De monnayer cette partie de sexe. C’est un tout. Elles ne disent pas aimer le sexe, les rapports multiples avec des inconnus ou je ne sais quoi, mais le rapport très particulier qui s’installe lorsqu’on loue son corps. Je ne sais pas si je suis très claire dans ce que j’essaie de dire. Mais effectivement, je ne pense pas que quelqu’un qui aime <>, va du coup se dire « ah beh tiens, tant qu’à faire, autant me faire de la thune en faisant ce que j’aime ! »
    Enfin bon, c’était vraiment pour revenir sur un point très précis dans la multitude de ce qui a été dit.

    • Je comprend pas trop où tu veux en venir. Il y a effectivement une petite minorité de personnes prostituées qui disent ne pas souhaiter changer de métier (ce serait de l’ordre de 8%). Et on peut effectivement se douter que ce qu’elles apprécient n’est pas le sexe en soi mais plutôt des choses comme le salaire élevé et le fait de choisir ses horaires (par exemple). Mais je ne vois pas trop le rapport avec l’article, qui traite de la prostitution en général, pas de ces personnes-là particulièrement. D’ailleurs c’est bien pour ça que je parle des clients et pas des prostituées, les prostituées font ce qu’elles veulent, il faut bien gagner sa vie malheureusement. Pour ce qui est du « rapport très particulier qui s’installe quand on loue son corps », j’en ai entendu les pires horreurs de la part de prostituées elles-mêmes.

  9. Merveilleux billet que je voulais écrire : tu l’as fait bien mieux que moi. Car moi aussi, à mes yeux, la misère sexuelle est un leurre à partir du moment où elle ne frapperait que les hommes. La prostitution est l’outil du patriarcat. L’interdire n’est peut-être pas la solution. Mais faire en sorte qu’un jour cette pratique s’estompe pour enfin disparaître ne me paraît pas impossible. Il faut changer les mentalités : arrêter de faire croire aux hommes qu’ils sont des prédateurs et aux femmes qu’elles sont des objets.

    Merci pour tout ce que tu écris. :)

  10. super article! Je me demandais si tu pouvais écrire un article sur la pornographie? Il y a beaucoup de choses à en dire je pense… et j’aimerai avoir ton avis! Bises

  11. Bonjour,

    J’ai lu les 3 articles et je vous remercie. Ils sont très stimulants pour la réflexion et touchent un aspect intéressant de la société: l’éducation des modèles (ce quoi un mâle/femelle, masculin/féminin, homme/femme, hétéro/bi/trans/homo).

    Cependant, je ne partage cette généralité:
    « Les hommes font face à un type particulier de « misère sexuelle » qui les fait se lamenter sans cesse, parce qu’ils prennent les femmes comme des objets. »

    En faite, non, parce que vous donnez la solution:
    « On devrait peut-être arrêter d’éduquer les garçons comme ça. Juste une idée. »

    Et cette solution est déjà existante et utilisée par une minorité des personnes.

    Enfin, seul défaut de votre article pour moi: Parler d’Eric Zemmour.
    Le masculinisme, c’est comme les promoteurs du racisme « anti-blanc ». Même combat: Mâle blanc dominant!

    J’attends les posts suivants.

  12. Cette « misère sexuelle » qui toucherait exclusivement les hommes, je n’y crois pas une seconde. C’est vrai, il y a beaucoup de misère sexuelle et affective, parce qu’on vit dans une société de consommation, dans une société puritaine où le sexe est tabou.
    De moins en moins tabou, voire trop médiatisé, et c’est ce qui crée ce sentiment de misère. La misère est une notion relative, elle dépend d’un référentiel culturel. La misère sexuelle existe et se répand je crois, en particulier chez les hommes, parce que la société de consommation (et la représentation du monde dans les médias) parle trop de sexe : elle dit en substance que tous les mecs doivent jouir autant que possible avec de belles nanas, dans de belles voitures, sinon c’est des loosers. La société de consommation est une usine de frustration, elle crée de la misère là où il n’y en avait pas forcément (ce besoin « vital » de sexe dont tu montres qu’il est artificiel).
    Ce besoin peut aussi être monté en tête d’épingle à destination des femmes, quand on parle des femmes cougars comme phénomène de société, qui ressemble à la volonté d’instaurer ici aussi un standard de consommation (« il est normal que les femmes agées puissent se taper des mecs jeunes », histoire de frustrer celles qui ne le font/ n’osent pas)
    C’est le fruit de la société de consommation, donc du patriarcat si on veut, mais il n’empêche que cette misère pour moi une réalité. Cette misère existe, ou si tu veux, le sentiment de misère existe, comme on parlait du « sentiment d’insécurité », et oui ça rend des mecs malheureux, tout comme des femmes. On peut le dire, et je veux pouvoir le dire sans qu’on m’accuse de nier le malheur des femmes, ni d’entretenir la surenchère de la victimisation hommes/femmes. Et on peut le dire sans que ça débouche automatiquement sur l’idée que la prostitution soit légitimée par un quelconque impératif de pansement social. On n’a pas à soigner les mecs en sacrifiant les femmes. Surtout que, comme tu dis, on voit pas comment la prostitution pourrait soigner les mecs.
    Je réagis sur ce billet car je suis d’accord sur le fond, mais je trouve dommage qu’il y ait des passages ambigus avec des arguments inutilement polémiques où tu contestes des trucs invérifiables. Les mecs peuvent réellement souffrir de misère sexuelle, ça n’enlève rien à la pertinence de ton propos.

    • Ton analyse est vraiment très pauvre et partielle et me fait aussi penser que mon article n’est pas très clair. Tu ne vois pas le rapport entre le puritanisme et l’hypersexualisation? Sans puritanisme, à quoi ça servirait de montrer des femmes à poil pour vendre du dentifrice? Tout le monde s’en foutrait. La société de consommation n’explique pas tout. Si le sexe se vend si bien, c’est parce que les gens donneraient n’importe quoi pour l’acheter, ce qui n’existerait pas dans une société non puritaine. C’est le puritanisme qui engendre la frustration et fait du sexe quelque chose de complètement extraordinaire alors que c’est, en fait, complètement ordinaire. Sans puritanismes, sans tabous, sans frustration, le sexe ne se vendrait pas comme ça. Les cultures qui consomment le plus de pornographie sont d’ailleurs les plus puritaines.
      Ce que je conteste c’est que la misère sexuelle serait propre aux hommes et dues à leur « libido naturelle » démesurées, alors qu’elle est une construction sociale et que la frustration touche aussi bien les femmes, et touche chaque individu d’une façon différente qui n’a pas à être montée en épingle pour la moitié des gens (les hommes) et niée pour l’autre moitié.

    • « on parle des femmes cougars comme phénomène de société »

      Phénomène de société, peut-être… Mais loin, très loin de dater de l’époque moderne ou même d’avoir un quelconque rapport avec la révolution industrielle.
      La marquise de Merteuil, par exemple, est une femme cougar (par certains côtés, et c’est à remettre dans un contexte ou l’on est vieille à 27 ans). Le personnage n’a jamais existé, mais il est inspiré de la réalité du XVIIIème vue par un noble.

  13. J’aimerais savoir quelque chose, chère Elfe.
    Sexuellement parlant, dans la vrai vie, les hommes et les femmes ont, pour la plupart, les mêmes besoin et envies. C’est un fait que tu défends.
    J’adhère à cette idée, même si chaque personne est unique et qu’il est quand même difficile de condenser toutes les pensées, envies ou chocs anaphylactiques d’une personne à un moment « t ».

    Et, lorsque on a envie de sexe, il faut se « prendre en main » comme tu dis. J’imagine que tu ne signifies pas de combattre son envie de sexe par la masturbation car ça ne marche pas. Non, je suppose que tu veux dire : « Vous voulez du sexe ? Prenez courage, sortez, faites des rencontres ou demandez à des potes que vous connaissez et pour lesquels vous êtes tous les deux d’accords plutôt que de vous plaindre et de passer pour un Poire. » n’est-ce pas ?

    Dans ce cas, vouloir combattre son envie de sexe en cherchant quelqu’un pour baiser, et simplement ça, est-ce traiter la personne comme un simple objet ?
    J j’aimerais ton avis sur la question, la « femme-objet » (et parfois « homme-objet » même si c’est plus rare) comme vision à combattre étant l’un des thèmes majeurs de ton argumentation.

    • C’est bien à la masturbation que je pensais. Avoir « envie de sexe » c’est un plaisir égoïste, tourné vers soi; je vois pas pourquoi on devrait absolument « trouver » un partenaire pour ça. Cela dit, si on n’était pas dans une société patriarcale-puritaine, ce serait sans doute possible de s’envoyer en l’air entre personnes consentantes sans qu’il y ait forcément de multiples ambiguïtés autour et tout un cinéma avant et après. Le problème n’est pas d’utiliser le corps de l’autre, c’est que l’utilisation du corps de certaines personnes par certaines autres personnes soit érigée comme un modèle unique de sexualité. La masturbation c’est utiliser son propre corps, la capacité de jouissance de son propre corps. Utiliser le corps d’un autre a priori ça ne me choque pas en soi, ce qui me choque c’est de le faire à sens unique et d’une façon totalement aveugle, comme c’est le cas dans la prostitution. ce n’est pas parce que d’une certaine façon tu utilises le corps d’une personne que cette utilisation doit passer par la négation de la personne, de ce qu’elle est, de ce qu’elle ressent, de si oui ou non elle prend du plaisir, etc, et en excluant toute notion de partage et d’échange. Je n’ai pas une vision idéalisée du sexe dans lequel on ne fait que donner du plaisir à l’autre sans chercher à en prendre soi-même. Ce qui me gêne dans le rapport prostitutionnel c’est l’asymétrie: l’un est objet, l’autre sujet; l’un éprouve du plaisir, l’autre on s’en fout de ce qu’il/elle ressent. Donc c’est un rapport de pouvoir, de domination.
      Si par exemple tu décides d’entrer dans une relation avec quelqu’un qui sera uniquement basée sur le sexe et que tout est clair entre vous, on peut dire que c’est une utilisation mutuelle de vos corps, mais qui ne passe pas par la négation de l’un des deux, qui devrait s’effacer pour laisser l’autre avoir du plaisir sans pouvoir en prendre lui-même. Donc ce n’est pas une relation de domination. Après ça reste quand même une sexualité qui a mon avis n’a pas beaucoup d’intérêt (baiser juste pour baiser oui bof). C’est la différence entre être un corps et n’être qu’un corps.

      • Ça me rappelle la fois où j’ai évité d’aller trop loin avec une fille que j’avais rencontrée en vacance il y a treize ans. Je la trouvais attirante et de bonne compagnie, mais elle était amoureuse et moi pas. J’aurais eu l’impression de jouer avec ses sentiments.

        En tout cas c’est comme ça que je l’ai rationnalisé à l’époque, et pendant longtemps par la suite. Avec le recul, il me semble que ça devait être encore une manifestation de mes mécanismes de défenses contre mes anxiétés sociales et ma peur du sexe.

      • Je te remercie pour la réponse.
        Concernant ce que tu as dis, c’est quelque chose pour laquelle je suis tout à fait d’accord. C’est pour cela que je suis personnellement dans une optique de partage du plaisir et du désir, même lorsque la relation est plus physique qu’affective. Ou, en tout cas, d’essayer…

        Après, en effet, il faut qu’il n’y ait pas d’ambiguïtés entre les deux personnes, ou le moins possible. Pas toujours simple.

        Dans ce cas, cela voudrait-il dire que, lorsqu’on on ressent un certain « ennui » dans la masturbation et une envie plus prononcée d’avoir un contact avec l’autre, une hypersexualité comme tu dis, c’est que cela serait condensé par la société plutôt que par nous-mêmes ? Une sorte de pression sociale ?

        C’est un peu hors-sujet par rapport à l’article lui-même mais, aurais-tu un conseil spécifique pour ceux qui ressentent un besoin de sexe « avec une autre personne » et que la masturbation a du mal à palier ? Car après tout, toucher son propre corps reste différent que de ressentir celui d’un autre entre ses doigts et le contact d’un autre sur sa propre peau, qu’il y ait une pression inconsciente ou non par la société moderne.

        Je suis assez pessimiste sur le fait qu’il y ait un moyen d’atteindre un équilibre entre affirmer des envies égoïstes à se satisfaire sans pour autant oublier l’autre, ou, au contraire, se laisser piétiner soi-même par ses envies ou celles des autres. J’imagine pourtant que cette utopie permettrait de ne pas avoir recours à la prostitution. Ou alors, d’une manière totalement différente et avec un esprit bien différent.

        • Je vais te dire mon avis mais c’est très intuitif et au stade de réflexion ou j’en suis, je n’ai pas vraiment de preuve ou d’argumentation solide pour l’étayer.
          Le besoin d’avoir un ou des partenaires sexuels et de ne pas se cantonner à la masturbation, je ne crois pas qu’il soit culturel. Ca ne veut pas dire qu’il n’est pas, d’une certaine façon, construit, car chez l’humain on ne peut pas vraiment parler de « inné contre acquis » il n’y a que de l’inné qui se transforme en acquis (exemple simple: avoir une sexualité est inné, être homo ou hétéro est acquis). Mais ça me parait quand même difficile de ne pas avoir envie d’avoir des partenaires sexuels, surtout à partir du moment où on en a déjà eu et qu’on a trouvé ça agréable.

          Par contre, ce dont je parle dans cet article, c’est qu’il y a une nuance entre avoir accès à des partenaires sexuels en général dans sa vie, et y avoir accès là, maintenant, tout de suite, parce que là maintenant j’ai envie de baiser. La prostitution ne répond pas au besoin d’avoir une partenaire, mais d’en avoir une quand on veut et comme on veut et de faire ce qu’on veut avec. Et ça je pense que c’est quelque chose qui est construit et qui s’ancre dans la sexualité masculine (patriarcale bien sur, il n’y a pas de « sexualité masculine » propre aux hommes hors système culturel, je ne suis pas essentialiste).

          C’est pour ça que je dis que oui, je peux avoir des partenaires sexuels, mais ils ne rappliquent pas quand je claque des doigts, et je n’ai pas besoin qu’ils le fassent. Je pense qu’avoir une sexualité épanouie, c’est ne pas se fermer aux rencontres (par exemple en ayant un gros tabou autour du sexe). Des fois on a des partenaires et des fois non, mais je ne crois pas que ce soit un gros problème.

          Je peux me tromper, mais ça me parait quand même assez simple comme raisonnement. De toutes façons, quand bien même on pourrait avoir une envie pressante/urgente d’un partenaire sexuel (ce qui me parait un peu étrange si on n’a pas une vie sexuelle bridée à la base), il n’y aurait pas besoin de prostitution si nous ne vivions pas dans une société puritaine, parce qu’il n’y aurait pas de raison que les hommes soient davantage en recherche que les femmes (pourquoi payer un truc qu’on peut avoir gratuitement ?) et il n’y aurait pas de raison non plus qu’ils ressentent le besoin de s’occuper exclusivement de leur plaisir au détriment de leur partenaire.

          • « avoir une sexualité est inné, être homo ou hétéro est acquis »
            Pas sûre que le fait d’avoir une sexualité soit inné(même si j’aime pas trop raisonner dans les termes d’opposition inné acquis); il y a bien des personnes que le sexe n’intéresse pas, tout simplement.

            « Des fois on a des partenaires et des fois non, mais je ne crois pas que ce soit un gros problème. »
            Ça me semble aussi un peu trop général/abstrait, comme idée. C’est à dire que dans certaines conditions sociales/de genre/ etc.., je crois que le nombre/qualité des relations sociales (ami-e-s ou amant-e-s) que l’on peut avoir est aussi dépendant de ce que l’on est socialement. Par exemple, je sais que le fait d’avoir un handicap peut-être un frein pour avoir une vie sociale riche (ce qui ne veut pas dire que je sois pour l’assistance sexuelle), à cause du manque d’accessibilité de la société. Il existe aussi des études qui montrent que le nombre de relations sociales est aussi fonction de la classe. Pour les autres catégories (genre, race), je ne sais pas, mais le fait d’avoir accès à des gens n’est pas neutre pour tout le monde. Enfin, on s’éloigne un peu du sujet, c’est juste ces deux trucs qui m’ont fait un peu tiquer. J’avais lu un truc là dessus sur vernis et sécateur ou un bruit de grelot il me semble, mais j’ai pas encore retrouvé le lien..

          • Avoir une sexualité est inné parce que nous avons des gènes qui produisent des organes sexuels et des hormones sexuelles à l’origine d’un comportement sexuel. Ca n’empêche pas d’être abstinent, pourquoi pas ?
            L’accès à la sexualité dans notre société est conditionné par la hiérarchie sociale comme l’accès à tout et n’importe quoi, mais ça n’a pas grand rapport avec ce que je disais.

          • « J’imagine que tu ne signifies pas de combattre son envie de sexe par la masturbation car ça ne marche pas. »
            Pourquoi ça ne marcherait pas ? Au pire, si la masturbation vous lasse, faites comme Diogène de Sinope : http://ugo.bratelli.free.fr/Laerce/Cyniques/Diogene.htm (Ctrl+F : mast)

            « Le besoin d’avoir un ou des partenaires sexuels et de ne pas se cantonner à la masturbation, je ne crois pas qu’il soit culturel. »
            Je ne dirai rien de cette phrase. Ça vaut mieux.

            « Avoir une sexualité est inné parce que nous avons des gènes qui produisent des organes sexuels et des hormones sexuelles à l’origine d’un comportement sexuel. »
            Je ne suis absolument pas d’accord avec ta phrase, même sans considérer l’emploi du terme « comportement sexuel », un peu vague (être pansexuel, c’est un comportement sexuel, et les hormones n’en sont absolument pas l’origine). Il faut dire que ma vision de l’être humain laisse assez peu de place à l’inné.

            Avoir une sexualité, c’est avoir des envies liées à ses parties sexuelles, mais également avoir des rapports sociaux centrés sur le corps (de sucer un orteil à tenter le bondage, qui selon lacigreen n’est pas forcément si terrible en soi, etc…) – et parmi ces rapports sociaux, le fantasme a sa place (et même, le récit).
            Or, ce n’est pas parce qu’il y a de la testostérone/des œstrogènes dans mon sang que j’imagine les gens de mon entourage en porte-jaretelles en train de passer la langue sur un gode, ou que je leur caresse la cuisse en répondant à un regard coquin, et ce n’est pas parce que j’ai un vagin/un pénis que je me le secoue régulièrement.

            Avoir une sexualité n’est pas plus « inné » que d’être sportif. J’ai des muscles ; dois-je pour autant en faire un centre d’intérêt de ma vie, un critère d’admiration des autres, une caractéristiques essentielle du genre humain, pour ne pas dire, la source de sa beauté et de sa noblesse ? Non, je peux tout simplement m’intéresser à autre, chose, voire mépriser joyeusement les sportifs.
            Personnellement, je ne sais plus à quel âge c’est arrivé, mais j’ai découvert la masturbation tardivement (entre 7 et 9 ans) : des garçons de mon âge ont été étonnés d’apprendre que je n’avais jamais fait ça (et comme on était dans un dortoir de vacances, sans attendre, j’ai essayé sous une couverture de lit, pour ainsi dire, à la vue de tous).
            Quant à l’idée d’un partenaire sexuel…Ma foi, le partenaire amoureux du sexe opposé, ça on comprend vite ; mais le partenaire sexuel, et en particulier le partenaire sexuel (de sexe opposé) avec coït, je n’y ai pas pensé avant d’être tombé sur les cassettes pornos dans la chambre de mes parents.

            D’ailleurs, je me demande si les enfants ne sont pas plus « libérés » sexuellement que les adultes (je me souviens pas mal d’anecdotes de découverte de sexualité entre garçons et entre filles, ce qui est plutôt normal vu la ségrégation dans les cours d’écoles ; et à cet âge-là, les propositions sont plus ouvertes). Mais que se passe-t-il à l’adolescence ?
            (Par expérience de la sexualité, rappelons que j’ai donné un sens large au mot « sexualtié » : ça va des trois filles du stage de voile à la fois où un tel et un tel se sont masturbés côte à côte, ou à ces gamins qui se réunissent pour se montrer un porno qu’ils ont découvert. À la rigueur, même, cet autre de douze ans, qui avait fait un récit d’acte sexuel avec une fille – récit probablement inventé, vu les stéréotypes – dans un dortoir, et qui faisait des blagues [?] autour du trou dans le matelas, nous faisait partager sa sexualité, nous incluait dans un échange d’ordre sexuel.)

            Enfin, ce que je voulais dire avec toutes ces anecdotes (réelles, et qui ont de fait peuplé mon enfance, bien plus pleine d’expériences sexuelles que beaucoup d’années de mon adolescence), c’est que la sexualité n’existe pas avant qu’on la découvre socialement ; et les premières pratiques sexuelles, qui peuvent même précéder les fantasmes, imaginaires, codes de la sexualité dominante, sont elles aussi découvertes socialement, durant l’enfance, et plus encore, pendant l’adolescence.

            Lacigreen en parle aussi, et c’est à ne pas négliger : il existe ce qu’on appelle des assexués, ils sont nombreux et nombreuses, ils vont bien, et ce ne sont pas des timides frustré(e)s, parce que, précisément, ils s’en foutent (à des degrés variables). S’ils avaient une sexualité innée, ils ont sans doute réussi à s’en défaire assez bien ; faut dire, vu la merde que c’est, la sexualité, dans nos sociétés modernes, c’est encore le choix le plus raisonnable.

          • Je pense que tu n’as rien compris à mon message, parce que tu ne l’as pas lu attentivement, parce que tu t’es arrêté sur des détails. Tu devrais relire calmement ce que j’ai écrit à tête reposée.

            Oui, c’est inné d’avoir une sexualité chez l’être humain. Là je parle pas en termes idéologiques, mais en termes biologiques. Et d’ailleurs, idéologiquement parlant, ça revient à ne rien dire du tout, car de ce point de vue, même l’abstinence, c’est avoir une sexualité. Parce que même un abstinent a un sexe, des hormones sexuelles.
            Je rappelle que je suis biologiste de formation et que ma spécialisation porte sur la reproduction. C’est donc normal que je parle un peu d’un point de vue scientifique sur ce sujet. Il y a un consensus assez clair là-dessus même si c’est contesté par quelques chercheurs : la sexualité est innée, mais les formes qu’elle prend se construisent tout au long de l’existence (par exemple l’orientation sexuelle vers les hommes ou les femmes). Très peu de scientifiques parlent encore de gène de l’homosexualité. Ca ne veut pas dire qu’il n’existe pas des gènes sexuels.

            Oui, tu as des muscles, c’est génétique, donc c’est génétique d’avoir une activité physique. C’est un point de vue biologique encore une fois. Tu peux très bien essayer de ne pas bouger du tout pour autant, même si à mon avis tu auras quelques problèmes. Mais pas forcément. Et d’ailleurs le fait que tu aies des muscles parce que tu as des gènes qui programment des muscles, ça ne conditionne pas ton activité physique. Un sportif olympique n’a pas les mêmes capacités physiques qu’un obèse sédentaire. Pourtant ils ont potentiellement les mêmes gènes (ou équivalents on va dire) qui codent pour l’activité physique. Et ils ont tous les deux des gènes pour l’activité physique, même si y en a un qui bouge plus que l’autre.

            Si ça n’a pas de portée idéologique, pourquoi je dis ça ? Hé bien parce que c’est un point de vue qui, à mon avis, arrive à aller au-delà du clivage « inné/acquis » que je trouve un peu idiot. Il n’y a pas d’inné OU d’acquis chez l’être humain, il y a les deux qui se superposent en permanence. La sexualité est à la fois innée et acquise puisqu’il existe des gènes sexuels et que le comportement sexuel est conditionné par l’environnement. Ce n’est d’ailleurs pas propre à l’humain, on peut changer l’orientation sexuelle d’un mouton par exemple en le faisant élever par une chèvre.

          • 100% des êtres humains sont fournis avec les options respiration, digestion, organes génitaux. Les fonctions génitales, c’est inné, ce qu’on en fait, c’est culturel.

          • Je crois qu’on est d’accord sur ce qui est inné ou acquis ; pas sur la définition de la sexualité. Pour moi, la sexualité ne se réduit pas à un potentiel : elle est par essence le procédé vivant, l’expérience sociale et psychologique, du domaine érotique.

            Je ne suis pas non plus d’accord pour inclure les parties génitales dans la définition de la sexualité.
            1° Le paraplégique d’Intouchables, avec ses massages sensuels, expérimente régulièrement la sexualité ; et il serait né paraplégique (c’est-à-dire sans organes sexuels) qu’il serait quand même un être de sexualité.
            2° Parler d’abstinence en cas de non-sexualité (un enfant qui ne s’est jamais masturbé, et ignore tout plaisir/désir d’ordre sexuel) est je pense un contresens. S’abstenir, c’est « se tenir loin de », « se tenir à l’écart de » ; or, quand on ignore l’objet qu’est la sexualité, on ne tient aucune position par rapport à cet objet (c’est à cause de cette conviction que je peux pas bouffer Freud) : il n’existe pas par rapport à nous, nous ne nous positionnons pas par rapport à lui. Dans ce cas, à nos yeux, les parties génitales servent à pisser, tandis que d’autres parties servent à évacuer les excréments, et d’autres encore, considérées comme liées au sexe, ne servent qu’à parler : l’existence de ces organes n’a rien de sexuel.

            Mais somme toute, il peut sembler que nous débattons des termes, pas des idées. En réalité, cette question de termes est importante : j’aimerais qu’on arrête de nous vendre le sexe comme quelque chose de « nécessaire », « inné », « naturel », un « besoin » que les hommes (et même parfois les femmes) « doivent » satisfaire. Et il faut voir qu’interpréter les objets du monde, et en particulier notre propre corps, selon une optique finaliste (« les organes génitaux sont faits pour avoir une sexualité »), c’est oublier que les finalités sont définies socialement. D’ailleurs, l’optique finaliste n’est-elle pas bien faite, et bien peu condamnable ? sans plus d’explications morphologiques, j’ai déjà entendu que l’homme était « fait pour » avoir des relations sexuelles avec la femme…

          • Heu… La paraplégie n’est pas l’absence d’organes sexuels, mais de facultés motrices… Je ne vois vraiment pas ce que veut dire ton 1). Pour éprouver du plaisir sexuel, il faut un certain nombre de caractéristiques physiques. Admettons qu’une personne soit dénuée d’organes génitaux, elle pourrait peut-être ressentir des plaisirs sensuels, mais pour ça il faut des hormones. Les organes sexuels ne sont pas que la vulve ou le pénis, ce sont aussi les testicules et les ovaires, qui sont aussi des glandes.
            C’est pour ça que je considère l’abstinence comme une forme de sexualité, je sais que ça peut paraitre idiot ou bizarre, c’est justement parce que l’absence de comportement sexuel, ça n’a rien d’inné ou de « naturel ». En éthologie on dira d’un individu qu’il n’exprime pas de comportement sexuel, mais pas qu’il est asexué. Ca veut dire qu’il a une sexualité, mais qu’elle ne s’exprime pas dans son comportement. D’ailleurs chez les animaux, on ne dira pas qu’il n’a pas de comportement sexuel, mais qu’il ne l’exprime pas.

            Après si des humains ont envie de se dire asexués parce que le sexe ne les intéresse pas, j’ai rien contre. On comprend ce qu’ils disent. Mais scientifiquement je dirais plutôt qu’ils sont sexués, mais qu’ils n’expriment pas de comportement sexuel.

            Je ne vois pas pourquoi tu parles de finalisme. Je n’ai jamais dit quelque chose comme « les organes génitaux sont faits pour ». Mais plutôt: les organes génitaux permettent de. Les organes sexuels (pas que génitaux!) ont permis à nos ancêtres de nous faire exister et nous permettre d’avoir une sexualité et de nous reproduire. Dit comme ça ce n’est pas finaliste et ça n’implique pas qu’on soit obligé de nous servir de nos organes sexuels, encore moins de se reproduire.

          • Salut les gens =)

            Je me permets une petite précision générale sur cette digression, étant moi aussi biologiste (avec une spé en repro aussi tiens donc =) (entre autres), et concernée de près par le sujet, en fait, le terme utilisé par la communauté est « asexuel », et pas « asexué ». Et là se situe toute la différence.

            On voit trop souvent l’amalgame être fait, ce qui conduit à des discussions comme celle-ci… En tant qu’humains, nous sommes tous des êtres sexués, physiquement. Par contre, le comportement lui, peut-être asexuel.

            Et n’est pas forcément non plus quelque chose d’immuable, un être vivant peut connaitre plusieurs périodes dans son existence. (cf de nombreux animaux, qui passent une majeure partie de leur cycle de vie avec un comportement asexuel, et ne connaissent que de brèves périodes ou leur sexualité s’exprime)

            Enfin, être asexuel ne signifie pas être abstinent.
            Un abstinent se refuse à quelque chose, et contrôle des envies.
            L’asexuel ne se refuse rien, puisqu’il n’y a pas de besoin ou d’envie.

            Ps : Bonne continuation à l’elfe, j’adore ce blog ^^

          • C’est un peu ce que je disais mais je pense qu’un être humain peut ne pas ressentir d’envie ou de « besoin » et donc être abstinent (du moins je n’ai pas la preuve du contraire), mais pour autant ça ne fait pas nécessairement de lui un être « asexuel » sur le plan biologique. mais sinon je suis d’accord avec ce que tu dis.

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  15. Quelques nuances à ce très bel article, ma foi plutôt teinté d’amertume. Je suis un homme et je ne suis JAMAIS allé solliciter les services d’une prostituée (et j’ai vécu en Afrique où c’est encore plus présent dans les moeurs). Je n’ai pas vraiment de vie sexuelle, je n’en ai jamais eu véritablement. Oui, je suis en manque, d’affection, d’amour, de tendresse et de sexe, mais je place le sexe en bas de la liste, ce n’est pas ce qui prime pour moi.
    Pour les femmes, si elles le veulent, elles peuvent beaucoup plus facilement que les hommes, quel que soit leur âge ou leur physique, il suffit de se brancher sur n’importe quel site de rencontre (et dieu sait qu’ils se sont diversifiés et multipliés au point qu’il y en ait pour tous les goûts) ou de sortir dans n’importe quel bar et avec un peu de bonne volonté, elles ne rentreront pas bredouilles. C’est ce que j’ai pu constater au gré de mes sorties, les femmes peuvent sortir sans 1 Euro en poche, pour les hommes, la donne n’est pas la même.
    Maintenant, est-ce que la quantité fait tout? Non, les hommes ont des dizaines de services de prostitution à leur disposition (cabines dans les sex-shops, call-girls, escorts, prostituées « classiques », chats, sites de cam coquines tarifées etc), les femmes ont des occasion plus régulièrement que les hommes et pourtant, cela nous rend-il heureux pour autant? Cela participe-t-il à notre épanouissement? Non
    Les femmes se retrouvent dans la position de dominantes, au sommet de la chaine alimentaire de la séduction, sûres de leur pouvoir, un pouvoir que les hommes vont leur faire payer cher sitôt l’union consommée en inversant totalement les rôles. Les hommes frustrés de n’être que des numéros dans la file d’attente, sitôt choisis deviendront amers et le cycle de la répression patriarcale recommence.
    Je suis peut-être misogyne, mais je pense qu’avec une société hyper sexuée comme aujourd’hui où le cul s’affiche en une de tous les magazines (masculins et féminins), où la chair est exhibée en masse sur les panneaux, où être « sexy » est présenté comme un but en soi par tant de médias, qui s’oppose avec le toujours puritanisme judéo-chrétien selon lequel le plaisir et le sexe en général sont tabous, on va dans le mur.
    La prostitution n’est ni un remède, ni une solution, ni taboue ni à proscrire, mais, c’est le rapport que la société (hommes comme femmes d’ailleurs) qui est à modifier.

    • Franchement que tu as une vision tout à fait idéalisée de la sexualité des femmes. Une femme qui se connecte sur un site de cul, elle peut trouver des partenaires sexuels, mettons. Maintenant si elle veut un partenaire sexuel qui fait autre chose que de la pilonner comme dans les films pornographiques et qui s’occupe un peu de son plaisir et de sa sexualité à elle, ou même simplement qui ne lui fait pas mal, ben elle doit se lever de bonne heure. Ce n’est pas parce que tu te fais draguer par tous les lourds de service qui te payent des verres pour te baiser comme une chose parfaitement interchangeable, que tu vas avoir une sexualité épanouie. La sexualité des gens est encore majoritairement tournée vers le plaisir masculin. Sans parler du regard critique que les femmes portent sur leur propre comportement sexuel, à cause des pressions sociales: une femme qui couche, c’est une salope.

      Et je parle même pas du fait de se mettre en danger.

      L’herbe est toujours plus verte de l’autre côté.

      • Je n’ai pas parlé de qualité, j’ai parlé de quantité. Si c’est pour un coup d’un soir (voire même de 5 minutes), qui cherche trouve plus facilement en étant une femme. Maintenant, en étant une femme, on doit très (trop) souvent brasser la quantité pour avoir la qualité, les hommes s’arrêtent en général à celle qui veut bien.
        La sexualité épanouie, pour moi, vieux misogyne, ça se construit dans la durée, dans un couple équilibré où les désirs des deux sont partagés et acceptés sans tabous, mais avec une envie des deux côtés. Je le vois comme quelque chose qui se bâtit petit à petit, mais, il se peut qu’on me prouve l’inverse.
        Je prie pour que votre vision cynique des choses appartienne sous peu au passé, mais je ne saurais trop vous donner raison, en particulier sur l’égoïsme des hommes en matière de sexe et surtout sur le sacrosaint regard de la société. Pourtant, un petit bémol, entre hommes quand on parle de sexe, celui qui est un « bon coup » est celui qui sait donner du plaisir à sa partenaire, celui qui sait la faire jouir, et pas juste recevoir (mais, je suis prêt à avoir tort).

        • « Brasser la quantité » concrètement c’est prendre des risques, pour sa sécurité, pour son intégrité physique, c’est servir de cobayes à des mecs qui ne savent pas et n’apprendront pas, c’est se heurter au stigmate de salope… Non, c’est pas si simple que tu as l’air de le croire. Si tu étais une femme, tu ferais quoi? Je ne pense pas que d’un point de vue sexuel il y aurait une quelconque « domination féminine », je pense pas qu’il soit préférable d’être une femme si on cherche à avoir du plaisir sexuel.
          J’espère bien que les choses évoluent, mais elles ne le font pas très vite. D’ailleurs le jour ou la sexualité sera vraiment libérée, tout ça sera beaucoup plus simple pour tout le monde.

          • Marrant que le débat soit relancé là-dessus, parce que ça rejoint ce sur quoi je cherchais mes mots depuis plusieurs jours, et sur lequel mon vécu du week-end dernier m’a donné du grain à moudre (d’où délai supplémentaire – je ne voulais pas réagir trop à chaud).

            Je vais essayer de ne pas TROP raconter ma vie mais, histoire de me situer dans le débat, je crois utile d’évoquer de moi ce qui est pertinent ici.

            Après un désert sentimental de plus d’une décennie (j’y reviendrais), dû en grande partie à des troubles d’anxiété sociale, j’ai fini par identifier ces troubles, et à m’y confronter, ce qui a abouti à une relation intime en février dernier, à l’occasion de laquelle, d’une part, je me suis débarrassé de l’essentiel de mes anxiétés et, d’autre part, j’ai découvert comment je me situe vis-à-vis du sexe.

            Ce que j’ai découvert, c’est que c’étaient les câlins et les caresses qui m’avaient le plus manqué – et notamment le fait d’en donner. Ma partenaire d’alors, qui était prévenue de mon inexpérience, m’a tenu des propos rassurants, en particulier que ça se sentait que je ne pensais pas qu’à ma gueule (commentaire d’un copain : « En même temps, en 14 ans, ta gueule t’en as un peu fait le tour »). Ça m’a en grande partie décomplexé, même si cette remarque, au fond, était triste dans l’absolu : c’est censé être remarquable ? Ben merde…

            Au cours des deux ou trois mois qui ont suivi, j’ai fait quelques rencontres, dont deux qui auraient pu donner quelque chose, mais ça n’a pas abouti à cause de mon manque de réflexes, tout allait trop vite pour moi. Je devrais peut-être arrêter de flirter en boîte et me rabattre sur des bars où on a le temps de causer de façon plus détendue, au calme.

            Mais depuis avril-mai, plus rien. C’est lié principalement à ma situation matérielle : non seulement je n’ai plus les moyens de sortir souvent, mais en plus, ladite situation fait que je ne suis pas super joyeux et détendu, ce qui n’aide pas à être de bonne compagnie, et j’ai du mal à être optimiste et enthousiaste, ce qui n’aide pas à aller vers autrui. Je reviendrai plus tard sur la façon dont je vis cette situation.

            —–

            Pour le moment, je reviens sur mon long « désert » et comment je l’ai vécu. Pour faire court, ça n’était pas la joie. Mais ça n’était pas une obsession non plus. En fait, pour l’essentiel, j’y pensais le moins souvent possible. Bon, quand je venais de passer une heure ou deux à discuter avec une femme que j’aurais pu trouver attirante, je passais souvent pas mal de temps à m’interroger douloureusement sur mes réactions, sur mon incapacité à y penser sur le moment.

            J’étais conscient que mon problème était interne, que quelque chose me bloquait, mais je ne savais pas quoi. Je ratiocinais en me disant que j’avais peur d’embarrasser mon interlocutrice en tentant de flirter, ou de faire dérailler une conversation jusque là fort agréable.

            Puis, en 2007, j’ai reçu un démonstration brutale que je me fourvoyais. J’étais au comptoir d’un bar à siroter un bière, la conversation s’engage avec les occupants d’une table voisine: une femme et deux hommes. Je suis invité à les rejoindre à leur table. À un moment, la femme me demande la permission de jouer avec mes cheveux, ce que je lui accorde volontier. Plus tard, ses deux amis s’en vont, elle reste avec moi, on papote. Plus tard encore, le bar ferme, elle m’invite à la suivre dans un bar plus tardif. Elle m’y offre même une bière.

            Je savais où elle voulait en venir. Je voyais bien comment elle me regardait. Pas de « peur d’embrarrasser mon interlocutrice » qui tienne. Mais j’étais en plein panique. Incapable de réagir. Paralysé. Même pas foutu de dire que j’avais la trouille. Elle a fini par se lasser et partir avec quelqu’un d’autre. Je ne peux pas lui en vouloir, elle avait fait 90% du chemin et j’avais été infoutu de faire les 10% restants.

            Mais ça m’a beaucoup perturbé, je m’en voulais, j’étais malheureux, en pleine confusion, et je crois que ç’a joué un rôle important dans le déclenchement de ma dépression aiguë. Aurais-je parlé pour autant de « misère sexuelle » ? Je ne crois pas. L’aspect sexuel n’était qu’accessoire. Je ressentais plutôt un sentiment oppressant d’enfermement. De solitude profonde. D’être coupé du monde. Cette personne avait tenté d’aller vers moi, mais la rencontre avait été bloquée par un mur. Frustrant, oui, mais pas seulement d’un point de vue sexuel, même pas principalement.

            —–

            Quelques mots sur la solitude, au passage. Dans le troisième extrait que j’ai cité plus haut de l’article de Mona Cholet, il est question des clients insatisfaits de prostituées. Ma théorie est qu’à un certain niveau ils sentent qu’en réalité ils étaient seuls pendant la passe. Ils n’avaient pas de partenaire. Pas vraiment. Mais on leur a tellement mis dans le crâne que ce qu’ils doivent vouloir, c’est juste tirer un coup, qu’ils ne se rendent pas compte que ce n’est pas vraiment ce qu’ils désirent.

            —–

            Pour en revenir à ma situation présente, ben, comme j’ai dit, il ne se passe pas grand’chose, et j’ai expliqué plus haut ce que je crois en être les raisons. Quant à mon ressenti à ce sujet, c’est une sorte de mélancolie récurrente, mais j’ai des tas d’autres problèmes plus graves. Je me dis que ce serait bien, sur un heureux hasard, d’avoir l’occasion d’un moment d’intimité et de tendresse, mais je n’en fais pas une obsession. Même si, depuis que j’ai découvert et vaincu ce qui, en interne, me bloquait, j’y pense davantage qu’avant, parce que j’ai davantage d’espoir, ce qui n’est pas très confortable.

            Dans le film britannique de 1986 Clockwise, le personnage principal, Brian Stimpson (joué par John Cleese), dit ceci : « It’s not the despair, Laura. I can take the despair. It’s the hope I can’t stand. » Quand j’étais bloqué, que je n’espérais pas grand’chose, je pouvais me contenter de ne pas y penser. Mais maintenant que je suis sorti de ma cage, je n’ai pas envie d’y retourner, de me fermer aux possibles. Donc j’y pense, avec un brin de mélancolie, mais rien de très brûlant. À part le fait d’être passé à côté de deux rencontres prometteuses, et de suspecter être passé à côté de bien d’autres au cours des années précédentes, sans m’en rendre compte. Mais ce n’est toujours pas le terme « misère sexuelle » que j’emploierais.

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            Le week-end dernier, lors d’une soirée chez un ami, ma meilleure amie a mentionné en passant que si elle avait envie d’un plan cul, elle avait au moins deux numéros de téléphones qu’elle pourrait appeler, mais que ça n’était pas vraiment ce qu’elle cherchait. Plus tard, elle avait envie d’aller en boîte, mais elle n’avais pas envie d’y aller seule, alors elle m’a demandé de l’accompagner, elle m’a même payé l’entrée. J’ai pas mal dansé, fais quelques vagues rencontres que je n’ai pas vraiment cherché à approfondir. Pas d’humeur. Pas à l’aise.

            De son côté, elle n’a pas mis bien longtemps a se trouver de la compagnie. J’envie son aisance, même si (et ça rejoint ce que tu disais) elle me donne parfois l’impression de ne pas suffisamment faire attention à sa propre satisfaction. Bon, c’est sa vie, et je n’ai rien contre le fait qu’elle papillonne, mais je n’ai pas toujours l’impression qu’elle est heureuse. Car oui, ça lui arrive assez souvent de tomber sur des plans pas terribles, je le sais, elle m’en parle. Enfin bon, le gars qu’elle a trouvé l’autre jour avait l’air sympa. J’espère que ç’a été.

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            Okay, j’ai peut-être un peu trop raconté ma vie. Désolé. J’espère au moins avoir aporté des éléments pertinents.

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    • Oui ça c’est typique: d’un côté ils pleurent parce que les filles ne s’intéressent pas à eux, ou pas comme elles devraient, et d’un autre côté ils classifient les filles en « moches » et « belles » et considèrent les moches comme n’ayant aucune valeur. Tout est logique, quoi.

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  20. Je voulais juste dire que tous les psys ne sont évidemment pas de cet avis . Je suis moi-même psy et la majorité de mes consœurs et confrères sont pour l’abolition de la prostitution et bien persuadés que les femmes qui se prostituent sont soit forcées, soit ont un vécu d’attouchements, de viols, de violences, de carences affectives , etc… à l’origine de ce « choix » . Je suis atterrée d’entendre un psy dire ce genre de choses, surtout qu’on SAIT aujourd’hui, il y a suffisamment d’études qui ont démontrés les ravages psychologiques de la prostitution …

    • Heureuse de vous lire… Quelque part rassurant.

      La réalité, vue de l’autre côté, c’est qu’il existe beaucoup de femmes qui sont dans mon cas: passif douloureux, attouchements, viols, etc. Et qui ont une peur bleue d’aller voir un psy parce que les expériences qu’elles ont déjà eu avec des psy ont étés des catastrophes sans nom à base de « vous avez un problème avec votre père » (raté, j’ai été violée et ne n’arrive pas à mettre de mots dessus, et j’espérais que vous pourriez m’aider à le formuler, mais bon)

      Je pourrais vous écrire un livre rien qu’avec les conneries du genre que des psy ont pu dire, à moi (j’en ai vu trois différents), à des amies (le nombre de femmes violées parmi mes amies est effrayant), ou à mes clientes. Avec le temps, l’atterrement à fait place à la colère. Non, on ne répond pas à une jeune fille dont le père, sculpteur érotique, bande devant les amies de lycée qu’il prend comme modèle pour ses nus que c’est elle qui à un problème. On ne répond pas à une jeune fille violée et violentée par son petit-ami que ses problèmes ne sont rien en comparaisons de ceux du petit-ami en question. Pour citer les propos du personnage en top liste des connards finis se prétendant psy que mes proches aient pu affronter… Au bout d’un moment, on en a marre, en temps que proche, de réparer les dégâts terribles causés par des débiles de cet acabit. Or ils sont nombreux. Très très nombreux.

      Ce pourquoi, en temps que victime de viol, j’en suis arrivée à la conclusion qu’il n’existait aucune prise en charge précoce possible pour les victimes. Le loto qui consiste à espérer tomber sur autre chose qu’un salaud qui fera plus de dégâts que de bien n’est pas une solution de prise en charge précoce. C’est une solution lorsque l’on est suffisamment armée pour envoyer chier les salauds. En aucun cas quand tout le travail de reconstruction est à faire.

      Je suis heureuse de lire de la part d’un psy que la plupart des psy sont conscients de la réalité et de la violence des situations de prostitution. Mais j’aurais aimé que les propos de l’autre me choque: ils ne m’ont pas choqué parce que pour moi un psy est parfaitement capable de dire cela, c’est même assez logique.

      Il y a un vrai problème.
      Et un vrai gros ménage doit être fait.

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  26. Très bien écrit. La misère sexuelle est une réalité à cela s’ajoute la misère affective. Peut-être que les femmes sont plus touchées par la misère affective que les hommes. Les hommes sans doute plus par la misère sexuelle parce-qu’ils vont voir les prostituées. Je pense aussi qu’il est nécessaire de continuer à lutter efficacement contre le racisme et aussi démontrer que les féministes radicales qui stigmatisent les prostituées qui ont choisi ce métier et taxent les clients de violeurs qu’elles sont en faillite humaniste et intellectuel aussi.

  27. C’est un fait misère sentimentale et sexuelle sont à l’ordre du jour sans distinguo de sexe. plus our un moins pour l’un ou l’autre sexe, peu importe le fait est là.
    A croire que les années fin 60 et 70 n’ont jamais existé. Perso, moi qui suis un homme hétéro plutôt rien que des putes même si je respecte ces femmes je n’irai jamais les faire vivre; C’est un acte facile pour moi car je ne conçois l’acte sexuelle que comme comme un partage. enfin femmes et hommes ne sont pas égaux devant cela et les individus encore moins. tout cela est consternant.

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