Ne le prend pas dans tes bras

Quelle mère n’a jamais entendu ça? « Ne le prend pas dans tes bras, il va s’habituer ». « Laisse-le pleurer, ça lui fera les poumons ». La violence éducative commence tôt, très tôt. L’enfant à peine né, il faut couper le cordon, se garder d’être trop « fusionnel », le laisser seul pour qu’il « s’habitue ». L’envoyer à l’école le plus vite possible. Le séparer, vite. S’il pleure, c’est la faute de la mère. Elle est trop fusionnelle. Elle étouffera son enfant, l’empêchera de grandir, de vivre…

Même en n’en sachant que très peu sur les enfants, il m’a toujours semblé que ces gentils théoriciens du « ne le prend pas dans ses bras, il pourrait s’habituer » en savent encore beaucoup moins que moi. Ont-ils déjà regardé un bébé? Non pas vu, mais regardé. Ont-ils déjà réfléchi à ce qu’est un bébé?

Autonomie. Solitude. Apprentissage. Pleurs. Communication. Langage. Fusion. Ces mots reviennent sans arrêt sur le tapis dès qu’on parle des bébés. Mais ont-ils encore un sens? Plusieurs mots en revanche sont curieusement absents du vocabulaire couramment usité. Amour. Attachement. Détresse.

Je ne veux pas parler ici de façons de s’occuper des enfants, ce n’est pas vraiment le sujet. Je veux encore parler de théories sur l’éducation. De violence éducative. Car la première violence que subit l’enfant est cet ensemble de théories savantes qui ne le regardent pas, qui ne l’écoutent pas, qui décident pour lui ce qu’il est, ce dont il a besoin. Et qui, au final, peuvent le maltraiter, même avec les parents les plus aimants et dévoués au monde.

La mère et l’enfant dans les théories psychanalytiques

Un bébé, pour beaucoup de gens, c’est un tube digestif armé de puissantes cordes vocales. C’est une vision très culturelle des bébés parce que dans notre culture, les bébés pleurent beaucoup et sont difficiles à calmer. Je reviendrai là-dessus.

Un bébé, pour moi, c’est un être vulnérable, sans la moindre autonomie, totalement dépendant de ses parents (et en particulier de sa mère chez la plupart des mammifères non-humains et dans de nombreuses cultures humaines) pour sa survie, son bien-être et son développement. Cela me semble une évidence, mais cette vision des choses est très peu partagée, comme nous allons le voir.

Un bébé, pour de nombreux  professionnels, psys et en particulier dans la tradition psychanalytique, est une sorte de monstre en devenir, un individu dangereux, qu’il faut dresser. Vous pensez que j’exagère? Non seulement je suis bien en-dessous de la vérité, mais ces théories de l’enfant-monstre ont infiltré nos esprits jusqu’au centre du cœur de la fibre, si j’ose dire. Quand les gens m’exposent leurs théories à propos des tout-petits, je suis perpétuellement surprise de constater à quel point on n’hésite pas à leur prêter des intentions néfastes. Les enfants, estime-t-on, n’aspirent qu’à grapiller la moindre miette de pouvoir. Laissez un enfant grandir sans « poser des limites » bien claires, sans lui apprendre l’obéissance, et il deviendra un de ces fameux enfants-rois, un tyran assoiffé de pouvoir qui vous rendra fous, vous ses pauvres parents, vous dominera, vous écrasera. Ces velléités de pouvoirs chez le petit enfant ne sont pas perçues comme acquises dans l’éducation, mais totalement naturelles, innées. Et toute l’éducation consiste à écraser ce pouvoir, le tuer dans l’œuf, pour transformer ce petit sauvage, cette petite brute sanguinaire, en être civilisé.

J’exagère encore? Voici quelques citations glanées au hasard sur des sites de vulgarisation psy à propos des liens mère-enfant(1).

Après sa naissance, le nouveau-né reste, pendant quelques semaines, dans ce que les psychanalystes et psychologues cliniciens appellent l’illusion de la toute puissance. En effet, l’allaitement permet à l’enfant de se sentir tout puissant face au sein en pensant qu’à tout moment il peut le détruire. Mais en parallèle, il sent également que le sein peut le détruire, le dévorer comme lui le dévore ce qui explique pourquoi plus il a envie de dévorer le sein plus il craint que ce ne soit le sein qui le dévore. En d’autres termes, le bébé projette sur sa mère sa destructivité pour être ensuite assaillit par la peur qu’elle-même le détruise. (…) C’est la plupart du temps pour se venger du mauvais sein que le bébé mord le sein de sa mère. A ce moment là, la pulsion orale qui, jusque là s’étayait sur le besoin de se nourrir, devient cannibalique, c’est ce que les psychanalystes et psychologues cliniciens appellent l’organisation sadique orale au cours de laquelle l’enfant prend conscience qu’il peut agir sur son environnement.

A mon avis, opinion probablement partagée par notre ami Captain Obvious, si un bébé mord le sein de sa mère (ce qui arrive assez peu souvent, si on en croit le site de la Leche League), c’est simplement parce qu’il ne sait pas que ça fait mal. Comment pourrait-il le savoir? Les psychanalystes nient au nouveau-né toute innocence, presque toute ignorance au sujet de ses actes, lui prêtant des intentions néfastes totalement délirantes et des fantasmes dont on se demande d’où ils pourraient bien sortir (on se demande déjà comment des adultes peuvent penser des choses aussi tordues, alors des bébés…). De plus, cet être totalement impuissant qu’est le bébé, puisqu’il ne peut que pousser des cris de détresse quand il ressent de l’inconfort, de la douleur, de la peur… Est supposé investi d’un sentiment de toute-puissance, toute-puissance qu’il utilise pour soumettre son entourage et en particulier sa pauvre mère, pour, au final, détruire la famille.

L’illusion de la toute puissance s’explique également par le fait que lors des premières tétées, la mère place son sein à l’endroit même et au moment même où son enfant l’imagine, de sorte qu’il croit qu’il fait lui-même apparaître le sein seulement en pensant à lui.

Si les conséquences de cette façon de penser n’étaient pas aussi dramatiques pour les enfants et les mères, on pourrait trouver ça drôle. Vous pensiez peut-être que les bébés crient parce qu’ils ont faim et veulent manger, mais les psys eux savent que les enfants croient plein de choses, s’imaginent plein de choses. Et c’est pas joli-joli. Le caractère monstrueux des enfants peut aller si loin dans l’esprit des psychanalystes que quand on lit certains, on se dit qu’on ne devrait pas les laisser s’approcher d’un enfant à moins de 100 mètres. Ainsi, Mélanie Klein, célèbre psychanalyste pour enfants, écrit au sujet des nourrissons(2):

Le sadisme atteint son point culminant au cours de la phase qui débute avec le désir sadique-oral de dévorer le sein de la mère (ou la mère elle-même) et qui s’achève à l’avènement du premier stade anal. Pendant cette période, le but principal du sujet est de s’approprier les contenus du corps de la mère et de détruire celle-ci avec toutes les armes dont le sadisme dispose. (…) A l’intérieur du corps de la mère, l’enfant s’attend à trouver: le pénis du père, des excréments et des enfants, tous ces éléments étant assimilés à des substances comestibles.(…) Les excréments sont transformés dans les fantasmes en armes dangereuses: uriner équivaut à découper, poignarder, brûler, tandis que les matières fécales sont assimilées à des armes et à des projectiles.

En effet, quand on considère un bébé comme un être aussi monstrueux, on peut hésiter à le prendre dans ses bras, dormir avec lui ou lui donner le sein. En fait il vaudrait mieux le noyer tout de suite, à mon avis. Mais pourquoi ces psys considèrent-ils les bébés comme des êtres aussi horribles? Un petit détour par le rôle du père peut nous aider à comprendre.

Le rôle du père dans la relation mère-enfant: Civilisation contre barbarie

Toujours sur Psychologie pour tous, à propos du rôle du père:

Sans lui [le père], ni la mère, ni son enfant, n’ont les ressources psychologiques nécessaires pour se déprendre de cette relation symbiotique qui les unit. Le père a donc la lourde charge de dynamiser la séparation en montrant à son enfant que sa mère n’est pas seulement sa mère. Lorsque le père n’exerce pas sa fonction séparatrice, l’enfant est dans l’incapacité de s’autonomiser puisqu’il ne se sent pas autorisé à grandir par son père. Mais pour que le père puisse exercer sa fonction séparatrice qui doit se poursuivre tout au long de la vie de l’enfant car la mère souhaitera toujours inconsciemment se le réapproprier, il est essentiel que la mère indique à son enfant la figure paternelle, qu’elle le reconnaisse en tant que tel et qu’elle valide sa parole.

Sans père, point de salut. L’enfant tètera encore sa mère à l’âge de 35 ans, car ce petit con ignore qu’il est un individu différent d’elle, et parce que cette gourde cherchera toujours à en refaire un assisté sans la moindre autonomie comme il l’était le jour de sa naissance. J’insiste sur ce passage parce qu’on peut voir que, dans les théories psychanalytiques, non seulement l’enfant est malfaisant, mais la mère est également une figure dangereuse et instable. Le père représente l’autorité, le culturel de l’homme contre le naturel de la femme et de l’enfant, le civilisé contre la barbarie, l’esprit qui va mettre un peu d’ordre dans la matière brute, ranger tout ce bordel et permettre ainsi d’éviter que tout le monde devienne complètement taré.

On a là, en fait, un schéma classique de la pensée occidentale traditionnelle, qui s’illustre par son âgisme, son sexisme, son racisme. Si l’enfant est aussi mauvais, c’est parce qu’il n’est pas encore éduqué, donc civilisé. Quant à la femme, à l’instar du « Sauvage », elle ne le sera jamais totalement. C’est l’une des bases du patriarcat, notamment décrits par Beauvoir qui évoque dans Le Deuxième Sexe les mythes qui s’articulent autour de la féminité(3). « La femme » représente la Nature, sauvage et dangereuse, qui doit être dominée, maîtrisée. La femme, c’est le naturel, l’homme, le culturel. On le voit dans l’extrait ci-dessus, l’autorité du père sur la mère est supposée indispensable pour l’équilibre du trio parents-enfants. L’enfant doit être civilisé, il doit l’être évidemment par un être civilisé, son père, et pour cela, il doit être séparé de sa mère. Il y a chez les psys, par rapport à la mère, une extraordinaire méfiance, que je n’hésite pas à qualifier de misogynie la plus crasse. Naouri ne fait que s’appuyer sur une longue tradition psychanalytique (elle-même ayant hérité de nombreux concepts de courants philosophiques antérieurs)(4) lorsqu’il affirme:

« Le père s’est historiquement fabriqué lorsque, fonctionnant sur son seul intérêt, il a délibérément ignoré son enfant pour ne s’intéresser qu’à l’objet sexuel qu’était sa femme. Ce faisant, il a indirectement écarté l’enfant et la mère en mettant de la distance entre eux. »(5)

Pour Naouri, la femme est épouse ou mère, c’est à dire qu’elle remplit soit une fonction d’objet sexuel, soit une fonction de reproduction. On retrouve là la fameuse dichotomie Maman/Putain si chère au patriarcat. Naouri a l’avantage de ne pas trop dissimuler le caractère répugnant de ses théories, donc il est presque inutile de chercher à les décortiquer ; néanmoins on peut résumer ainsi sa thèse : quand elle enfante, la femme devient « la maman », et le père est nécessaire pour qu’elle redevienne « la putain » (l’objet sexuel au service de l’homme) et se sépare ainsi de son enfant, ce qui permettra à ce dernier de grandir.  On trouve facilement, chez Naouri, cette figure de la mère destructrice, hostile, dangereuse, toxique, qui est courant dans la psychanalyse:

« Nos sociétés occidentales ont retiré leur soutien à l’instance paternelle pour voir le patriarcat annihilé avec l’installation d’une forme de matriarcat dégoulinant d’amour qui a obéré plus qu’on ne l’imagine la maturation des enfants ».

Cela m’amuse assez de constater que pour Naouri, le problème avec le matriarcat n’est pas qu’il soit une forme de hiérarchie basée sur le sexe et donc injuste, mais qu’il soit « dégoulinant d’amour », ce qui est apparemment très sale. Mais bref, on voit à quel point pour Naouri la mère est une sorte de bête dangereuse à dresser. Par le sexe. Une pétition circule d’ailleurs actuellement pour protester contre les propos de Naouri publiés dans le magazine Elle, puisque le pédiatre conseille carrément au père de violer la mère pour ramener paix et équilibre au sein du couple. La thérapie par le viol, voilà qui fait en fait partie de la tradition patriarcale, même si ça choque de le voir formulé clairement. En effet le viol a toujours été un outil de contrôle des femmes dans le patriarcat.

L’ingérence des hommes dans la relation mère-enfant au sein du patriarcat

A la lumière de ces explications concernant la façon dont les psys considèrent la mère et l’enfant, on peut comprendre pourquoi le lien mère-enfant est si mal vu, si considéré comme quelque chose de dangereux, à la fois pour la mère et l’enfant. Il y a en fait, dans la relation mère-enfant,(6) quelque chose de mystérieux, qui échappe à l’homme, non seulement à son emprise, à son pouvoir, mais surtout à sa compréhension. Cette relation ne peut pas être comprise avec les outils rationnels traditionnellement masculins dans la société patriarcale, elle n’est pas faite d’équations et de petites cases, elle est faite de cette chose qui dégoûte tant Naouri : l’amour. Elle ne peut se comprendre vraiment que de l’intérieur, avec l’âme, le cœur, les tripes, la sensibilité; des outils dont les mâles sont privés au cours de leur éducation genrée masculine, ces outils qu’ils ont perdus en devenant des hommes(*). A la fois la mère et l’enfant sont considérés comme tout-puissants l’un par rapport à l’autre, parce que le lien mère-enfant est une relation de laquelle le père est exclu dans un premier temps.

Il semblerait que les hommes aient vu d’un assez mauvais œil cette relation qui leur échappait. Comme souvent, le moindre pouvoir qu’ils n’exerçaient pas s’est retrouvé exagéré à l’extrême. La mère, qui s’occupe de l’enfant de façon permanente, sait comment le calmer, comment s’occuper de lui, elle le comprend et dispose d’un savoir et d’un pouvoir qui échappe au père. L’enfant, lui, possède le minuscule pouvoir de s’accaparer l’attention maternelle en poussant des cris de détresse (pouvoir partagé par l’ensemble des bébés mammifères, mais j’y reviendrai). Même si cette situation est nécessaire pour que la femme assume ses fonctions reproductrices, elle est non-souhaitable d’un point de vue patriarcal puisqu’elle entrave ses fonctions sexuelles. Ce qui déplait fortement à un Naouri, dans la relation mère-enfant, c’est qu’en s’occupant trop de lui elle oublie de remplir son rôle d’objet masturbatoire pour l’homme. Il en déduit donc que si elle ne remplit pas son rôle d’épouse (d’objet masturbatoire pour le mari), alors c’est mauvais pour le développement de l’enfant, pour la civilisation, pour l’équilibre et le bonheur de la famille, pour tout. Si vous le lisez bien, toute sa théorie est basée là-dessus. Il voit d’ailleurs d’un très mauvais œil les couples lesbiens. Pour lui, une femme qui élève un bébé sans se faire baiser par un homme fait du mal à son enfant et à elle-même.

Heureusement le patriarcat a réponse à tout. De tous temps, des pédagogues qui n’avaient jamais changé une couche de leur vie ont théorisé la relation mère-enfant et dicté ce que d’après eux il fallait faire ou non. Ils ont voulu briser ce lien le plus vite possible, et affirmé que cette rupture était souhaitable et nécessaire pour l’équilibre de l’enfant. La rupture du lien mère-enfant permettait au pouvoir masculin de s’exercer très vite et aux pères de jouir de prérogatives masculines à la fois sur la mère et sur l’enfant. La mère doit redevenir l’objet sexuel pour le père, quant à l’enfant il doit apprendre la soumission, l’obéissance, pour devenir au plus vite ce que le père ou la société veut faire de lui. Le pouvoir masculin ne pouvait pas attendre que l’enfant soit prêt pour cette rupture, il fallait donc l’effectuer de force, avec la complicité des mères. Cette conception de l’éducation a de nombreuses conséquences sur la façon dont nous élevons nos enfants aujourd’hui.

La nécessité de récupérer l’objet sexuel qu’est l’épouse accaparée par son bébé entièrement dépendant d’elle est si forte que des psys actuels n’hésitent pas à qualifier d’incestueuse la relation mère-enfant ! Ainsi Marcel Rufo n’hésite pas à affirmer(7): « Allaiter son enfant plus de sept mois est un véritable abus sexuel.« . De plus, toute proximité mère-enfant est perçue comme suspecte et potentiellement dangereuse, en particulier pour l’équilibre familial, comme nous allons le voir.

Les conséquences de l’intrusion masculine dans la relation mère-enfant, ou « ne le prend pas dans tes bras, il va devenir taré et te sucer le cerveau ».

Encore aujourd’hui, nous voyons les enfants comme des individus pressés d’exercer un pouvoir tyrannique sur leurs parents, et qu’il faut donc dresser. Les mères sont également vues d’un très mauvais œil quand elles s’occupent de leurs bébés d’une façon que je qualifierais de « normale » si on prend comme critères le comportement de nos proches cousins et ceux d’autres cultures humaines. J’entends par là: répondre aux pleurs en intervenant rapidement, allaiter à la demande, ne pas laisser seul un bébé âgé de quelques semaines, dormir avec l’enfant, etc. Elles sont vues comme « fusionnelles » et dangereuses, outrepassant leurs droits, et nous sommes imprégnés de l’idée que s’occuper ainsi d’un enfant est nuisible à son développement. En fait, la nécessité de rupture précoce préconisée par les pédagogues pour les raisons citées au-dessus a introduit l’idée que si on ne rompt pas de force et très tôt le lien mère enfant, il ne se rompra jamais et on obtiendra un enfant débile et immature, qui ne grandira jamais. Je n’ai pas besoin d’aller chercher très loin pour trouver des témoignages. Dans les commentaires à l’article récent La première oppression, Maud écrit:

Je suis fort en marge de la norme puisque j’ai fait le choix de l’allaiter au delà de la « limite raisonnable », de rester à la maison pour m’en occuper plutôt que de l’envoyer en crèche et surtout de la laisser dormir dans mon lit. On me reproche souvent d’être trop fusionnelle, de l’empêcher de se sociabiliser, de ne pas lui poser assez de limites, d’être trop laxiste, de ne pas lui donner de cadre assez strict « nécessaire » à son épanouissement. J’ai beau avoir l’impression de faire au mieux avec elle, ça ne m’empêche pas de m’interroger souvent : Qu’en sera t’il de l’école ?

Maud est un exemple parmi de très nombreux (qu’on peut voir notamment sur les forums sur internet) des mères qui se retrouvent partagées entre leur désir de s’occuper au mieux des besoins de leurs enfants et de faire comme on leur dit de faire, c’est-à-dire de s’en séparer le plus vite possible sous peine de les rendre malheureux. Celle-ci, par exemple, s’inquiète d’allaiter encore sa fille âgée de deux ans (une pratique fort répandue à travers le monde), alors que son médecin l’accuse d’exposer la petite à « un retard psychoaffectif ». Et l’ « experte » de surenchérir, conseillant de remplacer par des biberons un allaitement qui selon elle « n’a pas d’intérêt ». Très fort: il n’a pas d’intérêt mais il lui faut un substitut. (et outre l’aspect nutritionnel, si la mère et/ou l’enfant y trouvent un intérêt, madame l’experte?). Cette autre est accusée par son médecin d’être « trop fusionnelle » parce que son enfant de trois ans pleure pendant l’auscultation médicale (avec un médecin qu’il ne connait pas) et que ça la met mal à l’aise. Bref, je vais m’arrêter à ces exemples mais je pourrais continuer à les enchaîner sur des pages et des pages. Les médecins, psys et autres « experts » culpabilisent énormément les mères par rapport à leurs relations avec leurs enfants.

On retrouve également dans les commentaires de l’article précédent cette idée fort répandue selon laquelle faire dormir un enfant dans la même chambre que les parents serait nuisible pour leur vie sexuelle, et donc pour leur couple, et à terme, détruirait la famille. Avec un recours à des théories vaguement essentialistes à la sauce scientifique pour expliquer que les besoins sexuels de l’homme doivent être comblés: tandis que la mère trouverait une satisfaction hormonale dans sa relation à l’enfant, le pauvre père ne pourrait obtenir ces précieuses hormones du bonheur que dans les relations sexuelles avec la mère. Encore une fois j’ai du mal à ne pas y voir des théories totalement patriarcales sur le sexe. Les hommes ont besoin de sexe, les en priver détruit le couple, donc la famille, etc. On peut lire de nombreuses théories semblables sur le sommeil partagé, notamment ici. J’attire votre attention sur le côté âgiste et un peu tordu de cet article: l’enfant demande à dormir dans le lit de ses parents, mais en acceptant, les parents répondraient en fait à leur propre besoin et non pas à celui de l’enfant. Donc toujours d’après l’article, le besoin de l’enfant qui exprime un désir de proximité est d’être éloigné de l’adulte.

Pourtant, bien des parents (nde: ces abrutis…) pensent véritablement rassurer leurs enfants en leur permettant de dormir avec eux. « Ce que l’enfant désire est qu’on le rassure, qu’il sente qu’on l’accompagne et qu’on est là pour lui. Mais cela ne veut pas dire lui ouvrir notre lit. Notre rôle de parents, c’est de l’amener vers l’autonomie, vers le monde extérieur et les autres, non pas l’amener vers moi.

C’est tordu parce que la réaction (souvent maternelle) de répondre à une demande de l’enfant est considéré comme une pulsion égoïste qui satisfait le parent et nuit à l’enfant. Et c’est âgiste parce que c’est un cas typique de privation de parole des opprimés: l’enfant qui dit quelque chose désire en fait le contraire, mais il ne le sait pas. De façon bien pratique, le dominé a besoin de ce que le dominant veut qu’il ait besoin, mais il exprime un besoin contraire parce qu’il ne sait pas ce qu’il veut. Comme la femme qui dit non pense oui, comme l’esclave qui semble vouloir passer son temps à glander a en fait besoin pour son équilibre et son bien-être de cultiver le coton pour son propriétaire.

On retrouve encore cette idée selon laquelle la rupture du lien mère-enfant ou parents-enfants doit nécessairement être provoquée par les parents eux-même, qu’il faut nécessairement éloigner l’enfant et ne pas répondre à ses demandes de proximité, sous peine de lui faire du mal. Cette idée est omniprésente dans tous les domaines de l’éducation des bébés: allaitement, sommeil, réponse aux pleurs, séparation pour la crèche ou l’école… La rupture doit toujours être forcée, l’enfant ne la fera jamais naturellement. Si on laissait faire les enfants, si on répondait à leurs demandes de proximité et de contacts physiques, ils tèteraient maman et dormiraient dans son lit jusqu’à l’âge de 48 ans, satisfaisant ainsi son besoin féminin de toute-puissance…

Ces théories sont absurdes. Les enfants ont un besoin naturel de proximité, et l’autonomie est une capacité qu’ils acquièrent au fil du temps, sans qu’on ait besoin de les y forcer. Dans un prochain article, j’exposerai plus précisément mon point de vue sur l’acquisition de l’autonomie chez l’enfant, en me basant sur les théories de l’attachement observées chez les animaux, et également sur des observations ethnologiques.

(1). Les deux extraits suivants sont issus du site Psychologie pour tous.

(2) M. Klein, Essais de psychanalyse. Cité dans le chapitre « La mythologie de la thérapie en profondeur » du livre noir de la psychanalyse.

(3)  «L’homme recherche dans la femme l’Autre comme Nature et comme son semblable. Mais on sait quels sentiments ambivalents la Nature inspire à l’homme. Il l’exploite, mais elle l’écrase, il nait d’elle et il meurt en elle ; elle est la source de son être et le royaume qu’il soumet à sa volonté ; (…) Elle est ce qui s’oppose à l’Esprit et lui-même. Tour à tour alliée, ennemie, elle apparaît comme le chaos ténébreux d’où sourd la vie, comme cette vie-même, et comme l’au-delà vers lequel elle tend : la femme résume la nature en tant que Mère, Epouse et Idée.» Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe à propos des mythes de la féminité.

(4) La psychanalyse a d’ailleurs continué à hériter de concepts culturels en vogue bien après Freud. Voir notamment le chapitre de Mikkel Borch-Jacobsen « Lacan Ventriloque » dans Le livre noir de la psychanalyse.

(5) D’après une interview d’Aldo Naouri dans le point, « la tyrannie des mères ».

(6) Je me place ici dans la perspective d’une société dans laquelle c’est principalement la mère qui s’occupe de l’enfant, comme c’est encore souvent le cas dans la société occidentale, et en tous cas comme ça a été le cas traditionnellement lors du développement de ces théories assez anciennes. On est bien d’accord sur le fait que les pères peuvent très bien s’occuper des bébés.

(7) « Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualité de votre enfant », Marcel Rufo, Ed. Anne Carrière.

(*) Petit ajout: je me rend compte en me relisant que certaines choses que j’écris ne sont pas très claires. Quand j’écris « des outils dont les mâles sont privés au cours de leur éducation genrée masculine, ces outils qu’ils ont perdus en devenant des hommes » je ne veux pas dire que les hommes sont incapables d’avoir une sensibilité. Ce serait évidemment faux et insultant pour les hommes. Je me plaçais dans une perspective historique donc je parle d’hommes « traditionnels », d’hommes qui remplissent un rôle d’homme dans la société patriarcale. (le mot « mâle » était sans doute maladroit, on parle bien ici de genre et pas de sexe). Les hommes ont bien sur tous les outils pour avoir une relation de sensibilité avec un enfant ou une autre personne, mais ils ne sont pas censés le faire et s’ils écoutent des « experts » comme Naouri, ils ne le feront pas, ce qui est dommage pour eux. De plus, « le lien mère-enfant est une relation de laquelle le père est exclu dans un premier temps » j’aurais du préciser: dans une société traditionnelle patriarcale (perspective historique encore une fois).

159 réflexions au sujet de « Ne le prend pas dans tes bras »

  1. Outch.

    Là tu tapes vraiment fort.

    J’avoue sans honte que toutes ces théories sur « l’enfant monstre », je n’en avais jamais entendu parler…

    C’est peut-être la fréquentation de mes nouveaux-nés, puis plus grands, qui me fait réfléchir ; mais pour moi, un enfant, jusqu’à un âge relativement « avancé » (je ne saurais pas dire quand exactement, mais peut atteindre, à mon avis, une dizaine d’années pour un enfant « normal ») est essentiellement gouverné par ses instincts. S’il veut un câlin de sa mère, c’est parce que qu’il en a BESOIN, pour une raison ou une autre.
    Ces histoires de cannibalisme… limite ça me fout la gerbe.

    • je ne comprend pas la différence entre l’instinct, et la connaissance basée sur l’expérience … Tu peux m’expliquer ?

      Les humains choisissent consciemment d’apprendre des choses, et même d’avoir un cortex ? Ils décident d’avoir un cortex ? Alors que les animaux ne se basent pas sur leur expérience pour prendre des décisions ? Tout est seulement un programme, ce sont des animaux-machines, c’est ça ? Tu les changes d’endroit, tu leur fais subir des épreuves, ou reconnaître des modes de fonctionnement, mais le programme interne ne change jamais jamais, il reste toujours semblable ?
      Et les réflexes pavloviens, c’est bon que pour les chiens, pas pour les humains ?

      Et épargne moi le « oui mais le ptit cheval il marche dès qu’il sort du ventre de la mère. », je t’en prie. Le petit cheval, il marche parce qu’il a des pattes fonctionnelles dès la sortie. Pas parce que c’est un robot.

      Les bébés humains sont bourrés d’intentions, et les animaux qu’importe leur àge, en sont dénués. Ils sont mû par un truc, mais pas par des intentions. Ouais, sûr.

      • non, les bébés humains n’ont pas d’intention, ils ont juste faim, peur et sommeil, ça va pas plus loin .

        • Oui. Le message que j’ai écrit était sur le mode ironique ..

          En fait, je caricaturais l’idée selon laquelle il y a une différence essentielle entre les modes d’action des animaux, et les modes d’actions des humains. Et selon laquelle un bébé cheval c’est Essentiellement différent d’un bébé humain, qui serait Essentiellement différent d’un humain adulte, etc.

          Les gens qui croient que tout est séparé et contient une essence indépendante et périssable, qui est donc en lutte contre le reste, tu sais. Les vieilles croyances dûes à la peur et l’ignorance.

          Bisous.

      • Juste pour répondre à « Et épargne moi le « oui mais le ptit cheval il marche dès qu’il sort du ventre de la mère. », je t’en prie. Le petit cheval, il marche parce qu’il a des pattes fonctionnelles dès la sortie. Pas parce que c’est un robot. »
        —-> En l’occurence, le bébé humain ne devrait sortir du ventre de sa mère qu’au bout de 18 mois de grossesse… C’est à dire aux alentours de 9 mois… Âge auquel il commence à marhcer (entre 9 mois et un peu plus d’un an). Sauf que la tête d’un bébé de 9 mois, ça passe pas le bassin de la mère! Donc il nait plus tôt que prévu. C’est pour ça qu’il ne marche pas à la naissance mais 9/10 mois plus tard (qui sont donc ces mois qui manquent pour être comme tous les mammifères) et qu’il faut pratiquer le portage +++ pendant au moins ces 9 premiers mois de vie, pour le mettre dans une espèce de bulle qui prolonge l’utérus mais dans les bras de maman (ou pas!!!!)…

    • L’instinct! Cette force de dame nature qui gouverne les esprits faibles! Les cochons, les enfants, les femmes! Heureusement que les hommes sont là pour agir de facon raisonnée, et pour nous le rappeller!

  2. Merci pour cet article !
    Tu as trouvé des perles niveau citation, mais que ce soit aussi dit de façon aussi violente ou exagéré ou que ce soit plus sous-entendu, il y a effectivement un gros problème de culpabilisation et de conditionnement des mères à nier les besoins de leur bébé.
    Bien vu le lien avec le patriarcat par ailleurs.

    • Ton article est intéressant et bien développé, je partage beaucoup de tes idées sur le fond MAIS il est infiniment excluant pour un homme !

      « La mère doit redevenir l’objet sexuel pour le père, quant à l’enfant il doit apprendre la soumission, l’obéissance, pour devenir au plus vite ce que le père ou la société veut faire de lui.»

      Laisser croire que la majorité silencieuse des hommes qui reproduit et reproduira toujours le mode de domination du patriarcat pense cela… c’est terriblement excluant pour un homme.

      Sous le couvert d’une critique légitime du patriarcat, Il s’agit une fois de plus, de relayer et de donner en pâture aux lectrices une vision exclusivement théorique du père « EUX », ennemi bien fédérateur du « NOUS » (femmes victimes du patriarcat) en excluant totalement le « TOI » (Homme
      -Papa nuancé, un peu conscient des atrocités du déterminisme de genre et qui souhaite, dans sa petite vie, ne pas participer bêtement à la reproduction de la domination du patriarcat…)

      Il me semble que pour notre cause… ça serait pas mal, de temps en temps (lol), de permettre aux hommes d’accéder à ce type de réflexion, d’être sensibilisé à ces injustices profondes. Avec ce genre d’article, je m’excuse, c’est totalement impossible, on se sent caricaturé et agressé.

      Bref j’aimerais tellement que la prochaine fois, il y a un genre d’avertissement comme au cinéma : « Attention, dans certains extraits de cette article la vision des pères proposées est uniquement théorique et caricaturale, elle ne correspond à aucune réalité que vous pourriez rencontrer en chair et en os… » Pour toi cela va peut être sans le dire… mais quand même, ça me ferait plaisir.

      Donc pour le dire tout haut :

      Jeune papa d’un petit garçon de 8 mois, si parfois je laisse pleurer mon lapin, si je ne veux pas qu’il dorme avec nous et que je vais ainsi CONTRE ses désirs (naturels/primaires) Ce n’est pas parce que je veux b***** sa maman, ni que je veux dominer mon bébé et en faire un objet de mon pouvoir !

      C’est dans un processus d’apprentissage: pour lui apprendre une capacité/compétence essentielle, qu’il est DEJA capable d’apprendre : La gestion de la frustration (non, tu ne feras pas toujours ce que te dictes tes envies- il existe une chose étrange : les autres humains.)

      Un bébé réagit assez rapidement à ce processus d’apprentissage car il en est déjà capable. Comme il sera un jour capable d’apprendre à traverser une rue en faisant attention aux voitures alors qu’il avait envie de courir à travers tout,
      capable d’apprendre des savoirs bruts à l’école alors qu’il avait envie de se balader en forêt,
      capable de rédiger une lettre de motivation et un CV alors qu’il pensait vivre de son atelier de confection de cendriers en rotin mais que « finalement non: ça ne paye pas ses repas » : toutes des choses pas très rigolotes à faire à première vue, mais bien utiles pour vivre en groupes d’humains en Europe occidentale.

      Alors bien sur, on pourra toujours dire qu’il serait bien de retarder le moment où il apprend la gestion de la frustration, comme on pourra retarder toutes les autres étapes d’apprentissage de l’enfant… Mais puisqu’il en est capable, pourquoi ne pas lui apprendre ? Au nom de quoi ne pas lui apprendre cela ?

      Bébé, il y aurait donc un âge béni de l’insouciance totale ou tout désir doit être comblé sans aucune entrave ? Comment justifierait-on la fin de cette période sinon par l’émergence avec l’âge de capacités qu’on attribuerait enfin à l’enfant (« maintenant il est grand, il peut comprendre qu’il ne doit pas être toujours dans mes bras ») ? Moi je suis certain que certaines de ces capacités sont là dès le plus jeune âge.

      je ne veux dominer personne et je veux respecter les deux êtres humains qui vive avec moi : une grande de 28 et petit de 8 mois.

      Comme ça, c’est dit ;-) !

      • Pour un bébé, je ne considère pas que le laisser pleurer parce qu’il se sent seul soit lui apprendre la frustration, je pense que c’est aller à l’encontre de ses besoins. Après je n’ai pas la science infuse. Mais bon j’ai développé des arguments en ce sens dans l’article suivant.
        Et je suis désolée si mon article peut paraitre excluant envers les pères qui s’occupent de leurs enfants. Je sais qu’ils peuvent le faire tout aussi bien que les mères. J’essaie simplement de décortiquer ce qui se passe traditionnellement, dans le patriarcat.

      • Le NON- laisser pleurer est pour moi la *base* de la non-violence. Feriez vous la même chose à votre femme parce qu’elle est « sensée » (d’après qui? d’après vous? sur quoi vous basez vous?) être capable de gérer *seule* cette « frustration »?

        Il y a selon moi une erreur d’interprétation du message que vous transmet votre enfant lorsque vous le laissez pleurer. Votre enfant n’exprime pas un /désir/ pour lequel il subirait une /frustration/. Il exprime un *besoin* et en ressent une *souffrance* lorsque vous n’y répondez pas.

        Vous vous posez la question de savoir s’il existerait un âge en dessous duquel le bébé aurait droit à tout comblement de ses besoins et à tout, en règle générale, et au nom de quoi? Je vous conseille de lire des ouvrages sur le développement du cerveau de l’enfant, (ex: « Un enfant heureux » de margot sunderland ou d’autres il y en a pas mal) car on sait aujourd’hui que le cerveau comme le système immunitaire, nerveux etc du bébé n’est pas matûre avant au moins l’âge de deux ans!
        Des études ont prouvé que lorsqu’un bébé pleurait et ne voyait pas son *besoin* satisfait, les zones dans son cerveau qui s’activaient étaient les mêmes que celles de la douleur physique….

        L’enfant porte en lui-même la force vitale qui le fera se développer, et en porte même le mode d’emploi, il n’y a qu’à se fier à ce qu’il ns dit. Encore faut-il apprendre à se mettre à son écoute (et à son niveau.. car ils ont beaucoup à nous apprendre sur tous les plans de la vie ces petits là)…
        Et quand bien-même il n’y aurait pas d’âge précis à partir duquel un enfant est capable d’auto gérer ses frustrations (encore une fois, décrété par qui? selon quoi? chacun est différent en plus!), n’est ce pas cruel de ne pas chercher à éviter à autrui de la souffrance?
        Mais bon, là, c’est quand même facile à voir… ils ont beaucoup à nous apprendre mais ils dépendent ***totalement*** de nous, et sont donc plus faibles… c’est donc pour moi de l’abus de pouvoir pur et simple sur autrui que de ne pas répondre aux besoins d’un tout petit à cet âge là. (8 mois vous avez dit?)

        Mais c’est difficile de répondre à tous leurs besoins et c’est pour cela qu’il est important de se faire aider au maximum par l’entourage.

        Bonnes réflexions

        • Hum, j’aurais tendance à être plus ou moins d’accord avec vous sur le fond (je n’ai que des idées brouillonnes sur ces questions, donc je ne peux pas dire clairement), mais certaines choses dans votre commentaire me choquent tout de même.

          Je suis d’accord que laisser pleurer un être qui compte sur vous est finalement assez violent. Je ne peux pas à proprement parler d’enfants, mais j’ai eu plusieurs jeunes animaux et à chaque fois mes parents m’empêcher d’aller les voir quand ils pleuraient (pour une bêtise punie ou parce qu’ils étaient seuls la nuit), ce que je trouvais absolument incompréhensible. Un être vivant souffre, mon premier réflexe est d’aller le voir pour qu’il ne souffre plus : c’est parfaitement normal, et il faut plutôt être détraqué pour penser que laisser quelqu’un dans la détresse est lui rendre service. Mais il faut croire que ce n’est pas le cas pour la majorité des gens, ce qui expliquent peut-être pourquoi le monde va si mal aujourd’hui… Bref, je digresse.
          Là-dessus, je pense que nous sommes d’accord.

          Par contre, là où je ne vous rejoint pas, c’est sur certains points qui me semblent un peu trop… essentialistes, limite religieux, sauf que dans votre croyance le gourou n’est pas un dieu mais la Nature même.
          Soyons clair : la Nature n’a pas de conscience, ni de volonté, encore moins un but dans les actions qui se produisent. Les arbres, les animaux, les humains vivent, et c’est tout.
          Ainsi, lorsque vous dites : « L’enfant porte en lui-même la force vitale qui le fera se développer, et en porte même le mode d’emploi, il n’y a qu’à se fier à ce qu’il ns dit. Encore faut-il apprendre à se mettre à son écoute (et à son niveau.. car ils ont beaucoup à nous apprendre sur tous les plans) », je ne peux que vous dire que non, l’enfant n’a pas de mode d’emploi avec lui, la Nature n’a pas été le lui donner à la naissance ou lors de sa création. Il ne faut pas donner des pouvoirs à l’enfant, sous prétexte que c’est un enfant justement. Sinon, l’éducation ne servirait à rien.
          Il n’a pas de mode d’emploi avec lui, et je le sais car je vois bien qu’il porte à sa bouche tout ce qu’il trouve, poison compris, et que non, la nature ne va pas lui dire « ne mange pas ça ». C’est à nous, éducateurs, de lui apprendre. De même qu’un enfant affamé depuis plusieurs jours, si on lui donne à manger, va se nourrir jusqu’à tomber malade, voire jusqu’à en mourir. Bref, l’enfant n’a pas la science infuse, il sait ses besoins c’est vrai mais ses connaissances s’arrêtent là puisqu’il ne sait pas comment les assouvir.

          Voilà, juste donc pour ne pas tomber dans le piège qu’il faut « laisser parler la nature » chez eux et que tous les éducateurs sont des entraves à leur développement s’ils font autre chose que de lui donner à manger ou un câlin quand il geint, qui est le courant contraire de celui décrit par l’auteure mais qui existe qd même, et qui est au moins aussi dangereux :)

          Ceci dit, les études dont vous parlez me paraissent bien intéressantes, j’irais bien faire un tour pour savoir à partir de quand on doit apprendre à l’enfant que non, ce n’est pas parce qu’il veut que les autres veulent. C’est vrai que ça me paraît tôt pour un bébé, mais pour un enfant de trois ans ça me paraît tard aussi… (problème à l’école avec les jouets, car il VEUT celui-là alors qu’il est déjà utilisé donc il pleure ;:( )

      • Ah ! Qu’il est difficile de casser le moule ! Et pour les hommes plus encore que pour les femmes : les enjeux ne sont pas les mêmes.
        Par exemple, Davmast, vous qui vous revendiquez comme un homme d’une autre modalité sociale que le patriarcat qui vous a façonné, je trouve intéressant de constater que vous utilisez la première personne du singulier pour dire: « si parfois je laisse pleurer mon lapin, si je ne veux pas qu’il dorme avec nous… » pour conclure : « je ne veux dominer personne et je veux respecter les deux êtres humains qui vive avec moi : une grande de 28 et petit de 8 mois. » , comme si vous parliez des deux enfants dont vous avez la responsabilité et sur lesquelles vous avez autorité.
        Vous nous laissez en tout cas penser que c’est vous qui décidez de la loi dans votre famille, en plus de langer bébé et de lui donner le biberon.

      • Juste pour répondre à cette notion de frustration… Il n’y a pas besoin de créer de fausses situations de frustrations non satisfaites, votre enfant en rencontre tout le temps. Lorsqu’il veut attraper un objet qui est hors de sa portée alors qu’il a 8 mois, la personne maternante qui est absente à un moment donné, se déplacer avec des objets dans les mains alors qu’il ne marche pas encore (c’est d’ailleurs cette frustration qui l’aidera à se relever), conduire une voiture alors qu’il a 10 ans…
        La personne la plus maternante qui soit ne peut répondre à tous les besoins d’un enfant, mais elle peut lui apporter aide et soutient pour apprendre à gérer cette frustration. Répondre aux besoins physiologiques d’un bébé est de cet ordre là. Nous avons dormi avec nos enfants, parfois, certains diront trop, d’autres pas assez, en fonction de leurs besoins, des nôtres. Nous avons allaité longtemps, (je dis nous parce que sans le père rien n’aurait été possible), et l’un a arrêté seul, l’autre non, selon les besoins de chacun (mère, enfant…) Arrêtons de vouloir dire « ce qu’il faut faire ». La vie, la vraie, pas celle des magazines, de la télé, de notre société pourrie par la norme, se charge de nous apprendre à vivre, que se soit nos enfants ou nous les adultes.Une chose que j’ai apprise avec les enfants, c’est « perdre du temps pour en gagner ». Jusqu’à 3 ans environ répondre aux besoins fondamentaux de ses enfants permet de s’assurer une belle tripoté d’années sereines en perspective. Bonne continuation dans votre réflexion, c’est un bon début…

      • J’ai entendu de la bouche d’une personne ayant vécu en Inde (suffisamment longtemps pour y recevoir une formation et être reconnu et accepté par un grand nombre de sommité dans les domaines spirituels et artistiques : domaines reconnu là-bas comme étant un moyen de transmettre des connaissance et des savoirs) qu’en Inde l’éducation « standard » était : « jusqu’à 7 ans ce sont des rois, de 7 à 14 des esclaves, et après 14 ans des adultes ».

        Les « Indiens » sont-ils attardés psycho-affectifs, des inadaptés social ou que sais-je ? (si vous me répondez oui, regardez comment l’Inde a assimilé le « mode de vie » occidental, regardez aussi les statistiques mondiales des tueurs en série…).

        Analysons cette philosophie (analyse purement personnelle, je n’ai pas demandé plus d’info sur ce sujet) :
        – de 0 à 7 ans ce sont des rois : ils les laissent tout simplement se trouver eux-même en leur permettant de ne pas avoir à s’inquiéter des problèmes matériels (alimentation, protection…)
        – de 7 à 14 des esclaves : considérant que l’enfant sait qui il est, ce qu’il veut et sait le réclamer, on lui apprend qu’il n’est pas seul au monde et que si il veut manger (et donc survivre) il lui faudra travailler et accepter les frustrations et duretés de la vie.
        – à 14 ans c’est un adulte : l’enfant sait qui il est (ce qui évite les problèmes des « adultes-enfants » récurrents dans nos sociétés occidentales – problème qui me touche particulièrement car j’ai été « éduqué » à refouler mes désirs (et mes besoins) du coup je ne sais pas qui je suis, ce que je veut être ou faire, je n’arrive pas à prendre soin de moi et justement j’ai de gros problèmes « psycho-affectifs »), et l’enfant sait aussi qu’il n’est pas seul au monde et que la vie n’est pas toujours rose.

  3. Ah j’ai oublié ma petite anecdote :
    A 1 mois j’amène ma fille chez un docteur (que je ne connaissais pas car je venais d’emménager dans la région) pour la visite de contrôle. A un moment il me dit : « Vous faites quoi quand elle pleure, vous allez la voir ? » Alors je réponds « Oui oui. » Et il me dit « Non mais il faut la laisser pleurer, vous avez pas de courage ! » oO Je suis restée sur le c** franchement. J’y suis jamais retournée bien sûr.
    Sinon j’allaite encore ma puce de 20 mois maintenant, je fais pas tout comme tout le monde mais bon je crois que c’est pas si mal perçu par la plupart de mes proches (ou alors ils osent pas le dire en face). Ils sont juste surpris de temps en temps quand je dis que j’allaite encore (ignorance ignorance).

    Je comprends pas non plus les gens qui ne voient pas le besoin d’affection d’un enfant, qui plus est d’un bébé. Enfin bref il y a beaucoup à dire sur le sujet, et ça ne m’étonne pas que tu en fasses plusieurs articles.

  4. Bon, les citations sont vraiment monstrueuses, par contre le billet me met un peu mal à l’aise: ça a l’air de pousser vers l’extrême inverse. C’est pas non plus criminel de laisser pleurer un peu ou de pas faire dormir dans son lit un bébé, des fois on a aussi besoin de dormir.

    • Je parle de théorie pas de pratique. Non ce n’est pas un crime d’être fatigué par son boulot de parent et de faire comme on peut. J’aurais peut-être du insister là-dessus, je ne l’ai pas fait notamment parce que j’avais déjà parlé de ça dans le billet précédent.

      • Qu’est ce qu’il vaut mieux ? Ne pas dormir et perdre ses nerfs parce que Bébé pleure ou prendre Bébé avec soi dans son lit, qu’il tête et qu’il s’endorme … et nous avec ?

        • Je pense que dormir avec le bébé est la solution la plus simple et la plus satisfaisante à la fois pour le bébé et pour les parents… Mais beaucoup de parents ne veulent pas dormir avec le bébé, pour des raisons diverses dont la plupart m’échappent. Après c’est pas moi qui me lève la nuit quand leur bébé pleure. En tous cas une raison souvent invoquée est « il va s’habituer » ce qui est aberrant car c’est au contraire grâce à la présence rassurante de ses parents que le bébé va acquérir l’autonomie nécessaire pour s’endormir seul (comme expliqué dans l’article suivant). Et puis chaque chose en son temps, un bébé est dépendant c’est normal, on tape pas sur les graines pour les faire pousser plus vite. C’est comme si on disait que lui donner le sein ou le biberon allait le rendre incapable de manger des aliments solides plus tard.

          • Personnellement, j’aurai peur de rouler sur le bébé en dormant s’il était à coté de moi. Ça doit jouer pour des gens ayant des bébés aussi, je suppose.

          • Oui c’est une crainte qui revient souvent. En fait il n’y a pas de danger à condition de n’avoir pas pris de somnifères ou autres drogues (cannabis, alcool etc), et que le dispositif de couchage soit adapté. Et aussi si on est très obèse il vaut mieux éviter. Tout ça est expliqué en détail sur le site cododo.free.fr.

          • le « lol » était pr le parallèle ironique sur le sein qui allait empecher l’enfant de manger du solide ensuite.

          • Bonjour !
            je voulais pratiquer le cododo mais très tôt bébé est devenu comment dire…. insupportable au lit. Il nous mettait des coup de pieds, nous tirait les cheveux, prenait toute la place…. Un calvaire, on ne dormait pas beaucoup … Je sais bien qu’il ne faisait pas exprès, et qu’a5h du matin il avait envie de jouer et nous de dormir… en plus des ronflements du papa qui nous réveillaient aussi… Bref , on a testé on a pas aimé, on a essayé en mettant un lit pour lui dans notre chambre, c’était un peu mieux mais on se réveillait les uns les autres. finalement j’ai écouté ma sage femme qui m’a dit vers les 6mois de bébé essayez de le mettre dans sa chambre. Les débuts ont été mitigés, j’avais envie d’aller le voir tout le temps et quand il pleurait je me précipitais, je le réveillais parfois alors qu’il pleurnichait dans son sommeil… Et puis finalement, autant bébé que parent nous dormons tous mieux ! Mais je crois que notre bébé est hyperactif ;p

          • Concernant le fait de ne pas vouloir dormir dans la même chambre qu’un bébé, j’en ai 2 principales.

            Ma phase d’endormissement est très sensible au bruit. Or, c’est terriblement bruyant, ces bêtes-là : ça suçote, ça cliquète, ça gargouille, ça gigote (je ne parle pas des pleurs, hein, mais bien d’un bébé tranquille et repus) voire parfois ça ressemble terriblement au bruit de quelqu’un qui s’étouffe (l’angoisse de la mort subite du nourrisson, parfait pour ne pas fermer l’oeil de la nuit). Après 2 ou 3 nuits blanches venant saupoudrer un manque de sommeil déjà existant, la chambre à part s’est imposée.

            Ensuite, avoir une chambre à part, ça permet de préserver au maximum le sommeil du parent qui n’est pas « de garde », quitte à passer une partie de la nuit à dormir dans la chambre de l’enfant. Celui qui sait devoir se lever passe en mode sommeil léger, tandis que l’autre a plus de chance de ne pas se réveiller quand les pleurs proviennent d’une autre pièce. Là encore, ça doit dépendre du fonctionnement du sommeil de chacun. Or le sommeil, c’est le nerf de la survie parentale.

            Reste les considérations d’intimité, de place ou encore d’heures de coucher radicalement différente (entrer dans une chambre où un bébé dort ENFIN pour y entretenir une activité bruyante type se glisser dans un lit, c’est terriblement angoissant).

            Par contre, en journée et tant qu’il y a eu besoin, le premier dormait ses siestes directement sur un de ses parents (jusqu’à ce qu’il nous signale très clairement et de lui-même que son lit lui convenait plus, vers 1 mois), et le deuxième soit porté, soit dans un mini-lit transportable au milieu de la vie normale (jusqu’à ce qu’il nous fasse comprendre que le calme lui plaisait plus pour dormir).

          • Je sais pas trop quoi te répondre. Je pense que chacun fait comme il pleut. Mon fils ne pleure presque jamais au réveil, il n’est pas réveillé par une activité dans la pièce (personne qui vient se coucher, conversations ou autre, à moins de carrément crier, et encore), et il fait certes un peu de bruit parfois le soir (encore que pas toujours), mais ça ne m’empêche pas de dormir. Généralement quand il fait du bruit c’est que quelque chose ne va pas, donc je préfère l’avoir à côté dans ce cas-là, qu’être dans une autre pièce et ne pas l’avoir à l’œil et devoir tendre l’oreille ou me lever pour voir ce qui se passe, etc. Par contre c’est vrai que le fait qu’un des deux parents dorme dans une autre pièce peut parfois être nécessaire pour bien se reposer, mais je me verrais pas laisser le bébé seul dans une pièce à son âge (ce qui veut pas dire que les parents qui le font sont de mauvais parents, hein). Enfin bon encore une fois chacun fait comme ça lui semble le mieux, c’est déjà assez difficile d’être parent sans que les autres viennent te faire la morale. Moi comme je m’y attendais on me fait la morale parce que je fais pas comme les autres font (surtout les parents et grand-parents, certains issus d’une culture dans laquelle on ne dort pas avec les enfants, on n’allaite pas, on laisse pleurer etc).

          • Mes fils n’ont jamais pleuré au réveil (enfin, le réveil définitif, celui qui veut dire que la sieste/nuit est fini). C’est d’ailleurs non seulement pratique (s’il pleure, c’est qu’il veut encore dormir), mais agréable (se réveiller au bruit des gazouillis, c’est quand même plus sympa). Nous avons choisi d’interpréter ça comme une validation de nos méthodes : ils n’ont jamais été abandonné à eux-mêmes, donc le réveil final n’est pas quelque chose d’angoissant (d’ailleurs, les gens qui nous prédisaient des catastrophes n’en reviennent pas que leur couché prenne 5 minutes top chrono). Ils *savent* qu’un parent rôde dans le coin et viendra s’occuper d’eux (oui, en tant que parents, faut aussi se rassurer pour ne pas craquer). Et en bonus, ça permet de rallonger la nuit des parents. ^^

            Par contre, la lourdeur de leur sommeil a connu des phases, surtout pour un qui régurgitait beaucoup. Le bruit de la vie ambiante ne les réveillait pas (on n’a jamais supprimé les bruits normaux de la journée parce qu’ils dormaient, ça avait l’air plus rassurant qu’un silence artificiel), mais le soir, quand tout devient naturellement silencieux, le craquement d’une latte ou le froissement de drap, ça peut suffire à réveiller en sommeil léger. Là encore, ça doit dépendre des bébés.

          • « pour des raisons diverses dont la plupart m’échappent » -> Ben, tout simplement parce qu’on a pas le même rythme que bébé :/…

            J’adore écouter de la musique et danser dessus en faisant un max de bruit (pour ceux qui sont ds la pièce, le bruit ne va pas jusqu’aux pièces d’à côté) avant de dormir, soit vers 2-3h du matin. De même, j’aime bien bouger partout dans mon lit, soit en dormant soit avant de m’endormir, en m’étirant bien et en changeant de position constamment.

            Autant d’activités qui je pense ne plairont pas aux bébés… Et je ne vois pas en quoi devenir mère (ou père, mais bizarrement il est vachement occulté par ici) nous destine à nous sacrifier, c’est affreusement archaïque comme façon de penser. J’ai fait un bébé, donc je dois dire adieu à toutes mes activités qui ne lui seront pas profitable et me nier en tant que personne pour me dévouer à lui ? Hé ho, faut quitter les 60’s hein.
            Il y a des responsabilités à prendre quand on a un enfant, c’est vrai, et je suis la première à mépriser les parents qui font un bébé sans vraiment y réfléchir et qui se plaignent après des tracas que ça leur cause ( » si vous vouliez juste un truc joli pour faire joujou, c’était pas un être vivant qu’il fallait faire mais acheter un jouet namého »). Mais il ne faut cependant pas aller dans l’extrême inverse tout-pour-bébé ; c’est rendre la situation malsaine car on a beau dire, si on s’empêche de faire tout ce qu’on veut pour « son bien », on devient aigri et ça se ressentira, aussi bien pour soi que pour l’enfant. Sans parler du fait que c’est lui faire une pression énorme à ce petit bout, « je fais tout pour toi donc tu as intérêt à être heureux », et ils sont doués pour reconnaître ce genre de sentiment ambigu…

            Bref, on a tous ses façons d’être heureux, et ce n’est pas parce que certains parents ne partagent pas la vôtre qu’il faut prendre cet air condescendant. Si des parents et leurs enfants veulent dormir ensemble c’est okay, si d’autres ne veulent pas c’est okay aussi, tant que l’intégrité du bébé n’est pas en danger. Idem pour l’allaitement ou le biberon.
            Vous ne pouvez pas vous permettre de juger, vous vous mettez dans la même position que ces donneurs de leçons de psychanalystes cités dans l’article.

          • D’abord j’ai dit « dont la plupart m’échappent » pas « dont TOUTES ». Les raisons auxquelles je pensais et qui m’échappent, c’est:
            -parce qu’il faut respecter les besoins sexuels de Monsieur (très courant). Oui les besoins de proximité du nourrisson, c’est de la merde par rapports aux sacro-saints besoins sexuels de l’Homme. En plus quand bien même on aurait envie de s’envoyer en l’air, y a pas que le lit conjugal pour ça tout de même.
            -parce qu’il faut lui apprendre à être seul. Sauf que oui d’accord, il faut qu’il apprenne, mais le coller dès la naissance seul c’est à mon avis la meilleure solution pour qu’il n’apprenne jamais. Après l’âge peut varier de quelques semaines à quelques années selon les parents et les enfants, avec de possibles régressions.
            -parce que ça lui donne de « mauvaises habitudes ». idem.

            Et oui je pense qu’il y a un certain nombre de sacrifices à faire quand on est parent. Ça me semble tout naturel, surtout maintenant qu’on a accès à la contraception et à l’IVG (droit fragile à protéger absolument, soit dit en passant). Oui des fois ça m’emmerde royalement de m’occuper de mon gosse, de pas pouvoir partir à pétaoushnoke en stop sur un coup de tête, de pas pouvoir sortir le soir etc… Mais dans ces moments je me rappelle qu’il a pas demandé à venir au monde. Je l’ai voulu, je l’ai, je m’en occupe, même quand ça me fait chier.

            Sinon tu as des enfants? Parce que danser jusqu’à 2 heures du matin quand t’as un gamin en bas-âge, c’est juste pas possible hein. Quand t’as un bébé tu penses juste à une chose: dormir aussitôt que possible. Et si tu commences à faire la nouba quand le morpion dort, à moins de pas t’en occuper quand il sera réveillé, tu vas juste pas tenir. Et moi je dis ça on est 2 à s’occuper du mien et à pas travailler. Je peux te dire que la teuf c’est loin de mes préoccupations et que dès que j’ai 2 minutes à moi je dors. Donc soit t’as pas d’enfants, (et une idée plus qu’approximative de ce que c’est), soit t’as oublié ce que c’est quand ils sont tout petits, soit je comprend vraiment, mais vraiment pas de quoi tu parles. Tu me vois totalement perplexe.

  5. Ping : Âgisme | Pearltrees

  6. Noon… ?! y a vraiment des gens pour raconter ce genre d’horreur? enfin, au moins ce n’est pas la norme? on le dirait d’après cet article? Bon je vais me réconforter chez Jaddo, l’est marrant lui aussi :-)
    Enfin j’avais jamais entendu ce genre de chose, si ce n’est l’histoire de laisser brailler les nourrissons histoire de … « pas trop les habituer hein »! Mais pour ce point j’avoue que ça peut être aussi une nécessité de survie, comme le dit Jaddo, « Si vous respectez vos limites à vous, si là, ce soir, non là vraiment j’en peux plus je suis trop fatiguée je me lève pas, ça se fera tout seul », sinon y a de quoi péter un petit cable puis un gros et là ça peut dégénérer et pourrir une relation.
    Mais de là à en arriver à ces extraits… c’est rebutant, mais vos traductions m’ont presque amusé ^^

    Une bonne maxime que j’ai apprise de mon tuteur y a pas un an c’est « avant le premier on a tout plein de théorie on sait tout bien comment on veut faire et on est sur que ça va marcher qu’on a tout bon, après le premier on se dit ‘bon ça et ça faut corriger’ on rectifie le tir sur le deuxième, et puis après le deuxième c’était plutôt « fuck that shit » de toute façon chaque cas est unique » j’espère que je m’en souviendrai quand j’aurais des bambins.

    Merci pour ces articles, je me demande ou ce que vous trouvez tous ce temps!

    PS : deux trois petites fautes de frappe « sa bras » « seuxième sexe » et j’avais un doute sur « obéré » mais là je crois que c’est moi qui redécouvre un mot.
    Ah, et un doute aussi à « ne pas laisser seul un bébé -?- âgé de quelques semaines, dormir avec l’enfant -?-« , je me suis demandé si y avait pas un « bébé » ou « enfant » à remplacer par « mère »…?

  7.  » L’expert Maman
    Corinne BERGER
    Dans notre civilisation, il est vrai que la poursuite d’un allaitement au-delà de deux ans n’a pas d’intérêt et peu susciter des complications psychoaffectives. »

    Dans notre .. Quoi ? Civilisation ? Rien que ça ? C’est l’argument d’autorité le plus pourri du monde. Toute la suite se réfère donc à une chose qui ne concerne pas le gosse, puisqu’elle n’existe même pas. « Notre civilisation ». Non merci.

    http://www.ted.com/talks/salman_khan_let_s_use_video_to_reinvent_education.html
    Le meilleur moyen de s’assurer qu’un gosse fasse un blocage sur un enseignement, c’est de lui imposer à un moment ou il n’est pas prêt à l’apprendre. On peut lutter deux ans pour faire apprendre à un enfant un truc qu’il n’a pas envie/n’est pas prêt à apprendre, et arriver à rien. Ou attendre qu’il y vienne tout seul, et il apprendra 10x plus, en 10x fois moins de temps. Ou s’il n’apprend pas ça, il apprendra autre chose.
    http://melynae.wordpress.com/2011/09/11/pourquoi-linstruction-en-famille-ief-2/

  8. Je me méfiais des psychiatres, et surtout des pédopsychiatres, parceque je ne comprenais pas qu’on puisse faire carrière sur le principe de prétendre savoir ce que pense l’enfant (l’enfant au singulier parce qu’ils sont tous les mêmes voyons, comme lafâme), c’est d’une absurdité sans nom, et ce désir qu’ils ont de nous dire comment vivre notre vie, ce besoin de contrôle des masses me fait franchement flipper. Mais alors mis côte à côte avec la paranoia patriarcale, j’ai l’impression de rentrer dans la matrice http://lesdegenreuses.wordpress.com/2013/04/05/pilule-du-feminisme-entrez-dans-la-matrice/

    On flippe tellement les gens et surtout les femmes à propos de l’éducation des mômes, ca commence dès la grossesse, ou on leur fait prendre des cours (qui coûtent une fortune), puis viennent les bouquins d’éducation pour filles, pour garcons (sort la carte bleue du mari), puis les bouquins pour les ado…
    Ca m’a jamais vraiment tenté tout ca, mais depuis que je suis végane, et que j’ai reconnecté avec ma mammiferitude, je trouve ca carrement ouf que les gens ne suivent pas leur intuition et leur ressenti pour élever leurs gosses le plus simplement du monde. Faut croire que c’est trop compliqué.

  9. J’ai beaucoup apprécié cet article qui m’a successivement donner la chaire de poule et fait éclater de rire.

    Pour en revenir à la place du père dans ce duo fusionnel que forment la mère et le petit-enfant, peut-être est-elle de rassurer ces derniers de son soutien dans le déroulement de leur relation tout en exerçant son autorité masculine à les préserver des blâmes et incriminations qui émanent « de l’extérieur ». Et bim, un patriarcat maternant !

    J’ai écrit quelques lignes sur le livre Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, « Pour une parentalité sans violence ». A cette occasion, je me suis faite la même réflexion que développée dans cet article : « comment peut-on prêter un tel vice [un bébé qui manipulerait son entourage pour parvenir à ses fins] à un être aussi immature ? ».

    • Je pense que le père peut très bien remplir le même rôle auprès de l’enfant que la mère, c’est à dire s’occuper de lui, le rassurer, être un adulte sécurisant, etc… Je pense que le père peut être tout aussi « fusionnel » que la mère, d’ailleurs le mot « fusionnel » est déjà vachement orienté. Ca dépend sans doute davantage des individus que de leur sexe/genre.

  10. Moi qui ai été mère au foyer pendant 6 ans, qui ai allaité, cododoté, et tout le tralala, je suis contente de lire un article (je crois que c’est la 1è fois) qui articule le parentage avec le féminisme. En général, les articles sur la non violence éducative et le « maternage proximal » sont bien teintés d’essentialisme, et argumentent à qui mieux mieux sur ce qui est « naturel », l’argument fourre tout ultime. C’était utile d’avoir enfin une autre vision des choses, et de montrer comme tu l’as fait à quel point les rôles éducatifs normés sont induits par le patriarcat.
    Je pense que dans cette vision de la parentalité, il y a beaucoup à déconstruire, pour que père et mère puissent y trouver leur place.
    Sur les réflexions débiles qu’on subi quand on est une mère « trop fusionnelle » je confirme, et ça a été parmi les cause de mon burn out après la naissance de mon fils. Tiraillée entre ce que je sentais dans mes tripes et je rôle que je pensais devoir tenir « parce c’est comme ça épicétou » j’ai foncé droit dans le mur.
    Je te souhaite un bon cheminement sur ce thème de réflexion passionnant qu’est l’éducation!

    • Bien d’accord avec toi. Ma réflexion perso, c’est que le maternage et le féminisme sont carrément compatibles – et les références essentialistes constantes me hérissent le poil. Ton commentaire fait vraiment du bien à lire :)

  11. Oui, mis en lien avec le patriarcat, c’est carrément lumineux … Merci pour cette série, me réjouis de lire la suite :)

  12. Ping : Ne le prend pas dans tes bras | Le Monolecte | ...

  13. Merci pour cet article. Je vois que j’ai bien fait de ne pas aller plus loin dans mes lectures psy sur les enfants! Merci de mettre en lumière les conséquences du patriarcat sur nos vies. Il faut être enceinte ou avoir un enfant pour se rendre compte à quel point notre société est extrêmement « chia.te » avec les parents, surtout les mamans! C’est très pesant, ces conseils horribles qui deviennent des obligations et LA norme. Ici, d’expérience, en effet, un homme peut être aussi aimant qu’une femme et aussi proche et doux de son enfant. Le genre pour nous n’a pas d’importance ou d’incidence sur notre façon d’exercer notre parentalité. Sinon, je voulais aussi dire que quand on sort vraiment de l’idée générale qui est que « un enfant tout ce qu’il veut c’est te pourrir la vie ou exercer un pouvoir sur toi », et donc que tu vois qu’il a des besoins et que le parent est là pour y répondre, ben c’est bien plus simple d’y répondre. Cododoter, allaiter, câliner, serrer dans ses bras l’enfant qui pleure, donner de l’amour dés que l’enfant en a besoin devient d’une grande simplicité et facilité. Et puis, plus tu es collé à ton enfant, moins il pleure. ;-)

  14. C’est une analyse assez à contre-courant des idées de certain-e-s féministes, de dire que le patriarcat incite les mères à sevrer leur enfant rapidement. Au contraire j’aurais pensé que la domination masculine œuvrait à renforcer les femmes dans leur rôle naturel de nourricière, pour qu’elles restent le plus longtemps possible dans leur environnement domestique plutôt que d’aller par exemple travailler en dehors du foyer. Il faut noter qu’il y a quand même beaucoup de familles dans lesquelles c’est le père qui pousse pour que la mère allaite le plus longtemps possible, alors que la mère souhaite arrêter assez vite. Vous me direz que c’est parce que les mères ont intégré le patriarcat dans leur logiciel puisqu’elles ont grandi dedans. Peut-être.

    • On peut généraliser la chose :
      Dans le patriarcat, les hommes incitent les femmes à faire ce qu’il leur convient à eux (allaiter longtemps ou pas longtemps).
      Dans le patriarcat combiné au libéralisme actuel dominé par les hommes, il ne faut pas que les gens se tournent les pouces, et on incite donc les femmes à retourner vite se faire exploiter sur le marché du travail.

      J’ai pas réfléchi longtemps, hein, c’est une théorie montée sur le pouce qui est peut-être complètement fausse.

      • en lisant ça :
        « La mère doit redevenir l’objet sexuel pour le père, quant à l’enfant il doit apprendre la soumission, l’obéissance, pour devenir au plus vite ce que le père ou la société veut faire de lui. »

        J’ai pensé : « ohla, doucement. On a progressé, quand même. Aujourd’hui, il faut Aussi qu’elle retourne vite au boulot. »

        Le travail salarié, ce fameux outil de libération.
        https://www.facebook.com/photo.php?fbid=375719159214216&set=pb.140901242696010.-2207520000.1366734868.&type=3&theater

        Donc moi, j’aime bien ta réponse, Marielle.

        Après tout, une femme peut garder une dizaine d’enfant chez elle, pour un peu moins d’un smic. Comme ça, tous les papas et les mamans peuvent bosser pendant que leurs petits sont bien gardés. Gardés. Lol.

        (.. bref, t’as répondu avant moi, l’Elfe, mais j’ai pas envie de laisser mon message se perdre.)

    • En effet. Il y a en fait aussi bien des injonctions à allaiter qu’à ne pas allaiter. Finalement tout est désir de contrôle et les mères sont culpabilisées quoi qu’elles fassent. Si tu n’allaites pas tu es une mauvaise mère qui n’aime pas son enfant, si tu allaites tu es une folle dangereuse qui est trop fusionnelle. C’est pareil pour tout. Moi je pense qu’allaiter c’est bien. Si y en a qui veulent pas elles ont surement leurs raisons. Certaines raisons peuvent relever aussi du patriarcat d’ailleurs (genre mes seins c’est sexuel donc je veux pas allaiter) mais peu importe, ce sont des raisons, on va pas dire à une femme d’allaiter ou lui mettre la pression si elle le « sent » pas.

      Il y a des féministes, comme Badinter par exemple, qui conseillent de ne pas allaiter, de fourguer les enfants à la crèche très vite… Je trouve que c’est un point de vue qui ne va pas au fond des choses (de plus en tant que féministe je suis évidemment contre l’injonction à faire des enfants, or si c’est pour s’en débarrasser aussi pondus, c’est pas la peine de les faire). Certes, je pense que les tâches parentales devraient être mieux partagées entre hommes et femmes, mais je crois surtout que la libération des femmes ne doit pas se faire au détriment des enfants (au contraire tout est lié, cet article le montre encore une fois), et que les enfants ont des besoins que Badinter ne prend pas vraiment en compte. Peu importe au fond que ce soit un homme ou une femme qui élève le petit enfant mais il faut que quelqu’un le fasse (deux personnes ne sont pas de trop, d’ailleurs) et je ne pense pas que les institutions comme les crèches puissent remplir ce rôle sans dommage pour l’enfant. En plus c’est bien joli de travailler mais… je cite Emma Goldman (de mémoire): « nous avons cru que la femme serait émancipée quand elle quitterait son foyer pour aller travailler… le travail a-t-il jamais émancipé l’homme ? »
      Cela dit je pense que je ne suis pas la seule féministe à voir ainsi l’éducation des enfants. Je n’ai rien trouvé dans ce sens comme textes théoriques sur l’éducation mais ça doit exister. J’ai trouvé un article qui disait que les féministes étaient en fait plus maternantes que les autres femmes, ce qui n’est pas si paradoxal finalement.

      • Bonjour, c’est mon premier commentaire ici (alors que je te lis assidument).
        Justement, je discutais de ça avec des amis hier. La plupart d’entre eux considèrent que les femmes « doivent » travailler, dans une optique d’indépendance financière; mais ils sont atterrés par l’absurdité de travailler pour payer quelqu’un pour garder ses enfants.

        A titre personnel, je considère qu’il est bizarre de faire éduquer ses enfants par quelqu’un d’autre (même l’école, j’admets trouver ça absurde, alors même que mon compagnon est enseignant). Pourquoi faire un enfant si c’est pour s’en « débarrasser » le plus vite possible? J’ai la chance d’avoir été élevée par une maman qui ne travaillait pas et même là, j’ai vécu une angoisse de la séparation insupportable, faite de terreurs nocturnes qui ont duré très tard ). Pourquoi infliger ça à des êtres qu’on prétend aimer au-delà du compréhensible?

        En fait, je pense que notre société est pourrie (j’emploie ce mot volontairement) par cette injonction à travailler quoi qu’il en coûte et à mettre les enfants dans cette optique le plus vite possible (l’école préparant au moule du travail salarié).

        • Je pense aussi. Et puis on travaille trop, beaucoup trop. Travailler ok, mais pourquoi travailler au point de ne pas avoir le temps de connaître ses enfants? C’est ridicule. D’ailleurs des économistes ont montré qu’apparemment 2 heures de travail hebdomadaire suffiraient à couvrir les besoins de l’humanité si on répartissait les richesses intelligemment et qu’on cessait cette stupide course à la croissance…

          • Oui, je connais cette histoire de 2 heures de travail par jour (une des théorie favorite de mon compagnon, je dois avoir le bouquin quelque part à la maison, il faudrait que je le lise, soit dit en passant). Pour tout te dire, je défends l’idée de revenu universel avec ferveur (ne travailler que si on le souhaite, comme on le souhaite car on reçoit un revenu tout les mois sans contrepartie). Pour la course à la croissance, je trouve cette idée fondamentalement idiote car elle ramène l’humain à une machine de production sans lui laisser aucune latitude d’épanouissement, de réflexion et de découverte.

            (J’arrête le hors-sujet).

          • Je pense aussi que le revenu de base est une bonne idée, même si j’y comprend pas grand chose moi-même en économie, je vois quand même que ça changerait beaucoup de choses. Pour ce qui est de la croissance je suis d’accord et en plus pour vouloir que la croissance continue il faut partir du principe que les ressources sont illimitées ce qui n’est pas le cas…

          • « les ressources sont illimitées ce qui n’est pas le cas… »

            C’est plus compliqué que cela. Le travail intellectuel humain n’est pas limité et a de la valeur. De plus, les ressources peuvent aussi être issue du recyclage.

            La croissance est celle du PIB qui reflète en gros, la création de richesse. Ces richesses ne sont pas forcément matériel.

      • D’accord avec toi, l’elfe. C’est une des raisons qui m’a longtemps éloignée du féminisme, d’ailleurs, cette sorte de mépris de la fonction maternelle. Pour les féministes de la génération juste avant la mienne (j’ai 57 ans) qui ont milité pour le droit à la contraception et à l’avortement (dont faisait partie E. Badinter), la maternité était présenté comme un mal nécessaire, un peu décadent, rappelant un peu trop, aux yeux de ces intellectuelles, l’animalité de la femme.
        On peut dire que, finalement, les féministes de cette époque ont retourné les arguments du patriarcat pour culpabiliser les femmes dans leur désir de maternité, leur faisant sentir le poids de la domination de l’homme et leur bêtise de s’y soumettre en procréant.
        J’ai, personnellement, vécu mes maternités et l’éducation de mes enfants sous ce double regard social du patriarcat infantilisant et du féminisme méprisant.
        Et ce ne fut pas facile !
        Depuis lors, je pense que les générations actuelles de parents se sont libérés de cette image du Commandeur qu’incarnait le féminisme des années 70 – 80.
        Par contre, je ne pense pas que le patriarcat ait beaucoup baissé sa garde, par contre. Si les jeunes papas donnent le biberon et changent les couches, ils ont bien du mal à partager leur autorité, même inconsciemment. Et je ne suis pas sûre que les jeunes femmes soient nombreuses à revendiquer le partage de cette autorité, ce qui est plus grave.

        • Je pensais d’ailleurs que ce « féminisme méprisant » appartenait au passé, mais hier j’ai reçu un accueil désastreux sur un groupe féministe sur facebook parce que j’ai une photo de moi enceinte en avatar. On m’a dit que c’était moche, que les femmes enceintes ne devraient pas se montrer ni se prendre en photo, que les femmes qui allaitent pourraient faire ça un peu plus discrètement, que je me définissais par rapport à ma maternité sacralisée machin bidule, j’en passe et des meilleures! Non mais qu’est-ce que c’est que ce féminisme à la con qui dit aux femmes quoi faire de leurs corps? Le pire c’est qu’il y a un vrai travail de libération des femmes à faire autour de la maternité et de l’accouchement et on pourrait être un peu plus solidaire que ça au lieu de ranger les femmes enceintes ou avec des gosses dans la catégorie « poule pondeuse soumise ennemie du féminisme ».

  15. Je n’avais jamais fait le lien entre les injonctions à la con du type laisser pleurer et le patriarcat. Cet article est donc une illumination pour moi !
    Je n’ai jamais laissé pleurer ma fille qui a maintenant 7 mois et bizarrement, elle pleure beaucoup moins que son cousin du même âge que ma belle-soeur laisse pleurer « pour qu’il apprenne ». Quoi ? On ne saura pas.
    Je trouve quand même que de nos jours ce genre de bêtises est moins répandu, non ? En tout cas, pendant et après ma grossesse, ma sage-femme et ma pédiatre (peut-être parce que ce sont des femmes ?) ne m’ont jamais dit de telles horreurs et m’ont souvent rassurée quand j’avais des doutes.

  16. Super article, qui m’ouvre encore plein de pistes de réflexion.
    À noter un truc rigolo, concernant cette coutume de proposer au père de couper le cordon, histoire de bien commencer dès le départ son rôle de Grand Séparateur. Des expériences ont montré qu’en fait le placenta était fabriqué grâce aux gènes paternels (et le cerveau grâce aux gènes maternels, je sais pas pourquoi ça m’a fait rigoler quand j’ai appris ça alors je te livre l’info des fois que ça te ferait rire aussi).
    Donc en fait, quand on invite le père à couper le cordon reliant le nouveau-né à son placenta, symboliquement pour séparer l’enfant de la mère, on a tout faux : on lui propose en fait de séparer l’enfant de ce qui venait de lui, le père. ^^
    (source : http://co-naitre.net/articles/pereLG.pdf)

    • En effet, je pense que la symbolique est importante, car je ne vois pas l’intérêt que ce soit le père qui coupe le cordon et pas la sage-femme ou le gynéco. (Surtout que des fois il est enroulé autour du cou… Ma mère m’a raconté qu’une sage-femme un peu particulière avait proposé au papa de couper le cordon alors que le bébé était bleu. « non non on n’a pas la temps, là. »).
      Je trouve que ça fait aussi un peu « le mec qui sert à rien mais qui veut quand même faire un truc ». Si le papa sert juste à couper le cordon, autant qu’il reste chez lui, franchement. Pourtant, pour beaucoup de couples, la présence du père est importante et je pense qu’il peut jouer un rôle crucial même si peut-être certains n’en ont pas vraiment conscience.
      Merci pour le document, ça a l’air intéressant.

      • Pour la naissance de Fiston, au départ je n’avais pas spécialement envie de le Barbu assiste à l’évènement, et lui non plus. Et puis le jour « visite de la maternité » dans la préparation à l’accouchement, où les pères étaient invités à venir, nous a fait changer d’avis. Finalement il a assisté à la chose, et on en était bien contents tous les 2 (3 ?). Mon regret (enfin, j’en ai pas mal d’autres, ce serait à refaire ça serait accouchement chez moi entourée par mes poilus, chats compris, mais là je parle dans un contexte de naissance en maternité classique), c’est que rien n’ait été prévu pour lui après la naissance. On est restés quelques heures tous les 3 en salle d’accouchement, mais ensuite il a dû appeler un taxi pour rentrer à la maison, à 6h du matin (naissance à 2h), alors qu’on aurait apprécié de pouvoir dormir tous les 3 ensemble ou en tout cas avec moins de 20km nous séparant.

      • Ben oui, mais c’est normal que le père veuille faire quelque chose, non ? Je vous trouve un peu dures, là…
        Je ne suis pas père donc je ne sais pas, mais je suis bien sûre que si j’avais une amoureuse en train de mettre au monde mon enfant je voudrai faire quelque chose, n’importe quoi, pour dire que je participe, que oui c’est vrai je n’ai pas de vagin donc je ne peux rien faire pour aider ma copine mais que qd même je veux lui montrer que je suis là, et que c’est notre enfant à tous les deux (dans le cas où il s’agit d’un accouchement voulu dans une relation voulue, évidemment)…
        Couper le cordon ombilical est juste un processus dans l’accouchement, pas une théorie foireuse sur la séparation mère/enfant obligé par le patriarcat. Et comme c’est la seule étape que l’homme puisse faire, puisque assurément il ne peut pas contracter le vagin hein, ça me paraît normal de le laisser faire s’il en éprouve l’envie (toujours avec l’accord de la femme, bien sûr).

        Donc c’est vrai c’est niais et inutile et uniquement symbolique, mais franchement, dire que « Si le papa sert juste à couper le cordon, autant qu’il reste chez lui » c’est juste horrible. Je ne sais pas, pour moi vouloir assister à la naissance de son enfant ça ne devrait même pas s’expliquer, peu importe son genre/sexe. Là vous mettez le père de côté direct, ça me fait penser à ces femmes qui disent « roh les mecs ça peut pas comprendre ces trucs-là hohoho ». Pour moi l’égalité et le féminisme ça passe par l’émancipation de la femme ET de l’homme sur tous les sujets, et dire que l’accouchement et la maternité c’est qu’une histoire de bonnes femmes (c’est ce que vous sous-entendez au fond avec ce commentaire) c’est affreusement arriéré, à l’opposé de ce que vous souhaitez défendre je suis sûre.

        Bref, je suis bien déçue car votre article m’a passionné et m’a fait voir les choses sous un angle tout différent, mais les commentaires m’ont vite fait désenchantée. J’ai l’impression de me retrouver sur un forum doctissimo : d’un côté, culpabilisation pour les mères qui ne veulent ni allaiter ni dormir avec leurs enfant, culpabilisation des mères qui, en somme, refusent de se nier en tant que personne en se sacrifiant pour leur progéniture (rassurez-vous, une mère qui sait se rendre heureuse en écoutant aussi bien les besoins de son bébé que les siens aura des enfants parfaitement sains) ; de l’autre côté, mise au banc des pères, on a l’impression que ces choses-là ne les regardent pas, et on en arrive à lire votre commentaire O_o.

        Si une mère a envie d’allaiter ou pas, de cododo ou pas, si un père a envie de couper le cordon ou pas, franchement, ça ne regarde qu’eux. Vous serez bien gentille de ne pas faire comme les psychanalystes que vous critiquez, à savoir juger et désapprouver le comportement des parents.
        Je vais continuer à vous suivre car les articles sont vraiment intéressants, mais je crois que je vais me passer des commentaires dorénavant.

        • « faire quelque chose »?
          Au hasard je vais te dire quoi faire puisque tu sembles si démuni face à la maternité:
          -tenir la main
          -parler
          -soutien moral
          -faire un câlin
          -faire des massages (soulager la douleur des contraction)
          -encourager
          -donner le bain au bébé
          -le changer
          -le promener pour l’endormir
          -lui chanter des berceuses
          -les lessives
          -la vaisselle
          -les repas
          -le ménage
          -les courses
          -gérer les visites
          -préparer la chambre
          -etc…
          Si TOUT ce que tu trouves à faire c’est inséminer madame et couper un cordon (geste médical mais aussi geste séparateur symbolique), tu n’es pas un père mais un simple géniteur. Et à mon avis un géniteur ça n’a rien à faire dans une salle d’accouchement. C’est mon avis, rien de plus. Un père ça a déjà beaucoup trop à faire quand la mère accouche. Après si EN PLUS de tout ça tu as très envie de couper le cordon, pourquoi pas. Je vois pas l’intérêt, mais bon.

  17. Merci pour ce lumineux article… qui ne fait pas de la pub à la profession (je suis psychologue pour enfants, et ne défends pas du tout les théories que vous citez, que je trouve, pour la plupart, plus que douteuses).

    Il y a le joli livre Le concept de continuum, qui explique bien (et pourquoi) que la place du jeune enfant est -au moins jusqu’à l^’age de la marche-, dans les bras de ses parents (ou adultes les plus proches).

    Etre à l’écoute et dans le respect de ce besoin-là est même la base de la non-violence.

    Le livre raconte les habitudes d’un peuple d’Amérique du Sud, et explique à quel point les enfants considérés de cette façon sont bien mieux dans leur peau et bien plus confiants dans la vie que ceux que l’on laisse pleurer et qu’on « éloigne » de nous (Cf. tétine pour remplacer le sein, poussette pour remplacer les bras et le corps parental, etc).

  18. Un pédiâtre (pourtant reconnu! cherchez l’erreur!) m’a servi le « vous la gâtez madame », en réalisant que bébé dormait avec moi et me réveillait plusieurs fois oar nuit…
    Je lui ai répondu que la pédagogie de nuit et moi… ça faisait 2, et que le matin je devais assumer avec les 2 aînés, donc faire « taire » bébé rapidement en la laissant téter était un gage de tranquillité pour tout le monde (moi compris!) et de lendemain plus heureux. Donc m’occuper de mon bébé était un moyen de me faciliter la vie.
    Je n’ai jamais remis les pieds dans son bureau.
    Le « bébé » en question est presque adulte, et se porte très bien. Ma vie aussi.

    • Ca ma parait tellement… normal qu’un nouveau né se réveille la nuit et demande à téter! C’est plutôt le contraire qui serait surprenant…

      • Y’a pas vraiment de normalité. Il y a des bébés qui dorment à 1 mois, d’autre à 2 ans.

        Et il y a des parents qui doivent faire avec.

        • Je n’aurais pas du utiliser le terme « normalité ». Néanmoins, aucun bébé ne passe toute la nuit sans se réveiller. Je cite le site de cododo:

          On sait maintenant grâce à des enregistrements vidéo, que tous les jeunes enfants se réveillent la nuit. La différence entre ceux qui « font leurs nuits » et ceux qui réveillent leurs parents tient à leur capacité plus ou moins grande à se rendormir seuls.

          De plus, la grande majorité des enfants de 1 mois ont besoin de téter la nuit. Certes, c’est un peu abusé de ma part de dire « normal », comme si ceux qui étaient différents sur ce point étaient anormaux. Mais ce que je voulais souligner c’est justement que ce n’est PAS anormal. Je vois autour de moi beaucoup de gens qui considèrent le sommeil de leurs enfants comme un problème ou qui jugent anormal qu’un enfant se réveille. Or, tous les enfants se réveillent la nuit, et certains pleurent (surtout s’ils se retrouvent seul à ce moment-là). Si on considère ça comme un problème, alors il vaut mieux ne pas faire d’enfants (je sais que ça fait un peu yakafocon, mais bon).

          En fait j’ai l’impression la plupart des caractéristiques des enfants : pleurer la nuit, crier, ne pas être capable de gérer la frustration, être incontinent, avoir besoin d’une présence quasi-constante des adultes… Sont considérées comme des problèmes. Et pas comme des problèmes que nous devons gérer, nous adultes, mais comme des problèmes que nous devons régler: l’enfant DOIT devenir propre, ne plus se réveiller la nuit, apprendre à être seul, etc. Sauf que chaque enfant fera tout ça à son rythme et c’est généralement beaucoup trop long à notre goût!

          • « c’est généralement beaucoup trop long à notre goût! »

            C’est pas franchement le coté le plus sympa de la parentalité.

  19. ici, 3 enfants qui ont été allaités, portés, câlinés, co-dodotés à la demande, une maman qui a mis sa vie profesionnels entre parenthèes pendant 10 ans pour s’en occuper, qui ont aujourd’hui 5, 8 et 10 ans et je n’ai que des compliments sur eux à l’école et de la part des parents de leurs copains : ils sont parait-il sociables, débrouillards, solidaires et prévenants avec les autres… Incroyable, non ????

  20. Ping : Attachement et autonomie chez l’enfant: considérations éthologiques et ethnologiques | Les Questions Composent

  21. Mes nièces ont été allaitées tant qu’elles l’ont désiré, ont été portés dans des linges, à l’africaine, ont dormi dans la chambre de leurs parents le temps de cet allaitement, ont marché très tôt (10 mois) et n’ont jamais ressenti le besoin de prendre un doudou pour se rassurer, elles sont très autonomes et ne craignent pas le monde, leur relation à leur papa est tout à fait bonne. Quand je compare leur équilibre et la fragilité de ma fille qui, elle, a dormi dans sa chambre dès la première semaine, a connu le bib dès 3 mois (reprise du boulot, nounou, pas assez de lait en réserve pour tenir la journée), a été portée et câlinée (trop encore selon certaines personnes de mon entourage) mais a aussi pleuré longtemps toute seule parce qu’il fallait qu’elle dorme et qu’elle ne dormait pas, angoisse dès qu’elle se retrouve seule, s’accroche encore à sa peluche à 9 ans, je me doute bien qu’il lui a manqué quelque chose, je ne prêcherai ici que des convaincues, mais il faut avoir de sacrés arguments pour résister au chœur antique qui parle de faire ses poumons, de commencer les petits pots dès que possible, de « préparer » à la séparation, etc. La plupart des jeunes parents sont très seuls face à leur bébés, ils doivent faire le deuil d’une certaine indépendance, avec leur vie d’avant, et on ne dira jamais assez que l’arrivée du premier bébé bouleverse complètement le quotidien et dans nos sociétés où on ne cohabite quasiment qu’avec des personnes de même génération, beaucoup de jeunes découvrent les contacts avec mes bébés en devenant parents. Alors, soient ils inventent la roue tous seuls dans leur coin, ce que font certains « pionniers » qui résistent avec succès à ces conseils idiots, soit ils suivent aveuglement ceux qu’on voudra bien leur donner, sans avoir toujours beaucoup de recul.
    Enfin, c’est certainement très égoïste, mais aussi de nombreux adultes ne sont pas prêts à faire face à cette proximité permanente avec l’enfant, le désir de fuite est fort, et la peur de fusionner peut aussi venir de ces mêmes parents. Il y a des mères (dont moi) qui ont attendu avec impatience la fin du congé de maternité parce que trop seules avec leur bébé toute la journée. Je sais que j’ai été relayé par une assistante maternelle merveilleuse, qui a pris soin de ma fille et respecté ses rythmes plus et mieux que je ne l’aurais fait alors je reste dubitative devant certaines jugements trop péremptoires. on fait ce qu’on peut, vous savez…

    • Je me retrouve complètement dans ce que vous dites. En effet, dans cette société où nous sommes finalement assez seuls, ce n’est pas facile de devenir parents.

  22. « Pour Naouri, la femme est épouse ou mère, c’est à dire qu’elle remplit soit une fonction d’objet sexuel, soit une fonction de reproduction.  »

    Tu voulais pas écrire « putain ou mère » ?

    Sinon, très intéressant :)

  23. Je trouve cet article extrêmement intéressant, ce sont des choses que j’avais déjà lues, mais ça fait toujours du bien une petite piqûre de rappel. ;)
    La psychanalyse a mis beaucoup de bordel, dans beaucoup de pans de la vie humaine. Je suis étudiante en psychologie, et ne compte absolument pas me diriger vers cette branche que je trouve effectivement dépassée et pétrie d’idéologie patriarcale.
    En revanche, j’ai eu cette année des cours de psychologie du développement qui parlaient de la théorie de l’attachement et de l’importance du lien mère-enfant qui permet, à terme, que l’enfant s’épanouisse et aille vers l’extérieur sans crainte, puisqu’il sait qu’il pourra retourner à sa « base sécurisée » (maman ou papa) en cas de besoin. Tout n’est pas perdu en ce qui concerne la psycho, il faut juste regarder au bon endroit. :)

    En ce qui concerne le fait de laisser pleurer un bébé, j’avais lu un résumé d’étude dont je n’ai hélas plus les références. Les chercheurs avaient habitué des bébés à rester tout seuls le soir dans leur lit à pleurer sans qu’on vienne les voir, de sorte à ce qu’au bout de quelques jours, ils arrêtent de pleurer (normal, puisque ça ne sert à rien, c’est une perte d’énergie inutile). Ils avaient mesuré le taux d’ hormones de stress de ces enfants, et s’étaient rendu compte qu’il ne baissait pas (peut-être même qu’il augmentait, mais je ne me rappelle plus), ce qui indiquait que l’enfant qui s’arrête de pleurer n’a pas « appris à s’endormir tout seul », il est au moins toujours autant angoissé, c’est juste qu’il ne l’exprime plus. Je trouve ça assez édifiant.

  24. Merci merci merci d’avoir si bien articulé toutes ces idées. Et merci pour les liens signalés dans les commentaires. Je découvre Sinfest avec bonheur.
    Pour les relations entre la psychanalyse et les femmes, ah ah ah, une longue histoire !
    Je recommande les livres de Jeffrey Masson, notamment « a dark science », non encore traduit, et aussi « enquête aux archives Freud » (publié chez nous, pardon pour la pub). Pour la relation entre les femmes et la médecine, ce livre est stupéfiant :
    http://www.payot-rivages.net/livre_Technologies-de-l-orgasme-Rachel-P-Maines_ean13_9782228904285.html
    J’ai relayé votre article sur notre site : http://www.editions-instant-present.com/blog/index.php/2013/04/24/feministes-et-maternantes/

  25. super article , pour moi le lien entre patriarcat et violence educative n’est pas nouveau, mais ca fait du bien de le relire, tous comme le travail na pas non plus emancipé les femme, puisque nous somme dans la domination de l’argent (donc homme et femme confondu) et qui possede l’argent?? :) le patriarcat est bien entendu la domination masculine, mais elle n’est pas que l’apanage des hommes sur les femmes, mais aussi les adultes sur les enfants, les hetero sur les homo, les blancs sur les noirs (ou tout autres « races » non occidentales) les humains sur les animaux et les vegetaux… etc etc , on est dans un systeme de domination hirarchisé et géneralisé commun à toute les sociétés patriarcales où des la naissance , on s’emploie à distiller ce poison par tout les moyens.

    je voulais juste revenir sur un mot : Matriarcat et redonner sa définition originelle:

    Le mot « Matriarcat » à été créé au 19ème siècle, pour désigner un système familial et non politique. C’est sous se sens qu’il apparait les premières fois (Paul Lafargue 1886, Edward Tylor 1896). Des sociétés qui choquaient les occidentaux d’époque, par la place importantes qu’elles accordaient aux femmes (ce qui ne veut pas dire que ces dernières dominaient….).

    A l’époque il existait déjà un terme pour désigner l’hégémonie féminine. C’est la « gynarchie », ou la « gynécocratie »… Les premiers chercheurs ayant abordés de manière fantasmée la possible existence de sociétés ou les femmes dominaient se référaient à ce terme (Lafitau et Bachofen parlent de gynarchie et non de matriarcat).

    Le terme de gynarchie finit par devenir désuet. Le mot matriarcat, populaire, l’a progressivement remplacé. Il à d’abord acquis une double définition (familiale et politique), la seconde à ensuite pris le pas le première. Au début du 20ème siècle, les 2 définitions sont encore valide : Malinowski et Radcliffe-Brown utilisent le mot matriarcat dans leur sens familial, Levi-Strauss dans son sens politique.

  26. Ping : féministes ET maternantes at Éditions l’Instant Présent, le blog

  27. Ping : Déconstruction des principaux mythes éducatifs | Pearltrees

  28. Merci pour cet article. C’est vraiment effrayant de voir comment des gens comme Rufo et Naouri peuvent avoir autant pignon sur rue en exposant des idées aussi rétrogrades.

    Votre article évoque les théories « en vogue », sans entrer vraiment dans les considérations pratiques, mais j’aimerais quand même aborder un peu ce point de vue dans mon commentaire et apporter mon témoignage.
    Parler de l’éducation et du soin des enfants n’est pas évident. Le discours qui culpabilise les mères « trop fusionnelles » est certainement néfaste, mais le discours inverse qui tendrait à considérer comme des monstres sans cœur les parents qui ne laissent pas dormir leurs enfants avec eux l’est tout autant.

    Ma fille est aujourd’hui âgée de 20 mois. Les premiers mois de sa vie, elle souffrait de coliques, donc je l’avais toujours dans les bras, toute la journée. C’était épuisant, physiquement mais surtout nerveusement. Mais j’ai tenu bon, et je n’ai pas écouté ceux qui me reprochaient de trop la prendre dans les bras : je savais qu’elle en avait besoin. Je ne l’ai pas laissé pleurer toute seule et je n’ai jamais accordé le moindre crédit aux conneries du genre « ça lui fera les poumons ». Le bébé s’exprime en effet comme il le peut, et il exprime ses besoins, et c’est aux parents d’être à l’écoute.

    En revanche, je suis agacée par les discours extrêmes inverses, qui voudraient notamment que l’on n’est JAMAIS trop fusionnel. Certes, il faut répondre aux besoins d’attention, d’affection, de tendresse. C’est fondamental. Pour autant, je crois vraiment que l’autonomie s’apprend, que les parents doivent aider l’enfant à s’éloigner un peu pour se créer son univers intime, son espace personnel, à s’autonomiser, et ce n’est pas en le laissant prendre toutes les décisions à notre place qu’il va y parvenir et s’épanouir (genre : dormir dans son lit, ne pas se gaver de bonbons toute la journée, ne pas faire du mal aux animaux…) Estimer qu’un enfant doit prendre ces décisions éducatives tout seul, c’est poser sur ses épaules un fardeau qu’il ne peut pas supporter. Cela revient à lui confier des responsabilités d’adulte, ce qui engendre un grand sentiment d’insécurité. C’est notamment ce que je constate chez mon petit frère de 9 ans, qui continue à dormir avec ses parents parce qu’ils sont devenus ses « doudous ». c’est un enfant plein de potentiel mais qui souffre en raison d’une éducation trop « laxiste », d’une certaine manière (d’une manière qui dépasse l’entendement, d’ailleurs). Ses parents ne lui fixaient pas de règles, ou tellement peu, ne faisaient preuve d’aucune cohérence ou fermeté, cédaient à tous ses caprices (oui, parce que ça existe…) Et un enfant qui ne perçoit aucune limite n’est pas rassuré du tout. Mon petit frère est angoissé, il est bourré de tics nerveux, et, bien qu’intelligent, il est complètement égocentrique et présente un défaut d’empathie assez inquiétant. Il considère ses parents comme étant à son service, à sa disposition. C’est lui qui commande à la maison. Ses parents sont vraiment ses doudous, dans le sens où il a besoin de passer par eux pour « accéder » au monde extérieur… Il est très intelligent, mais paradoxalement manque d’autonomie intellectuelle, et est angoissé par le monde extérieur qu’il ne veut pas affronter tout seul. Je ne dis pas que le « co-spleeping » en est la cause exclusive, mais cela n’a sûrement pas aidé.

    Quant à ma fille, qui a presque deux ans, elle dort dans son lit depuis sa naissance, et cela a toujours été une bonne chose. Quand elle était toute petite, je l’avais dans mes bras toute la journée à cause de ses coliques ; mais la nuit elle souffrait moins, et elle dormait plutôt bien, seule, dans son lit. Et , du coup, mon mari et moi pouvions bien dormir aussi, tous les deux, en faisant librement des câlins, sans avoir peur de réveiller un bébé à côté de nous. Parce que, je regrette, mais être collée en permanence à son bébé, ne plus vivre du tout pour soi-même ou son couple, c’est assez mauvais pour la santé mentale. Les parents ont également besoin de se retrouver un peu tous les deux, de continuer à construire l’entité de leur couple, de construire leur amour.
    Aujourd’hui, nous permettons à notre fille de dormir dans notre lit si elle est malade ou si elle fait cauchemar, mais nous refusons que cela devienne une habitude. Sa chambre est en face de la notre, elle sait que nous sommes là et que nous viendrons si elle en a besoin. J’ai la faiblesse de croire que cela est plus sain à la fois pour elle et pour notre couple que de la laisser dormir toutes les nuits avec nous en prenant le risque d’arriver au même point que l’exemple de mon frère.

    Il y a donc un équilibre à trouver, et cela est extrêmement difficile. Par contre, ce qui est facile, c’est de dire soit « l’enfant est mauvais, il faut le mater dès le plus jeune âge », soit « l’enfant est quasiment parfait, laissons le faire ce qu’il veut », et dans les deux cas c’est l’enfant qui trinque.

    • Je pense que c’est un peu tomber dans le piège de la simplicité de dire qu’un enfant dort dans le lit de ses parents parce qu’ils sont trop laxistes.
      D’abord je n’ai jamais dit qu’il fallait « laisser faire tout ce qu’ils veulent » aux enfants.

      Je pense que dans ce que tu décris il y a certes quelque chose qu’on pourrait appeler « laxisme » mais que moi je n’appellerais pas comme ça. Et en fait oui je suis pour laisser faire aux enfants ce qu’ils veulent dans la mesure où ça ne dérange personne et où ça ne pose pas de problème à la sécurité ou au bien-être de l’enfant lui-même. Alors je sais que ça fait très « enfonçage de portes ouvertes ». Mais c’est pas si simple que ça en réalité car beaucoup de parents ne font PAS comme ça. C’est-à-dire qu’ils ne laissent pas l’enfant faire ce qu’ils veut même si au fond ça ne dérange personne.

      D’autre part quand on laisse un enfant faire ce qu’il veut sauf si ça dérange des gens, et qu’on lui demande alors de tenir compte des autres, c’est ainsi qu’il apprend l’empathie. Tu dis que ton petit frère est dénué d’empathie. Pour moi, c’est parce que l’empathie cela s’apprend. Donc si personne ne lui a appris à tenir compte des sentiments des autres, et qu’il n’a jamais eu à le faire, alors il ne le fait pas. C’est une forme d’immaturité en fait. C’est plutôt inquiétant car à 9 ans il aurait pu depuis longtemps acquérir la maturité nécessaire pour tenir compte des autres et aussi pour dormir seul. En revanche je ne dirais pas que le co-sleeping a renforcé son immaturité. Dans la mesure où un enfant n’est pas capable de dormir seul, je ne vois pas en quoi le forcer à le faire va l’aider. Mais si à 9 ans il n’en est pas capable on peut se demander pourquoi et il y a surement des raisons!
      Je ne pense pas que les enfants aient besoin de « fermeté » au sens où on l’entend habituellement. Je pense qu’ils ont besoin de sentiment de sécurité et ce sentiment, quand on est enfant, passe par savoir à peu près où on est et ce qui se passe autour de soi.

      Il ne faut pas mettre mon discours à l’extrême de « les enfants sont des monstres » si c’est pour me faire dire « les enfants sont des anges ». Ce serait beaucoup trop simpliste. Je pense que l’enfant à qui on « cède tous ses caprices » (je ne pense pas qu’il existe une telle chose que les caprices) c’est un enfant à qui on apprend pas à tenir compte des autres. Pour moi les enfants tels que tu les décris sont aussi bien des victimes de la tyrannies des adultes que les autres. L’enfant-roi c’est un enfant-objet.

      Exemple: Mettons que j’ai un enfant et que je refuse de lui acheter tel jouet qu’il vient de voir et donc il a envie. Et que je refuse.
      D’abord pourquoi je refuse? Parce que c’est un « caprice »? Non pour moi les caprices ça n’existe pas. Ca revient à refuser d’entendre que là maintenant l’enfant a vraiment très envie de cet objet, ou à considérer cette envie comme idiote ou sans importance. Et je refuserais parce que j’estime que cette envie de jouet est « inférieure » ou je sais pas quoi.
      Non, je refuse parce que c’est cher, parce qu’il y a un budget qui est alloué à certains besoins de la famille et que l’achat compulsif de jouets ne rentre pas dans ce budget. A moi de trouver les mots pour expliquer ça simplement à un enfant frustré, mais le fait est que si je lui explique ça, alors je lui apprend qu’il n’est pas seul sur terre, que les autres ont des besoins, que moi je m’occupe de ses besoins mais aussi des miens et de ceux d’autres personnes qui comptent pour moi.

      Si au contraire je lui dis « TIENS MON PETIT CHERI D’AMOUR VOILA TON JOUET » ou encore « bon je voulais pas te l’acheter mais puisque tu me fais ch*** je te l’achète pour te calmer », qu’est-ce que je suis en train de faire?
      Je fais prévaloir MES besoins (soit de le flatter/de me faire plaisir en le couvrant de cadeaux, soit d’avoir la paix et de m’épargner une longue explication sur le thème « dans la vie on n’a pas toujours ce qu’on veut ») sur SES besoins parce que je sais que même s’il a ENVIE de ce jouet, il a BESOIN d’apprendre à gérer ses frustrations et à tenir compte des autres. Ca veut pas dire que son envie de jouet n’est pas légitime ou qu’elle est sans importance ou idiote. S’il n’arrive pas à gérer sa frustration et fait une crise je n’appellerais pas ça « un caprice » mais l’expression d’une frustration bien réelle.

      Donc l’enfant qui « a tout ce qu’il veut » on néglige ses besoins, et on néglige aussi NOS besoins pour satisfaire nos envies du moment (parfois acheter le jouet est plus facile que de refuser – et d’ailleurs je dis pas que si on le fait une fois de temps en temps c’est grave, mais il faut garder en tête les priorités). L’enfant qui a tout ce qu’il veut c’est un enfant dont on oublie qu’il est une personne avec des besoins et pas un petit chien savant à qui on distribue des biscuits pour qu’il fasse le beau. Et on oublie de l’éduquer, de lui apprendre à faire face à la vie et à ses contrariétés. Ainsi le jour où va lui refuser quelque chose, il va vraiment ressentir de la souffrance. Il faut pas croire que l’enfant qui se roule par terre dans le magasin en hurlant et en passant du rouge au violet fait semblant. Il souffre vraiment. Moi cette souffrance me touche comme n’importe quelle souffrance. S’il souffre autant pour quelque chose qu’on estime parfaitement futiles, il y a des raisons complexes à cela.

      Voilà je répond pas à tout ton message sinon ce serait trop long mais j’espère que tu comprends un peu mieux le fond de ma pensée.

      • Je ne voulais pas te faire dire ce que tu n’avais pas dit, et je ne pensais pas du tout que tu prônais l’idée que l’éducation était inutile, les enfants étant des anges… Je voulais juste mettre en garde contre un autre excès, tout aussi néfaste. (désolée si mon commentaire était un peu hors sujet, du coup =()

        Et je suis d’accord avec quasi l’intégralité de ta réponse ! ^^
        (je précise juste que quand je parle de fermeté, ce n’est pas dans le sens de « dureté », mais plutôt dans le sens de « cohérence ».)

      • En gros, les enfants sont des petites personnes et non des adultes. Et comme les adultes, ils prennent mal que l’on ne tienne pas compte de leur avis. Il préfère largement une explication logique à leur niveau (« Non, tu n’auras pas de vin, parce qu’il y a de l’alcool dedans »).

        Un caprice, c’est juste une envie qu’un adulte n’a pas envie de satisfaire. Mais un enfant qui n’a plus d’envie du tout, sera triste toute sa vie (vous imaginez n’avoir envie de rien, ne vivre pour rien, ou que rien n’intéresse ?).

        • Je n’aime pas le mot « caprice » parce que dans le mot caprice il y a une idée de hiérarchie. Les enfants, les animaux, les femmes font des caprices. Les hommes non. Mais bon après tout dépend aussi ce qu’on appelle caprice et ce qu’on veut dire par là.

          • Personnellement, ce que j’entendais par caprice c’était persister à exiger une chose alors que l’on sait (parce que les explications ont déjà été données) que cela n’est pas possible (parce que pas de budget, parce que cela nuit aux autres, etc…)

          • Mais pourquoi appeler ça caprice?
            En plus qui dit qu’il le sait et qu’il a bien compris? Je dis ça parce que nous partons souvent du principe que les enfants savent certaines choses qui sont évidentes pour nous.
            Ensuite s’il le sait, mais ne l’accepte pas, il y a des raisons. Peut-être n’a-t-il pas écouté l’explication car son état émotionnel ne le lui permettait pas. Peut-être qu’il a bien compris mais ne parvient pas à gérer la frustration.
            Je déteste le mot caprice aussi parce que dans ce mot il y a un jugement moral de l’enfant et je trouve que ça fout le bordel en épargnant à l’adulte d’essayer de comprendre. Alors on est pas toujours obligé de TOUT comprendre, mais au moins prendre les choses comme elles sont.
            Exemple:
            Je trouve que se dire « mon enfant n’arrive pas à gérer cette frustration parce qu’il est fatigué/trop petit/trop énervé, et il exprime sa frustration d’une façon qui ne me convient pas », c’est déjà très différent que de se dire « mon enfant a parfaitement compris qu’il pouvait pas avoir ça mais il continue à l’exiger et c’est un caprice (c’est mal) et je dois réprimer ce comportement ».

          • Je voudrais répondre à Morgane, et je pense rejoindre l’elfe sur certains points, même si je les exprime à ma façon (on a chacun nos filtres d’expériences, de valeurs, de mots qui nous permettent de voir le monde ;-).
            Tu compares l’exemple de ton petit frère et celui de ta fille.
            Dans ce que tu décris sur ton petit frère, il semble que ses parents (tes parents du coup ?) manquent de confiance en eux. Pour que les enfants puissent grandir, il faut qu’ils puissent s’appuyer sur des adultes qui soient responsables de leurs enfants, d’une façon aimante et bienveillante, sans leur faire peur, mais qui soient solides, fermes dans leurs limites (même s’il y en a très peu). La liberté des uns s’arrête là où commence celles des autres. Il est crucial que les enfants apprennent à respecter aussi les besoins des autres, ceux de leurs parents, ceux des autres enfants, ceux de leurs frères et soeurs.
            On peut laisser un enfant apprendre à sa guise et suivre son instinct, le laisser progresser à son rythme, mais à tout moment, c’est important de lui montrer les limites – les dangers de l’environnement et le respect des besoins des autres.

            Quand les besoins entrent en conflit (besoin de la mère versus besoin de l’enfant par exemple), on cherche des solutions gagnant/gagnant pour que les besoins de chacun soient comblés.

            Les parents qui se sacrifient (nient leurs besoins) pour leurs enfants leur apprennent soit à se sacrifier à leur tour envers leur entourage (car on enseigne beaucoup par l’exemple), soit à ne pas faire preuve de respect pour les besoins des autres.

            Voilà en quelques mots mon décryptage de ce que tu décris !

          • (Hm, je réponds ici parce que le site ne me propose pas de répondre plus bas o_o)

            Codaix, tu as bien décrypté. ^^

            L’elfe, ce que tu décris est très théorique. La pratique me laisse à pense que le terme « caprice » n’est pas forcément à bannir, même s’il ne doit pas être employer abusivement pour éviter tout effort de compréhension de l’enfant.
            Je vais encore donner l’exemple de mon petit frère. (qui est mon demi-frère, en fait ; bref)
            Lorsqu’il avait quatre ans, nous étions invités, avec notre père, chez une personne assez « importante », avec laquelle nous n’étions pas familière. Mon petit frère faisait exprès de faire des bêtises puis attirait l’attention de son père sur ces bêtises, par exemple renverser exprès du jus d’orange sur le canapé, le dire à son père, puis apostropher de nouveau son père en pleine conversation pour lui renchérir : « regarde, Papa, j’étale le jus d’orange ».
            Ce type de comportement vient pas de ce que l’enfant est « mauvais », mais ce qu’il recherche que son parent, d’une part, prête attention à ce qu’il fait et, d’autre part, lui pose des limites. Je crois que dans ce cas, mon frère souffrait que mon père se fiche complètement qu’il fasse des bêtises, et il recherchait à se faire disputer. Parce se faire « disputer » (avec bienveillance et retenue, hein… Je ne parle pas d’une gueulante) permet à l’enfant de marquer la limite, justement.
            Peut-être qu’on peut dire que l’on atteint le stade du « caprice » lorsque l’enfant sait qu’il ne doit pas faire ce qu’il fait, qu’il ne peut pas exiger ce qu’il exige, mais qu’il cherche à ce que le parent montre où se situe vraiment la limite, pourquoi cette limite, et quelle est l’importance de cette limite… Je crois que l’enfant fait un « caprice » pour faire réagir le parent, afin de mieux situer les règles. Le « caprice », donc, s’explique, mais il reste un caprice. Je ne vois pas où est le problème tant que l’on ne voit pas des caprices partout.

          • Je pense aussi que pour certains enfants le fait de se faire engueuler permet d’attirer l’attention et qu’ils ont besoin d’attention.
            Mais je continue à être génée par le terme de caprice pour les raisons déjà exposées. C’est comme le terme instinct en fait, y a plein d’exemples mais ça ne veut rien dire.

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  30. Très intéressant ce site, bravo !!!
    Moi aussi, je peux témoigner, mes enfants de 13, 15, 17, 19 furent il y a longtemps allaités, portés en permanence, maternités jusqu’à ce qu’ils soient prêts s’en passer, c’est à dire allaités 4/5 ans suivant les enfants, ayant définitivement investi leur chambre un peu plus tard encore, pas scolarisés jusqu’à ce qu’ils y soient prêts, autour du CP, éduqués par des parents bienveillants, sans punition ni fessées, mais avec un cadre assez large et ferme à la fois, sont épanouis, empathiques envers les petits enfants et très autonomes. Ils ont confiance en eux et apprécient leurs études, et je n’ai pas connu la fameuse crise d’adolescence (ni celle des deux ans).

    Et moi aussi, je me considère comme féministe, c’est à dire prônant les valeurs féminines de douceur, de consensus, d’entraide, d’empathie, de non-violence et espérant qu’elles soient davantage reconnues dans une société plutôt fondée sur les valeurs masculines (compétitivité, individualisme). Pour moi, c’est cela le féminisme : autoriser les femmes à suivre leur instinct, les encourager à écouter leur coeur, et leur permettre de s’épanouir professionnellement en conciliant les besoins de leurs enfants (dans mon cas, cela signifie travailler depuis la maison).

    Je vais lire les autres sujets (j’ai lu celui sur l’attachement, super), je m’en réjouis déjà !

    • Je pense surtout que tout ce que nous considérons comme des valeurs féminines devraient être considérées comme des valeurs tout court. Je trouve dommage que l’empathie par exemple soit une valeur féminine, alors qu’elle est essentielle pour vivre en société.

      • Surtout que pour avoir entendu parler de femme travaillant dans des milieux exclusivement féminin (certaine usine), cela n’est pas forcément non violent et pétri d’entraide. J’ai surtout entendu parlé de jalousie et de « coup en douce ».

        Opposer un monde féminin forcément doux (mais pas, un peu hypocrite) à un monde masculin forcément violent, n’a pas de sens.

  31. Je voulais juste faire part de mon expérience en tant qu’adulte de 28 ans.
    J’ai la chance d’avoir eu une maman très indépendante qui m’a très tôt appris à ne pas écouter ce que disent les autres (et à les envoyer péter, même et surtout si c’est de la famille !!). En effet, elle a toujours agi comme cela, et notamment quand j’étais petite et que ses collègues lui faisaient des réflexions sur ses méthodes éducatives peu orthodoxes dans les années 1980.
    D’aussi loin que je me souvienne, de temps en temps quand j’étais petite, j’allais m’endormir avec ma maman car j’avais un peu peur du noir, puis mon papa (un vrai papa poule d’ailleurs), en allant se coucher, me portait pour me remettre dans mon lit. Cela a duré jusqu’au jour où mon père m’a dit : « tu es trop lourde maintenant » (je devais avoir bien 6-7 ans). J’ai continué à le faire en allant me recoucher toute seule, puis j’ai arrêté de moi-même, sans faire de caprices ni rien.
    J’ai appris il y a peu qu’en fait ma mère s’en prenait plein la gueule de ses collègues qui lui disaient qu’elle était folle de faire du co-dodo, que j’allais devenir capricieuse, etc. Faut aussi savoir que ma mère peut être extrêmement autoritaire, donc les caprices avec elle, c’était pas trop possible, voyez ;-)
    Extrêmement câline et autoritaire, c’est le paradoxe de ma mère…
    Par la suite, quand mon père est parti bosser en IDF, ma mère dormait parfois avec moi pour être plus proche de la chambre de ma sœur qui était bébé, et ça me faisait chier, à 8-9 ans, de dormir avec ma mère toute la nuit !
    Donc voilà, je pense que le truc qui est important quand on a un enfant, c’est de ne pas se laisser influencer, ni par les médecins, ni par les pédiatres, ni par les psys… Faut avoir des convictions et les appliquer ou faire au feeling et s’y tenir.

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  33. Texte très intéressant et très complet qui remet beaucoup de choses en perspective. Cela me hérisse d’entendre opposer presque systématiquement « les intérêts » de la mère aux « intérêts » de l’enfant alors que les deux sont intimement liés car les deux sont opprimés par la société patriarcale…
    On s’en rend compte quand on se penche sur l’idéologie des « nouveaux réactionnaires ». Naouri en est un des exemples dans le domaine de « l’éducation » avec son apologie de la frustration, mais on retrouve le même type d’idées chez un Zemmour ou un Finkelkraut quand ils parlent d’éducation et de féminisme…
    Je crois que l’image qu’on a de l’enfant est au coeur de l’opposition entre une démarche progressiste et une démarche réactionnaire. Quand on considère l’enfant comme potentiellement dangereux, on pense que seule l’autorité (avec tout ce qu’il y a d’oppression derrière) est garante de l’ordre social. On pense que sans la peur, l’homme détruirait ses semblables. Quand on considère l’enfant comme potentiellement innocent, on pense que l’écoute et l’empathie lui permettront de grandir pour devenir un individu libre et altruiste.

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  35. L’elfe, je t’aime. Depuis le temps que je te lis à propos de végétarisme et végétalisme, de féminisme et de patriarcat, je me régale,et tu m’ouvres des perspectives. Mais là, c’est le pompon ! Je suis maman d’une petite fille de 4 mois et demi, bébé reflux et mini-siestes. Pour le reflux, on m’a souvent dit que c’était de ma faute, parce que je me faisais trop de souci, que je me donnais trop de mal pour être une mère acceptable. Et comme ma fille a mal, je suis triste. Du coup, on me conseille d’arrêter de l’allaiter pour ne pas lui donner du « mauvais lait »… Alors qu’en cas de reflux, le LM est probablement le meilleur atout du bébé. (En plus, je suis intolérante au lactose, et ma fille aussi sûrement , alors lui filer un lait artificiel épaissi est risqué… Et végétal épaissi je crois que ça existe pas.)
    Pour les mini-siestes, là encore, c’est de ma faute, parce que quand elle est réveillée, je m’occupe d’elle, je la mets dans son transat si elle s’y plaît, face à une fenêtre ou à me regarder coudre, je la mets sur son tapis, je la porte si je fais une activité qui s’y prête, je lui parle… Au lieu de la laisser brailler 3/4 d’heure seule dans son lit pour qu’elle apprenne que c’est l’heure de dormir.
    En ce moment en plus elle a une dent qui chatouille, donc elle réclame énooooormément les bras. Et je lui cède ( :D ) sans vergogne. Quelle mère pourrie…
    (J’ai écrit un petit truc sur la violence éducative aussi, si tu veux…)

    • Ha mais de toutes façons si on écoute les gens je crois que tout le monde est une mère absolument horriiiiible qui rend son enfant malade/débile/insecure/ »tout-puissant »/etc… :/ c’est grave quand même

  36. Les enfants sont des monstres sanguinaires

    Les mères sont des cruches écervelées

    Et les pères sont des êtres de toute puissance qui nous montreront, de par leur grandeur infinie, leur sagesse immuable, la VOIE…

    Amen

  37. Ping : Féminisme/Agisme et Enfance | Pearltrees

  38. Bravo pour ce site, ces réflexions vraiment très intéressantes et m’ouvrent de nouveaux horizons.
    J’y vais de mon témoignage de Maman d’une puce de 8 mois. Déjà, je ne connaissais pas dans le détail les théories psychanalytiques mais j’avoue que les bras m’en sont tombés. Je crois que la France est (avec l’Argentine sauf erreur mais à vérifier) l’un des deux pays où la psychanalyse a le plus imprégné la société et je pense que ça explique beaucoup: j’ai vécu dans d’autres pays (avec une mentalité plus « Europe du Nord » dirons nous) et ce qui me frappe avec la France c’est que malgré notre natalité débordante quelque part nous n’aimons pas les enfants. Ils ne sont acceptés dans l’espace publique que s’ils sont silencieux.
    Expérience de bébé au restaurant en France et en Suisse:
    En France, après un repas où notre puce a été très silencieuse, une autre cliente me dit enfin qu’elle est très belle (pendant que je la changeais tant bien que mal dans des WC pas équipés pour ça) et surtout qu’on ne l’a pas entendu. Autrement dis elle aurait chouigné elle était moche, et pleuré carrément un monstre? (WTF???)
    En Suisse, après une journée de voyage dans des conditions dantesques, la demoiselle est épuisée (nous aussi) et pleure sans arrêt pendant qu’on se relaie pour la consoler tout en mangeant. ON m’a proposé de mettre mon plat au chaud pendant que j’allaitais, on m’a dit qu’elle était très mignonne et qu’elle devait être fatiguée et le lendemain quand je suis passée boire un café au même endroit on m’a demandé si elle allait mieux….
    Alors je sais je sais, ce sont des exemples isolés mais ça reflète bien ce que j’ai vécu à plusieurs reprises….
    Sur l’allaitement, ce que j’ai pu en entendre! A la maternité, alors que la puce avait 2 jours, était au sein (en pleine montée de lait de toute façon c’est mieux aussi pour la maman), une puéricultrice entre, me dit que les tétées sont toutes les 3 heures (c’est cela oui..), me la prend des bras, et la colle dans son berceau emballé dans mon coussin d’allaitement pour qu’elle se sente tenue (euh, mais dans mes bras elle l’était pas????) et part. J’ai donc récupéré la demoiselle et l’ai remise au nichon dans mes bras… J’ai aussi la généraliste qui m’a parlé de la diversification à 4 mois tout en me donnant des adresses sur un post-it Gallia… Et là ma fille a des dents (bah oui les premières sont sorties à 4 mois). Est-ce qu’elle en profite pour dévorer le sein? (cf théorie psychanalytique à la gomme) Bah non… Il y a eu quelques morsures au début mais vraiment plutôt du style « c’est quoi ces trucs dans ma bouche à quoi çA sert? », et elle a compris que ça me dérangeait et ne me mords plus jamais…
    Et donc ce petit bébé porté, cododoté une période, allaité etc, est super épanouie, se marre tout le temps, va vers les autres enfants et est déjà curieuse de tout, tout en marchant à 4 pattes depuis l’âge de 6 mois et en commençant à se mettre debout… Zut, j’ai dû merdé, quand tu les portes ils marchent jamais pourtant…. ;-)
    Juste une dernière chose sur le cododo: dans notre famille de méga ronfleurs on s’est rendus compte que le bébé était gêné par notre bruit et elle a montré sa préférence pour sa chambre. ça n’empêche pas que lors d’un réveil précoce comme ce matin, elle passe une heure à dormir sur moi… Le cododo ça ne marche pas pour tout le monde, chaque enfant et chaque famille est différente

    • Exact, en Argentine, tout le monde a fait une psychanalyse au moins une fois dans sa vie, et si ce n’est pas le cas, vous êtes considéré comme bizarre.
      Ces théories sur les enfants, je ne les connaissait pas non plus… je comprends mieux certaines choses maintenant… c’est une horreur. Comment peut-on prêter de tels sentiments à des bébés/enfants? Ce sont des notions complexes qu’ils sont incapables d’appréhender, quand à les comprendre… Pour moi un bébé est un petit être qui a des besoins et qui est le plus vulnérable qui soit. Il a besoin d’être rassuré dans un environnement sécurisé avec ses parents et que ses besoins soient satisfaits. Dans ces conditions il peut se développer normalement et apprendre, et ça va vite! Quand je vois les réactions de mon fils de 8 mois…

  39. Bonjour l’elfe,
    Je me suis dit que j’allais faire un petit tour par ici pendant la sieste de ma fille, quand je suis tombée sur ce billet.
    Je vais donc faire un commentaire très constructif : Amen !

  40. Ping : manger des enfants | Pearltrees

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  43. Cet article est vraiment très bien rédigé et criant de vérité.
    Malheureusement, dans la société actuelle, on fait peser sur les épaules des parents de lourds devoirs, qu’ils doivent remplir au mieux tout en suivant des consignes généralistes qui semblent oublier que tout enfant est différent, qu’un enfant n’est pas un adulte en miniature et que des avis scientifiques (basés sur des études qui tiennent la route) se contredisent régulièrement…
    On se croirait dans Le Meilleur des Mondes, d’Huxley, où les bébés grandissent en bouteilles, et les enfants en internat avec bourrage de crâne à la clef.
    Heureusement, il y a aussi d’éminents spécialistes qui ne sont pas d’accord avec toutes ces théories et déculpabilisent enfin ces parents, constamment jugés par la société sur tous leurs choix de vie et d’éducation.
    Ainsi, Winniccott, parmi d’autres choses qui se révèlent parfois des grosses conneries de psy (pardonnez-moi ma vulgarité), évoque la notion de « mère suffisamment bonne » qui aurait bien besoin d’être intégrée par les médecins se permettant des jugements de valeur sur leur patient.
    Et n’hésitez pas également à consulter sur youtube les videos du Pr Delion, psychiatre, qui raconte plein de choses très intéressantes!
    Bon il y a toujours à prendre et à laisser, car qui peut se targuer d’avoir la science infuse? Mais ça permet de se rassurer et de voir que parmi le personnel médical, il n’y a pas que des gros cons ;)
    Même si cette petite blague est criante de vérité :
    « Quelle est la différence entre Dieu et un médecin?
    -Dieu ne se prend pas pour un médecin »
    (Et il me semble que c’est le Pr Delion lui-même qui l’a raconté à un amphi dans lequel je me trouvais il y a quelques années ;) )

    Je vous souhaite à tous une bonne continuation,
    et à toutes les mamans présentes et à venir (et à tous les papas), faites pour le mieux, restez à l’écoute de tous les conseils (les bons comme les mauvais) afin de pouvoir faire vos choix en toutes connaissances, et surtout, emmerdez les autres et la société si vous estimez qu’elle va à l’encontre de votre bien-être familial et du bien-être de votre enfant!

  44. Bonjour à toutes et tous,

    S’il est évident que dans toutes les sociétés ou presque les mères sont considérées comme l’humain à qui échoit « naturellement » le rôle de s’occuper des tout-petits, il n’en reste pas moins que nous sommes une espéce de mammifére qui ne me semble pas opportune de comparer aux animaux pour justifier des comportements sociaux.

    Il y a notamment une pratique, j’ai nommé : l’haptonomie, que je défie de trouver dans tout le règne animal, et qui donne une toute autre vision et pratique de la relation enfant-mère-pére (énoncé dans l’ordre alphabétique), celle ci commençant avant la naissance. Expérimentalement vécu avec bonheur par l’auteur de ces lignes.
    Voir : http://www.haptonomie.org/fr/espace-public/haptonomie-prenatale.html

    Une pratique qui permet notamment au père de sentir, manipuler littéralement l’enfant dans le ventre de sa mére. S’accompagne aussi de gestes spécifiques du futur-papa pour soulager la future-maman dans les dernières semaines de la grossesse (détente, gestes du père pour soulager la mère du poids du bébé…).
    Il se noue naturellement une relation à trois.
    Dans ces conditionis la grossesse, et évidemment l’accouchement comme s’occuper du bébé après la naissance ne peut plus être une affaire de femme seulement.
    Il y a aussi des séances prévues pour que le père soit actif et aide la mère pendant l’accouchement. J’ai par exemple appris à tenir les cuisses de la maman pendant l’accouchement pour l’aider durant la poussée.
    On prend sa place de père sans se demander qui va s’occuper du bébé. La mère ne peut pas non plus s’approprier l’enfant, toutes ces questions n’ont plus de sens si l’harmonie régnait pendant toute la grossesse.
    Il va de soi qu’ensuite les attitudes à avoir vis à vis du bébé qui pleure proviennent d’une discussion entre le pére et la mère. Ca devient une affaire de parents à parité. Nous avions par exemple décidé ensemble de laisser le garçon pleurer pendant 5 minutes avant de s’en occuper. Estimant que 5 minutes ne paraissait pas un traumatisme trop lourd, et qu’en meme temps entendre son bébé pleurer 5 minutes ça faisait déja beaucoup pour nous.
    Résultat, les pleurs se sont souvent arretés avant les 5 minutes.
    Evidemment je n’ai jamais compté le nombre de couches, de biberons, de massages apres le bain du soir que j’ai pu donnés à mon fils. Ni le nombre de nuits où je me suis levé pour le rendormir.
    Ni le nombre de kilometres que j’ai pu faire ensuite avec le bonhomme à califourchon sur mon épaule durant les promenades du week-end où il lui arrivait meme de s’endormir. Je préférais cela à la poussette que nous avions trouvé bien trop à la meme hauteur que les pots d’échappement. Vie parisienne oblige.

    Aujourd’hui j’ai un jeune homme de 16 ans et de 1,85 m qui se jette encore sur moi autant pour faire des calins que pour éprouver ses jeunes forces grandissantes dans l’espoir permanent de savoir quand il sera enfin plus fort que son père.

    A suivre…
    Patrick Altman

    • Salut
      Je n’ai jamais dit le contraire, ton commentaire est intéressant mais il est un peu (beaucoup) hors sujet.
      J’ai l’impression que tu n’as pas vraiment compris le propos.
      Je n’ai jamais dit que les pères ne pouvaient pas ou ne devaient pas s’occuper des enfants, au contraire je pense non seulement qu’ils en sont tout aussi capables que les femmes, mais qu’en plus ils ont tout intérêt à le faire, pour eux, pour les enfants. Pour autant je ne pense pas qu’un homme mérite un cookie pour s’impliquer dans l’éducation et le soin de sa progéniture. Cet article parle du patriarcat qui est un système social, pas de ce qui devrait être ni même de ce qui est (puisque la conformité à un modèle sociale est variable selon les individus).
      Par ailleurs, je pratique l’haptonomie (enfin, nous) mais je ne pense pas que ce soit nécessaire pour créer une relation à trois qui existe déjà de toutes façons.
      Personne n’a à s’approprier un enfant car un enfant n’est pas une chose.
      Y a un truc qui me dérange un peu dans ton message c’est le truc de décider entre père et mère de laisser un enfant pleurer 5 minutes, c’est à dire de ne pas lui demander son avis avant 5 minutes. Quel mot a-t-il à dire là-dedans alors que les pleurs sont son seul moyen de communiquer? Je n’ai aucune idée de si c’est un traumatisme trop lourd ou non, et je pense que c’est assez hasardeux d’affirmer que non, en effet c’est possible, mais on n’en sait rien.

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  49. J’avoue que je suis partagée.
    A vrai dire, je suis tout à fait d’accord sur le fait que beaucoup de théories psychanalytiques sur l’éducation sont d’un extrémisme effroyable qui se veut novateur (sous prétexte que ce qui est choquant et à la limite du supportable serait forcément subversif…) et que d’une manière générale l’outil psychanalytique, intelligent en soi, n’a surtout servi qu’à reformuler et légitimer les positions patriarcales les plus archaïques.
    D’ailleurs je suis en train d’écrire un devoir de recherche sur le sujet (en anglais), en me basant sur les nouvelles « Ligeia » d’Edgar Allan Poe et « The Yellow Wallpaper » de Charlotte Perkins Gilman. (Lisez ces deux nouvelles en parallèle, c’est édifiant !)

    Mais d’un autre côté, pour des raisons personnelles, je me pose beaucoup de questions sur l’éducation en ce moment, et l’idée que l’autonomie de l’enfant se ferait toute seule au moment où il le désire me semble être une théorie un peu trop idéaliste… Pour la plupart des animaux, j’imagine bien que cela marche, dans la mesure où ceux-ci ont conservé de forts instincts naturels, mais il me semble que l’humain est socialisé et transformé par les pratiques culturelles depuis tellement de temps que ses instincts naturels sont pour une bonne part atrophiés… Sans doute la « punition » pour être une espèce qui pense trop et ne sait alors plus reconnaître spontanément ses propres besoins.

    Je pense à mon cas : ma mère toujours inquiète, toujours aux petits soins de mes soeurs et moi… bizarrement ça ne nous a pas fait devenir les êtres les plus autonomes du monde.

    Je pense à mon ex, qui à vrai dire tend peut-être au cas clinique : je l’ai connu quand il avait 26 ans, quitté à 30, et il vit encore chez ses parents. Il est l’aîné, entretenant un rapport encore plus ‘privilégié’ que ses frères avec sa mère, une femme divorcée d’un homme qui ne s’est jamais occupé de ses gosses (il a juste attendu qu’ils soient assez grands pour pouvoir rire à des blagues misogynes, quelle complicité…), une femme qui met au-dessus de tout le lien mère-enfant (et je dirais surtout mère-fils… ah, ses fils !), une mère envahissante, qui suggère à son fils de prendre son envol mais qu’en le retenant par le bras. J’ai fini par me poser des questions sur nos relations à nous : de plus en plus, il faisait le petit garçon (c’était mignon, au début…), et depuis le commencement il n’avait comme plus grand plaisir que de me sucer les seins. J’ai demandé : sa mère l’a allaité. Au début je trouvais ça amusant, puis j’ai trouvé ça obsessionnel et inquiétant. Surtout quand sa mère essayait de me transformer en elle (pourquoi je ne porterais pas des couleurs vives, comme elle ? pourquoi je ne ferais pas le même métier qu’elle ?… et d’ailleurs, comment ça se fait que je ne sois pas systématiquement d’accord avec elle ?), et qu’au bout d’un moment à chaque fois qu’elle me voyait elle me mettait la pression pour que je tombe enceinte, tout ça parce qu’ELLE se sentait prête pour être grand-mère. Son fils était sans boulot, sans logement à lui, mais ce n’était pas l’urgent, l’urgent c’était de faire sentir qu’il fallait faire un bébé, tic-tac tic-tac disait selon elle l’horloge biologique de la jeune fille de 22 ans qui fait des études longues et qui a bien l’intention de les finir… Fais-nous donc un beau bébé incestueux, mère porteuse que tu es, puisque la société nous interdit de le faire par nous-mêmes ! Je crois sincèrement que si j’avais eu un enfant de lui, elle se serait accaparé « l’enfant de son fils » et j’aurais été reléguée au fond d’un placard à balais (et à 42 ans, je me serais suicidée). Et le cercle infernal serait reparti de plus belle…
    Pour ces raisons, et pour d’autres raisons sérieuses encore, je l’ai quitté, et j’ai bien fait. Ce n’était pas un méchant garçon, mais ce n’était plus vivable.

    Tout ça pour dire que… je n’avais jamais cru à l’existence réelle du complexe d’Oedipe, mais oui, des cas que décrivent les psychanalystes, malheureusement, cela arrive. Je ne sais pas en quelle proportion, mais cela arrive, j’en ai sévèrement fait les frais.
    Ça ne veut pas dire qu’il faut croire sur paroles les psychanalystes et suivre au pied de la lettre leurs conseils (loin de là…), mais peut-être qu’il faudrait plus prendre en compte qu’eux de la diversité des situations et essayer de doser à chaque fois, au lieu de se battre à coups des théories trop noires (bébé méchant, maman idiote) ou trop blanches (tout se fera tout seul comme par magie)…

    Et en conclusion, je crois que je peux affirmer maintenant que je suis terrorisée à l’idée de devenir mère. Super.

    • J’ai l’impression que tu mélanges un peu tout.
      Je n’ai jamais dit que les psychoses des parents ne se transmettaient pas aux enfants. Et je vois pas ce que tu décris d’autre dans ton témoignage. Ca n’empêche pas d’attendre que quand tout se passe bien les enfants deviennent autonomes « naturellement », sans rien forcer. Ce que tu décris ne dit pas le contraire à moins de supposer que ce type de problèmes d’autonomies vient des enfants et pas de ce que leurs parents projettent sur eux.

  50. Je n’ai pas l’impression que je mélange un peu tout, au contraire.

    Dans la mesure où il ne s’agit pas de parents psychotiques (vu qu’il n’y a pas de perte de contact avec la réalité, ni permanente ni temporaire), je ne crois pas que ta réponse soit vraiment pertinente et prenne en compte ce que j’essaie (mal, sans doute) de dire.

    Je pense que dans ce cas-là le terme de névrose serait déjà plus approprié. Ma question serait donc : Comment faire – puisque tu dis que tu ne nies pas ce fait, en supposant que quand tu dis « psychoses » tu entends « névroses » – pour que les parents ne transmettent par leurs névroses à leurs enfants ?

    Tu dis, « Ça n’empêche pas d’attendre que quand tout se passe bien les enfants deviennent autonomes « naturellement », sans rien forcer. » Je me demande : « Mais ça veut dire quoi, « quand tout se passe bien » ? Qui décide que « tout se passe bien » ? En quelle proportion « tout se passe bien » dans la tête de la majorité des parents de manière que « tout se passe bien » dans celle de leur enfant ? Qui est suffisamment exempt de ses petites névroses personnelles au point de ne pas les transmettre à ses enfants ? Personnellement, je n’en connais pas beaucoup, et dans certains cas c’est carrément désastreux.

    Dans le cas que j’évoquais (dommage qu’il soit personnel, mais c’est le plus évocateur que j’avais en tête, désolée pour les détails), personne de prime abord n’irait se dire « il y a quelque chose qui cloche, il faut intervenir ». Ça s’est manifestement fait lentement et insidieusement, sans que ça sorte trop aux yeux de la famille comme aux yeux du monde extérieur d’une prétendue « normalité ». (Ce n’est que parce que je me suis moi-même retrouvée prisonnière de leur ‘délire’ familial que j’ai fini par comprendre le manège – dont ils n’ont sans doute pas eux-mêmes conscience mais qui passé la barre des 30 ans commence soudain à être nettement plus visible.) Si tu parlais à la mère, elle te dirait avec une emphase qui vient du fond de son coeur « j’ai toujours fait envers mes enfants ce que ma nature de mère me dictait ». Elle est inattaquable – en apparence – parce que, comme la mère idéale dont tu brosses le portrait, elle a « senti » ce qui était « bon » et elle l’a fait, point-barre : tout est on ne peut plus normal et naturel. Sauf que le résultat, dans la pratique, laisse sévèrement à désirer.

    C’est la où le bas blesse : la question de la normalité. Si l’enfant était frappé, on l’aurait retiré des parents. Si on apprenait que la mère avait abusé de l’enfant, on aurait fait de même. Où concrètement se trouverait la différence entre la nature-qui-fait-bien-les-choses-toute-seule et le grain de sable ajouté qui enraye tout le système ?
    Où mets-tu la limite entre « la mère protectrice qui fait spontanément bien les choses » et « la mère surprotectrice et dévorante qui garde son enfant pour elle et lui scie le cerveau » ? Je parle évidemment d’une limite à déterminer au moment de l’éducation pendant la petite enfance… pas à l’âge adulte où on constate relativement facilement les dégâts.

    Le problème de la psychanalyse, pour moi, c’est qu’elle prend toutes les mères pour des « mères surprotectrices et dévorantes qui gardent leur enfant pour elles et lui scient le cerveau » – ce avec quoi tu as l’air bien d’accord. Au contraire, ce qui est pour moi le problème de ton article, c’est que tu me sembles prendre toutes les mères pour des « mères protectrices qui font spontanément bien les choses » – à part quelques cas que tu qualifies faussement de psychotiques et que tu évacues à la vitesse de la lumière. J’ai l’impression que tu remplaces une fiction par une autre.
    La question que je pose, c’est : ces cas que tu évacues, sont-ils dans l’espèce humaine suffisamment marginaux pour être ainsi évacués des questions générales d’éducation et pour les confiner à des questionnement sur des manifestations psychiatriques rares ? Ou est-ce que ces cas, ça ne pourrait pas être ta voisine qui n’a rien de bizarre, ma cousine qui a l’air tout à fait équilibrée, ta propre soeur, moi ou toi-même ? Qui te dit que je suis « normale » ? Qui te dit que tu es « normale » ?
    Oui, désolée, ce sont des questions qui font peur, mais quitte à ce qu’elles n’aient jamais de réponse claire et définitive, je pense qu’il est au moins sain de se les poser avant de croire qu’on fait tout bien naturellement, parce que nous, évidemment, nous sommes bien normaux – l’anormal, ce n’est jamais que l’autre – et finalement se rendre compte à 55 ans qu’on a rendu notre fils dépendant, névrosé et bientôt dépressif.

    De même, est-ce que tous les bébés humains naissent égaux face aux capacités d’autonomisation ? Est-ce qu’ils ont en eux tous les mêmes ressources ou celles-ci peuvent-elles varier individuellement et dans quelle proportion ? S’ils sont tous à égalité, comment se fait-il que dans la pratique on puisse obtenir des résultats différents avec deux enfants que l’on traite de la même façon ? Comment se fait-il que dans une même famille il puisse y avoir à la fois le petit dernier qui veut aller à l’école sans ses parents à 6 ans et le tout premier de 10 ans qui réclame tous les soirs son long câlin et ses trois histoires qu’il pourrait lire tout seul ?
    Ton message me fait me demander : qu’est-ce que c’est que ce bébé « naturel » qui se développerait et s’autonomiserait « naturellement » si on le traite « naturellement » ? Est-ce que ce n’est pas nier de but en blanc la diversité des individualités humaines et nier que la question de la « nature » humaine est en elle-même extrêmement problématique voire pratiquement insondable ?

    Bref, c’est pour cela que je trouve que la croyance en une nature parfaite qui fait que les choses se passent bien toutes seules est assez naïf, du moins dans nos sociétés humaines, et qu’elle laisse bien peu de place à la remise en question. J’ai lu ton autre article sur l’attachement, je l’ai trouvé extrêmement intéressant, il m’a appris plein de choses, mais pour cet article-ci je reste assez dubitative, je reste sur ma faim. (Même si, comme je l’ai dit, je trouve que ton attaque des psychanalystes est d’une manière générale assez pertinente et que c’est une bonne chose – qu’on ne voit pas souvent – d’essayer d’arrêter de culpabiliser les mères qui veulent s’assurer du bien-être de leurs enfants.)

    Et je te prie de ne pas prendre mes messages pour des agressions, j’essaie juste de comprendre et de faire avancer le débat afin de trouver des réponses à mes questions (pour moi-même et pour d’autres) afin d’éviter de répéter sempiternellement les mêmes erreurs ou de commettre les erreurs inverses, tout aussi irrémédiables, par réaction de rejet.

    J’essaie de trouver un équilibre, c’est tout. (Je ne prétends pas l’avoir trouvé, loin de là. Mais avoir conscience qu’il faut essayer de le trouver me semble être déjà un bon pas en avant. Avant qu’on se dise qu’il aurait fallu y penser avant.)

    • En gros tu reproches à mon article de critiquer la psychanalyse pour dire que toutes les mères sont toxiques SANS PRECISER qu’il y a effectivement des mères toxiques pour leurs enfants?
      Ou alors tu me demandes de donner une solution magique et toute faite pour que les mères toxiques n’existent plus / ne soient plus toxiques?

  51. Salut l’Elfe,

    Je viens de découvrir ton blogue et j’apprécie beaucoup. Nous somme un exemple de famille fusionnelle, mais avec des résultats qui font en sorte que ma fille à tout à fait l’air normal. Et notre vie sexuelle aussi.

    Pour les p’tits pères qui pensent qui vont passer leur temps à ronger leur frein (en passant, c’est ça avoir des enfants!), je vous recommande ceci: http://www.mamaneprouvette.com/2012/09/le-co-dodo-et-la-testosterone.html

    C’est très rafraîchissant de te lire l’Elfe, merci.

    Marie-Pier

  52. Ping : aglaonice | Pearltrees

  53. Ping : Les petites claques | Les Questions Composent

  54. Ping : Education | Pearltrees

  55. Non mais la psychanalyse… Juste ce mot devrait suffire à prendre les théories avec des pincettes et un immense recul. De plus, associer psycho cliniciens avec la psychanalyse est d’une stupidité sans bornes. Je ne souhaite pas prendre part au débat (je ne m’en sens pas assez mature pour y intervenir), juste partager ceci:
    les psychanalystes sont pour la plupart (pas tous, heureusement) des charlatans, sans diplôme d’Etat de psychologie/psychiatrie. Ça me hérisse les poils de voir que leurs paroles, fondés surtout sur des théories obsolètes, prennent autant de valeur dans l’esprit des gens, au point qu’ils en négligent l’éducation de leurs progénitures. Un psychanalyste, à moins qu’il y est psychologue ou psychiatre avec, n’est pas un professionnel! Juste quelqu’un qui à fait une analyse, point barre.
    Voilà, j’aime beaucoup ton blog soit dit en passant, il y a toujours des articles constructifs et très bien rédigés :)

  56. Ping : Agisme | Pearltrees

  57. La lecture du Livre noir de la psychanalyse devrait être conseillée à tous les parents. Sans même parler de celles qui concernent les enfants, ces théories décrivant les bébés sont hallucinantes tellement elles reposent sur du rien. J’ai beau chercher, mais je ne trouve aucun protocole expérimental ayant permis d’aboutir à ces conclusions. Mais malgré leur bancalité, elles se retrouvent partout, non seulement dans le bruit ambiant des conseils assénés aux parents, mais aussi dans la littérature pour les parents. Même le fameux complexe d’Oedipe m’agace au plus haut point, avec son message en filigrane : « attention, parent, tes calins ne sauraient être innocents ! » sans oublier « entre sexe identique = compétition, entre sexe différent = sexe, autre relation = néant ».

    La seule raison pour laquelle il *faut* conseiller à quelqu’un de laisser pleurer un bébé (en le laissant dans un endroit sûr, comme son lit ou même par terre), c’est de ne plus en pouvoir, d’être au bord du craquage et de n’avoir personne à qui passer la main. C’est un conseil essentiel à donner à tout parent, surtout avec la tonne de culpabilisation à tout crin qu’il se prend.

  58. « Allaiter son enfant plus de sept mois est un véritable abus sexuel.«
    De la même manière que boire du lait dénote des penchants zoophiles.
    Tous des pervers…

  59. Ping : Education | Pearltrees

  60. Laisser un enfant dormir dans le lit des parents est une très mauvaise idée : il y a des risques relativement élevés d’étouffement ou d’écrasement – petits, les enfants n’ont ni le réflexe de se réveiller, ni la force de se dégager !
    Serait-il possible d’ajouter une note à ce sujet (ou de justifier) ?

    • Je dors avec mon fils depuis sa naissance (il a 5 mois) et franchement il faudrait que je sois complètement bourrée pour l’écraser en dormant… Je veux dire, en fait, même si j’étais effectivement bourrée, je ne me vois pas m’endormir sur lui, je suis quand même pas complètement débile. Cela dit, quand on dort avec un enfant, il ne faut évidemment pas prendre de drogues (alcool compris) ou de médicaments qui affectent la vigilance. Mais de toutes façons quand on allaite en principe on ne se bourre pas la gueule.
      Bref… Je trouve totalement délirante cette idée qu’on peut écraser un bébé en dormant. Par contre il faut effectivement faire attention à la literie (fermeté du matelas, couettes et oreillers mous, risque de chutes, de coincement, etc…). Ici par précaution on a banni les couettes, mais certains les utilisent quand même, il faut juste éviter que la couette puisse se retrouver sur le visage du bébé.
      D’ailleurs, le risque de MSN augmente quand on fait dormir un bébé seul dans une pièce, donc je pense que si on prend des précautions élémentaires, c’est plus sûr de partager le lit que d’isoler le bébé. (après certains enfants et certains parents dorment mal dans le même lit, il faut aussi s’adapter aux possibilités de chacun).

      • Du haut de mes 3 enfants avec qui j’ai roupillé plus d’une fois, je confirme qu’il me paraît totalement improbable d’écraser son bébé en dormant, sauf à être effectivement dans un état comateux. Le seul risque en ce qui me concernait était que mon sommeil en pâtissait un peu car une partie de moi restait toujours attentive au bruit du bébé.

        J’en profite pour adresser à l’Elfe mes félicitations les plus enjouées et tous mes vœux de petites et grandes joies à venir :-)

  61. Grrrrrr !
    « Il doit se faire les poumons… ».
    Contacte-moi par mail stp. On a bien des choses à se dire, je pense…
    Il faut effectivement 10 % de la population pour défendre une idée, si on veut que l’idée entre dans les « conventions ».

  62. Ping : Éducation | Pearltrees

  63. Ping : Éduquer sans punir: une certaine vision de l’enfant et de la société | Les Questions Composent

  64. Ping : Maternage | Pearltrees

    • Je pense que ça peut être rassurant pour les parents de savoir que c’est normal qu’un bébé de quelques mois pleure sans qu’on réussisse à le calmer.
      Mais ce n’est pas parce que tous les bébés le font qu’ils ne souffrent pas. On ne sait pas trop ce qu’ils ressentent, mais il semble que pleurer soit une nécessité, sinon pourquoi le feraient-ils? En tous cas je pense que c’est très important d’être présent quand on a un bébé qui pleure, même si c’est dur.

      Certains disent qu’ils se « déchargent » de tensions accumulées pendant la journée, je pense qu’il y a du vrai même s’il y a peut-être aussi d’autres explications.

      À mon avis, il faut pas non plus extrapoler et se dire « c’est normal qu’un bébé pleure ». C’est courant qu’un bébé de 2 mois ait des épisodes de pleurs inconsolables, surtout le soir. Mais à mon avis un bébé de plus de 6 mois qui fait la même chose, ben je me poserais des questions. Et quel que soit l’âge du bébé, y a évidemment à se préoccuper de savoir s’il a pas faim, froid, chaud, sommeil, mal, couche à changer… S’occuper d’un petit bébé c’est épuisant.

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  66. Très intéressant article mais juste : « ce qui arrive assez peu souvent, si on en croit le site de la Leche League », ben ouais, il vont pas dire le contraire, c’est un lobby pro-allaitement, aux origines catho-conservatrices-américaines, qui ré-interprète à sa sauce les études et recommandations de l’OMS et culpabilise les mauvaises mères = qui n’allaitent pas. C’est dommage une source comme celle là, des tas d’autres sites de références fournissent des info sur l’allaitement sans faire la morale aux mères.

    • Je sais que la leche league est très pro-allaitement, mais je ne pense pas qu’ils culpabilisent les mères qui n’allaitent pas, étant donné que c’est une association qui fonctionne surtout sur la base de réunions auxquelles on est libres de ne pas aller, et d’animatrices qu’on est libres de ne pas appeler. Il me semble que leur mission est d’aider les femmes qui souhaitent allaiter et non pas de dire aux femmes si elles doivent allaiter ou pas. Bon après c’est sur que leur site est tourné très pro-allaitement, mais je n’ai jamais vu ça comme culpabilisant.

  67. Je suis absolument horrifier par les citations que tu as trouvé (et l’interview du pseudo pédiatre incitateur au viol).

    Mais en même temps, je n’ai pas été choqué. Enfin si, j’ai été choqué par la violence de leur mots et la rigidité de leurs opinions, mais pas par le fait que ces choses existent.

    La psychiatrie (et par extension la psychologie) sont, en plus de n’être que balbutiantes, considérées comme des sciences exactes alors que les sciences humaines sont dénigrées par les « sciences pures » car elle ne peuvent s’appliquer tout le temps. Pour avoir fait l’expérience de la psychiatrie, absolument tout ce que l’on fait est interprété en fonction des cases allouées au diagnostique d’entrée et à la vision du psychiatre chargé de votre dossier.

    Même si certains psy m’ont aidé (dans une certaine mesure) et uniquement parce que je les avait choisi (si il n’y a pas d’affinité/confiance une psychothérapie même « douce » risque de vous faire plus de mal que de bien – et il faut savoir que la première séance DOIT être gratuite afin de vous permettre de voir si il pourrait vous convenir, et bien sûr vous pouvez arrêter sans préavis), je me rappellerai toujours du premier psy que j’ai vu. Pour situer l’action, ma mère venait tout juste de fuir le domicile conjugal, et comme sa santé actuelle ne lui permettait pas de s’occuper de nous, et que nous n’avions jamais eu de lieu d’habitation stable (en moyenne un déménagement tout les deux ans car mon père se faisait virer et/ou démissionnait d’urgence) et que nous étions dans une belle maison qui nous plaisait, notre mère nous a laissé avec notre père. Ayant beaucoup de points communs avec ma mère, elle a compris que cette situation pouvait m’être néfaste (« l’avenir » lui a d’ailleurs donné raison) et m’a donc emmené chez un psy qui a conclu quasi-instantanément que mon (seul) problème était le divorce de mes parents (alors que je lui ai dit texto, la première fois qu’il a parlé du divorce : « non, le divorce me dérange pas, au contraire, je suis content qu’ils se séparent. »). Cet « entretien » n’a été qu’un simulacre de conversation, et au vu de son insistance, il a peut-être essayer de me (le ?) convaincre que le divorce me posait problème.

    J’espère que tes recherches n’ont pas été trop dur (car même si il est important de savoir contre quoi on se bat, c’est rarement agréable)

    • Oui, enfin, psychologie, psychiatrie et psychanalyse sont trois notions bien distinctes. Dans l’imaginaire collectif, le « psy » est forcément psychanalystes, alors que, heureusement, cette discipline n’est pas reconnue comme une science, à l’inverse des deux autres. Par ailleurs, seuls les psychiatres ont le statut de médecin et sont habilités à prescrire un traitement (dont la consultation d’un psychologue fait généralement partie).

      En pratique, hélas, les choses sont en réalité beaucoup moins tranchées : beaucoup de psychologues endossent subrepticement les deux casquettes, piochant allégrement dans le registre psychanalytique sans pour autant s’en revendiquer ouvertement.

      C’est en tout cas, sauf erreur de ma part, bien à cette école que l’Elfe se réfère dans le présent billet. Et je suis tout à fait d’accord, c’est terrifiant…

      • +1

        Mais historiquement, avant Freud (et tout ce qu’on peut en dire) la psychiatrie était plus une prison couplée à des expériences plus ou moins médicales (lobotomies, choc électriques…on parlait d’ailleurs d’asiles de fous). Freud soignait les hystéries par l’hypnose mais il est tombé sur un cas où cela n’avait aucun effet et a créé la psychanalyse. C’est de cette psychanalyse (entre autre car il y a aussi l’endocrinologie et les avancées en imagerie médicales) que découle les « thérapies psychologiques » actuelles.

        • Freud a surtout su VOLER, COPIER et compiler … Avant de « percer » en créant la psychanalyse, il s’était copieusement vautré dans une foultitude de recherches tout aussi délirantes … il n’a pas hésité à retourner sa veste en cours de route – faisant passer la « faute » de l’inceste du père à l’enfant (c’est évident que les enfants ont envie de se faire sauter par leur père) et collant toutes les fautes sur le dos de l’enfant. Merveilleuse technique pour dédouaner SON père incestueux …

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  70. Naouri est vraiment un malade. Par contre, je suis d’accord sur le fait que les enfants sont des petits monstres de naissances mais aussi des petits anges. Laissez un enfants faire ce qu’il veux et à 3 ans, il serais capable de pousser violamment un autre enfant pour lui voler ses bonbons. Sauf que c’est par pur égoisme et non pour faire souffrir l’autre enfant.

  71. Alors…. le fantasme de toute puissance est justement cela: un fantasme, qui nie l’impuissance totale de l’enfant. D’autre part, un mot qui revient très souvent dans les écrits de Freud sur les premiers temps de la vie est le mot « détresse » (je n’ai plus le terme exact en allemand, mais c’est exactement la détresse)
    Ton article me fait me poser la question suivante: dans quelle mesure la psychanalyse/psychologie reprend le mythe de la « pédagogie noire » très en vogue depuis le 19e siècle? (à savoir l’idée que l’enfant doit être dressé pour extirper le mal qui est en lui. Le terme de « pédagogie noire » a été introduit par Alice Miller dans « C’est pour ton bien. Les racines de la violence dans l’éducation de l’enfant »)
    Sinon, il me semble que Sandor ferenczi te plairait… c’était un contemporain de freud, qui a repensé la place du traumatisme en psychanalyse (particulièrement pour les enfants, et les femmes violées) la lecture de son « Journal clinique » notamment, est vraiment assez extraordinaire (ainsi que l’article « réflexions sur le traumatisme » et « confusion de langue entre les adultes et l’enfant »)

  72. Je suis une enfant qu’on n’a pas prise dans ses bras.
    Je suis une enfant qu’on a laissée pleurer, toute seule, jusqu’aux hurlements de détresse, jusqu’à ce qu’elle en ait mal à la tête, souvent. Trop souvent.

    Je suis devenue un panier de tristesse qui se promenait dans le monde sans savoir quoi faire de tout ce poids.

    Je suis une adulte qui dépense une heure et des dizaines d’euros de thérapie par semaine pour essayer de guérir tout ça.

    S’il vous plaît, prenez vos enfants dans vos bras.
    Ils sont seuls, ils ont peur, ils ne comprendraient pas pourquoi être punis – livrés à eux-mêmes, abandonnés – quand ils se sentent tristes, blessés ou en colère.

    Tout ce qu’ils vont comprendre, c’est que leur tristesse ou leurs autres émotions ne sont pas légitimes.
    Tout ce qu’ils vont faire, c’est les enfouir au fond d’eux et les garder, comme un poids de plus en plus lourd à porter au fil des années. S’ils ne finissent pas par s’écrouler totalement, ils vont en souffrir toute leur vie.

    S’il vous plaît, prenez vos enfants dans vos bras. Dites-leur que vous les aimez. Ne le faites pas pour moi, pour moi c’est un peu tard. Faites-le pour eux. Merci.

  73. Il y a déjà beaucoup de com. Juste pour dire que concrètement ma fille de 23 mois encore allaitée est super autonome et dégourdie alors que j’ai toujours accouru à ses pleurs. Voir les travauxvde Boris Cyrulnik sur le sujet.

  74. Je n’avais pas lu cet article, tiens.
    *lit*

    Oh putain. Ces psys sont complètement tarés. J’ai eu raison d’hésiter à en voir un, décidément ! Cette image de « bébé monstrueux » me donnerait presque des idées de YTP !
    Non, sérieusement. SÉRIEUSEMENT ?
    Lauren, si je ne connaissais pas ton blog, je hurlerais au fake concernant ces affreux extraits pseudo-scientifiques-psycho-pouet-pouet.. J’ai décidément trop foi en l’humanité. Peut-on vraiment écrire de telles conneries ? O.o
    Et puis, la théorie par le viol… Comment peut-on oser écrire ça ?!
    *prend son fusil à pompe*
    Excusez-moi, je dois rendre visite à un certain Naouri.
    PS : Tout ça me fait penser à l’époque où j’avais cours de philo toutes les semaines. On nous disait que c’était pour nous apprendre à réfléchir par nous-mêmes. Encore une bonne manière d’instrumentaliser les gens : leur faire croire qu’ils réfléchissent. En utilisant des mots et des phrases hyper compliqués parce que si c’est compliqué, c’est intelligent. J’avais bien aimé étudier Freud, d’ailleurs. Mais c’était avant que je ne découvre ton blog… et avec, des trucs qu’on nous avait pas dits à propos de Freud.^^
    ‘fin là, je ne fais que répéter des évidences. Mais ça rappelle des souvenirs, tout ça.^^
    PPS : Si je ne m’abuse, on écrit « ne le prends pas », avec un S. Ma rétine a un peu tressauté. ;-)

    • Je te conseille vraiment « le livre noir de la psychanalyse » si le sujet t’intéresse

  75. Merci infiniment pour cet article.

    Je suis revenue de la psychanalyse et de ce cher freud – tellement tordu …

    mais ses successeurs ne valent pas mieux !

    Connaissez vous cela ? de la part de cette chère dolto, qui aimait tellement les enfants …

    « DOLTO : Dans l’inceste père fille, la fille adore son père et est très contente de narguer sa mère !

    QUESTION : Et la responsabilité du père ?
    DOLTO : C’est sa fille, elle est à lui. Il ne fait aucune différence entre sa femme et sa fille, ou même entre être l’enfant de sa femme ou bien le père de sa femme. La plupart des hommes sont des petits enfants.
    …/…
    Alors la responsabilité du père à ce niveau …

    QUESTION : Donc la petite fille est toujours consentante ?
    DOLTO : Tout à fait.

    QUESTION : Mais enfin il y a bien des cas de viol ?
    DOLTO : il n’y a pas de viol du tout. ELLES SONT CONSENTANTES.

    QUESTION : Quand une fille vient vous voir et qu’elle vous raconte que dans son enfance, son père a coïté avec elle et qu’elle a ressenti cela comme un viol, que lui répondez vous ?
    DOLTO : Elle ne l’a pas ressenti comme un viol. Elle a simplement compris que son père l’aimait et qu’il se consolait avec elle, parce que sa femme ne voulait pas faire l’amour avec lui.

    QUESTION : D’après vous il n’y a pas de père vicieux et pervers ?
    DOLTO : Il suffit que la fille refuse de coucher avec lui, en disant que cela ne se fait pas, pour qu’il la laisse tranquille.

    QUESTION : Il peut aussi insister ?
    Pas du tout parce qu’il sait que l’enfant sait que c’est défendu. Et puis le père incestueux a tout de même peur que sa fille parle. En général la fille ne dit rien, enfin pas tout de suite. »
    … … …

    Interview de F.Dolto, Revue CHOISIR, novembre 1979

    • ça fait peur, surtout avec la réputation que Dolto a comme super respectueuse des enfants…

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  78. Je trouve le sujet très vrai et indignant cependant il serait de bon ton de faire la différence et de ne pas mettre tous les « psys » dans le même sac. La psychanalyse est une approche, l’approche humaniste ou développementale par exemple en sont d’autres et ne partagent pas ces discours. Discréditer l’ensemble des psy sans distinguer leur pratique est je pense une grosse erreur qui pourrait conduire des personnes en souffrance à ne pas oser chercher de l’aide auprès de professionnels.

  79. Attention, la psychanalyse, ce n’est pas un seul courant ni une seule façon de penser. Mélanie Klein a effectivement une vison très étrange du nouveau-né, cet ogre agressif. Mais si on lit Winnicott par exemple, le regard change totalement. On lui doit quand même la notion de « mère suffisamment bonne  » (qui comme beaucoup de théories psychanalytiques ont été dévoyées par des gens qui n’y comprennent rien). La mère suffisamment bonne, c’est l’adulte qui s’occupe le plus du nouveau-né (en général, il s’agit de la mère, même encore aujourd’hui, patriarcat oblige), qui se doit d’être assez bon-ne avec ce bébé : assez à l’écoute de ses besoins, non seulement premiers (manger, avoir chaud), mais aussi le besoin de tendresse, de protection. Si Winnicott écrit que cet adulte doit être « suffisamment bon-ne », c’est parce que, d’une part, il ou elle ne sera jamais parfait-e et c’est bien normal, et que d’autre part, son imperfection est aussi utile au développement du bébé (qui peu à peu doit apprendre la frustration, mais pas trop tôt, ni trop vite).

    En règle générale, attention à tout discours qui tente de faire de la psychanalyse un discours normatif et prescriptif. Freud lui-même disait déjà que la psychanalyse est descriptive. Elle ne dit pas ce qui doit être, mais tend à analyser ce qui se passe dans l’inconscient des individus dans une société donnée. Sous cet angle, les théories freudiennes sont un formidable outil d’analyse du patriarcat (lire à ce sujet Psychanalyse et féminisme, de Juliet Mitchel).

    Sinon, je suis totalement d’accord avec toi quant à cette vision de l’éducation des enfants qui consiste à les forcer le plus vite possible à l’autonomie. Lorsque je vois comment sont élevés les enfants dans la culture rom, je trouve cela tellement plus sain. Ils et elles tètent jusqu’à la naissance du/de la suivant-e, dorment dans le lit de leurs parents jusqu’à ce que, arrivé-e-s à un âge plus mature, ils et elles demandent eux/elles-mêmes à avoir leur propre lit (et tous les enfants Roms, entre 6 et 10 ans, finissent par demander à avoir leur propre lit !), et ne vont pas à l’école avant 6 ou 7 ans (là aussi, souvent à leur demande). Finalement, contrairement aux discours alarmistes de certain-e-s, il apparaît que ces enfants s’autonomisent très bien (je les trouve même plus débrouillard-e-s que les petits gadje, sans doute parce qu’elles et ils n’ont pas à dépenser une part de leur énergie psychique dans la lutte contre l’angoisse de séparation).

    • Désolée pour les généralités par rapport à la psychanalyse et aux psys. Je garde quand même une certaine méfiance des psys mais je n’écrirais pas cet article exactement de la même façon aujourd’hui. Je voulais surtout dénoncer, non pas « les psys » ou « la psychanalyse », mais un certain courant qui a tendance à imprégner l’esprit de beaucoup de personnes.

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