Non, les hommes* n’avortent pas.

« Aucun degré d’empathie ne peut remplacer l’expérience. Compatir n’est pas pâtir » (Christine Delphy)

Rue89 a publié un article ayant pour titre « les hommes avortent aussi, personne ne s’en soucie« , sous la plume de Frédéric Leclerc-imhoff. Je suis choquée et agacée par cet article, rien que le titre est dérangeant. Non, rue89, les hommes cis n’avortent pas.

Si je parle de cet article néanmoins, c’est que tout n’est pas à jeter. Le problème c’est qu’on ne peut pas en extraire le peu qu’il y a à sauver, sans remettre en cause la structure même de l’article et tout le système de pensée qui est derrière.

Je voudrais, tant que faire se peut, être parfaitement juste. Non, les femmes ne font pas des enfants toutes seules. Oui, les hommes peuvent souffrir lors d’une grossesse non désirée dont ils sont coresponsables. Oui, ce que ressentent les hommes coresponsables d’un avortement est peu pris en compte, presque jamais mentionné, et c’est quelque chose qui mériterait qu’on se penche dessus un peu plus. Et surtout: Oui, toute souffrance quelle qu’elle soit doit être prise en compte, sans nécessairement être comparée à d’autres formes de souffrance. Enfin, on peut hasarder qu’avec les avancées dues au féminisme, les hommes cis se sentent un peu plus concernés par la grossesse et l’avortement.

Voilà pour ce qu’il y a à sauver de l’article. Je vais maintenant me pencher sur ce qui ne va pas dans cet article, et croyez-moi, la liste sera beaucoup plus longue. Je fais d’ailleurs appel à vous, lecteurs et commentateurs, pour la compléter en disant ce qui vous a choqué dans cet article, car il y a tellement de choses dérangeantes que je vais surement en oublier !


1) Non, les hommes* n’avortent pas.

Le titre de l’article est révoltant. Non, les hommes ne tombent pas enceints et n’avortent pas. Avorter ne revient pas uniquement à supprimer un embryon portant la moitié de ses gènes. Avorter c’est surtout quelque chose qui se passe en soi, dans son corps. Faire des enfants, c’est totalement différent pour les hommes et les femmes en tant que processus biologique. Qu’ils le déplorent ou au contraire s’en réjouissent, les hommes ne tombent pas enceints, ils n’en connaissent ni les joies, ni les peines. Sans partir dans l’essentialisme, cela change beaucoup de choses. Car, comme le dit Christine Delphy(1), compatir n’est pas pâtir. Ca ne veut pas dire qu’un homme  ne peut pas s’impliquer dans une grossesse dont il est le géniteur, ou soutenir une femme dans un avortement. Mais je trouve ça absurde et presque insultant de dire ou de sous-entendre que, parce que l’embryon / le foetus / l’enfant porte la moitié de ses gènes, cela revient à faire l’expérience de la grossesse ou de l’avortement comme si cela se passait dans son corps. L’implication n’est pas et ne sera jamais la même. Ce n’est ni la faute des hommes, ni celle des femmes, c’est comme ça. Avec toute la meilleure volonté du monde, nous ne serons jamais égaux sur le plan biologique en ce qui concerne la reproduction, on peut tendre vers un maximum d’égalité au niveau de la société et des droits, mais pour cela il est justement nécessaire de tenir compte de nos différences (et pas seulement des différences entre hommes et femmes d’ailleurs, tous les individus sont différents). On ne donne pas le même soutien et la même écoute à un homme qu’à une femme lors d’un avortement, de la même façon qu’on ne donne pas le droit de vote à une poule ou à un bébé de 3 mois, même si on leur accorde à tous l’exacte même considération.

Bien sur, toute les femmes ne connaîtront pas forcément la grossesse ou l’avortement au cours de leur vie. Mais presque toutes risquent d’en faire l’expérience. Et le simple fait de courir ce risque c’est déjà une différence entre les hommes et les femmes que l’on doit prendre en compte. Ca ne veut pas dire que le risque de provoquer une grossesse (désirée ou non) n’existe pas pour les hommes, mais tout le monde sait bien que ce n’est pas la même chose et qu’il n’est pas vécu de la même façon. D’ailleurs selon le sexe, les attitudes peuvent être bien différences face au risque, mais j’y reviendrai.

On pourrait penser que le titre est simplement maladroit, mais de nombreux éléments de l’article semblent aller dans le sens d’une absence de considération de ces différences biologiques entre hommes et femmes. Peut-être la seule différence biologique significative entre les hommes et les femmes: la reproduction. C’est dommage de l’ignorer alors qu’on n’arrête pas d’en inventer d’autres qui elles n’ont aucune réalité concrète…

Mais l’ « oubli » des différences entre avorter pour une femme et être coresponsable d’un avortement pour un homme, c’est encore le travers de l’article le plus évident. Malheureusement, d’autres points sont tout aussi problématiques et beaucoup plus insidieux.

2) L’IVG pour les femmes: un droit fragile et sans cesse menacé

Tout l’article semble dire: il n’y en a que pour les femmes, les femmes ont le droit d’avorter et d’être soutenues, accompagnées, et nous les mecs on n’a rien…

Minute papillon. Depuis quand l’avortement est facile, accepté par tous et toutes dans la société, accompagné, aisé, sans risques, sans problèmes pour les femmes? Ce n’est pas le cas. D’abord il faut rappeler que le droit à l’avortement a été durement conquis à travers des luttes féministes qui se sont longuement heurtées aux exigences de contrôle de l’état et de l’église sur le corps des femmes. Il faut saluer ces femmes et ces hommes qui se sont battus pour que cessent les grossesses forcées, les avortements dangereux au persil, aux aiguilles, au vinaigre, à la vodka et j’en passe, les curetages à vif, les décès de femmes et de nouveau-nés…  Nous ne devons pas oublier que les hommes n’ont pas accordé gentiment aux femmes le droit d’avorter mais qu’il a été conquis de haute lutte(2).

Mais surtout, le droit à l’avortement pose toujours question. Avorter est loin d’être aussi simple et facile pour les femmes que l’article le sous-entend ! Outre que l’avortement est quelque chose dont les femmes font l’expérience dans leur corps, dans leur chair, c’est un acte lourdement stigmatisé, encore frappé par la honte, l’humiliation, la culpabilité, et par de nombreux interdits. Un petit historique s’impose(2).

La loi Veil de 1975 n’a pas dépénalisé l’avortement. Il demeurait alors un crime et de plus toute publicité ou propagande pour l’IVG était encore passible d’emprisonnement. L’avortement n’était autorisé que dans le cadre d’une structure médicale et pour les femmes « en situation de détresse ». La loi Veil plaçait en fait cette pratique sous le contrôle de l’état et des structures médicales, avec de nombreuses obligations et contraintes pour les femmes désirant y avoir recours. Bien que l’avancée soit très importante, on était loin du contrôle par les femmes de leur propre corps. Si bien que des militantes du MLAC (Mouvement de Libération de l’Avortement et de la Contraception) seront condamnées en 1977 pour avoir pratiqué des avortement illégaux. De 75 à 79, de nombreuses femmes se voient refuser l’autorisation d’avorter par les nouveaux services IVG. La situation s’améliore petit à petit, mais quand les autorisations sont données plus facilement, les moyens techniques ne permettent pas de réaliser assez d’IVG, si bien que des femmes se rendent encore en Angleterre pour avorter.

L’avortement ne sera remboursé qu’en 1982 et ne sera pas dépénalisé avant 2001. C’est-à dire qu’un avortement non conforme à la loi ne sera plus un crime mais un délit. Plusieurs avancées sont obtenues en 2001 : notamment, les mineures peuvent avorter sans l’accord de leurs parents, les étrangères sans papier peuvent avorter, deux semaines sont ajoutées au délai légal (porté à 12 semaines), les démarches sont un peu simplifiées, la stérilisation est légalisée. En revanche, plusieurs problématiques demeurent: carence de formation des personnels médicaux, peu de moyens mis en œuvre pour pratiquer les IVG, délais trop longs, refus de nombreux médecins de pratiquer l’acte en particulier sur des mineures…

A l’heure actuelle, l’IVG est loin d’être un simple acte anodin. D’abord l’IVG n’est pas anodine puisque il s’agit de décider de mettre ou non fin à une grossesse, ce qui est une décision importante et qui touche chaque femme différemment selon sa vision de la maternité, de la grossesse, de son corps, de sa fécondité, etc. Mais surtout, les démarches restent pas si évidentes que ça, les délais pour obtenir un rendez-vous et le délai de réflexion obligatoire pouvant poser problème en cas de découverte tardive de la grossesse. Surtout, l’acte est lourdement stigmatisé. On continue à nous rebattre les oreilles avec le droit à naître de « l’enfant » et les « droits du fœtus » alors que les délais légaux en France ne permettent d’avorter qu’au stade embryonnaire et pas au stade fœtal (et un fœtus n’est pas un « enfant », un embryon encore moins). On nous martèle que l’IVG est forcément traumatisante et même quand on dit, comme je viens de l’écrire ci-dessus, que « ce n’est pas un acte anodin » , on sous-entend bien trop souvent que c’est nécessairement quelque chose d’un peu honteux, sale, immoral, que c’est destructeur psychologiquement pour la femme, en oubliant de préciser que mener une grossesse et avoir un enfant n’est pas anodin non plus (à titre personnel je trouve ça carrément moins anodin…) et que ça doit être une décision prise librement, sans pressions psycho-moralisatrices d’aucune sorte. Or, l’IVG pratiquée dans les 14 premières semaines de grossesse comme c’est le cas en France n’est ni immorale, ni honteuse, ni forcément traumatisante. C’est une décision importante certes, et c’est justement pourquoi elle doit être libérée de toute la culpabilité et la stigmatisation qui pèsent dessus.

propagande anti-ivg?

Publicité parue dans le Nouvel Observateur, émise par la Fondation Jérôme Lejeune connue pour ses positions anti-IVG.

Les entraves à l’avortement restent nombreuses; le droit à l’IVG est encore fragile et sans cesse menacé. On voit dans les médias des expressions comme « IVG de confort » (?), ou bien « récidive » comme si c’était quelque chose de mal. Une femme qui avorte est censée être forcément blessée dans son Très Nécessaire et Naturel désir de devenir mère (mais toutes les femmes ne veulent pas devenir mères, certaines pas à ce moment-là, d’autres jamais!). Les femmes doivent souvent se justifier, surtout si elles avortent plus d’une fois (rappelons que l’IVG n’est toujours ouverte selon la loi qu’aux femmes « en situation de détresse »…) Beaucoup se plaignent de l’accueil qui leur est fait en centre médical. Le personnel hospitalier peut se montrer froid, voire moralisateur, culpabilisant, dans un contexte où la femme désirant avorter peut se sentir particulièrement vulnérable; heureusement, ce n’est pas toujours le cas, mais ce n’est pas non plus exceptionnel. Certains médecins peu scrupuleux sont même allé jusqu’à faire croire à des femmes qu’elles faisaient une fausse couche afin qu’elles ne poursuivent pas les démarches et finissent pas dépasser les délais légaux. C’est arrivé à cette personne, qui a été très maltraitée et humiliée par plusieurs membres du personnel médical lors de ses avortements. Il existe également des organismes opposés à l’IVG usant de méthodes infâmes pour essayer de dissuader un maximum de femmes d’avorter, n’hésitant pas à désinformer de façon honteuse, manipuler, culpabiliser, et outrepasser largement les limites de l’irresponsabilité.

Alors quand l’article de Frédéric Leclerc-imhoff sur rue89 nous présente un tableau complètement binaire de l’avortement dans lequel les femmes seraient accompagnées, soutenues, écoutées, et les hommes vilement ignorés, je me fâche. Si les hommes sont mal accompagnés dans l’expérience de l’IVG, c’est peut-être tout simplement parce que l’accompagnement est très précaire et peu adapté pour tout le monde, et non pas par pure misandrie des acteurs de l’avortement qui auraient oublié que les hommes procréent aussi.

3) Les hommes et l’IVG: une responsabilisation difficile

Un autre sous-entendu très fort de l’article est que tous les hommes se sentent nécessairement concernés par l’avortement. L’auteur proclame: « « Courage, fuyons », c’était avant« . La faible présence des hommes auprès des femmes désirant avorter ne serait donc qu’un résultat de l’égoïsme de ces dernières, ou de la misandrie d’une société qui met les pauvres hommes à l’écart comme s’ils n’étaient pas concernés par l’IVG et la grossesse.

Or, si les hommes sont peu concernés par l’IVG, c’est surtout parce que ce sont les grands privilégiés dans l’histoire. C’est peut-être vrai que les hommes se sentent un peu plus concernés qu’avant par la grossesse et l’IVG des femmes avec qui ils ont des rapports sexuels: ce serait une des nombreuses avancées que le féminisme a permis d’obtenir. Mais il ne faut pas non plus exagérer. L’article manque de données fiables qui permettraient de mieux évaluer dans quelle mesure les hommes sont davantage qu’autrefois concernés par ces problématiques, et il n’hésite pourtant pas à aller dans le sens d’une véritable révolution: tous les hommes seraient gravement concernés par leur éventuelle progéniture, par les problèmes des femmes qui avortent… Honnêtement, je pense qu’on est bien loin de la réalité. Quand un certain Gabriel témoigne dans l’article que pour une douzaine d’avortements ils n’étaient que deux hommes présents, il faut peut-être se demander pourquoi, au lieu de dédouaner immédiatement les 10 géniteurs absents ce jour-là comme si leur absence était purement la faute des femmes ou du système hospitalier. Pire, l’article présente les hommes peu présents comme des victimes, alors qu’on peut se dire au contraire qu’ils sont bien tranquilles, qu’ils n’ont pas à se faire chier à subir les démarches pour l’IVG, l’acte en lui-même, et tous les problèmes qui vont avec, alors qu’ils sont coresponsables de la grossesse des femmes… Parfois même responsables à 100% puisque, rappelons-le, le viol est encore un problème statistiquement préoccupant (75 000 viols par an en France). D’après cet article du nouvel obs, pas loin d’une IVG sur quatre (23%) serait le résultat de violences infligées par des hommes, principalement les conjoints des femmes qui avortent.

Dans la mesure où il est exact qu’on a tendance à écarter les hommes de tout ce qui touche à la procréation, il ne faut pas oublier que cette tendance existe à cause du système social qui colle aux femmes le rôle de reproductrices, c’est à dire le patriarcat. Autrement dit, les femmes se coltinent tout ce qui touche à la grossesse et à l’IVG parce que c’est leur corps qui est concerné mais aussi parce que c’est leur rôle social que de s’occuper des problèmes de reproduction. Les hommes sont les dominants de ce système et parmi leurs privilèges il y a celui de ne pas toujours avoir à faire face à leurs responsabilités en cas de grossesse non désirée, ainsi qu’en matière de contraception. On peut se réjouir que certains hommes assument leur responsabilité, c’est à mon avis la moindre des choses, mais il ne faudrait tout de même pas oublier ceux qui ne le font pas et surtout, ne pas oublier pourquoi.

En effet, même quand des hommes voudraient, avec toute la bonne volonté du monde, se préoccuper de leurs responsabilités dans la procréation, leur tâche n’est pas aisée car tout est fait pour que ce soit les femmes qui s’occupent de ces choses-là. Le même Gabriel se sent coupable d’avoir entrainé une grossesse non désirée, mais il précise néanmoins que le problème est l’oubli d’une pilule de la part de sa compagne. Cependant, l’article omet totalement de s’interroger sur le fait que la contraception soit presque exclusivement confiée aux femmes. Or, si la contraception orale pour hommes n’existe pas, ce n’est pas uniquement à cause de contraintes biologiques. La recherche sur les contraceptifs masculins a toujours été très marginale et peu développée, le peu de tentatives qui ont été faites ont rencontré aussi bien des difficultés matérielles (absence de financement) que culturelles. On a souvent dit que les hommes ne voudraient jamais prendre un contraceptif et que donc ce n’était pas la peine de développer ces techniques. On insiste énormément sur le fait que la « pilule pour homme » devrait absolument laisser intacte la libido masculine, sans se soucier que plusieurs contraceptifs oraux pour femmes affectent la libido féminine, entre autres problèmes, et personne ne s’en affole plus que ça. On suppose que les hommes ne voudront jamais prendre des contraceptifs, tout en brandissant la pilule comme un outil formidable d’émancipation pour les femmes. Certes, l’accès à la contraception orale pour les femmes a été un progrès, mais il a aussi permis de déléguer presque exclusivement la responsabilité de la procréation aux femmes, tandis que les hommes s’en désintéressaient. Et pour cause: ce ne sont pas eux qui risquent de subir les effets d’une grossesse non désirée ! On en revient au point 1: les hommes n’avortent pas, et ça change beaucoup de choses.

L’article est très sournois quand il évoque le cas d’un homme dont la petite amie passagère refuse qu’il l’accompagne lors de son IVG. Sans évoquer des cas de figures différents, par exemple où la femme voudrait être accompagnée et où l’homme refuserait, il laisse entendre que si les hommes ne sont pas présents auprès des femmes qui avortent, c’est parce que les femmes les tiennent à l’écart. Or, beaucoup d’hommes savent bien se tenir à l’écart tout seuls simplement parce qu’ils ne se sentent pas concernés et que ça les emmerde. Parce qu’ils ne sont pas obligés de faire face à leurs responsabilité, contrairement aux femmes. De plus, la jeune fille en question (qui n’a pas de prénom, contrairement à Nicolas, d’ailleurs seuls les hommes de l’article ont droit à un prénom…) semble presque égoïste de n’avoir pas voulu que Nicolas l’accompagne, d’avoir voulu prendre cette décision sans cet homme qu’elle ne connaissait que depuis un mois. Dans ce passage, il accuse carrément les femmes de déresponsabiliser les hommes, c’est le monde à l’envers!

(…) avec des arguments d’autorité comme : “Tu ne peux pas comprendre, ce n’est pas dans ton corps”, les hommes se déresponsabilisent un peu.

Ben voyons. C’est certainement la faute des femmes si elles sont cantonnées aux rôles de reproductrice ou d’objet sexuel, si elles doivent assumer l’entière responsabilité de la contraception (ou pas loin) et si elles se retrouvent souvent toutes seules lors des avortements. Comme c’est systématiquement de leur faute si les hommes ne s’occupent pas des jeunes enfants ni des tâches ménagères. Pauvres hommes !

En attendant de nombreuses femmes se retrouvent seules lors de leurs IVG parce que les hommes avec qui elles ont eu des rapports sexuels se contrefoutent de ce qui leur arrive et de leur responsabilité. La culpabilisation dont elles sont parfois victimes dans le cadre de l’IVG écarte d’ailleurs totalement la responsabilité de l’homme qui les a mises enceintes, comme si elles s’étaient faites un enfant toute seule.

4) Le contrôle du corps des femmes: jusqu’où peut aller le droit du géniteur sur l’embryon?

Finalement le plus révoltant dans l’article, et ce qui le fait dangereusement pencher du côté du masculinisme, c’est qu’il remet insidieusement en question le droit des femmes à décider de mener ou non une grossesse à terme. Il y a d’abord une totale négation du fait que l’IVG concerne prioritairement et principalement les femmes (cis). Notamment quand Nicolas ajoute:

(…)les hommes se déresponsabilisent un peu. On est relégué à pas grand-chose : “T’es qu’un mec”. »

Il y a un refus d’admettre et d’accepter que certains sujets concernent avant tout les femmes et doivent rester des problèmes de femmes. Comme je l’ai dit ci-dessus (point 3), l’IVG concerne principalement les femmes parce qu’elles sont culturellement assignées aux problèmes de procréation. Mais quand bien même ce ne serait pas le cas, même dans une société paritaire, l’IVG concernerait avant tout les femmes (cis) puisque c’est de leur corps qu’il s’agit(3). Tout comme les problèmes autour de la grossesse et de l’allaitement sont avant tout des problèmes de femmes (ce qui n’empêche pas que les hommes s’y impliquent et s’y intéressent, bien sur). Or, l’article refuse d’admettre cela. Il y a une dangereuse  tendance masculiniste à vouloir que tout concerne les hommes, à exiger qu’on parle toujours des hommes et de leurs problèmes même lorsqu’on aborde des sujets spécifiquement féminins ou presque. Bien sur on peut tout à fait écrire un article sur le thème de l’IVG telle que vécue par les hommes, puisqu’en tant que géniteurs et pères potentiels, ça les concerne aussi. Mais de là à nier totalement que l’IVG concerne avant tout les femmes, il y a un fossé. Fossé allègrement franchi… Dès le titre.

Puis plus on avance dans l’article, moins on comprend le point de vue de l’auteur. D’un côté, il semble admettre que ce n’est pas la même chose de vivre une grossesse ou une IVG dans son corps ou d’en faire vivre à quelqu’un (merci…), d’un autre côté il refuse que les femmes soient les premières concernées. Puis les témoignages louvoient entre affirmation que la décision d’avorter ou non revient aux femmes et que c’est tant mieux, et regrets par rapport au manque de pouvoir des géniteurs sur cette décision…

J’ai eu l’impression de ne pas avoir été consulté une seule fois. Comme c’est elle qui portait l’enfant, je n’ai pas eu mon mot à dire. Sa famille avait plus de poids que moi. J’ai ressenti ça très violemment. Elle m’avait demandé mon avis, mais n’en avait pas tenu compte.

Andréas se sent « dépossédé » (sic). De quoi? L’article ne le dit pas. Il est dépossédé tout court. Dépossédé… De la décision d’avorter? Mais puisque cette décision au final ne lui revient pas, on ne peut l’en déposséder. De l’embryon? Idem, il ne possède pas cet embryon. On peut se demander aussi ce qu’il entend exactement par « Elle m’avait demandé mon avis, mais n’en avait pas tenu compte.« . Que veut-il dire quand il affirme qu’elle n’a pas tenu compte de son avis? Qu’il voulait qu’elle poursuive la grossesse, et qu’elle a préféré avorter? Je ne vois pas d’autre explication. Soit elle avorte, soit elle n’avorte pas. Je vois mal comment on peut avorter en « tenant compte de l’avis » de l’homme qui ne veut pas qu’on avorte. Andréas se plaint donc que la décision au final soit revenue à sa copine et pas à lui, mais sans le dire clairement. Comme souvent, l’idéologie masculiniste passe par des sous-entendus, des non-dits, et affirme insidieusement la nécessité du pouvoir des hommes sur les corps des femmes

5) Les hommes et l’IVG…

Au final, après avoir lu cet article, je pense qu’il est nécessaire de réaffirmer que la décision d’avorter ou non doit revenir aux femmes. Ni les hommes, ni les femmes ne sont responsables de l’injustice biologique qui fait qu’elles seules peuvent porter des enfants. Il est donc inutile de chercher une égalité de fait sur ce point. Les femmes et les hommes sont inégaux en matière de procréation, et la façon la plus appropriée de tendre vers un maximum d’égalité, c’est à la fois de responsabiliser les hommes par rapport à la procréation (sans toutefois insinuer comme le fait l’article que ce sont les femmes qui les déresponsabilisent…) et laisser aux femmes la décision de mener ou non une grossesse puisque c’est elles qui sont concernées avant tout. Une grossesse n’est pas quelque chose d’anodin, c’est au minimum un bouleversement du corps, et personne ne devrait se voir imposer cette expérience.

Toutefois il est vrai que les hommes peuvent se sentir parfois pris en otage. Pour un homme, voir une femme mener à terme une grossesse dont on est le géniteur et qu’on ne désire pas, ce n’est bien sur pas comparable avec le fait d’être soi-même forcée à porter un enfant. Mais je veux bien admettre que ce soit perturbant, que ça puisse représenter une souffrance. A l’inverse, un homme peut souffrir de voir sa compagne avorter alors qu’il aurait aimé avoir un enfant. Je pense que la suggestion de l’article de mettre en place une écoute pour les hommes coresponsables d’une IVG n’est pas idiote, même si elle est mal amenée. De plus, je pense que les femmes pourraient effectivement consulter et informer les hommes lorsqu’elles veulent mettre au monde leur enfant ou au contraire interrompre une grossesse, même si au final la décision doit revenir aux femmes.

Reste la question épineuse de savoir quoi faire en cas de désaccord. Au risque de choquer, je pense qu’il serait parfaitement injuste d’obliger un homme à assumer un rôle de père dont il ne veut pas, sous prétexte qu’il est le géniteur de l’enfant. D’un autre côté, comme je l’ai expliqué ci-dessus, de nombreux hommes ont un peu trop tendance à se contrefoutre totalement des problèmes de contraception et d’IVG et à agir comme s’ils n’étaient pas capable de procréer… Un peu facile ensuite de dire qu’ils n’y peuvent rien et qu’ils ne veulent pas d’enfant: un enfant, ça se fait à deux. A quand l’égalité en terme de contraception et IVG? Et chacun aura compris que l’égalité dans ce cas ne veut pas dire que tout le monde doit être traité de la même façon.

égalité et justice ?

 *Les hommes cis, évidemment. Je m’excuse d’avoir écrit cet article d’une façon aussi cissexiste à l’époque. J’espère avoir le temps de le réécrire d’une façon plus inclusive…

(1) C. Delphy, Un universalisme si particulier : féminisme et exception française

(2) A ce sujet, je ne saurai trop vous conseiller la lecture de cet ouvrage gratuit: Avorter, Histoires des luttes et des conditions d’avortement des années 1960 à aujourd’hui, collectif IVP, éditions tahin-party.

(3) Du moins ça concernerait principalement les gens capables d’être enceints donc une grande partie des femmes cis et certains hommes trans.

195 réflexions au sujet de « Non, les hommes* n’avortent pas. »

  1. Merci pour cet article, qui soulève de nombreux points qui m’ont également dérangée à la lecture de l’article paru sur Rue89… Quelques remarques en passant :

    * dans la 2e partie, tu écris « Or, l’IVG pratiquée dans les 14 premières semaines de grossesse comme c’est le cas en France n’est ni immorale, ni honteuse, ni forcément traumatisante.  »
    En fait c’est 12 semaines de grossesse, ou 14 semaines d’aménorrhée.

    * concernant le mensonge de praticiens peu scrupuleux, ce témoignage est également édifiant…
    http://www.madmoizelle.com/avortement-eve-149639

    * sinon, pour le fait que seuls les prénoms masculins apparaissent est effectivement troublant, je ne l’avais pas relevé…

    Globalement, il est déplorable l’IVG reste un « problème », un sujet tabou, une honte… Comme de nombreux sujets liés à la sexualité (contraception notamment). Quand la parole sera réellement libérée sur ces sujets on aura fait un grand pas… En attendant, déplorer le manque d’accompagnement des hommes sans évoquer la situation loin d’être enviable des femmes, ça n’a pas de sens.

  2. Haaaa merci pour cet article, j’avais failli bouffer mon ordi en lisant celui de rue89 !
    Non les hommes n’avortent pas.
    Je vais redonder, hophop :
    S’ils ne veulent pas procréer, dans le cas où il y aurait un pépin de contraception chez la partenaire, ou que cette dernière ne soit pas au clair avec cette question, la solution est de prendre en charge soi-même la contraception (merci le préso!), et tant qu’on y est, de militer pour que la recherche en ce sens et l’expansion soit enfin d’actualité.
    Les hommes qui geignent qu’on leur a ‘fait un enfant dans le dos’ selon l’antique expression ne réveillent en moi aucune compassion.
    Ceux qui en revanche veulent un/des enfants à l’inverse de leur partenaire ont aussi une solution: discuter, attendre, changer de partenaire, se faire une raison (you can’t always get what you want).

    • Bien que je sois totalement en phase avec cet article, je tique un peu à cette remarque gratuite pour les hommes, sur les enfants dans le dos. En quoi si on les trompe, c’est bien fait pour eux? Si une femme se retrouve enceinte d’un homme qui lui jurait avoir fait une vasectomie, c’est bien fait pour elle aussi? O_o
      Pour ce côté là, je trouve que ce serait tout aussi bien que les hommes n’aient pas à se faire imposer la paternité…
      Et puis, la dernière ligne, j’imagine bien des anti-féministes nous la renvoyer à la gueule… »T’es une femme? Ben, tu dois te contenter de ton rôle natureleuu, you can’t get always what you want! »

      • La pilule n’est pas toujours fiable, 8% d’échec en « utilisation typique » : je suppose qu' »utilisation typique » ça comprends les oublis, les gastros, etc…
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Efficacit%C3%A9_des_m%C3%A9thodes_de_contr%C3%B4le_des_naissances
        Un oubli de pilule, un lendemain de cuite difficile c’est un aléa de la vie…
        Bref, si un mec veut VRAIMENT pas d’enfant il prend en charge sa contraception et il met une capote, point.
        Et il se renseigne sur la contraception et les risques d’échec des différentes méthodes et il fait aussi ses choix en fonction.

        • « Et il se renseigne sur la contraception »

          J’avoue, déjà qu’en tant que nana on est pas toujours bien renseignées, alors les mecs j’imagine même pas !
          Le coup de l’enfant dans le dos on en entend + souvent parler que des échecs de contraception…

          Et sinon je fais ma pub -une fois n’est pas coutume- mais le DIU, c’est 99% de fiabilité et pas d’oubli possible ;-)

        • Oui un oubli peut arriver, mais aussi une indigestion ou une gastro, qui fait qu’elle ne sera pas digérée…

          • Sans compter les interactions médicamenteuses, qui sont bien plus nombreuse qu’on le croit, si j’ai bien tout compris.

            Si je ne me trompe pas, certains antibiotiques réduisent l’efficacité de la pilule.

          • Pas d’erreur : « Certains antibiotiques (ampicilline, amoxicilline, tétracyclines) » diminuent l’absorption des hormones.

            Source : Docti

            « Les antibiotiques connus pour interagir avec les pilules contraceptives sont notamment : la rifampine et, dans une moindre mesure, la pénicilline, l’amoxicilline, l’ampicilline, la sulfaméthoxazole/triméthoprime, la tétracycline, la minocycline, la métronidazole et la nitrofurantoïne.  »

            Source : http://www.women-health-info.com/WEB-FR/77-FR-Pilule-et-antibiotiques.html

          • Je le savais même pas ! et j’ai pourtant pris la pilule pendant plusieurs années (en plus elle me faisait courir des risques cardiovasculaires dont je n’avais aucune idée à l’époque).

          • Le risque c’est une dizaine de femme sur des millions pendant une/des dizaines d’années. Le problème est que les médecins ne prennent pas la contraception assez au sérieux. Le problème est de ne pas prendre en compte la facteur aggravant comme l’age ou fumer.

          • Merci pour la source. Mais l’article dit « Selon l’ANSM, il y aurait de 20 à 40 décès par an sous pilule de 3e génération, dont « 14 à 28 par embolie pulmonaire », précise un responsable. Mais l’Association des victimes d’embolie pulmonaires (Avep), créée par le père de Théodora, estime que le nombre de décès serait de 589 à 1 596 par an. » Reste à vérifier comment ont été obtenus ces chiffres (par exemple sur quel critère on va attribuer ou pas la mort de la personne à la pilule), mais moi j’ai la flemme de le faire.

    • « Les hommes qui geignent qu’on leur a ‘fait un enfant dans le dos’ selon l’antique expression ne réveillent en moi aucune compassion. »
      Il y a des hommes (des idiots?) qui ont la faiblesse de faire confiance à leur compagne, qui leur assure prendre la contraception décidée d’un commun accord.
      Elle te ment? bien fait pour ta gueule.

      • C’est moche de mentir, surtout sur un sujet important. Faire un enfant « dans le dos » c’est ne rendre service à personne, ni à l’homme, ni à soi, ni à l’enfant à naître. D’un autre côté si la contraception intéressait tant les hommes ils se contenteraient pas d’un « oui chéri je prend la pilule t’inquiète ».

        • Bien sûr.
          Je vais demander l’ordonnance, vérifier qu’elle a bien été prise, d’ailleurs exigé d’être présent lors de l’ingestion quotidienne.

          Le problème de l’enfant dans le dos, c’est qu’en cas d’échec de la contraception (qui arrive également avec les préservatifs, ou pendant des préliminaires, ou simplement parce que parfois LES DEUX sont d’accord pour « prendre le risque ») dans cet article, et le discours de certaines féministes, l’homme n’a absolument rien à dire sur la poursuite ou non de la grossesse. Et derrière, le même discours les accable, en prétendant qu’ils refusent de toute façon de s’impliquer.
          La contraception intéresse probablement autant les hommes que les femmes, à des degrés différents selon les individus et non les sexes.

          « D’un autre côté si la contraception intéressait tant les hommes ils se contenteraient pas d’un « oui chéri je prend la pilule t’inquiète ». »
          Ce genre d’assertions foireuses qui ponctuent l’article, me donnent, en tant que féministe, envie de m’arracher les yeux, et nuisent grandement au propos de l’article qui soulève pourtant des points intéressant.

          • « La contraception intéresse probablement autant les hommes que les femmes » -> lol. Franchement lol quoi. J’sais juste pas quoi répondre d’autres que lol.
            Demande à tes copines combien de mec ont essayé de les sauter sans capote et sans leur poser la moindre question au sujet de la contraception.

          • Validité scientifique de l’argument ? Nulle.
            A titre personnel, j’ai du en MAJORITE être 1) celui qui propose la capote, 2) celui qui insiste, 3) celui qui refuse de faire sans.

            Mais merci pour ton ouverture d’esprit et ta rigueur scientifique qui font plaisir à voir. Ah oui l’expérience personnel, ça vaut pour confessions intimes, pas pour une analyse qui se veut réfléchie.

          • Ben heu je te trouve carrément de mauvaise foi : me dire que mon expérience ne vaut rien (auprès d’un certain nombre d’hommes, je dirais à vue de pif un nombre à 3 chiffres + les expériences cumulées des gars et des filles avec qui j’ai discuté de ça et qui vont globalement dans le même sens) pour m’opposer ton cas personnel, je vois pas l’intérêt. Tu peux proposer autant de capotes que tu veux ça ne changera rien à tous ceux qui s’en foutent.

            De plus, même si ce n’est peut-être pas suffisant ni représentatif pour faire des statistiques, de là à dire que ça ne vaut rien, y a de la marge. D’autre part, j’aimerais bien que tu calmes un peu ton agressivité car on ne va nulle part en se parlant sur ce ton. Si c’est pour savoir qui a raison ou qui a tort, autant ne pas discuter du tout.

          • (Et c’est pour ça qu’il faut de la recherche en sciences humaines, et que je suis légèrement irrité quand je constate qu’une grande partie des universitaires travaillant sur ses questions sont d’abord des militant/e/s engagé/e/s.)

          • Je ne pense pas que les militants soient moins objectifs que les autres. Tout scientifique quel qu’il soit est le produit d’une culture qui l’influence dans ses recherches.

          • Tu floodes ton avis partout, Pitoum.
            En plus, tu reproches à l’Elfe de présenter son expérience personnelle non-représentative, au prétexte qu’elle ne ressemble pas ton expérience personnelle non-représentative, c’est génial.

            En règle générale, la contraception est systématiquement confiée aux gonzesses (pilule, stérilet .. Yapa contraception pour mec, Sauf la capote, qui sert aussi à se protéger des MST), et il semblerait qu’au delà du système, il y ait aussi une inclination au sein des couples à assigner cette tache à la gonzesse (c’est elle qui prend la pilule, et qui prévient si elle a pas pris). Pas toujours, ok.
            Sous-entendu « ohla, c’est oi la femme, c’est ton fardeau, tu te débrouilles. Par contre, le jour où t’es enceinte, tu me demandes mon avis avant de faire quoi que ce soit »

            Bon si la gonz veut pas tomber enceinte, elle prend la pilule. Si le mec veut pas qu’elle tombe enceinte, il lui demande de prendre la pilule, y a un léger déséquilibre. Moi perso, j’aimerais moyen bouffer des pilules d’hormone, donc je reconnais le problème d’une gonz qui veut pas non plus, et qui veut pas non plus de capote, et qui veut pas non plus être enceinte.

          • Je lui fais remarquer simplement parce qu’elle prétend justement ne pas être un témoignage mais une analyse.

          • Il faut bien se baser sur quelque chose. Le problème avec ton attitude agressive, c’est que tu opposes ton expérience à la mienne. Or, il n’y a aucune raison de faire ça. Les expériences des gens ne sont pas contradictoires quand on essaie de dégager des tendances de nos observations et d’en tirer des analyses (qui valent ce qu’elles valent, tant qu’on ne dispose pas de travaux scientifiques…), elles sont au contraire complémentaires, et je ne vois pas l’intérêt d’opposer ton expérience et la mienne comme si l’une avait le pouvoir d’invalider l’autre.

          • Ha bon je ne savais pas que c’était incompatible les témoignages et les analyses… j’ai complété mon analyse par un témoignage mais tu estimes qu’il ne vaut rien et que le tiens est bien plus important et représentatif (en dépit du fait que ton témoignage ne concerne que toi et pas de nombreux hommes). Tu noteras que dans l’article il y a des statistiques: 23% des IVG sont consécutives à des violences subies par les femmes. Je n’ai évidemment rien trouvé comme chiffres sur l’intérêt des hommes pour la contraception et l’IVG mais tu vas peut-être me dire que les 77% d’hommes qui n’ont pas agressé la femme qui avorte s’intéressent de près à l’IVG et sont concernés (et peut-être aussi les 23% d’agresseurs tant qu’on y est?). Malheureusement on ne peut que conjecturer à partir de ce que l’on sait. Je constate un désintérêt global des hommes pour les questions de contraception, d’IVG et de grossesse, désintérêt encouragé et entretenu par la culture et même par la technologie (méthodes contraceptives disponibles). Cela ne signifie en aucun cas que TOUS les hommes s’en désintéressent, et que ça ne veut ABSOLUMENT PAS dire que toi personnellement tu t’en désintéresse. Ca veut dire que c’est le cas d’un certain nombre (combien? une majorité? on ne sait pas. J’ai l’impression que c’est une majorité mais je peux me tromper, faut de statistiques).

          • Voilà, il faut des statistiques, le problème c’est que l’ensemble de ton discours se fait sans les statistiques, et juste sur une impression. Or le problème avec les impressions, c’est que d’une part elles sont non représentatives, puisque cantonnées à une expérience individuelle, et d’autre part, elles sont de fait biaisé puisque l’on remarque naturellement plus les évènements qui corroborent notre pensées (tu vas par exemple plus facilement relever qu’une femme te parle de sa difficulté à faire mettre une capote à un mec, plutôt que celle qui n’en parlera pas parce que ce n’est pas un problème qu’elle rencontre).

            C’est d’ailleurs un des grands problèmes de la recherche en sciences humaines que celui d’objectiver les hypothèses et les analyses.

          • Tu vas me dire que, en dehors de ton cas personnel, tu trouves que les hommes sont hyper concernés par l’avortement?
            Tu parles souvent de contraception et d’IVG avec tes amis masculins? Je crois que tu n’as pas vraiment idée de la façon dont les femmes se préoccupent de ça. On en revient à ma citation d’intro: compatir n’est pas pâtir. L’expérience a quand même une valeur, tu sais.

        • Je peux confirmer pour le point de la contraception : la quasi totalité de mes mecs (le dernier, c’était sur mon initiative) refusaient la capote dès lors que je prononçais le mot « pilule ». Idem pour mes amies. La contraception, ça intéresse les mecs ? Mon cul !

    • Oui je trouve que c’est bien de le partager, deux choses qui, à mon sens, ne sont pas assez pointées en général, sont la culpabilisation (sur toute la ligne) et le lien entre ce dont parlent les médias : « avortement de confort » ou « récidiviste » (tiens, on fait culpabiliser les femmes) et le fait que ces « multiples » avortements (disons un certain nombre) sont une conséquence d’un certain système (C. Delphi dit Français) en matière de comment on traite la contraception (= prévention), ce dont elle parle très bien dans cet article en mettant en parallèle avec la situation aux Pays-Bas par exemple.

      On peut parler de l’accès à la contraception. D’expérience personnelle (et retour d’amies, sœur…) il est quasi-impossible de vraiment discuter avec un gynéco, et de se faire prescrire autre chose que la pilule. Sans parler du fait qu’il n’est pas rare de se faire traiter comme une conne voire engueuler par un gynéco (bonjour le respect de l’intégrité et oh surprise, encore de la culpabilisation « dès le début » pourtant) ! (le site de Martin Winckler recense aussi des témoignages qui vont dans ce sens et invite à dénoncer les médecins qui agissent ainsi)
      En discutant pour la première fois avec une sage-femme (à propos de contraception toujours) j’ai halluciné d’avoir un vrai débat, une vraie écoute. De plus elle confirmait mon expérience et m’a donné cet exemple de femmes qu’elle suit qui n’arrivaient pas à gérer avec la pilule (tombaient toujours enceinte sous pilule) et dont le gynéco persistait à ne pas leur prescrire autre chose de plus adapté à leur mode de vie. Alors ensuite il y a les « récidivistes » et celles qui gardent des gosses pas forcément désirés (ou alors pas comme ça, pas maintenant…) dans les 2 cas : culpabilisation présente.

  3. Je rejoins entièrement ton analyse !
    Ce qui m’est venu à l’esprit en terminant cet article, c’est « ils admettent parfaitement que la décision finale revienne à la femme… à condition qu’elle soit d’accord avec eux, c’est bien ça ? »

    • La décision d’avorter doit revenir à la femme, la question de garder l’enfant est à mon sens plus complexe.

      • Heu… je comprend pas ce que tu veux dire par « garder l’enfant ». Tu peux développer?

        • Ne pas avorter.
          Le choix d’avorter « non je ne mènerais pas cette grossesse à terme » ne peut en aucun cas être contesté.
          L’inverse est plus délicat parce que ça implique DE FAIT le père, même en cas de non reconnaissance légale.

          • Ha donc ça veut dire que tu souhaites que des femmes soient obligées d’avorter même si elles ne le désirent pas.

            Hé bien je trouve ça extrêmement violent, d’une part; et d’autre part, je te ferais remarquer qu’on est loin du contrôle sur son propre corps qui est une revendication féministe majeure.

          • J’ai pas dit que je souhaitais ça, j’ai dit que ça posait problème.
            J’ai pas dit que l’homme avait le dernier mot.
            Je ne sais pas.
            Et des fois, c’est bien de pas savoir, c’est reconnaître que les implications vont au-delà des capacités de réflexions offertes par le seul prisme d’une pensée féministe, par exemple (ou écologiste, ou économiste, ou libéraliste, ou, ou, ou.)

          • Mais bien sur que ça pose problème, j’ai jamais dit le contraire… Je ne vois pas ce qui te chiffonne alors que j’ai écrit par exemple dans l’article: « De plus, je pense que les femmes pourraient effectivement consulter et informer les hommes lorsqu’elles veulent mettre au monde leur enfant ou au contraire interrompre une grossesse, même si au final la décision doit revenir aux femmes. » Le féminisme n’est pas le seul prisme de pensée mais il IMPOSE que les femmes aient le contrôle de leur corps. On peut très bien réfléchir sous d’autres angles, mais toute tentative pour retirer aux femmes des droits sur son corps est antiféministe/masculiniste. Il y a une différence entre considérer les choses sous d’autres angles que le féminisme et tenir des positions antiféministe. Moi je veux bien réfléchir, écouter, prendre en compte l’avis des hommes, leurs expériences, leurs ressentis, mettre en place des choses, modifier notre façon de voir le truc, etc etc. Mais je refuse qu’on remette en cause le fait que c’est à chaque femme au final de prendre la décision concernant SA grossesse.

          • « Parce que les questions sont plus importantes que les réponses »

            L’Elfe parle de féminisme,et de masculinisme, et de pensée dominante, et de conformité involontaire, et des questions qu’on oublie de se poser …
            C’est pas « le seul prisme du féminisme » (qui pousse, quand on s’y intéresse, à s’intéresser à son contraire, donc on en sait plus sur Différents prismes, et pas que sur un « grand prisme unique fantasmé du féminisme effrayant » par opposition à la « voie naturelle » ..)

          • Sur cette question qui a tendance à beaucoup revenir , il semblerait à mes yeux , que les hommes n’intègrent pas le fait qu’à chaque fois qu’ils ont un rapport sexuel ils prennent le rique affectif et financier de devenir père . A chaque fois . c’est un risque inhérent au fait d’être un homme, comme le risque de tomber enceinte est inhérent au fait d’être femme , ce risque est intégré par les femmes, car c’est de leur corps qu’il s’agit et qu’elles auront une décision à prendre. Les hommes lorsqu’ils l’évoquent , montrent qu’ils ne l’envisage que sous l’angle du « contrôle » qui leur est retiré, par les femmes .
            Or, société individualiste ou pas, developpement personnel ou pas, homme ou femme, des choses sont susceptibles de nous arriver . C’est un fait c’est ainsi . Vous aurez peut être un cancer, un conducteur ivre peut vous renverser, il peut aussi vous arriver de belles choses que vous n’aurez pas programmées ou choisies . Et vous pouvez devenir père . Non, vous n’avez pas vraiment de contrôle sur la question, parceque ne l’ayant pas intégrée, vous ne prenez pas les dispositions nécessaires pour réduire ce risque au minimum : en n’ayant pas de rapport, ou en portant des preservatifs systematiquement .
            Oui vous êtes responsables, et non , la décision ne vous appartient pas de choisir l’avortement , ce choix est un choix strictement dévolu aux femmes, qui ne concerne non pas « l’enfant » , mais le corps . C’est le choix d’une grossesse pas le choix d’un enfant. Et ce choix là , vous ne l’avez pas, non.
            Vous pouvez ne pas devenir père sur le plan affectif , mais vous aurez une pension alimentaire à payer, et cette pension sera le resultat de votre choix d’avoir des rapports sexuels sans preservatifs , pas celui d’avorter ou non.
            C’est ainsi , c’est la vie, ce n’est pas injuste, ça fait partie des risques .
            Chaque fois que vous avez un rapport vous prenez un risque, désolée si vous tombez des nues quand cette réalité vous fouette de plein fouet . Les femmes grandissent en l’ayant intégrée , et en assument seules la responsabilité , votre responsabilité serait de mettre des preservatifs , ou d’assumer au moins financièrement vos choix quand le môme pointe le bout de son nez . Il semblerait qu’on n’éduque pas suffisament les garçons aux risques qu’ils prennent , ça fait aussi partie du sexisme d’une société patriarcale . On veux leur faire croire qu’il peuvent baiser partout , tout le monde, que ce n’est rien et que ça n’implique rien .
            Dure réalité : ce n’est pas vrai.

  4. Le point 4 est de loin le plus dangereux car très général et très à la mode.

    « il remet insidieusement en question le droit des femmes à décider »

    Ce n’est même pas insidieusement, on le voit et l’entend un peu partout ces derniers temps. Des hommes, des vrais, qui pleurent à tout bout de champ qu’ils faut qu’on les écoute. Malheureusement, l’homme viril ne connais pas la définition de « écouter » et confond avec « obéir ».

  5. C’est très dommage que la contraception masculine interesse si peu de monde. Dans une société où les hommes et les femmes utiliseraient une contraception, les hommes se sentiraient beaucoup plus concernés par ces problèmes de « bonnes femmes ». Les grossesses non désirées seraient rarissimes (dans le cas ou les deux partenaires utiliseraient une contraception).
    Même si c’est pas mal que des hommes se sentent concernés par l’IVG, le nombrillisme de l’article de rue89 me gave. Je reste persuadée que du point de vue d’un mec, la grossesse et l’avortement ne sont que des idées très abstraites. Tant du point de vue psychologique et social (culpabilisation des avorteuses, adulation des expectantes « tu es rayonnante! » « ce que la grossesse te va bien! » -_-), que physique bien sur. Prendre des médicaments abortif est douloureux, se faire racler l’utérus aussi, ou bien expulser un embryon dans les toilettes de sa fac.

    Je sais pas ou j’ai entendu ca, mais si les hommes ont tellement peut des conséquences de mettre une fille enceinte, ils devraient subir une vasectomie. Ou alors ils nous foutent la paix au moment de prendre des décisions.

    • Or il y a très peu d’hommes qui consentent à faire une vasectomie (peur de la douleur, pas envie de se prendre la tête, etc.). Certains mêmes poussent les femmes à opter pour une ligature (intervention plus lourde pourtant) alors que ce choix certes idéal pour certaines devrait demeurer personnel et librement consenti.

    • ON parle de contraception pour homme:
      http://www.rue89.com/2010/06/27/les-indiens-testent-le-risug-contraceptif-pour-hommes-156517

      Si ça existe pourquoi on n’en entend pas parler plus que ça? Que ce n’est pas pousser afin d’être disponible rapidement? Surtout si c’est tellement simple et réversible. En enfonçant le bouchon vraiment loin: ne voilà-t-il pas un merveilleux moyen pour les hommes de prendre le contrôle sur la reproduction en obligeant les femmes à demander l’accès aux spermatozoïdes pour enfanter?

      • « une étude est cependant en cours pour tester l’efficacité du RISUG comme un agent anti-VIH, en raison d’une hypothèse selon laquelle l’acide maléique abaisserait le pH à un niveau suffisant pour détruire le VIH dans le sperme, provoquant l’impossibilité de contaminer une partenaire. »

        Oh, wow, c’est plutôt cool. Cela dit, faudrait que ce soit de la certitude type 110 000%, pour effectivement le pratiquer.

         » En quelques minutes, l’injection recouvre les parois du canal déférent d’un gel clair composé de 60 mg de copolymère styrène-anhydride maléique (SMA) et de 120 µL de solvant diméthylsulfoxyde. Le copolymère est produit par irradiation des deux monomères, la dose allant de 0,2 à 0,24 mégarad pour 40 g de copolymère, le débit étant de 30 à 40 rad/s. La source d’irradiation sont les rayons gamma du cobalt 60. »
        J’ai pas mal de molécules plus ou moins actives qui se trimballent dans mon sang. J’ignore lesquelles vont mal réagir avec ce truc, qui va rester longtemps au même endroit.
        « diméthylsulfoxyde » Le souffre, on parle de cet élément qui accroche les métaux lourds ?
        « En tant que solvant aprotique polaire, le diméthylsulfoxyde est aussi un produit entraînant une plus grande absorption des toxines par les pores de la peau lorsqu’il est mis en contact avec celle-ci. »
        « Les études sur les animaux ont révélé qu’il avait un effet immunosuppresseur »

        Eeerh, non merci.

        Toutes les formes de contraception féminine présentent Aussi des inconvénients assez lourds ? Oui, en fait j’ai pas la solution non plus.

        • « Il pénètre très facilement et rapidement la peau avant de diffuser dans tout l’organisme, ce qui explique qu’une personne en ayant reçu sur la peau peut ensuite rapidement ressentir un gout d’ail dans la bouche. »
          Ok, never ever ever ever.

          1 chance sur 1000 d’avoir des douleurs chroniques après une vasectomie, c’est un meilleur pari à faire jcrois. Et ça ne pollue le corps de personne avec des hormones ou des produits plus ou moins toxiques. Un budget pour la chirurgie réparatrice de la vasectomie pour le pauvre gars sur 1000, une prévention de l’épididyme qui est en gros le seul problème qui peut résulter de la vasectomie, et un suivi psychologique qui est le seul autre problème.
          Un congèl pour stocker des graines, éventuellement.

  6. Je rêve d’un monde où on serait au clair avec ça avant de coucher ensemble… Oui OK, c’est pas super glamour, mais quand même, sachant qu’aucun moyen de contraception n’est fiable à 100%, ce serait la meilleure solution pour éviter de découvrir quand la grossesse est là que son/sa partenaire n’est pas du tout d’accord avec soi sur le choix ou non de l’IVG.

  7. Je reviens sur le fait que les mecs et la pilule : s’ils n’aiment pas les contraceptifs, parce qu’ils leur donnent moins de sensations, sont un intermède débandant pendant le rapport, etc. et trouvent bien commode que la partenaire prenne la pilule, l’achète de ses deniers alors que les capotes, souvent, hein, ha non, pas toujours d’ailleurs, mieux vaut en prévoir aussi, il n’y a rien de plus facile pour un mec de s’impliquer dans la contraception de sa compagne si elle prend la pilule : qu’est-ce qui l’empêche de lui faire un petit ‘rappel pilule’ quand il sait qu’elle a tendance à l’oublier, sur certaines tablettes, les jours du mois sont écrits, il suffit de REGARDER, pour d’autres, c’est à heure fixe, donc, ça va, quoi, s’ils ne l’aident pas plus que ça, c’est qu’ils ne sont pas très responsables et donc que l’accident de pilule est un peu de leur faute AUSSI, merci bien, désolée, ça m’énerve, c’est du vécu.

    • Pardon, au début, je voulais dire je reviens sur la relation des mecs avec la pilule etc.

    • Sinon il y a des mecs qui insistent pour garder la capote parce qu’ils savent que la fille prend super mal son contraceptif, et elle se plaint après. Ca arrive.
      Comme plein d’autres situation qui ne servent malheureusement pas certains discours radicaux.
      Vous prenez la pilulle ? Quelle serait votre réaction si votre copain/mari refusait de ne pas mettre une capote :
      – parce qu’il ne vous fait pas confiance ?
      – parce qu’il connait le taux d’échec ?

      Il me semble que l’argument des sensations comme celui de l’intermède sont AUSSI utilisé par des filles.

      • Ho bien sur ça arrive. Tout existe.
        Je dirais qu’un mec sur deux avec qui j’ai couché (et j’ai eu une folle jeunesse…) essaie de voir si ça passe s’il met pas de capote. Allez, peut-être un sur trois. Mais y a la menace des MST qui compte (et qui concerne aussi les hommes), pas que le risque de grossesse. Quand j’étais très jeune (17-18 ans) c’était plus fréquent. Allez, elle a 17 ans elle a surement pas le SIDA, je risque rien. Heureusement que j’avais la tête sur les épaules d’une part, d’autre part que je n’ai jamais été violée (ce qui n’est pas le cas de toutes les jeunes filles qui ont des aventures sexuelles – et après « faut pas venir se plaindre »).

        Quand aux mecs avec qui j’ai été en couple, j’ai très peu d’expérience de ce côté-là car je ne suis pas très couple… Tout ce que je peux dire c’est que mon ex ne m’a jamais demandé si je prenais la pilule et quand je la prenais pas je devais l’en informer et lui dire de mettre des capotes. Si y a des femmes qui ont été plusieurs fois en couple, j’aimerais qu’elles témoignent pour dire si oui ou non leurs mecs leur ont demandé si elles prenaient ou non la pilule avant d’avoir un rapport sexuel, ou si comme moi elles ont toujours du préciser d’elles-mêmes qu’elles ne la prenaient pas quand ce n’était pas le cas.

        Mon commentaire pourrait paraitre hostile envers les hommes. Qu’on soit bien clair je n’ai aucune hostilité envers les hommes. Je ne fais que constater que beaucoup d’entre eux sont très détachés des questions de contraception alors que les femmes s’y intéressent beaucoup. Je le serais sans doute aussi à leur place pour toutes les raisons évoquées dans l’article, et je me réjouis qu’il existe aussi des hommes (et sans doute de plus en plus même si l’article de rue89 délire assez je pense) qui se préoccupent sincèrement de ces problèmes alors que rien n’est fait pour les y intéresser et pour les responsabiliser.

        • Pareil, mes deux premiers copains étaient très contents de me déléguer toute la contraception et il y en a même un qui a refusé de mettre un préservatif une fois où je lui ai demandé parce que j’avais oublié la pilule ! Parce que c’était mon oubli, donc pas à lui d’en faire les frais…c’est ouf non ? Et pourtant, il n’y avait pas marqué connard sur son front, c’était quelqu’un qui avait l’air à peu près aussi féministe que peut l’être quelqu’un qui ne lit pas de blog féministe, ne participe pas à un forum féministe, etc.
          Actuellement ça se passe 10 000 fois mieux avec mon amoureux, mais il y a des problèmes extérieurs : la contraception féminine est beaucoup plus développée que la masculine, donc au final c’est toujours moi qui m’en occupe (pilule et peut-être stérilet bientôt). Mais je le vis complètement différemment bien sûr.

          • Sur une dizaine d’hommes avec qui j’ai été en couple, un seul (avec qui je suis toujours), s’est impliqué avec moi dans la contraception. Je prends (prenais, parce que là je suis enceinte) ma pilule tous les soirs devant lui, il me rappelle si j’oublie. Les autres me demandaient au début de la relation si je prenais la pilule ou pas, et puis c’était tout !

        • Encore une fois tu bases ton beaucoup sur une expérience purement personnelle qui ne vaut donc juste rien à part te conforter dans tes certitudes.

          • Non mais c’est n’importe quoi, et en plus c’est dit sur un ton méprisant. Ce ne sont pas des expériences purement personnelles, ou alors ce sont des expériences purement personnelles vécues par énormément de femmes, donc ça devient un phénomène de société.

            D’ailleurs ce n’est pas un hasard si ces vidéos ont été faites, elles existent car de nombreuses femmes l’ont vécu :

            http://www.youtube.com/watch?v=h5MrR_F8T3E

        • Pour avoir commencé tôt (et me faire vieille), j’ai connu les deux…
          Mes copains sont du genre à attendre le test sida et MST avant d’imaginer enlever la capote… Du coup, pour la contraception, ça ne s’est jamais posé, c’était selon ce que je souhaitais (j’ai pris la pilule longtemps, pour des histoires d’hormones) .
          J’ai eu des garçons de passage qui râlaient pour la capote (sans rien demander contre la contraception), mais ça m’énerve assez vite ce genre de jérémiade(et je me lasse vite de toutes façons), donc je ne les pas gardé.
          En un ses, ça me rassure sur mes goûts que tout les garçons avec qui je suis restée longtemps aient la bonne attitude à ce sujet.
          Je tends à coucher avec a) des hommes sensibles au féminisme b) conscients des risques ou c) stressés des MST (c’est difficile à distinguer pour ceux d’un soir).
          Il y a certainement un biais de sélection, mais mes amis masculins sont comme ça aussi.

        • En couple depuis 4 ans et demi bientôt, et on n’a jamais eu cette discussion.
          La première fois que je me suis retrouvée dans son lit, j’ai paniqué au dernier moment et j’ai dit non, d’une part parce que c’était (ou ça aurait dû être) ma première fois et que j’étais pas prête, d’autre part parce que je savais pas du tout comment aborder la question de la contraception et ça m’inquiétait un poil. Je lui en ai parlé après en expliquant ma flipette – ce à quoi il a répondu qu’il avait des préservatifs –, et en disant qu’il faudrait attendre trois semaines avant que je sois complètement sous pilule – ce à quoi il a répondu que dans ce cas il valait mieux attendre pour qu’on puisse « éviter le plastique ». Voilà, c’est le seul échange qu’on ait jamais eu. Trois semaines plus tard, pilule et basta.
          (je précise que sur le préservatif on a été aussi cons l’un que l’autre, on n’a jamais fait le moindre dépistage, j’ai fait confiance à son intérêt pour sa propre santé et il a fait confiance au fait que j’étais vierge LES ENFANTS NE FAITES PAS ÇA ET FAITES-VOUS DÉPISTER QUAND MÊME NOM DE DIEU).
          Je prends toujours la pilule (juste parce que j’ai jamais pris de rendez-vous pour un DIU >_<), il le sait et il s'en fout. Il me demande pas si je la prends bien, il a jamais proposé d'alternative (alors que c'est la dernière personne au monde qui boufferait des hormones tous les jours), je pense qu'il me fait confiance avec ça et que ça le préoccupe pas du tout du moment qu'il peut me tripoter sans plastique (heureusement que je prends une remboursée, encore). En plus c'est le candidat parfait pour une vasectomie mais je pense que l'idée le ferait bondir…

  8. Il faut rester ferme sur les principes du droit à l’IVG et la responsabilité de la femme seule dans l’affaire. Mais je connais l’histoire d’un couple dont la femme a un jour appris à son conjoint qu’elle venait d’avorter : elle n’en avait pas discuté, n’avait pas prévenu. Lui ne voulait pas d’enfants non plus, en tout cas pas tout de suite, mais il a vécu l’affaire comme une trahison, comme quelque chose qui s’était fait sans lui. Il a quitté cette femme avec qui il vivait depuis des années. Elle n’a pas compris sa réaction. Lui n’a jamais compris non plus. Je pense que l’histoire est restée triste pour tout le monde, et le problème ce n’est pas l’IVG, c’était de découvrir qu’on n’est pas un couple.

  9. Bonsoir,

    Désolé si ma question semble un peu provocatrice, mais je suis un peu perdu. Pour faciliter la compréhension, j’énonce en tant qu’homme, qui s’essaye à être antisexiste autant qu’il le peut.

    Quand on parle de contraception, on me dit souvent « comme si c’était seulement le truc de la femme » et j’aurais plutôt tendance à être d’accord. Par exemple, lorsque j’étais en relation avec ma précédente compagne, je partageais les frais de sa pilule, on discutait des moyens de contraception à utiliser…

    Et là quand on parle d’avortement, on me dit « bah c’est seulement le truc de la femme, circule ».

    J’y vois personnellement un hiatus que j’ai du mal à surmonter, si vous pouviez m’éclairer…

    Merci d’avance,

    Clisthène

    • J’ai l’impression que tu n’as pas lu l’article avec attention.

      La procréation n’est pas un truc de femme puisqu’elle concerne aussi les hommes. L’avortement est un truc (principalement) de femme puisque ce sont les femmes qui avortent. De même que la grossesse, l’allaitement, l’accouchement…

      Je t’invite à relire l’article plus attentivement, en particulier le point 3, car il me semble que tu as du le lire en diagonale.

    • J’ai lu les deux articles et je serais plutôt du côté de celui de rue89.
      Après avoir lu celui-ci, je comprends très bien que certaines phrases aient pu choquer, mais selon moi, l’article de rue89 exprime un point de vue qui ne l’est jamais (personnellement, je n’avais jamais envisagé l’avortement du côté de l’homme qui le « subit » aussi). Il est donc assez normal que tout ce qui peut être (re)dit sur l’IVG ne soit pas répété. Il est aussi normal que l’on évoque pas toutes les attitudes que peut avoir un homme qui doit faire face à cette situation. On sait tous que beaucoup fuient, s’effacent, se taisent. Il me semble qu’on sait beaucoup moins que certains en souffrent, ce n’est donc pas aberrant d’évoquer aussi ceux-ci (quitte à employer des tournures et expressions percutantes et parfois maladroites…).

    • Même pour la contraception, si on regarde l’état des choses, ça reste le truc de la femme, car elle seule peut avoir le mot final sur quel contraceptif utiliser, même si tu veux aider et discuter (ce qui est bien). Le problème, c’est que tout ce que tu peux faire vraiment, c’est utiliser un préservaitf (qui peut craquer) ou faire une vasectomie (un peu extrême). Donc, il faudrait vraiment apporter d’autres alternatives à la contraception masculine…

      • Oui mais c’est justement parce que la contraception a toujours été une « histoire de femmes » que les techniques contraceptives qui existent actuellement sont principalement féminines.
        Il n’y a que le préservatif à ma connaissance dont les hommes peuvent se préoccuper et je pense que c’est surtout parce qu’il protège des MST qu’il s’est démocratisé; je me suis fait la réflexion que s’il n’y avait pas eu le SIDA, on pourrait toujours se brosser pour que les mecs veuillent bien utiliser des capotes… (quand ils veulent bien, parce que le plan cul qui essaie sans la capote l’air de rien pour voir si tu vas trop rien dire, c’est hyper répandu).
        On n’a pas développé de techniques de contraception masculines et du coup la contraception reste, de fait, un problème dont seule les femmes se préoccupent… Et j’ai l’impression que ça va durer encore longtemps :/

        • Malheureusement :( Il me semblait pourtant qu’il y avait des avancées sur la pilule pour hommes, non? Pour ma part, c’est vraiment ça qu’il faut…Là, il y aurait plus d’excuses.

          • Tu parles, quand il y aura une pilule pour homme ca sera hyper impopulaire. Ils ont besoin de sentir que leur semence est fertile, les pov chéris. Sinon c’est encore de la faute des vilaines féministes poilues qui veulent les émasculer.

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  12. Je dois avouer que l’un comme l’autre me choque… c’est un peu blanc contre noir. Et ça ne fait pas avancer le débat.

    Je pense que les mauvais points de l’article de Frédéric Leclerc-imhoff ont été très bien relevés.
    Seulement il y a un truc qui ne va pas et qui se résume dans cette phrase :
    L’avortement est un truc (principalement) de femme puisque ce sont les femmes qui avortent. De même que la grossesse, l’allaitement, l’accouchement…

    Et vous avez raison, c’est malheureusement des étapes où les hommes n’ont aucun moyen de remplacer les femmes (quoique pour l’allaitement… on peut en discuter).
    Dans un soucis d’équité homme-femme, les hommes sont en demande de participer davantage, et je pense que les femmes aussi.
    Seulement comme vous l’avez exprimé, comme c’est le corp des femmes, c’est une histoire de femmes.

    N’y a t-il pas une contradiction entre la volonté de tous que les hommes participent, s’impliquent mais attention, c’est principalement une histoire de femmes?
    Ceci pose la question de la place que nous souhaitons tous leur donner? Potiche? Décision active possiblement contradictoire?
    Et la frustration qui en découle? ce que les témoignages de l’article de Rue89 expriment très bien.

    Le fait que les hommes s’impliquent davantages dans des « histoires de femmes » les mets dans des situations où rien n’est adapté pour eux, ou rien n’est fait pour eux, où ils ne trouve pas de place parce que justement c’est une histoire de femmes et vous le renvendiquez, l’elfe.
    Si la place des hommes est à trouver dans « les histoire de femmes » alors il faut aussi s’inquiéter des problèmes qu’il rencontre et trouver des solutions ensemble.
    Car nous pouvons faire les 2, s’inquiéter du corps de nos compagnes, les accompagner mais aussi accepter la perception différente d’un évenement traumatique pour le corps de la femme et ceci par tous, il n’y a pas à ramener la couverture à soi, il y a à reconnaître ce qui se passe en chacun.

    • C’est un point de vue masculiniste que de ne pas admettre que certains sujets concernent principalement les femmes et de ne pas accepter qu’on ne parle pas TOUJOURS des hommes, que les hommes ne soient pas TOUJOURS au centre de tout, TOUJOURS au centre de l’attention de tout le monde.
      Je sais, l’histoire est comme ça, la culture est comme ça. L’histoire c’est l’histoire des hommes. La culture c’est celle des hommes. Au bout d’un moment il faut que les hommes, s’ils sont vraiment préoccupés par les droits des femmes, apprennent à rester en retrait. A pas toujours être au centre de tout. A pas être ceux qui décident, ceux qui mènent, ceux dont on parle en permanence.

      Accompagner, s’intéresser, s’impliquer dans ces domaines, c’est tout à fait possible, et d’ailleurs je ne vois pas comment faire autrement. Ressentir, de son côté, des choses, vouloir les exprimer, quoi de plus normal? Les hommes peuvent tout à fait être concernés par ces sujets. Et d’ailleurs il y a bien des hommes sage-femme (d’ailleurs y a un nom pour ça, que j’ai oublié).
      Mais ce sont des choses qui concernent principalement les femmes car c’est dans leurs corps que ça se passe.
      Ce n’est pas à un homme de décider si une femme doit ou non porter un enfant.

      • « C’est un point de vue masculiniste que de ne pas admettre que certains sujets concernent principalement les femmes et de ne pas accepter qu’on ne parle pas TOUJOURS des hommes, que les hommes ne soient pas TOUJOURS au centre de tout, TOUJOURS au centre de l’attention de tout le monde. »
        Réaction extrémiste insupportable : tu es un homme donc ferme ta gueule.

        Renvoyer en permanence un individu à son sexe biologique, enfin surtout quand il s’exprime pour dire des trucs qui ne vont pas forcément dans notre sens, c’est pas justement ce que reproche certaines féministes au patriarcat ?

        • Bizarre de traduire « non les hommes ne doivent pas toujours être au centre des préoccupations de tout le monde » comme « les mecs fermez vos gueules ».
          Tu remarqueras que des hommes aussi bien que des femmes participent aux discussions et que je ne les ai jamais rembarrés sous prétexte qu’ils étaient des hommes. Tout le monde a le droit de s’exprimer, et de plus je suppute que tu as loupé le paragraphe d’intro où j’explique que tout le monde doit être pris en compte et que toute souffrance est digne d’intérêt (y compris donc celle d’un homme coresponsable d’une grossesse non désirée par exemple).
          Je trouve tes interprétations de ce que je dis totalement fantaisistes et assez problématiques (pour toi, pas pour moi: moi, je sais ce que je dis). Je ne vois pas en quoi j’ai empêché des personnes de s’exprimer à cause de leur sexe biologique. J’ai émis une critique sur les propos relayés dans l’article de rue89. Ils ont parfaitement le droit de s’exprimer et j’ai parfaitement le droit de critiquer ce qu’ils disent. Il y a à travers certain de ces propos des velléités de contrôle sur le corps des femmes qui à mon avis ne sont absolument pas acceptables, et je me dois de le faire remarquer, car tout cela est noyé dans un discours genre « les pauvres hommes qui souffrent, les pauvres hommes qui souffrent ». Je ne nie la souffrance de personne et si des hommes souffrent on doit s’en préoccuper, mais je n’aime pas du tout le glissement à peine subtil opéré entre la souffrance des hommes face à l’avortement et le pouvoir que certains estiment devoir posséder, ou regrettent de ne pas posséder, (ce qui revient un peu au même) alors que les corps des femmes sont en jeu. Sous prétexte de s’intéresser à une souffrance bien réelle, l’article justifie des positions masculinistes, c’est à dire antiféministes.

          Je sais que cet article parle beaucoup de sexe biologique alors que d’habitude je m’intéresse plutôt aux questions de genre. Pas ma faute si pour ce sujet particulier il existe une différence biologique de taille. Les hommes cis (j’aurais du préciser cis, on me l’a fait remarquer sur twitter) ne tombent pas enceints et n’ont pas à avorter, donc l’avortement concerne en priorité les femmes cis. L’expérience, le fait d’être directement concernée change beaucoup de choses dans la perception de l’avortement, et dans les décisions à prendre (chacun devant s’approprier son propre corps). De plus, qu’on le veuille ou non, en dehors même des différences biologiques indéniables, les hommes et les femmes (et là je parle bien de genre et non plus de sexe) ont des vécus différents (même si chaque individu a un vécu différent bien sur) à cause de la socialisation, de l’éducation genrée donnée aux garçons et aux filles, à cause du sexisme, etc.

          • Je dis ça parce que AUTOMATIQUEMENT tu catégorises la « demande » formuler sur rue89 via l’article comme étant une position masculiniste, donc illégitime a tes yeux, du coup oui, tu la relègues à un second plan.

        • Oui, c’est marrant l’empressement qu’il y a eu à masculiniser un nom de métier qui n’existait qu’au féminin.

          • Je trouve ça bien mais très dommage qu’on ait tant de peine à le faire dans l’autre sens, les noms de métiers féminisés étant jugés « ridicules »… :/ sexisme sexisme

          • J’ai plusieurs fois entendu dire qu' »un sage-femme » était admis, car « femme » était le complément de « sage », et pas le sujet. Le tlfi semble être de cet avis.

          • Le mot maïeuticien existait déjà au sens philosophique du terme, on a simplement élargi le sens en lui donnant un sens plus concret (ce que je trouve très positif, étant donné la tendance de notre société à faire de la philosophie un domaine d’homme).
            Mais je pense qu’il est rarement utilisé dans la langue courante (au moins aussi rarement que les versions féminisées de noms de métiers masculins) et qu’on rencontre beaucoup plus souvent l’expression homme sage-femme.

  13. suite à des problèmes hormonaux à n’en plus finir, et notamment la rétention d’eau qui la faisait ressembler à une baleine plus qu’à une femme à ses propres yeux, ma compagne a fini, après des essais multiples, par décider de ne plus prendre la pilule, et, finalement, nous avons convenu, avec un peu d’humour pour dédramatiser la discussion, que si je ne veux pas de gosse, je n’oublie pas le préservatif… Ma femme est redevenue femme dans ses propres yeux, sa libido est repartie gonflée à bloc pour le plus grand bien de notre couple, et la boite de capuchons est toujours près du lit… mais pour ça, il faut être un homme, un vrai qui a des couilles avec une capote dessus !
    En attendant que nous soyons plus nombreux…

  14. Juste pour rappeler un point essentiel et trop souvetn oublié : l’avortement n’est pas un problème, c’est une solution.

  15. Très bon article qui a le grand mérite de laisser le champ à la réflexion personnelle…
    un tel sujet flirt en permanence avec de possibles contradictions, paradoxes mais c’est tant mieux et la ligne principale est on ne peut plus simple:
    oui, la biologie de la reproduction reste une différence essentielle entre hommes et femmes et oui, ceux qui se sentent relégués au second plan sont gonflés quand on sait que la grande majorité des hommes sont bien contents d’échapper aux boulversements physiques, hormonaux et psychologiques etc. qui accompagnent la « maternité ».
    alors si quelques messieurs ont des états d’âme, c’est tant mieux, mais de là à faire de leur cas une généralité c’est culotté! (et un peu malhonnête je trouve dans le contexte actuel)
    merci !

  16. Je suis d’accord sur l’essentiel de l’article. Cela dit, il y a un point que je n’arrive pas à avaler complètement: si un homme désire garder le bébé (comme c’est le cas de l’un de ceux qui témoignent dans l’article de Rue89) , je comprends que la décision revienne à la femme, qui n’a pas nécessairement envie de poursuivre une grossesse, mais je trouve toutefois qu’on se heurte là à une première petite injustice. Et si c’est la femme qui désire garder l’embryon, et que l’homme qui s’y refuse, la responsabilité de la femme qui donne naissance à un enfant implique forcément le géniteur, fût-il opposé à cette décision, et je trouve ça encore plus grave. ça me dérange beaucoup, de faire porter à quelqu’un d’autre, même très indirectement, même sans rien lui reprocher, la responsabilité d’une naissance. A cet égard, je n’arrive pas à trancher: certes, c’est le corps de la femme qui est en jeu, et non celui de l’homme, qui n’a pas à décider à la place de la première concernée. Mais la naissance d’un bébé ne s’arrête pas à sa conception et ses neufs mois de gestation.
    Enfin, c’est peut-être largement hors-sujet, et dans ce cas, je suis désolée.

    • C’est tout à fait vrai, et malheureusement ces sont des problèmes complexes qui demandent des réponses complexes… Je n’ai pas de réponse dans l’absolu (même si j’ai tenté de donner quelques pistes en fin d’article).

    • Claire, tout homme qui couche avec une femme en âge d’être enceinte devrait être conscient que la possibilité que ça arrive existe, contraception ou pas (car aucune n’est efficace à 100%). Et donc être conscient qu’éventuellement, même si ce n’était pas du tout le but, il peut devenir père dans l’histoire. Je ne crois pas que ce soit injuste, c’est juste un fait dont peu d’hommes sont conscients.

    • « Et si c’est la femme qui désire garder l’embryon, et que l’homme qui s’y refuse, la responsabilité de la femme qui donne naissance à un enfant implique forcément le géniteur, fût-il opposé à cette décision, et je trouve ça encore plus grave. ça me dérange beaucoup, de faire porter à quelqu’un d’autre, même très indirectement, même sans rien lui reprocher, la responsabilité d’une naissance. »

      Ça, c’est parce que dans nous baignons dans une culture où le seule vrai lien qui vaille, c’est le lien du sang. Rien que la distinction « enfant légitime/naturel » / « enfant adopté » veut tout dire à mes yeux. Pourquoi une telle distinction existe-t-elle encore si ce n’est pour hiérarchiser ?

      Du coup, qu’on le veuille ou non, si on es géniteur/trice d’un enfant, on a potentiellement cette personne dans les pattes pour le reste de sa vie ; surtout les hommes en fait. Seulement, j’ignore si ça va durer, vu que certains veulent remettre en cause l’accouchement sous X.
      Je crois sincèrement qu’on devrait pouvoir applique une sorte d’équivalent pour les hommes, histoire qu’ils aient, eux aussi, le choix de se défaire d’un enfant qu’ils ne veulent pas et qu’ils ne voudront peut-être jamais.

      • « Ça, c’est parce que nous baignons dans une culture où le seul vrai lien qui vaille, c’est le lien du sang. »
        Dans une culture où il faut nécessairement se sentir « lié » aux autres pour envisager de se montrer bienveillant, aussi ^^

        « ça me dérange beaucoup, de faire porter à quelqu’un d’autre, même très indirectement, même sans rien lui reprocher, la responsabilité d’une naissance. »
        LOL. Sous-entendu, la vraie responsable dans l’histoire, c’est la Mère, parce qu’elle choisit de ne pas avorter (elle est responsable de rendre l’homme responsable …).
        AMHA, la « responsabilité d’une naissance », c’est franchement pas grand-chose. Y a pas de lien mystique entre un père et son gosse, le père c’est une fonction sociale et des mythes qui vont avec. C’est une question d’engagement, pas de « responsabilité naturelle ».

        • Pas tout à fait vrai Ribz, car si un enfant est reconnu comme le tien, il me semble que tu es censé subvenir à ses besoins, t’en occuper etc…

          • Une mère ne peut pas juste se pointer à la mairie et établir une filiation paternel avec X ou Y. C’est ce dernier qui doit aller faire la démarche de reconnaissance (sauf cas d’un couple marié où le mari est automatiquement reconnu comme le père). Donc si le père biologique n’a pas envie d’établir de filiation légale avec l’enfant, il ne le fait pas.
            Après, est-ce que la mère a le droit de déposer un recours en justice, en demandant un test ADN, pour obliger le père biologique à reconnaître l’enfant et donc établir des obligations légales… Je ne sais pas.

        •  » Dans une culture où il faut nécessairement se sentir « lié » aux autres pour envisager de se montrer bienveillant, aussi ^^ »

          Je ne vois pas ce que ça change à ce que j’ai dit. Pourquoi seul le lien du sang serait à même de développer l’empathie chez une personne ?

          • J’en sais pas plus que toi.

            Que ce soit le lien du sang, du genre, de la couleur de peau ou de l’espèce … On devrait pas avoir à se sentir « spécialement lié » à un autre pour se préoccuper de ne pas lui nuire.

            Pourquoi être hostile à priori à ce qui est étranger ? J’aimerais bien avoir la réponse aussi. Par peur de manquer (pas envie de partager), par manque de confiance, et aussi parce que la xénophobie est culturellement bourrée dans le crâne de beaucoup, entre autres réponses.

      • Quand j’y réfléchis à la volée (vous avez le droit d’hurler si vous trouvez ça horrible), il faudrait, pour le cas où une femme veut avoir son enfant, une sorte de contrat de co-parentalité pour quiconque veuille faire partie du « projet », avec l’accord de la mère bien entendu (que ce soit le père biologique ou le compagnon(ne) de la mère), au lieu d’imposer une paternité non voulue.

        Après je sais que c’est affreusement réglementariste…

        • Si le père biologique est d’accord et donc ne conteste pas, n’importe quel homme peut reconnaître l’enfant.

          • Mais aussi : si le père biologique n’est pas contraint à assumer sa paternité (même légèrement), il peut s’en laver les mains, ce que souhaitent beaucoup d’hommes après des rapports sexuels où la contraception a été le cadet de leur souci.

            Si ce « risque » de se retrouver père parce que « elle veut pas avorter, la traîtresse » n’existait pas, d’une part les hommes se soucieraient encore moins de contraception.

            D’autre part une femme qui se retrouve enceinte devrait souvent choisir non entre avorter et devenir mère, mais entre avorter et devenir fille-mère, c’est à dire s’engager seule dans la parentalité, et être responsable vis-à-vis de l’enfant du fait qu’il soit sans père.

            Ce n’est pas la même chose que d’élever un enfant en étant séparée du père et en se débrouillant avec la mauvaise volonté qu’il pourra y mettre, situation beaucoup plus courante (oh combien !) donc moins stigmatisante, et quand même un peu plus facile que d’être fille-mère.

            Petite précision : je ne cite aucun chiffre dans tout ça, à propos des hommes qui voudraient s’en laver les mains, de ceux qui ne se soucient pas de contraception, de ceux qui annonceraient d’emblée qu’ils ne reconnaîtront pas l’enfant si « elle  » le garde, ni à propos de la mauvaise volonté de nombreux pères même quand le projet d’enfant était le fait des deux parents. Je me base sur mes observations personnelles, qui ont servi à me faire un avis sur ces questions. J’accueillerai avec joie toute étude un peu sérieuse qui m’apportera des chiffres, quels qu’ils soient, mais en attendant l’étude qui me contredira et m’en fera changer, c’est mon avis.

          • Ah oui encore un petit ajout à ce « Si tu le gardes, ne comptes pas sur moi » que la législation actuelle tente d’empêcher malgré les autres problèmes que ça soulève.

            Si tu le gardes et pas moi, ben on ne sera plus ensemble. Tu m’aimes ?

          • (HS) Pourquoi pourrait-on pas déjà élargir la reconnaissance d’enfants aux couples homosexuels (dans le sens « adoption », avant qu’on me saute dessus pour parler mensonge à l’enfant, bla bla)?

            Donc, au final, il n’ y a pas d’obligation par défaut pour le père biologique?

          • « Après je sais que c’est affreusement réglementariste… »

            Et un mode de fonctionnement affreusement biologique, c’est forcément « mieux » ? ^^

            Pourquoi pas considérer que toutes les formes de parentalité sont une « adoption » ? Pour éviter un éventuel problème de consanguinité (Dépression endogamique) futur, mais est-ce qu’on ne peut pas y remédier simplement par un petit test technologique rendu universel ..? (genre une échographie ..) (ça ressemble à de l’eugénisme et à de la technocratie ..)

            « une sorte de contrat de co-parentalité pour quiconque veuille faire partie du « projet », avec l’accord de la mère bien entendu (que ce soit le père biologique ou le compagnon(ne) de la mère) »

            Et pourquoi s’arrêter à deux ? Pourquoi pas encourager des « contrats de coparentalité » à plus que deux parents ? (en limitant l’ « autorité parentale » juridique à une ou deux personnes par enfant, pour éviter les conflits insolubles ..).
            Parce que les gosses arrêteraient de faire la différence entre « mon clan à moi, mon nom de famille » et « les autres, qui ne nous ressemblent pas, et desquels je dois protéger mon clan » ?
            Ça, ça serait grave l’horreur, clairement ..
            Et pire que ça, on pourrait penser que tous les gosses se valent, et que les nôtres ne méritent pas infiniment plus que les autres .. Flippant.

    • « si un homme désire garder le bébé » […] « Et si c’est la femme qui désire garder l’embryon »

      Claire, fais attention à ce qui tu dis. Outre le fait que le projet d’enfant d’un homme est automatiquement un bébé, même dans le ventre d’une femme qui ne veut pas le porter, alors que le projet d’enfant d’une femme, si la grossesse n’est pas désirée par le géniteur, reste un embryon, ce qui est quand même le point le plus choquant de ton commentaire, il y a aussi le fait que tu utilises des articles différents : UN homme, un individu qui a une vie, des rêves… LA femme, le personnage qui se trouve porter l’embryon qui risque de détruire la vie d’un homme…

      Tu parles de toi au féminin, et je te dis que ton propos est sexiste. Oui, les femmes sont tout aussi sexistes que les hommes (c’est l’une des erreurs les plus plus courantes à propos du sexisme que de l’attribuer seulement aux hommes). Ce système ne tient pas debout PAR les hommes CONTRE les femmes. Il tient debout PAR tou’s, et à la fois (c’est là que c’est subtil) CONTRE tou’s et AU PROFIT des hommes : contre tou’s, car il impose aux hommes comme aux femmes des rôles étroits, stéréotypés et contraignants, ainsi qu’un système de castes qui révolte beaucoup d’hommes (tout comme le racisme peut révolter des blanc’s, etc). Mais au profit des hommes, ben ça j’espère que c’est assez visible (sinon lis d’autres articles de ce blog par exemple).

      Nous sommes tou’s sexistes, parfois malgré nous, parce que nous baignons dans tant de sexisme qu’il est impossible de ne jamais en reproduire. Nous pouvons seulement faire de notre mieux pour voir notre propre sexisme et nous en débarrasser un peu (quand je dis un peu : de toutes nos forces, pour un résultat souvent assez frustrant) et aussi aider les autres à voir leur sexisme, pour qu’iels puissent, si c’est leur souhait (ce que j’appelle être antisexiste) s’en débarrasser aussi un peu. C’est la raison de mon message.

  17. Si aucun degré d’empathie ne peut remplacer l’expérience, que peut comprendre l’auteurE du présent article à ce que ressent un homme confronté à l’avortement de sa compagne ?

    Rien.

      • Mais ça ne t’empêche en rien de le juger comme inférieur et négligeable au ressenti de la femme vis-à-vis de l’avortement.

        #genius

          • J’avoue, la teneur de l’article et le ton général ont orienté ma lecture ce qui a conduit apparemment à la réinterprétation de certains propos.

            Pour ça, je te prix de m’excuser. Vraiment.

  18. Je suis d’accord avec ta première partie, et le titre de l’article m’avait également choqué.
    Je te rejoins sur ton 2 et ton 3, même si je trouve ça un peu HS par rapport à l’article original (bien sur, il est important de rappeler les luttes à l’origine du droit à l’IVG et les difficultés actuelles dans l’accès à l’avortement, mais est-il indispensable de le rappeler dès qu’on aborde le sujet, même pour parler d’un autre aspect des choses ?).

    En revanche, ton 4/ me semble une interprétation toute personnelle de l’article. Non, l’article ne nie pas que l’IVG concerne avant tout les femmes. Il est même répété deux fois qu’heureusement que la décision appartient aux femmes. Et surtout, le fait de faire du témoignage d’une souffrance des hommes face à une décisions sur laquelle ils n’ont pas de prise mais qui les concerne quand même une volonté de prendre la décision à la place des femmes il y a un fossé que tu franchis, je trouve, un peu trop facilement. Mais c’est peut etre moi qui suis naïve…

    • Si tu lis attentivement d’un côté c’est rappelé et d’un autre côté c’est contesté, c’est ça qui est gênant.

      • Même en lisant attentivement, je ne vois pas de contestation ou de remise en cause, simplement le fait que c’est source de souffrance. Et c’est justement le fait qu’à mes yeux, tu passes un peu trop facilement de l’expression d’une souffrance à l’idée d’une contestation qui me gène.

        • Je trouve que c’est un peu naïf de considérer qu’il n’y a aucune revendication derrière l’expression d’une souffrance. De plus, les propos masculinistes sont presque toujours ambigus, et là on est en plein dedans. Je ne pense pas que pleurer en chœur soit le seul but de cet article.

  19. Je me fais des idées ou en ce moment il y’a une attaque en règle des femmes par les masculinistes dans les médias ? Je pense à l’histoire du mec dans la grue et de son traitement médiatique, de cet article, j’ai pas d’autres idées précises en tête mais j’ai l’impression que ça plusieurs semaines que je lis sans arrêt des articles sur ces pauvres hommes qui sont tellement malheureux parceque c’est plus eux qui commandent…
    Parceque là c’est exactement ça, et je te trouve courageuse d’avoir lu tout l’article et d’avoir partagé (et je trouve honteux que Rue 89 publie un truc pareil).
    Dès les premières phrases ça donne envie de hurler : « les hommes avortent », « L’IVG est une affaire de couple » « Pourtant,.., son avis ne compte pas toujours » et last but not least : « L’IVG, question délicate pour eux, car s’ils ont leur mot à dire, légalement la décision ne leur revient pas » (et presque chaque phrase de cet article donne envie de hurler, d’ailleurs)
    Les hommes avortent ? Ils ont leur mot à dire ? Nan, mais je rêve… o0
    MON homme, avec qui je suis en couple, a effectivement le droit de donner son avis. Parce que JE lui reconnais ce droit. Et effectivement, je pense qu’être confronté à la nécessité d’une IVG le toucherait et ce serait bien que la société reconnaisse aux hommes le droit d’avoir de la peine, du chagrin, d’être perturbés, d’avoir des sentiments quoi.
    Et comme c’est mon corps c’est juste normal que ce soit moi qui décide en fin de compte.
    Mais bref, moi je suis en couple. Et ce qui me gêne dans cet article c’est aussi qu’il sous-entend que toute femme qui a eu un rapport fécondant avec un mec est en couple (avec) et que c’est le couple qui a une décision à prendre. Ben non quoi. Une femme a le droit d’être juste elle, pas en couple, et c’est elle qui décide pour elle même de ne pas poursuivre une grossesse non désirée ou au contraire de ne pas subir une IVG non désirée. Le mec avec qui elle a couché une fois, deux fois, dix fois ou pendant 6 mois ou pendant 5 ans ne devrait pas être *forcément* considéré comme la moitié d’un couple et je trouve hallucinant qu’il y’en ait que ça choque « que son avis ne compte pas toujours » !
    Bon je sais pas si je suis claire, disons que je crois que ce n’est pas parcequ’on couche ensemble qu’on est un couple et que l’homme doit intervenir dans les décisions.
    Et donc… le prochain article que tu vas commenter ce serait sur la suppression de l’accouchement sous X parceque les hommes se sentent dépossédés et qu’ils ne peuvent pas décider, etc… ? Un article du genre ce serait bien dans l’air du temps je trouve !

    • c’est parce que la majorité des avortements sont le fait de femmes vivant en couple.

  20. Bon, et en temps que professionnelle de santé cette phrase de l’article sur Rue 89 me reste en travers de la gorge : « Je ne pense pas que les hommes se sentent satisfaits de l’accueil qu’ils reçoivent dans les différentes structures. Il y a trop de femmes : les médecins, les infirmières, les conseillères. »
    Il y’a aussi une pression masculiniste en médecine : vous avez déjà entendu parler de la « féminisation de la profession » et des maux qu’elle entraîne ? Moi, oui, beaucoup : en cours, en stage avec de vieux professeurs (et des jeunes) (et des femmes), avec les patients aussi d’ailleurs…
    Donc là apprendre qu’il y’a trop de femmes dans les centres d’IVG et que ça insatisfait les hommes…. hum.
    Et bientôt on entendra parler des pères qui sont insatisfaits parcequ’il y’a trop de femmes en pédiatrie ? (ça me rappelle l’actualité récente et le trop de femmes JAF) et des hommes insatisfaits parcequ’il y’a trop de femmes partout en fait mais pas assez dans la cuisine/dans leur lit ?
    Bon, les hommes insatisfaits par la « féminisation de la profession » (médicale) : ça m’éneeeeerve !

    • Et nous qui n’avons pas le droit de nous plaindre parce qu’il y a « trop » d’hommes dans tellement d’autres professions !

  21. > Or, si la contraception orale pour hommes n’existe pas, ce n’est pas uniquement à cause de contraintes biologiques

    De toute façon, quand bien une contraception masculine autre que le preservatif existait, encore faut-il que les femmes fassent suffisamment confiance pour ne plus en prendre de leur côté alors qu’au final, ce sont elles qui subissent les conséquences d’une grossesse non désirée.

    • S’il y avait une contraception masculine, chacun pourrait contrôler sa propre fécondité (de manière plus diversifiée qu’avec le préservatif). Il ne s’agit pas forcément pour les femmes d’arrêter leur propre contraception.

  22. > Or, si la contraception orale pour hommes n’existe pas, ce n’est pas uniquement à cause de contraintes biologiques

    (HS) Tiens, c’est marrant, mais en tant qu’homme, à choisir entre des méthodes de contraception qui n’existent pas, je ne pense pas que la contraception orale aurait ma préférence: une prise quotidienne avec des risques d’oubli, c’est quand même très contraignant. Je pense que je préférerais encore le préservatif (à voir selon le taux d’échec, bien sûr). Pour le peu que j’en sais d’ailleurs, les méthodes actuellement envisagées ressembleraient plutôt au stérilet: un geste chirurgical réversible au niveau des canaux déférents.

    Ça montre surtout à quel point on associe contrôle des naissances et contraception orale, alors que c’est loin d’être toujours la méthode la plus adaptée.

    • Le contraception masculine existe pourtant.
      http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/03/04/19961-pilule-masculine-contraceptive-existe-t-elle

      Oui. Une contraception hormonale masculine fondée sur le même principe que la pilule féminine a été utilisée dans notre service de biologie de la reproduction de l’hôpital Bicêtre, dès 1979.
      Quels sont les principes des contraceptions hormonales féminine et masculine? Pour comprendre comment la contraception hormonale masculine agit, il faut rappeler la composition de la pilule féminine. Celle-ci est constituée de l’association d’un progestatif (le norstéroïde, en fait l’hormone masculine – testostérone – modifiée) et de l’éthinylœstradiol, dérivé de l’hormone féminine naturelle (œstradiol). La pilule féminine inhibe l’ovulation.
      Chez l’homme, on combine le progestatif à des dérivés de la testostérone. On inhibe ainsi la production de spermatozoïdes: on sait cela depuis les travaux de Heller, qui datent des années 1950-1958. Différents essais utilisant le plus souvent des injections ont montré que l’on pouvait utiliser cette association ou même des dérivés de la testostérone seuls.
      La plupart de ces tentatives n’ont pas abouti, car les traitements testés étaient souvent responsables d’effets indésirables (perte de virilité, prise de poids…). Dès 1976, un gynécologue français, Salat-Baroux, a mené un protocole de ce type privilégiant la voie orale. Un traitement non injectable (pilule-gel) a été mis au point à Bicêtre. En 1978, nous avons été soumis à une demande insistante de contraception masculine provenant de couples dont la femme avait souffert de complications des contraceptions féminines. Bénéficiant de l’expérience des essais antérieurs et des résultats des travaux de l’école d’endocrinologie française (Jayle, Mauvais-Jarvis, de Lignières, Schaison), nous avons proposé un nouveau traitement associant une pilule (le progestatif) et, pour la première fois, la testostérone naturelle administrée sous forme de gel à étaler sur la peau. Les produits utilisés sont disponibles en pharmacie ; les doses sont celles qui sont proposées habituellement.
      Essais cliniques
      Les résultats ont été satisfaisants: la vie sexuelle était améliorée, la production de spermatozoïdes inhibée et l’effet contraceptif efficace. Nos résultats ont été rapportés dans différentes publications ou congrès internationaux: Presse médicale (1982), Acta Endocrinologica (1983), Society for Study of Ferti­lity, Manchester (1983), Congrès international d’andrologie, Florence (1989), Human Reproduction (2011).
      Ce traitement a été repris avec des variantes par des équipes françaises à Lyon (1988) et Rennes (1989), puis par des équipes américaines de Seattle (2006) et de San Francisco (2012), dont les résultats ont été rapportés dans Le Figaro du 17 août 2012.
      On peut remarquer que le mode d’administration et les produits utilisés pour la contraception masculine étaient en avance sur la contraception féminine, puisqu’il a fallu attendre 2000 pour que l’on propose aux femmes une contraception percutanée (patchs) et 2009 pour que, dans certaines pilules, l’œstradiol naturel remplace l’éthinylestradiol, responsable de troubles vasculaires.
      Une contraception hormonale masculine peut-elle être utilisée immédiatement? Le traitement pilule-gel ne peut évidemment pas être diffusé à une large échelle tant que des essais cliniques réglementaires n’ont pas été réalisés. Il faut pour cela des investissements financiers auxquels ne semblent pas consentir, pour l’instant, les firmes pharmaceutiques. Toutefois, on peut utiliser dès maintenant un autre produit disponible en pharmacie, l’énanthate de testosté­rone, dans les conditions définies par deux protocoles de l’OMS auxquels nous avons été appelés à participer:
      – hommes de moins de 45 ans, vivant en couple stable, fortement motivés en particulier par une intolérance aux contraceptions féminines, sans antécédents pathologiques contre-indiquant l’usage des produits utilisés ;
      – sélection des bons répondeurs, traitement limité à 18 mois.
      L’énanthate de testostérone nécessite des injections intramusculaires hebdomadaires, mais leur fréquence pourrait être ramenée à trente ou quarante-cinq jours si l’on utilisait un produit voisin, l’undécanoate de testostérone.
      —————

      moi j’attend toujours que les papas dans le dos se bougent le cul pour militer pour une contraception variée. Parceque pour le moment j’en entend beaucoup gémir, mais j’en ai jamais vu un seul faire une association pour une contraception masculine variée. Si les labos avaient même la vague impression que la contraception masculine puisse être un marché, un vaste choix serait déjà a disposition depuis longtemps. Le seul marché pour les mecs c’est la pilule pour bander longtemps, et les mecs sont nombreux à gober cette merde et a en redemander.

      Il y a aussi la vasectomie, on peut même congeler du sperme pour les indécis. La contraception définitive masculine est moins définitive que la féminine. Pour les mecs qui pleurent d’être papas dans le dos alors qu’ils ne voulaient jamais être papa, la vasectomie est pour vous.

      Parceque pour le moment a part en vouloir aux méchantes femmes faiseuses d’enfants dans le dos ou tueuse de petite graine du bondieu, j’ai rien entendu de constructif des hommes papa-dans-le-dos. Au lieu de gueuler sur les labos et votre propre indifférence aux questions de contraception, il y en a encore pour s’en prendre aux féministes sur le sujet.

      Parceque les seuls que j’ai jamais lû vu et entendu parler de contraception masculine sérieusement se sont les féministes, les masculinistes et les papas dans le dos, tout ce qu’il réclame c’est pourrir la vie des nanas et ne surtout rien faire qui leur demande un effort.

      Alors messieurs les chialeurs, occupez vous des labos au lieu de gober leur viagra comme des abrutis, réclamez les hormones dont on a vraiment besoin pour ne plus vous entendre gémir.

    • Le geste chirurgical dont tu parles n’est pas réversible dans tous les cas… (et n’est à l’origine pas fait pour l’être)

      • Je pense qu’on ne parle pas de la même chose. J’ai retrouvé, c’est le RISUG auquel je pensais, en fait c’est juste une injection.

    • La sensation de fusion et de proximité (liée à la chaleur, aux resserrements, etc) est très amoindrie avec un préservatif, fusse-t-il d’une finesse remarquable. Tout du moins c’est comme ça pour moi.

      En gros y’a des moments où c’est un peu relou de faire l’amour avec un bout de plastique qui te sépare un peu de ta partenaire comme un genre de mur (y’a aussi une dimension intellectuelle attachée au truc, probablement).

      De ce que j’ai entendu, les filles préfèrent aussi sans si c’est possible. (Pour des raisons similaires ?)

      Alors s’il existait une pilule pour homme sans trop d’effets secondaires bizarres -certaines filles réagissent très violemment à la pilule et ont du mal à en trouver une qui leur aille- ça pourrait être intéressant.

      C’est compliqué tout ça. Heureusement que les polluants auront achevé de nous flinguer les couilles d’ici 2030, rendant toute idée de contraception inutile (qui sait si on cherchera pas plutôt à développer des pilules pour espérer redevenir un minimum fertile).

      Ton truc de se faire couper et rabibocher les tuyaux est un poil flippant aussi.

      • Je vous rassure, celle de se faire ligaturer les trompes l’est également et en effet, tout le monde n’apprécie pas le préservatif, fille et garçon, MAIS, jouer à la roulette russe à chaque rapport, c’est un peu limite. En réalité, une fois le spectre des infections sexuellement transmissibles mis de côté par une test sanguin, il est toujours possible à un couple de se mettre d’accord sur une contraception qui conviennent aux DEUX partenaires (pour moi, le stérilet, pour d’autres l’implant, la pilule, le préservatif féminin, masculin, etc.). La question qui se pose vient des non-dits et de la confiance à accorder : ne pas informer son partenaire de ses prises de risque avec d’autres et de la possibilité d’être infecté(e), du fait qu’on est pas certain(e) de la prise du petit cachet, c’est quelque chose qui est de l’ordre de la relation à l’autre, ce qui n’est jamais simple. Pour finir, le dialogue oui, mais en cas de grossesse, je reste persuadée que c’est à la femme de prendre la décision finale et ENFIN, qui si une des deux personnes se sent mal suite à cet événement, ce qui est tout à fait possible, il faudrait également que cette personne puisse en parler à quelqu’un, et là, je crois malheureusement que cette prise en charge n’est pas toujours proposée, mais on est loin de la stigmatisation ou de l’abandon dont parle l’article de Rue 89, on est dans une carence, mais personne ne me l’avait proposé non plus après mon avortement et je ne suis pas un homme.

  23. @baur ma réponse est tombé sur toi, je te répond pas en particulier. C’est juste que je me mélange dans les boutons de réponse. Donc ne prend pas mon poste énervé pour une attaque contre toi, je ne te vise pas mais parle « a la cantonade » parceque des mecs qui chialent d’êtres papa-dans-le-dos j’en ai tellement entendu dire des horreurs que je m’énerve directe sur le sujet.

  24. Mon conjoint me rappelait de prendre la pilule, de prendre ma plaquette quand on partait en we ou en vacances. Je ne lui épargne rien des désagréments que cela me causait, de mes saignement avec mon stérilet, des cicatrices très loooonngues à cicatriser après mon accouchement, des rdv chez le gynécologue et de la pilule mal remboursé, du stérilet, des examens, des frottis (qui passe sur le compte joint). On a toujours des capotes en cas d’oubli, il ne lui viendrait pas à l’idée de râler.
    Quand ma grand-mère a vraiment failli mourir d’un énième avortement chez la faiseuse d’ange, mon grand-père leur a imposé l’abstinence.
    J’ai du prendre un traitement contre mon infertilité, j’étais donc ultra attentive à mon cycle pleine d’espoir, il m’a fallu quand même SEPT semaines pour m’apercevoir que j’étais enceinte.
    Dans notre société, on menace les femmes, on les culpabilise parce qu’elles devraient toujours faire attention, connaître parfaitement leur cycle, ne prendre aucun risque, on parle du trou de la sécu parce qu’elles « joueraient » avec les probabilités.
    Quand est-ce qu’on a juste évoqué l’idée de ne plus prendre en charge les soins des jeunes hommes qui se blessent au volant parce qu’ils ont pris trop d’alcool? Parce qu’ils ont joué avec les probabilités? Leur surmortalité sur la route est implacable, ils se tuent et ils tuent d’autres personnes, des enfants, des bébés. Mais seule la Fâaaame « tue » des foetus, cette grande pécheresse.
    Les accidents sur la route sont la grande cause de la société, les avortements sont de la seule responsabilité de la fâaaammee cette irresponsable.
    Tout le monde a le droit d’abuser de tout, de passer jeunesse, d’avoir des péchés mignons, des défauts, d’être imparfait, de se tuer, de tuer d’autres personnes (il y a pire que de se tuer en voiture, c’est de tuer les autres), de trop boire, de trop manger, de trop travailler, de ne pas assez travailler, de faire du ski hors-piste, de coucher, de manifester, de se battre, de prendre la volant, de rater son bac, de devenir handicapé, de faire payer à la société et à la sécu ses excès SAUF LA FAAAAMMMEEE cette tueuse de foetus irresponsable récidiviste.

  25. Ping : Non, les hommes n’avortent pas. | Genre et féminisme | Scoop.it

  26. Il y a eu suffisamment de commentaires pour que je n’aie rien de plus à dire sur le contenu.
    Juste une petite remarque sur la forme : quand on emboîte des guillemets, il faut faire comme ça :
    L’auteur proclame : « “Courage, fuyons”, c’était avant »
    (je ne sais pas si on voit la différence entre «  » et “” ?)

  27. Qui d’autre s’est fait insulter copieusement pour la journée internationale du végétarisme?? Woooooo!!!

    • Ceux qui me suivent sur Twitter l’ont déjà vu mais bon… quelqu’un se plaignait de la #JournéeSansViande sur le mode « holala ils sont trop cons c’est vraiment se faire du mal » et je lui ai demandé si la #MinuteSansViande ça allait ou c’était trop… Ben il l’a mal pris XD

  28. Après avoir courageusement lu l’article et les commentaires, j’estime pouvoir apporter mon expérience et celles des femmes / filles que j’ai accompagnées à des IVG suite à des grossesses non-désirées, que ce soit par elles / moi ou par leurs /nos conjoints.
    Déjà, je suis tout à fait d’accord sur le fait que « Les hommes n’avortent pas ». Oui c’est clair, physiologiquement, ils ne le peuvent. Et je suis attérée de voir que l’article vend les larmes des « pauvres » hommes, sans voir ou en culpabilisant ces méchantes femmes qui ont décidé sans eux ou sans leur permettre de participer. Il est dommage que cet article soit si parti pris pour les hommes et si peu pour le couple plutot. Pour « vendre » leur idée de la participation de l’homme à l’IVG de leur « compagne », il aurait mieux value parler de cette minorité d’hommes qui s’inquiètent et acceptent la culpabilité à deux de cette conception non voulue, à la rigueur de leur impuissance fasse à cette situation, et de la douloureuse absence de « comprendre » ou d’être accompagnés, mais sans stimagtiser la femme qui elle avorte, et la plupart du temps pas dans un bien-être moral.
    J’ai avorté personnellement. Toujours dans le même hopital, toujours avec difficultés de faire comprendre à une équipe médicale, pourquoi je ne voulais ou ne pouvais garder cet enfant. Mais toujours après en avoir parler à mon compagnon. Chaque IVG a été différente, et toujours douloureuse. La culpabilité, moi, comme mes cousines, ma soeur, et trois amies, nous avons été seules à la supporter, chacune accompagnant l’autre à cause d’un conjoint qui n’en avait rien à faire, et qui , lorsqu’il vous voit rentrer à la maison, vous dit que c’est passé, que vous devez aller bien puisque vous êtes sortie de l’hopital. Pour en avoir souvent discuter entre nous (les méchantes filles qui avortent), l’expérience est malheureusement souvent la même : La faute d’être tombée enceinte c’est la notre (sic les ex-futurs papas), la faute d’avorter c’est la notre (sic les médecins et autres personnes gravitant dans les planning familiaux), la faute de la mauvaise contraception c’est la notre… (J’ai personnellement pas le droit à une contraception hormonale, et suis tombée enceinte malgré mon stérilet….) Donc admettre que le fait que les pauvres hommes subissent l’avortement de leurs femmes, non, je ne supporterai pas cette faute de plus.
    Inversement à cet article, devra-t-on aussi pointer du doigt les femmes qui font une fausse-couche ? Pauvres hommes qui seront priver de leur futur descendance à cause du corps de cette femme !!!!
    Avant de stigmatiser les femmes vis à vis des papas, et de faire ce genre d’article sexiste, merci de prendre en compte les deux avis. Les femmes ne sont pas contre le fait que leur conjoint participe à – la contraception – la procréation – l’IVG – le soin des enfants…. Mais n’oubliez pas quand même messieurs, que ce sont des rôles que vous nous reléguez, donc merci de ne pas vous plaindre ensuite d’être laissés de coté sur des sujets que vous avez ignorés, voire dénigrés pendant tellement de temps. De là à nous faire encore porter le chapeau, vous exagérez.

    • « Mais n’oubliez pas quand même messieurs, que ce sont des rôles que vous nous reléguez »

      Oui, mais le rôle de « prendre des décisions » ne fait pas partie des choses qu’ils vous ont reléguées, t’as remarqué ? ;)

      « donc merci de ne pas vous plaindre ensuite  »
      Parce que les mecs en question se soucient de justice, d’égalité ou de logique ? Ahah.

      • Prendre une décision semble effectivement être dans leur bon droit sans être le notre.
        J’ai été choquée quand à mon second IVG, le médecin n’a pour une fois émis aucune critique ou demande de précision, ou n’a pas essayé de me faire changer d’avis quand il a su que cette demande émanait de mon conjoint à l’époque. Pour une fois, je n’ai pas eu le droit à tous ces sermons sur le fait d’avorter. Alors que les autres fois, sachant que c’était ma décision, je n’y ai pas coupé. — »

        Ensuite non, je ne suis pas d’accord sur un point avec toi, il existe des mecs qui se soucient d’égalité, de justice… Mon conjoint actuel (suis tombée sur une perle rare) estime qu’il est normal que je donne mon point de vue, décide même, et ne dirige pas ma vie ou mes pensées y compris en public. Donc ils existent ces hommes là. Mais peut-être aussi que leur éducation « vrai mâle », ne permet pas à d’autres l’exploit de penser autrement. Malheureusement, je pense que c’est à nous, femmes, que revient aussi en partie cette erreur, mais aussi le fait de la changer en changeant cette image de mec viril, nos grands-mères ont enseignés leurs fils dans ce sens, nos mères l’ont un peu édulcoré en y intégrant le droit des femmes, personnellement j’élève mes fils dans le respect des droits de l’être humain sans stéréotype masculin / féminin, expliquant que la place d’un homme est aussi dans la cuisine, comme celle de ma fille dans le garage si elle veut bricoler… C’est peut etre un petit pas pour la société, mais au moins je n’aurai pas à me maudire de les avoir éduqués dans le sens GI Joe / Barbie.

        Malheureusement, ce n’est pas à l’heure actuelle la tendance que l’on peut voir dans notre société (et j’avoue repasser souvent derrière tel ou tel comportement vu par mes enfants)

        • Lol. Tu m’as fait rire ^^ Figure toi que je sais que ces mecs là existent.

          C’est un pas énorme pour tes gosses à toi en tout cas, et ça ne peut pas nuire à la société. Ils auront une influence à leur tour, etc … Si on gagne du terrain ou pas dans l’absolu, j’en sais rien, mais au moins ton influence à toi est essentielle à un progrès relatif (le tien, celui de tes gosses, de vos proches ..). C’est déjà énorme.

        • C’est choquant ce que tu racontes sur les réactions du médecin.
          Sinon je ne pense pas que toutes les femmes édulcorent l’éducation sexiste en y ajoutant un peu de droit des femmes (ni que tous les hommes soient sexistes d’ailleurs). Une majorité de parents sont sexistes… C’est vrai que les femmes sont, logiquement, un peu plus concernées par leurs propres droits, mais pas autant qu’on pourrait s’y attendre, je trouve.

          • C’est choquant oui, mais tellement courant dans cet hopital. J’ai tendance à tout analyser, et en suis enu à la conclusion que c’est parce que la majorité des gynécologue à un moyenne d’âge de 60 ans…

            Oui malheureusement, toutes les femmes ne se retrouvent pas dans l’éducation sexiste, mais j’ignore si c’est parce que je suis entourée par un noyau dur de féministes (si ça se trouve c’est simplement cela, je ne peux parler qu’avec ma propre expérience) mais je m’aperçois que certains conseils plus égalitaires fusent dans le milieu que je fréquente. Et c’est agréable de voir une génération de jeunes mamans instruirent (ah oui précision : les papas ne sont malheureusement pas aussi impliqués dans les personnes qui m’entourent, je pense que vous l’aurez remarqué) leurs enfants, filles comme garçons sur une base plus souple. Je ne parle pas d’éducation neutre, loin de la, mais du fait que les garçons peuvent participer au ménage ou aux jeux dits féminins, et les petites filles au bricolage ou aux jeux dits garçons.
            Et d’avoir une majorité comme cela autour de moi, ben ça rassure pour l’avenir

  29. En tant que polyamoureux pouvant avoir plusieurs partenaires, l’utilisation du préservatif est pour moi une évidence. Cela dit, même dans ce milieu et a fortiori en dehors, mes discussions m’ont conforté dans l’idée que, par facilité/indifférence/égoïsme/ignorance/naïveté, beaucoup d’hommes laissent quand même à la femme le soin de s’occuper de cet aspect des choses. Et il n’est pas hasardeux de supposer que ce serait encore pire si la question des MST ne se posait pas et que seule la procréation était en jeu.

    Concernant l’avortement, c’est une décision très importante, susceptible d’avoir des séquelles psychologiques si ce choix est forcé ou mal assumé (je connais plusieurs femmes vivant toujours comme une blessure le fait d’avoir avorté une dizaine d’années plus tôt). S’il va de soi que l’homme est concerné (ou devrait se sentir comme tel), la femme est encore plus concernée dès lors que c’est de son corps qu’il s’agit. En ce sens, je trouverais intolérable que quiconque (homme ou femme) puisse imposer un avortement à une femme. Si elle souhaite garder l’enfant, c’est son droit et je ne suis pas convaincu qu’elle doive assumer seule les conséquences de cette décision ; le géniteur, coresponsable du risque de procréation, me semblant devoir assumer aussi, au minimum financièrement.

    En revanche, je serais plus nuancé dans l’hypothèse inverse, où la femme souhaite avorter et l’homme souhaite garder l’enfant (hors cas de rapports non consentis, bien sûr). La position des deux partenaires mérite d’être prise en considération, de même que le contexte : souhait d’enfant des parents, croyances et convictions (religieuses ou autres) des deux parents, âge et situation socio-économique des parents, réalité du couple formé ou non par les parents…

    Dans les deux cas de figure (avorter ou non), la décision ne sera anodine pour aucun des deux parents et devrait idéalement faire l’objet d’un consensus après discussions et tentatives de compréhension du point de vue de l’autre. Mais si un consensus ne peut être dégagé, la réalité biologique étant ce qu’elle est, le dernier mot me semble devoir revenir à la femme, pour qui les conséquences de la décision resteront de toute façon « moins anodines » que pour l’homme (ce qui ne signifie pas qu’il faille nier ou minimiser le ressenti de l’homme, qui a également sa légitimité).

    • Je ne pense pas que contraindre une femme a avorter soit pire que la contraindre à garder l’enfant. Si l’avortement est traumatique d’un point de vue physique, la grossesse l’est tout autant, si ce n’est plus. Dans un cas comme dans l’autre, c’est à la femme de décider, point. L’homme peut soutenir si ca lui chante, il ne s’agit pas de son corps.

    • « le géniteur, coresponsable du risque de procréation, me semblant devoir assumer aussi, au minimum financièrement. »

      J’aime pas cette formulation. Dans nos « société de la responsabilité légale », c’est sensé ce que tu dis, mais ça serait pas mal de garder à l’esprit qu’elles sont assez imparfaites …
      Tu vois la responsabilité du gosse comme un fardeau, il me semble qu’il y a vachement de monde qui se bat pour Pouvoir avoir la responsabilité d’un gosse … ou c’est moi qui ai rêvé ?

      La responsabilité financière de nourrir tout le monde (donc tous les enfants) ? Ahahah. Comme si c’était en rêglant la question de « à qui appartient ce gosse exactement ? » qu’on allait résoudre ce genre de problème.

      « si les gosses ont faim c’est parce qu’ils ont pas d’papa », en gros. Oui, c’est ça. Les problèmes financiers et de répartition des richesses ont tout à la voir avec la gestion des familles. Je dis Bullshit.

      Bref, j’suis un utopiste, mais si un gosse peut se retrouver dans la misère, c’est Pas « une fatalité parce qu’il a qu’une seul parent ».

      • @ribz, bien d’accord que la ma phrase méritait plus de nuances et que son objet pourrait justifier un débat à lui seul (mais j’ai cru comprendre que l’auteurE aimait bien qu’on s’en tienne au sujet…).

        J’ai trois enfants que j’aime (abstraction faite des mauvaises nuits et autres broutilles…) et ne suis certainement pas celui qui voit la responsabilité parentale comme un fardeau.

        Ce n’est qu’un aspect de la question, mais je connais suffisamment de mères célibataires qui rament salement pour clôturer leurs fins de mois. Si ce n’est pas leur choix de se passer d’une contribution alimentaire, je ne vois pas pourquoi le père ne devrait pas être mis à contribution. Après, si sa participation est aussi d’ordre affectif c’est encore mieux (mais, ça, cela ne s’oblige pas…).

        • C’est le sous-entendu (involontaire sûrement, ce n’est pas un reproche que je te fait) qui me fait bondir …

          Sous-entendu, un responsable d’état peut regarder de haut un enfant miséreux et dire « mais c’est normal, qu’il soit dans la misère ! C’est au parent de s’occuper de leurs gosses. Par paire de deux, un de chaque genre, et pas autrement. Solidarité ? Entre-aide ? Aide de la part de la société, garantie du minimum vitale ? Mais non, voyons. »

          Faire un test adn pour trouver « qui est le responsable de cette chose pour qu’il prenne la responsabilité de la nourrir ! », ou supposer que « la politique » existe pour garantir le minimum vital de bouffe aux enfants ? Mon choix est vite fait. Dans un cas, ça sert juste à forcer les gens au travail salarié (sauf ceux qui s’en foutent de leurs gosses), dans l’autre ça sert à résoudre effectivement le problème des parents et des enfants pauvres.

          C’est simpliste, je sais. Je voulais juste dire que ta phrase contient énormément de pré-supposés, même si elle a l’air de rien.

          • J’avoue que ce développement de la question m’avait totalement échappé. Je m’étais placé uniquement sur le plan humain et interpersonnel, sans prendre en compte la dimension juridique, le rôle de la collectivité, etc…, ce qui élargirait très (trop ?) considérablement le débat :-)

          •  » le géniteur, coresponsable du risque de procréation, me semblant devoir assumer aussi, au minimum financièrement.  »

            Tu retournes la phrase et ça donne « la détresse financière de cette personne s’explique par son abandon par son géniteur, qui Devrait être responsable ».

            Une phrase qui semble innocente dans un contexte culturel donné, qui si on se place hors contexte est essentiellement l’affirmation de valeurs culturelles. Que tu ne voulais Même pas vraiment relayer.

            C’est chiant parce que la pensée des gens est assujettie à la forme du discours, même des personnes remarquablement sensées et promptes à la remise en question comme toi, et il ya toujours plus de sens dans ce que tu dis que seulement le sens que tu crois donner ..

            .. J’essaye de m’arrêter avant d’élargir le débat, et au contraire de zoomer sur ce que tu as dit pour y chercher le non-dit caché ;)

            Bref, j’arrête là ma dérive, je voulais le dire encore une fois d’une façon différente pour que ce soit clair, mais j’ai dit basiquement trois fois la même chose.

          • « — Vous comprenez que, la propriété commune admise et le principe de la solidarité sociale établi sur de solides bases morales et matérielles, l’entretien des enfants appartiendra à la communauté et leur éducation sera le soin et l’intérêt de tous.
            Il est probable que tous les hommes et toutes les femmes aimeront tous les enfants : et si, comme je le crois certainement, les parents ont une affection spéciale pour ceux qui sont nés d’eux, ils n’auront qu’à se réjouir en sachant que l’avenir de leurs enfants est assuré et qu’ils ont pour leur entretien et leur éducation le concours de toute la société. »

            http://coeurnoirteterouge.wordpress.com/2013/02/25/les-femmes-dans-lanarchie-et-sur-le-papier/

            Bref, ça parle d’idéal. Mais quand tu parles « financement », tu parles de politique.
            La responsabilité parentale, c’est une chose, la capacité financière c’en est une autre qui a énormément plus à voir avec la « politique », le rapport à l’argent de la société, le rapport aux individus de la société, et la corrélation entre les deux est pas énorme, dans l’absolu.

            Dans notre contexte relatif, bien sûr, le père « devrait » participer à garantir un minimum de bien-être de l’enfant dont il est « responsable » (et pas coupable ..), puisque la « société » française n’offre pas grand-chose aux enfants. C’est seulement vrai dans une situation sociale donnée, qui est une situation sociale assez naze.

        • Bob, il y a aussi un tas de femmes célibataires qui souffrent de devoir s’occuper seule d’un enfant. Y compris d’un enfant qui était en projet dans le couple au moment de sa conception… Des hommes qui disent vouloir un enfant et qui se barrent quand la femme est enceinte, ça existe.

    • Personnellement, par rapport à l’expérience de la grossesse, je trouverais d’une violence insoutenable qu’on me la fasse vivre contre mon gré alors que je souhaitais avorter. La grossesse est une expérience intense, forte, et relativement longue, qui peut receler les meilleures comme les pires choses, au niveau du vécu; et je ne parle même pas de l’accouchement (on peut lire quelques récits épiques sur le web, sinon interrogez vos mamans, grand-mères, tantes, cousines…). Aller au-devant de cette épreuve de force qu’est l’accouchement, ça demande une volonté qui vient de soi. (il y a une différence entre descendre dans l’arène affronter la douleur, et y être trainé par les autres).
      Donc je pense que dans les deux cas c’est à la femme que doit revenir la décision d’avorter ou de poursuivre la grossesse. Bien sur cela peut être douloureux pour l’homme de voir interrompre une grossesse alors qu’il souhaitait être père. Mais la femme enceinte n’est pas qu’un pot, son corps n’est pas une machine, elle ressent des choses, elle souffre parfois, ses états d’âme peuvent d’ailleurs affecter aussi le fœtus. Tout ça pour dire que je ne nie pas la souffrance d’un homme qui voudrait être père, mais il faut considérer les choses dans leur ensemble. D’ailleurs, autant je pense que le fœtus au cours de la grossesse peut susciter des émotions, des sentiments, de l’attachement, etc, autant je pense qu’être attaché à un simple embryon pas encore formé est plus de l’ordre de l’imaginaire, de « ce qui pourrait être » et non pas de ce qui est. Ca peut aussi être douloureux bien sur, mais ce n’est pas la même chose d’avorter à 8 semaines ou de perdre le foetus à 5 mois.

      Je pense que tu as raison par rapport à la communication entre les deux partenaires. Cela dit on se place alors dans la perspective d’une relation de confiance et d’écoute. Malheureusement, toute relation pouvant engendrer un enfant n’est pas de cet ordre.

      • « Personnellement, par rapport à l’expérience de la grossesse, je trouverais d’une violence insoutenable qu’on me la fasse vivre contre mon gré alors que je souhaitais avorter. »

        Je suis absolument d’accord avec ca. Quand on pense au désacord dans un couple par rapport au fait de garder l’enfant ou non, on semble toujours penser au cas de figure ou on forcerait une femme à avorter, comme si toutes les femmes voulaient garder un enfant lorsqu’elles tombent enceinte. Je n’ai jamais vécu un avortement, je m’imagine que ca doit faire mal physiquement et émotionellement, mais la douleur émotionnelle est virtuelle pour moi. « l’enfant » dont on se débarrasse n’existe pas vraiment. Tomber enceinte me fait bien plus flipper. Prendre 10 kilos en 9 mois, me briser les lombaires, voir ma peau se déchirer le long de mon ventre, imaginer un bébé sortir par mon vagin ou subir une césarienne (ou on fait quand meme sortir l’utérus de l’abdoment pour enlever l’enfant, t’imagine la boucherie), mes seins qui deviennent d’énormes trucs veineux, et la dépression post partum, l’incontinence pendant des mois suite à l’accouchement… Ben merde il est pas arrivé le mec qui me fera vivre ca contre mon gré.

        • « Je n’ai jamais vécu un avortement, je m’imagine que ca doit faire mal physiquement et émotionellement. »
          J’en ai vécu un. Je n’ai pas de réel souvenir de douleur physique. Émotionnellement, ce qui a été dur, c’est de me rendre compte que l’homme que j’aimais c’était moqué de moi. Qu’il ne désirait pas que nous ayons un enfant ensemble, mais juste avoir des relations sexuelles avec moi sans préservatif…

      • Je dois avoir une part de naïveté bien ancrée mais je suis toujours un peu surpris quand on me rappelle que toutes les relations ne sont pas basées sur la confiance et l’écoute… (même si une part de moi le sait fort bien, vu que je travaille entre autre dans le domaine du droit familial)

        Merci de ces précisions, qui m’aident a encore faire évoluer ma réflexion. C’est quand même chouette, les échanges respectueux et cordiaux ! Qu’est ce qu’on progresse… :-)

        Que ce WE te soit doux et lumineux :-)

  30. Le traumatisme sera de nature et de degré varaible suivant chaque personne, en fonction de son vécu, de sa sensibilité…

    @ondine, je me permets de nuancer ta dernière phrase. Dans un cas comme dans l’autre, c’est aux deux de décider en concertation et, dans l’hypothèse où il ne peuvent se mettre d’accord, c’est à la femme de trancher. Le formuler autrement équivaut à écarter d’emblée l’homme d’un débat qui l’intéresse quand même un petit peu car, s’il ne s’agit pas de son corps, il s’agit quand même aussi de son (éventuel) futur enfant.

    On ne peut reprocher aux hommes de se désinvestir et, en même temps, les rembarrer dès qu’ils font mine de s’intéresser…

    • La en l’occurence, ce qu’on reproche aux hommes, c’est de se sentir tellement concernés qu’ils estiment avoir un droit dans la prise de décision. Si vous voulez avoir un contrôle dans cet affaire, commencez par vous concerner par la contraception, et si vous voulez vraiment un gosse, on en parle avant et on décide ensemble d’arrêter la contraception. Mais allez pas vous foutre de la contraception et/ou feinter pour pas avoir a mettre de capote pour ensuite venir nous faire chier à propos d’une décision qui nous concerne. Parceque « l’enfant hypotétique » on est d’accord, c’est qu’un amas de cellules à ce point de l’histoire.

      • Je pense que nous sommes d’accord : nous devons toutes et tous être cohérents dans notre investissement, d’un bout à l’autre de la démarche :-).

        Mais ne généralisons pas trop : si je pense qu’effectivement trop peu d’hommes se sentent concernés par la contraception, j’ai quand même l’impression que ceux qui voudraient imposer un avortement sont loin d’être la majorité (sous nos latitudes du moins).

        A titre perso, je ne demande aucun droit et encore moins un droit de contrôle, juste que soient entendus mon ressenti et mon point de vue, ce qui n’implique pas forcémment qu’il soit adopté (pas l’enfant, mon point de vue).

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  32. Coucou,
    J’ai été taguée par une bloggeuse, je te tague à nouveau en mettant ton blog en lien à partir du mien. Je t’ai nommé à mes versatile blog award.
    J’aime ton blog et les nouvelles perspectives qu’il créé.
    Pour plus d’infos : http://www.vgmama.canalblog.com.
    Bon dimanche.

  33. Je suis également tombée sur cet article sur rue 89 il y a quelques temps, je l’avais trouvé tellement simpliste qu’il m’a fait bondir. Merci pour cet excellent billet !

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  38. tttoujours précisé moi même que je ne la prenais pas . Et au combien de rapport ‘limite » , de fois ou le mec savait PERTINAMENT que je ne la prenais pas , et , que je n’avorterai pas parceque je me sens prête à être mère (parceque ça aussi je le précise , puisque je suis quelqun d’intègre) – combien de fois sont ils « rentrés à la maison » en sachant qu’ils prenaient un risque , et comme ils s’en foutaient sur le moment … Je n’aurai eu aucun scrupule à leur coller un procès en reconnaissance en paternité , aucun.
    une autre fois c’était un de mes rares « coups d’une semaine » => rien, il y allait sans capote , sans question sur la pillule, sans peur des mst . et il a débandé et boudé quand j’ai dit « capotte!!! » . non décidemment, je dirais que j’ai trop bien connu les hommes pour marcher dans ces tentatives larmoyantes , d’imputer la responsabilité uniqe aux femmes des enfants-surprise , au nom de la sauvegarde de sainte-bandaison. L’histoire et les statistiques parlent aussi pour ce sujet; Il faut responsabiliser plus les hommes , pas en rajouter sur le dos des femmes . Mais évidemment l’idée d’une éducation sexuelle moins con des mâles en vue de responsabilisation, leur vient après celle de l’accablement des femmes et du contrôle de leur corps . Elle ne leur vient carrément pas d’ailleurs , pour changer …

  39. Bonjour,
    Ayant vécu une IVG je laisse mon témoignage.
    C’était un homme rencontré depuis peu.
    Enceinte de lui et décidée à avorter, j’ai voulu couper les ponts. Je l’ai quand meme mis au courant des faits quand il a insisté pour savoir pourquoi je ne souhaitais plus le voir.
    Sa réaction a été de me soutenir. Il m’a accompagnée a mon 1er rdv chez le médecin (« c’est la moindre des choses » m’a-t-il dit). Nous nous sommes revus quelques jours après. On a même parlé de l’éventualité d’une relation plus « sérieuse ».
    Bon, tout ça m’a surprise, je me suis dit « c’est un mec bien ».
    Puis brusquement il n’a plus du tout été disponible. Bah oui : sa copine était malade (elle était surtout en vacances scolaires).
    J’ai avorté seule chez moi.
    Et j’ai déprimé seule chez moi.
    J’aurais préféré qu’il ne fasse pas semblant d’être un mec bien…au début.
    L’IVG en elle même était déjà assez dure à gérer, je n’avais pas besoin que ce connard en rajoute. Quel intérêt??
    S’il y a une prochaine fois, je saurai quoi faire, sauf si la fiabilité du monsieur est éprouvée de longue date.
    Non, les hommes n’avortent pas.

  40. … et je plussoie pour dire que la plupart des hommes n’en ont rien a faire de la contraception… quand le dernier m’a demandé si je prenais une contraception AVANT qu’on baise, cela m’a surprise, c’est dire. Ca ne m’était jamais arrivé, je crois.

    • Exactement la meme chose pour moi…

      De tous les hommes que j’ai connus, bien peu m’ont demandé si je prenais une contraception. Et encore moins AVANT de baiser.

      Et seulement 2 ont fait en sorte de se prémunir d’une grossesse.

      – L’un parce qu’il avait été traumatisé auparavant (une ex lui avait fait croire qu’elle était enceinte). Il mettait donc des préservatifs ou pratiquait systématiquement le retrait.

      – L’autre parce qu’il était quelqu’un de « conscient » au plan général, avait eu une réflexion individuelle sur le sujet. Suivie d’un effort personnel, car cet homme pratiquait l’injaculation (orgasme sans éjaculation « vers l’extérieur »).
      Assez rarement, quand il n’était pas sûr de lui, il mettait un préservatif.

      J’en profite donc pour dire que l’injaculation existe, ce n’est pas une connerie! Meme si je n’ai rencontré qu’un seul homme qui la pratique.

      Au boulot messieurs.
      Mais commencer par réfléchir serait déja pas mal. Et être prêt à ECOUTER LES FEMMES aussi.

      J’ajoute que je plussoie les femmes qui rapportent que lorsqu’on dit prendre la pilule, la plupart des hommes ne se posent meme plus de question.
      « Je prends la pilule » ne veut pas dire « Je gère, tu n’as plus qu’à éjaculer dans mon vagin ». Surtout quand on n’est pertinemment pas en couple exclusif!!

      • Attention quand même parce que le préservatif c’est déjà pas hyper fiable comme méthode de contraception, mais alors le retrait c’est encore pire… Et même l’injaculation, je pense pas que ce soit forcément hyper efficace, car le liquide séminal peut être fécondant. Après, tout dépend si on est prêts à assumer les conséquences d’une erreur.

  41. Tu écris « On continue à nous rebattre les oreilles avec le droit à naître de « l’enfant » et les « droits du fœtus » alors que les délais légaux en France ne permettent d’avorter qu’au stade embryonnaire et pas au stade fœtal (et un fœtus n’est pas un « enfant », un embryon encore moins). »

    Il y a un temps où ça me paraissait évident mais à vrai dire, je n’y avais pas vraiment réfléchi. Aujourd’hui, ça me pose question. Je suis curieuse de savoir sur quels auteurs/études philo, éthiques ou autres/écrits/réflexions persos tu t’appuies pour écrire ça car j’essaie de lire des choses à ce propos.

  42. J’avais complètement oublié que tu avais écrit un article sur l’IVG. Je le relis aujourd’hui après avoir fait l’expérience de l’avortement, et d’un désaccord avec le coresponsable. Ca m’aide à comprendre un peu son point de vue, mais c’est dommage que je n’ai pas pensé à lui faire lire au moment où on vivait ca.
    Bref, merci, il est foutument bien cet article.

  43. Je ne suis absolument pas d’accord avec la conclusion.
    Il y a des femmes pompiers, dans l’armée, dans la police… qui assument des rôles « d’homme » et l’égalité homme femme va dans les 2 sens.
    L’homme est pris en otage, en lui disant désolé c’est pas ton corps alors tu n’as rien à dire… tu veux le garder sois docile et fais patte blanche… t’es pas d’accord « ok j’avorte et va te faire voir »
    Non l’homme n’a pas de sentiments, l’homme n’est que violence, l’homme ne veut pas d’enfants.

  44. Ping : Droit à l'avortement | Pearltrees

  45. Bonjour,

    J’ai lu avec attention l’article et les commentaires

    Je me sens un peu moins seule.
    J’ai démarré ma vie sexuelle avec un homme plus agé, j’avais 16 ans et bon sang, qu’est ce que j’étais naïve ! Je prenais la pilule depuis la puberté à cause de règles très douloureuses, et pour lui, la question ne se posait donc pas… -Préservatif ? Ca ne va pas la tête ! Tu ne me fais pas confiance ? si tu me le demandes c’est que toi tu comptes coucher ailleurs, tu ne m’aimes pas ?! et moi je le croyais…. j’ai appris plus tard qu’il m’avait mentit et n’avais jamais fait le test de dépistage de sa vie, par flemme bien masculine… Il ne se sentait pas concerné.
    Je suis resté 2 ans avec lui, puis je l’ai quitté, et j’ai arrêté la pilule, j’en avais marre et mes règles étaient devenus plus supportables.
    2ème petit ami, j’ai imposé le préservatif, et il l’a enlevé en plein milieu car ca lui coupe tout, comme il disait, j’avais 19 ans et je ne savais pas encore dire non, m’affirmer vraiment, je n’avais pas confiance en moi. Il m’avait dit qu’il était clean, qu’il avait fait le test après sa dernière copine, la question d’une éventuelle grossesse ne se posait pas, je me demande même si les hommes font le lien entre les deux, je me pose sérieusement la question au vu de mes expériences et celles de mes amies. Je suis allée prendre la pilule du lendemain, puis j’ai flippé pendant un mois. Rien. OUF.
    Et enfin 3 ème copain et relation sérieuse, sachant que je ne prends pas de contraception, j’ai (essayé) d’imposer le préservatif, et forcément, pas mal de fois, il a essayé sans « juste une fois, je rentre et je sors et puis je mets le préservatif, t’inquiète pas; arrête de faire ta coincée » , alors je laissais faire par amour, par peur de le décevoir, par peur des disputes… mais j’en avais gros sur la patate…
    Une fois ou j’avais beaucoup bu lors d’une soirée, il en a profité et l’a fait sans préservatif en éjaculant même en moi, sans se poser de questions aucune… et le lendemain je suis allée prendre la pilule du lendemain…et reflip jusqu’au prochaines règles qui tardaient à arriver….
    Si je me plaignais il me disait que j’avais cas prendre la pilule, et même si il comprenait très bien les raisons qui faisaient que je ne la prenais plus (pour raison de santé notamment) et qu’il aurait été le dernier a accepter d’avaler cette merde comme il disait, il ne fallait pas que je me plaigne. Et son mot de la fin : « je suis pas une femme. Si t’es pas contente, sois un mec »
    Une petite précision, il ne souhaite pas d’enfant et choisirai l’avortement sans hésitation.

    J’ai une amie qui était tombé enceinte aussi parce que son mec insistait pour démarrer le rapport sans préservatif, car ça ne risque jamais rien d’après eux… elle s’est retrouvé enceinte, il l’a poussé à avorter… ce fut très traumatisant pour elle… Et quelques jours après, il insistait pour démarrer le rapport de nouveau sans préservatif…

    Comment se fait il qu’on accepte de telles violences ? Je le vois comme cela , maintenant, une violence. Et j’ai franchement du mal à envisager une relation sexuelle sereine maintenant. Il faut être libéré, aimer ça…. mais comment, quand on se rend compte qu’on est juste objet de l’autre…. et aucune empathie en réponse…

    Alors, ça me fait bien rire ces articles comme rue 89, j’ai du batailler avec tous mes copains pour essayer de leur faire mettre un préservatif, et en discutant avec mes amies, c’est pas mieux de leur côté….. On est bien seules dès le départ et on doit garder le terrain de jeu de ces messieurs à disposition, à coups de pilules, rdv gynécos, et j’en passe….

    • :( c’est en effet très violent ce que tu racontes… J’espère que maintenant tout va mieux pour toi, même si quand on vit autant de violence, ça nous marque.

  46. J’espère juste que je rencontrerai un homme assez fin pour ne pas se comporter ainsi et avec qui je puisse ne pas avoir peur et être dans une vraie relation de partage et d’Amour….
    Pour les autres, je préfère être une « pas-baisée » et rester seule :)

  47. tu as demandé des témoignages, je ne sais pas si ça servira à grand chose, mais je pose le mien tout de même.

    j’ai trente-six ans. aucun de mes partenaires masculins ne m’a posé de question sur « ma » contraception. jamais. ceux d’une nuit s’en foutaient joyeusement, ceux avec qui ça a duré un peu plus longtemps partaient du principe établi que je prenais la pilule. parce que les femmes prennent la pilule, la femme est fournie avec nichons et pilule, quand on est un garçon.

    même celui qui est aujourd’hui mon conjoint ne m’a rien demandé, n’a pas parlé ou sorti de préservatif, rien. de mon côté j’étais dans une période assez chaotique dans ma vie, je n’avais rien contre avoir un enfant, même seule, je n’ai pas plus parlé du sujet que lui.

    j’ai avorté il y a quinze ans, de façon assez traumatique, et le coresponsable s’est comporté de façon assez dégueulasse pour qu’une fois sortie de l’hopital je le foute à la porte. j’ai toujours été (avant les années de pilule terrorisée qui ont suivi) très en accord avec mon corps, je savais quand j’ovulais, je savais à deux heures près quand j’allais avoir mes règles, et j’étais parfaitement régulière. je ne prenais pas de contraception, je disais simplement « là, non, pas ces jours-ci. » ça n’empêchait pas d’avoir des rapports sexuels, juste pas de pénétration. un jour, en pleine période fertile, il m’a pénétrée et a joui. voilà.

    je me suis demandé longtemps pourquoi. s’il avait compris, au moins, qu’en jouissant dans une femme on pouvait la faire tomber enceinte. je pense que oui; je pense que dans son esprit, j’étais en quelque sorte à lui, en quelque sorte sa femme, dans le sens « son humain de moins bonne qualité que lui ». et que donc il pouvait me remplir, tout comme on peut en arriver à penser qu’on peut cogner son chien, puisque c’est son chien. de son point de vue, ça n’était même pas agressif, violent, voire une sorte de viol, ou quelque chose qui pouvait être ressenti comme tel.

    j’ai beaucoup réfléchi, avant d’avorter; déjà, sur cette histoire qu’on lit souvent; oui, il y a le stade d’embryon, de foetus, de bébé. par contre, « l’amas de cellules », sous entendu « un bébé est un bébé une fois qu’il né », je ne partage pas cet avis, et je le trouve très brutal pour les gens qui ressentent/pensent autrement. je ne cherche à juger personne, je veux juste dire que l’amas de cellules, ça peut être un amas de cellules, ça peut être un foetus, ça peut être un futur quelqu’un. les femmes choisissent de définir si cet embryon est un amas de cellules ou un futur enfant.
    j’ai beaucoup réfléchi parce que je le sentais, cet enfant. pour moi, c’en était un. un dont je ne voulais pas. d’un coup, je ne me suis plus sentie seule dans mon corps, ni ma tête. je n’entendais pas de voix, n’exagérons rien, simplement j’ai ressenti très fort sa présence, pas dans mon imaginaire mais dans tout mon être, réellement.

    ça a été si fort que quand, des années après, j’ai fait une fausse couche, j’ai été à l’hopital en leur disant « je suis enceinte mais je sais qu’il est mort », parce que je ressentais la grossesse, mais pas l’embryon.
    c’est dur d’avorter quand on sent tout ça. quand l’autre a essayé de vous remplir comme une boîte de conserve. quand on a l’émotion et le ressenti de tuer un enfant en devenir. encore une fois je ne juge personne, je raconte uniquement ce que j’ai ressenti, moi. je le dis parce que cette façon de ressentir n’est pas beaucoup dite, et que ça m’a fait beaucoup de bien et ça a soigné un peu, de lire des choses où je me suis retrouvée.

    le personnel hospitalier a été à chier, je ne peux pas dire autre chose. une interne a laissé la porte ouverte sur le couloir et les gens qui passaient alors que j’avais le sonde vaginale, pour m’humilier, pour me faire comprendre que je tuais quelqu’un, que j’étais responsable, que la loi me permettait de me faciliter la vie, mais qu’elle, juge en blouse blanche, ne me laisserait pas m’en tirer à si bon compte. à l’époque, il y avait encore le rendez-vous psy obligatoire (je crois qu’il sauté?), pour qu’un étranger signe un papier m’autorisant à prendre une décision qui me concernait. on a pas demandé au coresponsable de passer voir un psy, ni pour le soutenir, des fois qu’il souffre, ou pour lui demander pourquoi il avait joui dans une femme qui ne voulait pas qu’on jouisse en elle. il y avait encore le délai obligatoire, délai pendant lequel je sentais cet embryon, très fort, chaque jour un peu plus. délai pendant lequel le coauteur me vantait la beauté des femmes enceintes, leur lumière jamais égalée autrement. délai pendant lequel il affirmait que lui voulait cet enfant. moi, non. je n’en voulais pas, et pourtant c’est moi qui le sentais vivre, même si à ce stade c’était une vie de groseille sur un buisson.

    quand j’entends dire que les hommes devraient avoir un droit sur les grossesses, je me demande à quel point on comprend de quoi on parle. en théorie, dans un monde blanc et propre, l’idée est belle, mais en vrai, en réalité, et je l’ai ressenti et compris, même si je m’en doutais avant, si on me forçait à mener une grossesse à terme, à sentir tout cela et à ne pas vouloir de cet enfant, et pire, de la vie ensuite, avec quelqu’un qui m’aurait forcée à supporter cela, je me tuerais. froidement, je me tuerais. alors effectivement, les male tears bouh bouh on veut vous faire porter des enfants que vous ne voulez pas parce qu’on veut être juges de tout, non. d’une façon ou d’une autre, ce sera non. oui, vous pouvez être tristes. oui, vous pouvez être malheureux d’une ivg que vous n’avez pas « choisie ». oui, vous pouvez. mais vous ne prendrez pas une place qui n’est pas la votre.

    • Merci pour ton témoignage, ce que tu racontes est très violent, et c’est très fort et touchant, et je pense que ça apporte beaucoup

  48. en fait, et je me permets d’ajouter, au-delà du témoignage qui n’est pas très interessant, que l’avortement n’arrive pas AUX femmes.
    il arrive à certaines femmes. et comme tout ce qu’on vit, cela appartient aux gens à qui c’est arrivé. mon compagnon est discriminé pour certaines choses, je le soutiens autant que je peux, mais je ne vis pas ces discriminations, elles ne m’appartiennent pas. je ne vais pas me réclamer de les vivre autant, voire plus que lui. c’est faux, c’est un leurre, et un leurre blessant. l’avortement appartient à ceux qui l’ont vécu, pas aux autres, qu’ils soient hommes ou femmes. le titre de l’article dont tu parles aurait du s’écrire « les hommes et les femmes qui n’avortent pas n’avortent pas. »

    • Je suis pas du tout, mais alors pas du tout d’accord. Le fait de RISQUER d’avoir recours à un avortement, c’est déjà être concernée. Bon ok, pas de la même façon, mais concernée d’une façon ou d’une autre. Les mecs cis savent bien que ça les concernera jamais donc ça les touche pas plus que ça. Ils sont élevés dans cette idée. Quand, depuis toute petite, tu sais que tu as la possibilité d’être enceinte, tu vois pas les choses pareil. J’ai jamais fait d’IVG, mais j’ai été enceinte et, si j’ai pris la décision de continuer la grossesse, je n’aurais pas du tout vécu les choses de la même façon si j’avais pas eu la possibilité de l’interrompre. Après c’est vrai que ça touche peut-être pas TOUTES les femmes, mais ça touche la grande majorité des femmes et des personnes qui ont un utérus.

      De la même façon, toutes les femmes ne subissent pas le viol, mais les personnes AFAB sont élevées dans la crainte du viol et apprennent à modérer leur comportement en fonction de ça (y compris par la soumission aux normes patriarcales, même s’il y a évidemment des actes de résistance) et à élaborer des stratégies de protection contre le viol, ce dont les hommes cis n’ont pas à se soucier. Donc le viol est un outil de contrôle des femmes en général, de même qu’interdire l’avortement est un outil de contrôle du corps des femmes en général, quand bien même toutes n’auraient pas eu recours à l’IVG au cours de leur vie.

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