Pour la défense de l’omnivore défendant

Je voudrais préciser un peu ma pensée par rapport à mon article sur l’omnivore défendant.

Tout d’abord, même si personne ne m’en a encore fait la remarque, il est évidemment simpliste de placer les gens dans deux catégories: omnivore classique ou défendant. C’est bien sur une vue de l’esprit. De plus, c’est une vue de l’esprit qui est destinée à définir un comportement plutôt qu’à classifier des gens. Un « omnivore » lambda peut être défendant un jour plutôt qu’un autre, et un végétarien peut adopter l’attitude de l’omnivore défendant sur d’autres sujets que le végétarisme. (je l’ai vu fréquemment, en particulier en ce qui concerne le mouvement straight edge).

 

A la décharge de l’OD, sa réaction est finalement tout à fait humaine et compréhensible.

De plus, elle n’implique en rien, contrairement à ce que l’on pourrait penser, qu’il ne se remettra jamais en question.

De nombreux végétariens et vegans ont un jour été en position d’OD, se braquant face à la remise en question de la logique carniste.

 

La logique carniste fait intégralement partie de tout ce en quoi nous croyons profondément.

Je peux me souvenir du moment où, petite, j’ai compris qu’il fallait tuer des animaux pour faire de la viande. Choquée, j’ai peu à peu bâti un système de croyances selon lequel ces mises à mort n’étaient pas moralement condamnables, m’appuyant sur ce que disaient les adultes à propos des animaux.

Cette « ligne de défense »  contre la culpabilitée liée à la viande s’appuyait sur plusieurs points:

1) La viande est nécessaire à ma vie (j’avoue que je n’y ai jamais vraiment cru, mais comme j’évitais de vraiment me poser la question, cela restait une vague idée selon laquelle manger de la viande est un geste de survie, et que donc on a pas à se sentir coupable de le faire.)

2) Les animaux n’ont pas une conscience aussi évoluée que la notre, et donc, les tuer n’est pas grave

3) Les animaux sont abattus sans souffrance

 

L’argument 1) explique à lui seul que les gens soient aussi virulents face au végétarisme. Certaines personnes ont basé leur ligne de défense principalement sur le fait que la viande serait nécessaire. Dès lors, le simple fait d’être végétarien remet en questions leurs croyances et les ramène à la culpabilité contre laquelle elles (leurs croyances) les protégaient. Ces gens vont parfois avoir tendance à se sentir très facilement montrés du doigt et à réagir agressivement. La plupart ne vont jamais vouloir entendre pourquoi vous ne mangez pas de viande. Ces gens ont aussi une fâcheuse tendance à vous trouver pâle et fatigué, attribueront le moindre rhume à votre régime alimentaire, et si vous êtes en pleine forme, vous prédiront de tomber malade sous peu. Ils ont presque tous un beau-frère végétarien qui est tout le temps fatigué et qui a perdu tous ses cheveux.

 

L’argument 2) est un chouïa plus tordu. Selon lui, les animaux n’ont pas de conscience évoluée et ne comprennent pas le concept de mort. Jusque là… En fait, c’est déjà bancal, car nous ne savons pas comment les animaux appréhendent la mort, et même si leur intelligence n’est pas basée, comme la notre, sur des concepts abstraits (sauf en ce qui concerne nos proches cousins et quelques mammifères comme les dauphins), il n’y a aucun doute quant au fait qu’ils expriment une volonté de vivre que nous pouvons constater facilement en les observant. C’est la base du raisonnement welfariste qui devient facilement absurde quand on le développe, selon lequel frapper un animal est un acte moralement condamnable, mais le tuer n’est pas grave. Tuer un animal est évidemment un acte de violence et de brutalité, et il faut beaucoup de volonté de se cacher la vérité pour ne pas voir en quoi. Mais finalement, la plupart des gens y parviennent.

 

L’argument 3) est relié à l’argument 2). Il n’est basé sur quasiment rien. La plupart des gens qui disent que les animaux sont abattus sans souffrance n’ont jamais sérieusement pensé à la façon dont cela se produit. C’était mon cas quand j’étais plus jeune. Il suffit de voir une vidéo tournée dans un abattoir pour se convaincre du contraire, mais comme la prise de conscience est trop douloureuse, la plupart des gens se protègent contre cette vérité en prétendant que « d’habitude, ça ne se passe pas comme ça » (alors qu’objectivement, ils n’en savent rien). Evidemment, des lois et des règlements existent autour de la mise à mort. Mais après avoir sérieusement réfléchi à la question (même si ce n’est pas un sujet de réflexion agréable), j’en viens à la conclusion qu’il est impossible de tuer un animal en garantissant qu’il ne souffre pas, à moins peut-être de l’endormir avant avec un anesthésiant. Dans la réalité, on utilise l’éléctronarcose, les animaux sont sonnés, certes, mais cela reste un processus brutal et rien ne dit qu’ils soient tout à fait inconscients. Et parfois, on utilise rien, par exemple pour l’abattage rituel, où les animaux se vident de leur sang pendant de longues minutes, essayant parfois de s’enfuir. La mise à mort est particulièrement cruelle pour les poissons, qui meurent de décompression, d’asphyxie, blessés par le filet ou l’hameçon…

 

Ce qui est intéressant, c’est que quand on met ensemble les arguments 2) et 3), on décèle une croyance selon laquelle les animaux sont simplement tués sans qu’ils ne puissent appréhender leur mort. Je crois que c’est une des choses qui m’a le plus marquée quand j’ai pris conscience que ce n’était pas le cas. Je ne sais pas comment les animaux appréhendent la mort, mais lorsqu’il m’est arrivé de regarder des vidéos prises dans les abattoirs, je me souviens du sentiment d’horreur qui m’a submergée quand je me suis aperçue que les animaux réagissaient très fortement à certains moment, comme s’ils comprenaient ce qui les attendait. Et je pense qu’ils comprennent. Bien sur, leurs réactions de peurs quand ils pénètrent dans l’abattoir sont en partie dues au fait que cet
endroit soit inconnu et bruyant, mais je pense qu’il serait naïf de croire qu’ils ne sentent rien de ce qu’il s’y passe ou que cela n’a pas d’effet pour eux: cris d’autres animaux, odeurs, etc…
une vidéo m’a beaucoup marquée, dans laquelle on voit une vache dans un couloir, devant la machine d’abattage. Elle n’est pas rassurée au début, mais quand la vache qui la précède est tuée, elle est alors prise de panique et essaie de faire demi-tour, malgré que le couloir soit trop étroit. Bien sur, on fait facilement de l’anthropomophisme, mais même si elle ne pense pas comme un humain, il est évident qu’une pensée existe en elle, et qu’elle possède une compréhension de son environnement qui lui permet, malheureusement, de deviner ou de craindre ce qui va lui arriver.

La croyance selon laquelle les animaux ne comprennent à aucun moment ce qui leur arrive est rassurante, mais elle ne résiste pas longtemps à un bref examen des faits. C’est finalement une idée assez naïve.

 

Bref, tout cela n’est pas bien marrant, mais c’est finalement une vérité qui ressort de tout cet imbriglio de croyances, comme l’eau ressort d’une éponge sans pouvoir être éternellement contenue.
Et le végétarien est quelqu’un qui appuie sur l’éponge. Difficile de continuer à prétendre qu’il n’y a pas d’eau…

 

Si la logique végétarienne est simple, la logique carniste est, elle, beaucoup plus complexe. Car rejeter la logique végétarienne demande des coutournements, des divagations, des sophismes, des diversions qui permettent, ensemble, de nier l’évidence.

L’attitude de l’OD me fait penser à celle du cobaye dans les expériences de Milgram. Face aux cris de la personne qu’il croit éléctrocuter, le cobaye adopte parfois une attitude étrange: il parle par-dessus ses cris, fait comme si personne ne souffrait pas vraiment, ignore ses supplications, en quelque sorte il se met à la nier, et il continue d’envoyer des décharges. Les psychologues expliquent que ce processus lui permet de diminuer la tension qui s’opère en lui, tout en continuant d’obéir. C’est très bien expliqué dans le documentaire le jeu de la mort (que je vous conseille vivement de voir en entier).

 

Ainsi, les points 1, 2 et 3 que je viens de développer, ainsi que bien d’autres, participent à faire  baisser cette tension par rapport au mal que produit l’Omnivore Défendant. Ce sont des façons de nier les dégâts occasionnés par son comportement. Il serait plus efficace, bien sur, de cesser de manger de la viande. Mais dans l’expérience de Milgram, rappelons que seule une minorité de personnes désobéissent, du moins dans la plupart des variantes… Le fait de désobéir dans l’expérience de milgram est assez comparable avec le fait de devenir végétarien ou vegan.

 

Face à cette négation de l’animal que l’OD opère pour continuer de l’utiliser et donc de lui faire du mal, le végétarien, même s’il ne dit rien, par sa seule attitude de refus de consommation de viande, opère une « dé-négation ». Il est donc normal qu’il déclenche des réactions agressives. D’ailleurs, sans aller jusqu’à l’agressivité, il est très courant qu’on suppose (et souvent à tort) que les végétariens le sont pour leur santé ou à cause d’un peu de goût pour la viande. C’est du reste en partie pourquoi le pesco-végétarien déclenche moins d’hostilités. Pas seulement parce qu’il est davantage dans la norme, mais parce sa démarche est généralement en rapport avec la santé ou le goût, et non pas avec l’éthique. Ainsi, la négation de l’animal sensible, conscient et exprimant un désir de vivre est remise en cause par la seule existence du végétarien, et avec elle, le dogme selon lequel on ne peut de toutes façons pas vivre sans viande.

 

D’ou la végéphobie.

 

(Je viens d’ailleurs d’apprendre qu’il existe des groupes facebook anti vegan…)

 

Bref, l’OD fait face non seulement à un bouleversement de tout ce en quoi il croit, ce qu’on lui a appris, et les croyances qu’il a développées au cours de sa vie, mais c’est en plus pour se voir mettre sous le nez une vérité dont personne ne voudrait. Ce n’est pas seulement de sa propre culpabilité dont il s’agit, mais de l’horreur que constitue la condition animale dans le monde, de ce qu’implique le fait que les animaux soient sensibles, conscients et veuillent vivre, qu’on les fasse souffrir atrocement, au moment de leur mise à mort, et généralement de leur élevage… Non, cette vérité n’est pas belle. Et elle remet en cause également les croyances rassurantes selon lesquelles l’état ou la société ne peuvent pas autoriser de pratiques inhumaines. Ces prises de
consciences sont bouleversantes dans tous les sens du terme. Elles peuvent être réellement douloureuses, et l’OD ne fait que se défendre lui-même contre cette douleur.

13 réflexions au sujet de « Pour la défense de l’omnivore défendant »

  1. « Face à cette négation de l’animal que l’OD opère pour continuer de l’utiliser et donc de lui faire du mal, le végétarien, même s’il ne dit rien, par sa seule attitude de refus de consommation de viande, opère une « dé-négation ». Il est donc normal qu’il déclenche des réactions agressives.  » => je te renvoie au témoignage de Dame-fée, sur Végéweb : http://vegeweb.org/viewtopic.php?pid=245627#p245627

    • Oui c’est lamentable :( Si les gens savaient gérer leur culpabilité, il y aurait davantage de vegans.

      Sans parler de la pression sociale qui oblige beaucoup de gens à se comporter de façon contraire à leur propre éthique.

  2. Là encore vous oubliez un bon nombre d’OD, voir ma référence. Vous partez encore du postulat faux, que l’on doit se sentir coupable de tuer un animal, ce qui est vrai pour vous mais discutable…
    Je ne rejoins pas le point 1, je suis aussi en désaccord avec les points 2 et 3, pourtant je suis omnivore et l’assume. Un ovni? Non, une morale différente qu’un vg ne saurait forcément accepter, puisque tuer un animal est mal, ce que je ne considère pas vrai. Pouvez vous alors pousser le débat plus loin?

    • Géniaux tes arguments ! Tu devrais être avocat pour les tueurs en série. Voilà c e que ça donne si on remplace « animal » par « enfant ».

      Pour cela il faut adapter juste un petit peu les points 1 à 3:

      1- tuer est nécessaire pour mon psychisme

      2- les enfants n’ont pas une conscience aussi développée que les humains adultes, donc les tuer n’est pas grave

      3- je tue des enfants sans les faire souffrir

      Voici donc ta réponse:

      « Là encore vous oubliez un bon nombre de tueurs en série, voir ma référence. Vous partez encore du postulat faux, que l’on doit se sentir coupable de tuer un enfant, ce qui est vrai pour vous mais discutable…
      Je ne rejoins pas le point 1, je suis aussi en désaccord avec les points 2 et 3, pourtant je suis un tueur en série et l’assume. Un ovni? Non, une morale différente qu’un non-tueur en série ne saurait forcément accepter, puisque tuer un enfant est mal, ce que je ne considère pas vrai. Pouvez vous alors pousser le débat plus loin? »

      Belle argumentation ^_^

  3. Le problème, c’est que si pour vous, un animal et un enfant, c’est pareil, moi non je ne fais pas cet amalgamme…
    Vous avez la liberté de le faire, mais pour moi l’enfant, c’est mon rejeton, mon espèce, l’autre animal, c’est l’autre animal et je l’inclue pas dans le groupe « homo sapiens ».
    Vous avez choisi la limite « animal » pour alors appliquer votre raisonnement, et au risque de vous offusquer et sortir le cri de la carotte, c’est arbitraire et dépend seulement de votre empathie. De plus, vous semblez que penser que le dénominateur commun animal est alors suffisant pour le traiter tel un « humain ».
    Si d’un coup, on décrétait que la limite était être vivant en général? Et bien, vous allez me dire végétarien, c’est qnd même mieux, car les boeufs mangent plus de végétaux. Mais c’est faussé de compter comme ca. Entre vg qui s’alimente beaucoup de végétaux et omni qui mange de tout un peu, lequel est plus en harmonie de la nature, si on sort du cadre de la nourriture industrielle? Pour ma part, je pense l’omni préserve mieux l’équilibre de la Vie, en prélevant un peu de tout pour assurer sa survie.
    Mais chacun sa morale, qui ne collera jamais avec une culture africaine.

    • Mais je ne fais aucun amalguame, c’est simplement qu’un enfant EST un animal, c’est un fait scientifique.

      Les animaux souffrent, ont peur, aiment, etc. Les enfants aussi. Les adultes aussi. Tu écartes les animaux de la sphère de droit d’une façon tout à fait arbitraire, il n’y a aucune raison logique. Pourquoi appartenir à l’espèce homo sapiens fait qu’on a le droit de vivre alors que l’espèce est un concept inventé par les biologistes étudier la biodiversité?

      Que répondrais-tu à quelqu’un qui te dirait ceci en réponse à ton antiracisme:

      « Vous avez la liberté de le faire, mais pour moi le blanc, c’est mon frère , ma race, l’autre race, c’est l’autre race et je l’inclue pas dans le groupe « blanc ».
      Vous avez choisi la limite « race » pour alors appliquer votre raisonnement, et au risque de vous offusquer, c’est arbitraire et dépend seulement de votre empathie. De plus, vous semblez que penser que le dénominateur commun humain est alors suffisant pour le traiter tel un « blanc ».

      Ses arguments seraient-ils moins valables que les votres? Et si oui, pourquoi donc?

      Si vous croyez à un ordre naturel et que la nature a une sorte de volonté divine qui vous dicte de manger de la viande, libre à vous, mais je préfère en rester aux arguments rationnels. Quand à dire que l’omnivore préserve mieux la nature, c’est un non-sens. La viande est un désastré écologique. 70% des terres cultivées le sont pour produire de quoi nourrir les bêtes qui arrivent dans votre assiette. La famine en éthiopie est provoquée en partie par le fait que de gros propriétaires confisquent les terres pour y faire pousser ce qui nourrira votre steak. la viande est la cause première de déforestation. Si vous croyez que c’est ça être en harmonie avec la nature, quoi de plus harmonieux et naturel qu’une bombe nucléaire?

      De plus, être antispéciste ce n’est pas donner le droit de vote aux poules, c’est traiter chaque individu de façon appropriée pour son espèce. C’est à dire qu’une vache ne veut pas mourir donc je ne la tue pas. Les plantes n’ont pas de système nerveux, elles n’ont pas de conscience et ne sont donc pas le siège d’émotions. Une pomme ne s’enfuit pas quand on la cueille parce qu’elle est un organe de dissémination des graines. De plus, vous remarquerez que d’un point de vue purement biologique, comparer une vache à un humain a plus de sens que de comparer une carotte à une vache. La vache est plus proche de l’humain sur tous les points. La seule chose qui vous permet de comparer une vache et une carotte, c’est que vous avez des catégories « comestible/non comestible », mais c’est culturel, ça n’a rien de scientifique.

  4. De plus, si vous me comparez à un tueur en série pour relever mon peu d’empathie, libre à vous…
    Cependant, le tueur en série moyen n’a que peu d’empathie en général pour tous les animaux, ce qui est grossir le trait pour moi qui est beaucoup d’empathie pour mon prochain, mais peu pour l’animal. Vous faites quoi? Vous m’en implantez? De toute facon, si on arrêtait l’industrie, super pour moi, mais si ca voudrait dire après coup, chasser sa propre viande de temps en temps, ca me dérange pas.

    • Je ne vous compare pas à un tueur en série. Je compare votre raisonnement à celui de quelqu’un qui penserait d’une certaine catégorie d’humains ce que vous pensez d’une certaine catégorie d’êtres vivants. Je me fiche pas mal que vous ayez ou non de l’empathie, je vous montre simplement que si on tenait le raisonnement qui est le votre envers une autre catégorie d’individus, vous seriez profondément outrée et choquée.

      Et vous que faites-vous du manque d’empathie d’un tueur en série? Vous lui en implantez? Ou alors vous décrétez qu’il n’a pas le droit de tuer des gens, même s’il en a envie? Cette solution me parait beaucoup plus correcte.

      Tous les humains n’ont pas de l’empathie envers tous les autres, et pourtant, on n’autorise pas certains à en assassiner d’autre sous prétexte que ça ne les dérange pas.

      L’antispécisme ne peut être réduit à l’empathie. Ce n’est pas une question de pitié ou de préférences personnelles, c’est une question politique. Que vous ayez ou non de l’empathie pour les animaux, ça ne les empêche pas de souffrir.  Ce n’est pas parce que leur détresse ne vous touche pas qu’elle n’existe pas et que la société doit l’ignorer. D’ailleurs la grande majorité des humains sont touchés par la détresse des autres animaux, c’est pourquoi l’industrie de l’animal est cachée.

  5. Pour la référence que peut être vous avez déjà du voir…http://vegeweb.org/viewtopic.php?id=6033

    Je ne dis pas que ma position n’est pas arbitraire, mais je vois entre guillemets notre « espèce »,
    et comment la préserver en bousculant le moins possible les autres (animaux et végétaux).
    Nulle l’idée d’être au dessus au contraire. Je peux me nourrir de tout, donc je ne vais pas placer de limite arbitraire sur ce que je mange, car je serais supérieure
    pour y réfléchir. Je n’ai pas le « droit » de vivre car humaine, mais je ne me laisserais nullement mourrir.
    Je ne rejette nullement le fait qu’un enfant est un animal, l’opposition était humain vs autre animal.
    Vous parlez d’arguments rationnels sur un débat éthique, c’est loin d’être suffisant. Passons.
    Quant à la viande comme désastre, faux, l’industrie de la viande est un désastre. Dans le débat précédent, d’accord avec Nicollas.
    Comme vous l’avez dit dans votre exemple, on confisque les terres pour des céréales pour animaux. Moi là où je vois l’erreur, c’est plutôt la
    capitalisation de ces terres pour des intérêts autres que ceux des éthiopiens (plutôt qu’à cause de la viande, c’est restreindre encore le débat). Un ajout de ma propre expérience, mes parents originaires du Cameroun
    viennent d’une tribu spécialiste dans l’élevage des porcs, loin de détruire les cultures faites à côté. D’ailleurs, peu de céréales dans la nourriture
    traditionelle, pas le noeud du prob. Ce n’est pas la viande la 1ère cause de déforestation mais notre société over industrielle. Nuance.
    Je crois qu’être mesuré est la clé en tout, mais c’est ma conception. Quant ensuite tu dis, être antispeciste, c’est traiter chacun de façon approprié à son espèce, c’est très subjectif et ne repose sur rien de rationnel.
    Qu’est ce qu’on en sait nous pauvres humains, on a déjà du mal avec la Justice entre nous
    Je lirais ton lien que j’ai commencé mais c’est long, je rebondirais dessus plus tard.

    Le problème, c’est aussi que vous dressez une barrière entre êtres vivants, animaux et autres.
    Et au risque de me voir attribuer un point carotte, les végétaux ne sont nullement pris en considération,
    les animaux souffrent comme nous, certes fait scientifique, là où on sort du débat scientifique,
    c’est que ca devient une raison pour ne pas les tuer, comme si c’était par plaisir, donc si les plantes souffrent pas comme nous
    (comment pouvons nous juger de cette souffrance? La souffrance reste un concept abstrait, et bien qu’on ne saurait ignorer la physique,
    encore que?, et la morale? Bref, je m’égare…), ôter la vie aux dernières est moins grave que pour les premiers,
    et ici on classe les êtres vivants et hiérarchise le droit à la vie des vivants, juste parce qu’on peut appréhender la souffrance de certains et d’autres non.
    D’ailleurs, toujours le cri de la carotte, mais il y aurait aussi des échanges de signaux entre végétaux, et comportements pour ne pas être mangés.
    Au vu de cette réalité, il me parait arbitraire de se dire de ne pas manger de viande,
    et par cohérence, je mange de tout, mais au vu du débat cité plus haut, j’ai vu la nécessité de manger moins de viande que c’est le cas actuellement…
    D’autre part, je ne mets nullement les autres animaux avec les végétaux comme le croit aussi Insolente Veggie, je dis simplement pour moi un humain est bien différent d’une vache et d’une carotte.
    Si d’un niveau biologique, il est plus logique de mettre l’humain et la vache, ce n’est pas pour autant que ca doit justifier une caractérisation morale sur le fait de la manger en mon sens.
    Quant à la remarque du tueur en série (de même pour l’anthropophage), au risque d’être égoiste, il menace notre espèce (et notre propre survie), c’est pour ca qu’on l’empêche de nuire d’abord.
    Ici la question n’est pas qu’on nie la souffrance animale, je ne la nie pas, mais je la replace dans un contexte de Vie plus global où on tue animaux et végétaux. Une vache pourrait mourrir de vieillesse,
    manger par un loup ou un humain. Comme une plante pourrait pourrir, ou mangée par un herbivore. Je ne me fais pas juge d’épargner la Vie, car je ne l’épargne pas ou ne la détruis pas, je m’inscris dans le cycle de la Vie en me nourissant de tout, en omnivore.
    Le seul point par lequel on pourrait objecter de ne pas tuer d’animaux serait, comme évoqué dans le débat, le seul fait que l’on ne soit pas omnivore.
    Et ca a été très dur, mais ce n’est pas prouvé, impasse au final.

    Ici, nous sommes donc sur un point moral, vous parlez de politique, je persiste c’est éthique avec tout le subjectif que ca comporte.

    • « Quant à la remarque du tueur en série (de même pour l’anthropophage), au risque d’être égoiste, il menace notre espèce (et notre propre survie), c’est pour ca qu’on l’empêche de nuire d’abord. »

      Encore une considération mystique sans rapport avec la réalité. L’espèce n’est pas une entité avec une volonté. les individus, oui. Si votre seule raison de condamner un tueur en série est qu’il menace l’espèce, sachez qu’il n’y a aucun danger, on peut les laisser courir et égorger qui ils veulent: ils sont très peu nombreux et l’espèce humaine est très bien répandue sur la planète, un peu trop même, problème de surpopulation. Si on se base sur une morale telle que vous la défendez, alors les tueurs en série sont un bienfait pour l’humanité,  puisqu’ils réduisent le problème de surpopulation.

      Je suis contre les tueurs en série parce qu’ils tuent des gens, que ces gens ne veulent pas souffrir ni mourir. De même je suis contre le carnisme car les animaux ne veulent ni souffrir ni mourir.

      Que vous le vouliez ou non, manger de la viande nécessite de détruire une vie animale, de mettre fin à la vie d’un être qui pense, qui ressent, qui souffre, qui a du plaisir, qui est conscient, et dont la conscience, complexe et qui échappe à notre compréhension, est le siège d’émotions elles-mêmes complexes. Si on attrape un cochon pour l’égorger, il agit presque exactement comme un humain le ferait à sa place: il se débat, il crie, il a mal, il essaie d’échapper à l’agression par tous les moyens. Une carotte ne fait rien, ne sent rien. On ne peut pas comparer un animal à une plante car leurs façons de fonctionner sont totalement différentes. Une carotte se contente de pousser, elle n’a pas d’émotions; les émotions ne sont pas apparues chez les plantes; pour parler en termes finalistes, elles basent leur stratégie de reproduction sur d’autres caractéristiques, et d’ailleurs, en grande partie sur le fait que les animaux les mangent (les fruits sont des organes de dissémination des graines).

      Vous vous cachez derrière votre « nature » d’omnivore qui n’est qu’une vue de l’esprit; mais ce n’est pas parce que vous mangez de la viande que cela change votre biologie. Ce n’est pas parce qu’un chien mange une papaye que je vais déclarer que les chiens sont frugivores et ont besoin de manger des fruits. La vérité c’est que vous avez besoin de manger surtout des végétaux pour votre santé, la viande est purement facultative, on peut très bien s’en passer. Omnivore ou pas, manger de la viande est un choix. On a le choix de tuer les animaux ou non. Ce choix a des répercussions en terme d’éthique, qu’il nous appartient de prendre ou non en considération.

  6. Perso, je suis contre les tueurs en série, parce qu’il m’atteigne moi et mes semblables. D’où mon égoisme. Si pour vous, c’est pour éviter la souffrance d’un animal (humain ou non humain), c’est à votre honneur. Ce que vous dites par ailleurs est vrai, ils ne sont pas un danger pour l’humanité globalement. Quoique avec les techniques de destruction actuelle, rien n’est moins sûr.

    Ensuite, je réitère, vous hiérarchiser les souffrances. Une plante, ca vit, bien que vous ne décrirez pas sa mort et souffrance de la même façon, vous la tuez aussi, vous en conviendrez (sauf si fruitivore comme déjà évoqué…).
    Ensuite, qu’on soit omnivore biologiquement parlant est loin d’être une vue de l’esprit, on a pas encore démontré qu’on ne l’était pas. C’est contestable, mais pas réfuté.
    On peut vivre très bien en mangeant de la viande comme sans en manger. Ensuite reste la morale et le système.
    Selon où je vis, comment, le végétal à ma disposition, puis je avoir un régime sain uniquement végétalien?

    • Voilà qu’on en vient à des situations hypothétiques, à des divaguations sur notre « nature » (la Nature a bon dos », à des « il faut tuer les plantes heu mais pas toutes mais des fois on cueille des carottes dont autant égorger des agneaux c’est pareil (donc autant égorger une grand-mère? ha non c’est vrai elle fait partie de notre espèce). Comme je l’ai dit sur l’autre article, la discussion est close. Bonne soirée.

  7. C’est loin d’être hypothétique, faudrait que je retrouve les sources…Mais si vous me prêtez de mauvaises intentions (et me confondez avec quelqu’un d’autre), en effet, pas la peine de discuter.

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