Quatre préjugés sur le polyamour

L’amour c’est comme les bactéries: c’est pas sale.

Mmh… Non. L’amour c’est comme les bactéries parce que y en a partout mais on ne le voit pas.

Non c’est pas ça. L’amour en fait c’est comme les bactéries parce qu’on le cherche dans les chiottes de bar alors qu’en fait ça se trouve surtout à l’intérieur de nous.

Mmh… Non, pas terrible, on essaye encore:

L’amour, c’est comme les bactéries: quand ça se divise, en fait ça se multiplie.

Parole de Biologiste.

Mensonges et préjugés sur le polyamour

Après cette brillante introduction, et avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais encore vous casser les noix deux minutes avec une question sémantique. C’est la première fois que j’utilise le terme « polyamour » sur ce blog. Parce qu’il est pas beau, il a le hiatus disgracieux et mon éditeur de texte persiste à le souligner en rouge, ce qui fait bobo à mes yeux. Et aussi parce que j’arrête pas de dire à qui veut l’entendre que j’aime pas les étiquettes (sauf celles sur les fruits, je les aime bien et je les colle sur le frigo ou dans mes cahiers, et quand j’étais petite je les collectionnais et tout, mais à part sur les fruits je n’aime pas les étiquettes). Mais bon ce qui est pratique avec les mots comme « véganisme » ou « polyamour » c’est qu’outre constituer des étiquettes, ils servent surtout à émettre un concept long à expliquer à travers un seul mot. Ainsi, quand vous en avez marre de répéter « je mange pas de viande pas de poisson pas de produits laitiers pas d’œuf et je porte pas de cuir pas de laine blablablablabla pour des raisons éthiques de respect des animaux blablablablabla » vous dites simplement « je suis végane ». Ce qui est justement en fait le but d’une étiquette. Malheureusement l’étiquette vient souvent avec tout un ensemble de préjugés et de clichés, et c’est pourquoi je ne les aime pas (sauf sur les fruits) même si elles sont bien pratiques (sauf sur les fruits parce que des fois quand on fait pas gaffe on les mange). Et c’est justement aujourd’hui les préjugés sur le polyamour que je vais évoquer. Et attention parce que j’en ai gros sur la patate.

Quand tu dis que tu es polyamoureux…


Je ne rentrerai pas trop dans les comparaisons avec d’autres sexualités alternatives parce que je ne sais pas exactement ce que vivent les lesbiennes, les gays, les asexuels, etc. Mais en tous cas en ce qui concerne le polyamour, je pense qu’il y a un placard et il y a des réactions qui ne trompent pas (je ne dis pas que c’est pareil que d’autres placards). La réaction qui revient le plus souvent est un énorme et tonitruant:

« HAN, MOI JE POURRAIS PAS ».

Alors que vous n’avez rien demandé à la personne en face de vous et que vous n’êtes pas le moins du monde en interaction de séduction par rapport à elle. Cette réaction peut sembler anodine et même signe d’ouverture d’esprit, puisque la personne s’empressera d’ajouter que oui mais non mais  elle respecte hein, mais c’est juste qu’elle, elle ne pourrait pas.

Attention. Il n’y a rien de mal à dire qu’on ne pourrait pas vivre selon tel ou tel mode de vie. Ce qui me pose problème c’est la façon dont c’est dit. D’abord c’est totalement hors contexte (évidemment si vous demandez à quelqu’un si le polyamour lui conviendrait et qu’elle répond non, ça n’a rien à voir). Si je dis à une femme que je suis lesbienne et que sa première réaction est de s’exclamer « han moi je pourrais pas » j’aurais tendance à penser que c’est une forme d’homophobie(1)

Je ne lui ai pas demandé si elle voulait coucher avec moi, c’est ma vie, je ne lui demande pas son avis. Je n’aime pas du tout cette réflexion parce que j’ai l’impression que c’est un jugement déguisé en « je donne simplement mon avis mais ça ne concerne que moi et moi seule ». Alors que, soyons sérieux deux minutes: si ça ne concernait que la personne qui dit cela, elle ne se sentirait pas obligée de le préciser d’entrée, comme ça, alors qu’on ne lui a rien demandé.

Si je grossis le trait pour que ce soit un peu plus clair, voilà comment je traduirais ce « han moi je pourrais pas » exclamé d’un air affolé:

« Je suis normal-e, contrairement à toi, et si tu pouvais éviter de me parler de tes perversions bizarres, au fond ça m’arrangerait. »

C’est donc une façon de vous repousser gentiment vers le placard, et ça marche puisque, très honnêtement, entre cette réaction et quelques autres techniques de silenciation bien senties, j’ai parlé deux ou trois fois de ma « particularité » en public et maintenant je n’en parle plus. Ce n’est pas tant le fait que les gens me considèrent comme anormale ou déviante qui me gène. C’est juste ce putain de moment complètement horrible où tout le monde est hyper mal à l’aise et où on te fait bien comprendre que tu es pas une personne respectable. D’ailleurs j’en parle aisément sur Twitter, sur ce blog, donc finalement les gens me considèreront comme anormale ou déviante depuis chez eux, tranquillement installés dans leur canapé, et ils ne me feront pas subir le fameux « blanc de la mort qui tue » qui dure de très, très longues secondes qui vous semblent des années pendant lesquelles vous avez tout le loisir de vous demander ce que diraient les gens dans ces moments-là s’ils osaient être sincères(2). Mais au lieu de ça ils regardent leurs pompes d’une façon interminable, et ensuite ils changent de sujet, ou alors ils vont vous sortir, très poliment et l’air de rien, les 103 préjugés à la con sur ce qu’ils supposent être de votre vie amoureuse.

Et en avant les préjugés.

Je ne vais pas tous les évoquer parce qu’ils se mélangent, se recoupent, et c’est pas du tout évident de les lister, mais je vais essayer de dégager les principaux.

Préjugé n°1: vous êtes sexuellement insatiable et vous baisez avec n’importe qui, tout le temps et partout. Votre vie sexuelle est une gigantesque orgie perpétuelle, vous ressemblez à un animal en pleine saison du rut qui saute tout ce qui bouge et même ce qui ne bouge pas.

Alors désolée parce que casser ce genre de mythes, c’est un peu casser du fantasme aussi pour certains, et j’ai toujours l’impression que les gens vont être déçus. Mais non, être polyamoureux n’a rien de particulier d’un point de vue sexuel. Ce n’est pas parce que vous avez la liberté de coucher avec plusieurs personnes que votre vie est une gigantesque orgie et que vous trainez avec vous toute une valise de maladies vénériennes. Quand vous avez un seul partenaire, vous n’êtes pas obligé-e de coucher avec tous les jours (encore que…), hé bien sachez que quand vous êtes en relation avec plusieurs personnes, vous êtes en fait encore moins obligé-e. Parce que si la personne a vraiment envie d’avoir des relations sexuelles, elle peut très bien aller voir ailleurs. (Attention: je ne dis pas qu’en couple monogame il devrait exister une chose telle que le devoir conjugal, mais pour beaucoup de gens, la frustration engendrée par la monogamie est une source de culpabilité quand ils n’ont pas envie de relations sexuelles avec leur partenaire, surtout pour les femmes). De plus, être amoureux n’oblige en aucun cas à des relations sexuelles. Le sexe est en fait quelque chose d’assez secondaire, je trouve, dans le polyamour. Ce n’est pas du tout quelque chose de central (sinon on appellerait ça du polysexe, même si ça fait un peu penser à un individu qui aurait plusieurs organes génitaux).

Ce que j’adore avec ce préjugé, c’est qu’il s’accompagne presque toujours de slut-shaming (du moins pour les femmes). Puisque tu es polyamoureuse, tu es une grosse salope qui écarte les cuisses pour n’importe qui, et ça c’est mal et tu vas aller en enfer espèce de grosse pute qui en plus utilise un mot compliqué au lieu de dire tout simplement « je suis une salope ». Et en bonus, des mecs qui croient que puisque tu es une salope, et que tu n’as pas de propriétaire légitime, il n’y a pas de raison pour que tu refuses de coucher avec eux (ça ne m’est pas arrivé en fait, puisque j’évite d’en parler, mais je pense que ça pourrait arriver facilement). Et du coup comme tu veux pas quand même, tu es vraiment un super grosse salope. C’est logique. (et si en plus le mec a été gentil avec toi dans le but de conclure tu es bien sur la plus grande salope de l’univers et tu devrais te cacher dans un trou et avoir honte jusqu’à la fin de tes jours).

En plus du fait que les relations amoureuses n’obligent pas à des relations sexuelles, polyamoureux ne veut bien sur pas dire collectionneur. On n’est pas non plus obligé d’avoir 500 relations amoureuses. On est même pas obligé d’en avoir deux. On est même pas obligés d’avoir un vague flirt avec qui que ce soit. C’est simplement une question de liberté.

Préjugé N°2: Ça doit être vachement compliqué à gérer tous ces amoureux. Genre tu dois avoir une liste de dates d’anniversaires à fêter absolument, sinon tous tes amoureux vont te faire la gueule, et une liste de noms à qui offrir des cadeaux à la saint-valentin, fête à laquelle tu vas te retrouver sur la paille d’ailleurs, et qui va être vachement fatiguante parce que tu devras passer exactement le même temps avec chacun de tes amoureux, et du coup tu vas être obligé de faire 70 dîners aux chandelles pour que personne ne soit jaloux et du coup tu vas trop manger et tu vas devenir grosse.

(Là je caricature à peine puisqu’on m’a déjà sorti le coup de la liste des dates d’anniversaire, et on me parle souvent temps égal qu’un polyamoureux est censé passer avec chaque partenaire.)

Alors non, ça ne se passe pas comme ça. Je n’ai pas un agenda d’amoureux. (d’ailleurs si vous avez suivi, je ne suis pas obligée d’avoir plusieurs amoureux). Je ne trouve pas qu’il y ait quoi que ce soit de compliqué à gérer en polyamour. Après il n’y a évidemment pas qu’une seule façon de vivre ce type de relations. Mais le polyamour, ce n’est pas le couple monogame multiplié par plusieurs partenaires. En fait le gens qui ont ces croyances s’imaginent qu’être polyamoureux c’est exactement comme être monogame sauf qu’on serait monogame avec plusieurs personnes. Alors non ça ne marche pas comme ça, et les relations fonctionnent évidemment d’une façon différente du couple monogame classique. Par exemple il n’y a pas de « devoir conjugal ». Il n’y a pas d’obligation de temps passé avec untel ou unetelle (d’ailleurs c’est un truc mégachiant dans le couple classique, et bien heureusement tous les couples monogames ne fonctionnent pas comme ça: tous les partenaires ne vont pas vous forcer à passer tel temps avec eux pour leur prouver que vous les aimez).

Oui, forcément, il va y avoir une personne avec qui vous passerez plus de temps qu’avec les autres. Tout comme il y a des amis avec qui vous passez plus de temps que d’autres, ça ne veut pas dire que ceux que vous voyez moins, vous les aimez pas vraiment en fait, ou qu’ils valent rien. Si un ami vous obligeait à passer exactement le même temps avec lui qu’avec un ou plusieurs de vos autres amis, je pense que vous le regarderiez bizarrement. Évidemment il peut arriver qu’un partenaire se sente délaissé (comme cela arrive dans les relations monogames d’ailleurs), mais c’est un problème à régler avec lui ou elle, ce n’est pas en faisant des mathématiques et des agendas que ça va s’arranger.

Les relations monogames ne sont pas plus faciles à gérer, à mon avis elles le sont moins, puisqu’en situation de monogamie des personnes vont entamer puis cesser des relations, ressentir ou pas des sentiments de jalousie et chercher à contrôler les autres (et en particulier leur partenaire, mais parfois aussi leurs amis) en fonction de leur jalousie. Ça devient vite beaucoup plus ingérable que si la jalousie est un problème de soi à soi, ou un problème révélateur d’un déséquilibre ou d’un manque de communication dans une relation.

Préjugé N°3: les polyamoureux sont des méchants qui utilisent les pauvres gens et leur font subir les pires tourments avant de les jeter comme des kleenex.

Cela rejoint les deux précédents puisqu’il y a à la fois l’idée qu’être polyamoureux vise à enchaîner les « conquêtes » et multiplier les aventures, et à la fois celle que si on ne gère pas ses conquêtes au poil de cul d’une façon à traiter tout le monde rigoureusement de la même façon, on brise des cœurs.

Je tiens à faire remarquer que pour utiliser les gens, les maltraiter ou leur briser le cœur, il n’est nullement nécessaire d’être polyamoureux. Je ne vois pas trop ce que ça change que la personne qui joue avec vous, vous utilise comme un objet et méprise vos sentiments, soit polyamoureuse ou pas? Et que dire des pervers narcissiques, des personnes qui emprisonnent leur partenaire dans une relation exclusive et finissent par lui interdire de voir ses amis ou sa famille, le tenant entièrement à leur merci? Le polyamour ne met pas à l’abri d’une multitude de problèmes sentimentaux (pas plus qu’il ne les provoque) mais il ne les provoque pas. De plus, il est très courant que les gens s’utilisent les uns les autres dans le cadre du couple classique, puisque le but de se mettre en couple n’est pas forcément pour passer du temps ensemble et avoir des projets communs: le but de se mettre en couple (du moins hétéro) ça peut être simplement de se caser, de concrétiser un désir d’enfant, de briller en société, de faire bien devant papa-maman, de ne pas se sentir comme une merde parce qu’on est célibataire, etc etc… Voire même de se trouver quelqu’un pour nous entretenir ou laver nos slips? En polyamour, on fréquente une personne parce qu’on l’aime, parce qu’on passe de bons moments, et pas parce que ça fait bien sur le CV.

Après je ne dis pas forcément que toute personne polyamoureuse (ou se disant telle) n’utilisera jamais les autres pour satisfaire ses caprices personnels et ne les fera jamais souffrir. Mais on ne peut pas accuser le polyamour pour ça. Ça n’a simplement rien à voir.

Se mettre en relation avec des personnes qui sont habituées au format classique du couple peut évidemment être un peu casse-gueule, et demande beaucoup d’empathie et de communication. Si une personne souffre d’une situation de polyamour, il est hors de question de mépriser ses sentiments sous prétexte que la monogamie c’est tellement réac et que la jalousie c’est has been et que yaka être cool et libéré comme moi tavu. Je ne dirais pas que le polyamour est un problème en soi, dans ces situations. Le problème est un manque d’empathie entre les partenaires, de respect. Si je devais subir une monogamie forcée, j’en souffrirais, ce n’est pas pour ça que je pense que la monogamie ça ne peut pas marcher et que c’est mal et que les monogames sont vilains. C’est juste pas fait pour moi, et on ne peut pas me l’imposer. De même, on n’impose pas à quelqu’un une relation polyamoureuse, c’est une question de respect. On doit entrer dans le polyamour de façon volontaire, et si l’on a des doutes sur la qualité de la relation, ou sur ses besoins en tant que partenaire amoureux, ou sa capacité à gérer une éventuelle jalousie, il faut surtout rester toujours à l’écoute de soi, et tenter de communiquer au mieux.

Une fois j’expliquais à quelqu’un que j’étais polyamoureuse et elle m’a dit qu’elle avait eu une relation de ce type que ça ne lui plaisait pas. En fait, elle avait été en couple avec quelqu’un qui ne souhaitait pas être exclusif et méprisait totalement ses sentiments. Elle souffrait de savoir qu’il fréquentait d’autres femmes mais il s’en fichait, et lui imposait cette situation en menaçant de la quitter. Pour moi ce n’est pas ça le polyamour, ça n’a rien à voir. Dans une relation il y a un contrat, et quand on signe un contrat on met pas un revolver sur la tempe de l’autre pour lui faire signer. Donc on se met d’accord et on ne se contente pas de dire « si ça te fait souffrir c’est ton problème et je m’en fiche, c’est ça ou rien ».

Être polyamoureuxse ne consiste surtout pas à mettre ses partenaires en situation de rivalité pour jouir du spectacle et pour le plaisir de les voir se battre pour t’obtenir. C’est justement tout le contraire: personne n’obtient qui que ce soit, il n’y a pas de rivalités, seulement plusieurs relations dont chacune est unique à sa manière. Et il n’y a personne à « obtenir » puisque les partenaires ne s’appartiennent pas les uns aux autres. La rivalité existe exclusivement en situation de monogamie, donc il est hors de propos de l’appliquer à des situations de polyamour.

Si vous voyez quelqu’un jouer ainsi avec les sentiments des autres, dites-vous plutôt que cette personne a un problème.

Préjugé N°4: Tu n’as que des aventures, le polyamour empêche toute relation sérieuse. Et le jour où tu voudras vraiment construire quelque chose avec quelqu’un, ou avoir des enfants, ou autre, tu te caseras définitivement dans une relation exclusive classique. Une « vraie » relation, parce que les relations polyamoureuses sont bidon.

Parce qu’une relation n’occupe pas 100% de notre temps libre ou de nos centres d’intérêts, ça ne veut pas dire qu’elle n’est pas sérieuse. On peut très bien avoir des enfants (et non, on n’est pas obligé d’en faire un nombre égal avec chaque partenaire, cf préjugés n°2), vivre ensemble ou faire n’importe quels projets de vie.

 Préjugé N°4bis: Tu n’es pas vraiment amoureuxse.

C’est assez horripilant de voir quelqu’un vous expliquer que l’amour que vous croyez ressentir, c’est pas du vrai amour en fait. Parce que le vrai amour, ça t’oblige à être fidèle, parce que comme le répètent les gens jusqu’à la nausée, « quand on est vraiment amoureux on ne regarde même pas les autres hommes/femmes » (ajoutez ici des licornes, des paillettes et des petits cœurs dans le ciel). Qui t’es pour me dire qui je regarde quand je suis amoureuse? Et est-ce qu’on est obligés d’être tous pareils?

Évidemment c’est un peu agaçant parce que vous ne pouvez pas prouver, là, tout de suite, à votre interlocuteur que vous êtes amoureuse, d’autant plus qu’il n’a aucune envie que vous le fassiez et qu’il est de toutes façons convaincu que « c’est pas du vrai amour », sinon ça bouleverserait trop ses croyances. Et que de toutes façons je vois pas pourquoi je me sentirais obligée de prouver mes sentiments comme ça, ça ne les regarde pas (je dois faire quoi ? écrire « j’aime bidule » sur la lune ça va ou pas?). Je me sens un peu dans la peau de la personne qui a décidé avec certitude qu’elle voulait pas d’enfants dans sa vie et à qui on réplique doctement « tu changeras d’avis ». Que répondre? Y a rien à répondre, ça coupe court à tout dialogue. « J’ai raison ta gueule ». À part répondre sur le même mode péremptoire…

C’est surtout les femmes qui y ont droit, en fait. Un peu comme dans les clichés lesbophobes ou biphobes, si tu erres ainsi à l’aventure, pauvre de toi, c’est que tu n’as pas encore rencontré l’Homme, le Bon, le Vrai, le Fort, le Beau, le Viril, le prince charmant de mes couilles qui viendra te remettre dans le droit chemin hétéronormatif exclusif. Donc en gros tu es juste en train de papillonner parce que tu n’as pas eu la chance incroyable de rencontrer Le Bon. Et non, y a pas plusieurs bons, ni une ou plusieurs bonnes, y a Un Bon, et c’est tout, chut. Tu n’es pas différente, quelle idée? Toutes les femmes sont pareilles. Tu es juste déviante par manque du véritable prince charmant.

Je pense que la fidélité est différente pour chaque personne. Aussi, le fait de ne jamais regarder quelqu’un d’autre quand on est amoureux, c’est peut-être lié à l’exclusivité. Si on sait qu’une autre relation viendra casser celle qu’on vit et faire de la peine à la personne qu’on aime, on se tient à carreau, et peut-être même qu’on ne pense même pas à transgresser cet interdit, profondément ancré en nous. Mais si on savait au fond de nous-même qu’une relation amoureuse n’interfère pas avec une autre, on ne ressentirait peut-être pas les choses de la même façon, et peut-être qu’on resterait ouverts à de nouvelles rencontres même en étant sincèrement et profondément amoureuxse.

 

Voilà pour les préjugés. Malheureusement je n’ai pas le temps de développer davantage même s’il y aurait  beaucoup à dire encore sur ce type de relations et sur les préjugés, méprises et autres croyances souvent véhiculées à leur égard. J’espère revenir là-dessus une autre fois.

 A lire aussi:
Contre le couple
L’amour, c’est pas comme les frites
La possession du corps de l’autre

 

 

(1)> Je pensais assez naïvement que ce type de réactions n’est pas courant mais plusieurs personnes homosexuelles m’ont signalé sur twitter que si, ça l’est.

(2)> Et en fait vous pouvez aisément le savoir, il suffit de lire les commentaires sur internet. Et je l’ai fait. Du coup je sais ce que les gens pensent vraiment du polyamour. Et c’est vrai que le silence gêné c’est pas si mal finalement.

247 réflexions au sujet de « Quatre préjugés sur le polyamour »

  1. Perso, ça m’est déjà arrivée, et je retrouve effectivement dans ton articles certaines réactions que tu décris; entre le  » tu n’es pas vraiment amoureuse » et « ça doit être compliquée à gérer », et le superbe final « je suis une personne peu recommandable qui écarte les cuisses à tout le monde » mais je dois dire que j’ai bien rigoler.

    C’est fou, ce que les gens qui jugent sans connaitre sont méchants. Sont-ils dans notre tête ? Non, ils ne savent pas la situation que nous vivons !

    Il y a quelques années, j’ai aimée deux personnes en même temps. Autant cette situation ne dérangeait pas la première personne, beaucoup plus agé que moi et qui m’encourageait à vivre d’autre expériences, autant l’autre, de mon age l’a encaissé assez difficilement, mais a accepté de me « partager » pendant une certaine période, jusques à ce qu’il m’oblige à choisir.

    Choix diablement difficile et très douloureux, qui m’a fait ronger du noir pendant des semaines. On ne devrait jamais obligé quelqu’un à choisir entre deux personnes qu’on aime vraiment. A-t-on idée de ce que l’on peut ressentir dans ces moments là ?!? Personne ne le sait, et si vous voulez le savoir, c’est comme si on nous obligé à trahir l’une de ces deux personnes.

    Certains diront, qu’importe ? tu les trahis déjà toute les deux!
    Faux, être polyamoureux, ça veut aussi dire, que l’on peut être honnête et n’avoir aucun secret pour ses compagnons.
    Moi, j’ai choisis d’être franche avec eux dés le départ, de leurs dire qu’ils étaient deux dans ma vie, et que pour rien au monde, je renoncerais à eux, sauf dans le cas présent, où ils m’obligeraient à choisir l’un d’entre eux.

    Mais bon puisqu’il a insisté, j’ai choisis, et ce n’était finalement pas lui.

    Je l’aime malgré tout encore, et même si depuis j’ai tracé ma route avec mon autre compagnon, je sais que je ne l’oublierais pas. Et je sais aussi que je ne retenterais pas l’expérience. ça m’a fait trop mal, mais en même temps, quelle période et que de bons souvenirs !

    •  » l’autre, de mon age l’a encaissé assez difficilement, mais a accepté de me « partager » pendant une certaine période »
      Selon moi (sans volonté de juger ou de culpabiliser), dès le départ il y avait un problème. Pour être dans ce genre de relation, il faut que toutes les personnes impliquées comprennent et acceptent pleinement ce qu’est le polyamour (d’ailleurs je réfère le mot libertinage, mais c’est de la sémantique :p) : à partir du moment où il y a contrainte, où une personne tolère à peine le concept, et a l’impression de « partager », des problèmes se posent.

      Et cette situation, ce n’est pas tant du au polyamour en soi qu’au fait que ça soit une philosophie/manière de vivre contraire à la norme.
      N’importe quel polyamoureux peut comprendre qu’une personne lambda s’attende, en entrant dans une relation avec quelqu’un, que cette relation corresponde à la norme. On ne peut pas les blâmer.

      On ne peut pas non plus les blâmer de ressentir ce qu’ils ressentent, même si ces sentiments sont induits par un bagage culturel très ancré, incluant la monogamie, l’idée du couple, etc…

      • Le polyamour n’a rien à voir avec le libertinage. Ce n’est pas une question de sémantique.
        D’abord le libertinage c’est exclusivement sexuel. Ça ne concerne pas les relations d’affection, d’amour. En plus le libertinage n’est qu’une pratique sexuelle donc ça ne dit pas grand chose sur ce que vivent les partenaires sur un plan émotionnel. La grande majorité des libertins sont très possessifs. Et enfin, le milieu libertin est très très patriarcal. Il s’agit en fait surtout d’hommes qui s’échangent des femmes entre eux.

        • D’accord. Si vous me dites que c’est comme ça que c’est utilisé je vous crois.
          J’avais en tête la définition de wikipédia « dans sa version d’origine, le libertin est celui qui remet en cause les dogmes établis, c’est un libre penseur (ou libertin d’esprit) dans la mesure où il est affranchi, en particulier, de la métaphysique et de l’éthique religieuse », mais cela dit, wiki parle aussi de « libertin de mœurs, c’est-à-dire celui qui s’adonne aux plaisirs charnels avec une liberté qui dépasse les limites de la morale conventionnelle. », donc oui, le mot est orienté-sexualité.

          Dans la construction du mot, je vois surtout « liberté » dans « libertinage », et c’est ça que je trouvait plus intéressant que « polyamour » (littéralement, plusieurs amoureux), où l’étymologie induit en erreur (selon vos mots, on est « pas obligé[e] d’avoir plusieurs amoureux »).

          Je disais que c’est de la sémantique, parce que c’est que le mot que j’aime pas, je suis d’accord avec vos idée. L’important, c’est la liberté, la reconnaissance de l’individu, des particularités, des sentiments, des émotions de chacun.

          Et puis, comme ici c’est votre blog je vais accepter vos mots & définitions, mais permettez-moi d’ajouter que le libertinage (en tant que pratique sexuelle) subis tout autant les préjugés 1, 2 et 4 que le polyamour.

          • Moui alors c’est vrai qu’à la base, le libertinage, c’est censé être un courant intellectuel.
            Maintenant dans les faits c’est purement autre chose.
            Et y a des préjugés contre les libertins, c’est sur, et une bonne dose de slut-shaming bien sur. Mais y a aussi le fait que les libertins pensent souvent qu’à niquer, et c’est pas un préjugé. Cela dit c’est simplement dû au fait qu’on ramène aujourd’hui le libertinage à un ensemble de pratiques sexuelles. Je pense que les préjugés par rapport aux libertins sont différents.

            Tiens un bon blog sur le libertinage: http://libertinsmoncul.wordpress.com/

          • Trés interessant cet article sur le Polyamour ! En revanche, je lisais votre discussion par rapport au libertinage.. Et je suis étonné que vous tombiez dans de si gros préjugés ( je suis allée voir le blog qui est juste un AMAS de préjugés!) tel que  » c’est un milieu patriarcal », « ils ne pense qu’à niquer » etc.. Vraiment je suis étonné ! Personnellement, je suis libertine avec mon compagnon depuis maintenant 4ans. Et je trouve attristant tout ces clichés sur les libertins. Dans ma manière de libertiner j’y trouve des ressemblances avec le PolyAmour.
            Et le premier et ENORME préjugé sur ce milieu c’est :  » c’est un milieu d’homme » (limite si on dit pas « les femmes sont toutes contraintes ! »). Ha bon?? C’est marrant parce que la première chose qui m’a attiré dans ce milieu c’est le fait que les femmes y sont libre . Je ne suis pas trop club libertins mais ceux où je suis allée, il y avait un énorme respect envers les femmes. La première fois, la patronne (Sisi il y a même des femmes qui ouvrent et gérent des clubs !mais hein elle doivent être contrainte par leurs maris..) m’avait informée que c’était aux femmes d’aller vers les hommes et non l’inverse, que c’était une BASE du libertinage. Et bien pour l’instant, pour moi ça a toujours été le cas !! C’est toujours moi qui suit allé vers les hommes etc.. En découvrant le milieu, j’ai été etonné du nombre de couple qui sont devenus libertins à cause ..de leur femme ! Et oui, comme moi qui a dit un jour a mon copain « je voudrais bien libertiner » je dirais que 80% des couples que j’ai rencontré c’était une idée de la femme et non l’inverse ! Et les hommes ne sont pas tous jetés sur les femmes des autres..Nan nan ! Mon copain à eu besoin d’un an de réflexion avant oser et avoir envie de se lancer, et pleins d’hommes sont ainsi !
            Et contrairement à ce que j’ai lu sur le blog, si si il y a pleins de femmes libre. Pleins de femmes bi qui recherchent des femmes seule, pour essayer (car ce milieu permet d’essayer de nouvelles pratiques, que certains/certaines ose pas assumer) etc..
            Ensuite, les libertins font que « niquer » ,c’est que pour « le cul ».. Wouahou !! Au moins c’est manière bien rapide de classer les libertins. je dit toujours il n’y a « un libertinage » mais « des libertinages ». Pour moi (et pleins d’autres libertins!) le libertinage c’est le fait de « vivre librement sa relation amoureuse et ses rapports sexuels » . Mais, dans le milieu il y en a qui recherche des relations sexuels uniquement avec ou sans leurs partenaires, avec ou sans jeux etc.. Il y a même qui ne niquent pas ! (sisi j’en ai rencontré aussi !) Mais qui flirtent vite fait avec d’autres couples et qui ont des relations basés sur le plan plus intellectuels. Il y a qui libertine, seul, en couple, séparé ou non de leur conjoint, a plusieurs ou pas etc.. Bref, il y a VRAIMENT de tout dans le libertinage ! d’ailleurs les 3/4 des couples avant de « coucher » avec un couple (par exemple) les rencontres avant une soirée pour manger, discuter etc.. Et des fois, ce revoit plusieurs fois sans qu’ils se passent rien du tout! Et oui, tout les libertins ne se voit pas que pour le cul.
            Perso, avec mon copain on « couche » peu. Dans notre libertinage, on a toujours privilégier les rapports humains avant les rapports sexuels. Notre finalité c’est pas de « baiser » ! Nan, ça d’ailleurs on peux le faire seul si on veut ! Nan, on est juste libre ! Si demain, on rencontre un couple, qu’on passe des soirées avec eux, qu’on s’entend bien, qu’ils nous plaisent en plus physiquement et bien des fois ça va plus on couche ensemble !
            Ha oui, le libertinage se n’est pas non plus forcèment s’échanger les gens tel une marchandise ! Il y a des gens qui comme nous, faisons juste l’amour a plusieurs .. C’est tout ! On a eu des sex-friends, c’est ni plus ni moins que des amis avec qui tu couche. Alors c’est pas vraiment une Amitié classique, c’est plus fort (ça pourrait se rapprocher du polyamour dans certains cas d’ailleurs), mais la Base c’est pas le Sexe, mais les relations humaines. Pour nous le libertinage c’est avant tout des rencontres différentes ! Et surtout le fait d’être Libre !
            On est pas trop club libertins mais on y est déjà allé, quelque fois, juste parce qu’on avait envie de s’amuser ! Mais on a pas forcèment coucher avec d’autres gens ! Nan ! Mais dans un club tu te sens libre de faire ce que tu veux, personne ne te juge et ça c’est super ! Et idem, on est pas les seuls !
            J’ai bien lu dans le lien, revient aussi dans les préjugées : le champagne ! Et non, tout les libertins ne boivent pas du champagne loin de là ! D’ailleurs ce n’est pas compliqué, je n’ai JAMAIS fait de soirées avec des couples ou des gens qui buvaient du champagne ! Nan c’était plutôt jus de fruit et pétard ! Ou bière !
            Alors oui, je pense qu’il y a des femmes qui sont contraintes de manière subtiles par leur conjoint de libertiner, oui je pense qu’il y a des gens qui pensent qu’à baiser (et je m’en fous ils sont libre), oui ils y en a qui boivent du champagne, oui il y a des libertins macho, des libertins bling-bling, il y a des vieux, des jeunes, certains qui vont au cap d’agde , d’autres qui detestent etc.. Mais il y a tellement de gens différents , tellement de libertinage différents qu’on ne peux pas généraliser comme « ils ne pensent qu’a baiser », « la femme est soumise » etc.. Je suis désolé pour celle qui à écrit « libertinsmoncul » car je pense qu’elle n’a pas réussit à trouver sa manière de libertiner qu’il lui convenait ou je sais pas.. Une chose est sûre c’est que je n’ai pas du tout la même vision qu’elle, donc on ne doit pas fréquenter les même libertins, les mêmes clubs libertins etc.. Mais une deuxième chose est sûre, c’est que les préjugés ont la vie dure ! Perso, libertinage et polyamour j’ai toujours vu ça de manière trés proche (je connais es polyamour qui pour moi sont plus des libertins et inversement) Mais la différence c’est que dire Polyamour ça fait propre alors que libertin ça fait sale quand même. Alors que pour moi, dans les deux il y a des relations « hors-normes » avec ou sans sexe qui s’établissent entre les gens, basé sur une forme de liberté et qui incluent avant tout du respect envers les autres et de la confiance !

            Enfin voilà, tout ça pour dire que faire un article pour denoncer les préjugées sur le polyamour c’est bien mais attention à ne pas tomber dans les préjugées d’autre chose ! ;-)
            Amicalement ! et merci pour ce blog trés interessant !

          • Pour moi le libertinage n’a rien à voir avec le polyamour parce qu’on ne peut pas détacher totalement le concept des gens qui le pratiquent.
            Or, oui je le répète, le milieu libertin est fortement patriarcal et ce n’est pas un préjugé. Un préjugé c’est ce qu’on imagine de quelque chose qu’on ne connait pas.
            Que d’autres aient d’autres expériences du libertinage, je veux bien. Sauf que.
            Pourquoi si quelqu’un a une expérience négative du libertinage, tu l’accuses d’emblée de ne pas avoir trouvé sa manière à elle de libertiner? Comme si c’était de sa faute, comme si, presque, elle avait tout inventé?

            Si je dis que le milieu libertin est patriarcal et très influencé par la culture porno, je ne sors pas cette information de mes fesses. C’est quelque chose que j’ai constaté. On peut très bien, à moi aussi, me dire que je n’ai pas trouvé ceci ou cela dans le libertinage, façon de me dire que c’est de ma faute si j’en tire une mauvaise expérience. Sauf que je suis pas allé vers le libertinage en me disant que c’était qu’une bande de queutards qui pensaient qu’à baiser. Alors peut-être que j’ai idéalisé le truc à un moment. Mais si maintenant je dis que c’est une bande de queutards, tu penses bien que je l’ai pas inventé.

            Une différence de taille que j’ai constatée entre libertinage et polyamour et qui à mon avis change tout: Parmi les couple libertins que j’ai rencontrés, non seulement ils ne s’autorisaient JAMAIS à faire des rencontres séparément (ou alors seulement l’homme) (à vue de nez je dirais qu’environ les 2/3 ne s’autorisaient pas du tout, et 1/3 seulement l’homme, et peut-être 1 ou 2% étaient réellement libres de ce point de vue), mais en plus de ne pas se l’autoriser, beaucoup sont extrêmement mal à l’aise face à un couple réellement ouvert. Ce qui n’empêche pas une majorité d’entre eux à essayer de rencontrer seulement la femme du couple, parce que tu comprends le mec y en a pas besoin, Madame est pleinement satisfaite de son Homme (non non j’invente rien j’ai lu et entendu cette phrase des centaines de fois).

            Alors bien sur je connais des libertins (une infime minorité) qui me diront: « oui mais ça c’est pas vraiment des libertins, je libertinage c’est autre chose ». Ok, je veux bien. Et oui j’admet que les gens qui disent ça, eux ils sont vraiment dans un truc alternatif, ils ont vraiment une liberté sexuelle et c’est quelque chose d’intéressant. Sauf que quand la majorité des gens qui SE DISENT libertins ne le sont pas selon cette définition, on peut se poser la question: c’est quoi, vraiment, le libertinage?

          • C’est marrant parce que je suis du genre à dire et à penser  » C’est gens se ne sont pas vraiment des libertins »… Mais j’ai rencontré que de « vrais » libertins, je n’ai jamais rencontré de « queutards  » mais vraiment jamais.
            Je n’accuse pas une personne d’avoir eu une expérience négative et d’en relater les faits, je l’accuse de faire de Son expérience négative tout une généralité ! J’ai du mal avec les préjugés ET avec les généralités. Or, trop souvent On (je dit « on » car je pense que tout le monde le fait et je m’inclue dedans) fait de notre expérience des généralités, et on balancent souvent par la même occasion des préjugés.
            Quand je dit qu’elle n’a pas trouvé sa façon de libertiner, ce n’est pas pour la blâmer (c’est fou comme les gens sont sentent toujours attaquer d’ailleurs) c’est juste pour dire qu’il y a d’autres libertins, d’autres manières de libertiner. Qu’elle est peux-être tomber sur des gens patriarcal et qui ont une vision du libertinage pour le coup par respectueuse de la femme etc… Mais que c’est pas parce qu’elle est tombé sur ce « mode » de libertinage là, que le Libertinage « cest ça » ! (et je ne sors pas non plus cette info de « mes fesses »). En revanche, lorsqu’on dit « le libertinage c’est ça » avec autant de raccourcis et aucune objectivité pour moi on véhicule des fausses généralités, on donne au gens des préjugés…
            Il y a des couples qui libertine chacun de l’autre côté, d’autre part (j’en connais autant qui font les 2!). Je n’ai jamais rencontré qui que ce soit qui traité sa compagne différemment… Alors oui, je pense que ça existe, mais comme je le dit il y a des milliers de libertinage.. Et malheureusement, j’imagine qu’il y en a qui sont pas respectueux..
            Tout comme il y a des couple qui ne respectent pas leur conjoint etc..
            Bref, alors oui il y en a sûrement qui sont traumatisé par des mauvaises experiences dans le milieu du libertinage (et j’en connais qui ont eu de mauvaise experience polyamoureuse aussi,et je n’ai jamais blâmer la chose)et c’est vraiment regrettable car pour moi tout ce que tu décrit existe peux-être (mais je le répète dans le libertinage et dans la vie en général il y a de tout!) mais personnellement je n’ai jamais vu ce genre de chose, donc pour moi ce n’est pas comme ça le libertinage.
            Mais ce qui est important pour moi ce n’est pas de comparé le libertinage avec le polyamour, ce n’est pas de défendre ma vision du libertinage pour que les gens pensent que c’est bien nan je m’en fiche car c’est une question de vision des choses. Nan ce qui est important pour moi c’est d’éviter les généralités et de combattre les préjugés .. Et ce pour tout les sujets!
            Et lorsque certains écrivent des choses disant « ça c’est ça « , le libertinage c’est comme ça et c’est tout. Quand on est dans la subjectivité totale (c’est le cas pour le blog « libertinsmoncul ») et bien on créer alors des généralités qui débouchent sur des préjugées. C’est ça qui me gêne..

            Je suis pour que les gens respectent la liberté de chacun, je suis pour que les gens se respectent. Il y a pleins de sortes de libertinage, je ne joue pas à savoir qui à raison. Chacun à sa vérité, en fonction de ce qu’il a vécue. Mais on ne peux pas dire je connait LA Vérité. On peux dire j’ai une mauvaise image du libertinage parce que j’ai vécue ça etc.. Mais on ne peux pas dire le libertinage c’est CA (en parlant de sa réalité) Il faut Juste ne pas faire de raccourcit trop rapide.
            Car après on doit se battre nous aussi (comme tu le décrit très bien dans ton article sur le polyamour) pour combattre des idées reçues.. C’est vrai en matière de sexualité mais sur pleins d’autres sujets aussi..

          • Alors là, pour avoir pratiqué les deux (tenté de pratiquer pour le poly,) je t’assure que le libertinage est bien mieux compris que le poly !

            Et oui, le libertinage (et particulièrement l’échangisme) est fait par et pour les hommes.

        • J’ajoute un petit détail, (tu vas surement me dire que je n’ai pas eu de chance et que je projette mon expérience sur tous les libertins.)

          TOUS les libertins que j’ai connu, TOUS sans exception, hommes et femmes étaient racistes, réacs sur pleins de sujets, (notamment l’avortement..c’est chez un couple de libertins que j’ai entendu l’expression « avortement de confort »…pas que mais aussi…homophobes, (deux mecs ensemble beurk, deux filles ensemble, mmmm…) et pleins de préjugés sur à peu près tout le reste de la population.
          Et dans tous les cas, c’était l’homme qui avait entrainé la femme.
          Alors tu as du avoir beaucoup de chance, quand même….
          Et si tu pouvais éviter de me répondre que les opinions politiques et sociétales n’ont rien à voir car si, ça a à a voir justement.

          • Moi je dirais pas que tous les libertins que j’ai rencontrés étaient réacs, mais beaucoup le sont effectivement. Et surtout j’apprécie pas trop qu’on me dise que j’ai des préjugés par rapport au libertinage ou que je le connais pas etc. Les gens qui ont qu’une expérience positive du libertinage, ça les dérange pas, par exemple, que pour entrer dans un club libertin ça çoûte dans les 50€ pour un couple (soit 25€ chacun à peu près), et le double, voire plus, pour un homme seul? Mais non ça doit être moi qui hallucine, ce genre de choses ça n’existe pas! En tous cas le mec qui a déboursé 100 balles pour entrer dans le club, je peux vous dire qu’il a très envie de rentabiliser son investissement. C’est pas de la prostitution, mais il y a quelque chose de la prostitution là-dedans.

            Tiens d’ailleurs j’ai déjà entendu des mecs discuter de « est-ce mieux d’aller en club que de payer une escort sachant qu’une escort c’est plus cher mais au moins tu es sûr de baiser ».

          • L’elfe, ta réponse me pince un peu le coeur non que je la trouve fausse mais que c’est exactement ce que m’a dit l’homme dont j’étais amoureuse quand on parlait des clubs, qu’un homme qui se pointe en payant comptait repartir en « ayant eu sa dose… »

      • Bonjour à tous ,

        Je suis journaliste et dans le cadre d’un nouveau jeu d’aventure télévisé je cherche un couple polyamoureux . Loin de la télé réalité , cette émission s’inscrit dans une volonté de mettre en lumière différentes formes d’amour, différentes façon de s’aimer, le tout sur fond de jeu d’aventure,dans un cadre paradisiaque avec des épreuves physiques et mentales !
        Si vous êtes intéresses et que vous voulez tenter l’aventure n’hésitez pas à me joindre par mail à l’adresse suivante :charles.df13@gmail.com

        • ça a l’air totalement décérébrant, je ne regarderai déjà cette merde pour rien au monde, alors y participer merci bien, bon courage dans vos recherches je suis sure que plein de gens vendraient de toutes façons leur âme pour passer à la télé

  2. Je ne suis qu’au début du texte, je lirai la suite plus tard (je suis pressé), et d’après les titres des préjugés, je ne les partage pas.

    Mais juste ça : « HAN, MOI JE POURRAIS PAS ».
    Tu as déjà dit sur ton blog que le polyamour se base sur le refus de l’oppression qu’est l’amour exclusif. Partant de là, l’argumentation est éthique. Et comme dans toute réflexion éthique, il y a une culpabilisation sous-jacente, un questionnement « Moi aussi, j’aimerais faire le bien autour de moi… Est-ce que je suis quelqu’un d’éthique/moral/bon ? ». Donc c’est logique que quelqu’un.e qui comprend qu’il y a une réflexion éthique et qui ne la suit pas s’interroge sur sa propre position. Donc qu’iel ramène le truc à ellui.

    Même chose pour toutes les réflexions éthiques, formes d’oppression, tout ça : Le « Moi, je pourrais pas. » est courant…
    Donc je ne pense pas qu’il y ait obligatoirement des raisons de le prendre mal. Si on te répond « Moi, je pourrais pas. », ça peut aussi être le signe qu’on comprend très bien tes arguments… et qu’on se sent mal de ne pas être à la hauteur.
    (Quelque chose de totalement opposé à un « T’es qu’une pauvre folle ! Moi, je suis normal ! », pour le coup. Comme je le perçois, en tout cas.)

    • Oui en effet, « HAN JE POURRAIS PAS » peut-être assimilé à l’aveu de se croire incapable de surmonter le sentiment de jalousie provoqué par l’idée de possessivité amoureuse trop fortement ancré culturellement par la société. Mais dans la majorité des cas ça veut effectivement dire « moi je suis normal », et ça qualifie cet état de liberté — qui devrait être un état naturel, systématique, par défaut — d’anormal.
      Il faut aussi prendre en compte le fait que la plupart du temps c’est effectivement hors-sujet et ça ramène sans raison le discours à soi (et à sa « normalité »).

      Oh et puis en général c’est pas une bonne idée de commenter en ayant lu que le début de l’article ;) Ici ya pas eu de problèmes, mais des fois ça peut créer des confusions.

      • Encore une fois, c’est pas le fait de dire « je pourrais pas ». C’est une façon de le dire. Cette façon qui te fait vraiment sentir que ça signifie « moi je suis normal et pas toi ». Je suis pas parrano ou quoi que ce soit hein, je sais bien que des fois les gens disent « je pourrais pas » sur un mode tout à fait sympathique et sans jugement. Mais ce n’est pas ce dont je parlais ici.

  3. Eh bien moi ça fait un moment que je me suspecte d’être polyamoureux sans avoir la possibilité de le vérifier. Ce sentiment diffus que je n’ai pas la même définition de l’amour que la plupart des gens.

  4. Encore un chouette article !
    Moi-même polyamoureuse depuis mon adolescence j’ai longtemps été confrontée à ce genre de clichés (sans compter que je suis aussi pansexuelle, ce qui multiplie par deux à peu près toutes les considérations de slut-shaming et de non-sérieux dans les relations ^^)
    Avec le temps j’ai vraiment appris à rire des réactions des gens et je ne remarque même plus les secondes de silence gêné dont tu parles. Peut-être aussi parce qu’étant plus à l’aise avec mon mode de vie, j’en parle tout simplement et que cela met en conséquence les gens moins mal à l’aise ;)
    Evidemment, le fait que je soit en polycouple (oui oui j’invente le mot) avec les mêmes personnes depuis plusieurs années et que ça marche comme sur des roulettes dans la joie et le respect, ça aide ^^
    Bref, j’attends avec plaisir la suite de l’article, et je joins au passage un petit lien vidéo (qui date un peu) qui traite de l’amour que j’ai pour les étiquettes :p
    http://www.youtube.com/watch?v=x2F6pKzfj1A
    ps : vegan, polyamoureuse et ayant de la répartie ? l’avantage c’est que ça doit faire fuir une grande partie de connards hétéronormatifs ;)

  5. Il y a quelques jours j’ai lu « Guide des amoures plurielles » de Françoise Simpère, qui emploie le terme « lutin/lutine », beaucoup plus joli que « polyamoureux/se »! :)

  6. Salut ! Ahah, je me reconnais dans la réaction « han, je pourrais pas », mais elle ne signifie pas la même chose que l’interprétation que tu donnes. C’est juste que j’y ai déjà réfléchi, longuement. En 8 ans et demi de vie de couple, le sujet a déjà été abordé plusieurs fois avec mon compagnon. C’est un modèle qui me séduit d’un point de vue intellectuel et théorique, mais je ne suis vraiment pas sûre d’y trouver mon compte en pratique. D’où le « je pourrais pas » ou plutôt « je ne suis pas sûre d’y arriver ». Mais c’est plutôt positif, dans le sens où j’aimerais pouvoir le faire. ;)

    • Je crois que ce dont l’autrice parle, c’est des gens qui disent « han je pourrais pas », en réponse directe à quelqu’un qui parle de son mode de vie.

      Évidemment, se dire que, soi, l’on ne pourrait pas, s’interroger dessus, y réfléchir etc… c’est pas une mauvaise chose (au contraire même), mais il ne faut as le balancer à la figure de quiconque vit autrement.

  7. Merci pour ton article!
    J’ai eu également beaucoup de mal à me dire « polyamoureux ». Ce mot est assez moche, et il n’est par ailleurs jamais évident de se rentrer dans une nouvelle case, quand on cherche à déconstruire la précédente trop étroite. Toutefois, ce mot a le mérite de donner de la visibilité à une autre réalité tout à fait légitime.
    Le polyamour n’est ni une mode, ni un choix. C’est pour moi une évidence qui s’est imposée, en étant à l’écoute sincère de mes sentiments.
    Comme tout mode de vie alternatif face à un schéma dominant (et écrasant), je pense qu’on ne peut y arriver que par un cheminement personnel. On lit de plus en plus de choses à ce sujet, c’est bon signe. Soyons un peu optimistes et laissons doucement les mœurs s’ouvrir : cette vision des amours plurielles sera de mieux en mieux acceptée.
    J’écris un peu sur mon expérience à ce sujet, du coup je me permets de partager :
    http://lebricolageamoureux.tumblr.com
    ;-)

  8. « « HAN, MOI JE POURRAIS PAS ». » je le trouve moyen ce passage, les gens sont peut être simplement mal à l’aise car tu parles de ton intimité ou qu’ils se demandent pourquoi tu en parles, si tu dis à quelqu’un pour reprendre ton exemple « moi je suis lesbienne » et que tu perçois qu’on te réponde « han, je pourrais pas » comme une forme d’homophobie, je trouve que ça va loin, déjà la personne peut se demander pourquoi tu lui dis ça, et elle peut réagir aussi du coup en te disant que, elle, c’est pas son truc du tout, voire qu’être avec une femme l’écoeurerait carrément histoire de mettre les choses au clair si elle avait un doute lol, de l’homophobie ce serait te dire que c’est mal. « Je ne pourrais pas » pour le polyamour, pour moi ça accueille de manière respectueuse ce que tu dis, je l’aurais plus entendu comme ok, c’est un mode de vie intéressant mais je ne me vois pas le pratiquer. Bref je vois pas le malaise et il faut accorder aux gens le droit d’être un peu maladroits, c’est pas comme si on te demandait comment vous gériez les mst/hpv . Je retourne lire lol

    • Je parle de mon intimité? O_O

      Heu j’ai pas montré des photos de mon anatomie en gros plan hein.
      Je parle pas non plus de mes parties de jambes en l’air à des gens que je connais pas. Je suis quelqu’un d’assez pudique et réservé en général, d’ailleurs tu noteras que je n’évoque pas directement ma vie privée dans l’article.
      Tu peux m’expliquer, s’il te plait, pourquoi est-ce que quand je parle de « mon copain » c’est pas du tout de l’intimité et c’est tout à fait normal en société, (et je peux même l’appeler « mon chéri » ou « mon doudou » ou autres petits noms devant tout le monde sans que les gens trouvent ça gênant), mais par contre si je parle de « ma copine » ou de « mon 2ème amoureux », là SOUDAIN c’est hyper intime et en fait il faut pas en parler?

      Pourquoi si je dis « l’amante de mon cousin » c’est tout à fait normal et sympa, mais « l’amante de mon copain » BERK C’EST SALE? En quoi je parle de mon intimité en disant ce genre de choses?

      En fait là tu es en train de trimballer les mêmes préjugés que ceux que je dénonce dans l’article, quoi.

      Quand une lesbienne dit « ma copine est allé faire les courses » elle n’est pas en train de demander à son interlocutrice si ça lui plairait de se faire brouter le minou. Un peu de décence, quoi, merde. Et si cette personne lui répond « han t’es lesbienne han tu couches avec une fille han moi je pourrais pas », OUI c’est une forme d’homophobie. Ça ne se fait pas de dire ça, personne ne te demande si t’as envie de faire la même chose sexuellement que toutes les personnes que tu rencontres. Si tu as l’imagination tellement fertile que tu ne peux pas t’empêcher d’imaginer les personnes avec tu discute en train de baiser, ce n’est pas de leur fautes à elles et eux. Et ce n’est pas très poli de leur faire remarquer – fût-ce à demi-mot- que tu juges leurs pratiques sexuelles déviantes. Et c’est bien de ça qu’il s’agit puisque tu te permet de leur faire remarquer que « toi tu ne pourrais pas » alors que tout le monde s’en fout. Moi j’ai jamais vu une lesbienne dire « han tu couches avec un homme holala moi je pourrais pas » si une femme hétéro est simplement en train de parler de son copain sans rentrer dans aucun détail privé.

      • Les exemples que tu donnes dans ce commentaire éclairent beaucoup la partie Préjugée 1. En la lisant, j’avais l’impression que tu parlais de cette réaction dans le cadre d’une discussion dont le propos est le polyamour. Alors qu’effectivement, ce dont tu parles, c’est quand ça vient dans la conversation sans aucun rapport.

        C’est toujours délicat, quand on réagit à quelque chose qui sort de la norme/du neutre, de savoir s’il faut verbaliser pour écarter tout risque de malentendus (genre on sait bien que ça s’est vu, qu’on a tiqué, même si c’est juste de l’étonnement) ou passer outre parce que c’est hyper pénible de se faire rappeler sans arrêt sa « particularité ». Mais bon, dans ce contexte, je ne vois guère comment un « Han moi je ne pourrais pas » pourrait être autrement que lourdingue.

      • Ben c’est pas nécessairement intime l’anatomie :p Sérieusement, je trouve que parler de chéri, de doudou, justement oui c’est intime, c’est parler de sa vie privée, de ses sentiments amoureux, c’est intime pour moi, sinon on peut parler de compagnon ou autre terme un peu plus froid si vraiment ya besoin d’évoquer la relation.
        Tel que j’ai lu ton post, peut être un peu vite c’est clair, je voyais la situation où tu disais en gros « je suis polyamoureuse », pas « ma deuxième copine est partie chercher du pain », donc plus une conversation directe que tu lancerais sur un mode d’aimer. Après même dans le cadre du pain, c’est se mettre sur un plan un peu intime, si je dis « j’attends quelqu’un qui est partie chercher du pain », c’est différent de dire « mon doudou est parti… » où là on dit mine de rien à son interlocuteur, que non seulement machin va ramener du pain mais qu’on a beaucoup de tendresse pour cette personne, etc Si j’utilise mon chéri en parlant/postant c’est que je suis dans un mode d’échange sur un sujet intime, que j’ai envie de partager mes ressentis, mes impressions, soit parce que c’est une personne proche, soit parce que la personne en face se livre elle même.
        Parler de sa copine, quand on est une fille, je ne crois pas que beaucoup de gens aujourd’hui pensent « beurk » , « ce n’est pas normal », ou autre.
        Ni que « l’amante de mon copain » soit sal, enfin je la connais pas en même temps !, juste si tu parles de ton cousin, c’est un peu loin de toi, tandis que si tu parles de l’amoureuse de ton copain, de parle de ton intimité à toi, tu te livres, même si tu peux penser que c’est l’intimité de ton copain, tu dis du même coup que vous êtes ouverts, polyamoureux ou autre, ou si la personne assume que tu es dans une relation monogame que tu es trompée, donc que tu évoques un conflit directement comme ça, ce qui oui peut mettre franchement mal à l’aise pour le coup.
        Je ne crois pas que les gens soient choqués, trouvent quoi que ce soit berk, en général on réserve la dimension familiale à une personne, ou des personnes successives mais à côté de ça, c’est rare de n’aimer qu’une personne, les gens sont monogames mais ont des sentiments pour d’autres voire des relations extraconjugales, les couples réellement monogames sont assez rares il me semble. Par exemple, mon couple est perçu comme monogamme, pourtant il est à dimensions variables, je n’en parle à personne car c’est notre/nos intimités, quand je parle à mes amies proches d’un autre « doudou », il n’y a que compréhension, elles mêmes ont leurs histoires, que ce soit des « restes » de sentiments pour un ex, ou autres, même en étant mariées, avec leurs limites certes, par exemple une de mes amies a une relation amoureuse de plusieurs années mais sans rapports physiques au delà des baisers, la limite de son mari, et si elle veut vivre autre chose, elle devra le quitter. Tout est équilibre, pas de règles autre que respecter l’autre et ses engagements quand il y en a, être transparents, sauf moments où on se dit « fais, vis ce que tu as à vivre, mais surtout, là, ne me dit rien », avoir des limites ce n’est pas être coincé ou fermé d’esprit, c’est ressentir et tant que c’est exprimé et pris en compte avec bienveillance, il n’y a pas de problèmes, ou presque. Tout ça pour dire que non je ne pense pas que les gens soient réellement choqués de ça car la majorité le pratique plus ou moins déjà.
        Le « tabou » tourne plus autour de la cellule familiale je pense. Et c’est là où en effet j’ai de gros préjugés bien gras sur le polyamour, pour moi ce n’est pas mal en soit d’avoir des préjugés, je n’ai pas à avoir honte d’en avoir, ne me préjugés shame pas please, cela vient de la perception que j’ai des besoins des jeunes enfants et de mon propre vécu d’enfant qui n’a pas été sans impact sur ma vie adulte et de femme d’ailleurs, et je ressentirai comme égoïste de vivre certaines choses, car à mon sens, « sens », ce ne serait pas une situation optimale pour des enfants auxquels j’aimerais offrir un univers le plus épanouissant et sécurisant possible, ça ne veut pas dire que les enfants de couples polygames ou ne distinguant pas vies familiale et amoureuses soient insécurisés ou pas épanouis, juste que pour moi, sauf situation où on se rendrait si malheureux qu’une situation que je perçois comme « non optimale » soit meilleure, ça entrainerait un sentiment de culpabilité et que d’ailleurs je ne verrais pas du tout comment vivre cela en pratique. Par exemple, admettons que j’ai un doudou2 et que j’ai très envie de faire un bébé avec lui, pas un autre, lui, mais que j’ai un chéri1 avec qui je vis au quotidien et que je ne me vois pas ne pas me réveiller tous les jours avec lui, nos jambes entrelacées, oui là c’est de l’intime ^^, que j’aime le quotidien dans toute sa simplicité avec lui et cette intimité, à 2, que faire, si je veux que doudou2 soit là à chaque echo, puisse cododoter avec moi et le bébé, etc, chéri1 n’a pas forcément envie de vivre avec « ce type » dont lui n’est pas amoureux, comme franchement je n’aurais aucune envie qu’on m’impose une colloc avec une autre femme ou homme d’ailleurs, encore plus si j’avais des enfants. D’autres enfants non plus d’ailleurs. Bref, « han moi je pourrais pas », ça ne m’empêche pas d’être curieuse des équilibres d’autres couples/familles.

        • « Parler de sa copine, quand on est une fille, je ne crois pas que beaucoup de gens aujourd’hui pensent « beurk » , « ce n’est pas normal », ou autre. » oui je croyais ça aussi mais des lesbiennes (ou des gays) vont peut-être te dire le contraire, après ça dépend aussi peut-être de leur entourage, de s’ils en parlent ou pas etc…

          sinon je suis assez hallucinée de la vitesse avec laquelle tu imagines des plans sur la comète. La réalité est loin d’être aussi compliquée. Avec une telle mentalité tu ne peux simplement pas comprendre de quoi il retourne et ce qu’est le polyamour. Tu continues à appliquer des normes de couple monogame à une situation de polyamour imaginaire qui devient donc totalement impossible et idiote. Mais en fait je ne pense pas que tu aies vraiment envie de comprendre, j’ai plutôt l’impression que tu essaies de te conforter dans tes choix de vie en ridiculisant les autres ou en les caricaturant grossièrement.

          • Les enfants, c’est un autre souci…mais on n’est pas obligés de tout leur raconter, me semble t’il. Je ne raconte pas ma vie sexuelle à mes enfants et je serais très mal à l’aise qu’ils me racontent la leur. Donc, ben..le truc de dingue : on se tait !
            (pardon, l’elfe, je squatte vachement tes coms mais le sujet me parle.)

    • Ouais, alors l’argument de la maladresse me fait carrément rire.
      Les gens ne sont pas maladroits, ils sont méchants ou cons, (voir les deux) et excusent leurs réflexions limites par la maladresse. Pas pareil.

      • Le coup du « han, je pourrais pas! » je le fais souvent. Je pourrais le dire sur le polyamour comme je pourrais le dire en parlant de courir un marathon, faire une thèse en philosophie, avoir des enfants ou une vie sexuelle ou de me mettre dans une cage pour observer des requins blancs…
        On me le dit aussi régulièrement pour des choses aussi insignifiantes que « je ne me déplace qu’à pied, en train ou en bus » (je vis dans un endroit plutôt paumé qui n’est pas très bien desservi niveau transport en commun)
        Faut pas toujours s’imaginer que cette phrase signifie « moi être normale, toi être bizarre ».

  9. Ping : Polyamour | Pearltrees

  10. Tellement vrai… excellent article, comme d’habitude…

    Pour l’utilisation du mot « polyamour » moi non plus je l’aime pas.
    Tout d’abord parce que c’est un état de liberté qui devrait culturellement être considéré par défaut (alors qu’actuellement, par défaut, on considère que le règlement de couple s’applique, sans avoir rien demandé/précisé). Mais bon faut quand même un terme pour définir ce qui devrait être la normalité, sinon on ne peut plus combattre l’anormalité générale, c’est souvent comme ça en terme de libertés (comme ce que dit Benjamin Bayart quand il parle de neutralité de l’Internet : « c’est dur de vous définir ça parce que c’est l’état naturel d’Internet »).
    Ensuite parce que des tas d’étiquettes y sont associés, surtout celle de « bizarrerie » ou de « dévience » qui me dérange particulièrement parce que rarement justifiée.
    Enfin parce que ce mot est grammaticalement mal construit. Je veux dire… de façon maladroite : un préfixe grec avec une racine française ? WTF. Un peu de cohérence tout de même : on ne mélange pas latin/roman et grec, ou alors la terminologie et l’étymologie ça va devenir un grand bordel. Soit on met tout en latin/roman et dans ce cas on a « multiamour » (même si ça sonne toujours bizarre, et ça fait pas très savant quand même :p), soit on utilise le grec (plus soutenu quand même :p), et dans ce cas polyérotisme (c’est dommage ça fait déviant, pourtant ça concerne pas le sexe), ou polyphilie (ça fait déjà mieux, mais ce qui se termine en « -philie » et ça hérite de la connotation négative de « zoophilie » et « pédophilie » (pourtant ya bien « bibliophilie » et « cinéphilie ») qui sont aussi considérés comme des déviences, en plus ça prête confusion avec le fait pour un taxon (classement d’espèces) d’être polyphylétique) : mais là c’est assez compliqué à définir, parce que dans les langues latines, le mot « amour » englobe des tas de choses différentes que le grec sépare, en trois choses distinctes : l’Érôs (Ἔρως), la philia (φιλία) et l’agapé (ἀγάπη). Le premier désigne l’amour, l’attirance ; le second désigne l’amitié, l’attachement. Comme l’« amour » occidental roman/latin regroupe un peu des deux premiers (ou juste le premier, j’avoue avoir des doutes sur sa signification originale), je sais pas.

    • HAN ! N’ayant fait ni grec ni latin, je m’interrogeais justement sur ces racines… Polyphilie, ça me plaît bien, je crois que je vais l’adopter. Voilà, je suis polyphile ! :)
      J’aurais quand même besoin d’une précision… Je vais bien sûr googliser ça mais si je peux avoir une réponse dans ce contexte ça m’intéresse : tu parles des trois « formes d’amour » eros/philia/agapé mais tu dis pas ce que désignes le dernier. À quoi ça correspond ?

      • « Agape » est l’amour au sens spirituel du terme, on dirait aujourd’hui l’amour universel. « Eros » correspond au désir et « Philia » signifie l’amitié, le lien social

    • Le terme « amours plurielles » est aussi pas mal utilisé. Il faut juste ne pas oublier que par une bizarrerie de la langue française, « plurielles » est au féminin…

        • Petite recherche sur le net et sur le site http://www.ameliorersonfrancais.com : « Trois mots de la langue française (amour, délice et orgue) nous font la surprise d’être au masculin lorsqu’ils sont employés au singulier et de changer pour le féminin en passant au pluriel.

          Inépuisable source d’inspiration, le sentiment amoureux était personnifié par le dieu Amour sous la plume des poètes. À force de parler de la divinité masculine, le mot amour qui était alors féminin est passé dans le camp viril au singulier. Quant au pluriel, comme il est beaucoup moins utilisé, il a gardé le genre féminin. ».

          Encore une magnifique exception de notre belle langue, dont l’apprentissage par des non francophones doit être bien compliqué…

  11. Préjugé n°1: j’ai le préjugé contraire en fait que c’est potentiellement frustrant, après comme dans toute relation c’est un équilibre.
    Sur les autres préjugés j’ai tendance à penser que c’est très répandu d’aimer plusieurs personnes, juste les gens ne collent pas nécessairement d’étiquettes dessus, et qu’être amoureux c’est une phase spéciale, un peu obsessionnelle ^^, avec une délicieuse tension à savourer non diluée, bref je peux aimer et être amoureuse en même temps, mais ça ne n’est jamais arrivé d’être amoureuse de plusieurs personnes et ça me semble impossible, ou très dur à gérer au niveau cardiaque ^^.

  12. Comme quelques autres ici, je suis amplement d’accord avec toi lorsque tu démontes les préjugés reliés au polyamour. J’ai l’impression de me revoir expliquer à ma famille mon homosexualité et de réentendre toutes les questions débiles qui ont pu m’être posées.

    Par contre, je crois que tu fais fausse route lorsque tu dénonces le « Moi je pourrais pas. » S’il est vrai que dans certains contextes (par exemple dit d’une façon affolée et en se barrant en courant en tenant un crucifix en criant Vade Retro ;-) ça peut correspondre à la réaction que tu « traduis », je pense que ce n’est pas le cas dans la grande majorité des cas.

    Ça peut être une réaction de surprise :
    – Je me lance dans un tour du monde!
    – Ah, je ne pourrais jamais faire ça! (autrement dit : tu m’as surpris, je ne sais pas quelle réaction adopter et je ne fais pas simplement ne rien dire pour ne pas paraître désapprouver, c.f. ton « blanc de la mort qui tue »)

    Ça peut être tout simplement vrai :
    – Je suis funambule.
    – Ah, je ne pourrais jamais faire ça! (autrement dit : j’ai le vertige, et j’en serais réellement incapable)

    Ça peut être dans un but comique (on peut discuter du niveau d’hilarité provoqué par cette réponse, mais c’est une autre histoire) :
    – Je fais la cuisine.
    – Ah, je ne pourrais jamais faire ça! (sous-entendu : je suis trop nul en cuisine, je vais tout faire exploser — encore une fois, le caractère humoristique se discute, mais là n’est pas le sujet)

    Bref, il y a 1001 façons d’interpréter cette petite phrase (dont celle que tu mentionnes, c’est vrai). Alors oui, moi ça me semble anodin, au contraire de ta « traduction » (e.g. « Je suis normal-e, contrairement à toi, et si tu pouvais éviter de me parler de tes perversions bizarres, au fond ça m’arrangerait. ») qui, si je l’entendais, me semblerait extrêmement déplacée.

    Il m’arrive qu’on me dit ça quand je parle de mon homosexualité (« Moi, coucher avec une personne du même sexe, je ne pourrais pas »). Tu dis que c’est hors contexte comme réponse, mais je ne vois pas où exactement : je parle de mes désirs (mon homosexualité), mon interlocuteur me répond avec les siens. Et sincèrement, je préfère de loin une personne qui accepte spontanément d’en discuter que d’autres qui laissent un blanc (de la mort qui tue, pour reprendre tes propres termes) ou d’autres qui se lancent dans une diatribe juste pour cacher le fait qu’ils sont hyper mal à l’aise (ça ne fonctionne pas en passant). Dans ces moments là, je réponds simplement « Moi, coucher avec une personne de l’autre sexe, je ne pourrais pas ». Et c’est vrai. Ce n’est pas un jugement de valeur sur l’hétérosexualité de mon interlocuteur, c’est simplement vrai.

    • Je me répète encore, mais c’est pas tant le fait de dire « moi je pourrais pas » qu’une certaine façon de le dire, le regard de certaines personnes quand ils le disent… Surtout quand justement c’est suivi d’un très gros blanc où tu sens que tu as complètement pété l’ambiance (sans être rentrée dans aucun détail).
      Je comprend pas trop pourquoi les gens sont si mal à l’aise face à l’homosexualité. On leur demande pas à eux d’être homosexuels. Enfin après je suis peut-être hyper naïve et je n’ai pas une expérience de l’homophobie comme si j’étais lesbienne, et en plus après 2-3 moments de gène intense, j’ai arrêté de parler de polyamour aux gens, je fais semblant d’être monogame, voilà, et puis les gens me foutent la paix, du coup si j’en parlais aussi naturellement qu’au début, les gens seraient peut-être plus sympas que les premières fois, mais c’était vraiment trop pénible donc j’ai pas envie.

    • Bon ben redite hein. (enfin, moi c’était en moins bien) Désolée, ça m’apprendra à laisser des commentaires en cours de route sans tout lire

  13. Je pratique les amours plurielles depuis près de 4 ans et, même si je suis très sélectif dans le choix des personnes à qui j’en parle, ce type de réaction est hélas en effet très fréquent.

    S’il s’agit d’un homme, je verrai s’allumer dans son regard une lueur disant « ben mon cochon, t’as trouvé le bon filon ! ». S’il s’agit d’une femme, elle se sentira effectivement le plus souvent obligée de se positionner et d’expliquer pourquoi « je respecte, hein, mais ce n’est pas pour moi ».

    Généralement, elle se fait plein de projections et imagine que si je lui en parle c’est forcément que j’ai des vues sur elle (et que de toute façon, en bon libertin amoral que je dois être, je dois forcément souhaiter sauter sur toutes les femmes que je croise).

    Je me rappelle même que lors d’un stage de développement personnel, il y avait un exercice à faire par deux où il fallait parler de soi et lors duquel j’avais fait part à la fille avec qui je faisais l’exercice de ce que j’étais polyamoureux. Lors d’un partage en groupe quelques heures plus tard, elle a jugé bon de dire devant tout le monde qu’elle ne souhaitait pas avoir de relations intimes avec moi ! Pourtant, cela n’avait jamais été mon intention et je n’avais rien fait ou dit qui aurait pu le faire penser… Visiblement, durant les heures qui ont suivi notre partage, elle s’est fait mousser toute seule et a dû se projeter dans sa tête tout un cinéma, rameutant tous ses fantasmes liés au polyamour ou à ses relation aux hommes, où je ne sais trop quoi…

    Ces personnes ne comprennent pas que si le polyamour, c’est ne se fermer a priori aucune porte, cela ne signifie pas que je souhaite les franchir toutes ! Une ou deux ou parfois même zéro peuvent suffire à mon bonheur, tant que les possibles restent ouverts.

    Ces réactions sont dommages car elles faussent la relation – le plus souvent juste amicale – que j’aurais souhaité avoir avec ces personnes. Je les sens mal à l’aise, cette étiquette « polyamour » se mettant entre nous et faisant obstacle à une rencontre « normale ». Toutefois, quand je pense que cette relation mérite une seconde chance, j’envoie le lien suivant à la personne : http://www.polyamour.be/news.php?extend.119

    Il s’agit d’un texte publié sur le site belge de polyamour, à la rédaction duquel j’ai participé, qui tente d’élaborer une sorte d’éthique polyamoureuse, et qui permet généralement à une personne monogame d’appréhender mieux le polyamour et de le sortir des caricatures. Je l’ai même fait lire à un ami prêtre qui a eu comme commentaire : « c’est une voie belle et exigeante ». Comme quoi tous les espoirs de conversion sont permis :-)

  14. J’adore te lire et je ne laisse que peu de commentaires (voir pas en fait, c’est mal pardon ! ). Je trouve ta plume vraiment aérienne (dans le sens où tu écris des pavés mais on les lit d’un bout à l’autre complètement captivé-es).
    Personnellement, j’adore le mot polyamour, et j’accroche pas du tout au terme de lutin/lutine (je dois être une des seules personnes du pays dans ce cas, cherche pas. ^^). C’est bien là le seul point de désaccord que je peux avoir avec Françoise et toi.
    Pour le reste, je me suis complètement retrouvée, et j’ai bien rigolé. :D
    J’adore ce style d’écriture, ça explique hyper bien, ça met des mots sur ce que je (et surement un sacré bon paquet de poly) pense/ressent en hurlant dans ma tête face à certaines réflexions.
    Le coup des 70 repas, j’en aurai pleuré. :’D J’ai eu cet « argument » là déjà (sans me vanter, je crois que je les ai tous eu, des plus immondes aux plus absurdes, un jour, peut-être, je ferai un florilège aussi, exprimé comme ça, c’est tellement drôle). Certains réalisent pas que justement, comme tu le dis bien, t’as pas à mentir et faire les doubles repas que certains exclusifs (ou tentant de l’être) cheater font. « T’étais où ? », « Euuuh, bah au boulot (nan en fait tu mangeai avec ton amant-e) », « Ah. Bon bah viens manger. » « Euuh, ok. Mais léger, je sais pas ce que j’ai ce soir, j’ai pas super faim… ». Bon c’était une ptite anecdote.

    Sinon, tu voudrai pas proposer ton billet comme article sur le site de polyamour.info ? :) Ce serait génial qu’il soit relayé, il est vraiment trop bien écrit. \o/
    Bon, en tout cas je vais te retwitter c’est certain. :)

  15. Waw, super article :)

    Un autre truc que tu aurais pu lister : parfois, dès qu’une situation de polyamour ne concerne pas des personnes blanches hétéros adultes de classe moyenne, les préjugés que tu cites sont combinés avec d’autres préjugés et peuvent amener des personnes se prétendant tolérantes à étaler des idées de merde. Par exemple les mêmes qui vont dire « Oh le polyamour, très bien, les gens font ce qu’ils veulent », si on leur parle d’un arabe polyamoureux vont tout de suite s’imaginer, et évoquer, un méchant salafiste polygyne qui bat ses femmes.

  16. Moi j’ai une question m’dame !
    Pour situer un peu le contexte avant, je signale que je suis parfaitement d’accord avec ce que tu as pu dire dans tout ce blog sur le thème de « pourquoi mettre une étiquette à une relation ou à quoi que ce soit d’ailleurs ? », « non tout le monde est pas obligé d’être jaloux » ou « non j’ai pas de désir de posséder mon partenaire et je le vis vachement bien ». Du coup, j’ai été entièrement d’accord avec à peu près tout ce que tu as écrit (et pétard, tu écris bien !), sauf sur le préjugé numéro 4 où j’me suis posé une question àlakon : si je situe bien comment on peut avoir une relation « un peu plus sérieuse que les autres » au milieu d’autres sincères mais différentes, j’arrive pas à comprendre comment tu fais concrètement pour avoir plein de relations « sérieuses » (j’aime pas non plus ce mot zut T_T) en même temps ? Successivement genre A-B-C je vois très bien, successivement genre A-B-A-B je vois aussi, mais en même temps genre ABC j’vois pas, parce qu’une relation ça prend du temps et que techniquement, y’a que 24h dans une journée…

    (Bordel, quand je tente de relire ce commentaire je doute sérieusement de ma capacité à être claire. J’espère que tu saisiras ce que j’veux dire quand même xD ) (Ah, et c’est un « j’arrive pas à comprendre comment tu fais » qui dit juste que j’arrive pas à comprendre, et pas que je trouve que t’es pas normale ou que sais-je hein ^^)

    • Ben c’est différent pour chacun, mais pas mal de polyamoureux (du moins ceux que je connais) ont un partenaire « principal » avec qui ils passent beaucoup plus de temps, voire avec qui ils vivent. D’autres configurations existent (ménages à 3, à 4…). Après on a tendance à classifier un peu les relations en « sérieuses » ou « pas sérieuses » mais si l’importance qu’on attache à une relation va influer sur le temps qu’on passe avec une personne, cette corrélation n’est pas toujours vérifiée. On peut être très amoureux et ne se voir que de temps en temps, (par exemple si on habite loin), ou bien avoir juste une relation d’amitié tendre et de complicité sans que ce soit la grande passion, et se voir plus souvent. Le sérieux d’une relation je ne sais pas très bien par quoi ça se définit: la durée? L’investissement émotionnel? La complicité? le temps passé ensemble? Les projets en commun? Peut-être un peu tout ça à la fois et même plus.

      • OK, ça répond assez à la question que j’arrivais pas à formuler du coup, merci :)
        Pour la définition du « sérieux » d’une relation, je suis bien d’accord avec toi, c’est compliqué à définir. (et un peu pointless, parce que les critères objectifs d’une relation sérieuse, c’est comme les critères objectifs de l’état amoureux : les seules personnes habilitées à donner leur avis sur la question sont par nature hautement subjectives parce qu’impliqués jusqu’au cou, et c’est très bien comme ça)

        Bon. Et tout ça me conforte dans la validité de mes règles du jeu actuelles, à savoir « chacun fait ce qu’il veut de ses fesses et du reste, et n’a d’obligation d’en informer l’autre que lorsque c’est susceptible de modifier la relation qu’on a avec »

  17. À cette remarque : « quand on est vraiment amoureux on ne regarde même pas les autres hommes/femmes », il est toujours possible de répondre : « Ben oui, complètement, d’ailleurs, quand on aime vraiment son enfant, on ne songe même pas à en avoir d’autres ». Bon, en fait, j’aurais sûrement envie de répondre : « Ça doit être super chiant dans la rue, quand même, comment tu fais pour ne pas rentrer dans les gens ? », mais ça, c’est mon sens de l’humour déplorable.

    • J’ai déjà essayé cette réponse, mais invariablement, on me répond que ce n’est pas pareil, qu’il ne faut pas tout mélanger, qu’aimer un enfant et un partenaire, c’est pas pareil… (outre que c’est parce que « je n’ai pas trouvé le bon » que je suis poly)

      • Zut, j’avais oublié le pouvoir magique de « Nan mais c’est pas pareil. »
        Faut dire que personnellement, la seule fois que j’ai discuté de polyamour (je ne connaissais pas le terme, je réfléchissais juste dans mon coin), je n’ai pas eu droit à « Han, nan, je pourrais pas », mais plutôt à « Ah mais tu es une pute, alors ?!? » Ça m’avait laissé sans voix.

  18. J’aime bien la fille qui se plaint des étiquettes et qui dès les premiers commentaires nous explique sans sourciller que « le libertinage n’est qu’une pratique sexuelle », « les libertins sont très possessifs » et enfin « le milieu libertin est très très patriarcal ».

    On aime pas les préjugés sur soi mais on ne se prive pas d’en faire sur les autres !

    Pour ta gouverne sache qu’il en va des « libertins » comme des « polyamoureux » : il y a autant de manières d’être que d’individus. Sémantique quand tu nous tiens…
    Par exemple, je me revendique Libertine au sens amoureuse de la Liberté mais je me reconnais sans problème dans les pratiques polyamoureuses.

    • Ton message m’a fait rire (même si ton agressivité est fort désagréable). Je pense que puisque tu te définis comme « une amoureuse de la liberté » et donc libertine, tu devrais aller fréquenter des clubs libertins ou des sites libertins. Ainsi tu rencontreras plein d’amoureux de la liberté comme toi et vous pourrez chevaucher des licornes et vous lancer des jolies paillettes. Les libertins sont de vrais bisounours, tu verras.

      Je me demande bien ce qui peut te pousser à défendre les libertins que visiblement tu ne fréquentes pas et que tu ne connais pas, si ce n’est parce que le mot sonne joli. Ça doit être « in » de se dire libertin (problème: ça l’est aussi pour les beaufs biberonnés à la culture pr0n). Je pense pas être assez cynique pour VRAIMENT te conseiller de fréquenter les milieux libertins, mais je pense si tu le faisais, tu verrais au moins de quoi je veux parler, et peut-être même qu’au lieu de dire libertine pour « amoureuse de la liberté » tu te contenterais peut-être de dire « amoureuse de la liberté » (oui je sais c’est plus long). En passant un préjugé c’est une idée qu’on se fait de quelque chose sans le connaître, donc c’est plutôt toi qui aurait des préjugés, pas moi.

      Après si on sépare radicalement un terme des groupes de personnes qui se revendiquent de ce terme (car oui les libertins forment un groupe, un milieu qu’on pourrait d’ailleurs étudier en socio et ça a sans douté déjà été fait), alors oui dans ce cas, le libertinage est un super concept, et d’ailleurs la liberté c’est vachement trop super cool tavu.

      • Moi aussi ça me chagrine un peu ces raccourcissur le libertinage. Visiblement, tu as des préjugés, et même si tu as visité le milieu, tu ne peux pas étiqueter tout le monde.
        Non, le libertinage ce n’est pas que baiser en groupe, dans un accoutrement pornochic (ou pas chic du tout), poussée par son conjoint qui veut faire de toi un objet.
        Bien sûr, ça existe, comme il y a des gens cultivés ou pas, respectueux ou pas etc.
        Quand à la possessivité, vraiment je ne vois pas. Sauf si aimer son conjoint c’est automatiquement être possessif. Je n’ai jamais rencontré de couples libertins qu’on pouvait qualifier de cet adjectif.
        Que veux tu dire par là?
        Y a t-il une sorte de hiérarchie: les polyamoureux sont-ils plus respectables que les couples libres? Dans la mesure, bien sûr, où chaque personne fait ce qu’elle souhaite, peu importe son sexe?
        Et le fait que le libertinage soit patriarcal; je ne comprends pas vraiment non plus. C’est typiquement un milieu où la femme a le pouvoir. Peut être parce qu’elle porte des seins, mais la raison exacte, on s’en tape, non?

        • la femme a le pouvoir parce qu’elle a des seins? O_o

          ho mon dieu mais qu’est ce qu’il faut pas lire comme conneries. Pardon hein mais je sais pas quoi dire d’autre, là. Oui c’est sur avec un tel point de vue il n’y a aucun souci dans le milieu libertin français.

          De même que les cochons en batterie ont le pouvoir grâce à leurs gros jambons, lafâme libertine a le pouvoir car elle se traine facilement une horde de chacals qui veulent lui éjaculer dessus. Classe.

      • D’ailleurs, on notera la grande classe des libertins qui viennent, pour certains des plus connus de signer le « manifeste des 343 salauds… » Ca, c’est la preuve qu’ils sont pas du tout bas du front…

  19. Je suis contente que tu aies écrit un article là-dessus. Ça fait pas mal de temps que je pense que le polyamour est l' »étiquette » qui colle le mieux à mes aspirations et à mes désirs. Quand on aime sincèrement deux personnes (ou plus, enfin, dans mon cas, c’est deux) et qu’on doit choisir car pour les deux personnes en question on sait d’avance qu’il serait inenvisageable de construire autre chose qu’un couple monogame, c’est très difficile.
    Cela étant, si sur papier l’idée me correspond, je ne suis moi-même pas certaine d’échapper à la souffrance à l’idée qu’une personne que j’aime en aime sincèrement une autre que moi. Non pas par possession, mais de la même façon qu’un gamin peut se sentir terriblement seul et triste quand il voit sa mère manifester de l’amour ou de l’attention à un autre enfant, un vieux réflexe archaïque d’abandon. J’imagine que chacun est différent, mais en ce qui me concerne, l’idée de n’être pas l’unique me fait mal, alors même que je trouve évident qu’aucun homme ne soit l’unique à mes yeux. Est-ce que tu dirais que le polyamour, ça se travaille? J’imagine qu’on ne passe pas comme ça au-dessus du sentiment d’abandon, de jalousie, de tristesse, si?

    • Ça dépend des gens et ça dépend aussi des relations. Personnellement je me suis jamais sentie abandonnée dans ce contexte, mais il faut dire que j’ai commencé par une relation d’amour libre (non-exclusivité sexuelle uniquement). C’est peut-être plus sécurisant affectivement au début. Après c’est vrai qu’aujourd’hui ma conception de l’amour est telle que je n’ai plus besoin de cette sécurité. Mais ça dépend peut-être aussi de comment une relation va se dérouler, si les partenaires parviennent à se mettre en confiance l’un l’autre. C’est surtout une question de communication je pense.

      • J’ai (pratiquement) la même vision que La Chatte concernant le polyamour et actuellement, je crois être en plein dedans de manière plus ou moins consciente, plus ou moins admise (par moi-mm)… Quand on est ancré depuis des siècles dans une manière d’aimer totalement autre, pas facile d’y voir clair et de se positionner sans avoir le vertige…
        J’aime bien le terme de polyamour car cela fait référence à plusieurs formes d’amour dans mon esprit; Multiamour, ça fait un peu serial lover; Polyphilie, on dirait une maladie; Lutin, je m’imagine butiner de partout… Et puis bon, l’amour, ça me fait penser à la paix aussi.
        Enfin, ce n’est que mon avis.

  20. Eh bien, le polyamour maintenant! Très très intéressants les sujets que tu traites décidément. :D Le complexe du polyamour tire ses sources dans nôtre modèle de société judéo-chrétienne patriarcale, avec toute sa charte de règles chiantes et limitatives sur la bonne conduite à aborder en terme d’amour. Mais bon, après à chacun sa manière d’aimer hein.. il y a des personnes qui aiment être « possédées » justement, vivre dans le mélodrame permanent, l’exclusivité et la jalousie excessive, ce qui entretient les feux de la « passion ».. Moi perso, je suis plus pour le partage et laisser la relation libre, vivre avec une personne parce que je suis heureux de vivre avec elle comme tu l’as dis, passer de bons moments, etc..; en fait, mon idéal de couple serait le partage d’un idéal commun. Après bah, autant j’aime bien laisser la relation libre, autant j’ai besoin de l’intensité sexuelle que procurent les rapports possessifs. En même temps, j’imagine mal des rapports sexuels « détachés ». (O.O)

    Hum, j’ai un site à te proposer -si tu ne le connais pas déjà-, qui pourrait plaire à une personne ouverte d’esprit comme toi, (et je m’excuse par avance pour la catégorisation ;) ) : http://www.loveenki.com/enki/

      • Hum, quand j’ai dis le complexe du polyamour, je voulais dire le fait qu’il soit mal vu dans nôtre société aux racines judéo-chrétienne, dont la « norme » est la monogamie…

  21. J’aime beaucoup cet article. Même si je ne suis pas d’accord avec le constat du début. À partir du moment où tu exposes/dévoiles/expliques ta « différence » il faut s’attendre à des réactions. Sinon on fait des monologues. Tu précises que c’est le ton de la réaction qui est gênant et parle même d’homophobie cachée(ou du même ordre) et c’est là que ça me gêne. Le truc c’est qu’il faut accepté qu’il existe une norme que ça plaise ou non. La norme blanche hétéro monogame etc. À partir du moment où tu sors des clous, c’est normal d’avoir des réactions un peu réfractaires. Tout comme l’homosexualité ce qui touche à la sexualité ça met du temps à rentrer dans les mœurs et pour moi ce genre de réaction(han moi je pourrais pas) c’est justement le point de départ d’une discussion.
    Sinon merci pour le reste, notamment le point n°2 qui restait flou pour moi, la faute à un regard mono.
    Et surtout le point n°4 qui me renvoie aux réactions que j’ai quand j’explique que je suis mono parce que ma copine l’est et que j’accepte la règle même si je préférerai pouvoir tomber amoureux de quelqu’un d’autre sans pour autant « abandonner » celle que j’aime et que, non regarder les autres femmes dans la rue ne me pose aucun problème éthique.

    • moi je n’accepte pas que les gens me jugent ou se mêlent de ma vie intime. Je suis bien obligée de faire avec mais je ne vais pas dire « ha ben c’est normal ». Il y a des normes de politesses qui valent pour les personnes blanches, hétéro, monogames, cis, mais pas pour les autres.
      Par exemple tout le monde est d’accord qu’on n’interroge pas quelqu’un à propos de la forme de ses organes génitaux. Sauf quand c’est une personne trans, là c’est permis, on lui demande ce qu’elle a dans son slip. Hé bien non ça ne se fait pas, je ne suis pas d’accord.

      Il y a des « moi je ne pourrais pas » qui sont le point de départ d’une discussion, et d’autres qui en marquent l’impossibilité.

  22. Salut de nouveau l’elfe!

    J’ai préféré laisser un commentaire ici sur le point spécifique sur lequel je voulais commenter car difficile à aborder sur Twitter.
    Déjà, je trouve tes articles bien construits sur les questions des relations personnelles (j’avais déjà lu les précédents articles), et celui-ci ne déroge pas. Toujours utile de casser les préjugés courants.
    En ce moment, je me questionne pas mal sur la sexualité et les relations, et du coup, j’ai pas pu m’empêcher de me faire une remarque sur ton avant-dernier paragraphe :

    « Je pense que la fidélité est différente pour chaque personne. Aussi, le fait de ne jamais regarder quelqu’un d’autre quand on est amoureux, c’est peut-être lié à l’exclusivité. Si on sait qu’une autre relation viendra casser celle qu’on vit et faire de la peine à la personne qu’on aime, on se tient à carreau, et peut-être même qu’on ne pense même pas à transgresser cet interdit, profondément ancré en nous. »

    En fait, je suis assez d’accord avec ce passage et je me sens un peu comme ça dans ma relation actuelle : je sais que le polyamour détruirait celle-ci alors je me « tiens à carreau ». Mais en même temps, pas vraiment car je n’aspire pas forcément à d’autres relations romantiques et/ou sexuelles.
    Je crois que la fidélité a aussi un rapport avec la sexualité, et plus particulièrement la question asexuelle. Ainsi, si on est une personne avec peu d’aspirations sexuelles ET romantiques (grey-romantique et grey-sexuelle), ça influera aussi sur le fait de ne pas regarder d’autres quand on est amoureux.

  23. Je te remercie de cet article. Le polyamour est peu abordé, encore moins sur le Web francophone. De plus, comme de nombreuses minorités, les polyamoureux-ses sont invisibles. Tant que tu n’as pas lâché quelque chose comme « le mari de mon amoureux », les gens pensent que ta relation est exclusive.
    Concernant les réactions des gens, on m’a parlé d’échangisme ou supposé que les relations étaient automatiquement transitives et sexuelles avec les partenaires de partenaire. Dès qu’on parle de relations non hétéronormées, polyamour mais aussi gays, lesbiennes, bis/pans, les gens se focalisent immédiatement sur le sexe, uls visualisent du sexe, de préférence une pénétration.

  24. Le problème, ici, c’est encore le patriarcat (conçu ici comme système d’appropriation d’autres êtres humains – femmes, enfants – par les hommes).

    La « fidélité », ou exclusivité, est une expression du double standard moral qui s’applique aux hommes et aux femmes : un homme renforce son statut social en possédant exclusivement une femme (« elle est à moi, rien qu’à moi »), alors qu’une femme tente de préserver le sien en appartenant exclusivement à un homme (« je lui appartiens, rien qu’à lui »).

    L’hétérosexualité s’y ajoute, en délégitimant tout désir qui ne naîtrait pas entre un homme et une femme engagés ou potentiellement engagés dans une relation fondée sur ce différentiel de pouvoir.
    On ne désire pas : une femme plus âgée, plus riche, plus diplômée, plus grande, plus forte, un homme.
    On ne désire pas : un homme plus jeune, plus pauvre, plus petit, plus faible, une femme.

    Hétérosexualité et exclusivité fondent, ensemble, la relation sentimentale légitime.

    Le polyamour, en ne se construisant pas sur l’exclusivité, rend difficilement lisibles (je ne dis pas qu’elles cessent absolument d’exister dans les relations polyamoureuses) des relations de pouvoir évidentes dans la relation sentimentale légitime.
    Ce n’est pas étonnant que le polyamour, même lorsqu’il n’implique que des relations et du désir entre femmes et hommes, soit perçu comme une menace dans le système patriarcal, au même titre que les relations homosexuelles !
    D’ailleurs, la plupart des hétérosexuels s’imaginent toujours que les homosexuels sont « infidèles », c’est dire à quel point hétérosexualité et exclusivité sont liées par le patriarcat…

    Plus personnellement, j’ai enfin compris, en tant qu’homme cisgenre bisexuel, pourquoi j’ai toujours trouvé les relations avec un autre homme plus « simples » : au moins personne ne s’attend à ce qu’on se conforme à certaines injonctions.
    J’aimerais pouvoir aimer une femme sans qu’il s’agisse d’une relation hétérosexuelle… Visiblement, ça va être difficile.

  25. Cette histoire de placard, d’hypocrisie généralisée, et de réaction culturellement conditionnées qui rappellent l’homophobie, ça me parle énormément.

    Quant au mythe « quand on est vraiment amoureux on ne regarde même pas les autres hommes/femmes », ça me rappelle un mythe un peu similaire sur l’infidélité, que j’avais démonté ici : http://lesfessesdelacremiere.wordpress.com/2013/06/17/on-ne-trompe-jamais-par-hasard-ben-si/

  26. A la rigueur, que certains commentaires t’indignent, soit. Et encore, il faut être bien susceptible pour prendre mal un « Han, moi je pourrais pas ». Il y a une interrogation en creux (« comment tu fais ? ») et elle invite, au fond, au débat. La curiosité est légitime. Les questions qu’on pose sont légitimes. Or, tu n’as que trop tendance à les balayer de ton mépris. Etant donné qu’il s’agit là d’une configuration peu habituelle, dans le domaine public tout du moins, faut-il faire un scandale de ce que ton interlocuteur te et se pose des questions ?

    Le « polyamour » constitue bel et bien une énigme pour nous, les aveugles chantres de la norme, les « connards hétéronormatifs ». Parce que nous nous savons jaloux, fiers et possessifs, nous avons du mal à nous figurer une telle liberté chez les autres. Le sentiment nous semble diminué par le partage, l’amour affaibli, l’intimité brisée. Pardonne-nous de te faire part de ces constats, qui ne valent que pour nous mais que, par habitude, nous étendons au genre humain. Pardonne-nous de penser que le désir sexuel mène à l’acte sexuel, qu’il est difficile de concilier des « amours plurielles » et de satisfaire à toutes et que l’amour est si rare qu’il ne se porte que rarement. Explique-nous, détrompe-nous, au lieu de piétiner nos croyances comme autant d’idioties rétrogrades.

    Mais le silence ? Si quelqu’un qui m’annonçait son hétérosexualité, son homosexualité ou sa « pansexualité », s’ensuivrait probablement un de ces silences qui t’indignent. Parce que, comme l’a relevé un commentateur, il s’agit d’une affaire intime, qu’on ne saurait ni approuver ni dénigrer et, qu’apparemment, on ne devrait même pas questionner.

    Le silence t’irrite, les questions t’agressent, les remarques te blessent. Que faut-il faire alors ? T’adresser nos plus sincères félicitations ? Se confondre en compliments devant ton ouverture de corps et d’esprit ? Adopter tes mœurs ?

    Tu peux rebaptiser ton blog. « Lesquestionsquonnedoitpasposer » semble plus approprié.

    • Pourquoi met tu pansexualité entre guillemets, alors que hétéro et homosexualité ne le sont pas?

      • Parce que je ne connaissais pas ce mot que j’ai découvert dans un commentaire. Je le prends donc avec des pincettes.

        • Alerte alerte la fachosphere arrive ac ses gros sabots! Marre de ces Torquemada en herbe, Groucho t’aimes pas le sex apatride, merci n’en dégoute pas les autres! tu vois moi le jour je serai en face de mes petits enfant j’aimerai pouvoir leur dire que ma vie a été un véritable festin de trou du cul car c’est mon choix, c’est « MOI » ! Elfe tu devrais rigoureusement nettoyer la raclure reac qui pollue tes articles(qui sont geniaux)!! Au fait pour le polyamour, voila je suis novice là dedans et j’aimerai connaitre un peu les rudiment! donc j’ai quelques interrogations, comment s’organise t’on? comment démarrer? peut on vous rencontrer quelque part Polyamour?

          • On s’organise pas, y a rien de spécial à organiser.
            On démarre en aimant quelqu’un, n’importe qui, et en ayant pas envie de se caser.
            Et je ne comprend pas ta dernière question.

  27. C’est violent toutes ces réactions, je n’aimerai pas qu’on me dise, fasse sentir des choses pareilles.

    De mon côté je n’ai jamais eu à vivre ça, ayant toujours eu une vie poly affective sans sexualité avec d’autres partenaires que mon amoureuse.

    Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas rencontré mon lot de problèmes avec les femmes, alors j’apprends et je tente de nouvelles approches pour pleinement aimer et que la « flamme de l’amour » reste. C’est le plus difficile.

    Alors il y’à des choses qu’on ne dit pas aussi vis-à-vis de la sexualité et de l’amour.

    Comment dire, des choses que j’ai apprises par l’expérience et par l’apprentissage, et qui mériterai d’être connu de tous pour faire SES CHOIX en toute connaissance de cause.

    Voici très modestement quelques réflexions succinctes, il faudrait beaucoup, de temps pour en parler, cela concerne aussi bien les polyamoureux que des monoamoureux:

    Vivre dans la chasteté, dans la continence est t’il bon, est ce qu’on est dans le vrai?
    Tout dépend des gens, de leur but.
    Cela peut-être très mauvais, cela peut aussi donner de très bons résultats.
    Certains peuvent devenir névrosés, malades et d’autres forts, équilibrés, en bonne santé.

    Vivre en laissant libre cours à ses instincts est-ce que c’est bien, bénéfique?

    Oui, les gens qui le font ont une certaine raison de le faire.

    Est- ce que ça peux faire du bien ?

    Oui, cela peut faire beaucoup de bien, mais aussi beaucoup de mal.
    L’idée étant de ne pas classer les choses en c’est bon/c’est mauvais.
    Le facteur déterminant dans le c’est bon, c’est mauvais c’est COMMENT on utilise les forces, comment on les dirige. On devient bon ou mauvais !

    La question dans le fond, est quel notre but, quel est notre idéal, qu’est ce qu’on veut devenir ?

    Une âme, un esprit ? Un être exceptionnel, Est-ce qu’on veut faire des découvertes dans le monde spirituel ? Communier avec le ciel ?

    Dans ce cas selon ce que j’en ai appris, nous sommes obligés de diminuer le nombre de certains plaisirs où même d’y renoncer complétement pour apprendre à sublimer la force sexuelle.(la plus grande force que nous abritons en nous et qui est aussi une grande perte énergétique, une force qui se consume à chaque relation sexuelle).

    Si on à pas ce haut idéal, à ce moment-là il est stupide de se retenir., d’être chaste, vierge. On peut même tomber malade, parsque derrière de tels efforts, sacrifices il faut de grandes raisons pour s’y tenir.

    Petite parenthèse, comme tout, c’est progressivement que l’on chemine vers cet idéale, rien ne s’arrête du jour au lendemain et progressivement une chose remplace une autre, c’est l’idée.

    Ensuite, pour conclure et je dirais que chacun est libre d’avancer dans le chemin qui lui semble le meilleur pour lui.

    Toutefois, d’un point de vue spirituel il faut aussi savoir que si on devait faire la balance entre d’un côté ce que l’on gagne en goûtant les sensations, les emportements, les plaisirs et de l’autre ce que l’on perd en s’y abandonnant, on constaterait que l’on perd presque tout et que l’on ne gagne presque rien. Les sensations s’effacent ou s’oublient, ce que l’on a mangé hier, ne compte plus pour aujourd’hui.

    C’est très succinct et cet aspect mérite largement d’être approfondi par toutes les personnes curieuses de connaitre d’autres voies possibles pour évoluer dans la vie.

  28. Merci pour cet article qui tombe à point… je t’aime ! haha

    J’ai eu droit très récemment (il y a quelques jours à peine) au « tu n’es pas vraiment amoureuse » tourné différemment mais tout aussi accusateur en fausse question : « mais… tu es sûre que c’est vraiment de l’amour ? », puis à l’article sur le fait que quand on aime une personne on ne s’intéresse plus à qui que ce soit d’autre.

    De la part de… ma meilleure amie que je connais depuis l’enfance et en qui je pensais trouver une certaine compréhension. c’est plutôt le contraire, elle refuse de comprendre le fait que je peux être bi(pan?)sexuelle et polyamoureuse (je n’utilise pas ce terme mais il est bien utile) et s’obstine à ne donner crédit qu’à un de mes amours du moment, entre l’homme plus âgé et la femme (sans compter une 3e personne qui m’intéresse), c’est bien sur le premier, la « vraie » relation à entretenir, et « il va falloir faire un choix un jour », non seulement entre ces deux personnes, mais par rapport au premier et au fait que je n’ai pas su lui expliquer notre relation, qui n’est ni vraiment sexuelle, ni juste amicale. N’ayant donc pas lieu d’être. zut alors.

    ça m’a un peu déprimée et donné l’impression d’avoir le cul entre 56 chaises, même si je savais que ça n’était pas vrai. maintenant je sais à quoi je risque d’être confrontée à l’avenir, moi qui commence à sortir, doucement, du plarcard.

    merci encore et j’espère un autre article sur le sujet !

    Sur le moment je n’ai pas su décortiquer

  29. Erreur : je voulais ajouter, après « zut alors » :

    « Sur le moment je n’ai pas su décortiquer sa réponse et la pensée que ça traduisait, n’ai même pas su donner un avis cohérent et l’ai laissé faire converger la discussion sur elle-même »

    ça m’a un peu déprimée… etc

    merci pour la correction :)

  30. CITATION : « Parce que le vrai amour, ça t’oblige à être fidèle, parce que comme le répètent les gens jusqu’à la nausée, « quand on est vraiment amoureux on ne regarde même pas les autres hommes/femmes » (ajoutez ici des licornes, des paillettes et des petits cœurs dans le ciel).  »

    Si tu regardes les paillettes, les licornes et les petits cœurs au lieu de contempler exclusivement ton amoureuxse, c’est que t’es pas vraiment amoureuse, ‘spèce de sans coeur !
    (Bref, merci pour ce chouette article qui m’a rappelé ces merveilleux moments où les gens m’expliquent que je ne suis pas dans un vrai couple et que quand j’aurai trouvé le bon, je changerai… Et je suis « juste » en relation libre! Ceci dit, ça vaut la peine d’entendre ça, pour pouvoir troller en répondant « t’es en relation exclusive parce que tu es trop angoissé(e) et pas sûr(e) de cette relation, quand tu connaîtras le vrai amour tu dépasseras ça et tu seras en relation libre comme moi ». Et regarder l’autre se débattre avec cette réponse, le regard cruel et le rictus discret )

  31. tiens on vous l’a peut-être pas faite celle là : le polyamour ?! mais c’est un truc de hippy ça ! c’est complètement dépacé…

  32. Bonjour,

    Y a-t-il des formes d’engagements dans les relations poyamoureuses ? En fait, ce qui m’interroge, c’est une relation sans engagement ( l’engagement n’est pas obligatoirement la fidélité ). Pour moi le polyamour , c’est redéfinir ce qu’est une relation humaine … Et redéfinir ce qu’on en fait. Bref, c’est une nouvelle manière de vivre sa vie, et d’être en groupe. Je trouve ça intéressant !

    Bises

    • Tout dépend ce qu’on entend par « engagement ». Au fil d’une relation avec un ami il y a des formes d’engagement qui peuvent se mettre en place. De plus, emménager avec quelqu’un, c’est une forme d’engagement. Et que dire d’avoir des enfants? Bien sur quand on fait un enfant avec quelqu’un on ne s’engage pas forcément à avoir une relation amoureuse à vie avec cette personne, mais on s’engage quand même à beaucoup de choses.

  33. C’est drôle, je suis pas la seule folle à collectionner les « trucs qui collent qu’y a sur les fruits » pour les coller sur mes murs en me disant « voilà tout qu’est-ce que j’en fais, moi, des étiquettes » :)

    Merci d’exister, c’est cool !

    Marie

  34. Ah, et si t’as un petit coin sur ton blog pour faire un « mur d’étiquettes utiles pour vivre en société » je veux bien t’envoyer une photo de mon petit mur à étiquettes de fruits.

    Bonne journée :)

  35. Bonjour,

    Impossible d’avoir un avis sur cette question, faute de savoir dans quel contexte vous étiez amenée à donner cette information sur vous, or c’est bien ce contexte qui conditionne l’interprétation de ceux qui reçoivent l’information, et c’est seulement à cette condition qu’on peut en retour interpréter la signification du « han je pourrais pas ».

    Vous écrivez : « Je ne lui ai pas demandé si elle voulait coucher avec moi, c’est ma vie, je ne lui demande pas son avis. Je n’aime pas du tout cette réflexion parce que j’ai l’impression que c’est un jugement déguisé en « je donne simplement mon avis mais ça ne concerne que moi et moi seule ». Alors que, soyons sérieux deux minutes: si ça ne concernait que la personne qui dit cela, elle ne se sentirait pas obligée de le préciser d’entrée, comme ça, alors qu’on ne lui a rien demandé. »

    Ce qui en retour m’amène à ces questions : vous-même, dans quel contexte énonciez vous autrefois cette donnée qui vous concerne? Vous avait-on demandé quelque chose? Pourrait-on vous opposer, comme vous le faites à vos contradicteurs passés, que si cela ne concernait que vous, vous auriez du sentir que vous n’étiez pas obligé de le préciser d’entrée comme ça, alors qu’on ne vous avez rien demandé?
    Vous avez bien compris que par ma dernière question, tortueuse, j’en reviens à la question centrale du contexte : est que vous aviez été sommée de vous définir (ce qui me semble largement plus pénible que le « han je pourrais pas ») et sinon que vouliez vous affirmer en en parlant? A quel contexte répondiez vous?

    Plus généralement je doute qu’on puisse dire quelque chose à titre personnel et sans espérer un avis en retour, si tel était le cas on ne parlerait pas (c’est d’ailleurs ma politique sauf quand je sais très précisément à qui je parle, et en connaissance de cause).
    Inversement je suppose donc que vous l’avez bien dit à quelqu’un, pour une raison et en espérant une réaction : reconnaissance, compréhension, espérance souvent illusoire de tomber sur quelqu’un qui considère que chacun est le mieux placé pour savoir ce qui est bon pour lui et qui est prêt à l’encourager dans son désir et sa liberté, que sais-je encore (c’est vous qui savez de toute façon). Je pense que je tombe juste parce que les réactions de silence (donc les absences d’avis assumés) vous ont me semble-t-il autant peiné que les « han je pourrais pas ».
    Là c’est juste que les réactions étaient décevantes, mais je doutes que les contextes de discussion (pour le peu que vous en dites) se soient prêtés à ce que les gens n’ai pas eu l’impression qu’on leur demandait un avis.
    Après c’est toujours épatant de constater combien il est rare de tomber sur quelqu’un capable de dire en retour « que veux-tu dire? » ou « pourquoi tu m’en parles ».

    Bref, en résumé je pense que la clé se trouve dans le contexte, que vous connaissez, contrairement à vos lecteurs qui comme moi sont réduits aux supputations.

    • C’est mon procès ou quoi? Si je dis que c’était hors contexte, c’est que c’est hors contexte, point. Si je parle de ça dans une discussion c’est que ça vient naturellement sur le tapis, POINT FINAL. Je vais pas répondre à tes questions, ce serait totalement humiliant de me justifier de la sorte. Tes questions sont déplacées et franchement tu n’as rien d’autre à faire que d’écrire des commentaires de 50 lignes sur des suppositions merdiques?

  36. Tu as bien distingué Libertinage et Polyamour. Le libertinage, qu’il soit par clubs échangistes ou par accumulation de plans cul, n’est qu’une transgression de façade visant à satisfaire les « pulsions irrésistibles » de l’homme, ses fantasmes prédominant sur ceux de la femme. Le polyamour est l’amour partagé avec plusieurs personnes, il dérange car la femme le pratique, autrement dit elle n’est plus sous la coupe d’un mâle ou des lois officieuses de la domination masculine. Même une nana avide de plans culs est sous contrôle patriarcal : jugé comme étant une salope, devant s’ouvrir à la sodomie/éjac faciale et j’en passe des plus glauques etc… Alors que le polyamour est pleinement et réellement égalitaire.

  37. Ping : Polyamour &co | Pearltrees

  38. Ping : Quatre préjugés sur le polyamour ...

  39. Pour moi, le polyamour n’est qu’un choix imparfait, pas plus, pas moins que le monoamour.

    Il n’est aucunement nécessaire de:
    d’avoir des relations intimes, sexuelles pour vivre l’amour.
    D’avoir plusieurs amoureux.

    Si on parle bien d’amour, cela se vie intérieurement, au niveau de l’esprit. Il est totalement libre et ne nécessite aucunement la présence de qui que ce soit en particulier pour exister et se déverser.
    Il est par nature:pure, infini et universel. Nous sommes en essence de sa nature.

    Vivre un polyamour réellement pour s’élever, d’un point de vue spirituel, devrait se vivre sans sexualité pour sublimer notre énergie sexuelle et aller vers une plus grande évolution de notre être.
    Ceci dit je ne dénigre aucunement la manière dont peuvent être pratiqués les amours pluriels.

    Je dirais que les tentations sont plus grandes dans le polyamour,aimer « correctement »dans le sens spirituellement plusieurs hommes/femmes me parait difficile tel qu’est pratiqué, vécu la relation amoureuse dans notre époque.

    Auncun dénigrement dans mon « aimer correctement », je suis sur un chemin d’évolution vers plus de pureté dans mes relations, ma vie en générale. Avant cela, je n’ai pas aimé correctement et je pense que j’ai encore des difficultés et que j’en aurais encore, tout en me fixant de toujours m’améliorer.
    .
    j’ai souvent remarqué que beaucoup de personnes veulent expérimenter le polyamour car ils ne trouvent pas ce qu’ils recherchent dans la personne unique avec qui ils sont,qu’ils ne sentent pas pleinement épanoui avec leur partenaire.

    Alors que c’est un faux problème, un manque de connaissance et d’une certaine manière une aberration que de penser qu’on à besoin de trouver ce qu’on cherche par l’intermédiaire de quelqu’un d’autre.

    Pourquoi ?

    Tout, absolument TOUT ce qu’on recherche se trouve en nous et notre plus grande force est notre connexion intérieure avec notre âme (pour ceux qui croient en sa présence).

    Et il existe des méthodes, des exercices, des méditations qui permettent de se « reconnecter » avec soi.

    Dans le fond, ce qui est important de savoir, c’est pourquoi on expérimente le polyamour, et est-ce que ça nous aide vraiment à devenir meilleurs. Est-ce qu’on le fait pour fuir un autre problème (qui est le même) du monoamour, qu’on n’aurait pas résolu, tenter de résoudre avec soi-même.

    Si cela peut aider à se libérer de la possession, c’est déjà un pas de plus une plus grande évolution, c’est un pas, le chemin est encore long pour nous tous.

    J’écris cette réflexion, car je vois trop de couples, de personnes qui croient que finalement la solution ultime à leur problème de couple c’est le polyamour.

    Pour citer Marcel Proust« Rien n’est plus limité que le plaisir et le vice. », c’est aussi un symptôme d’un problème avec soi et il y’à beaucoup plus à chercher, creuser de ce côté-là à l’évidence.

    • Merci papa de me dire si je dois avoir des relations sexuelles ou pas, mais le polyamour est une question de liberté avant tout.

      • Bonjour l’elfe,

        J’ai quand même l’envie de connaître les motivations derrière ce mot liberté. Parsque je m’intéresse à ce sujet et en particulier à la réponse que tu me fournis.

        Le polyamour une question de liberté avant tout ?

        Qu’est ce que tu appels liberté ?

        Une liberté basé sur quoi ? L’égo ? L’altruisme, le besoin de préparer la fraternité entre les gens pour œuvrer à construire un monde meilleur ?

        Si c’est un besoin de se sentir libre, quel est le but de ce ressenti, de ce besoin ?

        • Je comprend même pas la question.
          Je vois pas au nom de quoi quelqu’un m’interdirait de faire ce que je veux de mon corps. Et je pige pas ton problème avec le sexe.

          A la limite tu aurais pu écrire: « POUR MOI, Vivre un polyamour réellement pour s’élever, d’un point de vue spirituel, devrait se vivre sans sexualité[…] » etc. Ma spiritualité n’est pas ta spiritualité, ma sexualité n’est pas ta sexualité, merci de me garder en dehors de ça. Si tu le permets (expression polie pour dire que ça ne te regarde pas), je vis ma spiritualité, ma sexualité, et mon polyamour au-dehors de sentiers tracés par les autres, y compris par toi.

          Je n’ai aucune raison de ne pas avoir de relations sexuelles avec les gens que j’aime, pas plus que de raisons de rendre ces relations sexuelles obligatoires. Les pratiques sexuelles font partie d’un tout, d’un partage. Et à la limite ça ne te regarde même pas.

          Je ne vois pas pourquoi j’expliquerais à quoi ça sert d’être libre. C’est plutôt à ceux qui sont contre la liberté de m’expliquer à quoi ça sert d’avoir des interdits.

          • « à quoi ça sert d’avoir des interdits. »

            Une personne du comité national d’éthique opposait la liberté individuel à la « dignité de l’homme ». C’est au nom de cette dignité qu’il est interdit de vendre des produits du corps humain, par exemple. Le problème est bien sûr de savoir ce qui relève de cette dignité, et qui le décide.

          • Totalement hors sujet.
            Je reformule: à quoi ça sert d’avoir des interdits que transgresser ne nuit à personne?

          • Pourtant ma question concernant la liberté me semble clair.

            Plusieurs sens sont possibles concernant le mot liberté, on utilise ce mot pour justifier tous nos actes, nos actions et je trouve qu’on l’utilise à tord et à travers car on ne peux vraiment pas tout faire au nom de la liberté. En tout cas pas sans un but précis et surtout élevé qui va au delà de notre propre égo. Cela reste ma vision au point où j’en suis rendu dans mes recherches, études hein (précision qui me parait importante).

            A aucun moment je remet en question de que tu fais de ta sexualité.

            Je cherche à savoir quels sont tes motivations profondes derrière ton « le polyamour est une question de liberté avant tout »

            Liberté, le mot peux prendre deux visages:

            Egoïste: on pense à soi personnellement, sa liberté et cette liberté ne rend pas plus libre les autres, elle peux même se construire au détriment des autres. La conséquence de notre société individualiste.

            Altruiste, fraternelle: Là on utilise la liberté, sa liberté en pensant plus loin que son égo, son individualité, sa petite personne. On veux œuvrer à construire, agir pour le collectif pour améliorer le monde.

            La 2ème forme est une liberté créatrice, éthique et c’est ce qu’on devrait tous viser un jour où l’autre, bien sûr si on vise l’excellence (si l’évolution est un des buts, si ce n’est le principale d’une vie).

            Tu as raison quand tu dis que nous n’en sommes pas au même point au niveau de de la spiritualité, de notre évolution. Cela serait une drôle de coïncidence (heureuse aussi) de se retrouver ici entre personne arrivé au même point :-) Et je dit ça sans jugement, juste que c’est un fait que chacun est arrivé à un point X de son évolution.

          • Tu es tellement plus intelligent que moi, je ne peux rivaliser.

            Le problème étant que ton intelligence immense perçoit des concepts totalement hors de portée de la mienne. Je suis bien incapable de comprendre pourquoi il faut pas baiser avec ses amoureux si on en a plusieurs. ça doit être une espèce de vérité universelle spirituelle du genre « le sexe c’est un peu sale quand même ».

    • Regarder le polyamour sous l’angle de la spiritualité est intéressant. Je crois comprendre l’idée de Pinkman, en tout cas partiellement, même si je ne suis pas tout à fait d’accord avec lui.

      Son objectif est d’atteindre « l’amour universel », qui permet de ressentir naturellement un état de bienveillance, de compassion et d’amour envers tous les êtres vivants de la planète. Cool en soi.

      Mais il considère que le polyamour est un obstacle à cette réalisation, partant – à mon avis – de deux postulats erronés.

      Le premier est de penser que, par définition, les polyamoureux multiplient les relations afin de combler leurs manques intérieurs ou de guérir leurs blessures ; choses qu’ils n’auraient pas été en mesure de réaliser avec un seul partenaire et encore moins en eux-mêmes. C’est donc l’idée d’avoir plusieurs relations en espérant que le nombre de partenaires et la spécificité de chacune des relations permettront de combler l’essentiel de nos manques.

      Je suis tout à fait d’accord avec Pinkman que ce n’est qu’en soi-même que l’on peut trouver les ressources pour se réaliser pleinement et que c’est un leurre de penser que nos manques seront comblés « à l’extérieur », par notre ou nos partenaires. Le polyamour n’est en effet ni une thérapie ni une voie de réalisation de soi.

      De même, selon moi, il serait dommage que le polyamour soit vu comme une façon d’éviter la confrontation existant dans une relation monogame de longue durée par la présence du conjoint qui est un révélateur/un miroir de qui nous sommes. Or, c’est ce révélateur – pas toujours confortable – qui nous fait progresser dans la connaissance et la réalisation de soi. Profiter de plusieurs partenaires pour éviter avec chacun les sujets qui nous confrontent ne nous fera en effet pas avancer. C’est un écueil auquel les poly doivent être vigilant, je pense.

      Mais là où je ne suis plus d’accord, c’est quand Pinkman part de l’idée que tous les poly sont arrivés aux amours plurielles poussés par cette motivation illusoire. Certes il y en a, mais ce n’est pas pour autant que c’est la majorité ni que cela invalide le polyamour. Des tas de gens font du sport pour des motivations diverses et discutables, cela n’enlève ni n’ajoute rien aux vertus du sport en soi…

      Dans ma perception du polyamour vu sous l’angle spirituel, la rencontre d’autres n’a pas pour but de chercher à l’extérieur ce que je n’ai pas encore été en mesure de contacter à l’intérieur mais me permet d’être en face de différents révélateurs, qui éclairent chacun à leur façon qui je suis à l’intérieur de moi.

      Bref, vu du point de vue spirituel, le polyamour « en tant que fuite de soi » est un obstacle sur le chemin de la complétude (pour utiliser un terme que Pinkman appréciera en connaisseur). Je pense en revanche que si le polyamour est compris comme étant un sentier (parmi d’autres) menant au chemin de la réalisation de soi, il peut contribuer à mener vers cette complétude (même si, en lui seul, il est insuffisant pour y emmener).

      Le second postulat erroné de Pinkman, selon moi, est de considérer que le sexe est lui aussi un obstacle à la spiritualité. Je suis d’accord qu’une sexualité non saine, compulsive ou mal vécue peut être un obstacle à la spiritualité (même si la sexualité est sans doute plus le terrain d’expression de nos névroses que leur source). En revanche, et je renvoie à tout ce qu’enseigne le tantra, la sexualité EST spirituelle en soi, étant notre élan vital par excellence.

      Je n’ai donc pas le sentiment qu’il y ait d’incompatibilité entre spiritualité et sexualité (mais cela ne signifie pas non plus que l’un doit impliquer l’autre…). Il ne me semble donc pas que cet amour universel doive s’accompagner d’un abandon et d’une sublimation de sa libido. On retrouverait alors la classique dualité entre spiritualité et corps où l’un doit être abandonné au profit de l’autre. De plus, dans la notion de sublimation, il y a cette idée de recherche de pureté, que je trouve très mortifère, et des relents de jugements moraux comme quoi le sexe est forcément sale et avilissant. Pour moi, la chasteté est le plus souvent une fuite devant une énergie dont la force fait peur ; fuite qu’on a maquillée en vertu.

      Vue sur le plan spirituel, si l’énergie sexuelle ne doit pas être sublimée (comme le font certains religieux), il est vrai en revanche qu’il est souhaitable de la transcender, de façon à dépasser le stade purement charnel et pulsionnel. Une fois que l’énergie sexuelle est « maitrisée » (en ce sens qu’elle est débarrassée de toutes les névroses qui la parasitent et qui font qu’elle est vue comme un problème par la plupart des gens), elle peut être utilisée – outre pour le plaisir des relations intimes – pour aller « nourrir » d’autres centres de mon Etre, tel le cœur, ce qui permet de ressentir ce fameux amour universel….

      • Ce que tu dis est intéressant. Mais enfin je pense que si je défendais la monogamie dans une société polygame, il aurait pu tenir à peu près le même discours, à base de « ha oui mais chercher un partenaire pour combler ses lacules ça sert à rien tu vois ». De plus, considérer d’emblée le polyamour comme une recherche spirituelle, mais pourquoi? Ok pourquoi pas, mais pourquoi? On n’est pas loin du préjugé non plus, là. Parce qu’on considère pas que les gens ayant un partenaire sont forcément dans une optique de recherche spirituelle, d’accomplissement de soi, etc. Par contre ceux qui en ont 2 ou plus, ou qui s’autoriseraient à en avoir 2 ou plus, eux il faut forcément qu’ils le soient? Bref de toutes façons c’est pas facile de tirer des conclusions de remarques aussi décousues et bordéliques que les siennes. Quand on veut se faire comprendre il est à mon avis nécessaire d’articuler un minimum le fil de sa pensée, et/ou d’avoir l’intelligence de se demander si on part des mêmes présupposés que son interlocuteur. Mais merci pour tes explications, je pense qu’il y a du vrai dans ce que tu dis. Par contre pour ce qui est de la « fuite » vers d’autres partenaires, je n’ai aucune opinion là-dessus.

        • Je suis d’accord que le discours de Pinkman était confus, comme l’est souvent celui de personnes « en recherche », qui ont ingurgité des tas de concepts et de théories sans les avoir vraiment assimilés. Mais comme j’ai déjà eu des discussions similaires, j’ai cru reconnaître un terrain connu :-).

          Et, effectivement, il n’y a aucune raison de voir le polyamour uniquement à travers le prisme de la spiritualité. Pour la plupart des gens, ce n’est en rien une démarche spirituelle et c’est très bien ainsi car ce sont des choses sur des plans différents. En revanche, j’ai à coeur de démonter le préjugé comme quoi polyamour et spiritualité seraient incompatibles (même s’il n’y a aucune nécessité de forcément les associer).

          En polyamour comme en spiritualité, il y a autant de pratiques différentes qu’il y a de praticiens. Et comme chacun y arrive avec des motivations qui lui sont propres, cela n’a en effet aucun sens de partir de sa petite expérience personnelle pour essayer d’en tirer des règles universelles applicables à tous les autres (qui n’ont d’ailleurs rien demandé).

          Sur cette question du polyamour vu comme une fuite, c’est quelque chose que j’ai déjà constaté à l’une ou l’autre reprise chez des personnes qui se sont essayés au polyamour pas tant par vrai choix « positif » que par incapacité à développer une relation monogame du fait de leurs blessures intérieures. En « diluant » sur plusieurs partenaires l’inconfort relationnel généré par leurs blessures, cela le rend plus supportable et permet de vivre avec sans éprouver la nécessité de réaliser le travail de guérison des blessures (qui est rarement agréable à faire, vu qu’il nous confronte à toutes les parts de nous-mêmes que nous n’aimons pas voir).

          Dans cette optique, généralement inconsciente, le polyamour devient une technique de dilution des problèmes, pas de résolution. C’est dommage car le polyamour est alors trompeur puisqu’il donne l’illusion de la « complétude », alors qu’il n’est devenu qu’un magnifique paravent destiné à occulter les difficultés. A la limite, mieux vaut alors être mono, la personne prenant plus rapidement conscience de la nécessité de bouger elle-même, vu qu’une relation unique deviendra plus vite frustrante et étouffante, ne disposant pas des mêmes échappatoires (fuites ?) que les relations plurielles (ou alors elle se contente de rompre la relation, ce qui est plus simple…).

          Mais bon, en (poly)amour comme dans le reste, c’est toujours une bonne idée de faire un peu d’introspection pour mettre à jour quelles sont les motivations véritables qui m’animent quand je fais telle ou telle choix.

          Belle après-midi à toi, l’Elfe.

          • Bonjour Bob,

            vos commentaires tombent très juste au point de mon cheminement actuel. Y a-t-il des lectures que vous conseilleriez sur le sujet du tantra et du cheminement spirituel qui l’accompagne? Je découvre un peu, via Jacques Ferber.
            Sinon, dans un registre plus psy, je conseille Yrvin Yalom qui a écrit sur ce qui peut venir interférer dans notre rapport à la sexualité (notamment La méthode Shoppenhauer et le chapitre sur l’isolement existentiel dans Thérapie existentielle »). Merci à l’efle de lancer un tel sujet.

      • « ça doit être une espèce de vérité universelle spirituelle du genre « le sexe c’est un peu sale quand même ». »
        Ah, donc on n’a pas le droit de le penser? Autant dire à l’asexuelle que je suis qu’elle a un problème mental et qu’elle ferait mieux de tirer son coup pour se remettre les idées en place (ce qu’on m’a déjà balancé à la gueule) parce que, personnellement, j’ai tendance à dire en parlant du sexe que « si on n’y réfléchit bien, c’est pas spécialement hygiénique »

  40. Remarque sémantique (oui, j’aime ça, moi, je trouve qu’on pense en mots et en parole) : je ne suis pas connaisseur du sujet, donc je ne sais pas si c’est couramment le cas, mais je trouve curieuse l’opposition (pour ne pas dire le couple, huhu) « polyamoureux/monogame ». Pourquoi continuer à employer le terme de monogame si on exclut celui (tabou, mal famé, probablement) de polygame ? On n’a pas inventé le monoamour, du même coup ? Ça m’a frappé à la lecture, en tous cas (je penserais plutôt en termes de relation ouverte/exclusive, polyamoureuse/monoamoureuse – ah oui, hiatus –, sinon polygame/monogame).

  41. Salut L’Elfe,

    encore un sujet qui me pose question, et c’est étonnant les coïncidences, j’en entends bcp parler, de ce mot, ces derniers temps, à un moment de la vie de mon couple où sa jalousie pathologique broie l’amitié que j’ai pour mon compagnon…

    Bref. Merci d’avoir écrit cet article et d’y avoir amené des pistes de réflexions.

    Toutefois, je tenais à te dire combien j’étais étonnée de te lire si virulente, parfois même acerbe et agressive dans les commentaire. Presque à croire que la personne qui écrit les articles et celle qui y répond ne serait pas la même.
    Je trouve, par exemple, les interventions de Pinkman tout à fait digne d’intérêt, je les trouve loin d’être agressives ou paternalistes envers toi. Et je suis étonnée que les notions qu’il apporte ne te posent pas question que tu ne prennes pas l’ouverture de t’y pencher sans animosité.
    Mais peut-être ce sujet est-il très sensible pour toi, peut-être es-tu à fleur de peau en ce moment…

    Bref. Ravie de te lire, comme d’habitude, mais pour le coup, un peu chagrin de tes réponses aux commentaires.

    • Tu n’as pas du bien le lire. C’est pas paternaliste de m’expliquer si je dois avoir ou non des relations sexuelles? Moi je trouve ses interventions totalement dénuées de sens et sans aucune intelligence. En plus d’être condescendant et hautain. Chacun a son propre chemin spirituel et exclure la sexualité de nos relations n’est pas signe qu’on est « moins avancé spirituellement » puisque le sexe n’est pas nécessairement « sale » ou « bestial » encore moins « égoïste ». Le sexe n’est pas (du moins pas pour tout le monde) dans une case totalement séparée du reste des relations humaine (affectivité, affection, complicité, humour, séduction, etc etc). Et puis c’est bien pratique de dire que c’est spirituel ça évite d’avoir à argumenter et expliquer, si l’autre est pas d’accord c’est juste qu’il est peu avancé spirituellement mais quand il le sera il se rendra compte que ton point de vue est bon en tous points. Sauf que non la spiritualité ça ne marche pas comme ça, ce n’est pas le même chemin pour tout le monde, et ce n’est pas une échelle. La spiritualité ne regarde que chaque personne individuellement, sinon c’est de la religion. Et la religion, ça m’emmerde.

      • Qu’est-ce que tu reproches à la religion ? La religion a pour but de regrouper les gens (étymologiquement religion signifie « ce qui relie les gens ») en vue d’accomplir un acte touchant au spirituel justement.

        Par exemple la messe catholique réitère le sacrifice du Christ avec le vin et l’Ostie, ici la mise à mort est imagée à l’inverse des religions païennes mais le sens est le même : il s’agit d’en référer aux/à Dieu(x) par l’offrande de la chair et du sang, ainsi les croyants participent à la vie divine.

        Pour prendre un autre exemple, la tribu d’indiens Pueblos (il y a cent ans, je ne sais pas si c’est encore la cas aujourd’hui) se définissaient comme les fils du Soleil. Leur travail quotidien consistait à aider le soleil à s’élever puis à se coucher pour le salut du monde. Ce travail était pour eux plus important que tout le reste : subsistance, liens familiaux, politique ; il était leur raison d’être car ils avaient la sensation de participer à l’influence divine sur terre. L’auteur qui rapporta leur tradition a rencontré une jeune femme en Afrique, elle faisait le tour du monde pour la énième fois car elle ne trouvait pas de sens ni de but à sa vie, elle ne trouvait pas la paix. C’est là que l’auteur a pris au sérieux la religion des indiens, il s’est dit que si cette fille se proclamait fille de la lune, qu’elle l’aidait à s’élever puis se coucher, alors cet engagement pour la terre, pour l’humanité, la libérerait de sa solitude et de sa peur.

        Je crois que dans nos sociétés contemporaines la spiritualité individuelle a pris le dessus sur les religions traditionnelles. Et cela va dans le sens de l’indépendance de l’esprit promu par nos penseurs occidentaux, mais finalement cela revient au même : trouver un sens à sa vie. Donc religion et spiritualité personnelle ne sont pas opposées, l’une engage une population et l’autre une personne en particulier, les deux se valent.

        • Oh mais je me disais bien que la manif pour tous allait pointer ses joues rose dans le coin !

          Fais gaffe l’elfe..dans peu de temps, ça va être les musulmans….(et à toute fin utile, je ne suis pas raciste, juste, je ne fais pas le mélange entre arabes et musulmans. Et même ça m’emmerde….)

          • La messe ne sacrifie pas le Christ, elle réitère le souvenir de son sacrifice, désolé Paul si je n’ai pas bien précisé la nuance.

            Sinon je ne suis pas catholique, ma foi est personnelle (mais certes d’influence chrétienne), je ne suis pas de la manif pour tous.

            Tout ça pour dire que la religion, ou la foi, c’est selon chacun et il n’y a pas à juger si certains la vive seul ou en communauté.

  42. Centre de dépistage des IST. Premier entretien, la médecin me demande pourquoi je suis là. Je lui résume contrôle régulier, safe sex et polyamour. Elle m’a traîté de libertin, il a fallu que je précise un peu. Ensuite, elle me fait le classique « Ah, mais c’est compliqué, non ? Tout le monde est vraiment au courant ? Et vous avez exclusivement des relations avec ces personnes là ? » (préjugés №1, 2 et 3). Elle a quand même noté des références de bouquins (maintenant que The Ethical Slut a été traduit, autant en profiter…).

    Une semaine plus tard, remise des résultats : « J’ai réfléchi à votre histoire là, mais j’imagine que ça s’arrête quand on veut des enfants, non ? » (Préjugé №4)

    Merci, pour la checklist, ça aide à se préparer. :)

    En tout cas, ça m’a étonné qu’elle n’ait jamais entendu le terme, en bossant dans une telle structure. Mais ça me paraît important de faire de l’éducation par là-bas… Elle ne connaissait pas non plus le terme d’« asexuel·le », mais je n’ai pas détaillé… pas trop à la fois, j’imagine.

  43. Bonjour Elfe.

    J’ai la fantaisie de penser que l’impression que l’on cherche à donner de soi avec force et vigueur, véhémence parfois, n’est souvent qu’un trompe l’œil qui peu trouver des origines dans plusieurs causes ou envies. Créer le débat, la polémique, observer ses contemporains, se cacher dans l’exact opposé de ce que l’on écrit…ou peut-être dans les pourtours du concept de dénégation de Freud…
    Bref… le sujet n’est probablement pas là.

    Ceci étant je me permets de valser quelques mots avec tes propos sans aucun jugement, mais tout comme toi, euh… par jeu ?

    Lorsque tu dis (Préjugé 2) « […] Alors non ça ne marche pas comme ça, et les relations fonctionnent évidemment d’une façon différente du couple monogame classique. Par exemple il n’y a pas de « devoir conjugal ».
    Penses tu qu’il y a une nécessité de devoir conjugal dans un couple mono ? L’amour qu’il soit mono ou poly n’est il pas avant tout un sentiment de partage et non pas de devoir ?
    Pourquoi opposer la liberté à la monogamie ? Nous ne pourrions être libre lorsqu’on nous sommes en duo ? Je pense bien justement le contraire, (mais je ne l’oppose pas à la poly pour autant). La liberté dans le couple c’est pouvoir être soi (entre autre…). Qu’est ce qui t’empêche d’être toi dans une relation duo hormis… toi-même ?
    Tu évoques un peu plus loin le triste sentiment de possession lorsque tu dis « Le polyamour ne met pas à l’abri d’une multitude de problèmes sentimentaux (pas plus qu’il ne les provoque) mais il protège au moins de ce type de situations où une personne est sous l’emprise totale de l’autre, puisque le principe est de ne pas posséder ses partenaires ». Mono n’induit pas un comportement de possession ? On ne possède jamais rien, c’est un leurre, au mieux on possède un meuble, une voiture (quand elle est payée…). Le leurre c’est bien de penser que l’on possède. Mais encore une fois le sentiment de possession n’est pas intrinsèque aux monos. Il est intrinsèque… à la nature humaine (euh… autres débats).
    Plus bas tu nous dis que « le but de se mettre en couple (du moins hétéro) ça peut être simplement de se caser, de concrétiser un désir d’enfant, de briller en société, de faire bien devant papa-maman, de ne pas se sentir comme une merde parce qu’on est célibataire, etc etc… Voire même de se trouver quelqu’un pour nous entretenir ou laver nos slips? ». Même si je pense que tenter de définir l’amour c’est risquer de le mettre à mort, j’aime assez la phrase d’Anne Percin (le bonheur fantôme), qui dit, pour tenter de définir le sentiment amoureux, qu’aimer quelqu’un c’est sentir en soi quelqu’un qui n’est pas en soi. En quoi cet amour là ne serait pas juste ?. Tu nous dis un peu plus loin « En polyamour, on fréquente une personne parce qu’on l’aime, ».Pourquoi ne pas convenir que ce sentiment amoureux n’est pas l’apanage d’une seule forme d’amour. Ne peut-on ressentir ce sentiment authentique lorsque l’on est mono ? Pourquoi opposes-tu les deux formes ? Pourquoi cette obsession à opposer un amour vrai à un amour qui ne serait que de circonstance.
    Pour finir, tu nous dis plus bas, en parlant de la mono. que «C’est juste pas fait pour moi, et on ne peut pas me l’imposer ». Pour le coup, et je terminerai avec ça, je ne suis pas certain que l’air que l’on respire profite toujours aux mêmes inspirations…

        • Non, je pense que comprendre serait ne pas forcément essayer de défendre à tout prix la monogamie comme si le fait que la monogamie soit un modèle valable invalidait la possibilité du polyamour et inversement. En plus tu ne peux pas comprendre mon propos puisque tu le tournes totalement à ta sauce. Par exemple tu écris: « Ne peut-on ressentir ce sentiment authentique lorsque l’on est mono? » alors que je n’ai jamais parlé de ça, puis ensuite tu écris « Pourquoi opposes-tu les deux formes ? » alors que c’est toi qui vient juste de le faire.

          En plus, pour comprendre, il faudrait… simplement lire, en fait. Et il est évident que tu n’as lu qu’en diagonale. Par exemple, tu écris « Penses tu qu’il y a une nécessité de devoir conjugal dans un couple mono ? ». Dans le texte j’ai écrit « Attention: je ne dis pas qu’en couple monogame il devrait exister une chose telle que le devoir conjugal ». Donc en fait tu poses des questions auxquelles j’ai déjà clairement répondu, ce qui est pénible et irrespectueux car cela montre que tu n’as pas vraiment lu, tu as vaguement parcouru le texte et compris ce que tu voulais comprendre.

          • Il me semblait, à la lecture de ton article, que se dégageait un sentiment sérieux d’opposition entre la monogamie et le polyamour.
            J’ai sans doute été vite en besogne et je regrette que tu aies pu penser que mon intervention fut irrespectueuse.
            Bonne continuation

  44. Bonsoir,

    J’ai voulu prendre du recul pour répondre à tes réflexions. Mon but étant d’apporter mon point de vue au moment où j’écris, je suis désolé si mes propos puissent être mal interprétés.

    Alors OUI il y’a bien plusieurs niveaux de spiritualité.
    On peut représenter cette élévation par un triangle renversé (pyramide), la base représentant la terre et le sommet, le ciel. Au milieu, une spirale qui part du bas, la terre donc et qui va vers le haut (le ciel).

    Plus nous élevons notre niveau conscience plus nous montons vers le ciel, littéralement.

    Alors nous sommes donc à un certain point sur cette spirale.

    Il y’à bien des principes de pureté qui permettent d’aller vers une élévation spirituelle donc de monter cette spirale toujours plus haut.

    Pour expliquer de manière simple la sexualité, pourquoi c’est moins pur que la pensée (cerveau) par exemple.

    Il suffit d’observer la nature, tout ce qui est en bas est très souvent impur, la poussière, la saleté s’amassent vers le bas. Où sont situés les organes génitaux par rapport à la taille d’un corps humain ? Plutôt vers le haut ? Vers le bas ? Le bas (la terre).
    Le cerveau est quant à lui situé vers le haut donc vers la pureté, le ciel.

    Certains pourraient penser que c’est ultra basique comme raisonnement, eh bien oui c’est belle et bien aussi simple et réelle que cela. La nature est comme ça, l’homme également.

    Aussi je pourrais dire que l’homme a tellement été bien conçu qu’il possède une « tuyauterie » subtile pour faire circuler les énergies sexuelles jusqu’au cerveau. La force sexuelle est une puissance incroyable.
    Elle ne doit pas nourrir uniquement le corps physique, celui qu’on regarde dans la glace tous les jours donc la personnalité. Quand elle la nourrit uniquement, elle alimente aussi la haine, la guerre.

    Cette énergie est capable de réalisation formidable. L’amour inférieur est lié à l’agressivité, celui qui est plongé dans la sensualité a besoin de s’imposer, de détruire. L’amour supérieur favorise les conquêtes spirituelles. C’est toujours Vénus qui alimente les forces de Mars. L’un et l’autre possèdent 2 aspects : l’aspect supérieur et l’aspect inférieur. L’amour supérieur, Vénus supérieure éveille Mars supérieur et c’est là que l’homme commence à avoir de l’audace et réalise de grandes choses sur terre.
    Donc en amour, 2 natures : la personnalité et l’individualité. L’amour le plus pur qu’on puisse avoir pour quelqu’un c’est l’amour de l’individualité : on pense à l’autre, comment l’aider, l’instruire, la protéger, s’occuper/se préoccuper de son avenir.
    Dans ce cas de figure, on ne décide de ne plus vivre autant les sensations, les ébullitions, les « éruptions volcaniques », plutôt d’utiliser une partie de cette énergie pour évoluer, comprendre, nous embellir. L’individualité est mise au travail et cet amour donne le moyen d’aller très loin dans le ciel !, dans la beauté. C’est lumineux.

    Donc pour bien faire il faudrait avant tout début de relation se poser la question de ce qu’on à besoin. Et c’est souvent comme ça qu’un amour commence, inspiré par la personnalité : ce qu’on veut satisfaire, assouvir jusqu’à prendre la pureté de l’autre, sa beauté, sa jeunesse, sa fraîcheur…jusqu’à la jeter comme un kleenex usagé !

      • J’assume pleinement mes propos, mes pensées à ce sujet.
        J’ai mes propres réflexions, mon cheminement et aussi la pensée de maitres spirituels.
        Je ne les citerais pas, car je sais parfaitement que dans ce domaine on trouvera toujours à redire, à salir, conspuer telle ou telle personne, en France de manière générale on rejette la spiritualité.

        Mon message me parait censé. Je dis simplement que nous avons tous la possibilité d’utiliser nos énergies sexuelles d’une autre manière pour gagner une plus grande créativité par exemple et mieux vivre de manière plus générale.
        La vie sans jouissance physique,,sans orgasme sexuel est possible et elle offre à ceux qui s’y essaye beaucoup plus qu’un frisson, un feu d’artifice.

        C’est la plénitude de son être qu’on a la possibilité d’atteindre.
        Modifier sa sexualité n’implique pas de ne plus avoir aucune intimité avec sa/ses partenaires. Comme j’ai compris les choses au moment où je parle, c’est l’orgasme qui consomme notre énergie sexuelle.

        Alors rien n’empêche d’avoir une belle intimité douce, sensuelle, admirative de l’autre. Se contempler, admirer la beauté intérieure de l’autre (voir son âme donc). D’ailleurs rien qu’avec le fait de contempler, regarder dans les yeux, on entretient l’amour dans une très grande pureté. Aussi avoir de belles pensées pour ceux qu’on aime.

        C’est une proposition pour mieux s’aimer, sans bestialité, dans la douceur, le réjouissement d’admirer la beauté.

        Ce qu’on peut aussi très bien faire en regardant la nature autour de nous en forêt par exemple où en croisant une belle jeune femme dans la rue.

        Les raisons d’aimer, d’éveiller l’amour en nous sont partout quand on y regarde bien !

    • Mais tout a fait !
      C’est exactement ce que je dis aux gens qui me demandent pourquoi je me promène les bras levés vers le ciel !

      D’ailleurs, il n’y a qu’a voir la pureté des hollandais pour se convaincre de la présence de cette spirale, des différents dieux Romains ainsi que des éruptions a la cosmicité spirituel qui sont si souvent ignorés.

      Je suis ravis de voir qu’enfin quelqu’un d’autre que mon gourou tibétain comprend cette chose si évidente et simple dont tu nous a bien résumé les préceptes plus haut. (Je crois que feu St Exupery la comprenait également, il l’expliquait d’ailleurs très bien dans son dernier récit, inachevé et non publié malheureusement)

      A ce propos Pinkman, d’où tiens tu ton savoir ? T’es-t-il venu spontanément en raison de ta pureté intrinsèque, ou bien l’as tu appris en discutant avec un quelconque pilote chilien ?

    • Pinkman, Je crois décidemment que tu as une perception erronée de la sexualité. Cette dualité âme/corps ou pur/impur est une vue de l’esprit, un construction mentale totalement déconnectée de la vie.

      Vivre sa sexualité comme quelque chose de sale équivaut à se couper de son corps. Notre libido, nos pulsions et notre désir correspondent à notre élan vital, à ce que nous avons de plus vivant en nous. Si – nous somme bien d’accord – il ne faut pas en être esclave, rejeter ou occulter cet élan signifie rejeter la vie en nous.

      Comme pour toute les parts en nous considérées comme « obscures » , je te suggère tout d’abord d’accepter ta libido avec bienveillance pour ensuite y mettre de la conscience et en faire une force d’amour, puisque c’est le chemin que tu souhaites suivre.

      La vraie personne spirituelle vit dans le monde et dans son corps, et non dans sa tête ou dans des limbes éthériques. En fait, c’est assez « facile » de vivre retiré du monde comme un ermite, que l’on soit dans sa tête ou dans une grotte de l’Himalaya, car rien ne vient perturber ou mettre à l’épreuve le petit monde conceptuel que l’on s’est créé. En revanche, quand on se frotte à « la vraie vie » et aux autres êtres humains, c’est là que l’on peut vraiment voir si notre vision de la spiritualité tient la route. Pour peu d’être lucide et honnête avec soi-même, bien sûr…

      Je t’invite à lire l’un ou l’autre livre d’Osho sur le Tantra. Après, je ne peux plus rien pour toi…

      • « Vivre sa sexualité comme quelque chose de sale équivaut à se couper de son corps. Notre libido, nos pulsions et notre désir correspondent à notre élan vital, à ce que nous avons de plus vivant en nous. Si – nous sommes bien d’accord – il ne faut pas en être esclave, rejeter ou occulter cet élan signifie rejeter la vie en nous.  »

        Oui entièrement d’accord, la pulsion sexuelle est une force, une énergie vitale ! Comme toute énergie une fois consommée, elle n’est plus réutilisable pour faire autre chose.

        Comme toute énergie, elle n’est pas illimitée, elle se consomme et progressivement nous n’avons plus d’énergie.

        C’est ce qu’on fait de cette énergie vitale qui est important.
        Ne pas avoir d’orgasme, ce n’est pas rejeter un élan, c’est l’utiliser différemment, on transmute cette énergie.

        C’est notre cerveau qui bénéficie de cet élan pour améliorer nos pensées et mieux nous réaliser. Être plus créatif.

        Merci pour la référence :-)

        • « Oui entièrement d’accord, la pulsion sexuelle est une force, une énergie vitale ! »
          >Pourquoi en tant qu’asexuel, me sentis-je insulté par cette phrase ?
          Ha oui: par l’ignorance.

          « Comme toute énergie, elle n’est pas illimitée, elle se consomme et progressivement nous n’avons plus d’énergie. »
          >Nous sommes donc des piles sur pattes…mk’ay.

          « C’est ce qu’on fait de cette énergie vitale qui est important.
          Ne pas avoir d’orgasme, ce n’est pas rejeter un élan, c’est l’utiliser différemment, on transmute cette énergie. »
          >C’est beau de s’en persuader mais : Donne des preuves !

          « C’est notre cerveau qui bénéficie de cet élan pour améliorer nos pensées et mieux nous réaliser. Être plus créatif. »
          >Ha, un créatif, c’était donc ça.

          Suivant ce point de vue, étant A je devrais être une sorte de mort-vivant tout juste bon à consommer la culture de masse.(ce qui est un fail assez fabuleux en ce qui me concerne mais je n’ai pas envie d’étaler ma vie)

          J’apprécie l’elfe qui fait de gros efforts pour n’oublier et n’offenser personne.
          Je regrette que certains ne réfléchisse pas pour éviter ça.

          • Bonjour Seven,

            Tu te sents insulté parsque tu le veux bien !
            En tant qu’asexuel tu as toujours cette énergie vitale en toi, d’autant plus si tu ne pratiques pas la sexualité.

            Je ne te donnerais aucune preuve, je ne suis pas un scientifique. Je trouve que la science fait de belles choses et en même temps une goutte d’eau comparé à ce que la réalité est vraiment. La science toute puissante, il faudra bien un jour qu’elle devienne plus humble.
            Si tu veux comprendre des choses, apprend, applique, découvres par toi-même c’est la meilleure chose que je puisse te dires.

        • Tu as une vue spirituelle des choses qui t’appartient mais qui n’a aucune réalité scientifique. (mais je suis même pas sur que tu sache vraiment ce que scientifique veut dire)

          Je te conseille de te renseigner sur la plasticité cérébrale, ça t’aidera peut-être à te rendre compte que ne pas faire quelque chose ne permet pas de faire autre chose mieux. Ca permet seulement de ne pas savoir faire ce quelque chose.

          Ce serais exactement comme dire qu’apprendre à jongler consumme ton énergie et t’empechera d’en avoir pour être plus créatif, c’est complètement stupide.

          Apprendre à jongler dévellopera plusieurs zones de ton cerveaux, correspondant à toute les zones du coprs et aptitudes stimulées par l’activité en question, et te permettra au contraire de capitaliser sur ces améliorations pour apprendre d’autres choses.

          Voir les choses comme des énergies spirituelles en quantité limitée, si tu veux, mais ça n’a aucune réalité.

          bref, ne fais pas l’amour si tu penses que c’est mieux pour toi, ça te regarde, mais essayer d’en dissuader les autres sur un pretexte de spiritualisme, ce n’est rien de plus que de l’obscurantisme.

          • Même réponse, la science est très très limitée pour expliquer le monde qui nous entoure.
            J’ai envie de te dire, renseignes toi avant de parler et comparer des choses qui n’ont absolument rien à voir entre elle.

            On parle de sexualité, d’une des choses les plus puissantes qui se trouve en l’être humain. La science ne fait qu’effleurer le sujet.

            Je te laisse faire ton propre chemin, les vérités toute cuite servie par les médias, la science ne sont pas ma tasse de thé. Et pourtant je viens d’un cursus scientifique.

          • Il n’y a que ceux qui n’ont rien compris à la science pour dire que la science a la prétention de tout expliquer à la réalité.

            Impossible de croire que tu sortes d’un parcours scientifique, ou alors ça me peine vraiment que l’on puisse en retenir aussi peu que toi.

            Tu ne t’es jamais demandé pourquoi en présence de beaucoup de gens intéressants, avec des avis diversifiés mais aussi éclairés, (je parle de l’elfe et de ses commentateurs, du forum sur le polyamour, et surement de tout les gens que tu as essayer d’éclabousser de ton ignorance sur le sujet,… ) pourquoi personne tu n’es d’accord avec PERSONNE ? pourquoi personne n’a accordé une once de crédit à ton discours ? pourquoi, de tes propres mots, ça n’a jamais été utile ? (« Après je ne suis pas certain que ce fût utile, bénéfique. J’aurai tenté quelque chose ;) »)
            Et tu n’a jamais eu l’idée une seule seconde que ça ne venais pas forcément des autres, ces cons qui ne comprennent rien ? mais peut-être de toi, qui a des propos incohérents, basé sur rien ? (enfin ta propre expérience personnelle, et juste ça, sans autres explication ni sources, j’appelle ça du rien.)
            Qui pense que son seul avis sur le spiritualisme est le bon, qui méprise l’avis des autres quand ça ne va pas dans son sens ? qui méprise la science, sans connaitre son fonctionnement ?

            De toute façon, ta phrase, qui sonne comme un résumé de ta pensée :
            « On parle de sexualité, d’une des choses les plus puissantes qui se trouve en l’être humain. La science ne fait qu’effleurer le sujet. »

            Elle est de toute façon fausse : La plus grande zone érogène du corps c’est le cerveau. C’est pas la sexualité, qui va te donner les sensations et les plaisirs les plus puissants, c’est le cerveau, donc ça va dépendre de chacun.
            Pour certains, ce sera peut-être d’aimer ou de faire l’amour, pour d’autre, cuisiner leur plat préféré, Se plonger dans un livre fantastique, aider leur prochain, partir en mer sur leur bateau, Discuter avec des amis…
            Pour moi, rien n’égal le fait de monter sur mon cheval dans un champs sans aucun harnachements qui le contraigne, et le laisser partir au grand galop ou il le veut.

            Pour certains, comme toi, ce sera de s’introvertir dans leur vision de la spiritualité, de l’énergie, et de la pureté, en se persuadant que c’est la meilleure.

            Je crois que j’ai écrit ça pour rien du coup, donc je vais en profiter pour te relancer sur un sujet tien ! Le cannabis et l’alcool, de ton point de vue spirituel, tu en pense quoi ?

        • Pinkman, merci d’avoir précisé ta pensée.

          Ce n’est donc pas la sexualité qui te pose problème mais l’orgasme – je suppose que tu vises l’orgasme masculin avec éjaculation –, en ce que tu considères qu’il s’agit d’un gaspillage d’énergie qui pourrait être mieux utilisé.

          Cette obsession de conserver sa semence est assez répandue dans de nombreuses religions et philosophies et c’est rare qu’en creusant un peu on ne trouve pas là derrière quelques relents de morale. Les notions de « pureté » ou « d’absence de bestialité » qui reviennent dans tes propos vont quand même dans ce sens là …

          Dans les pratiques orientales, il faut distinguer celles qui prônent l’absence d’orgasme (et, surtout, d’éjaculation) pour les motifs que tu cites et celles qui apprennent à retarder l’orgasme ou à jouir sans éjaculation, pour plus de jouissance et une prolongation de l’intimité.

          Je suis d’accord qu’il n’est nullement nécessaire que chaque échange intime doive obligatoirement se clôturer par un orgasme (de même que la pénétration n’est pas un passage obligé à chaque fois non plus) et qu’il existe des tas d’autres belles façons. Dans les authentiques massages tantriques, il n’y a pas de « finissage à la main » et l’idée est effectivement de diffuser l’énergie sexuelle dans le corps sans chercher l’orgasme.

          Cela dit, cela n’implique nullement que, dans l’intimité des couples, chaque rapport doit être exempt d’orgasme. Je connais un certain nombre de professionnels du massage tantrique et toutes et tous ont des rapports sexuels « normaux » avec leur partenaire.

          Il s’agit quand même d’une énergie renouvelable… A moins d’avoir des rapports extrêmement fréquents, je n’ai pas l’impression que l’orgasme nous vide au point de ne plus être à même de s’ouvrir à la beauté du monde.

          J’en avais discuté lors d’un stage avec Daniel Odier, qui est un des plus éminents représentants du tantra en France, qui trouvait que la rétention de l’orgasme était une ineptie et que tous les gens qu’il avait croisés qui s’y essaient étaient névrosés car cette rétention leur demandait un tel effort que ce n’était pas sain.

          Si la sublimation est naturelle et vient sans effort, OK. Mais si c’est au forceps et au prix de névroses et d’intenses frustrations, c’est que c’est contre-nature. Or, l’objectif est d’être qui on est vraiment, non pas de forcer les choses pour essayer de devenir qui on aurait bien aimé être. Non ?

          • ah wouai
            pis alors l’argument du gars qu’en a discuté avec un éminant représentant du tantra !
            là je dois dire
            c’est bonbon

            bon, vous fûmez quoi ?

          • Je me méfie sérieusement du tantrisme tel qu’il est pratiqué de nos jours. C’est souvent loin de la pureté.

            Je ne pense pas non plus qu’il soit obligé de faire telle ou telle chose.

            J’en parlais dans ma première réponse, c’est à chacun de jauger ce qu’il est capable d’assumer, de réaliser.

            En fait, c’est du domaine du ressenti personnel.

            On peut fixer un objectif toujours plus élevé vers plus de pureté, de prise de conscience de l’univers qui nous entoure. De ressentir cette connexion avec l’univers, la nature, les gens.

            Je suis d’accord il ne faut rien forcer, par contre on peut fixer des caps, ressentir si c’est trop, pas assez pour nous à un moment X et progresser….c’est ainsi que je progresse de mon côté;
            Énormément de pratique peuvent aider à se rapprocher de cet idéale, j’en ai cité une, il y’à aussi regarder le soleil.

            C’est tout un univers à découvrir, pour voir la vie autrement. Après cela, reste mon chemin, ma vie et je voulais partager quelques réflexions à ce sujet. Après je ne suis pas certain que ce fût utile, bénéfique. J’aurai tenté quelque chose ;)

          • Heureusement qu’y a des gens comme toi qui savent distinguer ce qui est pur de ce qui ne l’est pas…

  45. De manière générale, c’est assez triste d’en arriver à devoir expliquer ça aux gens. On en revient au même débat que pour le Mariage pour tous : en quoi la vie privée des autres nous regarde ? Certes, lorsqu’il y a violence, qu’elle soit physique ou psychologique, on se doit d’intervenir. Mais comme tu l’expliques si bien :

    « Dans une relation il y a un contrat, et quand on signe un contrat on met pas un revolver sur la tempe de l’autre pour lui faire signer. Donc on se met d’accord et on ne se contente pas de dire « si ça te fait souffrir c’est ton problème et je m’en fiche, c’est ça ou rien ». »

    Je n’y voit donc aucun élément permettant à quiconque de désigner un polyamoureux (sain d’esprit, hein, parce que les psychopathes on en trouve partout…) comme une « perversion ». Si c’est un mode de fonctionnement qui permet à plusieurs personnes qui s’apprécient d’évoluer et de passer de bons moments ensemble, en quoi est-ce répréhensible ?

    [C’est une question qui, pour moi, est rhétorique. Mais je pense qu’un peu plus de monde devrait sincèrement se la poser…]

    • C’est que certaine personne oppose la liberté individuel et la dignité de l’Homme. C’est l’ancien président du comité national d’éthique qui le définissait.

      Cela permet d’interdire de vendre des éléments de corps humains, et de le louer un utérus. Cela permettrait aussi d’interdire la prostitution car 80% des prostituées sont en faite contrainte.

      La limite de cette « dignité » immanente est de savoir qui décide de ce qui est de son ressort. J’ai l’impression que c’est l’opinion publique qui décide, cela évolue donc dans le temps.

  46. « pas sure que tu comprennes vraiment le concept d’asexualité »

    C’est vrai que jele comprend pas vraiment, je viens de lire la définition su Wikipédia, c’est un sujet complexe.

    Ce qui n’enlève rien au fait qu’un asexuel à toujours des organes sexuels, possède comme tout être humain cette partie sexuelle, des hormones, une énergie sexuelle…
    C’est un être humain comme les autres avec ses particularités, comme nous tous.

    Oui, je tente de distinguer le plus possible ce qui élève ma conscience, de ce qui ne me l’élève pas. Le plaisir pour le plaisir ne m’à jamais élevé ma conscience par exemple…dans le tantrisme on tend trop à avoir plus de plaisir pour le plaisir. Une façon de détourner la spiritualité qui me déplait au plus au point.
    Tout de ce qui peut m’aider à élever ma conscience est pure, les exemples que j’ai cité m’y aide beaucoup.

    • Je trouve *au mieux* très maladroit de dire à une personne asexuelle « applique par toi même » etc… Cela peut être blessant… Dit-on à un homme homosexuel « essaye avec une femme »? non (enfin peut-être que si mais moi je trouve que ça se fait pas et que c’est homophobe)…

      • si si, ça se dit assez souvent, on te précise même que c’est parce que t’as évidemment pas rencontré la bonne
        etc…
        genre quoi hein
        y’en a qui t’expliquent le truc en reprenant sans s’en douter la première théorie sexuelle de freud qui considérait l’homosexualité comme une perversion, un dénie de la castration etc…
        genre, si t’es homo c’est que t’as peur de te faire rejeter par les femmes…
        y’en a même d’autres qui te disent que en fait ton truc d’homo c’est un truc pour mieux draguer les femmes
        etc…
        mais alors quand tu prétends en fait pas avoir du tout envie de baiser avec quoi que ce soit, alors là, c’est autre chose hein, on te repasse toutes les théories sur l’anormalité, la perversion, le manque de couilles, que en fait t’es misogyne pire que les autres ( nan parce que on connait pas le mot misandre alors bon…) et y’a aussi les barges mysthicoglinglins qui te parlent de spritualité et qui font comme vient de le faire le précédent te ramener à ton déterminisme biologique, tes hormones, tes organes et que donc que tu DOIS avoir envie de niquer et que t’as tors de te refuser du plaisir. on te dit aussi, mais plus rarement que c’est pas bien de frustrer l’autre qu’a sûrement envie de niquer avec toi.
        bref
        c’est courant
        ça se fait beaucoup
        et c’est obligatoire pour avoir une crédibilité sociale que t’as pas quand t’es vierge ou que tu bandes pas quand tu DEVRAIS !
        le sexe
        c’est obligatoire, c’est un devoir.
        pas un truc accessoire dont t’es libre surtout depuis la libération sexuelle obligatoire.

        le résultat, c’est qu’un jour, t’as vraiment peur de l’ambiance autour de toi : et tu couches quand on t’entreprend pendant un certain temps. et tu fais le truc à moitié en te forçant, à moitié par curiosité pour positiver l’obligation sociale.
        et là
        après
        ben tu te rends compte que tu commences à déconner, à perdre les pédales, parce que ça t’était tellement étranger que tu a perdu tous tes repères, que t’as fait un truc déstructurant pour ta psychologie. et en plus tu te sens coupable, à la fois d’avoir fait un truc grave pour toi, à la fois d’avoir pas été comme on te le demande, c’est à dire que fait pas simplement avoir couché, faut en plus avoir été fier de le faire.
        ben non
        toi tu sais plus où t’as les pompes.
        voilà
        je sais pas si ça correspond à ce que disait le gars se disant asexuel
        mais les cons qui te font des réflexions genre des réponses qui lui sont faites, ben je les ai rencontrées souvent et j’ai aussi rencontré des gens à qui on les avait faites souvent.

        alors à part ça.
        ben ce qu’on désire vraiment, c’est de vivre avec quelqu’un avec qui on se sente compris et en confiance, autant dans ses coups de gueule, de cafards, de joie, de passion, de galères etc…
        mais ça n’arrive jamais.
        avec l’âge on s’habitue à ça, que l’autre, faut juste au mieux en attendre de la camaraderie, un peu plus éventuellement
        mais pas plus d’affection et de complicité que ça
        y’aura toujours une histoire de genre et de sexe qui viendra pourrir le truc
        parce que ça
        ben on peut pas le vivre bien

        mais c’est sûrement parce qu’on n’a pas rencontré le bon ou la bonne

      • Je crois qu’on s’est mal compris.

        Appliquer, c’était dit au sens générale, pas particulièrement la sexualité.

  47. « Bonjour Seven, »
    >Salut

    « Tu te sents insulté parsque tu le veux bien ! »
    >…*un corbeau croasse trois fois* Pardon ?

    « En tant qu’asexuel tu as toujours cette énergie vitale en toi, d’autant plus si tu ne pratiques pas la sexualité. »
    >Heuuu…non.
    Je ne »pratiques pas la sexualité », je n’en ressent pas « l’envie » ou tout autre « élan » vers cela.

    « Je ne te donnerais aucune preuve, je ne suis pas un scientifique. »
    >Tu dis à peu près l’inverse dans un autre message plus bas mais bon soit.

    « Je trouve que la science fait de belles choses et en même temps une goutte d’eau comparé à ce que la réalité est vraiment. La science toute puissante, il faudra bien un jour qu’elle devienne plus humble. »
    >Démarche habituelle en science: Toujours se remettre en question,refaire et revérifier ses expériences, faire évoluer ses théories pour les faire coller à la réalité.
    Ce que tu viens de dire c’est : FUCK SCIENCE ! BELIEVE IS TOO COOL.

    « Si tu veux comprendre des choses, apprend, applique, découvres par toi-même c’est la meilleure chose que je puisse te dires. »
    >Bravo, en plus d’être un poil condescendant, tu viens de décrire une démarche scientifique…que tu n’as pas appliqué en tapant « asexualité »dans un moteur de recherche.

    Combo gagnant d’ignorance, de condescendance et d’obscurantisme…
    On vas s’arrêter là, ça va tourner au dialogue de sourd.

    • Quand je dis que tu as toujours une énergie sexuelle il faut comprendre:

      physiologiquement. Tu es toujours, un homme avec ses hormones, son énergie sexuelle, même si elle n’est pas utilisée.

      Que tu le veuilles où non, c’est ainsi, tu es un être humain.

      Ce n’est pas de la condescendance, enfin si c’est pris comme telle soit. Je ne peux pas contrôler comment tu prends les choses.

      Quand je dis expérimenter, c’est vivre, ressentir, apprendre, suivre ton chemin. Au contraire de lire et se faire une opinion sur un sujet en lisant des choses hautement scientifiquement prouvé !

      Oui Fuck science, c’est pas mal, j’aime bien, ces gens faut qu’il redescende sur terre…où bien ces ont les gens qui suivent aveuglément las sciences qui devraient se réveiller !

      Je ne crois absolument pas en la toute puissance de la science au contraire je suis convaincu que chacun de nous possède en lui la vérité.

        • Suivre son chemin, sa vie, son parcours, par rapport à son ressentie, nos vibrations, ce qui nous fait vibrer pas de rapport au sexe particulièrement, ça peux en faire partie.

          • Ah ouais va parler à ton miroir, LUI te comprendra. En plus il a un spiritualité identique à la tienne. C’est bien pratique. Moi aussi quand j’ai des poussées de narcissisme je fait ca, mais du coup j’emmerde personne sur le web. Mes voisins à la limite.

        • ben wouai : il explique qu’autrement c’est qu’on n’accepte pas d’être un être humain, ou un hôm
          nan mais bon… en plus le mec il nous dit que c’est à côse dez zhoooormoooooooones !
          alors bon comme en plus il nous dit que la science c’est des conneries hein…
          ben bon…

          bref, ça me rappelle furieusement le genre de structure de discours des catho contre le mariage homo et les zhomo d’une façon générale…

          • Si je ‘arrive pas bien à me faire comprendre c’est que je ne parle pas aux bonnes personnes qui n’ont certainement pas les clés, les bases de réflexions pour comprendre.

            Et je crois que ce que je raconte là, finalement je devrais tout simplement le garder pour moi et en parler qu’avec des gens d’un niveau spirituelle équivalent.

            C’est comme au sport, y’à des gens avec des niveaux différents, c’est exactement la même chose pour tout et la spiritualité ne fait pas exception.

            Ce n’est pas de la condescendance, je suis juste en train de constater que je suis sans doute plus avancé dans ce domaine précis que la plupart des gens ici.

            Désolé pour l’espace inutile que je j’ai pris ici, vous pouvez reprendre une activité normal.

          • Oui, nous sommes tous trop bêtes, merci de choisir des personnes plus intelligentes que nous pour discuter.

  48. Salut l’Elfe,

    Désolée qu’après avoir squatté le forum de polyamour.info, Pinkman alias Len vienne squatter ici…

    On a été gentils, on a essayé de dialoguer avec lui de façon saine, c’est peine perdue semblerait-il…

    Comme il te le conseillerait sans doute lui-même :p , ne gâche pas trop ton « énergie vitale » à lui répondre ^^ !

    • Héhé, vous ici :-) Le web est petit !

      Bien vue le jeu de mot ;)

      Je ne comprend pas ton peine perdu ?
      Avoir une vision de la vie différente et ne pas être en accord sur tout, c’est une peine perdue?

      Moi je ne trouve pas, on peux tous s’apporter mutuellement, ce ne sont que des questions vision de vie différente. Je fait ma route et j’essais de ne rien imposer.

      Après c’est sûr on est tous différent ce qui n’empêche pas d’échanger nos points de vue ! En tout cas personnellement je suis heureux de le faire.

  49. Pour revenir au thème de l’article, quand je dois expliquer le polyamour de façon courte et simple, je me contente de dire que mon épouse et moi nous sommes un jour posé la question : « que faire si un de nous deux tombe amoureux de quelqu’un d’autre ? ».

    Le monde n’étant pas dénué de personnes susceptibles de nous plaire, cette probabilité est loin d’être nulle. Comme nous ne souhaitions ni rompre ni nous mentir ou nous tromper, il fallait trouver une autre option.

    Nous aurions aussi pu décider de « refuser de tomber amoureux » d’une tierce personne. Mais, les sentiments, cela ne se commande pas. On peut refuser de prendre en compte un sentiment en essayant de l’occulter, mais pas l’empêcher d’exister. Or, refuser de se laisser traverser par ses sentiments, c’est éteindre en soi une parcelle de vitalité et de joie.

    Et puis, empêcher d’aimer au nom de l’amour, c’est juste pas chouette… :-)

  50. A chacun ses préjugés, maintenant ça : « le but de se mettre en couple (du moins hétéro) ça peut être simplement de se caser, de concrétiser un désir d’enfant, de briller en société, de faire bien devant papa-maman, de ne pas se sentir comme une merde parce qu’on est célibataire, etc etc… Voire même de se trouver quelqu’un pour nous entretenir ou laver nos slips? En polyamour, on fréquente une personne parce qu’on l’aime, parce qu’on passe de bons moments, et pas parce que ça fait bien sur le CV »
    pour moi, ça ressemble bien à des préjugés sur le couple classique hétéro (on ne sait pas pourquoi les homos quand ils sont en couple classique eux, c’est différent des hétéros, mais bon, après tout, je sais pas, ni pour tous les hétéros ni pour tous les homos… )

    Je n’ai rien contre le polyamour (je l’ai plus ou moins pratiqué sans revendiqué l’étiquette, je ne me le suis jamais vraiment formulée), maintenant, ce qui m’agace un peu c’est le besoin que tout le monde ressent de défendre sa paroisse en rabaissant les choix des autres.
    Genre la petite sortie sur les paillettes et licornes je trouve ça méprisant, c’est du même niveau de considérer que si tu couches avec plusieurs mecs t’es un peu salope sur les bords, si tu crois à l’amour exclusif ça fait forcément de toi une niaise pathétique qui confond la vie avec un Disney.

    Mais bon je reconnais que d’un coté on a une norme écrasante qui représente le « modèle type » et de l’autre un choix qui provoque un jugement de valeur négatif. Je peux comprendre que l’un des choix soit plus facile à vivre et que devoir sans cesse se justifier provoque des réactions de critiques défensives.
    C’est à dire que je reconnais que la relation est inégale et qu’il est plus difficile de se réclamer du polyamour et qu’à force ça peut aboutir à renvoyer à l’autre sa désapprobation à la gueule en ridiculisant ses choix à lui. C’est de bonne guerre.

    « La rivalité existe exclusivement en situation de monogamie, donc il est hors de propos de l’appliquer à des situations de polyamour. »
    C’est pas du tout idéalisé ton truc… Mais enfin t’as l’air d’être respectueuse de l’autre c’est l’essentiel. Si tout le monde est content moi je trouve que c’est un bon système. En ce qui me concerne ça n’a pas été une franche réussite mais bon, le couple classique non plus donc bon X)

    • Je trouve que tu déformes totalement mes propos. Après c’est peut-être moi qui m’exprimes mal.

      • Euh, moi aussi j’ai l’impression que ça a été déformé. Notamment, le « peut » dans la première phrase citée n’a pas été lu visiblement…

        « Ca peut », ça ne veut pas dire que c’est systématique, loin de là. Mais que ça arrive. L’Elfe n’a absolument pas généralisé.

        Pour apporter mon témoignage, je dirais que oui ça « peut », car une forte proportion des gens que je connais ont à coeur de se « caser » lorsqu’ils ne le sont pas déjà, ou lorsqu’ils le sont considèrent cela comme une forme de « réussite » nécessaire ; comme si être dans un schéma différent faisait des autres des « loosers ».
        J’ai bien dit une forte proportion, je n’ai pas dit « tous » ! Et ce ne sont *que* mes observations (je relève notamment beaucoup de phrases jugées anodines et que la plupart des gens ne remarquent même pas, mais représentatives de ce type d’état d’esprit).

        Ensuite, il y a ceux qui disent « Chacun fait ce qu’il veut mais MOI je veux être comme tout le monde, je ne veux surtout pas sortir du moule ».
        Indirectement, j’ai le sentiment (peut-être faussé) qu’en parlant ainsi ils portent quand même un jugement sur ceux qui sortent d’un modèle « classique »…

        • « Chacun fait ce qu’il veut mais MOI je veux être comme tout le monde, je ne veux surtout pas sortir du moule ».

          Je suis pas sure d’avoir compris où tu voulais en venir avec cette phrase. Tu connais des gens qui disent ça ?
          Moi pas. Il arrive que les gens aient intériorisé la norme à un tel point qu’ils considèrent que c’est un choix par gout alors que c’est juste une conformité à la pression sociale, malgré tout, il est impossible selon moi de faire la part du choix perso et du conformisme. On a jamais l’impression qu’il s’agit de conformisme, mais en même temps il est impossible de prouver que les gouts persos n’allaient pas dans le même sens que la pression sociale.
          Enfin on finit par « aimer » la norme à force de l’intérioriser. Par exemple à force de m’épiler pour éviter les commentaires négatifs, je finis par préférer la sensation de ma peau imberbe à celle de ma peau avec poils. (C’est un exemple rhétorique parce que je ne m’épile pas mais c’est pour la démonstration). On peut à l’inverse aimer aller contre la norme et y trouver une satisfaction à part entière, par exemple être très fier d’appartenir à une contre culture et se sentir supérieur à tous ses « moutons » qui suivent la norme.

          Ce que je veux dire c’est que l’être humain est de toute façon un être culturel et qu’il n’y a pas de choix personnels qui ne seraient pas influencés par la culture et les autres. Je ne pense donc pas non plus qu’il y ait un modèle « naturel » d’amour, ni monogame, ni polyamoureux, ni libertin, ni je ne sais quoi…
          Je ne pense donc pas qu’il y ait un modèle qui soit le bon, où qui soit supérieur aux autres.

          « Indirectement, j’ai le sentiment (peut-être faussé) qu’en parlant ainsi ils portent quand même un jugement sur ceux qui sortent d’un modèle « classique »… »
          Ça dépend surement des gens. Ce n’est pas parce que tu penses/sais qu’un système ne te convient pas que tu dis qu’il est nul, tu dis juste que pour toi ce ne serait pas viable, il ne faut pas y voir forcément une critique implicite. Je trouve par exemple les cheveux roses fushia super sexy, cependant, je ne me teindrai pas les cheveux de cette couleur.

          Maintenant, je constate qu’à chaque fois que je lis un discours d’un polyamoureux, il y a toujours une critique et une dévalorisation du modèle du couple classique avec une idéalisation du polyamour. Maintenant, pour être juste ce n’est que le 3ème « discours sur le polyamour » que je lis ^^ .
          Cependant, je trouve que cet article n’est pas du tout tendre avec la monogamie, alors faut pas s’étonner qu’il y ai des gens pour se précipiter et la défendre.

          Je pense pour ma part qu’il ne faut pas faire passer ses envies avant le bien être de l’autre. Voilà, il me semble qu’il faut évaluer les conséquences de ses actes en fonction de ce que ça provoque chez l’autre. Si les partenaires sont heureux en polyamour je ne vois pas de quel droit on pourrait dire que ce n’est pas un système viable. C’est juste ce que je voulais dire, moi dans la mesure où tout le monde est content je n’y vois pas d’objection, je considère même que ce ne sont pas mes affaires. Maintenant je sais par expérience que ça ne me convient pas à moi, comme les cheveux roses, qui jurent avec ma carnation ^^

          Maintenant, ça me déplait quand j’ai l’impression qu’on me fait passer pour une niaise qui veut juste « faire comme tout le monde » sous prétexte que j’ai une préférence pour le « couple classique ».
          Comme si les monogames suivaient juste la norme alors que les polyamoureux, ses rebelles, ses êtres libres de corps et d’esprit, vivaient vraiment.

          Alors, peut-être que les « monogames » ont du mépris à revendre pour les polyamoureux, mais je trouve que la réciproque se vérifie un peu dans cet article.

          • tu confonds allègrement critique et dévalorisation. Il n’y a aucune dévalorisation de la monogamie dans mon article. Et il n’y a même pas une critique de la monogamie en soi. Plutôt des dérives d’une société qui la vend comme un idéal.

          • Euh Prune, je suis d’accord avec l’essentiel de ton discours (mais pas sur le fait que l’article dévalorise un modèle ou un autre par contre ; pour ça voir la réponse de l’Elfe).

            Et oui, je connais des gens qui m’ont dit en substance ce que j’écris plus haut, mais ils ne le diront pas publiquement ni à tout le monde. Cela dit, c’est une réalité. Je n’ai pas dit qu’elle était majoritaire, hein.

  51. bon, ils sont où les niqueurs spirituels là ? ils sont déjà partis ?
    mince !
    vite : un autre article pour qu’on recommence à se marrer à lire leur commentaire. genre moi ça m’éclate ça les gars qui parlent de spiritualité et qui se réfère à leur version socialisée de sciences (qui ne sont donc pas de la science évidemment) pour légitimer leurs élucubrations spirituelles. c’est les mêmes qui nous font chier quand on leur dit être végétariens, c’est le même truc qui revient, à chaque fois, zont des prétentions vachement élévatrices à atteindre le ciel autrement qu’en mongolfière évidemment. et au final quand toi tu leur dis pas grand chose d’autre que « ah bon ? waouuu ? il fait beau hein » ils en viennent à réciter la composition incontournable d’un repas inventée par un propagandiste de l’industrie agroalimentaire.
    bref
    là, pour le polyamour, franchement, bon, on sent que ça les dérange un maximum en fait. mais j’arrive pas à comprendre ce que leur délire révèle de ce que ça dérange chez ces gens là.
    j’sais pas. moi, le polyamour, ça me concerne pas : donc là j’suis juste à lire une vision du truc vécu par d’autres gens. pis y’a des gus que ça dérange ! ah !
    franchement, en quoi ça peut les empècher de vivre ?
    c’est comme le végétarisme : j’vois pas en quoi ça empèche les cons de chniarquer d’la viande !
    c’est comme les zhomo : j’vois pas en quoi ça menace les zhétéros.
    ben il doit forcément y avoir un mécanisme bien planqué que ça réveille pour que les gens réagissent comme ça.
    ce que je relève quand même, c’est que manifestement, ils ont peur de perdre leur propre crédit, c’est à dire le crédit qu’ils ont d’eux-mêmes. le simple fait que quelque chose qui fonctionne selon une autre sensibilité, c’est à dire relation perceptive à l’autre, l’inconnu, l’étrange, le distant, existe, ça semble menacer l’essence de leur certitude du bien fondé de leur prop)re sensibilité.
    moi j’ai l’impression qu’il ne sont même pas sûr de sentir le comment ils sentent. et donc de voir d’autres gens sentir autrement que comme ils sentent, ça les menace, autant qu’un autiste peut se sentir menacé par un élément dérangé dans la structure qu’il a péniblement construite du monde qui l’environne (tous les autistes sont pas comme ça, mais les cons, si).
    mais alors le plus éclatant à observer, c’est que ces pôvre bougres, au lieu de chercher comment sentir mieux comment ils sentent, se réfèrent, comme les enchaînés de la caverne de platon, à des visions totalement irréalistes de ce qu’ils sont en eux-mêmes pour s’expliquer à eux-mêmes…
    quelques part… la drogue, c’est mal.

    • « ben il doit forcément y avoir un mécanisme bien planqué que ça réveille pour que les gens réagissent comme ça. »

      Je ne suis pas experte, mais est-ce que l’homme n’est pas conditionné à se sentir menacé et rejeter/attaquer/fuir ce qui lui est étranger (ou lui semble l’être) ?

      • ben, à cette question, il y a pas mal de théories sérieuses qui tentent de répondre sans pour autant se contredire. la question peut être abordée sous divers angles. donc c’est pas simple d’en faire une synthèse.
        Le gros point commun rejoint certains traits que montrent souvent les cognitivistes, à savoir la question de la gestion de la charge cognitive qui comme tout principe tend à développer la procédure de moindre dépense énergétique. en clair, la fainéantise.
        si les enchaînés de la caverne de Platon, pour la plus part d’entre eux restent fascinés par les ombres qu’ils prennent pour réalité, c’est que c’est plus facile que de se retourner et de chercher à comprendre le mécanisme qui les crée.
        la fuite aussi est une tactique de moindre dépense cognitive.
        pour se mettre à attaquer, il faut que quelque chose le motive de façon beaucoup plus impérieuse.
        pour se mettre à chercher à démonter pour comprendre un fonctionnement il faut encore une autre sorte de motivation
        etc…
        à chaque fois, ben ça dépend.
        mais par exemple dans le cas de ce gars, ben on n’aura jamais assez d’élément dans ce qu’il livre pour comprendre le comment de la construction de son truc.
        alors on en reste à la rigolade parce que ça renvoie à tous les gars dans son genre qu’on a déjà vu pondre ce genre de truc assez courant en fait…
        en plus c’est sur le net, donc c’est gratuit…

    • Oui, et la façon dont tu ressens le besoin de réagir face aux élucubrations mystiques de l’homme rose ne manque pas d’intérêt non plus… :-)

  52. Je crois que j’ai écrit ça pour rien du coup, donc je vais en profiter pour te relancer sur un sujet tien ! Le cannabis et l’alcool, de ton point de vue spirituel, tu en penses quoi ?

    Tout d’abord par rapport à mon propos sur la science, j’insiste bien sur le fait que la plupart des gens vont se référer et faire souvent confiance à la science pour se faire une idée, un avis. Étude ceci, étude cela…etc. alors que la plupart du temps allez on est à 0,05% proche de la réalité….Chiffre au hasard, juste pour dire à quel point la science n’est pas assez fiable pour se forger un avis, apprendre quelque chose de réel.

    Aussi je profite de cette réponse pour avouer ma très mauvaise approche lorsque j’ai parlé de spiritualité, des choses que j’ai apprises par mon expérience, mes lectures, mes discussions avec des gens.
    Clairement, tel que je parle de la spiritualité c’est complètement nulle et me fait passer pour un illuminé plus qu’autre chose.

    J’ai médité sur cela ces derniers jours, et donc je ne parlerai plus ainsi de spiritualité. C’est un chemin que l’on doit prendre seul et utiliser sa propre guidance intérieure qui nous amène à mieux nous comprendre, mieux trouver les informations dont on a besoin sur le moment.
    Bref, on ne parle pas de spiritualité comme on parle d’actualité. Il me reste un long chemin avant de pouvoir bien en parler et peut-être ouvrir cette perspective à d’autres personnes.

    Le cannabis, l’alcool j’ai un point de vue : dépendance. Pour le cannabis utile pour les grands malades avec de trop grosses douleurs, ça soulage bien, pour le reste cela crée une trop grande dépendance par rapport aux bénéfices obtenus.

    • wouai… suuupeeeeer
      le revoilu !
      c’est vrai, j’avais pas le moral à cause de la fatigue de la semaine, donc j’avais besoin de sourire…
      bon…
      euh…
      il est mignon hein, là ça devient trop bon, il nous dit que ce qu’il a dit c’est nul, qu’il faut plus qu’il parle de psiritualité, mais il demande qu’on essprime un avis psirituel sur la fumette…
      euh…
      tiens l’hommerose (la fleur hein), récite donc un « je vous salue marie »
      ça ira mieux après.

  53. Après les préjugés, il y a les réactions faussement compatissantes quand une de tes relations se termine : « Hannn on te l’avait bien dit, tu vois bien que c’est pas possib’ ton truc là ».
    De mon point de vue c’est encore plus désagréable que les préjugés, même si en tant que « Gros-Chômeur-Poilu-Gamer-Poly » j’ai ma dose quotidienne de préjugés divers.

    • A chaque couple marié qui divorce, on devrait dire « Hann on vous l’avait bien dit, vous voyez bien que c’est pas possible le mariage ». Mais avec – il me semble – un mariage sur deux qui se termine en divorce, ça en ferait du boulot ! ^^

  54. Bonjour, l’elfe

    je n’ai pas encore lu tous les commentaires, (je sais pas pourquoi, je sens qu’ils vont GRAVE me gonfler,) mais je voulais juste te donner mon (pas si) humble avis.

    Le polyamour, je suis convaincue que ça existe. Lla preuve : je l’ai rencontré. Je suis tombée raide amoureuse d’un homme alors que j’étais en couple, mariée et heureuse et (le truc de dingue) j’en ai parlé à mon mari qui a très bien compris et était même prêt à vivre une relation poly ou pluri amoureuse.

    Le hic : le type ne partageait pas mes sentiments. Je n’en parlerai pas d’avantage car ça pince encore.

    Je dirais simplement que j’en ai parlé à trois psys et que non seulement ils ne m’ont pas aidé à l’oublier, (même si je ne suis plus dans la souffrance amoureuse, j’ai encore des sentiments pour lui et je pense que j’en aurais toujours), mais ils ont réduit mes sentiments à néant par ces mots ‘vous n’en avez rien à faire de ce type, c’est l’image que vous avez de lui que vous aimiez.)
    Je peux vous assurer que voir votre souffrance réduite à néant par des professionnels, c’est très douloureux.

    Mais certaines personnes plus évoluées que d’autres peuvent envisager d’aimer plusieurs personnes et d’accepter que leur partenaire aime plusieurs personnes.

    L’ennui est de convaincre l’objet de son amour du bien fondé de cette théorie.
    Même quand dans le couple, tout est clair, tout ne l’est pas forcément pour les autres.

    Il est très difficile de sortir de réflexes possessifs qui en gros, élève la possessivité, la manipulation et l’abus de pouvoir au rang de type ou femme fou et folle amoureuse.

    Un exemple ? La nouvelle Bible, la nouvelle dictature (terme fort, je vous l’accorde, mais je n’en trouve pas d’autres) de nos comportements, les séries.

    La monogamie, (bien sur, on ne va pas être audacieux au point de parler d’une autre forme de couple) mais aussi l’homme dominant, (how i met your mother, un sommet en la matière avec le personnage de Barney Stinson….le bruit que vous entendez, ce sont mes dents qui grincent,) la possessivité, l’abus….par exemple dans « royal pains », série pourtant bien innocente, un homme installe un traceur sous la peau de sa femme. Réaction de l’épouse quand elle s’en aperçoit, (après avoir failli mourir, quand même) « je n’aurais jamais imaginer que tu m’aimais à ce point ! » sans commentaire, ça m’a quand même fait un peu criser.

  55. Je ne supporte pas bien la jalousie, la mienne et celles des autres.
    J’ai déjà été attiré par plusieurs personnes à la fois, et aurais aimé pouvoir concrétiser cette situation sans devoir risquer la marginalisation. Risque que je n’ai pas pris.
    Aussi, j’admire votre courage, mais bloque sur votre réaction :
    Tel que je l’ai compris, la plupart de vos interlocuteurs, sans prendre de gants, vous mettent trop régulièrement dans la position délicate de devoir répondre de votre non-respect de la norme.
    Alors oui, on pourra discuter de la faiblesse de ces gens qui suivent la norme aveuglément sans se poser beaucoup de questions et qui, par manque d’audace, pénalisent tout le groupe et l’empêchent de progresser.
    Sans oublier la violence qui vous est faite, en vous imposant une remise en question constante de votre façon de vivre.
    Mais on peut aussi considérer, à l’échelle du groupe, les bienfaits d’une norme en tant que source de cohésion. Et ainsi admettre qu’un individu qui défend une norme est peut-être moins une triste marionnette qu’une fraction d’un groupe qui défend sa cohésion et sa survie. Ce qui semble légitime.
    Partant de là, si on veut tout de même pouvoir éviter de devoir justifier constamment une position hors norme au sein d’un groupe, il faut en faire la nouvelle norme, ou fonder un autre groupe. Dans les deux cas, c’est pas simple, mais pas impossible si on considère que le polyamour, par son ouverture, est une meilleure façon d’organiser les relations intimes que la stricte monogamie à fondation patriarcale.
    En attendant, prendre la parole en public pour renvoyer les personnes normales vers leurs préjugés, sans prendre en compte ce qu’il y a de légitime à défendre une norme dans l’absolu, tient plus de l’exutoire que de l’information constructive.

    Malgré tout, parce que c’est une tâche ingrate que de défendre une position minoritaire, et parce que j’adhère à cette position, vous avez tout mon soutien :) .

    • Il y a bien des moments où tu « dois » faire partie d’un groupe de personnes lambda: dans le cadre d’un emploi par exemple, ou d’une formation, ou quand tu es en famille… Et même si je pouvais ne jamais faire partie d’un groupe de personnes que je n’ai pas choisies, je ne pense pas que je choisirai cette option. Certes c’est indispensable de se retrouver de temps en temps entre personnes qui se comprennent et partagent les mêmes valeurs, mais je n’ai pas non plus envie de fonctionner trop en « vase clos ». C’est bien aussi de cotoyer tout le monde et n’importe qui. Maintenant ce que tu dis à propos du fait de défendre la norme, c’est pertinent, mais le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est désagréable d’être jugé ainsi et d’être exclu du groupe sous prétexte d' »a-normalité ». En plus, certaines personnes sont plus ouvertes d’esprit et ont tendance à moins rejeter les gens différents, ce qui permet d’enrichir sa réflexion (ou de débuter certaines réflexion aussi: face à une personne végétarienne par exemple, soit on l’exclut parce qu’elle mange pas comme tout le monde, soit on s’intéresse à pourquoi-comment).
      Après on est en effet pas obligé de porter un jugement sur les personnes qui réagissent en excluant ceux qui sortent de la norme. Mais je ne suis pas d’accord avec l’idée que parce que je sortirais d’une ou plusieurs normes, je m’excluerais toute seule (je ne sais pas si c’est ce que tu as voulu dire, mais je prend les devants!).

      • On est d’accord, fuir la norme et tous ceux qui la vivent au quotidien n’est pas un projet viable. Et à moins d’être assez nombreux à considérer la situation insupportable, ça ne vaut pas la peine de faire sécession (surtout s’il s’agit d’améliorer nos relations, couper les ponts avec de nombreuses personnes serait complètement contre-productif).
        Reste à convaincre.

        Il y a les ouverts d’esprit, qui au minimum te foutront la paix, et dans les meilleurs cas adhéreront complètement à ton point de vue. On peut donc les laisser tranquille.
        Et puis il y a tous les autres, ceux qui par réflexe te renvoient leurs angoisses en pleine gueule : un soupçon d’indélicatesse, une larme de manque de respect, parfois une tartine de méchanceté bien crasse.
        Je continue de penser que cette séparation en deux camps d’état d’esprit n’est pas si nette, et que tout un chacun, aussi buté soit-il, a ses moments privilégiés, où la remise en question est tolérée. Mêmes très minces, ces moments là peuvent être reconnus, chéris et provoqués pour faire passer une idée.
        Avec de l’humour par exemple ça marche pas mal, comme une petite orgie de bactéries ;)

        Tu as choisi d’organiser l’article autour de préjugés, sans évoquer cette espèce de réflexe conditionné qui tend à sauvegarder la cohésion d’un groupe, ici celui des monogames exclusifs.
        Avec les préjugés tu touches au conscient et à la responsabilité, sans concéder qu’il y une part de conditionnement, qui nous touche tous mais de manière inégale, et sur lequel nous n’avons que trop peu d’emprise.

        J’en suis arrivé à la conclusion que tes articles pourraient être plus largement entendus s’ils prenaient en compte le conditionnement social des individus que tu y décris.

        Et en allant au bout de ma logique, je ne peux pas penser que tu te sois exclue toute seule, mais bien que tu as subi un phénomène d’exclusion, de la part d’un groupe.

        • Tu as peut-être raison, mais quand j’ai écrit cet article, j’ai déjà utilisé davantage que mon temps libre

        • « J’en suis arrivé à la conclusion que tes articles pourraient être plus largement entendus s’ils prenaient en compte le conditionnement social des individus que tu y décris. »

          Je trouve que ton commentaire est intéressant globalement, mais j’aimerais avoir plus de détails de ce que tu veux dire par cette phrase ? Comment faudrait t-il concrètement qu’elle modifie ses articles ?

          Pour la plupart de ces articles, quand elle s’applique à démonter chacun des préjugés que tout un chacun peut avoir, c’est bien au conditionnement social qu’elle s’attaque il me semble ? Les préjugés viennent bien de ces normes sociales pour une grande partie ?

          Ou alors j’ai pas bien compris ce que tu voulais dire…
          Si tu as le temps d’expliquer comment tu modifierais les articles de l’elfe pour les améliorer, je serais vraiment curieux de savoir un peu plus concrètement comment.

  56. Mon mari et moi sommes polyamoureux. On est ensemble depuis 12 ans et on a chacun une autre relation stable depuis 4 ans. Ça se passe bien, et entre temps on a même un fait un enfant.

    Pour ce qui est des préjugés :
    Je trouve le préjugé n°2 pas si faux. On vit dans une société où le travail nous prend trop de temps et on n’a pas assez le temps de voir ses amis/ses amours. Donc plus on en a (d’amours), plus ça peut être dur de trouver le temps.

    Pour ce qui est des réactions :
    – mon mari l’a dit à sa mère, et ça s’est très mal passé sur le coup. Mais maintenant ça va : peut-être parce qu’elle a vu que ça ne changeait rien.
    – nous l’avons dit à plein d’amis, qui ont dit en gros : « Ah ok, ben si tout va bien pour vous, c’est cool » Il y a parfois eu « ce putain de moment complètement horrible où tout le monde est hyper mal à l’aise », mais dans notre cas ça vient plutôt du tabou sur le couple et les sentiments. Je ne sais pas si c’est pareil pour tout le monde, mais dans mon milieu on ne parle pas trop de son couple (et je ne parle même pas de sexualité), typiquement on nie (par omission) les difficultés de la vie à deux.

    Après, le problème du polyamour, c’est qu’on a de plus en plus de mal à comprendre les films/romans/séries, où tout le monde se prend la tête pour rien ;-) Plus sérieusement, il y a une hypocrisie totale sur la jalousie : on nous apprend que c’est un vilain défaut quand on est gosses et qu’on est jaloux des Playmobils de son frère ; quand on est ados et qu’on est jaloux de ses amis. En revanche c’est très valorisé quand on est adulte et qu’on est jaloux avec ses partenaires : même si on dit le contraire, on fait comprendre que la bonne réaction en cas « d’adultère », c’est d’aller buter tout le monde, sinon on est une mauviette.

  57. Moi aussi j’ai eu droit au « Han je pourrais pas ». Il y a en effet le « je pourrais pas » qui vient naturellement dans une discussion sur le sujet, et qui est respectueux, et le « je pourrais pas » qui cache un peu de dégoût. Et puis, je suis d’accord, sur le « je pourrais pas » que les gens te lancent quand tu mentionnes « mon deuxième copain », ou « ma copine » si tu es une fille. Genre, « -ma petite amie passe me prendre à la gare. -Ta petitE amiE ? Ouais, moi je pourrais vraiment pas coucher avec une meuf, mais tu fais ce que tu veux hein. » quand tu leur demande pas leur avis. J’imagine bien l’inverse, d’ailleurs. « -mon mari vient me chercher à la gare. -ah, mais tu es avec un homme ? Non, tu fais ce que tu veux hein, mais moi je pourrais pas. »

    J’ai évidemment eu droit au préjugé 1 (un ami qui a même appelé ça « polysexuel »), ce qui est d’ailleurs assez ridicule vu que je suis pas très porté sur le cul (je suis pas asexuel mais j’en suis pas super loin). Et pourtant on m’a quand même sorti ce gros cliché, du poly (qui se fait passer dessus par tout le village sauf le train). Et au préjugé 2, 3, 4 (accompagné du présupposé que je ferais des enfants plus tard car tout le monde le fait).

    Sur le préjugé 4 bis (pas vraiment amoureux) j’ai remarqué que ses tenants raisonnent comme si il s’agissait d’un gâteau bien délimité dont il faut découper les parts. Du genre, si tu aimes deux personnes, tu ne peux pas les aimer pleinement, et si tu te mets à en aimer plus une, ça serait forcément aux dépens de l’autre, comme des vases communiquants…
    Et que quand j’aurais trouvé la bonne personne, je penserais pas à regarder ailleurs. D’ailleurs, peut-être que je ne regarderais pas les autres, mais c’est pas ça le problème. La plupart du temps (même en tant que célib) je regarde pas énormément et conclus rarement, mais j’ai aucune envie que ça soit interdit, ni pour mon partenaire, ni pour moi, et qu’on s’en prive si on en a envie. Ca veut pas dire qu’on va FORCEMENT le faire, ou le faire souvent.

    Et puis, il y a d’autres préjugés aussi. Un ami m’a mis en garde une fois, en « blaguant » (à moitié) que « pas touche à son copain ». Oui parce que je suis poly, donc j’allais FORCEMENT être tenté de draguer son mec, et ne pas respecter leur monogamie. (Pour la petite histoire, les seules personnes que j’ai entendues parler de « piquer le mec/la meuf des autres », c’est des monogames. Parce que JUSTEMENT, étant monogames, quand ils veulent quelqu’un en couple ils le veulent pour eux tout seuls, et donc le précédent doit dégager pour laisser la place.
    Je dis pas que tous les monogames font ça, évidemment. Mais (désolé je vais enfoncer une porte ouverte), c’est pas parce qu’on est poly qu’on va se jeter sur des gens qu’on sait en couple monogame, et c’est pas parce qu’on est mono qu’on va pas essayer de se taper quelqu’un en couple (ou pire, de briser son couple pour prendre la place du rival).

    Et la meilleure que j’ai entendue, c’est quand même que le polyamour serait « individualiste » et « consumériste ». Autrement dit, que les polys, plutôt que de « construire quelque chose de stable » (préjugé 4), préfèreraient consommer des relations (surtout du sexe quoi), en faisant évidemment souffrir les autres. Tandis qu’à l’inverse, la monogamie représentait évidemment le choix altruiste de se donner à un autre en particulier, et de limiter sa liberté pour ménager la jalousie et la possessivité de l’autre, par (vrai) Amour pour lui/elle.

    Bref, ça fait du bien de lire ça.

    • « c’est pas parce qu’on est poly qu’on va se jeter sur des gens qu’on sait en couple monogame, et c’est pas parce qu’on est mono qu’on va pas essayer de se taper quelqu’un en couple (ou pire, de briser son couple pour prendre la place du rival) »

      Exactement. Histoire vécue. J’étais en relation avec quelqu’un (de lâche et d’immature certes, vu la suite, ce qui ne m’empêche pas de l’aimer), depuis une dizaine d’années. Nous étions en relation polyamoureuse, nous avions des projets (ce que certains appellent « une relation primaire »). Puis une « mono » a débarqué, et lui a mis la pression pour qu’il me quitte. Ce qu’il a fait (lâche et immature, je l’ai dit plus haut).

      N’assumant pas, il a même pris le soin de raconter plein de mensonges à son entourage sur ce qui s’était réellement passé.

      Ca me rappelle une histoire arrivée à un copain d’ailleurs. En relation poly avec une fille, elle était ravie de pouvoir rencontrer qui elle voulait, mais lorsque c’est lui qui a rencontré quelqu’un, elle l’a quitté et elle a bien pris soin de raconter à ses proches qu’il voyait quelqu’un d’autre….en taisant ses propres relations !

      Bref, oui il y a beaucoup de non-polyamoureux (je regroupe sous ce terme les « mono » mais aussi ceux qui veulent bien avoir d’autres relations, mais ne l’acceptent pas de la part des autres) que ça ne dérange absolument pas de « briser » un couple ou une relation. Ce qu’à mon sens, un polyamoureux ne fera jamais.

      • C’est arrivé à plusieurs personnes que je connais de se faire lâcher pour une relation monogame!
        Je trouve ça dommage, mais bon… En fait ce qui me met mal à l’aise c’est que dans ces situations, la personne monogame aura tendance à se montrer manipulatrice et jalouse… Mais bon je me dis aussi que si la personne passe d’une relation poly avec A à une relation mono avec B c’est que c’est ce qui lui convient mieux, qu’elle choisit en connaissance de cause (même si je trouve très dommage d’avoir à choisir entre deux personnes, et même si personnellement je crois que choisirai toujours la personne qui ne me demande pas de choisir). Après je sais pas si c’est 100% vrai, que c’est un choix libre et éclairé etc, mais je préfère partir de ce principe.

        • Moi aussi, je ne pourrais pas choisir quelqu’un qui me demande de choisir. Ce n’est pas que je choisis l’autre (celui qui ne me demande pas de choisir). C’est juste que je ne *peux pas* choisir ! C’est viscéralement impossible pour moi.

          Pour ce qui est du choix éclairé, quand on connaît quelqu’un depuis très longtemps, on a en général une bonne idée de ce qui guide réellement ses choix…

          • Moi je pourrais pas, simplement parce que demander à quelqu’un de choisir entre lui et quelqu’un d’autre, c’est lui interdire de voir ce quelqu’un d’autre, et cet interdit doit être respecté pour « mériter » la présence/la relation avec la personne qui fait cette exigence. Et moi je ne vois pas pourquoi je devrais accepter ça.

          • Enfin moi, même si je tombe amoureux de quelqu’un qui a déjà une relation par ailleurs (que cette relation soit « primaire » ou « secondaire »), ça me viendrait jamais à l’idée de « pousser vers la sortie le précédent ».

            Je veux dire, en sachant que la personne précédente était là avant moi et devra s’adapter à ma nouvelle présence, alors qu’elle l’a pas forcément désiré (même si elle l’accepte par polyamour), la moindre des choses de ma part, je trouve, serait de faire le max d’efforts pour accommoder cette personne, et non pas de chercher à l’éjecter justement…

          • Moi ce qui me dérange c’est pas tellement ça, c’est de pousser la personne que « j’aime » (ou que je prétend aimer) à se priver de la relation avec l’autre…
            Parce que bon sinon oui c’est pas sympa d’éjecter quelqu’un mais à la rigueur cette personne je la connais pas…
            Enfin tu t’es peut-être mal exprimé ou je suis peut-être parrano mais ce que tu dis ça fait un peu « on se partage la personne parce qu’on est sympa » :) alors que je vois le problème différemment. ça fait un peu « objet » en fait, pour la personne au milieu. Alors que je pense que c’est surtout elle qui subit une forme de violence insidieuse. Puisqu’elle est obligée d’éjecter quelqu’un qu’elle aime. Enfin je dis pas ce que c’est cool pour la personne éjectée hein, c’est une forme de souffrance aussi.

          • Oui, j’ai dû mal m’exprimer, car je considère pas les gens comme des objets ^^ Et on est d’accord. C’est plus « je partage pour ne pas priver mon partenaire d’une relation éventuelle », pas « on se partage notre partenaire commun comme un gâteau ».

            Et je suis d’accord, obliger quelqu’un à choisir, c’est une forme de violence insidieuse. Mais je trouve ça pire quand ça vient de la NOUVELLE personne, qui ARRIVE.
            Je veux dire, si deux personnes A et B sont en relation et que d’un coup, A veut entamer une relation avec une troisième personne C, ça peut être assez dur pour B de s’adapter. Surtout si il a pas été prévenu au départ que ça pouvait arriver. C’est toujours plus dur de s’adapter à un changement brutal dans une situation déjà installée.

            En revanche, la personne C, elle, connaît d’entrée de jeu l’existence de B (sauf si on lui ment mais ça c’est un autre problème), elle n’est pas installée dans une routine protectrice. Donc si C cherche à éjecter B, pour moi, ça fait plus « caprice égoïste », du genre, « j’ai vu un beau gâteau/joli jouet dans la vitrine et je le veux pour moi tout seul donc je vais te l’arracher des mains ». D’ailleurs, quand j’étais en voyage de groupe et que j’entendais des mecs parler des meufs (déjà en couple) qu’ils voulaient « gérer » (comme ils disaient si bien…), c’était exactement ça. Puisque comme tu dis, ils connaissent pas leur rival (ou ne le connaissent que de vue) et donc s’en foutent.

            D’ailleurs il y a souvent des codes qui vont avec « on peut piquer les meufs des autres, mais pas celle de son pote/son frère/son cousin ». Autrement dit, tu peux faire une crasse à un inconnu par caprice mais pas à ton frère, et les mecs/meufs sont des objets à conquérir, conserver et à s’arracher des mains.

            Je suis pas un saint non plus, j’ai déjà été la personne C dans l’histoire (la personne B était au courant de mon existence, ils étaient un couple plus ou moins ouvert, et C acceptait mais le vivait mal), et je me suis pas spontanément effacé et sacrifié non plus, mais j’ai quand même fait de mon mieux pour respecter la relation déjà existante et rendre les choses moins difficiles, parce que c’est pas pour moi que c’était difficile dans l’histoire. C’est de la décence de base, je trouve (mais je dois être idéaliste, ou naïf).
            Et, par ailleurs, j’étais content pour A qu’il ait son copain (B), j’aurais pas voulu le priver de ça, comme tu le dis toi-même.

          • waouuuu !!!
            c’est compliqué le dernier truc là de tonio !
            bon
            je vais prendre un comprimé contre la migraine…
            après je comprendrai peut-être mieux
            je sais pas…

  58. Bonjour elfe,

    Je suis amoureuse d’un polyamoureux et je suis séduite par ton post mais je m interroge sur la « faisibilité » d’une relation polyamoureuse sur la durée. L’ as-tu déjà expériementée? As-tu pu aimer plusieurs personnes pendant longtemps?

    • Je suis polyamoureuse depuis 3 ans environ (avant j’étais en couple libre mais c’était pas exactement la même chose) et j’ai eu plusieurs histoires en même temps… j’ai jamais eu de problèmes particuliers… Mais je pense que chaque cas est différent, il faut voir les partenaires, comment ils gèrent la jalousie, est-ce un problème pour eux, quelle est leur façon à chacun de vivre une relation amoureuse. C’est des questions qu’il faut se poser, peut-être. Mais enfin bon y a pas que moi d’ailleurs, y a plein de gens qui vivent le polyamour à leur façon.

      • euh… c’est pas pour contredire, mais le terme de gérer la jalousie, ça m’embête : gérer, ça fait très néolibéral. moi je préfère le terme de régulation voir d’adaptation au sens neurobiologique… pas au sens administratif d’obéissance à des règles autoritaires. au sens de structuration dynamique entre plusieurs affinités et activités…
        voilà
        n’empèche, je pense que de changer ce genre de vocable, ça induit aussi à regarder les phénomènes de façon très différente…
        et puis aussi de regarder la question, le phénomène de la jalousie de façon matérialiste et pas de façon éthique qui à mon avis encombre depuis très longtemps les esprits. ça dédramatise peut-être un peu les représentations de soi et de l’autre…
        finbon, j’dis ça facilement dans le sens où je n’ai rien de comparable à vivre et ne suis donc qu’observateur.

        • je sais pas, j’ai jamais vraiment été jalouse dans mes relations amoureuses, alors je sais pas trop quels termes utiliser.

      • Je conseille :
        « Aimer plusieurs hommes » ou « Le guide des amours plurielles » (pour ma part j’ai préféré le premier) de Françoise Simpère, qui a entre 30 et 40 ans de recul sur la question…

        « La Salope Ethique » que je n’ai pas lu en entier mais qui est encensée par beaucoup de polyamoureux et qui a été traduite en français cette année (sinon il y a la version originale en anglais).

        « Polyamour, la magie des amours multiples » d’Yves-Alexandre Thalmann.

        Tous ces auteurs ont du recul sur la question il me semble…et donc OUI, ça peut fonctionner à long terme.

        • Je confirme que « la salope éthique » est vraiment bon et qu’il ne faut pas se laisser rebuter par le titre qui pourrait être jugé provocateur. Ce qui est intéressant, c’est que les auteures (qui ont une solide expérience) sont parties d’une démarche féministe, étant, en tant que femme, de revendiquer de pouvoir vivre la sexualité qui leur plait. Et puis, elles se sont rendues compte que pour aboutir à des rapports durables et satisfaisants, cette liberté devait être assortie d’une certaine éthique relationnelle (d’où le titre du livre); éthique qui a plu au milieu polyamoureux américain qui en a fait un de ses livres de référence.

          Comme autre livre intéressant mais avec une objet un peu plus large que le polyamour stricto sensu, je conseillerais aussi « Bienheureuse infidélité », de Paule Salomon.

  59. On est d’accord, fuir la norme et tous ceux qui la vivent au quotidien n’est pas un projet viable. Et à moins d’être assez nombreux à considérer la situation insupportable, ça ne vaut pas la peine de faire sécession (surtout s’il s’agit d’améliorer nos relations, couper les ponts avec de nombreuses personnes serait complètement contre-productif).
    Reste à convaincre.

  60. Bon. J’ai bien essayé de me taper la lecture de tous les commentaires, mais je ne suis pas assez maso pour ça. Je ne retiens qu’une seule chose: c’est fou comme on est obligé de justifier chaque propos sortant du cadre hétéronormatif. Les hétéros monogames nous parlent sans arrêt de leur cul ou de leur vie affective, leur discours est partout et de façn tout à fait anodine, mais les déviants doivent expliquer l’intérêt de mentionner leur vie « intime » dans une conversation, expliquer le contexte afin que d’autres puissent juger si cela était vraiment pertinent ou juste de la provoc’.
    Navrant.

  61. coucou

    1 protestation :
    je reçois plus de notifications facebook sur tes nouveaux articles :(

    1 question:
    c’est quoi l’amour pour toi? ( c’est pour mieux te manger mon enfant, ho ho ho, je rigole c’est pour mieux comprendre, avoir une idée élargie de l’amuuuurr)

    1 conseil
    interpreter un silence, un regard, ou même une intonation c’est hasardeux ( et non je dis pas que t’es parano, non non non)

    1 incompréhension
    c’est pas la première fois que je tique sur ça, et j’interprètes surement quand tu dis  » le devoir mégachiant des couples mono de passer tel X temps » j’extrapole surement mais…t’as pas envie de passer X temps avec ton/tes amoureu/x ? ça renvoie à la question amour…tu me donnes l’impression d’être une femme détachée de toutes démonstrations d’amour…comment tu fait? dans ma tête grosso merdo c’est  » pas de démonstration d’amour= pas d’amour » donc yé souis un peu perdue là… car pas de temps passé ensemble= relation virtuel…

    merci :)

    • Je comprend pas le lien que tu fais entre démonstration d’amour et entre obligation de démonstration d’amour, ou encore entre devoir de passer X temps ou envie de passer X temps… La différence me parait on ne peut plus claire, je dirais que la réponse est dans la question… Sinon je n’ai pas très envie de m’étaler ici sur ma vie privée donc bon…

  62. Intéressant article. J’avais déjà ouï parler du polyamour, de loin comme ça et du coup aujourd’hui je le cerne un peu mieux (évidemment sans prétendre avoir tout compris). Ceci étant je me retrouve à me poser énormément de questions diverses, variées, pertinentes ou non.

    Est-ce que le polyamour serait le statut « normal » d’un être humain si on déconstruisait tout le bagage socio-culturel accumulé ? Autrement dit, est-ce qu’on ne devrait pas par défaut être libre d’aimer tous ceux qu’on a envie, sans pour autant avoir besoin d’aimer plus d’une personne (voir aucune) ? Malheureusement si j’ai bien compris cette liberté pose problème au moment ou l’amour est partagé avec des personnes qui ne supportent pas que l’être aimé soit polyamoureux. Cette souffrance vécue est-elle induite par la culture (ce qui ne rend pas moins la souffrance réelle) ou y a-t-il vraiment des personnes qui ne peuvent s’épanouir amoureusement qu’à travers une relation exclusive ?

    Cette dernière possibilité me pose problème. Autant j’arrive facilement à concevoir le polyamour comme naturel et logique dans le fond, autant je n’arrive pas à le percevoir comme compatible avec le fait qu’il puisse interagir avec les relations exclusives. Bon ok, j’ai l’air chelou à dire ça, laissez-moi continuer. Si on part du principe qu’un polyamoureux peut tomber amoureux d’une personne qui ne vit son amour qu’à travers une relation exclusive (c’est quoi le terme, monogame ?) et vice et versa. On peut s’attendre à ce qu’il y ait un problème à un moment donné non ? Après je suis un bisounours et j’ai tendance à croire que la nature a bien fait les choses donc cette situation ne devrait pas arriver. Donc où se situe la couille dans le pâté ? Est-ce que je pose les mauvaises questions ? Est-ce qu’une subtilité m’échappe ? Est-ce que la monogamie exclusive est purement socio-culturelle ? Est-ce que je me pose trop de questions ? Probablement mais en ce moment je suis en période interrogative.

    On parle de polyamour mais dans le fond si on y réfléchit, n’est-on pas déjà de base tous polyamoureux ? Est-ce que les sentiments d’amitié, de camaraderie, de lien familiaux ne sont pas au final que de l’amour que l’on porte à toutes ces personnes ? Ou est-ce que le terme polyamour a une utilisation restreinte à un certain cercle d’intimité à l’intérieur duquel les personnes qu’on y place ont un statut spécial « d’amoureux » tout comme on place un statut spécial sur le partenaire d’un couple pour faire une analogie monogame (je ne sais pas si elle est valable, on me corrigera au besoin) ? Personnellement j’ai tendance à ne pas trop aimer cette tendance à définir des « cercles » d’amitié/amour. Je vois plutôt chaque relation avec une personne qui m’est chère comme une relation d’amour unique avec cette personne. Cela correspond plutôt bien au fait que chaque personne est unique.

    Tout ceci me fait également m’interroger sur ma propre expérience. J’hésite à en parler mais après tout je suis plutôt anonyme ici alors bon… Et peut-être que le simple fait de poser à plat m’aidera à y voir moi-même plus clair sans forcément avoir besoin qu’on m’apporte des réponses.

    J’étais en couple « standard » avec une chic fille qui un jour me dit qu’elle est amoureuse d’un autre gars ou du moins qu’elle pense l’être. C’est toujours difficile de distinguer les sentiments. Mais bon, que ce soit passion passagère ou amour, en tout cas c’était là. Je lui dis que de toute façon je ne suis pas là pour contrôler ses sentiments (même si je le voulais je ne pourrais pas) et donc « bah ok whatever ». Je ne suis vraiment pas quelqu’un de jaloux et j’ai fini par apprendre que je ne pouvais être la source unique de son bonheur (ça parait con mais quand on a de fausses idées dans le crâne il faut faire du travail pour s’en débarrasser). On aurait pu s’interroger pour savoir si c’était un cas de polyamour.

    Bon au final il s’est avéré après avoir creusé un peu qu’elle n’était plus amoureuse de moi (de ses propres mots). On peut se poser la question, est-ce que c’est parce qu’elle est tombé amoureuse d’un autre homme qu’elle ne m’aime plus ? Polyamour = division d’amour ou multiplication d’amour ? Honnêtement je pense que son nouvel amour est plus un symptôme qu’une cause. Après en ce qui concerne les causes, on pourrait passer sa vie à les chercher ou à imaginer les mille choses qu’on aurait du faire différemment, on n’aura jamais plus que des doutes et des suspicions. Ceci étant je m’interroge pour savoir si effectivement elle serait tout de même polyamoureuse ou non et par extension est-ce que nous ne le serions pas tous par défaut ? Cette fille étant à la base plutôt une monogame convaincue, le fait que cette situation soit survenue est soit une révélation, soit une envie féroce de me fuir (ce qui est toujours une possibilité mais j’émets des doutes).

    En bref on s’est retrouvés dans une situation où je l’aimais encore mais où elle ne m’aimait plus que comme un ami et que le déséquilibre générait de la souffrance. Du coup nous nous sommes séparés et désormais nous sommes amis parce que quand même nous nous entendons vachement bien. Toutes ces réflexions me ramènent à me demander est-ce qu’il faut mettre un statut spécial sur l’amour où est-ce qu’il y a simplement autant d’amours qu’il y a de relations avec des personnes et que ces amours varient dans le temps ? J’ai toujours du mal avec cette « limite ».

    Quand j’ai lu l’article et que j’ai vu la partie sur « HAN, MOI JE POURRAIS PAS », je me suis retrouvé à me poser la question : « Est-ce que moi je pourrais ? ». Je me demandais, est-ce que je suis normal de ne pas être polyamoureux ? Peut-être que je le suis mais que je l’ignore ? Peut-être qu’en fait c’est une question complètement idiote :p. J’ai passé pas mal de temps ces dernières années à me déconstruire, et en fait je ne sais plus vraiment où j’en suis. Des fois j’ai envie de reprendre des repères arbitraires rien que pour me rassurer, par exemple un couple monogame qui épongerait un peu la crise de confiance en moi que je traverse, mais en même temps je me dis que ce n’est pas une bonne idée. Après je me dis que je m’interroge trop et que je devrais laisser les choses se faire.

    Rien à faire, c’est extrêmement con mais j’ai une sortie d’envie viscérale de donner de l’amour. Comme si j’étais un distributeur d’amour qui avait fait de la rétention jusque là (heu, je ne parle pas de sexe hein, pour préciser). Comme si j’avais besoin d’éprouver ma capacité d’aimer. Tiens d’ailleurs il y a sûrement de ça, je m’en rends compte en écrivant. Je m’outre un peu (comme une loutre mais pas pareil) de ce genre de pensées car j’ai l’impression d’être trop égocentrique à penser comme ça. Mais en même temps je sais que je me préoccupe vraiment des gens et que je suis capable d’aimer pleins de personne différentes (pas forcément en même temps hein). Suis-je polyamoureux, le sommes-nous tous ? En tout cas je suis sûr qu’il n’y a pas l’Unique. Conséquemment il y a plusieurs uniques. Y’a-t-il une logique derrière tout ça ? Ou est-il simplement 4h du matin et je me masturbe mentalement sur mon commentaire (bouh le gros dégueulasse) ?

    Wahou je n’ai pas été raisonnable et j’ai écrit beaucoup plus que prévu. J’espère ne pas avoir été trop hors sujet ou trop incohérent (sinon fouettez-moi). Et bravo à tous ceux qui sont arrivés jusqu’au bout.

    Pour les récompenser : un bonbon végan.

    • Pour répondre en vitesse (j’ai pas beaucoup de temps), je pense que ni le polyamour, ni le monoamour ne sont « naturels » chez l’humain, ni innés. La sexualité et l’affectivité humaines se développent au sein d’un groupe, avec une culture. Un humain tout seul, ça n’existe pas, ou du moins si ça existait, ce ne serait pas un être « naturel » qui exprimerait un hypothétique comportement inné non dénaturé par la culture, mais au contraire une personne profondément perturbée et malade, car un humain n’est pas fait pour vivre hors d’un groupe social (désolée pour cette formulation finaliste). On a besoin de socialité pour vivre et toute société humaine produit une culture. L’amour prend différentes formes qui sont toutes apprises au cours de la vie, ne serait-ce que dans la prime enfance (j’ai tendance à penser que si on n’a pas été aimé petit on est incapables de donner de l’amour par la suite).

      Sinon je peux pas trop répondre à tes questions, je pense que ça dépend des gens. Certains peuvent aimer plusieurs à la fois, d’autres non. Quand même pour donner un début de réponse, je me demande si ce n’est pas le modèle social monogame qui fait en sorte que, au moins pour certaines personnes, il soit impossible d’être amoureux de plus d’un partenaire. On te martèle que l’amour est comme ça, au final c’est ce que tu t’efforces de ressentir, sans même t’en rendre compte, et ça marche. Pour moi, dire qu’on ne peut pas être amoureux de plus d’une personne n’a pas de sens, parce que quand on est amoureux de plusieurs personnes, on est amoureux différemment de chacune d’elles. Et d’ailleurs même les monoamoureux l’expérimentent, puisque la grande majorité d’entre eux sont amoureux de plusieurs personnes successivement au cours de leur vie. (voir à ce sujet le blog de zerh: http://pimentduchaos.wordpress.com/ il fait remarquer que presque tout le monde est polyamoureux, mais que la plupart des gens ne le sont pas en même temps, je trouve cela assez juste)

      • Hum c’est vrai que je n’avais pas vu l’angle d’approche comme quoi tous les monoamoureux peuvent être amenés à avoir des amours successifs. Par contre j’ai un peu de mal avec les différentes formes d’amour qu’on apprend au cours de la vie. Est-ce que tu entends par là l’amour qu’on donne à un enfant, l’amitié, l’amour intime, etc. ? Ou est-ce autre chose ?

        Sinon ne te soucie pas trop de répondre à mes questions la plupart sont là surtout pour aider à réfléchir et ne demandent pas forcément de vraie réponse.

        En tout cas ton analyse est intéressante, merci.

  63. Chouette article, surtout que quand tu es poly-amoureuse ET bisexuelle, là la personne d’en face s’empresse de dire « HAN JE POURRAIS PAS » – et « MOI J’SUIS HÉTÉRO » en plus si c’est une fille.

    Enfon voilà, j’ai la flemme de lire tous les commentaires, mais en tout cas je regrette que notre société soit aussi coincée du c… gosier !

  64. Bonsoir !

    Je tiens déjà à vous remercier pour ce blog, que j’ai découvert il y a quelques jours et dont je dévore les articles. Enfin je vous remercie moins pour ce dernier point, parce que maintenant je ne sors plus de chez moi… Et je suis encore loin d’avoir fini de tout lire !

    J’arrive peut-être avec mes gros sabots, mais la question du polyamour m’a toujours intéressé, certainement dû au fait que je ne sais pas moi-même si j’en suis.
    Ce qui m’amène à poser une question d’ordre beaucoup plus pratique, et qui me trotte à chaque fois que je pense à ce sujet : comment ça s’annonce à notre/nos heureux élus ?? Est-ce qu’il y a, une sorte de gang des polyamour, où on peut se reconnaître avec un signe distinctif (bon là je trolle) ? Est-ce qu’on l’annonce au moment où la déclaration est faite ? On tâte le terrain avant, en en parlant l’air de rien, au risque d’effrayer la personne qui nous intéresse alors que ça aurait pu donner une bonne relation si on y avait été progressivement ? Ou alors après la relation entamée, au risque que le partenaire aie le sentiment d’être dupé ?

    Je me rends compte que mes questions semblent un peu naïves, et que finalement elles peuvent se poser pour toute sexualité considérée comme originale (cf. homo, bi, etc…) -je dis original car je n’aime pas déviant, trop péjorativement connoté.
    Mais voilà, je me demandais comment ça se passait « en vrai ».

    Voilà, au plaisir de vous relire !

    • Un gang? heu j’en ai pas la moindre idée… Moi j’ai toujours été honnête avec les gens en leur disant que je n’aimais pas la jalousie, que je ne suis pas jalouse moi-même, que j’ai telle ou telle autre personne dans ma vie… Après je sais pas, j’ai pas beaucoup de relations sérieuses, donc bon… J’ai eu surtout beaucoup d’aventures, parfois ma « particularité » a posé problèmes, d’autres fois non, mais j’ai toujours pensé que quand cela posait problème c’est que la relation n’était pas faite pour moi.

      En tous cas j’ai jamais eu de problème pour en parler, je pense que ça fait simplement partie de ma façon d’être.

  65. Quel plaisir de te lire… Cela alimente ma réflexion sur le sujet. Non, je ne me sens pas anormale. Oui, c’est parfois compliqué à gérer. Tout comme une relation monogame.
    Et oui, il est difficile d’en parler. Parce que je ne trouve pas toujours les bons mots, ceux qui ne vont pas choquer l’autre. Ceux qui vont lui permettre d’ouvrir sa réflexion. Je ne parle pas de prosélytisme. Je parle juste d’acceptation, de respect.Je me moque de convertir le monde entier au polyamour, je ne suis pas gourou dans l’âme.
    Mais, pouvoir juste en parler sans me sentir considérée comme quelqu’un de vraiment très bizarre et pervers, ce serait bien.

  66. rho le « tu changeras d’avis » qu’est ce que j’ai pu me l’enquiller cette réplique…double facepalm.

    En fait ses préjugés on s’y attend, on les connait et tout, mais quand on les entant en live et qu’on les relit 3,4 jours après sur le blog ça fait pouffer de rire. haha

    • N’ayant jamais voulu me marier ni avoir d’enfant … je l’ai bouffé aussi celui-là ;) En plus de ça…. être poly! Je suis vraiment un cas désespéré pour eux lol.

  67. Salut !

    Mon ressentis à cette lecture : je trouve tes propos un peu fataliste voir même paranoïa (surtout au début). Alors certes, tu pars de ton vécu, et il diffère forcément du mien, donc on arrive pas à la même analyse.

    Oui, j’ai eu beaucoup de difficulté à pouvoir en parler aux autres, et d’autant plus à me faire comprendre, et encore plus à être toléré. Ca m’a pris quelques années pour apprendre à trouver les mots, les analogies, permettant d’exprimer mon rapport à l’amour, à l’affection, à l’amitié, à la sexualité.

    Mais une fois ce gros travail de fait, c’est devenu plus facile pour moi.
    Je suis un mec, et j’en bave à mon sens autant que les femmes. On dit souvent que les mecs sont vus comme des DonJuan et les femmes comme des Salopes, mais pas dans mon entourage ; j’étais vu comme un Connard incapable de respecter les femmes. Depuis, illes ont eu un tas de contre-exemple et ça relativise leurs préjugés.

    Désormais, les gens avec qui j’en parle n’ont plu ces réactions de défense qui protègent leurs croyances. J’arrive à expliquer la compersion, l’utilité du sentiment de jalousie pour nous renseigner sur une insécurité affective par exemple, j’arrive à expliquer que mon coeur se multiplie comme lorsqu’on a plusieurs enfants, j’arrive à expliquer que c’est mes propres ressentis hérités de mes propres expériences personnelles, j’arrive à expliquer que c’est un schéma sans modèle pré-construit -sans case- sans obligations, j’arrive à expliquer la notion de fidélité-à-soi, j’arrive à expliquer la compatibilité avec la vie de famille, …
    Et ça, sans utiliser ces fameuses étiquettes libertinage/polyamour/lutinage [sauf quand on me pose des questions de plus en plus précises].

    Désormais, j’ai quand même quelques types de réactions/réponses récurrentes :
    – « je comprends pas » : que j’interprète par : ça ne m’intéresse pas, je ne veux pas en savoir plus, ton intimité ne regarde que toi.
    – « je comprends pas, ça veut dire que si… » : que j’interprète par : expliques-moi davantage, j’en suis curieux, donnes moi quelques exemples.
    – *l’humour avec des blagues à 2 balles » : que je traduis par : j’ai pas envie de parler sérieusement de ça, parce que ça remet en question mes croyances, et j’accorde pas de sérieux à ce genre de sujet [très fréquent dans les milieux alternatifs puisqu’on rentre dans un paradoxe entre leurs valeurs et leurs pratiques]
    – « aaaah j’adore, mais je peux pas » [après de longues discussions] : que j’interprète par : je t’admire, en théorie j’aimerai vivre mes relations comme ça aussi, mais en pratique mes émotions -ma jalousie- n’en empêche.

    • T’es tellement mieux que moi, merci de venir juger la façon dont je vis ça, que ferais-je sans toi?

  68. Ping : Polyamour | Pearltrees

  69. J’adore !
    Tout à fait pertinent, ô combien sensé, tellement réaliste …. et drôle !
    Ta plume me fait penser à la mienne et ton humour et aussi décapant que celui que j’aime pratiquer ^^ Au plaisir de faire ta connaissance, car j’y vois là de futurs splendides échanges entre malicieux-ses lutin-es ;)

  70. Bonjour,
    Merci de ce blog, j’apprécie beaucoup. J’ai une question de clarification, j’espère rester bref…

    Tu as écrit (on se tutoie ici ? J’ai l’impression qui oui, mais je suis anglophone et nous ont évolué d’autres manière de se compliquer la vie que vous et tu)

    « Dans une relation il y a un contrat, et quand on signe un contrat on met pas un revolver sur la tempe de l’autre pour lui faire signer. Donc on se met d’accord et on ne se contente pas de dire « si ça te fait souffrir c’est ton problème et je m’en fiche, c’est ça ou rien ». »

    Oui, on peut se mettre d’accord pour ne pas dire comme mettre un pied dans le ventre. Mais il arrive qu’une personne poly rencontre une personne monogame, et bien qu’on explique les choses au début, il arrive plus tard que le/la mono ne supporte pas le poly-tude de l’autre. Et là, très difficile d’éviter une situation où on croise des ultimata : « tu arrêtes de voir des autres où je m’en vais » (parce que je souffre) et « tu acceptes que je voie des autres, sinon que tu me laisses tranquille » (parce que la monogamie, ça me rend misérable). Car je ne vois pas que l’un de ces deux phrases soit plus raisonnable que l’autre… ?

    Merci et bonne soirée,
    G

  71. Petit dernier pour la route: personnellement, j’ai toujours eu du mal avec les « polyamoureux » et les libérés sur le plan sexuel parce qu’ils ont toujours été les premiers à me traiter de coincée et compagnie (alors que je ne leur demandais rien).
    Alors qu’à la base je suis plutôt du genre « chacun fait comme il veut tant que ça le rend heureux et qu’il ne fait de mal à personne », je m’en suis tellement pris plein la tronche que quand je suis face à quelqu’un de (disons) à l’aise avec sa sexualité (dans un sens moins formel avec le couple traditionnel et tout ça tout ça) je sers les dents et suis un peu sur la défensive parce que je pressens le moment où on va dire que je passe à côté de la vie…

  72. Ping : Quatre préjugés sur le polyamour ...

  73. Aaah, bon. Et bien écoutez moi je suis en plein dedans, ma compagne a rencontré un autre homme et désire nous aimer tous les deux, et moi je veux pas. Voila. C’est pourtant simple! Pourtant l’année passée je me suis aussi posé la question, sous l’influence du sentiment amoureux. Bref. Ce qui me dérange parce que faut pas croire, c’est dur, et je cherche, et je fouille en moi aussi, et j’ai aussi rencontré l’autre homme etc… c’est les quasi incessants arguments contre le couple. Mais moi je me retrouve pas dans ces contres arguments! Du tout! J’ai au contraire l’impression que sous l’influence des douleurs de la difficulté de l’engagement, ce qui quand on fait des enfants est DE FAIT (la base sexuelle c quand même celle là quoiqu’on dise), on sait plus ou l’amour est parti. Mais ou il est! Et pis toi je te vois plus, et tu me vois plus non plus, et au fait jsuis qui maintenant? et toi t’es qui? On se connait?

    Il y a à moin sens dans le couple quelque chose de beaucoup plus profond avec lequel on est plus du tout en phase, qui est complètement égaré, rayé de nos disques durs et qui se situe encore bien au dessous les résidus moraux. Si l’amour avait un visage ca se saurait, ce que j’observe c’est que des 2 « côtés » il y a cette volonté de se rassurer, cette volonté de douceur et de stabilité. Oserais-je dire cette volonté de « foyer ».

    Je crois qu’il faut faire attention et bien mesurer ce qui se passe, parce que tout est contagieux. Quand une relation passe au poly amour, elle pousse forcément les rencontres qui viendront à basculer de ce coté, pourquoi? si un « mono » rencontre un « poly » alors forcément il deviendra « poly ». Et pourquoi un « poly » ne deviendrais pas « mono »? Hmm?

    Ces limites dans l’amour sont quelque part très déroutante, et personne ne peut blâmer quiconque de son rêve d’enfant, son rêve de lumière, et surtout d’avoir envie de le vivre. Je crois pas que ca soit une affaire de poly/mono. On peut s’engager en couple dans la plus grande liberté, ce qu’on ne sait pas, c’est le défi qui sera demandé, mais je pense que c’est pareil en poly. L’amour quelqu’il soit ça s’entretient, ca se découvre, ca s’approffondit. J’ai la porte ouverte pour passer de mono à poly. Mais quelque chose me dérange. Il y a quelque chose de faux dans l’un comme dans l’autre et qui s’échappe sans cesse. Il y a une réponse plus grande que soi, et qui nous dépasse. Quelque chose qu’on ne maitrise pas, et qui n’est pas non plus la sensation de « ne pas maitriser » en laissant le sentiment amoureux (et non pas l’amour) circuler entre les êtres, car quelque part cette non maitrise au fond, c’est encore un peu de maitrise…

    J’ai l’impression d’un glissement, mais la blessure, la breche intérieure elle demeure. C’est cela qui me chagrine, car je croirai au polyamour le jour ou une personne totalement éveillée vivra de la sorte. En général on assiste plutot dans ces cas là à une union intérieure qui est sans besoin d’union amoureuse extérieure.

    • Tu poses des questions intéressantes quand tu demandes «  »si un « mono » rencontre un « poly » alors forcément il deviendra « poly ». Et pourquoi un « poly » ne deviendrais pas « mono »?
      Mais tout d’abord je ne pense pas qu’un mono DOIVE devenir poly. De toutes façons ce n’est pas forcément toujours possible. Pour faire simple si quoi que tu fasses, quels que soient les efforts que tu es prêt à fournir, être poly te fait souffrir, alors ce n’est pas fait pour toi. Même chose pour être mono d’ailleurs. Si malgré tes efforts tu es malheureux, alors tu n’as pas à te forcer à être malheureux. Idéalement personne ne devrait se forcer à quoi que ce soit. On peut même être totaement en accord avec les principes du polyamour et ne pas pouvoir le vivre parce qu’on fonctionne, à un niveau plus profond, en monoamour . Maintenant dans la réalité quand un poly et un mono s’aiment d’amour que fait-on? je ne sais pas, je n’ai pas de réponse, ça dépend des gens, des situations, etc etc, c’est compliqué… Je ne peux pas dire pour les gens.
      Par contre quand tu dis « je croirai au polyamour le jour ou une personne totalement éveillée vivra de la sorte. « , j’ai un peu l’impression d’un préjugé. En quoi les polyamoureux ne seraient-ils pas « eveillés »? En quoi? Je ne suis pas sure de comprendre.
      (et rien à voir mais ta situation ou en tous cas les mots que tu utilises pour la décrire me font un peu penser à cette chanson https://www.youtube.com/watch?v=pEWwZLDUy9g&index=25&list=PL94B6859E990C1C7E et je ne suis pas sure que ce soit uniquement une question de polyamour)

  74. Je crois aussi que l’amour c’est aussi quand le coeur et le désir sont réunis et fonctionnent en harmonie, ce qui n’est plus le cas, pour tout un tas de raison. Le polyamour à mon sens permet d’éviter les flêches qu’on a fichée dans la chaire, et fait plutot office de pommade apaisante que d’arrachage de corps étranger.

  75. Ce que je veux dire c’est qu’un mono s’il aime un poly il devra devenir poly aussi ou il ne pourra pas l’aimer ou alors son amour sera grand et mystique, par contre est-ce qu’un poly a déjà arreté d’etre poly par amour pour un mono? bref on s’en fout. Je sais pas si je suis mono ou poly, ce que je vois est propre à notre relation et derrière les « façons d’aimer » il y a des gens et leur intérieur. Moi j’ai pas le choix, j’ai un enfant, je ne peux qu’accepter ce qu’elle choisit, elle ne reviendra pas en arrière, la seule chose que je puisse faire c’est d’y aller moi aussi, ou bien une séparation, quel choix!:) Ou est l’amour ici? je vois pas… Elle n’aime plus qu’une partie de moi, et ces « parties » me genes énormément, on a l’impression d’un arrangement… Quand on est dans la nature on est parfois forcé d’accepter de ne pas avoir ceci ou cela. Le polyamour me fait penser à ça, j’ai pas donc je veux, le désir est maitre et le coeur suit comme il peut.
    Par contre dire « je suis comme ceci c’est ma nature » je suis plus méfiant. L’humain est assez profond pour se perdre en lui même, et l’amour assez vaste pour épouser toutes les formes.

    • « est-ce qu’un poly a déjà arreté d’etre poly par amour pour un mono? »
      Oui ça arrive souvent.
      Si tu penses que ta compagne ne t’aime pas et ne te respecte pas… Alors pourquoi es-tu avec elle… (ce n’est pas une question à laquelle tu dois répondre hein, c’est pour toi que je demande ça, enfin tu peux y répondre mais pas besoin de me le dire à moi je veux dire). Quand on a un enfant on a surtout à lui montrer que le bonheur est possible je crois. Pas forcément à rester ensemble quoi qu’il arrive.
      Enfin quelque chose me gène dans ce que tu dis c’est que tu considères que ta compagne ne t’aime plus assez et que c’est pour ça qu’elle a besoin d’aimer ailleurs.
      Enfin après tout c’est possible que ce soit vrai (ou pas). Mais « le polyamour » ce n’est pas ça.

  76. Bonjour

    Un petit message pour signaler un préjugé 4-ter: l’incompréhension totale. Je veux bien te croire, et ce n’est pas une faveur: si tu le penses et que tu l’écris, c’est que c’est vrai.

    J’ai eu la chance d’être amoureux une fois (ce qui est mieux que zéro, mais nettement moins bien que 5 ou 6), et c’était pareil en face. J’oubliais: je suis un homme de 50 ans hétéro tout à fait standard. Hé bien nous étions complètement TARÉS. On ne pensait qu’à l’autre, tout le temps. Il fallait qu’on se touche, la main, l’oreille, l’épaule, le pied, n’importe quoi. Le sexe, c’était comme respirer ou boire. Nos amis nous prenaient pour des télépathes, nous pensions la même chose au même moment, l’un finissait les phrases de l’autre. Toujours ensemble, sauf au boulot. Et pas le temps de faire autre chose que de s’aimer.

    Je n’arrive pas à imaginer comment il est possible d’avoir un autre amour en même temps. Ou alors c’est ce que l’on appelle un ménage à trois, et sans connotation graveleuse dans mon esprit, à trois simplement parce que ce n’est pas possible de vivre autrement.

    Bref, cela me semble très étrange, ce qui peut expliquer les réactions du genre « c’est pas le vrai Amour ».

  77. Ping : Amour libre et féminisme » Collectif Debout!

  78. Je ne sais pas si tu prendras le temps de répondre à mon commentaire (ou même si tu le verras) vu que l’article n’est pas tout récent. Je suivais régulièrement ton blog il y a qlq années et puis je ne sais plus pourquoi, je l’ai perdu de vue. Et je suis retombée dessus il y a 2 jours au hasard d’une recherche. Les choses sont parfois bien faites :)

    Bref, je suis dans une relation de couple « classique » depuis maintenant 1 an, mais pour diverses raisons et suite à des expériences passées (pas très heureuses d’ailleurs), ton article m’a bcp intéressé, et il m’a amenée à me poser pas mal de questions. J’espere que tu n’y as pas déjà répondu, mais il y a tellement de commentaires… Sincèrement au début je voulais tout lire mais c’était un peu long et redondant, du coup j’ai préféré écrire mon commentaire avant de m’endormir sur mon clavier.

    Donc le « polyamour »… Je trouve le terme plutôt joli (même si au début ça m’a fait penser à « polynectar », j’avoue -_-‘). En ce moment on entend bcp parler de « sex friends ». Tu y vois des similitudes ou pas du tout? Pcq c’est certes explicitement orienté « sexe », mais au final bcp de gens mettent cette étiquette sur ce que toi tu nommes + joliement polyamour. Je connais plusieurs personnes qui ont de vrais sentiments pour leur(s) sex-friend(s) mais ne veulent simplement pas avoir de comptes à rendre, ou alors veulent se réserver la possibilité d’aller voir ailleurs.

    Après, je me demandais si cette sexualité « alternative » t’étais venue suite à la façon dont tu as pu vivre des expériences « classiques » avant, ou si tu as toujours été dans cet état d’esprit? Pcq personnellement si je te disais (admettons) « hannn moi je pourrais pas », ça serait plutôt comme certains l’ont fait remarquer une manière de dire que je trouve ça super chouette mais que je n’arriverais pas à occulter mon sentiment de jalousie. Est ce qu’on naît polyamoureux ou est ce qu’on peut le devenir?

    Je parle en connaissance de cause: j’ai été en couple avec un homme qui se disait « libertin » pendant presque 1 an. Il m’a clairement expliqué que moi aussi je pouvais aller voir ailleurs, et que ce mode de fonctionnement n’enlevait rien à son amour pour moi. Mais rien à faire, j’ai eu beau cogiter là dessus pendant des lustres et être parfaitement OK sur le pourquoi du comment, je n’ai jamais pu m’y faire, ni aller voir ailleurs même si une autre personne m’attirait (physiquement et/ou en termes d’affinités). J’étais perpétuellement triste, et c’est peut être un peu réac comme point de vue mais qd je suis en couple avec quelqu’un, j’ai besoin de sentir que pour « l’être aimé » je suis spéciale, besoin de savoir que ce que nous vivons ensemble ne pourrait pas exister avec quelqu’un d’autre…

    Je ne sais pas si je suis très claire. Ce n’est même pas un besoin de possession de la personne, c’est + dans mon cas je pense une quête de reconnaissance. Comme si savoir que je suis quelqu’un de bien / unique / désirable / etc (au choix) ne me suffisait pas, et que j’avais besoin de son écho dans les yeux d’une personne pour être comblée.

    Je suis aussi tombée il y a quelques années amoureuse d’un « polyamoureux ». Ca n’a pas été simple. Lui aussi m’a donné des arguments à la pelle, et en + j’étais déjà convaincue… Mais incapable de le faire moi-même. Du coup nous nous sommes vu pendant longtemps en temps qu’ « amis très proches ayant parfois des relations sexuelles ensemble ». C’était moins douloureux pour moi de savoir qu’il avait d’autres relations à partir du moment où nous n’étions pas « officiellement » en couple… A une période on a même essayé d’être un couple malgré ça. Je faisais tous les efforts du monde, je me disais « mais enfin c’est quoi ton problème?! Tu comprends son point de vue, tu es d’accord avec lui, tu voudrais faire pareil et il t’en donne la liberté, alors POURQUOI tu es tellement triste chaque fois que tu l’imagines avec une autre fille?! »

    Je n’ai a ce jour jamais réussi à « débloquer » ce qui coinçait chez moi. Depuis je m’épanouis en couple « classique », mais c’est vrai que, même si c’est parfaitement vivable, parfois je me sens comme dans un pull trop serré…

    Enfin une dernière petite question (c’est peut être un peu naïf mais bon, je me la pose quand même): est ce que ça t’a parfois semblé difficile de rencontrer un(e) partenaire avec ces critères? Pcq c’est un fait, la majorité des gens ont une vision « classique » du couple, et ce n’est pas écrit en rouge sur le front des autres « polyamoureux ». Peut être pas toi, mais ça doit bien arriver régulièrement à des polyamoureux de tomber sur des « amoureux uniques »! J’ai le sentiment que ça doit être un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin! :)

    Voilà, je pense que le + gros de ce qui tourbillonnait dans mon esprit est sorti. J’espere que tu verras ce commentaire, et dans tous les cas bravo pour ton blog et la qualité de tes articles, on se sent + riche en repartant d’ici…

    • Je ne sais pas trop comment te répondre, tu poses des questions un peu compliquées…
      En ce qui concerne mon expérience, oui j’ai toujours été dans cet état d’esprit, même si j’ai vécu quelques années en couple classique parce que j’étais avec un monogame convaincu et que je ne savais pas que des alternatives existaient. Mais je n’étais pas jalouse et je ne l’ai jamais été. Non pas que je n’ai pas, je te cite, « besoin de sentir que je suis spéciale, besoin de savoir que ce que nous vivons ensemble ne pourrait pas exister avec quelqu’un d’autre ». De fait, il me parait ridicule d’imaginer que ce que je vis avec un amoureux ou une amoureuse pourrait exister avec quelqu’un d’autre. L’histoire n’aurait plus le moindre sens. Je considère que par définition chaque histoire est unique. Au début j’étais plutôt dans un état d’esprit « libertin », je me disais que si mon amoureux avait des relations sexuelles avec d’autres personnes, ça ne changeait rien à ce que nous vivions d’unique et de spécial, sans quoi ce que nous vivions se résumait à de la baise et n’avait donc aucun intérêt. Puis je me suis rendue compte que je pouvais aller plus loin dans ce raisonnement et qu’au fond, même s’il avait des relations amoureuses avec d’autres, ça ne changeait toujours rien à ce que nous vivions de spécial et d’unique.

      Par rapport aux sex friends, d’abord je n’aime pas trop cette expression (j’ai l’impression que c’est un peu une oxymore dans le sens où un ami ne sert pas qu’à baiser), mais oui je pense qu’on peut avoir des relations très intéressantes et importantes avec des « sex friends », d’autant plus que je vois une continuité entre l’amitié et l’amour, donc je ne met pas de frontière très nette entre un amoureux et un ami cher.

      Pour les questions que tu te poses sur ton propre cas, je n’ai pas vraiment de réponse. Il y a quand même quelque chose qui me frappe c’est le fait qu’à partir du moment où tu te considères « en couple » tes ressentis et tes exigences changent. ça me frappe parce que c’est extrêmement fréquent (c’est mon cas aussi, même si ça ne s’exprime pas par de la jalousie) et que ce n’est pas très logique, et ça révèle, à mon sens, une certaine forme de formatage social. Je pense qu’on a tout intérêt à se demander: c’est quoi le couple? ça représente quoi pour moi? Quel a été mon modèle? (notamment parental)? Que veut dire pour moi le mot couple? Est-ce que d’une certaine façon je crois au prince charmant? Est-ce que c’est important pour moi le couple et pourquoi? etc etc…
      Et sinon, c’est possible que le polyamour ne te convienne jamais. Mais en tous cas, oui, on peut devenir polyamoureux. En fait, la plupart des gens le deviennent, si j’en crois mon expérience, et c’est rarement évident.

      • Merci bcp d’avoir pris le temps de répondre à mes questions bizarres :D Je trouve tes propos très justes qd tu dis que ce n’est pas très cohérent que mes ressentis changent à partir du moment où je suis « officiellement » en couple, et de parler de formatage social.

        Je vais noter toutes les questions que tu soulèves en particulier dans le dernier paragraphe et essayer d’analyser encore et encore jusqu’à ce que j’arrive à me sentir + en phase avec moi-même et mes convictions, et ce, que j’arrive à faire céder mes barrières mentales ou que j’en vienne à la conclusion que ça ne sera jamais fait pour moi. Dans tous les cas ça m’aidera à avancer :)

  79. Bonjour,
    J’ai découvert le terme polyamour il y a quelques jours et compris que ça me ressemble. Du coup, aujourd’hui je suis arrivée chez ma psy en disant « j’ai compris, je suis polyamoureuse ». Elle m’a répondu que le polyamour était la réponse au refus de castration. J’ai pas bien saisi ce qu’elle entendait par là . Après elle m’a dit que dans mon cas, c’était une façon de lutter contre l’angoisse d’abandon. En gros, si je me fais tej par un mec, c’est pas grave parce qu’il en reste d’autres…
    M’ouais, bon d’accord, mais, et alors?
    Je cherche donc des liens qui en disent plus (c’est comme ça que je suis arrivée sur cet article).En fait, je me demande si vouloir expliquer le polyamour n’est pas aussi crétin que de vouloir expliquer l’homosexualité. Il me semble que c’est un truc qu’on est et pas un truc qu’on choisit d’être ou qu’on devient pour pallier les difficultés de la monogamie. Vos avis m’intéressent.

    • Ohlala… Pfff ces quoi ces psys franchement…
      Je trouve ça lamentable comment elle te diagnostique et comment elle te fourgue dans une case.
      Et puis on pourrait aussi bien dire que la monogamie exclusive sert à répondre à la peur de l’abandon…

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  83. Un petit message empreint de timidité parmi tant d’autres (contrairement à certains, le net ne me « libère pas », et je ne me déchaine pas sauvagement en hurlant au scandale à chaque fois que je lis quelque chose qui n’abonde pas dans mon sens. Mais bon, ça, c’est comme les confitures de ma grand-mère= on s’en fou.) pour simplement (hum…) dire que j’apprécie de lire un blog intelligent avec une ouverture d’esprit que je trouve encore trop rarement ailleurs. Pas de jugement expéditifs, tu creuses des sujets qui m’intéressent en particulier (amours libres, véganisme…) avec une plume que j’apprécie, drôle et incisive. Je ne peux qu’encourager !
    Une lectrice amusée.

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