Un singe

En Bolivie, il y a beaucoup de singes en liberté, et ce n’est pas très difficile d’en voir, si on fait un peu attention et qu’on est patient.

Malheureusement, certains préfèrent en capturer pour attirer les touristes pressés.

J’ai hésité avant de prendre cette photo, je ne voulais pas tomber dans le voyeurisme. Mais je n’ai jamais, jamais vu un singe libre qui avait ce regard.

Lepen à la manifestation pour les animaux: et pourquoi pas?

Le 24 mars, ce samedi donc, aura lieu une grande manifestation pour les animaux, en vue des élections de 2012.
Je ne rentrerai pas ici dans des considérations du style « faut-il voter ou est-ce que c’est pareil que pisser dans une contrebasse »… A vrai dire je n’en sais rien. Ce qui m’intéresse, c’est que manifester est un acte politique. Et que si on veut avoir la moindre influence sur la vie des animaux, c’est bien joli de mettre du lait de soja dans son café, mais encore faut-il le revendiquer.
Revendiquer que l’animal n’est pas une marchandise, revendiquer que le spécisme est une discrimination au même titre que le sexisme, le racisme, l’âgisme et d’autres encore. Que l’utilisation de l’animal est une forme d’oppression intolérable qui, comme toute oppression, n’a rien à faire dans une société civilisée.

Bon, moi j’apprends à mon retour en France l’existence de cette manif. Je me dis chouette, un mouvement politique pour les animaux, exactement ce qu’il faut. J’ai cherché le site de la manif, donc, pour en savoir un peu plus.

Et là, je déchante. Mais vraiment. Je suis effroyablement déçue. Je n’ai lu que la première phrase du manifeste, et déjà, cette manifestation qui se veut « unitaire » annonce d’emblée la couleur, en excluant les véganes abolitionnistes et l’idée même d’abolition. Le manifeste commence ainsi:
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La libido des animaux

Les antispécistes ont souvent à insister sur l’intelligence des animaux, leur conscience, leur capacité à résoudre des problèmes, à s’identifier, à vivre une vie mentale complexe, différente de celle des humains (différente pour chaque espèce, probablement, et d’ailleurs, pour chaque individu). Car les humains ne pourraient disposer des animaux comme de simples objets s’ils ne leur niaient pas ces capacités. C’est ce qu’on appelle la mentaphobie: le refus de voir les capacités cognitives complexes des animaux.

Pourtant, il est un domaine ou les personnes spécistes semblent, tout à coup, prêter aux animaux des capacités mentales extraordinaires. Il s’agit de la sexualité.

Un exemple parmi tant d’autres, voici ce qu’on peut lire dans un commentaire à cet article de l’excellent blog 400 culs, portant sur la sexualité de certains animaux (mollusques, poisson-clown, etc):

« Je n’arrive décidément pas à digérer le fait que vous assimiliez reproduction et sexualité. (…)

La question n’est pas tant de savoir par quelles contorsions les limaces font parvenir leurs spermatozoïdes ici ou là, mais bien plutôt s’il existe d’autres espèces que l’être humain et les bonobos qui dissocient la reproduction de la sexualité, c’est-à-dire qui trouvent du plaisir au sexe sans but reproductif. Parler de sexualité ou de plaisir chez la limace est, heu… très anthropocentrique et très peu scientifique. »

Ce commentaire est assez représentatif de la façon dont la plupart des gens considèrent le sexe chez « l’animal »: une fonction reproductrice.

Sans vouloir me la péter, j’ai un master en physiologie de la reproduction animale, donc je me dois avant toute chose de contredire cet avis. Car oui, les modes de reproduction citées dans l’article relèvent bien de la sexualité, ce n’est ni anthropomorphique, ni « peu scientifique ». La reproduction des animaux ne concerne d’ailleurs pas seulement la sexualité. Cela concerne également la reproduction non sexuée, mais aussi  l’embryologénèse, la parthénogénèse, les comportements maternels, les comportements des nouveaux-nés, etc. La sexualité n’est qu’une partie (importante) de la reproduction des animaux.

Exit donc la première phrase du commentaire. Que reste-t-il? Un avis très répandu selon lequel les animaux ne se reproduisent pas par plaisir, mais par… heu… Par magie? En fait, le commentaire ne le dit pas.

Instinct mon ami

Le commentaire ne le dit pas, mais comme il s’agit d’une formulation de la pensée unique, on peut le deviner. Les limaces en question « se reproduisent dans les arbres, en laissant pendre leurs phallus, qui s’enroulent de façon hélicoïdale.(…) Les limaces échangent leur sperme par l’extrémité de ce phallus« .

Si ce n’est pas par plaisir, pourquoi ces limaces feraient-elles ça?

Par instinct?
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