Uluru

Après un court séjour à Alice Spring, nous voici à Ayer’s Rock, ici appelé Uluru.

Uluru est un site aborigène sacré. Avant d’y arriver, je ne savais pas exactement en quoi il était sacré et quelles pratiques spirituelles l’entouraient. Et je dois dire que je n’en sais pas beaucoup plus maintenant…

Quelques éléments néanmoins. Plusieurs endroits autour d’Uluru sont réservés à des pratiques spirituelles soit féminines, soit masculines. Les hommes ne doivent pas regarder avec insistance ou photographier les sites réservés aux femmes, et vice-versa.

En allant visiter le célèbre Ayer’s Rock, je m’attendais à un site touristique classique. J’ai été assez surprise. Pas de conneries inutiles madeinchina à acheter,  il y a bien une boutique au centre culturel mais elle ne contient que des objets artisanaux (c’est la première fois que je vois ça) et on n’essaiera pas désespérément de vous y vendre un truc sous prétexte que vous êtes un touriste, et que les touriste, ils achètent des trucs. Enfin, ce n’est qu’un exemple, l’atmosphère générale était très différente de ce qu’on trouve généralement dans ce genre d’endroits très visités.

 

En me renseignant auprès de plusieurs voyageurs, je n’ai pas réussi à comprendre si l’ascension d’Uluru était permise ou non. Ce n’est qu’arrivé sur place que j’ai pu enfin savoir ce qu’il en était.

Dans la culture des Anangu, l’ascension d’Uluru semble réservée à de rares occasions spéciales. Ils n’escaladent donc pas le rocher, et déconseillent aux touristes de le faire. Non seulement parce que c’est dangereux, mais aussi parce que cela constitue en quelque sorte une offense.

Mais ce n’est pas interdit.

 

 

Les Anangu veulent que les gens n’escaladent pas le rocher, mais le fait que ce soit interdit permet peut-être à certaines personnes de ne pas l’escalader non pas parce que c’est interdit mais parce que c’est mieux de ne pas le faire. Je trouve que c’est un message fort pour des gens qui viennent visiter un site sacré. Même si l’interdiction a en principe été établie (sur le papier).

 

De même, dans certains endroits, indiqués sur la carte fournie à l’entrée, il est interdit de prendre des photos (c’est pourquoi il y a peu de photos d’Uluru dans l’album), mais aucune police ne viendra vous en empêcher si vous le faites…

 

Malheureusement, beaucoup de touristes ignorent l’avertissement des Anangu et escaladent le rocher.  Chaque visiteur, à son entrée dans le parc, reçoit un tract qui existe dans de nombreuses langues. Au pied d’Uluru, un écriteau déconseille l’ascension en anglais, en français, en espagnol, en japonais et dans d’autres langues encore. Pourtant, beaucoup de touristes ignorent ces mises en garde et escaladent Uluru.

 

Je ne crois pas avoir compris beaucoup de choses de cette visite qui était un peu trop courte pour vraiment découvrir la culture aborigène. Mais enfin bon, j’ai quand même pu aller au centre culturel (ce qui n’était pas mon intention au départ) et assister à des projections qui, je pense, apprennent beaucoup plus que l’ascension du rocher. Voir les gens, entendre leur langue, regarder les danses, écouter les récits des vieillards (et même si, je l’avoue, je n’ai pas compris grand-chose aux contes et légendes, c’est toujours beaucoup plus intéressant de regarder les gens les raconter plutôt que de les lire sur des écriteaux). En dehors de ça, il n’y a pas grand chose au centre culturel, et on ne peut pas vraiment rencontrer les aborigènes, qui ne vivent pas à Uluru.

 

Je trouve dommage que les croyances des Anangu ne soient pas respectées. Mais enfin bon, ils demandent tout de même aux touristes de le faire, et ce faisant, je trouve qu’ils donnent une leçon de vie aux occidentaux dont l’éducation est basée sur l’autorité et sur les interdits, et qui ont donc tendance à se comporter de façon un peu immature et égocentrique dès lors qu’on ne leur interdit rien. Comprendre qu’il existe des choix qui sont meilleurs pour vous, mais qui ne vous rapporteront ni médaille si vous les faites, ni punition si vous ne les faites pas… On a encore du chemin à faire.