La Balade des Champignons

Quelques images de champignons prises en Inde du sud, dans le Kernataka. Je les publie ici pour ceux qui ne sont pas abonnés à ma page photographies sur facebook.

J’adore les champignons, ils sont bizarres, des fois ils sont beaux, ou alors ils sont très moches, des fois ils se mangent, et ils peuvent vous donner des idées bizarres ou extraordinaires.

Je profite de ça pour vous dire que j’ai modifié la page « Auteure« , l’ancienne restait, je trouve, trop en surface, je pense que la nouvelle permet de comprendre un peu mieux le pourquoi et le comment de ce blog.

FAQ tour du monde – 2/ le départ

Après nous être débarrassés de la question du budget… Alors voilà, le 24 février 2011, je suis partie faire le tour du monde. Mais pourquoicommentdonc ?

1) Comment as-tu décidé de faire le tour du monde?

En fait je ne voulais pas faire le tour du monde, je voulais juste voyager. C’est Alderanan qui parlait parfois, à l’époque, de faire le tour du monde; il y pensait depuis très longtemps. Moi j’aimais bien l’idée, mais ça me faisait un peu peur. Je pense que ça lui faisait peur à lui aussi, en tous cas il ne se décidait pas à le faire.

A l’époque il n’était pas question pour moi de voyager sur le long cours, car une fois que mon master serait fini, j’avais prévu d’enchaîner sur une thèse. Je n’avais aucun doute sur le fait que je trouverais une bourse de thèse rapidement. Ce qui m’ennuyait c’est que je travaillais dans la recherche en productions animales, et que je n’étais pas à l’aise avec ce que l’on faisait aux animaux. J’étais déjà végétarienne, et pas loin d’être végétalienne. Je pouvais bien sur bosser dans le bien-être animal, mais… Bref. Il y avait aussi le fait qu’une thèse repousserait mon départ autour du monde d’au moins 3 ans. En fait beaucoup plus, puisque partir entre la thèse et le post-doc, c’est plutôt une mauvaise idée professionnellement. Donc sur le papier, ça repoussait mon départ de 3 ans, mais en pratique ça avait de grandes chances de l’annuler.

Dit comme ça, tout ça parait assez simple, mais en fait c’était très très compliqué: il y avait ce travail qui me plaisait mais qui me posait des problèmes d’éthique. Il y avait la thèse que je m’étais promis de faire plusieurs années avant, et j’y étais presque, moi qui avais toujours rêvé d’être chercheuse. Il y avait l’espoir, grâce au réseau que je commençais à me faire, de trouver éventuellement une thèse sans avoir à exploiter d’animaux. Enfin il y avait l’idée complètement effrayante, folle et dangereuse, d’utiliser tout l’argent que je possédais pour partir un an dans des pays inconnus, moi qui avais très peu voyagé dans ma vie, pour revenir un jour fauchée et sans travail. J’y pensais vaguement, mais pas sérieusement, c’était bien trop terrifiant. Ajoutez à cela que mon boulot me laissait assez peu de temps pour penser, et que mes périodes d’examen avaient été si éprouvantes pour moi que j’étais encore sous anti-dépresseurs.

Les choses se sont dégradées lorsque j’ai été confrontée à la détresse toujours croissante des animaux à mon travail. C’était d’autant plus invivable que je me sentais responsable – j’avais beau me dire qu’un autre stagiaire l’aurait fait à ma place si j’avais laissé tomber (c’était le genre de stage pour lequel les étudiants se bousculent), je ne pouvais pas être à l’aise avec ce que je faisais. Sans compter les frictions que cela a provoqué avec les bergers et l’ingénieur sous les ordres duquel je travaillais. Ces baisses de moral ne m’aidaient pas à affronter mes peurs. Je me faisais bouffer par l’angoisse.

Bref, ma situation devenait impossible.
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