Petit guide argumentaire à l’usage des carnistes

Vous aimez la viande, mais vous ne trouvez aucune bonne raison d’en manger? Qu’à cela ne tienne: un bon gros paquet de mauvaises raisons pourraient faire l’affaire. Voici plusieurs sophismes couramment utilisés pour justifier la consommation de viande. Si vous faites face à un végétarien récalcitrant au steak-frites, ou encore à votre propre conscience, vous pourrez piocher allègrement parmi ces arguments, dans l’ordre que vous désirez et sans vous soucier le moins du monde de suivre un fil cohérent. Certes, ces arguments peuvent être facilement contrés si on les présente individuellement dans une discussion logique, mais il suffit de les enchaîner très vite les uns à la suite des autres pour que votre interlocuteur omnivorophobe™ n’ait plus aucune envie de discuter avec vous et tourne les talons dépité, vous abandonnant à votre puissante Raison. Avec un peu d’entraînement, vous pourrez les enchaîner si rapidement que tout végétarien dans un rayon de moins d’un kilomètre se mettra à baver de la mousse en remuant les bras. Quand à votre conscience, elle se ratatinera sagement dans un coin de votre cerveau, ou si elle n’y trouve pas de place, vous pourrez la ranger dans un autre organe de votre choix ou encore dans un tiroir, un carton du grenier ou une poire à lavement.

Mesdames et Messieurs… Les Zarguments

1) les classiques

Le cri de la carotte Lire la suite

Ne le prend pas dans tes bras

Quelle mère n’a jamais entendu ça? « Ne le prend pas dans tes bras, il va s’habituer ». « Laisse-le pleurer, ça lui fera les poumons ». La violence éducative commence tôt, très tôt. L’enfant à peine né, il faut couper le cordon, se garder d’être trop « fusionnel », le laisser seul pour qu’il « s’habitue ». L’envoyer à l’école le plus vite possible. Le séparer, vite. S’il pleure, c’est la faute de la mère. Elle est trop fusionnelle. Elle étouffera son enfant, l’empêchera de grandir, de vivre…

Même en n’en sachant que très peu sur les enfants, il m’a toujours semblé que ces gentils théoriciens du « ne le prend pas dans ses bras, il pourrait s’habituer » en savent encore beaucoup moins que moi. Ont-ils déjà regardé un bébé? Non pas vu, mais regardé. Ont-ils déjà réfléchi à ce qu’est un bébé?

Autonomie. Solitude. Apprentissage. Pleurs. Communication. Langage. Fusion. Ces mots reviennent sans arrêt sur le tapis dès qu’on parle des bébés. Mais ont-ils encore un sens? Plusieurs mots en revanche sont curieusement absents du vocabulaire couramment usité. Amour. Attachement. Détresse.

Je ne veux pas parler ici de façons de s’occuper des enfants, ce n’est pas vraiment le sujet. Je veux encore parler de théories sur l’éducation. De violence éducative. Car la première violence que subit l’enfant est cet ensemble de théories savantes qui ne le regardent pas, qui ne l’écoutent pas, qui décident pour lui ce qu’il est, ce dont il a besoin. Et qui, au final, peuvent le maltraiter, même avec les parents les plus aimants et dévoués au monde.

La mère et l’enfant dans les théories psychanalytiques

Un bébé, pour beaucoup de gens, c’est un tube digestif armé de puissantes cordes vocales. C’est une vision très culturelle des bébés parce que dans notre culture, les bébés pleurent beaucoup et sont difficiles à calmer. Je reviendrai là-dessus.

Un bébé, pour moi, c’est un être vulnérable, sans la moindre autonomie, totalement dépendant de ses parents (et en particulier de sa mère chez la plupart des mammifères non-humains et dans de nombreuses cultures humaines) pour sa survie, son bien-être et son développement. Cela me semble une évidence, mais cette vision des choses est très peu partagée, comme nous allons le voir. Lire la suite

NON, une lasagne, ça ne se mange pas !

Au début, avec cette histoire de lasagnes, je me suis dit:
« Pfff, encore une histoire de viande qui n’intéresse que les végétariens ».
En effet les végétariens et véganes sont bien connues pour emmerder le monde et troller au sujet de la viande, comme quoi ça donne le cancer, le cholestérol, mauvaise haleine et un gros cul, et ils aiment rappeler que manger des animaux mignons c’est très vilain. Bref, ce sont de véritables emmerdeurs.

Ce qui a tendance à être très amusant, mais là je trouvais quand même que l’attaque était mesquine. Bon, les gens ont mangé du mignon cheval au lieu de la mignonne vache laitière de réforme, et alors?

J’AVAIS TORT.

Accidentellement, j’ai été mise en présence d’un instrument audiovisuel insupportable autrement appelé télévision ou boîte à connerie. Laquelle se mit à déclamer pendant de très longues heures, sur tous les tons et avec force images sanglantes, que HOLALA AU SECOURS DES GENS ONT MANGE DU CHEVAL MEME QUE Y AVAIT ECRIT « LASAGNES AU BOEUF » SUR LA BOITE.

J’en suis restée pantoise. Hé oui, ce sont les mangeurs de viande qui nous chient une pendule parce qu’ils ont mangé des mignons petits chevaux au lieu du bœuf qui est un aliment comme l’oignon ou la frite. Bien sur je pourrais rappeler que les vaches sont tout aussi mignonnes que les chevaux, et le prouver à grand renfort de photos mignonnes. Mais je m’en fous, en fait. Je ne mange pas non plus les animaux moches.

Mais de toutes façons, l’espèce c’est quoi? Lire la suite

Je me fiche de savoir pourquoi vous mangez de la viande.

Très chers lecteurs que j’aime,
Certains d’entre vous commencent à sérieusement me les briser menues.
Vous voulez manger de la viande? Mangez-en. Vous avez le droit.
Vous êtes mal à l’aise quand j’affirme que manger de la viande, c’est accorder plus de valeur au petit plaisir supplémentaire que vous procure un morceau de viande par rapport à un bol de lentilles, qu’a la vie d’un animal?
Ho, comme c’est triste. Je vous plains.

Cet article pourrait ressembler à une attaque frontale contre les mangeurs de viande. Il n’en est rien. La plupart des gens mangent de la viande, c’est comme ça. Je suis contre, et je n’ai pas peur de le dire, mais c’est comme ça. Et je n’ai rien contre les gens qui mangent de la viande, bien que je ne sois pas d’accord avec le fait de tuer des animaux pour ça. Ils ne font que faire ce qu’ils ont appris à faire et à considérer comme une chose « Normale, Naturelle et Nécessaire ». C’est humain et hautement compréhensible.

Mais, si j’admets et je tolère que des gens tuent des animaux pour les manger alors qu’ils pourraient manger autre chose à la place (parce que je suis bien obligée de supporter cette injustice et parce que je ne peux m’élever contre des pratiques socialement admises sans admettre qu’elles soient socialement « normales » et agir en conséquence), donc si je tolère que les gens mangent de la viande, j’en ai plus que ma claque d’entendre leurs éternelles jérémiades et justifications.

Vous mangez de la viande et vous n’avez pas envie d’arrêter? Lire la suite