Le vrai mec et la vraie fille : deux abrutis au service du Patriarcat

Quand j’ai écrit le Manuel du vrai mec, cet « étalon priapique au QI de moule » (sic) censé servir de modèle au genre masculin, on m’a suggéré d’écrire aussi sa version fille. Parité oblige, je m’y suis employée, et voici le portrait de la Vraie Fille Féminine, cette ravissante idiote qui s’habille en rose à paillettes. Ils font un joli couple, c’est sur: aussi abrutis l’un que l’autre. Mais attendez, quelque chose me turlupine… Mais oui ! Depuis quand le sexisme est-il paritaire?

Mais oui, ces deux imbéciles virtuels, là, on est bien d’accord qu’y en a pas un pour attraper l’autre, mais on est aussi d’accord pour dire qu’ils sont très différents… Complémentaires, diront les bien-pensants. Certes mais… Bon, disons différents(1). En quoi? Où vont-ils? A quoi servent-ils?

Si j’étais une Vraie Fille Féminine (ce qui est impossible, mais bon, c’est juste une hypothèse), je me contentais de parler de l’égalité des sexes, de préférence après m’être départie de toute velléité féministe (on sait jamais, je pourrais déplaire à quelqu’un, et de là à finir vieille et seule dévorée par ses chats, il n’y a qu’un pas très vite franchi). Et donc, je dirais ceci: le sexisme, cépabien. Ce serait tout juste ce qu’on attend de mon intelligence, et je pourrais secouer mes cheveux en faisant « hihi ». En plus, tout le monde serait d’accord avec moi. Le top.
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La Vraie Fille Féminine

Pour toi lecteur, j’ai mené une enquête fastidieuse. J’ai ressorti mes agendas du lycée. J’ai fouillé dans la cave chez mes parents pour ressortir mes vieilles barbies. J’ai regardé des photos de mariage. J’ai observé scrupuleusement la couverture d’un magazine Elle (bon, je l’ai pas ouvert, il faut pas pousser) et j’ai vaguement écouté la télévision en faisant des cakes. Aujourd’hui, cher lecteur, l’elfe va te révéler le début de l’embryon d’un mystère insondable. Aujourd’hui, et puisque le Vrai Mec en a déjà pris pour son grade, je vais te parler de la Vraie Fille Féminine.

Je me souviens, quand j’étais ado, aux mariages et aux bar-mitzva, j’étais sommée de reléguer mon jean au placard pour enfiler une robe achetée pour l’occasion, et montée sur une paire de talons sur lesquels je ne savais pas marcher, je me maquillais à la truelle. Alors, tout le monde s’extasiait: enfin, tu ressemble à une Vraie Fille Féminine ! Mais je savais bien que je n’en étais pas une, la preuve c’est que j’avais du mal à marcher avec des talons, que ma robe remontait sans arrêt, ce qui m’obligeait à la remettre en place toutes les dix secondes, et que j’étais beaucoup, beaucoup trop grosse (56kg pour 1m70).

De toutes façons, quelque chose en moi savait que je ne pouvais que donner l’impression d’être une Vraie Fille Féminine, mais que je n’en serai jamais vraiment une. Ce que j’ignorais, c’est que personne n’arrive vraiment à être une Vraie Fille Féminine, car c’est impossible. Qu’importe, la VVF n’a pas besoin d’exister pour être si présente dans nos esprits. Elle existe imaginairement, ce qui est bien suffisant pour parfois nous souffler à l’oreille notre conduite, à nous les femmes… Et peut-être bien aussi aux hommes.

barbie Mais pourquoi être une Vraie Fille Féminine?

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