Pourquoi porte-t-elle un petit short au ras du bonbon pour faire son jogging?

Les beaux jours reviennent, et je sens qu’on va encore y avoir droit: des filles en short et des questions bêtes. Bon, normalement ici, j’essaie de soulever des questions intelligentes, qui quand on y répond intelligemment, amènent d’autres questions, et tout ça. Mais pour une fois, on va essayer de répondre à une question complètement idiote : « Pourquoi porte-t-elle un petit short au ras du bonbon pour faire son jogging ? »

cheval qui broute
Normalement ce texte devrait être illustré d’un petit cul de joggueuse. Mais je n’aime pas trop suivre les filles dans la rue et prendre leur cul en photo, ni racoler sur mon blog avec des petits culs. Donc j’espère que vous vous contenterez de cette photo de cheval.

La réponse la plus simple et évidente est « parce qu’elle vaut se faire vio… parce qu’il fait chaud » . Mais parfois ça se corse puisqu’on m’a déjà demandé très sérieusement pourquoi certaines filles courent avec un petit short très court « alors qu’il fait même pas si chaud que ça » , supputant que la seule raison valable de porter un petit short, c’est parce qu’il fait tellement chaud qu’il serait insupportable de porter un pantalon.

C’est évidemment complètement con comme réponse, mais c’est parce que la question est complètement con. Or, avec des questions cons, il n’y a que des réponses cons, ou péremptoires, du genre: « occupe-toi de ton propre fessier au lieu de te mêler de la vie des joggueuses en short qui ne te regarde absolument pas », ou bien encore « va te pendre », ce qui sont des réponses parfaitement valables, mais éludent la question. Ce qui est normal puisque la question est complètement con et d’ailleurs nous ne sommes qu’à deux doigts de supposer que la celui ou celle qui pose la question est aussi complètement con. Mais d’un autre côté, c’est vraiment un très gros défi d’essayer de répondre à peu près intelligemment à une question idiote. Tentons cet exercice !

Elle porte un petit short au ras du bonbon pour faire son jogging parce que : Lire la suite

Non, les hommes* n’avortent pas.

« Aucun degré d’empathie ne peut remplacer l’expérience. Compatir n’est pas pâtir » (Christine Delphy)

Rue89 a publié un article ayant pour titre « les hommes avortent aussi, personne ne s’en soucie« , sous la plume de Frédéric Leclerc-imhoff. Je suis choquée et agacée par cet article, rien que le titre est dérangeant. Non, rue89, les hommes cis n’avortent pas.

Si je parle de cet article néanmoins, c’est que tout n’est pas à jeter. Le problème c’est qu’on ne peut pas en extraire le peu qu’il y a à sauver, sans remettre en cause la structure même de l’article et tout le système de pensée qui est derrière.

Je voudrais, tant que faire se peut, être parfaitement juste. Non, les femmes ne font pas des enfants toutes seules. Oui, les hommes peuvent souffrir lors d’une grossesse non désirée dont ils sont coresponsables. Oui, ce que ressentent les hommes coresponsables d’un avortement est peu pris en compte, presque jamais mentionné, et c’est quelque chose qui mériterait qu’on se penche dessus un peu plus. Et surtout: Oui, toute souffrance quelle qu’elle soit doit être prise en compte, sans nécessairement être comparée à d’autres formes de souffrance. Enfin, on peut hasarder qu’avec les avancées dues au féminisme, les hommes cis se sentent un peu plus concernés par la grossesse et l’avortement.

Voilà pour ce qu’il y a à sauver de l’article. Je vais maintenant me pencher sur ce qui ne va pas dans cet article, et croyez-moi, la liste sera beaucoup plus longue. Je fais d’ailleurs appel à vous, lecteurs et commentateurs, pour la compléter en disant ce qui vous a choqué dans cet article, car il y a tellement de choses dérangeantes que je vais surement en oublier !


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Injonctions, poil au…

En écrivant « je le fais pour moi-même » je me doutais qu’il y aurait polémique. Sans revenir sur les accusations de misogynie (parce qu’il n’y a strictement rien de misogyne dans ce que j’ai écrit, bien que je m’attendais à ce que ça puisse être interprété de travers), plusieurs choses ont été dites qui m’ont un peu surprise. Par exemple, que l’article affirmait que toutes les raisons qu’ont les femmes de se préoccuper de leur apparence sont des injonctions patriarcales; ou encore que j’étais contre le fait de porter des jupes ou des soutien-gorges.

Mannequins sans visageDit comme ça, ça peut faire sourire. Pourtant, c’est un peu problématique parce que je trouve que ce que je dénonçais était assez évident et pourtant ça n’a pas été compris. Donc je vais revenir sur le véritable thème de l’article, c’est-à-dire les injonctions sociales à tel ou tel type d’apparence pour les femmes, et l’obéissance qui en découle. Et puisque c’est un gros sujet d’incompréhension, et qu’il peine à être reconnu comme une injonction sociale (comparativement à la maigreur par exemple) je vais prendre l’exemple de l’épilation.

Je savais, en écrivant l’article, que des gens viendraient dire « oui bon je m’épile mais c’est parce que MOI, je n’aime pas les poils« . Ce qui me fait un peu sourire, j’avoue. Mais face à mon scepticisme, il arrive que les gens soient un peu heurtés, un peu sur la défensive, et estiment que c’est moi qui ne comprends pas. Beaucoup de femmes s’épilent sans se sentir opprimées par l’injonction à l’épilation et donc en concluent que ça n’a rien d’une injonction et que c’est un choix. C’est là-dessus que je vais revenir.

Le fait est que quand une femme qui ne montre jamais le moindre poil dit qu’elle fait cela « pour elle » et pas pour les autres, on peut dire qu’elle a en partie raison. Elle peut se sentir libre et ne ressentir aucune pression sociale. Elle s’épile parce que les poils qui poussent sur son corps lui déplaisent et personne ne lui a jamais ordonné le faire. Mais, elle a beau trouver des poils « moches » (ou sales, mais c’est moins souvent avoué ouvertement), on sait très bien que ce dégoût est socialement construit.

Mais, m’a-t-on dit plusieurs fois, tous nos goûts sont socialement construits, non? En effet, peu de gens oseraient nier que nos goûts se construisent en fonction de ce que nous voyons, vivons, ressentons. Alors pourquoi ne pas considérer que ne pas aimer les poils est un goût comme un autre? Lire la suite

La Vraie Fille Féminine

Pour toi lecteur, j’ai mené une enquête fastidieuse. J’ai ressorti mes agendas du lycée. J’ai fouillé dans la cave chez mes parents pour ressortir mes vieilles barbies. J’ai regardé des photos de mariage. J’ai observé scrupuleusement la couverture d’un magazine Elle (bon, je l’ai pas ouvert, il faut pas pousser) et j’ai vaguement écouté la télévision en faisant des cakes. Aujourd’hui, cher lecteur, l’elfe va te révéler le début de l’embryon d’un mystère insondable. Aujourd’hui, et puisque le Vrai Mec en a déjà pris pour son grade, je vais te parler de la Vraie Fille Féminine.

Je me souviens, quand j’étais ado, aux mariages et aux bar-mitzva, j’étais sommée de reléguer mon jean au placard pour enfiler une robe achetée pour l’occasion, et montée sur une paire de talons sur lesquels je ne savais pas marcher, je me maquillais à la truelle. Alors, tout le monde s’extasiait: enfin, tu ressemble à une Vraie Fille Féminine ! Mais je savais bien que je n’en étais pas une, la preuve c’est que j’avais du mal à marcher avec des talons, que ma robe remontait sans arrêt, ce qui m’obligeait à la remettre en place toutes les dix secondes, et que j’étais beaucoup, beaucoup trop grosse (56kg pour 1m70).

De toutes façons, quelque chose en moi savait que je ne pouvais que donner l’impression d’être une Vraie Fille Féminine, mais que je n’en serai jamais vraiment une. Ce que j’ignorais, c’est que personne n’arrive vraiment à être une Vraie Fille Féminine, car c’est impossible. Qu’importe, la VVF n’a pas besoin d’exister pour être si présente dans nos esprits. Elle existe imaginairement, ce qui est bien suffisant pour parfois nous souffler à l’oreille notre conduite, à nous les femmes… Et peut-être bien aussi aux hommes.

barbie Mais pourquoi être une Vraie Fille Féminine?

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