Comment le militantisme a détruit ma vie

TW: cette histoire comporte des éléments susceptibles de heurter les personnes sensibles, en particulier sur les sujets suivants: dépression, suicide, manipulation mentale, pervers narcissique.

Ce texte est long, sans doute mal écrit et plein de répétitions. Je l’ai écrit en plusieurs fois car il m’est tellement douloureux de parler de tout ça que je suis incapable de me relire en entier, je l’ai écrit en plusieurs fois et je ne peux pas le corriger complètement. J’espère que mes lecteurs, habitués à un qualité d’écriture un peu meilleure que cela, voudront bien m’en excuser. Si j’ai oublié de masquer un nom ou une information importante qui devrait être dissimulée, signalez-le rapidement, mais j’ai essayé de le faire au mieux.
Comme c’est très décousu, je vais prendre la peine de résumer brièvement en introduction: pascal, mon compagnon, en essayant de monter une entreprise pour promouvoir le véganisme, a été victime d’une incroyable manipulation qui l’a détruit au point qu’il a fini aux urgences psys et a mis des années à se reconstruire, moi et mon fils avons beaucoup souffert de ce qui s’est passé et rien ne sera plus jamais comme avant. L’entreprise a été perdue puis coulée.

Tout cela s’est passé il y a plus de deux ans maintenant. Pourquoi le publier aujourd’hui ? C’est compliqué. Je me suis tue publiquement parce que j’avais besoin de me reconstruire, et parce que j’avais peur aussi. Certaines personnes savent terroriser les autres. C’est même tout ce qu’elles savent faire.

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La secte majoritaire

Dans mon dernier article, j’ai illustré la façon dont le concept de modération intervient dans la vie des gens, et est utilisé par eux, de façon parfois totalement aveugle, de sorte que, en appelant à des principes tout faits, des phrases toutes faites et autres platitudes modernes, ils s’épargnent l’effort de la réflexion.

Ce que j’appelle l’extrêmisme de la modération est une sorte de religion du non-penser. Il agit comme un repoussoir à idées nouvelles.

Récemment, j’ai lu le témoignage d’une personne qui était devenue récemment végétarienne, et qui avait parlé à son entourage proche de l’antispécisme. On lui avait répondu qu’elle devait prendre garde à ne pas « se laisser happer par des idées sectaires ».

Je trouve cela intéressant, puisque, si on y réfléchit, aucune idée n’est sectaire. Si les sectes se contentaient d’avoir des idées et d’en parler, il n’y aurait aucune raison valable de lutter contre. Une idée peut être bonne, mauvaise, farfelue, idiote, mais certainement pas sectaire.

Les sectes se distinguent non pas par la qualité « sectaire ou non sectaire » de leurs idées, mais par leur façon de les propager et de les défendre. Aucune idée n’est sectaire, ce qui est sectaire, c’est de manipuler les gens pour les faire coller à une idéologie, en annihilant leur sens critique, en leur interdisant de remettre certaines choses en question. Des voies de promulgation et/ou de censures d’idées peuvent être sectaires, mais pas ces idées elles-mêmes.

Dans les dictionnaires, on définit une secte, entre autres, par son isolement du reste de la société.

Dans l’imaginaire collectif, ce qui rend une secte effrayante n’est pas l’isolement en lui-même, mais l’aliénation qui a pour conséquence, entre autres, à la marginalisation de l’individu. L’individu craint d’être dépossédé de lui-même.

Penchons-nous sur les caractéristiques de l’individu intrumentalisé:

  1. Il a toujours recours au même schéma de pensée, qu’on lui a inculqué et non pas qu’il a inventé lui-même.
  2. Il s’est approprié ce schéma de pensée, de sorte qu’il est persuadé que c’est lui qui pense comme ça, et non pas que c’est quelque chose qu’il a appris d’autres personnes.
  3. Il rejette les idées extérieures, alternatives à ce système de pensée, en ayant recours à des arguments tantôt rationnels, tantôt non rationnels.
  4. Si on lui démontre l’incohérence ou le caractère nocif de ce système, il a recours au déni et/ou à l’agressivité.
  5. Toute remise en question du système est considéré par l’individu comme une attaque contre sa personne.

C’est la façon dont réagissent certaines personnes de la société normale, quand on remet en question des points importants du système dans lequel nous vivons: alimentation, éducation, discriminations diverses et variées considérées comme la norme.

Ainsi, on peut constater que la société de consommation agit sur les individus à la manière d’une secte. A ceci près qu’elle ne les isole pas de la majorité, puisqu’elle contrôle justement la majorité. Mais il est intéressant de constater que les individus aliéné vont avoir un comportement de rejet envers les personnes qui sont extérieures au système, qu’elles soient issues d’autres cultures, ou qu’elles aient simplement rejeté les valeur de la culture de la consommation.

Par plusieurs procédés, la société de consommation aliène l’individu et le dépossède de ce qu’il est. Habilement, toute idée nouvelle est catégorisée comme « sectaire »; de telle sorte que les individus aliénés vont rejeter ces idées, de peur justement d’être aliénés. Ce procédé permet de maintenir l’instrumentalisation de l’individu.

Je parlais précedemment de procédés sectaires de manipulation des individus. Sans donner une liste exhaustive, on peut en citer quelques-uns utilisés par la société elle-même:

  • La stratégie d’éducation qui consiste à maintenir enfermés les enfants, à longueur de journée, avec un seul adulte et d’autres enfants uniquement de leur tranche d’âge
  • Apprendre aux enfants à obéir, dès leur plus jeune âge, les décourager de perturber l’ordre établi
  • Obliger les gens (enfants ou adultes) à travailler toute la journée
  • Faire prendre des habitudes de vie aux gens, de sorte qu’il leur sera difficile d’en changer

Tout cela participe à abrutir les gens et à les empêcher de réfléchir.

On leur enseigne aussi des façons de penser qui sont en réalité des façons de ne pas penser. La modération à tout prix en est un exemple. C’est un principe « tout fait », qu’on peut appliquer à n’importe quoi et qui permet de ne pas réfléchir.

Je n’ai pas encore très bien compris comment ça marchait, ni si c’est universel chez l’être humain ou propre à notre culture, mais il y a aussi quelque chose sans quoi cette aliénation ne serait pas possible: il y a une annihilation de toute recherche d’alternatives. C’est à dire que les alternatives au travail, à l’école, à la façon d’élever les enfants, à des pratiques sexistes ou spécistes, comme la consommation de produits animaux ou l’expérimentation, mais aussi toutes les alternatives aux moyens de transports que l’on utilise, aux techniques permettant de fournir de l’énergie, etc… Tout cela va être considéré comme impossible ou comme forcément nocif d’une façon ou d’une autre.

Ainsi il est difficile de faire une liste de tout ce qui est possible et que la majorité des gens considèrent comme impossible, comme au mieux une blague de mauvais goût, au pire une idée dangereuse (encore une fois, estimer une idée dangereuse est un moyen pratique de ne pas y réfléchir).

Quelques exemples:

Il est possible d’éduquer un enfant sans punition.

Il est possible d’instruire un enfant sans école.

Il est possible de socialiser un enfant sans forcément qu’il cotoie d’autres enfants qui ont exactement son âge.

Il est possible d’être végétalien et en bonne santé.

Il est possible de se déplacer sans voiture.

Il est possible de construire une maison en sacs de terre.

Il est possible de soigner les gens sans sacrifier des animaux.

Il est possible d’utiliser des cosmétiques, de nettoyer sa maison sans utiliser de produits chimiques.

Il est d’ailleurs possible de ne pas utiliser de cosmétiques.

Il est possible de donner les mêmes chances aux hommes et aux femmes dans le monde du travail.

Il est possible aussi de vivre sans travailler.

Il est possible de produire de l’énergie sans nucléaire.

Etc, etc…

Il n’y a pas vraiment d’idées nouvelles dans cet article. Ce ne sont que des idées trop peu répandues. Non pas qu’il y ait une volonté consciente et unique de les censurer. Mais chacune d’entre elles rencontrera un obstacle à un moment donné. Les éleveurs par exemple ont peu intérêt à ce qu’on considère possible de vivre sans produits animaux. Le débat est donc censuré. Mais la force d’inertie la plus puissante qui combat ces idées, c’est peut-être tout simplement que les gens sont trop occupés à s’abrutir, à jouir de leur confort facile, à travailler et à avoir des loisirs futiles, pour réfléchir à une autre société. Pourtant, plus de la moitié des gens ont pris, prennent ou prendront des antidepresseurs dans leur vie – entre autres preuves qui montrent que le bonheur est, pour beaucoup, une idée floue.

Quelques lectures et vidéos pour essayer de voir plus loin :

Sur la manipulation:

Noam Chomsky: les 10 stratégies de manipulation des masses

Sur l’éducation:

L’enfance buissonière: le blog

L’enfance buissonière: le site

La déséducation

Insoumission à l’école obligatoire (un livre de C. Baker aux édition Tahin party)

Sur l’éducation et le sexisme:

Filles et garçons à l’école maternelle

Femmes en flagrant délit d’indépendance, de Pheterson, éditions Tahin Party

Sur le travail:

La valeur travail

Sur le spécisme:

Dénier l’intelligence des animaux aide à les manger

FAQ antispécisme

Sur la justice:

Pourquoi faudrait-il Punir? (livre de C. Baker sur l’abolition du système pénal)

Films à voir:

Attention danger travail

Volem rien foutre al pais

Les carottes sont crues

Earthlings

Gary Yourosfski: le discours le plus important de votre vie

Un repas végé

Si vous avez d’autres suggestions de sites, livres, films… Merci de les poster en commentaires, et je les ajouterai.

Bonus: les éditions tahin party

Lettre au nouvel obs

Madame, Monsieur,

 

Ce n’est pas mon habitude de critiquer violemment le travail de quelqu’un, mais je ne sais pas très bien comment présenter cela autrement : Je suis atterrée par votre article du 5 mai 2011 concernant la viande.

 

J’irai même jusqu’à dire que pour un journal qui a « nouveau » dans son titre, j’ai l’impression d’avoir fait un bond de dix ans en arrière en vous lisant.

 

Il y a trois éléments qui me choquent dans votre article, laissez-moi vous les exposer.

 

1)    Le prétendu expert en nutrition que vous citez se trompe lourdement.

 

Il est de mon devoir de vous signaler deux grossières erreurs énoncées par Jacques Fricker, que vous citez en tant que médecin nutritionniste et qui apparemment n’est  pas au courant que les végétariens ne mangent pas de poisson. Il fait fort !

Deuxième erreur tout aussi lamentable, un régime végétalien mené de façon adéquate n’entraîne aucune carence. Même si trop de médecins français tendent à affirmer le contraire, influencés qu’ils sont par des lobbys qui empêchent des informations sur la nutrition vieilles de 25 ans d’être remises au goût du jour par les dernières avancées scientifiques.

 

Nos voisins anglo-saxons ont bien compris, eux, qu’un régime végétalien avait un effet protecteur par rapport à de nombreuses maladies, dont principalement le cancer colo-rectal qui est en forte augmentation en France, mais aussi d’autres types de cancer, le diabète, l’obésité (première pandémie non infectueuse de l’histoire), plusieurs maladies neuro-dégénératives, cardio-vasculaires, et j’en passe.

Monsieur Frickler n’est vraisemblablement pas au courant de ce qui se passe dans la littérature scientifique sur le sujet ces trente dernières années. Pour avoir des informations fiables à ce sujet, vous devriez peut-être plutôt vous tourner vers des médecins spécialistes du végétarisme, comme par exemple le Docteur Jérôme Bernard-Pellet, ou encore vous renseigner sur ce qu’en pensent l’Organisation Mondiale de la Santé, l’American Dietetic Association, l’Associations de Professionnels de la Santé pour une Alimentation Responsable (ASPARES), et j’en passe.

 

D’après des études menées pendant 12 ans sur 5000 omnivores et 6000 végétariens par l’université d’Oxford, les végétariens vivent 5 à 6 ans de plus que les omnivores, et avec moins de maladies. Je ne listerai pas ici les avantages sur la santé d’un régime végétarien, une simple visite sur le site de l’ASPARES ou de L’Association Végétarienne de France vous renseignera.

 

2) Moraliser l’alimentation n’est pas le propre des végétariens, bien au contraire.

 

J’ai littéralement bondi en lisant la citation de Dominique Lestel, qui avec une allusion au sexe totalement hors contexte dont on se demande d’ou elle peut bien sortir, tente de faire passer les  « anti-viande » pour des moralisateurs puritains. Selon ce monsieur, les militants végétariens sont  donc des emmerdeurs qui tentent de faire la morale aux gens, et qui, trouvant ringard de leur parler de leur vie sexuelle, viennent plutôt mettre le nez dans leurs assiettes ? Ces accusations sont infondées, stupides et proprement scandaleuses. Les militants animalistes défendent les intérêts des animaux et de la planète, rien d’autre. Leur but n’est pas de faire la morale à qui que ce soit, mais d’informer des conséquences désastreuses de la surconsommation de viande sur la santé des gens et  sur l’environnement, et de dénoncer la façon scandaleuse dont les animaux sont traités. Le fait que ces informations incitent à un changement d’habitude ne fait pas de ceux qui les diffusent des moralisateurs.

 

Lorsque j’apprends dans votre article que lorsque je mange un plat de seitan ou une purée de lentilles corail, je vais à l’encontre de ma « nature » et que je « nie ma part d’animalité », je me demande bien qui fait la morale à qui, et qui se mêle des affaires des autres. Alors que les végétariens doivent endurer moqueries et leçons de morales à chaque fois qu’ils ont le malheur de manger avec des non-végétariens, les accuser d’être moralisateurs ou intolérants, c’est l’hôpital qui se fout de la charité.

 

Cet argument de Maryline Patou-Mathis, chercheur d’ailleurs très contestée dans son milieu, est proprement ridicule et n’est basée sur strictement rien. Les végétariens ne mangent pas de viande parce qu’ils se soucient principalement de trois choses : leur propre santé, celle de la planète, et les animaux. Parler de notre supposée  « nature » de « carnivore », voudriez-vous bien m’expliquer à quoi cela rime ?

 

Ces gens sont des obscurantistes, ils veulent empêcher les informations sur la viande de circuler. Car au fond tout le monde sait bien que plus on en sait sur la viande, moins on a envie d’en manger… Les militants pour les droits des animaux sont là pour que les gens sachent, qu’ils puissent faire de véritables choix. Ils sont là pour dire aux gens : voilà comment on fait la viande, voilà comment on peut vivre heureux sans viande, vous avez toutes les cartes en main.

 

3) La viande n’est pas qu’une question de goût, c’est avant tout une question d’animaux.

 

Je suis outrée par la façon dont vous survolez le problème des animaux sans jamais vous y attarder vraiment. Ce sont tout de même les premiers intéressés.

 

Parlons un peu des modes de production. Apparemment, le bœuf n’est pas produit en France comme aux Etats-Unis, soit… Je trouve que vous passez un peu vite sur les productions de toutes les autres viandes qui sont, elles produites de la même façon révoltante ici en France qu’aux Etats-Unis. Elles mériteraient à chacune d’entre elles une attention pleine et entière. Vous oubliez également la viande provenant d’élevages laitiers industriels, qui représente environ 60% de la viande bovine sur le marché. Oublions tous ces animaux maltraités pour nous concentrer sur un fait qui apparemment est le plus important : les élevages bovins dits « à viande » sont différents de ceux qui existent aux Etats-Unis.

 

Soit ! Mais au fait, savez-vous ce que c’est qu’un bœuf ? Un bœuf est un mâle de l’espèce bovine qui a été castré. Pensez-vous que cette opération se fasse avec une anesthésie locale ou générale dans nos belles fermes si différentes des élevages Américains ? Si c’est le cas, permettez-moi de vous dire que vous croyez au Père Noël.

 

Les veaux sont castrés « à l’ancienne », pour faire la bonne viande comme autrefois. Il existe plusieurs méthodes, mais la plus usitée consiste à attacher un fil autour de la base du testicule, à saisir ce dernier et à faire tourner le testicule jusqu’à ce que le tissu se déchire. Un œdème se forme, empêchant la plupart du temps une hémorragie potentiellement mortelle pour l’animal due à la rupture de l’artère testiculaire (ce qui ne manquerait pas d’arriver si le testicule était simplement coupé, comme on le fait pour les jeunes porcelets).

 

En soutenant l’élevage bovin, vous soutenez ce genre de pratiques ancestrales et barbares. Essayer de faire passer les militants de la cause animale pour des arriérés et des puritains est une ruse grossière qui, sans l’aide de lobbys puissants, ne parviendrait pas à tourner en ridicule une si noble cause. Non pas que je pense que le végétarisme soit un courant récent et avant-gardiste : le végétarisme a toujours existé, on en trouve des traces dans de nombreuses cultures, et ce depuis l’antiquité. Pythagore et les pythagoriciens étaient végétariens, Bouddha également ; Les Esseniens qui vivaient sur la mer morte il y a 2000 ans étaient végétaliens. Les hindous sont lacto-végétariens. De nombreux personnages historiques étaient végétariens par choix éthique, parmi lesquels, dans le désordre, Socrate, Platon, Léonard de Vinci, Voltaire, Charles Darwin, Benjamin Franklin, Montaigne, Isaac Newton, et j’en oublie probablement.

Donc il serait ridicule de prétendre que le végétarisme est une nouvelle mode qui vient de sortir. En revanche, c’est une solution potentielle aux problèmes modernes, notamment celui de la faim dans le monde. Quand on sait que 70% des terres cultivées dans le monde servent à produire de la nourriture pour les animaux qui seront mangés par les plus riches, cela a de quoi faire réfléchir.

 

Je ne stigmatise pas les gens qui mangent de la viande, car la plupart le font par pression sociale, par tradition, par habitude, ou par simple manque d’informations ou de réflexion sur le sujet, et il peut être très difficile pour certains de changer.  En revanche, je trouve qu’il est tout à fait irresponsable de promouvoir la consommation de viande à une époque et dans un pays où tout incite à faire le contraire. Tout sauf, bien sur, les lobbys de l’industrie agro-alimentaire. Je vous invite d’ailleurs à ce sujet à lire l’excellent mémoire de master Recherche en Sciences de l’Education soutenu par Paul Scheffer en juin 2010 sur «l’influence de l’industrie agroalimentaire dans le domaine de la nutrition et la place de l’esprit critique dans la formation des diététiciens». Je pense que cela vous incitera à réfléchir sur la place que devrait avoir la viande dans notre alimentation et sur l’utilité mais aussi sur la difficulté du combat mené par les militants pour le végétarisme.

 

Plutôt que de demander l’avis d’experts qui ne sont vraisemblablement experts que quand il s’agit de parler d’autre chose que des sujets cruciaux, pourquoi ne pas vous renseigner sur ce qu’est vraiment l’élevage en France ? Et aller faire un tour, par exemple, sur la galerie vidéo du site Internet de L214, dont les militants s’introduisent dans les abattoirs pour filmer ce que les industriels voudraient que personne ne voie ?

 

Enfin, je constate sans surprise, mais avec une profonde tristesse, que vous ne posez pas la vraie question, celle que posent réellement les végétariens :  est-il moral de tuer des animaux alors qu’on pourrait vivre heureux et en bonne santé sans  avoir à le faire ?

J’estime que cette question, si gênante quand on tient à ses habitudes, est la raison pour laquelle les personnes que vous citez essaient de tourner les végétariens en ridicule ou de les faire passer pour des extrêmistes ou des marginaux. Car le fait même d’être végétarien, qu’on le veuille ou non, pose cette question. La réponse est l’affaire de chacun, car contrairement à ce qu’affirment les détracteurs de la cause animale, les militants ne sont pas là pour mettre leur nez dans l’assiette des gens, pour se mêler de leurs affaires ou pour les montrer du doigt. En revanche, il est essentiel que chacun se pose un certain nombre de questions et y réponde en son âme et conscience, loin des pressions sociales, des industriels, des lobbys, des jugements des végétariens comme de ceux des carnistes, chacun seul face à sa conscience et à son assiette.

 

C’est dans ce seul but que nous nous efforçons d’informer les gens sur ce qu’est ou n’est pas la viande. C’est l’information qui permet de faire des choix et d’être libres, et non pas la censure.

 

Dans l’attente de lire des articles plus réjouissants dans votre journal, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sincères salutations.

photo: seitan corail, purée de fève au tofu soyeux et salade de lentilles germées