Petit guide argumentaire à l’usage des carnistes

Vous aimez la viande, mais vous ne trouvez aucune bonne raison d’en manger? Qu’à cela ne tienne: un bon gros paquet de mauvaises raisons pourraient faire l’affaire. Voici plusieurs sophismes couramment utilisés pour justifier la consommation de viande. Si vous faites face à un végétarien récalcitrant au steak-frites, ou encore à votre propre conscience, vous pourrez piocher allègrement parmi ces arguments, dans l’ordre que vous désirez et sans vous soucier le moins du monde de suivre un fil cohérent. Certes, ces arguments peuvent être facilement contrés si on les présente individuellement dans une discussion logique, mais il suffit de les enchaîner très vite les uns à la suite des autres pour que votre interlocuteur omnivorophobe™ n’ait plus aucune envie de discuter avec vous et tourne les talons dépité, vous abandonnant à votre puissante Raison. Avec un peu d’entraînement, vous pourrez les enchaîner si rapidement que tout végétarien dans un rayon de moins d’un kilomètre se mettra à baver de la mousse en remuant les bras. Quand à votre conscience, elle se ratatinera sagement dans un coin de votre cerveau, ou si elle n’y trouve pas de place, vous pourrez la ranger dans un autre organe de votre choix ou encore dans un tiroir, un carton du grenier ou une poire à lavement.

Mesdames et Messieurs… Les Zarguments

1) les classiques

Le cri de la carotte Lire la suite

Ton argument a des dommages collatéraux

L’antispécisme, c’est facile. Cela revient à considérer que les individus ne sont pas supérieurs les uns aux autres en raison de leur appartenance à telle ou telle espèce, et que les intérêts doivent être considérés pour ce qu’ils sont, indépendamment de leur appartenance à une espèce.

Un antispéciste considèrera qu’un individu a des droits parce qu’il a des intérêts à défendre; parce qu’il souffre, pense, ressent, parce qu’il possède une subjectivité. C’est facile, au fond. C’est même évident: un individu, animal ou humain, a des intérêts (contrairement à un légume ou un caillou). Le problème, c’est que ça implique, si on y adhère, qu’on nuit à l’intérêt d’autrui si on mange de la viande (ou plutôt, si on tue des animaux pour les manger). Et comme on aime ça, la viande, et qu’on ne veut pas passer pour un méchant, on s’efforce de trouver la faille. Quand on cherche, on trouve toujours : les gens inventent toutes sortes d’arguments pour défendre la viande. Il y en a vraiment beaucoup, et ils ont tous un point commun.

Ce que je souhaite montrer dans cet article, c’est la façon dont ces arguments permettraient en fait de justifier absolument n’importe quoi. Je vais donc dresser une liste de ces arguments et expliquer un peu ce qu’il impliqueraient si on les considérait vraiment valable. C’est intéressant parce que si un argument justifie, par exemple, de prostituer des enfants, on peut se dire que ce n’est pas un bon argument dans la mesure où on est contre la prostitution d’enfants. Lire la suite

Militer, ce n’est pas sale

« Je ne suis pas féministe, mais… » Vous l’avez déjà entendue quelque part: elle met le doigt sur une inégalité de genres flagrante, elle exprime une critique par rapport à ce qu’elle considère comme une injustice sexiste. Oui, mais elle commence par s’excuser platement, par se disculper d’une horrible tare: « je ne suis pas féministe, mais… »

Je ne suis pas féministe, je suis pour l'égalité.

C’est quand même drôle que pour faire une faire une remarque qui relève du féminisme, il faille préciser qu’on n’est pas féministe. Exiger l’égalité des sexes est perçu comme quelque chose de dérangeant, contraire à la bienséance, à la paix sociale.

Encore qu’on peut apparemment se permettre, en société, de se prononcer pour l’égalité des hommes et des femmes. Mais avant de parler, préciser qu’on n’ira pas trop loin, et surtout, ne pas de remettre en question les mécanismes qui freinent cette égalité. Pourquoi?

Qu’a-t-on fait au féminisme? Pourquoi faut-il s’en préserver?
Lire la suite

Vos gueules !

Les féministes, c’est comme les véganes: elles comprennent rien.

Le végane est bête. Alors que l’écologiste, intelligent, lui, il comprends que tuer c’est mal mais pas tant que ça, parce que la mort fait partie de la vie, et que les animaux, après tout, sont faits pour être mangés, hé bien le végane, il faut tout lui expliquer, c’est fou ça. Et même que les vaches, elles font du lait, ça les fait même pas souffrir. Qu’ils sont cons ces véganes.

La féministe, elle, ne doit pas être très intelligente, puisqu’elle n’a même pas remarqué que les femmes étaient différentes des hommes, que les hommes pissaient plus loin et qu’après tout, la condition féminine, c’est pas si mal, puisque nous sommes les plus belles créatures de Dieu. Qu’elles sont cruches ces féministes.

Les anti-homophobes ont du louper les cours d’éducation sexuelle, ils sont si nuls en biologie qu’ils n’ont jamais remarqué qu’un homme était fait pour aimer une femme.

Les anarchistes, eux, sont carrément débiles. Ils ont carrément pas compris que dans la vie, tout le monde voulait être le chef de tout le monde.

Les décroissants ne savent même pas que le pognon, tout le monde aime ça, et ils sont apparemment trop bêtes pour avoir remarqué que dans la vie, hé bien il faut travailler, car le travail, c’est le bien.

Les antiâgistes (ça existe, ça?) ne savent pas que les enfants ont besoin d’autorité et de limites, c’est-à-dire qu’on leur interdise des choses, car ce sont tous des petits cons irresponsables.

Les anti-nucléaires n’ont jamais remarqué qu’on avait besoin d’électricité et donc de centrales nucléaires.

Heureusement, il y a toujours des gens intelligents pour nous faire remarquer tout ça, à nous, les véganes, féministes, anarchistes, décroissants, anti-agistes, anti-nucléaires et autres abrutis qui avons apparemment vécu aveugles dans une grotte sous-marine située sur une météorite très très lointaine, pour ne pas avoir remarqué tout ça.

Heureusement qu’il y a des gens intelligents pour nous expliquer le sens de la vie, vraiment. Je sais pas ce qu’on ferait sans eux.